Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari

1059o Grande Prémio

II Saudi Arabian Grand Prix
Noite
Djeddah
domingo, 27 de março de 2022
50 voltas x 6.174 km - 308.450 km
(Offset: 250 m)
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F1
Coupe

Sabiam-no?

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Le duel continue !

Présentation de l'épreuve

Le paddock retrouve la corniche de Djeddah pour le deuxième Grand Prix d'Arabie saoudite de l'Histoire, moins de quatre mois après la première édition. Celle-ci avait donné lieu à de nombreux incidents en raison du caractère très particulier de ce circuit urbain: les bolides roulent presque aussi vite qu'à Monza, mais les murs sont également aussi proches qu'à Monaco... Les courbes en aveugles sont par ailleurs particulièrement redoutables et l'effet d'empilement peut faire craindre des catastrophes. Les pilotes ont émis de nombreuses critiques en décembre dernier, mais les organisateurs n'ont apporté que des retouches minimes, faute de temps. Les barrières de protection ont ainsi été reculées çà et là pour tenter d'améliorer la visibilité, et des murs en béton sont remplacés par des rails, comme ceux utilisés à Monte-Carlo. Ces modifications ne sont pas satisfaisantes selon Carlos Sainz: « Ils ont déplacé des murs mais la trajectoire sera toujours proche de ceux-ci, ce qui signifie que notre visibilité ne s'améliorera pas. Pour moi, cela montre que nous devons resserrer notre relation avec la FIA, parce qu'on s'attendait tout de même à un pas en avant plus conséquent. » D'autre part, le cou des pilotes sera soumis à très rude épreuve en raison des G encaissés dans les courbes prises à fond.

 

Huit jours après sa contamination par la Covid-19, Sebastian Vettel n'est toujours pas parvenu à obtenir un test négatif et doit donc de nouveau laisser son Aston Martin à Nico Hülkenberg. Celui-ci va donc devoir s'acclimater rapidement au circuit de Djeddah qu'il ne connaît pas. Quant à Vettel, il ne débutera sa saison 2022 que deux semaines plus tard en Australie.

 

Plusieurs pilotes reçoivent des composants neufs après le Grand Prix de Bahreïn. C'est notamment le cas de Gasly qui reçoit un nouveau moteur Red Bull après son abandon de Sakhir. Alpine monte pour sa part un nouveau bloc Renault dans la monoplace d'Alonso après avoir détecté un problème d'étanchéité sur l'ancien modèle, qui est renvoyé à Viry-Châtillon pour révision. Cette défaillance n'est hélas pas inconnue du Losange puisqu'elle avait déjà contraint Alonso à terminer à pied une séance hivernale à Barcelone.

 

Les Ferrari et les Red Bull ont dominé la première épreuve de la saison à Bahreïn alors que les Mercedes étaient très nettement en retrait. La W13 pâtit énormément du phénomène de « marsouinage » qui contraint les ingénieurs à tâtonner dans leurs choix aérodynamiques. « Ce problème de rebond nous oblige à rouler avec une garde au sol assez haute et nous fait perdre le plus gros de l'appui généré par le plancher. Cela coûte très cher en termes de temps au tour », explique George Russell. Andrew Shovlin, le directeur technique de Mercedes, admet avoir « un énorme défi à relever », tandis que Toto Wolff révèle que le « marsouinage » n'est pas le seul défaut de la Flèche d'Argent qui génère également beaucoup trop de traînée.

 

Peur sur la ville

Cependant, alors que tous les regards sont tournés vers la guerre en Ukraine, la Formule 1 va avoir l'occasion de se rappeler que l'Arabie saoudite, pays qu'elle visite sans le moindre état d'âme, bombarde et affame le Yémen depuis 2015. En effet, régulièrement les sites pétroliers saoudiens font l'objet de frappes et d'attentats de la part de leurs ennemis irréductibles, les rebelles Houthis yéménites, soutenus par l'Iran. Le 20 mars, huit jours avant le Grand Prix, des attaques par drones sont perpétrées contre plusieurs sites saoudiens, notamment contre une raffinerie d'Aramco, le géant saoudien des hydrocarbures, commanditaire de l'écurie Aston Martin et de la Formule 1, située à Yanbu, à environ 100 km au nord de Djeddah. Le gouvernement assure pourtant la FIA et la F1 que la sécurité du Grand Prix est garantie. Mais, vendredi 24 mars, à 17 heures 40, alors que les bolides sont en piste pour les premiers essais, une violente déflagration retentit et une épaisse fumée noirâtre envahit l'atmosphère. Un dépôt de carburant d'Aramco a été la cible d'un tir de missile à seulement 12 kilomètres du circuit... Dans le même temps, pas moins de seize attentats de ce genre sont répertoriés dans le pays, bientôt revendiqués par les Houthis. Ces attaques ne sont pas inédites dans un tel contexte: un an plus tôt, lors de l'ePrix de Dariya comptant pour la Formule E, les Houthis avaient déjà tiré un missile intercepté par l'armée saoudienne.

 

Une certaine panique s'empare alors du paddock. Jamais la Formule 1 ne s'était trouvée, au sens propre, à portée de tir de combats guerriers ! Pilotes, ingénieurs, mécaniciens, journalistes etc. se sentent menacés. Et si les Houthis lançaient un missile sur le circuit ?... La F1 se trouve perturbée dans sa tranquille existence de milliardaire en goguette. Toutefois, Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, et Stefano Domenicali, patron de la F1, obtiennent du gouvernement saoudien des garanties quant à la sécurité de l'événement. C'est du moins ce qu'ils exposent aux team managers et aux pilotes, réunis pendant quarante minutes avant la seconde session libre. Après celle-ci, Ben Sulayem, Domenicali et les dix patrons d'écuries se retrouvent pour faire le point sur la situation. Tous conviennent, « à l'unanimité » selon Toto Wolff, de ne pas remettre l'épreuve en cause. Il est vrai que les Saoudiens ont de sérieux arguments à faire valoir: depuis un an, les pétrodollars d'Aramco coulent à flots sur la F1. La prise de parts du GP d'Arabie saoudite s'élève en outre à 50 millions d'euros, soit la plus importante de la saison avec le GP de Miami. Ni les constructeurs ni Liberty Media ne veulent renoncer à cette manne.

 

Toutefois, cette belle unanimité n'est pas partagée par les pilotes. Vendredi soir, alors que leurs patrons déblatèrent, ils se réunissent de leur côté, emmenés par Lewis Hamilton, Pierre Gasly et George Russell. Les coureurs échangent pendant près de quatre heures autour de la conduite à tenir. Selon certaines sources recueillies après-coup, les débats sont assez vifs. Les vingt pilotes reçoivent notamment Stefano Domenicali et Ross Brawn qui leur assurent que rien ne menace leur sécurité. Puis, George Russell, seul directeur du GPDA présent du fait de l'isolement de Sebastian Vettel, annonce que lui et ses camarades ont accepté de poursuivre le week-end comme prévu. Ce n'est qu'à deux heures du matin que chacun peut regagner son hôtel, plus ou moins rassuré. Cependant, les pilotes ont-ils vraiment été laissés libres de leur choix ? Comme souvent en pareil cas, il semblerait que les directeurs d'équipes aient exercé une pression. Franck Montagny, consultant pour Canal +, affirme que les pilotes voulaient quitter l'Arabie saoudite mais ont plié face au chantage de leurs patrons qui les auraient menacés de licenciements.

 

Quoiqu'il en soit, la F1 et la FIA publient samedi matin un communiqué annonçant que le Grand Prix d'Arabie saoudite se tiendra comme prévu. De son côté, Alexander Wurz, le président du GPDA, déclare que les pilotes se rangent à l'avis des autorités, bien qu' « une grande variété d'opinions » se soient exprimées lors de leur réunion de la veille. En revanche, plusieurs journalistes plient bagages, rappelés par leur rédaction. Certains consultants leur emboîtent le pas, à l'instar de Ralf Schumacher qui officie pour Sky Deutschland. « Si Djeddah a été la cible d'attaque terroriste, je ne vois pas ce que nous faisons ici. Mais le gouvernement saoudien paie une somme énorme pour cet événement et garantit la sécurité de celui-ci. La F1 est donc piégée, elle ne peut pas partir », commente l'ancien pilote allemand.

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, Leclerc obtient le meilleur chrono de la première séance libre, un entraînement interrompu quelques instants par la chute d'un panneau sur la piste ! Plus tard, dans la soirée, Leclerc se place une fois encore en haut de la feuille des temps, non sans éviter une touchette contre un mur, à l'instar de son équipier Sainz. Verstappen se classe second à chacune de ces sessions. Samedi après-midi, Leclerc se montre une fois encore le plus rapide, quelques millièmes devant Verstappen et Pérez.

 

Les qualifications nocturnes sont interrompues par deux accidents. En Q1, tout d'abord, Latifi perd le contrôle de sa Williams dans la courbe n°13 et tape les glissières en deux temps, manquant au passage de renverser un commissaire. Le Canadien n'est pas touché. En Q2, Schumacher est victime d'un incident plus sérieux. Le jeune Allemand aborde l'enchaînement des virages n° 9 et 10 pied au plancher lorsqu'il dérape sur un vibreur. La Haas se met aussitôt à l'équerre et se pulvérise contre le mur externe à 270km/h, puis rebondit vivement contre la barrière opposée et s'immobilise en ayant perdu ses deux roues du côté droit. La voiture médicale intervient pour extraire de son habitacle le jeune Schumacher, conscient mais très sonné. Pendant le drapeau rouge, il est transporté en ambulance vers le centre médical du circuit pour subir des examens qui ne décèlent aucune blessure.

 

La bataille pour la pole oppose de nouveau Red Bull à Ferrari. Pérez crée la sensation en décrochant sa toute première pole position, onze ans après son premier Grand Prix ! Le Mexicain réalise un tour d'anthologie (1'28''200''') et précède ainsi Leclerc (2e) de seulement 25 millièmes. Sainz (3e) est déçu de sa position car il avait réalisé les meilleurs chronos en Q1 et Q2. Verstappen (4e) affiche son mécontentement face à une « adhérence atroce » en Q3. La puissance du nouveau moteur Renault permet aux Alpine (Ocon 5e, Alonso 7e) de briller sur cette piste rapide. Mercedes tâtonne pour atténuer la traînée qui affecte la W13. Russell, prudent dans ses choix, parvient en sixième position, mais Hamilton, qui a choisi un setup plus original, se débat avec un terrible survirage et est éliminé dès la Q1 (15e) ! Du reste, semble-t-il choqué par les événements du vendredi, le Britannique admet vouloir quitter l'Arabie saoudite au plus tôt... Bottas (8e) se montre une nouvelle fois brillant au volant de son Alfa Romeo et son équipier Zhou (12e) ne commet pas la moindre erreur.

 

Les AlphaTauri rencontrent beaucoup de problèmes de fiabilité. Gasly (9e) atteint la Q3 malgré une panne d'embrayage dans l'après-midi. Quant à Tsunoda, il remplace son moteur samedi, avant d'être immobilisé par une fuite hydraulique au début des qualifications. Le Japonais ne tourne pas et s'élancera dernier. Magnussen (10e) perd son vendredi à cause d'une fuite hydraulique mais hisse tout de même sa Haas-Ferrari en Q3. Son équipier Schumacher visait également cette étape avant de se crasher. Les McLaren-Mercedes se montrent sous un meilleur jour qu'à Bahreïn. Norris (11e) manque la Q3 pour 1/10e. Ricciardo réalise le 12ème temps, mais il recule de trois places pour avoir gêné Ocon. Les Aston Martin-Mercedes manquent de vitesse et de grip. Stroll (13e) s'extrait de la première manche des qualifications, contrairement à Hülkenberg (17e). Enfin, les décevantes Williams-Mercedes ont le plus grand mal à exploiter les pneus Pirelli. Albon (16e) ne franchit pas la Q1 et Latifi (18e), on l'a vu, termine dans le mur.

 

Sergio Pérez bat un record ce samedi 26 mars: celui du pilote ayant disputé le plus grand nombre de Grand Prix (214) avant de réaliser sa première pole. A vrai dire, le Mexicain ne s'était pas retrouvé en position de pointe depuis sa dernière saison de GP2, en 2010 ! « C'est très spécial pour moi, confie Checo, j'ai réalisé le meilleur tour de ma vie. J'ai l'impression que je pourrais faire encore mille tours sans faire aussi bien, avec autant de perfection et de prise de risque ! » Reste à transformer l'essai le lendemain. Toujours samedi soir, Mick Schumacher est déclaré apte à courir par les médecins, mais devant les dégâts subis par sa Haas, Günther Steiner décide de ne pas la faire réparer dans l'immédiat afin d'économiser des pièces détachées. Son pilote déclare donc forfait pour le Grand Prix.

 

Le Grand Prix

Comme à Bahreïn, la nuit est chaude (28°C) au bord de la mer Rouge, mais cette fois-ci l'attrition des pneus Pirelli devrait être moins importante. Le manufacturier a donc apporté une gamme plus souple. La plupart des pilotes partent en pneus médiums (C3). Magnussen, Hamilton et Hülkenberg font le pari de chausser d'abord les enveloppes dures (C2). Les pneus tendres (C4) ne devraient pas être utilisés. Le pauvre Tsunoda, déjà privé de qualifications la veille, doit pour sa part renoncer dès son tour d'installation. C'est cette fois un bris de transmission qui immobilise son AlphaTauri.

 

Départ: Pérez démarre bien et demeure premier devant Leclerc. Verstappen déborde Sainz par l'extérieur dans le premier enchaînement et se hisse au troisième rang. Suivent Ocon, Russell et Alonso. Mal parti, Zhou se retrouve bon dernier après une touchette avec Ricciardo.

 

1er tour: Pérez mène devant Leclerc, Verstappen, Sainz, Ocon, Russell, Alonso, Bottas, Magnussen et Gasly. Hamilton est en 14ème position.

 

2e: Pérez compte un peu plus d'une seconde d'avance sur Leclerc. Norris dépasse Gasly par l'extérieur au premier tournant.

 

3e: Pérez devance Leclerc d'une seconde et demie, Verstappen de trois secondes. Russell se défait d'Ocon dans le dernier virage.

 

4e: Norris tire tout droit au premier freinage en se défendant contre Gasly. Le jeune Anglais va rendre sa position peu après. Hamilton n'a aucun grip avec ses pneus durs et bute sur Ricciardo.

 

5e: Alonso prend l'aspiration d'Ocon dans la ligne droite principale et tente de faire l'extérieur, mais son jeune équipier l'emmène vers le muret des stands ! L'Espagnol lève le pied in extremis. Une défense musclée... Zhou double Albon en coupant la première chicane. Cela lui vaudra cinq secondes de pénalité.

 

6e: Ocon verrouille toutes les issues devant Alonso. Pérez mène devant Leclerc (2s.), Verstappen (3.7s.), Sainz (5.7s.), Russell (11s.), Ocon (12.6s.), Alonso (13.3s.), Bottas (15.1s.), Magnussen (16.2s.), Gasly (19s.), Norris (20.4s.) et Stroll (21.2s.).

 

7e: Alonso déborde Ocon par l'extérieur au premier virage et conquiert la sixième place.

 

8e: Ocon actionne son aileron arrière mobile au passage de la ligne et contourne Alonso par l'extérieur, mais il vire au large au freinage et coupe la chicane. Le Normand dépasse ainsi son équipier, mais lui rétrocède logiquement la position en fin de boucle. Cependant Bottas rejoint ainsi les Alpine. Ricciardo est le premier pilote à changer de pneus.

 

9e: Pérez porte son avance sur Leclerc à un peu plus de deux secondes. Magnussen recolle au trio Alonso – Ocon – Bottas. Hamilton s'impose face à Stroll.

 

10e: Pérez précède Leclerc (2.3s.), Verstappen (4.3s.), Sainz (7s.), Russell (13.1s.), Alonso (24.5s.), Ocon (25s.), Bottas (26s.), Magnussen (27s.), Gasly (29s.), Norris (32s.) et Hamilton (33s.).

 

11e: Magnussen assaille Bottas au premier virage, mais il freine très tard, escalade un vibreur et reste derrière le Finlandais. Hamilton double Norris dans le dernier tournant.

 

12e: Ocon se porte à la hauteur d'Alonso avant le premier virage et se faufile à l'extérieur. Cette fois, c'est le double champion du monde qui tasse son coéquipier et le contraint à court-circuiter la chicane. La murette Alpine demande à ses pilotes de se calmer...

 

14e: L'écart est stable entre Pérez et Leclerc. Bottas dépasse Ocon au premier virage tandis que Hamilton vient à bout de Gasly. Stroll et Albon remplacent leurs gommes.

 

15e: Ferrari annonce à Leclerc qu'il s'arrêtera à la fin de ce tour si Pérez en fait autant. Red Bull tombe dans le panneau et rappelle le Mexicain... alors que le Monégasque reste en piste ! Pérez chausse les gommes dures (2.9s.) et repart derrière Russell. Gasly passe aussi aux stands. Latifi survire en sortant du dernier virage, contre-braque et heurte les glissières de face.

 

16e: La « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée suite à l'accident de Latifi. Voilà une excellente opération pour Leclerc qui plonge aux stands, prend les pneus durs (2.6s.) et ressort aisément premier ! Verstappen et Sainz sélectionnent aussi ce composé. En quittant la pit-lane, Sainz voit Pérez lui passer sous le nez, et ce alors qu'il précédait le Mexicain au passage de la ligne de Safety Car.

 

17e: La voiture de sécurité entre en piste car une grue intervient pour ôter la Williams de Latifi. Russell, Alonso, Bottas, Ocon, Norris et Zhou prennent les enveloppes dures. L'immobilisation du jeune Chinois, qui devait en plus subir un « stop-and-go », vire à la confusion puisqu'un de ses mécaniciens touche à l'Alfa Romeo avant que les cinq secondes ne soient écoulées... Seuls Hamilton, Magnussen et Hülkenberg restent en piste puisqu'ils se sont élancés en gommes dures.

 

18e: Le peloton se regroupe derrière la Safety Car. Leclerc devance Verstappen, Pérez, Sainz, Russell, Magnussen, Hamilton, Alonso, Hülkenberg, Bottas, Ocon, Ricciardo, Norris, Gasly, Zhou, Stroll et Albon.

 

20e: Sainz peste dans sa radio contre Pérez qui devrait normalement lui rendre sa position. Mais le pilote Red Bull ne reçoit aucune consigne en ce sens. La course va reprendre au tour suivant. Verstappen se porte à la hauteur de Leclerc dans le dernier bout droit.

 

21e: Leclerc met les gaz après le virage n°27 et conserve aisément la première place. Verstappen est semé. Pérez se résout à laisser filer Sainz, un peu tardivement au goût du Madrilène. Magnussen menace un temps Russell, avant d'être lui-même attaqué par Hamilton.

 

23e: L'usage du DRS est autorisé. Leclerc jouit d'une seconde de marge sur Verstappen. Hamilton prend l'ascendant sur Magnussen.

 

24e: Magnussen réplique à Hamilton et le contourne au premier virage. Une Haas qui double une Mercedes, nous ne sommes décidément plus en 2021... En délicatesse avec ses gommes, Hülkenberg cède à Bottas, puis à Ocon et Ricciardo.

 

25e: Hamilton se défait pour de bon de Magnussen au bout de la ligne droite principale. Zhou écope d'un « drive through » puisque sa précédente sanction n'a pas été correctement observée.

 

26e: Leclerc est en tête devant Verstappen (1.1s.), Sainz (3.2s.), Pérez (4.7s.), Russell (8.3s.), Hamilton (13.4s.), Magnussen (15s.), Alonso (16.5s.), Bottas (17.2s.), Ocon (20s.), Ricciardo (22.2s.) et Hülkenberg (23s.).

 

27e: Plus à l'aise en pneus durs qu'avec les médiums, Verstappen s'empare du meilleur chrono (1'33''059''') et roule à une seconde de Leclerc.

 

28e: Leclerc répond à Verstappen avec un temps-canon: 1'32''7111'''. Norris et Gasly passent devant Hülkenberg.

 

30e: Rien ne semble pouvoir entraver la marche de Leclerc qui tourne en 1'32''683'''. Verstappen s'accroche mais concède quelques centièmes à chaque tour.

 

32e: L'intervalle entre Leclerc et Verstappen atteint une seconde et sept dixièmes. De son côté, Pérez ne parvient pas à suivre Sainz. Les pneus de Magnussen commencent à crier grâce et Alonso rattrape le Danois.

 

34e: Leclerc précède Verstappen (1.6s.), Sainz (5.8s.), Pérez (8.3s.), Russell (17s.), Hamilton (23.5s.), Magnussen (28.7s.), Alonso (29.3s.), Bottas (31.5s.), Ocon (33.7s.), Ricciardo (37.5s.), Norris (38.8s.), Gasly (41s.) et Hülkenberg (46s.).

 

35e: Verstappen repasse à l'offensive et abaisse le record du tour (1'32''474'''). Pérez allume ses freins et coupe la première chicane. Alonso dépasse Magnussen au virage n°1. Bottas effectue un second changement de pneus inattendu.

 

36e: Victime d'une perte de puissance, Alonso laisse filer Magnussen puis lève le pied. Au même instant, Ricciardo perd l'usage de son embrayage et se gare juste avant l'entrée de la pit-lane.

 

37e: Les drapeaux jaunes sont agités dans le dernier secteur. Magnussen et Hülkenberg passent aux stands pour mettre les pneus médiums, alors que Bottas met pied à terre car son moteur surchauffe dangereusement. La procédure de « Virtual Safety Car » est ensuite lancée pour dégager la McLaren de Ricciardo. La voie des stands est alors fermée, ce qui contraint Alonso à abandonner son Alpine quelques dizaines de mètres derrière l'Australien !

 

38e: La fermeture de la pit-lane est une très mauvaise nouvelle pour Hamilton qui ne peut pas profiter de cette neutralisation pour remplacer ses pneus usés. Les commissaires évacuent les bolides d'Alonso et de Ricciardo à la poussette.

 

40e: La neutralisation s'éternise. Leclerc possède maintenant quatre secondes de marge sur Verstappen, mais ce dernier va se rapprocher à la faveur du drapeau vert.

 

41e: La course est relancée. Hamilton peut donc enfin stopper pour mettre les gommes jaunes, mais dégringole au classement. Leclerc mène devant Verstappen (0.6s.), Sainz (9.6s.), Pérez (11.3s.), Russell (23.8s.), Ocon (44.3s.), Norris (46.4s.), Gasly (50s.) et Stroll (56s.). Magnussen prend la 10e place à Albon.

 

42e: Verstappen jouit d'une puissance de feu en ligne droite et recolle à Leclerc. Il ouvre son aileron mobile dans la pleine charge menant au dernier virage, se déporte à l'extérieur et dépasse Leclerc. Mais le Batave sort assez mal de ce dernier tournant et, surtout, a donné l'usage du DRS à son adversaire en coupant le premier la ligne de détection sise juste avant le virage n°27.

 

43e: Leclerc se blottit derrière Verstappen, actionne son DRS, se déporte à l'extérieur puis plonge à la corde pour reprendre le commandement. Un peu plus loin, alors qu'ils abordent le dernier virage, les deux leaders ralentissent: aucun ne veut franchir en premier la ligne de détection du DRS ! Ils finissent même par bloquer leurs roues, mais Leclerc, roublard, remet les gaz d'un coup et prend assez d'avance pour se mettre à l'abri d'une attaque de Verstappen. Magnussen dépasse Stroll et Hamilton efface Albon.

 

44e: Leclerc précède Verstappen (1.3s.), Sainz (8s.), Pérez (10s.), Russell (25s.), Ocon (46s.), Norris (47s.), Gasly (52s.), Magnussen (1m.), Stroll (1m. 01s.), Hamilton (1m. 02s.) et Albon (1m. 03s.).

 

45e: Verstappen demeure dans le sillage de Leclerc, méditant un dernier assaut. La Ferrari a beaucoup d'appui et une bonne motricité et est donc redoutable en courbe. Mais à l'accélération la Red Bull a l'avantage. Hamilton s'empare de la dixième place aux dépens de Stroll.

 

46e: Leclerc et Verstappen se déchaînent, quitte à prendre les virages à la limite de l'adhérence, voire, dans le cas du Hollandais, à frôler les murs. Pérez améliore le record du tour (1'32''042''') et tente de remonter sur Sainz.

 

47e: Verstappen ouvre son aileron arrière mobile après le virage n°27, se glisse dans le sillage de Leclerc, déboîte par l'extérieur et se rabat devant la Ferrari avant même la ligne de chronométrage. Leclerc tente de résister, mais il manque son premier freinage et doit traverser la chicane. La course a basculé.

 

48e: Leclerc n'abdique pas: il s'empare du meilleur temps définitif (1'31''634''') et peut encore actionner son DRS. Pendant ce temps-là, Albon attaque Stroll par l'intérieur au virage n°1, mais ne réussit qu'à emboutir l'Aston Martin et l'expédie en tête-à-queue. Stroll atterrit à contre-sens et se relance avec peine tandis qu'Albon se gare un peu plus loin dans une échappatoire, avec une suspension avant-droite pliée. Norris prend la sixième place à Ocon.

 

49e: Les drapeaux jaunes sont agités dans le premier secteur en raison de l'immobilisation d'Albon, ce qui empêche Leclerc de porter une dernière estocade contre Verstappen. Ocon repasse devant Norris au franchissement de la ligne. Magnussen remonte pour sa part sur Gasly qui doit composer avec de violents maux d'estomac.

 

50ème et dernier tour: Max Verstappen remporte sa première victoire en 2022, une demi-seconde devant Leclerc. Sainz complète le podium. Pérez, le déçu du jour, termine quatrième. Russell amène sa Mercedes au cinquième rang. Ocon (6e) résiste à une dernière attaque de Norris (7e) et le précède d'un petit centième ! Gasly finit huitième avec les boyaux en feu. Magnussen place sa Haas au neuvième rang, devant la Mercedes de Hamilton (10e). Zhou, Hülkenberg et Stroll rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course: Verstappen vs. Leclerc, deuxième manche

Après ce Grand Prix d'Arabie saoudite, le décor de cette saison 2022 paraît planté, avec un double duel Charles Leclerc vs. Max Verstappen et Ferrari vs. Red Bull. Huit jours après Bahreïn, le Monégasque et le Hollandais ont de nouveau croisé le fer, cette fois-ci à l'avantage du champion en titre, épargné par la malchance et doté d'un moteur « ex-Honda » surpuissant. Les deux jeunes pilotes (ils auront 25 ans cette année) se sont livrés à un duel rugueux, mais sans aucun mauvais esprit. Il est vrai que depuis dix ans qu'ils s'affrontent, des pistes de karting aux circuits de F1, Charles et Max ont appris à se connaître et à s'estimer. A Djeddah, leur combat s'est mué en jeu du chat et de la souris pendant les derniers tours grâce à l'aileron arrière mobile. « Ce ne fut vraiment pas facile de passer Charles », admet Verstappen. « Il est malin et connaissait parfaitement tous les petits trucs du DRS. » Notamment ce fameux « qui perd gagne » qui consiste à laisser l'adversaire franchir en premier la ligne de détection du DRS, afin de pouvoir user de cette arme redoutable dans l'accélération suivante. On se souvient que l'an dernier, Verstappen avait été jusqu'à donner un coup de frein devant Lewis Hamilton pour parvenir à cette fin. « Max est très fort à ce jeu-là », répond le pilote Ferrari. « J'ai bien essayé de l'avoir. Mais à la seconde tentative, il a freiné très fort. Alors, je suis repassé et il a pu se faire aspirer... » Leclerc aurait pu encore riposter mais, hélas, le drapeau jaune provoqué par la collision entre Alex Albon et Lance Stroll nous a privé de cet ultime round.

 

Les équipiers respectifs de Verstappen et de Leclerc font en revanche profil bas. Sergio Pérez, parti en pole, maîtrisait parfaitement cette course jusqu'à ce qu'il ait la malchance de passer aux stands un tour avant la neutralisation. « J'avais la marge nécessaire pour rester devant Leclerc, mais hélas Latifi s'est crashé. C'est la course ! » philosophe Checo. Quant à Carlos Sainz, il admet qu'il ne parvient pas pour le moment à exploiter tout le potentiel de sa Ferrari et donc subit quelque peu la loi de Charles Leclerc

 

Chez Red Bull, on se satisfait d'un succès qui estompe le double K.O. technique de la semaine précédente. La RB18 est bien une machine redoutable, la seule capable de rivaliser pour l'instant avec la Ferrari. « Je suis d'autant plus fier de ce résultat que nous avons débuté le développement de cette voiture bien plus tard que nos rivaux, en raison des efforts fournis l'an passé », souligne Christian Horner. « Vous pouvez voir sur la grille qu'il y a de grandes divergences dans l'interprétation des règles et que nous avons trouvé une solution créative. Cela nous donne un bon potentiel pour toute la saison à venir. » Toutefois, selon Mattia Binotto, la victoire de Red Bull s'explique avant tout par les réglages appliqués aux bolides: « La Red Bull était plus rapide à l'accélération, mais cela est dû à un choix d'appui. Verstappen a commencé le week-end avec une voiture chargée, avant de retirer de l'appui peu à peu. Chez Ferrari, nous sommes restés sur un modèle très appuyé parce que l'on considérait que c'était plus judicieux pour préserver la gomme. Les deux choix étaient bons, cela s'est joué sur des détails. » Chacun aura toutefois noté que Verstappen et Leclerc ont pu attaquer jusqu'au bout grâce à l'excellente tenue des nouvelles enveloppes de 18 pouces fournies par Pirelli, visiblement plus solides que leurs devancières.

 

Tout le monde aimerait que Lewis Hamilton joue les troubles-fêtes dans le duel annoncé entre Max Verstappen et Charles Leclerc. Hélas, celui-ci doit composer avec une Mercedes W13 mal née. Au soir de ce Grand Prix, l'équipe anglo-allemande ne se cache pas derrière la méritante cinquième place d'un George Russell irréprochable. Que le pilote le plus titré de l'histoire de la F1 termine derrière la Haas de Kevin Magnussen est une humiliation sans nom. « On s'est fait avoir sous la Virtual Safety Car », ronchonne Toto Wolff. « La confusion régnait et nous avons manqué la fenêtre pour changer les pneus de Lewis. Cependant, nous savons que cette année nous ne sommes pas à la hauteur. Il est cruel de voir Ferrari et Red Bull se battre sans nous. Nous allons essayer de revenir dans la bataille. » Lewis Hamilton est encore plus lugubre : « Nous manquons de tout: de grip, de puissance et de vitesse de pointe. Nous sommes lents... Si lents... » Quel contraste avec l'hégémonie de ces huit dernières saisons !

 

Enfin, les Alpine roses ont fait le spectacle en début de course avec une bagarre à couteaux tirés entre Esteban Ocon et Fernando Alonso. Otmar Szafnauer, le nouveau patron de l'équipe anglo-française, a peu goûté ces manœuvres qui auraient pu déboucher sur un double K.O., ce pourquoi il a rapidement sifflé la fin de la récréation. « A la base, on avait le droit de se battre parce que ça booste nos performances », explique Ocon, qui apprécie d'ailleurs la nouvelle configuration des F1 version 2022: « On peut désormais se suivre de très près, l'objectif a été atteint. La meilleure défense, c'est donc désormais l'attaque. » Alonso ne garde pas rancune à son jeune équipier d'une défense très musclée: « Il n'y a pas de souci, nous nous respectons et nous donnons toujours le meilleur de nous-mêmes. » Le vétéran espagnol se préoccupe surtout de sa panne de moteur qui lui a coûté de précieux points. Le bilan d'Alpine-Renault après deux courses est donc plutôt mitigé. Certes, Ocon a déjà engrangé 14 points et l'équipe figure à la quatrième place du championnat des constructeurs, mais la fiabilité du nouveau groupe propulseur Renault ultra-compact laisse grandement à désirer...

 

Sources:

- L'Equipe n°24699 du 28 mars 2022

- Auto-Hebdo n°2356, 30 mars 2022

Tony