Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes

1054o Grande Prémio

I Grande Premio de São Paulo
Ensolarado
Interlagos
domingo, 14 de novembro de 2021
71 voltas x 4.309 km - 305.879 km
(Offset: 60 m)
info
Affiche
F1
Coupe

Sabiam-no?

Piloto
Construtore
Motore

Présentation de l'épreuve

Après les États-Unis et le Mexique, la Formule 1 retrouve le Brésil et Interlagos après deux ans d'absence due à la pandémie de la Covid-19. Le retour du paddock à São Paulo n'allait cependant pas de soi à cause de la volonté du président Jaïr Bolsonaro de transférer le Grand Prix du Brésil à Rio de Janeiro. Toutefois, ce projet faramineux, qui prévoyait la construction d'un tout nouveau circuit près du parc olympique de Deodoro, a soulevé l'opposition des écologistes et de nombreux riverains et a fini par être enterré en février 2021 par le nouveau maire de Rio Eduardo Paes. Dans le même temps, la Formule 1 a signé en novembre 2020 un nouveau contrat avec Interlagos portant jusqu'en 2025. Le gouverneur de l'État de São Paulo João Doria et le maire de la métropole Bruno Covas (depuis décédé) ont dans la foulée nommé un nouveau promoteur, Brazil Motorsport, derrière lequel se cache la société d'investissements aboudabienne Mubadala qui sponsorise aussi la Scuderia Ferrari. Alan Adler est le nouveau directeur d'un événement renommé « Grand Prix de São Paulo » afin de souligner la part prise par le gouvernement de « Sampa » dans son organisation.

 

Cette épreuve est l'occasion de tester les « qualifications sprint » pour la troisième et dernière fois en 2021. Un format appelé à se généraliser puisque Stefano Domenicali et Ross Brawn ont proposé que ces mini-courses soient étendues à sept ou huit week-ends en 2022. Pourtant, les amateurs de Formule 1 ont fait part d'une large déception devant la pauvreté du spectacle proposé par cette nouvelle formule qualificative. Un sondage en ligne commandé par la Formule 1 a ainsi révélé que 60 % des « fans » refusaient la généralisation des « qualifications sprint » et que seulement 7 % y percevaient une plus-value en termes de suspens. Un rejet franc et massif dont les promoteurs de la Formule 1 n'ont cure. Domenicali contourne en effet cette opposition par une argumentation spécieuse: selon lui, il ne faut pas mettre sur le même plan les avis des « anciens » et des « nouveaux » passionnés, les premiers étant de méchants passéistes alors que les seconds détiendraient la Vérité. « Nous percevons à partir de ces chiffres les sentiments mitigés des fans plus traditionnels, moins enthousiastes devant ce changement, explique l'Italien. Mais d'un autre côté, les nouveaux fans sont vraiment heureux de voir les choses évoluer ainsi. C'est donc cette donnée que nous allons prendre en considération. » La Formule 1 version Liberty Media joue donc les « jeunes » contre les « vieux », sans d'ailleurs préciser sur quels critères elle fonde cette distinction. On est en tout cas certain que ces enquêtes de satisfaction n'influeront en rien sur les décisions du promoteur américain.

 

Du mercredi 10 au jeudi 11 novembre, les équipes sont plongées dans l'angoisse devant des difficultés d'acheminement du fret aérien en provenance de Mexico. Le transport, organisé par l'allemand DHL, est perturbé par une météo capricieuse, et une partie de l'équipement se retrouve coincé à l'aéroport de Miami. Une fois la situation débloquée, il faut encore de longues heures de vol pour rallier São Paulo, d'où un retard qui plonge les mécaniciens dans un profond embarras, le matériel arrivant au compte-gouttes. Par exemple, Alfa Romeo ne reçoit ses groupes propulseurs Ferrari que jeudi après-midi. Plusieurs teams obtiennent par conséquent une dérogation pour contourner le couvre-feu et poursuivre l'assemblage des monoplaces dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces problèmes de logistiques étaient hélas prévisibles du fait de l'enchaînement de trois courses (Mexique, Brésil, Qatar) en trois semaines, et pourraient se répéter à l'avenir puisque le calendrier 2022 comprendra encore trois « triplettes » de ce type.

 

Quatre courses restent à disputer en 2021, et le fantastique duel opposant Lewis Hamilton à Max Verstappen pour le titre mondial semble tourner à l'avantage du Hollandais qui compte 19 points d'avance sur l'Anglais. Le match serait-il joué ? Il est vrai que, du seul point de vue des chiffres, cette saison paraît entièrement dominée par Verstappen qui a remporté neuf victoires, contre cinq seulement pour Hamilton, glané neuf poles positions (trois pour le pilote Mercedes) et surtout parcouru 569 tours en tête contre seulement 154 pour son rival britannique ! Mais Verstappen a aussi subi trois abandons cette année, contre un seul pour Hamilton, ce qui explique en partie cet écart de points restreint.

 

Cependant, le week-end commence mal pour Lewis Hamilton. Vendredi 12 novembre, Mercedes annonce avoir détecté un problème de pression d'eau sur le groupe propulseur de la n°44 lors du Grand Prix de Mexico et remplace son V6 en conséquence. Le septuple champion du monde encaisse ainsi une pénalité de cinq places qui sera décomptée sur la grille de départ du dimanche.

 

Vendredi: premiers essais, qualifications et controverses

La séance libre du vendredi matin se déroule sous un ciel menaçant. Hamilton crée la surprise en réalisant le meilleur chrono avec une demi-seconde d'avance sur les Red Bull de Verstappen et de Pérez. La Mercedes, a priori peu favorisée sur ce tracé majoritairement sinueux, se montre extrêmement rapide en ligne droite, développant jusqu'à 20 km/h de plus que la concurrence, et ce en dépit de forts appuis ! De quoi relancer certaines spéculations...

 

L'après-midi se tient la session qualificative. L'atmosphère est fraîche (24°C) pour la saison et la plupart des pilotes ont du mal à faire chauffer les pneus tendres dont l'usage est obligatoire pour cette épreuve. Hamilton confirme sa bonne forme de la matinée et domine les trois étapes pour s'adjuger la première place (1'07''934'''). Sur l'autre Mercedes, Bottas (3ème) concède près d'une demi-seconde à son leader. Verstappen (2ème, 1'08''372''') n'a jamais pu approcher Hamilton et déplore une surchauffe de ses gommes avant. Pérez place la seconde Red Bull-Honda au quatrième rang, à quelques millièmes de Bottas. Gasly (5ème) est encore une fois le « meilleur des autres », au volant d'une surprenante AlphaTauri. Tsunoda (13ème) découvre le tracé pauliste. Satisfaction chez Ferrari: Sainz (6ème) et Leclerc (7ème) précèdent les deux McLaren-Mercedes (Norris 8ème, Ricciardo 9ème), assez peu performantes jusqu'ici. Les écarts sont très serrés au cœur du peloton. Les Alpine-Renault (Alonso 10ème, Ocon 11ème) tirent pour une fois leur épingle du jeu dans cet exercice. Les Aston Martin-Mercedes (Vettel 12ème, Stroll 16ème) manquent d'équilibre. Les Alfa Romeo (Räikkönen 14ème, Giovinazzi 15ème) confirment leur léger regain de forme et parviennent toutes deux en Q2. En revanche, le manque d'évolutions se fait sentir chez Williams: les deux FW43B sont renvoyées en fond de grille et, pour une fois, Latifi (17ème) précède Russell (18ème). Les Haas-Ferrari (Schumacher 19ème, Mazepin 20ème) ferment la marche, avec un net retard de plusieurs dixièmes sur les Williams. A l'issue de cette séance, Mazepin se présente en pleurs devant les journalistes. Visiblement, le jeune Russe souffre de la forte pression qui pèse sur lui en interne.

 

Deux polémiques troublent ce vendredi soir. Tout d'abord, Lewis Hamilton est placé sous enquête par le directeur sportif fédéral Jo Bauer car son aileron arrière mobile s'est ouvert davantage qu'il n'est autorisé (85 millimètres entre les deux plans horizontaux supérieurs) lors de la séance qualificative. Les commissaires reçoivent dans un premier temps Ron Meadows, directeur sportif de Mercedes, et l'ingénieur en chef Simon Cole pour faire la lumière sur cette anomalie, puis décident de reporter le verdict au lendemain afin de pouvoir entendre le concepteur John Owen. Mercedes prétend que cette ouverture légèrement trop importante (0,2 mm) provient de dégâts subis sur l'aileron, et telle est probablement la vérité. Reste que l'infraction, si minime soit-elle, est caractérisée.

 

Dans le même temps, Max Verstappen est à son tour convoqué par les officiels. En effet, à l'issue de la Q3, le Hollandais est aperçu se promenant dans le parc fermé pour inspecter l'aileron arrière de sa monoplace, puis celui de la Mercedes de Hamilton, visiblement afin de comparer les écarts entre les flaps. Plus grave, Verstappen se permet de toucher l'aileron de la W12, et enfreint l'article 2.5.1 du Code sportif qui prévoit que seuls les officiels ont le droit de pénétrer dans le parc fermé et d'y opérer des vérifications. Toutefois, il n'est pas rare de voir des pilotes passer outre cette obligation, et ce depuis de nombreuses années. Sebastian Vettel s'est par exemple fait une spécialité d'éprouver la flexibilité des éléments aérodynamiques des autres bolides sans jamais être inquiété.

 

Samedi (1): Hamilton disqualifié, Verstappen à l'amende

Samedi matin, les pilotes mettent à profit la seconde séance libre pour tester les pneus tendres et médiums lors de longs « runs », en prévision des « qualifications sprint ». Les temps n'ont donc aucune signification et si Alonso et son Alpine se placent en haut de la hiérarchie, c'est avec un chrono (1'17''301''') huit secondes plus lent que celui réalisé la veille par Hamilton !

 

Une heure avant le lancement des « qualifications » sprint, la fédération rend son verdict sur les deux affaires qui lui étaient soumises. Lewis Hamilton est sans grande surprise disqualifié en raison de la trop grande ouverture de son aileron arrière mobile. Toto Wolff déclare aussitôt qu'il ne fera pas appel de cette décision, mais ne cache pas sa vive irritation devant ce qu'il estime être une interprétation trop littérale des directives techniques. « On pensait que tout irait bien parce que l'aileron était endommagé », grogne l'Autrichien. « Le souci provenait de la partie droite de l'aile. Dans les faits, nous accusions même un petit déficit de puissance. On pensait que la FIA teindrait compte de cela. Ils ont d'ailleurs reconnu notre bonne foi. » Wolff estime en outre que l'infraction était si bénigne qu'elle aurait dû faire l'objet d'une simple remontrance de la part de Jo Bauer, et non pas atterrir devant les officiels: « Le protocole habituel nous aurait permis d'intervenir après avoir découvert que notre aileron avait échoué au test de manière très marginale. Mais les commissaires ont été avertis et ne pouvaient pas faire machine arrière. Par le passé, le bon sens prévalait et il y avait toujours une marge de tolérance. » Quant à Lewis Hamilton, il accuse le coup mais n'en laisse rien paraître, déterminé à répondre sur la piste.

 

Max Verstappen écope pour sa part d'une amende salée de 50 000 dollars pour ses divagations dans le parc fermé. La sanction n'est pas plus lourde parce qu'il est démontré que le pilote hollandais n'a causé aucun préjudice à Mercedes en touchant la W12. Verstappen prend cependant fort mal cette sanction et espère ironiquement que les commissaires « pourront se payer un bon et très cher gueuleton » avec le montant de sa « prune »...

 

Samedi (2): les qualifications sprint

En vertu de sa disqualification, Hamilton prend le départ de cette épreuve depuis la dernière place. Verstappen recueille la position de pointe et tous les autres pilotes grimpent d'un rang sur cette grille. Le ciel s'est couvert depuis les essais libres et la température chute de près de 10°C. Les montes de pneumatiques sont variées: onze pilotes (Verstappen, Pérez, Leclerc, Norris, Ricciardo, Alonso, Vettel, Stroll, Latifi, Russell et Hamilton) partent en pneus médiums et neuf (Bottas, Sainz, Gasly, Tsunoda, Ocon, Räikkönen, Giovinazzi, Schumacher et Mazepin) se saisissent de gommes tendres.

 

Départ: Bottas prend un excellent envol et déborde immédiatement Verstappen qui a quelque peu patiné. Sainz surprend Pérez et s'empare de la troisième place. Gasly démarre mal et perd trois places.

 

1er tour: Verstappen manque d'adhérence en ce début de tour. Sainz se porte à sa hauteur à Subida do Lago. Placé à l'extérieur, le Hollandais tente de résister avant de virer au large et de revenir en piste en troisième position. Leclerc emprunte aussi les bordures après avoir tenté de surprendre Pérez. Hamilton gagne six positions dans cette seule première boucle. Bottas mène devant Sainz, Verstappen, Pérez, Leclerc, Norris, Gasly, Ocon, Vettel et Ricciardo.

 

2e: Bottas s'envole grâce à ses pneus tendres et compte deux secondes d'avance sur Sainz, déjà menacé par Verstappen. Giovinazzi touche son équipier Räikkönen au premier virage et l'expédie en tête-à-queue. Le vétéran finlandais se relance bon dernier et parviendra seulement à repasser devant les Haas.

 

3e: Verstappen peut actionner son aileron arrière mobile pour attaquer Sainz. Alonso prend la onzième place à Giovinazzi. Deux rangs plus loin, Hamilton bute pour l'heure sur Tsunoda.

 

4e: Verstappen déborde aisément Sainz au passage de la ligne de chronométrage. Hamilton se défait de Tsunoda.

 

5e: Bottas devance Verstappen (2.3s.), Sainz (6s.), Pérez (6.6s.), Leclerc (7.2s.), Norris (7.5s.), Gasly (9.3s.), Ocon (10.5s.), Vettel (11s.), Ricciardo (11.7s.) et Alonso (12.4s.). Hamilton prend la douzième place à Giovinazzi.

 

6e: Verstappen réalise le meilleur chrono (1'12''187''). Pérez rejoint Sainz qui se défend en louvoyant dans l'accélération principale.

 

7e: Hamilton se retrouve derrière un peloton comprenant Ocon, Vettel, Ricciardo et Alonso, quatre pilotes pouvant actionner le DRS, ce qui rend sa remontée plus ardue.

 

8e: Verstappen revient à moins de deux secondes de Bottas. Hamilton passe devant Alonso.

 

9e: Norris attaque Leclerc au passage de la ligne, mais ce dernier se défend rudement en coupant la trajectoire de son assaillant juste avant le freinage. Dans la ligne droite suivante, le Monégasque réitère cette manœuvre mais Norris, aileron ouvert, s'impose à la courbe du lac.

 

10e: Bottas précède Verstappen (1.3s.), Sainz (11.1s.), Pérez (11.6s.), Norris (13s.), Leclerc (14.3s.), Gasly (15.7s.), Ocon (17s.), Vettel (17.8s.), Ricciardo (18.5s.), Hamilton (19s.) et Alonso (19.7s.).

 

12e: Les pneus tendres commencent à se détériorer. Verstappen se rapproche ainsi de Bottas et Pérez menace Sainz. Le Mexicain tente en vain de se décaler pour surprendre l'Espagnol à l'entrée des Esses de Senna.

 

13e: Hamilton réalise l'extérieur sur Ricciardo avant le premier virage et s'empare de la dixième place. Il recolle facilement à Vettel.

 

14e: Verstappen revient à moins d'une seconde de Bottas et peut donc ouvrir son aileron arrière. Mais le Hollandais constate très vite que la Mercedes jouit d'une vitesse de pointe bien supérieure à celle de sa Red Bull...

 

15e: Hamilton contourne Vettel par l'intérieur au freinage des Esses de Senna. Ocon sera sa prochaine cible.

 

16e: Hamilton se débarrasse aisément d'Ocon, puis de Gasly au tour suivant.

 

17e: Bottas est premier devant Verstappen (1.1s.), Sainz (16.1s.), Pérez (16.8s.), Norris (18.4s.), Leclerc (20s.), Hamilton (23.5s.), Gasly (25s.), Ocon (26.1s.), Vettel (27.4s.), Ricciardo (28s.) et Alonso (28.7s.).

 

19e: Verstappen ne parvient pas à se rapprocher de Bottas. De son côté, Sainz résiste à Pérez avec une belle opiniâtreté. Hamilton rattrape Leclerc au rythme d'une seconde par tour.

 

20e: Hamilton dépasse Leclerc par l'intérieur à Subida do Lago. Le voici sixième, avec Norris en point de mire.

 

21e: Bottas précède Verstappen (1.1s.), Sainz (17.4s.), Pérez (18s.), Norris (20.5s.), Hamilton (22.1s.), Leclerc (23.6s.), Gasly (28.8s.), Ocon (29.9s.) et Vettel (30.8s.).

 

23e: L'intervalle n'évolue plus entre Bottas et Verstappen. Hamilton est sur les talons de Norris.

 

24ème et dernier tour: Hamilton prend l'aspiration de Norris à l'entame de la longue pleine charge et le dépasse par l'intérieur au premier virage, au prix d'un freinage appuyé.

 

Valtteri Bottas remporte cette « qualification sprint » et décroche trois points, ainsi que la vingtième pole position de sa carrière. Verstappen termine deuxième et engrange deux unités. Sainz finit à une superbe troisième place. Pérez se classe quatrième. Hamilton, cinquième, s'élancera dixième le lendemain du fait de sa pénalité. Suivent et suivront sur la grille: Norris, Leclerc, Gasly, Ocon, Vettel, Ricciardo, Alonso, Giovinazzi, Stroll, Tsunoda, Latifi, Russell, Räikkönen, Schumacher et Mazepin.

 

Cette troisième « course sprint » n'a pas offert un spectacle transcendant, mais elle a confirmé la supériorité des Mercedes sur ce tracé, semble-t-il due à une vitesse de pointe hors normes. Comme d'habitude, Christian Horner glose sur les performances du moteur allemand afin de distiller la suspicion, mais ses flèches sont émoussées. Max Verstappen aura fort à faire le lendemain pour devancer Valtteri Bottas. Le Finlandais l'emporte grâce à un départ-canon et offre trois points précieux à son équipe, ainsi qu'une position stratégique décisive. Quant à Lewis Hamilton, sa belle remontée lui permet de conserver ses chances de succès. Autre enseignement de cette mini-course: les pneus tendres paraissent capables de parcourir ici un relais de plus de 25 tours, à condition que l'atmosphère soit relativement fraîche. Ce qui ne sera pas le cas le lendemain.

 

Le Grand Prix

En effet, dimanche après-midi, le vent tombe et le mercure grimpe en flèche, dépassant les 30°C. Dans ces conditions, seul Tsunoda ose partir en pneus tendres, tous les autres concurrents sélectionnant les gommes médiums. La plupart des équipes tablent sur deux arrêts. Räikkönen s'élance depuis les stands car il a remplacé son aileron arrière sous parc fermé. Les tribunes sont remplies de supporteurs brésiliens toujours aussi hauts en couleur... et partisans. Émule du Dieu Senna, Lewis Hamilton est acclamé à chacune de ses apparitions tandis que son rival Max Verstappen est salué par des huées. Chacun son tour...

 

Départ: Verstappen prend cette fois un meilleur envol que Bottas et vire en tête dans les Esses de Senna, non sans pousser le Finlandais vers la bordure. Suivent Pérez et Leclerc. Norris tente de déborder Sainz par l'extérieur, mais celui-ci le tasse assez rudement. L'aileron avant de la Ferrari tranche le pneu arrière-gauche du Britannique qui lève aussitôt le pied, mais parvient à se dégager de la trajectoire.

 

1er tour: Pérez fait l'extérieur à Bottas dans la courbe du lac et s'impose à la réaccélération. Juste derrière, les deux Ferrari en bagarre partent au large dans ce virage mais ne perdent pas de position. Hamilton se défait de Ricciardo, d'Ocon et enfin de Gasly. En fin de tour, Verstappen précède Pérez, Bottas, Leclerc, Sainz, Vettel, Hamilton, Gasly, Ricciardo et Ocon.

 

2e: Une seconde et demie sépare les deux Red Bull. Hamilton déborde Vettel au premier virage. Ocon prend l'ascendant sur Ricciardo.

 

3e: Hamilton remonte irrésistiblement sur les Ferrari et se défait de Sainz au virage n°1, puis de Leclerc au tour suivant.

 

4e: Tsunoda attaque Stroll au bout de la longue pleine charge: il plonge à l'intérieur en freinant très tard et ne réussit qu'à détruire son aileron avant contre le ponton de l'Aston Martin, faisant voler de carbone au passage.

 

5e: L'intervalle est stable entre Verstappen et Pérez. Bottas ralentit avant le virage n°1 pour ouvrir la voie à Hamilton. Tsunoda rejoint son stand pour changer de calandre et de pneus.

 

6e: La voiture de sécurité entre en piste afin d'ôter les débris causés par la collision entre Tsunoda et Stroll. Le museau de l'AlphaTauri gît par exemple dans l'échappatoire.

 

7e: Pendant deux tours, le peloton emprunte la voie des stands afin de permettre aux commissaires de balayer les morceaux de carbone. Russell en profite pour changer d'enveloppes.

 

9e: La piste a été dégagée, la Safety Car rejoint les stands. Verstappen retient la meute jusqu'à la ligne de chronométrage, créant ainsi un regroupement de vingt bolides au pied de la colline.

 

10e: Verstappen met les gaz à l'entame de ce tour et parvient à s'échapper devant Pérez et Hamilton. Leclerc tente en vain de surprendre Bottas. Ricciardo dépasse Ocon. Norris a profité de la neutralisation pour raccrocher le peloton et entame une remontée. Schumacher et Räikkönen entrent en contact dans les Esses de Senna et le jeune Allemand y endommage son nez.

 

11e: Stroll prend la onzième place à Alonso. Schumacher tente de regagner les stands avec son aileron coincé sous son museau. L'aile mutilée finit par s'échapper à Cotovelo et éparpille ainsi encore du carbone.

 

12e: La procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée pour permettre le nettoyage de la piste. Les coureurs lèvent le pied. Schumacher passe chez Haas pour faire réparer sa voiture.

 

13e: Les coureurs roulent à vitesse réduite, mais Hamilton se signale dans les rétroviseurs de Pérez pour l'intimider. Changement de pneus pour Latifi.

 

14e: Le drapeau vert est agité alors que Verstappen aborde Ferradura. Cette neutralisation n'a eu aucun impact sur la course.

 

15e: Verstappen est premier devant Pérez (1.5s.), Hamilton (2.2s.), Bottas (3.2s.), Leclerc (5.1s.), Sainz (6.2s.), Vettel (7.4s.), Gasly (8.2s.), Ricciardo (9.6s.), Ocon (10.7s.), Stroll (12.7s.) et Alonso (13.2s.).

 

16e: Tsunoda reçoit une pénalité de dix secondes pour sanctionner son attaque – kamikaze sur Stroll. Norris efface Mazepin et apparaît au 14ème rang.

 

17e: Hamilton peut actionner son DRS contre Pérez. Plus loin, Gasly est aux trousses de Vettel.

 

18e: Hamilton prend l'aspiration de Pérez dans la grande accélération, ouvre son aileron arrière et s'impose par l'extérieur au premier virage. Mais le Mexicain conserve lui aussi l'usage du DRS et réplique dans le bout droit conduisant à Subida do Lago: il se déporte à droite et repasse devant le septuple champion du monde. Gasly prend l'ascendant sur Vettel.

 

19e: Hamilton réitère sa manœuvre du tour précédent contre Pérez, toujours par l'extérieur au premier tournant. Cette fois, le pilote Red Bull ne peut répliquer. Hamilton se lance à la poursuite de Verstappen qui le devance de trois secondes et demie.

 

21e: Bottas se fait menaçant derrière Pérez. Ricciardo s'empare de la huitième place aux dépens de Vettel pendant que Alonso repasse devant Stroll.

 

22e: Verstappen précède Hamilton (3.6s.), Pérez (6s.), Bottas (7s.), Leclerc (11.5s.), Sainz (13.2s.), Gasly (15.4s.), Ricciardo (18s.), Vettel (19.4s.), Ocon (21s.) et Alonso (25s.). Stroll passe aux stands pour chausser des pneus durs.

 

24e: Les trains de pneus semblent se fatiguer. Hamilton ne remonte pas sur Verstappen et Pérez a semé Bottas.

 

25e: Gasly passe chez AlphaTauri et se saisit de gommes dures (2.9s.). Il reprend la piste derrière son équipier Tsunoda.

 

26e: Hamilton entre aux stands à l'issue de ce tour pour chausser les pneus durs (2.4s.), puis repart en sixième position. Sainz fait escale chez Ferrari et sélectionne pour sa part les enveloppes médiums.

 

27e: Verstappen se rend au stand Red Bull à la fin de cette boucle, abandonnant les commandes à Pérez. Hamilton vise l'« undercut » et améliore le record du tour (1'13''364''').

 

28e: Verstappen s'empare des Pirelli blancs (2.4s.) et reste devant Hamilton qui a perdu un peu de temps derrière Ricciardo. Comme son équipier, Leclerc rechausse des gommes jaunes (2.2s.). Pressé par Sainz et Gasly, Norris dépasse Giovinazzi.

 

29e: Pérez fait halte chez Red Bull pour prendre les gommes blanches (2.8s.) et se relance devant les Alpine. Bottas recueille le commandement provisoire. Changements de pneus également pour Vettel, Räikkönen et Giovinazzi

 

30e: Bottas compte huit secondes d'avance sur Verstappen. Sainz puis Gasly se défont de Norris. Stroll perd un morceau de plancher peu après le passage de la ligne. La « Virtual Safety car » est de nouveau de mise, le temps pour les commissaires de retirer ces débris.

 

31e: Bottas profite de cette neutralisation pour faire escale chez Mercedes et mettre les pneus durs (2.6s.). Il redémarre ainsi devant Pérez. Le drapeau vert est brandi au bout de trente secondes. Ricciardo et Ocon passent aussi par les stands à cet instant. Si l'Australien repart neuvième derrière Gasly, le Français se retrouve treizième.

 

32e: Hamilton est revenu à une seconde de Verstappen. Ricciardo menace Gasly pour la huitième place sans parvenir à le doubler. Leclerc déborde Alonso qui n'a toujours pas stoppé.

 

33e: Verstappen devance Hamilton (1.3s.), Bottas (6.3s.), Pérez (10s.), Leclerc (22s.), Alonso (24s.), Sainz (26s.), Gasly (27.5s.), Ricciardo (28.3s.), Norris (33s.), Tsunoda (35s.) et Ocon (37.5s.).

 

34e: Alonso s'empare de pneus durs au cours d'un arrêt un peu long (4s.). L'Espagnol repart derrière Vettel et Russell. Second pit-stop de Mazepin.

 

36e: Hamilton ne remonte plus sur Verstappen et Bottas est actuellement le pilote le plus rapide en piste.

 

37e: Norris puis Ocon dépassent Tsunoda alors que Alonso s'est défait de Russell.

 

38e: Norris effectue son second pit-stop et reprend des pneus durs. Le jeune Anglais dégringole au 17ème rang.

 

39e: L'intervalle entre Verstappen et Hamilton n'évolue pas bien que le pilote Mercedes sollicite ses batteries au maximum. Vettel et Alonso passent devant Tsunoda. Ce dernier remplace ses gommes à la fin de ce tour.

 

40e: Verstappen apparaît dans la voie des stands et chausse son second train de pneus durs (2.7s.). En quittant son garage, il tombe sur Latifi qui vient lui aussi de changer de roues. Il devra attendre la sortie de la pit-lane pour se défaire du Canadien et perd ainsi quelques précieux dixièmes. Alonso déborde Vettel.

 

41e: Désormais leader, Hamilton choisit de demeurer en piste. Cependant Verstappen améliore le record du tour (1'12''959''').

 

42e: Bottas stoppe chez Mercedes et reprend de la gomme blanche (2.4s.). Arrêts aussi pour Russell et Giovinazzi.

 

43e: Hamilton devance Verstappen de dix-huit secondes. Pérez effectue son second changement de pneus (2.8s.) et s'intercale entre les Ferrari de Leclerc et de Sainz.

 

44e: Hamilton passe chez Mercedes pour remettre des enveloppes dures (2.6s.) et reprend la piste deux secondes et demie derrière Verstappen.

 

45e: Pérez se défait aisément de Leclerc. En fin de boucle, Verstappen précède Hamilton (1.3s.), Bottas (6.6s.), Pérez (9.7s.), Leclerc (11s.), Sainz (15.7s.), Gasly (20.5s.), Ricciardo (23.2s.), Ocon (34.8s.), Alonso (37s.) et Vettel (43s.).

 

46e: Hamilton passe à l'offensive, abaisse le meilleur tour (1'11'982''') et recolle à un peu plus d'une seconde de Verstappen. Il pourra enclencher son DRS à compter du tour suivant.

 

48e: Hamilton ouvre son aileron arrière en quittant les Esses de Senna et prend l'aspiration de Verstappen dans la Recta Oposta. Il le déborde par la droite à l'entrée du virage n°4, mais le Hollandais freine tard et pousse son assaillent vers l'extérieur. Tous deux quittent la piste pour emprunter le dégagement en asphalte et reviennent en piste pied au plancher, Verstappen devant Hamilton. La murette Mercedes alerte aussitôt Michael Masi pour signaler cette « défense musclée » du pilote Red Bull, mais le directeur de course ne bronche pas.

 

49e: Hamilton ne se laisse pas démonter et revient dans le sillage de Verstappen. Stroll abandonne car son fond plat se déchiquette depuis sa collision avec Tsunoda.

 

50e: Ricciardo rejoint son garage avec un moteur cafouillant et n'ira pas plus loin. C'est son premier abandon depuis... 34 courses !

 

51e: Verstappen est premier devant Hamilton (1s.), Bottas (8.4s.), Pérez (12.5s.), Leclerc (23.3s.), Sainz (26.3s.), Gasly (30s.), Ocon (46.8s.), Alonso (48s.), Vettel (57.3s.), Norris (1m 06s.) et Räikkönen (1m. 09s.).

 

52e: Gasly subit son second changement de pneus et redémarre derrière les Alpine qui ne s'arrêteront plus et intervertissent leurs positions. Ocon laisse filer Alonso, plus rapide, afin de bénéficier de son aspiration lorsque Gasly les rattrapera.

 

53e: Leclerc fait escale chez Ferrari et chausse pour la première fois les pneus durs. Second arrêt de Räikkönen.

 

54e: Hamilton ne parvient pas à conserver l'usage du DRS sur l'ensemble du circuit. Il le perd à chaque fois en quittant la partie sinueuse où la Red Bull est plus rapide que la Mercedes. Sainz s'empare à son tour de gommes dures.

 

56e: Vettel remplace ses pneus pour la seconde fois et glisse hors des points, au onzième rang.

 

57e: Verstappen et Hamilton prennent un tour à Norris. Gasly est à la poursuite des Alpine.

 

58e: Hamilton peut de nouveau ouvrir son aileron arrière. Il tente de se laisser aspirer par Verstappen avant la courbe du lac, mais le pilote Red Bull louvoie pour lui couper l'élan.

 

59e: En début de tour, Hamilton fait mine de plonger au premier virage et contraint Verstappen à défendre sa position. Le Hollandais franchit ainsi le premier virage à la limite de la perte d'adhérence. Hamilton en profite pour se glisser dans son sillage à la sortie des Esses. Le Britannique actionne son DRS, déborde Verstappen par l'extérieur et se rabat aussitôt pour lui ôter tout espoir de riposte. Verstappen s'incline. Le Grand Prix vient de basculer.

 

60e: Hamilton s'enfuit aisément devant Verstappen. Gasly attaque son compatriote Ocon au premier virage et passe en force, non sans frôler les roues de l'Alpine. Ocon tente de répliquer par l'extérieur dans la courbe du lac, mais Gasly conserve l'ascendant.

 

61e: Gasly dépasse Alonso dans la Recta Oposta et s'empare ainsi de la septième place.

 

62e: Hamilton est en tête devant Verstappen (2.9s.), Bottas (11.5s.), Pérez (16.2s.), Leclerc (49.8s.), Sainz (53.8s.), Gasly (1m. 11s.), Alonso (1m. 12s.), Ocon (-1t.), Norris (-1t.), Vettel (-1t.) et Räikkönen (-1t.).

 

64e: Hamilton tourne une seconde au tour plus vite que Verstappen et porte son avantage à cinq secondes. Lanterne rouge, Schumacher effectue un pit-stop tardif.

 

66e: Bottas tente de remonter sur Verstappen, mais il est trop loin pour caresser cet espoir. Vettel essaie pour sa part de rattraper Norris.

 

67e: Hamilton devance Verstappen (6.4s.), Bottas (14s.), Pérez (17.5s.), Leclerc (50s.), Sainz (54s.), Gasly (-1t.), Alonso (-1t.), Ocon (-1t.) et Norris (-1t.).

 

69e: Pérez arrive au stand Red Bull afin de chausser des pneus tendres. Son objectif est de chiper le point du record du tour à Hamilton.

 

70e: Bottas est revenu à quatre secondes de Verstappen. Avec quelques tours supplémentaires, Mercedes aurait pu prétendre au doublé.

 

71ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte sa 101ème victoire en F1 devant Verstappen et Bottas. Pérez, quatrième, s'empare in extremis du point du meilleur tour (1'11'010'''). Les Ferrari de Leclerc (5e) et de Sainz (6e) réalisent leur traditionnel tir groupé. Gasly décroche la septième place devant les Alpine. Alonso (9e) a rendu sa position à Ocon (8e) dans les derniers mètres. Norris (10e) prend un point qui n'effacera pas un nouveau week-end désastreux pour McLaren. Vettel, Räikkönen, Russell, Giovinazzi, Tsunoda, Latifi, Mazepin et Schumacher rallient aussi l'arrivée.

 

Après la course

Lewis Hamilton a sans doute accompli l'un des plus beaux week-ends de sa longue carrière de pilote. Le Britannique, que l'on disait vieillissant, a commis cette saison plusieurs erreurs inhabituelles sous la pression de Max Verstappen. Mais au Brésil, Sir Lewis s'est survolté pour gagner vingt-cinq places en deux courses et décrocher une sensationnelle victoire, au prix d'un duel très musclé avec son grand rival. Bref, un exploit digne du grand Ayrton Senna, et les « amadores » ne s'y trompent pas en lui réservant une de ces ovations extatiques dont ils ont le secret. Hamilton entretient la ferveur et accomplit son tour d'honneur en brandissant la bannière brésilienne (*). « Je suis tellement reconnaissant pour le soutien incroyable que j'ai reçu ce week-end... Je n'ai rien connu de tel depuis Silverstone », confie-t-il, ému. « Expérimenter cette liesse a été une leçon d'humilité. Mais, bon sang ! Quelle course ! Cela fut un week-end difficile pour toute l'équipe. Malgré ces deux pénalités, tout le monde est resté positif et a fait un excellent travail. Pourtant, je ne pensais pas que nous pouvions revenir de la dernière place lors de la course sprint, pas plus que nous pouvions gagner aujourd'hui. Mais j'ai tout donné. Je ne me souviens pas avoir jamais dépassé 25 concurrents en deux jours... » Hamilton narre sa bagarre contre Max Verstappen, auquel il ne tient semble-t-il par rigueur de sa très dure résistance: « J'avais du mal à suivre Verstappen dans le dernier secteur et j'entamais la colline avec difficulté. Du coup, même si j'obtenais le DRS, j'étais trop loin doubler. Et puis j'ai eu cette opportunité avant le virage n°4, qui s'est achevée comme on sait. La seconde fois, je m'y suis mieux pris. J'ai un peu bluffé en plongeant très tard au premier virage pour que Max me bloque. J'étais ainsi mieux positionné que lui pour aborder l'enchaînement suivant. C'est alors que j'ai doublé. »

 

Max Verstappen fait bonne figure ce dimanche soir et considère que sa Red Bull ne pouvait pas vaincre la Mercedes de son rival. « On a tout essayé aujourd'hui », confie le Hollandais. « C'était une super bataille, très plaisante, mais il nous a manqué un petit peu de rythme. Nous avons essayé de limiter les dégâts. J'ai fait le maximum pour contenir Hamilton, mais je n'avais plus de capital pneus en fin de course. Je manquais d'adhérence, en particulier dans le premier virage. Et en ligne droite, nous étions bien moins rapides. Cependant, il faut savoir se satisfaire de ce résultat. » Verstappen est également montré du doigt pour sa défense très « virile » face à Hamilton au 48ème tour. Toutefois les commissaires n'ont pas jugé bon de s'emparer de l'affaire, à la grande colère de Toto Wolff qui pointe du doigt les incohérences de Michael Masi. « La semaine dernière, au Mexique, on ne pouvait pas pousser quelqu'un dehors, mais ici c'était permis ! Mais si les directives sont déchirées, alors nous aussi nous serons durs », prévient le patron de Mercedes. Néanmoins, cette controverse semblait devoir en rester là jusqu'à la publication, mardi 16 novembre, de la vidéo de la caméra embarquée de la n°33. Celle-ci montre qu'à l'abord du virage n°4, alors que Hamilton l'avait dépassé par la droite, Verstappen n'a presque pas tourné pour prendre la corde, puis a freiné très tard et braqué son volant lorsqu'il était certain de pouvoir emmener son assaillant vers la bordure. Mercedes réagit aussitôt en demandant à la fédération d'ouvrir une enquête sur le comportement de Verstappen suite à l'apparition de ce nouvel élément.

 

Le championnat des pilotes est complètement relancé puisque Lewis Hamilton revient à 14 points de Max Verstappen (332,5 pts contre 318,5). Mercedes creuse en revanche un petit écart sur Red Bull-Honda chez les constructeurs (521,5 pts contre 510,5). Enfin, Ferrari s'assoit fermement à la troisième place (287,5 pts) au détriment de McLaren (256 pts) qui vient d'enchaîner deux courses catastrophiques. L'équipe de Woking joue de malchance: Lando Norris a été bousculé au départ par son grand ami Carlos Sainz et Daniel Ricciardo a cassé son moteur. Le retard sur Ferrari est désormais tel que les « Papayes » renoncent de fait à la médaille de bronze.

 

(*) Pour ce faire, le pilote anglais dégrafe son harnais, ce qui lui vaudra une convocation chez les commissaires, puis une amende de 5000 euros. Décidément les champions mettent la main au portefeuille...

Tony