Gerhard Berger fait ses débuts en compétition dans les formules de promotion, comme la Formule Ford, où il acquiert ses premières expériences de pilotage à la fin des années 1970. Il progresse ensuite rapidement vers la Formule 3, discipline dans laquelle il se classe troisième du championnat allemand en 1982. L'année suivante, il termine septième du championnat européen de F3 et troisième du Grand Prix de Macao.
En 1984, il remporte deux victoires (sur l'Österreichring et à Monza) dans le championnat européen de F3 et termine la saison à la troisième place. Ses performances attirent l'attention des équipes de Formule 1 et il est engagé par ATS pour les quatre derniers Grands Prix de la saison 1984.
En F1 avec ATS
Il participe à son premier Grand Prix sur ses terres, en Autriche. Qualifié à la 20e position, il franchit la ligne d'arrivée à la 12e place. Lors du Grand Prix suivant, en Italie, il se qualifie à nouveau 20e. Bien que la voiture soit peu performante, il termine sixième. Cependant, comme ATS n'a engagé officiellement qu'une seule voiture en début d'année, ses points ne sont pas comptabilisés. Il participe ensuite au Grand Prix d'Europe, où il est impliqué dans un carambolage au premier virage, puis au Grand Prix du Portugal, qu'il termine à la 13e place. A la fin de la saison, l'équipe ATS, sans budget et sans moteur pour la saison suivante, jette l'éponge et Gerhard rejoint alors Arrows.
Arrows
En 1985, il dispute l'intégralité de la saison avec l'Arrows A8, une voiture équipée d'un moteur BMW turbo. Sa saison est marquée par de nombreux abandons et problèmes techniques. Il parvient toutefois à marquer des points lors des deux dernières courses de la saison. Son meilleur résultat est obtenu au Grand Prix d'Afrique du Sud, où il termine cinquième et marque ses premiers points en Formule 1. Lors de la course suivante, en Australie, il se qualifie à la septième place et termine à la sixième place. Il se classe 20e du championnat du monde des pilotes. Cette saison permet à Gerhard de se faire remarquer, malgré le manque de performance global de son équipe.
Benetton
Gerhard est alors engagé par l'écurie Benetton-BMW. Ses débuts sont bons, car malgré une seizième position sur la grille de départ au Brésil, il parvient à se classer sixième. Lors du deuxième Grand Prix, en Espagne, il se classe de nouveau sixième, puis monte sur la troisième marche du podium lors du Grand Prix suivant, à Saint-Marin. La suite de la saison est toutefois bien moins heureuse, car la monoplace est l'une des moins fiables du plateau et il abandonne à huit reprises lors des onze manches suivantes. Il marque néanmoins des points en se classant cinquième en Italie, malgré une panne d'essence à quelques centaines de mètres de l'arrivée. A Mexico, il s'élance de la quatrième position et, grâce à une bonne stratégie de pneus, il remporte la première victoire de sa carrière, devant Prost et Senna. Il s'agit également de la première victoire d'une Benetton.
Ferrari
Repéré par Enzo Ferrari, il est invité à rejoindre la Scuderia Ferrari pour la saison 1987. Les problèmes de fiabilité de la F187 ne l'empêchent pas de terminer plusieurs fois dans les points. Au Portugal, après s'être élancé de la pole position, il est battu par Prost. Mais Gerhard remporte les deux dernières courses de la saison, à Suzuka et à Adélaïde, et ce, à chaque fois très facilement.
La saison 1988 est plus difficile, Prost et Senna survolant les débats avec leurs McLaren-Honda. Puis, à Monza, quelques jours après la mort du Commendatore, Gerhard s'empare de la victoire, tandis que son coéquipier Alboreto assure le doublé pour Ferrari. Les tifosi ont de quoi être ravis : c'est la seule victoire de la saison qui n'est pas une victoire McLaren ! Au championnat, Gerhard termine troisième, mais loin derrière Senna et Prost.
En 1989, Alboreto est remplacé par Nigel Mansell. Cette année-là, les McLaren restent dominatrices, tandis que Ferrari, qui tente de mettre au point la boîte de vitesses semi-automatique de John Barnard, connaît de nombreux problèmes de fiabilité. Il est victime d'un terrible accident à Imola, qui rappelle celui de Senna survenu cinq ans plus tard. Il s'en sort avec quelques brûlures seulement. Il remporte ensuite la victoire à Estoril, la seule d'une saison bien morne qui l'aura vu collectionner les abandons.
McLaren
En 1990, il rejoint Ayrton Senna chez McLaren-Honda. Avec la meilleure voiture du plateau, il ne peut rivaliser avec le pilote brésilien qui s'empare d'un deuxième titre mondial, tandis que l'Autrichien ne remporte aucune course. Usant de pratiques douteuses, sa cote commence à baisser.
La saison 1991 est similaire, mais Gerhard parvient à remporter la victoire au Japon de manière ridicule : Senna, en tête et assuré du titre, le laisse passer dans le dernier virage, juste pour que l'Autrichien, inexistant toute l'année, goûte un peu au triomphe de McLaren-Honda.
En 1992, Gerhard est en meilleure forme que son coéquipier brésilien, mais face aux invincibles Williams-Renault de Mansell et Patrese, son talent ne suffit pas. Ce qui ne l'empêche pas de signer deux autres victoires, au Canada et en Australie, deux succès chanceux acquis uniquement grâce aux problèmes techniques des Williams.
Retour chez Ferrari
En 1993, Gerhard Berger fait son grand retour au sein de la Scuderia Ferrari aux côtés de Jean Alesi. L'écurie a un nouveau directeur sportif : Jean Todt. L'écurie se trouve alors dans une situation délicate, marquée par de nombreuses crises internes qui affectent les résultats. Cette saison sera très décevante, hormis le fait qu'il décroche un podium en Hongrie.
La situation s'améliore en 1994, avec une pole position et une victoire au circuit d'Hockenheim. Il termine troisième du classement général, mais loin derrière Michael Schumacher et Damon Hill. La saison 1995 est moins bonne : il monte six fois sur le podium, mais jamais sur la plus haute marche. En 1996, Ferrari recrute Michael Schumacher et Eddie Irvine.
Retour chez Benetton
C'est chez Benetton, écurie championne du monde en titre, que Gerhard trouve refuge avec Jean Alesi, lui aussi ayant quitté Maranello. Mais il est évident que les performances de Benetton étaient dues à Schumacher et surtout à l'ancien directeur technique Ross Brawn, parti chez Ferrari. Gerhard ne gagne pas et, de plus, des tensions apparaissent avec son patron, Flavio Briatore. Une seule fois, l'Autrichien frôle la victoire : à Hockenheim, il mène toute la course, mais à trois tours de l'arrivée, son moteur casse, laissant la victoire à Hill.
En 1997, la situation ne s'arrange pas tout au long de la saison. À Imola, il dispute sa deux-centième course en Formule 1, un exploit réalisé par seulement huit pilotes. En juin, il doit se faire opérer des sinus et laisse sa place pour trois courses à son compatriote Alex Wurz qui, durant ce laps de temps, montre qu'il peut faire aussi bien que son aîné. A Hockenheim, Gerhard réalise la pole position et remporte la victoire. Ce sera sa dernière grande performance, et il se retirera à la fin de la saison, après 212 Grands Prix et dix victoires.
Reconversion
Gerhard travaille ensuite pour BMW Motorsport en tant que directeur de la compétition de 1998 à 2003. Son premier objectif est de mener le constructeur bavarois à la victoire aux 24 Heures du Mans, ce qui est réalisé en 1999 par le trio Winkelhock-Martini-Dalmas. En 2000, BMW fait son retour en Formule 1 en tant que motoriste de l'écurie Williams. Cette collaboration aura un bilan très mitigé, car si Williams revient parmi les meilleures équipes, elle ne parvient pas à renouer avec le succès des années 1990. Fin 2003, il quitte son poste en raison de ses mauvaises relations avec le directeur technique de BMW, Mario Theissen.
Début 2006, il rachète 50 % des parts de l'ex-équipe Minardi, rebaptisée Toro Rosso. L'autre moitié de l'équipe appartient à Dietrich Mateschitz, le patron de Red Bull. Pendant deux ans, Gerhard dirige cette équipe B de Red Bull Racing sans grand succès. L'arrivée, fin 2007, du jeune espoir allemand Sebastian Vettel lui redonne le sourire. La saison 2008 de Toro Rosso est excellente, marquée par l'étonnant succès de Vettel au Grand Prix d'Italie.
Malgré ces bons résultats, il décide de quitter le monde de la F1 à la fin de l'année 2008 et revend ses parts à Mateschitz.
Julien et Tony