McLaren: Räikkönen remplace Häkkinen
La Formule 1 face au 11 septembre
Mardi 11 septembre 2001 se déroulent les terribles attentats-suicides de New-York et Washington. Détournés par des terroristes islamistes, quatre avions de ligne sont projetés vers des cibles symbolisant la grandeur états-unienne: deux percutent les tours jumelles du World Trade Center, un autre tombe sur le Pentagone, tandis qu'un dernier, repris en main in extremis par les passagers, s'écrase en Pennsylvanie. On dénombre près de 3000 morts. Cette immense catastrophe plonge le monde entier dans la sidération. Les images de l'effondrement des tours jumelles passent en boucle sur toutes les télévisions, pendant que le gouvernement américain prédit de terribles représailles et prépare une intervention militaire en Afghanistan, refuge du groupe terroriste Al-Qaïda. La planète entière vit au rythme de ces tragiques événements et le petit univers de la Formule 1 n'y échappe évidemment pas. Mesure inévitable: le trafic aérien est strictement encadré et limité sur toute la planète. Par chance, les équipes étaient déjà arrivées par la route à Monza pour le Grand Prix d'Italie lorsque survient la tragédie.
L'ambiance dans le paddock est évidemment plus que morose. Alors que l'Amérique compte ses morts, les pays occidentaux vivent dans la hantise de nouvelles attaques terroristes, et chaque rassemblement fait l'objet d'une surveillance draconienne de la part des autorités. Les polices sont sur les dents. À Monza, les entrées de l'autodrome sont sévèrement gardées par les carabinieri qui redoublent de vigilance. La fouille des valises, sacs, effets personnels etc. est systématique. Si les tifosi sont là en masse, enthousiastes à l'idée de voir triompher Ferrari, tous les rendez-vous festifs ou simplement réjouissants sont annulés. La traditionnelle soirée Marlboro en plein air est supprimée. Chez Jaguar, on apprend avec inquiétude qu'au Salon de Francfort le stand de la marque a été fermé à cause d'une menace d'attentat. En outre, plusieurs journaux et chaînes de télévision ont renoncé à envoyer leurs reporters en Italie, ainsi qu'aux États-Unis où la F1 doit se rendre quinze jours plus tard. C'est notamment le cas des Japonais de Fuji TV. Suite aux détournements d'avions, la psychose est universelle...
En Italie, les participants effectuent plusieurs gestes symboliques pour marquer leur solidarité avec le peuple américain. Ainsi Ferrari retire de sa voiture les logos de tous ses sponsors et peint le museau en noir en signe de deuil. Même le petit cheval cabré disparaît. Les autres écuries se montrent plus timides: un capot-moteur noir sur les Jaguar et un drapeau américain placé sur les Jordan-Honda, tandis que les membres du team Williams portent un crêpe noir. Enfin, vendredi matin, une minute de silence collective est respectée par tout le paddock avant les premiers essais.
Dans pareil contexte se pose la question du maintien du prochain Grand Prix des États-Unis à Indianapolis qui doit avoir lieu deux semaines plus tard. Le propriétaire de l'ovale Tony George assure qu'il n'envisage pas une annulation. De toute façon, celle-ci coûterait bien trop cher. Et Bernie Ecclestone n'est pas du tout favorable à pareil forfait: en dépit de tout, la F1 a besoin de visibilité aux USA. À ces considérations économiques s'ajoutent des nécessités pratiques: après Monza, les avions transportant le matériel des écuries s'envoleront pour les États-Unis, puis de là partiront pour le Japon, en vue de la course de Suzuka, sans passer par l'Europe. Reste à s'assurer que d'ici là les avions auront l'autorisation de décoller, comme l'explique Miodrag Kotur, le responsable de la logistique chez Ferrari: « Sept cargos 747 décolleront de Grande-Bretagne et d'Italie le samedi 22 septembre, pour arriver à Indianapolis le lendemain. Mais il faut avant que le trafic aérien soit rétabli. Puis, il faudra envoyer aux USA tout le fret qui s'est accumulé en Europe depuis les attentats. En tout cas, pour être présent en temps et en heure, la FIA devra nous obtenir un passe-droit. » Max Mosley et Bernie Ecclestone négocient justement à ce propos avec les autorités américaines.
Présentation de l'épreuve
Michael Schumacher se trouvait au salon de l'automobile de Francfort en compagnie de Luca di Montezemolo lorsqu'est survenue la tragédie de New-York et Washington. L'événement semble l'avoir bouleversé. À Monza, il apparaît très fermé, inquiet, mal dans sa peau. Il déclare ne pas comprendre ce qu'il fait ici en pareilles circonstances, à l'instar de son frère Ralf qui pense que la F1 aurait dû faire une pause. Puis, lorsqu'un journaliste demande à Michael Schumacher si le prochain Grand Prix aux USA doit avoir lieu, sa réponse fuse: « Demandez à Bernie !... » Puis il se tait pour tout le week-end. Son attachée de presse Sabine Kehm annule tous ses engagements. « Michael ne veut pas parler aux journalistes », précise-t-elle. « Il est là sans y être vraiment », ajoute un de ses proches au journaliste français Renaud de Laborderie.
Pour appesantir encore l'atmosphère, samedi 15 septembre, veille de la course, Alessandro Zanardi est victime d'un effroyable accident lors de l'épreuve de CART disputée sur l'ovale du Lausitzring. En perdition sur la piste, le pilote italien est heurté à plus de 300 km/h par le Canadien Alex Tagliani. Retiré de son épave avec les deux jambes broyées, Zanardi ne pourra éviter une double amputation. Au moins a-t-il la vie sauve, mais il ne sera déclaré sauvé que plusieurs jours plus tard. La tragédie qui frappe ce personnage sympathique, présent en F1 avec peu de bonheur dans les années 90, trouble considérablement ses amis du paddock. C'est le cas d'un Michael Schumacher au bord de la crise nerveuse. Monza lui remémorait déjà la sinistre épreuve de l'an passé, marquée par la mort du pompier Paolo Gislimberti. Après l'accident de Zanardi, l'ambiance devient trop lourde. Peut-être lui rappelle-t-elle celle du tragique Grand Prix d'Imola de 1994 ? Toujours est-il que le champion allemand, bien obligé de courir eu égard à ses responsabilités, est décidé à conjurer un sort qu'il pressent funeste.
Le 14 septembre, Mika Häkkinen annonce qu'il prendra une année sabbatique en 2002, afin dit-il de consacrer plus de temps à sa famille. Cette nouvelle n'étonne pas grand-monde tant sa lassitude était palpable depuis des mois. Fidèle à lui-même, c'est en peu de mots qu'il explique cette mise en retrait: « Depuis 1974 et mes débuts en karting, l'intensité de ma carrière n'a jamais cessé d'augmenter et cela commençait à me peser. J'ai demandé à l'équipe de faire une pause. C'est le meilleur moyen de recharger mes batteries et de profiter de ma femme Erja et de mon fils Hugo. » Malgré tout, sous la pression de son manager Keke Rosberg, Häkkinen a accepté de signer un nouvel engagement avec McLaren lui permettant, le cas échéant et sous de multiples conditions, de reprendre le volant d'une Flèche d'Argent en 2003. Mais tout le monde se doute, et le principal intéressé en premier, que cet aurevoir est bien un adieu définitif.
Un Finlandais en remplace un autre, puisque McLaren et Mercedes annoncent le 15 septembre que le remplaçant de Mika Häkkinen sera son jeune compatriote Kimi Räikkönen, arraché à Sauber moyennant une juteuse compensation. Pour l'équipe de Woking, ce recrutement est un véritable pari sur l'avenir, car jusqu'ici Ron Dennis avait pour l'habitude de ne recruter que des pilotes chevronnés. Mais Räikkönen s'annonce comme l'étoile de demain par son coup de volant et son étonnante capacité d'adaptation qui font évidemment penser à Michael Schumacher. Que l'on songe qu'il roulait encore en karting deux ans plus tôt ! Bien sûr, la question est de savoir s'il saura supporter la pression qui sera évidemment plus intense chez McLaren que chez Sauber. Il pourra en tout cas compter sur le soutien de son prédécesseur Häkkinen qui l'a chaudement recommandé à Ron Dennis et lui prodigue régulièrement ses conseils.
Le jeune Malais Alex Yoong effectue, ici ses grands débuts avec Minardi, en lieu et place de Tarso Marques. Il doit uniquement cette position aux millions de dollars apportés par son commanditaire Magnum Berhad, et beaucoup s'inquiètent de voir arriver dans la discipline reine un pilote payant au palmarès pour le moins maigrichon. Certes, Yoong a participé à de nombreux essais privés cet été avec Minardi et ses chronos étaient plutôt corrects, mais cela ne suffit pas à en faire un pilote capable de bien figurer en Grand Prix. Toujours est-il qu'assuré de sa place de titulaire en 2002, il cherche une villa pour s'installer près de l'usine de Faenza.
Alain Prost a cherché dans l'urgence un remplaçant pour Luciano Burti, grièvement blessé à Spa. En toute logique, il aurait dû faire appel à l'un de ses essayeurs français, Stéphane Sarrazin ou Jonathan Cochet. Mais il a avant tout besoin d'argent ! Il jette donc son dévolu sur le jeune espoir tchèque Tomáš Enge. Âgé de 25 ans, fils d'un ancien pilote de GT, celui-ci occupe actuellement la deuxième place du championnat international de F3000, ex-æquo avec Mark Webber. Enge a été recommandé à Prost par le célèbre manager Domingo Piedade voilà déjà plusieurs mois. Il était prévu qu'il roule d'ici la fin de l'année avec les Bleus, pour peu qu'il trouve un budget. L'accident de Burti lui offre donc sa chance, moyennant quelques millions de dollars. « Sa titularisation n'a aucun lien de cause à effet avec l'accident de Luciano », révèle Jean-François Sinteff, ingénieur de Burti désormais au service d'Enge. Quant au pauvre pilote brésilien, il a quitté l'hôpital de Liège après dix jours de repos, sans blessures sérieuses. Mais il a tout de même quelques séquelles, notamment des problèmes d'équilibre et des pertes de mémoire (il ne se souvient pas de son accident). En tout logique, le médecin délégué de la FIA Gary Hartstein l'astreint à un repos forcé de six à huit semaines.
Ce week-end l'attention d'Alain Prost se porte surtout vers son invité, le prince saoudien Khaled Ben Al-Walid, avec lequel il négocie une prise de participation, voire le rachat pur et simple de son écurie. Ce jeune prince passionné de voitures de luxe aurait déjà déboursé 10 millions de dollars pour permettre à l'écurie française de finir la saison, et serait prêt à payer les V10 Ferrari clients pour la saison 2002. À condition toutefois qu'Alain Prost ne négocie pas en parallèle avec d'autres investisseurs... Gourmand, le prince Khaled veut à terme avoir le contrôle de l'actionnariat. Aussi, chez les Bleus, le patron et son bras droit Joan Villadelprat mettent les petits plats dans les grands pour accueillir leur potentiel bienfaiteur. On note aussi l'absence significative de Pedro Diniz qui serait pour sa part sur le point de retirer ses billes.
La prise de contrôle des droits TV de la F1 par le groupe Kirsch n'est toujours pas digérée par les grands constructeurs, résolus à faire pression sur Bernie Ecclestone pour qu'il leur accorde une part plus substantielle de ce copieux gâteau. L'inévitable Jürgen Hubbert, représentant de Mercedes, annonce ainsi à Monza que les constructeurs vont prochainement se réunir à Francfort pour évoquer la possibilité de créer un « championnat parallèle » qui serait géré par les grandes marques. Patrick Faure (Renault) confirme que cette idée sera débattue. Néanmoins, pas grand-monde ne prend au sérieux pareille menace qui semble surtout destinée à ouvrir de nouvelles négociations avec Leo Kirsch et Bernie Ecclestone. D'autant qu'elle survient à quelques semaines de l'élection présidentielle de la FIA, et l'on sait que Max Mosley, candidat à sa réélection, presse son vieil ami Bernie à se montrer plus généreux envers les majors de l'automobile...
Samedi, Niki Lauda et Arturo Merzario font sensation en déambulant ensemble dans le paddock, avant de donner une interview conjointe à la télévision autrichienne. Les deux hommes ne s'étaient plus adressé la parole depuis... 1976 ! Pourtant, cette année-là, Merzario avait sauvé la vie de Lauda en le tirant de sa Ferrari en flammes sur le Nürburgring. Mais l'Autrichien l'avait remercié très maladroitement en lui offrant la Rolex en or qui avait récompensé sa victoire au GP de Monaco... Un geste que l'homme à l'éternel chapeau de cow-boy avait accueilli comme une mesquinerie. Mais tout est oublié. « Avec Niki, on ne se parlait pas, car je pensais qu'il était le plus grand c*nnard tous les temps... Ce qu'il est toujours d'ailleurs, mais je lui pardonne ! » lâche Merzario en riant.
Les équipes ont souvent roulé cette année à Monza et arrivent donc avec des solutions aérodynamiques minimales éprouvées. Pour la plupart, il s'agit ni plus ni moins que celles aperçues à Hockenheim. Ferrari remplace ses disques de freins Brembo par des Carbone Industrie, les mêmes que ceux utilisés par Williams à Imola, Montréal et Hockenheim, les trois circuits où l'équipe de Grove a gagné cette année. Les étriers restent toutefois des Brembo. Chez Williams-BMW, Montoya reçoit à son tour la version « B » de la FW23, dotée en outre d'une toute nouvelle carrosserie. La McLaren adopte une nouvelle géométrie de suspension arrière. Les Jordan et Minardi conservent ici un aileron avant à double profil, signe que leur tenue de route est très perfectible. Chez BAR, Villeneuve reçoit un nouveau châssis, curieusement plus lourd que le précédent. Benetton apporte un aileron avant inédit. Sauber avait prévu d'utiliser les nouveaux disques Brembo, mais deux accidents pour Heidfeld et Räikkönen le vendredi réduisent ces essais à néant. La C20 retrouve en outre ses supports d'aileron verticaux. Enfin, chez Arrows, Verstappen bénéficie d'une suspension avant remaniée et d'un nouveau différentiel.
Essais et qualifications
Vendredi, les essais se déroulent sous le soleil, mais dans une atmosphère relativement fraîche (19°C) pour la saison qui perdurera tout le week-end. Après une matinée marquée par de très nombreux blocages de roues aux freinages, les Williams-BMW prennent le pouvoir l'après-midi, avec un meilleur chrono pour R. Schumacher (1'24''667'''). Un orage éclate dans la nuit de vendredi à samedi, et le lendemain la piste est encore un peu humide pour les seconds essais. La plupart des pilotes ne sortent pas. Lorsque la piste est sèche, tout le monde démarre et M. Schumacher est le plus rapide (1'23''178''') devant Montoya et Trulli.
En qualifications, Montoya tire le meilleur de sa Williams-BMW, souveraine sur les tracés rapides, et signe sa troisième pole position (1'22''216'''). R. Schumacher ne fait pas mieux que quatrième à cause d'une FW23 mal réglée, alternant entre survirage et sous-virage. Fait rare chez Ferrari, Barrichello (2e) devance son chef de file M. Schumacher (3e). Visiblement pas dans son assiette, le champion du monde s'est raté deux fois dans le premier secteur. Chez Jordan-Honda, Trulli (5e) est comme toujours excellent en qualifications. Rien ne va en revanche pour Alesi (16e), victime de pannes de boîte de vitesse et de freins. Les McLaren-Mercedes sont à la peine. Coulthard (6e) concède près d'une seconde à Montoya, et Häkkinen (7e) est victime d'un très rude accident dans sa dernière tentative: il sort large à la fin du deuxième Lesmo, puis perd le contrôle de sa machine qui se met à l'équerre et se fracasse contre le rail. Sonné, le Finlandais se dit qu'il fera décidément bien de se retirer en fin d'année... Les Sauber-Petronas (Heidfeld 8e, Räikkönen 9e) sont encore parmi les dix premières, pour la dixième fois en 2001.
De la Rosa (10e) est ravi de sa Jaguar-Ford, contrairement à Irvine (13e) qui déplore de graves problèmes de freins. Button hisse sa Benetton-Renault au 11e rang, sa meilleure qualification de la saison. Fisichella (14e) est en revanche frappé par des défaillances d'hydraulique, puis de moteur. Frentzen (12e) réalise une solide prestation avec la Prost-Acer. Le jeune Enge (20e) ne commet guère d'erreurs, mais sa qualification est ruinée par un problème de moteur. Prestation catastrophique des BAR-Honda (Villeneuve 15e, Panis 17e) en raison d'un cruel manque de vitesse en ligne droite. Les Arrows-Asiatech (Bernoldi 18e, Verstappen 19e) ne sont ni fiables ni rapides. Minardi vit un terrible week-end avec des pannes incessantes sur la nouvelle boîte de vitesses. Stoppés dès le début des essais, Alonso (21e) et Yoong (22e) sont contraints de se partager le mulet pour se qualifier. L'Espagnol « colle » plus d'une seconde à son nouvel équipier qui échappe tout juste au couperet des 107 %.
Michael Schumacher, casque bleu incompris
Dimanche matin, toujours en proie à ses nébuleux tourments, Michael Schumacher se réveille avec la ferme intention d'empêcher toute réédition du dramatique carambolage de l'an 2000. Sans doute les tragédies de ces jours derniers ont-elles infusé avec ses souvenirs personnels pour l'amener à cette conclusion. Avec l'acquiescement de Jean Todt, il propose lors du briefing d'avant-course un « pacte de non-agression ». Les pilotes s'engageraient à prendre un départ « sage », en freinant par exemple 100 mètres plus tôt que prévu avant les deux premières chicanes. Après la Variante della Roggia commencerait la « vraie » course. Lors de cette réunion, Schumacher est appuyé par son coéquipier Rubens Barrichello et quelques amis comme Jean Alesi, Jos Verstappen ou le jeune Jenson Button. La majorité est dubitative. Soudain, Jacques Villeneuve lève l'étendard de l'opposition: « Nous sommes pilotes de course et devons agir comme tel. Pour décider une chose pareille, il fallait en parler dès le jeudi, pas au dernier moment ! » Murmures divers. Personne n'appuie Villeneuve. Une majorité se dessine en faveur de Schumacher. Mais à la sortie de la réunion, l'Allemand commet une grave erreur de communication: « Nous sommes d'accord pour respecter un pacte de non-agression. Il n'y a qu'un seul type qui refuse de signer ce document ! » Villeneuve est bien sûr visé. Mais il n'y a donc pas unanimité, et les directeurs d'équipes vont en profiter pour fissurer ce front commun des pilotes.
Ainsi, si Ron Dennis regrette seulement que Schumacher n'ait pas convoqué le GPDA pour aborder le sujet, Flavio Briatore sort de ses gonds. De quel droit les pilotes décideraient-ils de lever le pied de leur propre chef ? Il passe un savon à Jenson Button et Giancarlo Fisichella qui ont abondé en faveur de Schumacher. S'ils refusent de foncer au départ, ce sera la porte ! Plus posé, Frank Williams n'en est pas moins très ferme envers Juan Pablo Montoya et Ralf Schumacher. Craig Pollock (BAR), Tom Walkinshaw (Arrows) et Paul Stoddart (Minardi) tiennent le même langage. L'après-midi, une fois garé sur la grille, Schumacher rencontre un à un ses collègues pour leur recommander la prudence. Peine perdue. Bernie Ecclestone est entré dans la danse et sape méthodiquement ses efforts. Schumacher laisse tomber. Que chacun agisse en son âme et conscience... « Il y avait pourtant un accord, mais Briatore et Ecclestone ont tout saboté ! » tonne Jean Alesi.
Le Grand Prix
Le warm-up est une séance routinière de mise au point. Aucun pilote ne tente de faire un « vrai » temps, et M. Schumacher est le plus rapide (1'26''029''') d'une matinée sans histoires.
L'après-midi, la grande majorité du peloton opte pour une stratégie à un seul arrêt qui semble la plus efficiente ici, à l'exception notable de Ferrari qui arrêtera Barrichello et Schumacher deux fois. Ross Brawn estime en effet que trois courts relais avec peu d'essence sont le seul moyen de battre ici les Williams-BMW. Jordan a aussi prévu deux arrêts pour Trulli et Alesi. Fisichella démarre depuis les stands avec le mulet Benetton, réglé pour Button, après qu'une fuite d'essence a été découverte sur sa voiture de course. Suite à une baisse de pression hydraulique, Heidfeld part lui aussi de la pit-lane au volant de la Sauber de réserve.
Départ: Montoya s'envole sans problème et conserve l'avantage sur Barrichello. R. Schumacher passe devant son aîné Michael, lequel coupe la chicane. Plus loin, Button démarre en trombe et se hisse jusqu'au sixième rang en roulant à droite. Mais il freine ensuite sur la portion sale de la piste, glisse et harponne Trulli qui part en tête-à-queue en plein milieu de la chicane. Heureusement, tout le monde parvient à l'éviter, en coupant l'enchaînement, ou en prenant l'échappatoire comme Häkkinen.
1er tour: M. Schumacher attaque Ralf par l'intérieur du premier Lesmo. Les deux frères franchissent les deux courbes côte à côte, et Michael s'impose à la sortie de l'enchaînement. Montoya mène devant Barrichello, M. Schumacher, R. Schumacher, Coulthard, de la Rosa, Irvine, Verstappen (qui partait 19e !), Räikkönen et Alesi. Häkkinen est seulement 13e. Button rentre aux stands pour remplacer son museau endommagé. Le malchanceux Trulli est contraint à l'abandon, sa suspension étant touchée à mort.
2e: Montoya prend une seconde d'avance sur Barrichello. R. Schumacher s'accroche aux Ferrari, mais Coulthard est déjà semé.
3e: Irvine commence à perdre de la puissance et doit laisser passer Verstappen et Räikkönen.
4e: Montoya compte toujours un peu plus d'une seconde d'avance sur Barrichello. M. Schumacher reste dans le sillage de son équipier, mais son cadet est décroché. Alesi double Irvine, qui cède ensuite devant Bernoldi et Villeneuve.
5e: Les écarts sont stables en tête. Léger en essence, Verstappen surprend de la Rosa à la première chicane. Räikkönen et Alesi débordent ensuite à leur tour le Catalan. Le V10 Renault de Button part en fumée à la Variante della Roggia. L'Anglais se range dans la pelouse.
6e: Montoya précède Barrichello (1s.), M. Schumacher (2.5s.), R. Schumacher (6s.), Coulthard (10.6s.), Verstappen (16.8s.), Räikkönen (18.4s.), Alesi (19.2s.), de la Rosa (22s.), Bernoldi (24s.) et Villeneuve (24.5s.). Häkkinen déborde Irvine.
8e: Coulthard s'immobilise après la Variante della Roggia avec un moteur explosé. Les drapeaux jaunes sont déployés dans le premier secteur.
9e: Barrichello revient sur Montoya qui se débat avec un pneu arrière cloqué. Le Colombien glisse à la sortie de la deuxième chicane et Barrichello en profite pour le doubler par l'intérieur avant Lesmo. Les tifosi s'emballent: une Ferrari est en tête ! De plus, M. Schumacher vient menacer Montoya.
10e: Barrichello devance Montoya (2s.), M. Schumacher (2.4s.), R. Schumacher (11.6s.), Verstappen (27s.), Räikkönen (27.6s.), Alesi (28.6s.), de la Rosa (32.5s.), Villeneuve (34s.) et Bernoldi (35s.).
11e: Barrichello est le plus rapide en piste (1'25''921'''). Schumacher met la pression sur Montoya. Assez chargé en essence, le Sud-Américain use ses pneus, ce qui complique sa tâche. Bernoldi se loupe à la première chicane et se fait attaquer par Häkkinen, mais il verrouille toutes les issues.
12e: Pressé par M. Schumacher, Montoya bloque sa roue avant-gauche à la deuxième chicane qu'il finit par court-circuiter. Il parvient ensuite à contenir le pilote allemand. Alesi dépasse Räikkönen.
13e: Très léger en essence, Barrichello s'envole avec plus de cinq secondes d'avance sur Montoya qui a beaucoup de mal dans les freinages. Mais dans les lignes droites, le V10 BMW tient en respect la Ferrari de Schumacher. Häkkinen double enfin Bernoldi.
14e: Barrichello mène devant Montoya (6s.), M. Schumacher (6.6s.), R. Schumacher (17s.), Verstappen (37s.), Alesi (37.7s.), Räikkönen (38.5s.), de la Rosa (41s.), Villeneuve (44s.) et Häkkinen (46s.).
15e: Alesi assaille Verstappen par l'intérieur au premier freinage. Trop optimiste, le Français coupe la chicane et doit redonner sa position au Hollandais. Puis c'est Räikkönen qui coupe la Variante della Roggia. Yoong sort dans les graviers à Lesmo et exécute un tête-à-queue juste devant Montoya et Schumacher. Le Malais peut repartir. Tombé au 18e rang, Irvine se retire afin de préserver son moteur défaillant.
16e: Montoya résiste fermement à Schumacher, quitte à changer de trajectoire avant d'entamer les courbes où la Ferrai est plus agile. Alesi déborde Verstappen à la deuxième chicane. Puis Räikkönen double le Néerlandais par l'intérieur à la parabolique. Bernoldi retient un peloton comprenant Panis, Frentzen et l'étonnant Alonso.
17e: Barrichello devance Montoya (9.5s.), M. Schumacher (10s.), R. Schumacher (24.5s.), Alesi (43.6s.), Räikkönen (45.4s.), Verstappen (46.2s.), de la Rosa (49.6s.), Villeneuve (51s.) et Häkkinen (52s.). Alonso effectue un ravitaillement.
19e: M. Schumacher arrive chez Ferrari pour un premier ravitaillement assez long (10.4s.). Il repart derrière son frère. Verstappen s'arrête aussi et tombe au 15e rang.
20e: Barrichello fait escale aux stands. Hélas, la pompe à essence fonctionne mal et l'opération s'éternise seize secondes. Le Brésilien redémarre derrière R. Schumacher. Les deux Williams sont en tête. Häkkinen se gare en bord de piste, victime d'un bris d'arbre de transmission.
21e: Montoya précède R. Schumacher (18.6s.), Barrichello (23.4s.), M. Schumacher (29s.), Alesi (35s.) et Räikkönen (39s.). Une grue intervient pour retirer la McLaren d'Häkkinen.
22e: Alesi et Räikkönen ravitaillent de concert. Si le Français repart septième derrière de la Rosa et Villeneuve, le Finlandais, plus longtemps arrêté, chute au 13e rang derrière Fisichella et Heidfeld. Il devra ensuite ménager ses pneus trop fragiles.
24e: Montoya compte une vingtaine de secondes d'avance sur son équipier. Huitième, Bernoldi emmène un train comprenant Panis, Frentzen, Fisichella et Heidfeld.
26e: Montoya mène devant R. Schumacher (22.1s.), Barrichello (25.3s.), M. Schumacher (30.4s.), de la Rosa (55s.), Villeneuve (56s.) et Alesi (1m. 07s.). Bernoldi résiste à Panis. Verstappen se gare dans l'herbe suite à une chute de pression d'essence.
28e: Le groupe Bernoldi prend un tour au pauvre Yoong qui se traîne en dernière position.
29e: Montoya fait escale chez Williams pour son unique ravitaillement (12s.). On lui ôte au passage un peu d'appui à l'avant, car il se plaint de survirage. Le Colombien repart troisième, devant M. Schumacher. Bernoldi, Heidfeld et Yoong ravitaillent aussi. Victime d'un bris de transmission, Frentzen s'arrête à la Variante della Roggia.
30e: R. Schumacher précède Barrichello (4s.), Montoya (9.5s.), M. Schumacher (13s.), de la Rosa (36s.), Villeneuve (37s.), Alesi (46s.) et Panis (58s.). Fisichella ravitaille en fin de boucle.
32e: Cinq secondes séparent R. Schumacher et Barrichello. Montoya roule à quatorze secondes de son équipier. M. Schumacher est repoussé à seize secondes.
33e: Alesi effectue son deuxième ravitaillement (10.5s.) et repart derrière Räikkönen qui ne stoppera plus. Panis passe aussi aux stands et reste derrière Alesi. Arrêt pour Enge
34e: Villeneuve subit son unique ravitaillement (9.5s.) et fait une belle affaire puisqu'il garde la sixième place devant Räikkönen, toujours en difficulté avec ses gommes.
35e: R. Schumacher compte six secondes d'avance sur Barrichello lorsqu'il entre aux stands en fin de tour. Alonso ravitaille pour la seconde fois et reste immobilisé près de 45 secondes à cause d'une roue arrière-droite mal fixée.
36e: R. Schumacher reçoit un peu d'essence et des Michelin neufs. On lui ôte aussi un cran d'appui à l'avant (8s.). Le jeune Allemand repart quatrième derrière son frère Michael. Barrichello retrouve le commandement.
37e: Barrichello compte douze secondes de marge sur Montoya. M. Schumacher n'est qu'à une seconde du Colombien. Cependant les deux Ferrari doivent encore passer à la pompe. De la Rosa opère son seul pit-stop (9s.) et conserve sa cinquième place.
39e: Barrichello réalise le meilleur chrono (1'25''221'''), aussitôt battu par celui de R. Schumacher (1'25''073''') qui restera la référence.
40e: Barrichello mène devant Montoya (14s.), M. Schumacher (15s.), R. Schumacher (19.5s.), de la Rosa (1m. 18s.), Villeneuve (-1t.), Räikkönen (-1t.), Alesi (-1t.), Panis (-1t.) et Fisichella (-1t.).
41e: M. Schumacher apparaît chez Ferrari pour un deuxième arrêt très court (6.5s.). Il n'en repart pas moins quatrième.
42e: Ferrari reçoit maintenant Barrichello. Le pit-stop se passe bien (6.4s.), mais la stratégie des Rouges est un échec, puisque le Brésilien repart seulement troisième, derrière R. Schumacher.
44e: Montoya a la victoire en poche. En revanche, R. Schumacher est désormais sous la menace directe de Barrichello dont les pneus Bridgestone sont plus frais.
46e: Montoya devance R. Schumacher (7s.), Barrichello (7.3s.), M. Schumacher (26s.), de la Rosa (1m. 01s.), Villeneuve (1m. 06s.), Räikkönen (1m. 08s.), Alesi (-1t.), Panis (-1t.) et Fisichella (-1t.).
47e: Barrichello prend l'aspiration de R. Schumacher à la sortie de la parabolique, puis le déboîte par l'intérieur sur la ligne de chronométrage. Les deux bolides arrivent côte à côte à la première chicane. Schumacher retarde au maximum son freinage et finit par couper le virage. Il se retrouve devant Barrichello, mais il laisse logiquement passer celui-ci qui avait l'avantage à la corde au précédent tournant. R. Schumacher tente de riposter par l'extérieur avant la seconde chicane, mais sans succès.
48e: Barrichello sème très vite R. Schumacher. Bernoldi abandonne à cause d'une défaillance d'un capteur de vilebrequin. Yoong part en tête-à-queue à la sortie du premier Lesmo et cette fois s'enlise dans les graviers.
50e: Montoya précède Barrichello (6.4s.), R. Schumacher (15s.), M. Schumacher (24s.), de la Rosa (1m. 09s.), Villeneuve (1m. 16s.) et Räikkönen (1m. 17s.).
52e: Cinq secondes séparent Montoya et Barrichello. La dernière bagarre oppose Villeneuve à Räikkönen pour la sixième place.
53e et dernier tour: Juan Pablo Montoya remporte sa première victoire en F1. Barrichello et R. Schumacher l'encadrent sur le podium. M. Schumacher finit quatrième. De la Rosa décroche une belle 5e place pour Jaguar. Villeneuve (6e) empoche le dernier point. Viennent ensuite Räikkönen, Alesi, Panis, Fisichella, Heidfeld, Enge et Alonso.
Après la course
Juan Pablo Montoya est vainqueur d'un Grand Prix de Formule 1 après seulement quinze départs dans la discipline, mais ce succès apparaît pourtant un peu tardif. Après tout, le Colombien aurait pu triompher dès sa troisième participation, au Brésil, s'il n'avait pas été harponné par un maladroit Jos Verstappen. Depuis son coup d'éclat d'Interlagos, sa première victoire avait été sans cesse retardée par une cascade de casses moteur. Ce dimanche, l'alignement des planètes fut enfin optimal pour le natif de Bogotá. Ou presque, puisque sa FW23B l'a tout de même fait souffrir: « Je suis bien parti certes, mais au bout de quelques tours, un de mes pneus arrière était cloqué et j'ai commencé à glisser dans les freinages. J'ai fait une petite erreur et Barrichello en a profité pour me passer. Mais ensuite, notre stratégie à un seul arrêt s'est révélée la meilleure, et voilà le résultat. Je remercie Williams, BMW et Michelin de m'avoir donné une excellente voiture. Ma phase de poisse est passée. » Montoya n'entend évidemment pas s'arrêter en si bon chemin: « En IndyCar, ma première victoire a été aussitôt suivie de quatre autres [en fait de deux, NDLA]. Je compte bien faire pareil en F1 ! »
Sur le podium, Montoya garde une retenue de bon aloi compte-tenu du contexte international, mais plaisante tout de même avec Rubens Barrichello, l'un des rares collègues avec lequel il entretient de bonnes relations. En revanche, Ralf Schumacher tire une tête de six pieds de long. L'Allemand est furieux. Il n'a jamais trouvé le bon équilibre, et selon lui les pneus Michelin n'ont pas été capables de tenir la distance. Il enrage de ne pas avoir pu résister à Barrichello en fin de course. « Mes pneus étaient complétement cloqués, j'avais un énorme sous-virage... Je ne comprends pas !... » Sa mauvaise humeur s'exhale devant Pierre Dupasquier. Le ton monte. Au final, Dupasquier vient trouver Frank Williams: « Dites à Ralf de ne plus m'adresser la parole ! » Ambiance. Voilà néanmoins un bon après-midi pour Williams-BMW qui avec cette quatrième victoire de la saison revient à huit points de McLaren-Mercedes au championnat des constructeurs. La deuxième place est envisageable. « En plus, nos deux pilotes ont remporté cette année leur première victoire ! » ajoute Gerhard Berger.
Ferrari avait sans doute la meilleure voiture cet après-midi, mais l'audacieuse stratégie à deux arrêtés tentée par Ross Brawn n'a pu conduire Rubens Barrichello à la victoire à cause d'un premier pit-stop raté. Sans cet incident, le Pauliste aurait certainement disputé la victoire à Juan Pablo Montoya. Jean Todt affirme même que cette erreur a coûté les lauriers à son pilote. « Deux arrêts étaient aujourd'hui la seule solution pour battre Williams, renchérit Barrichello. La course l'a démontré, Ross Brawn avait encore fait le bon choix. Pour ma part, je pense avoir réalisé un des meilleurs week-ends de ma carrière. Hélas, un petit grain de sable me coûte la victoire. » Barrichello n'est tout de même pas trop déçu puisqu'il revient à seulement trois points de David Coulthard et peut convoiter le titre de vice-champion des conducteurs. Quant à Michael Schumacher, anonyme quatrième, il s'est contenté de « faire le job » et se déclare simplement « heureux que le week-end soit fini » ! Il a en effet un clair besoin de se ressourcer.
Les deux McLaren-Mercedes ont abandonné sur pannes, exactement comme à Hockenheim, l'autre circuit ultra-rapide de la saison: moteur explosé pour David Coulthard, bris de transmission pour Mika Häkkinen. Cette deuxième moitié de saison est décidément bien amère pour les Gris qui pourraient perdre la seconde place du championnat des constructeurs au bénéfice de Williams-BMW. Ron Dennis tente de dédramatiser la situation en affirmant que cette position est « symbolique, sans intérêt » et que son équipe concentre ses efforts sur 2002. N'empêche que les hommes de Woking ne voient pas le bout du tunnel. Passe encore que la MP4/16 ne soit compétitive qu'une course sur deux. Mais comment expliquer cette cascade d'avaries, indigne d'une écurie de ce niveau ? « Je conserve ma deuxième place au championnat, ce que je n'aurais pas fait si Barrichello avait gagné. C'est à peu près tout ce que je retiens », soupire un Coulthard abattu. Quant à Häkkinen, il est seulement heureux de s'être tiré sans dommages de son terrible accident du samedi. Il compte les jours le séparant de son congé sabbatique.
Cinquième, Pedro de la Rosa réalise le meilleur résultat de sa carrière en F1. Il apporte deux points bienvenus à une équipe Jaguar-Ford qui se cherche un meilleur destin sous la férule de Niki Lauda. « C'est le coup de boost que nous attendions, souligne le Barcelonais. Tout a parfaitement fonctionné. La R2 était parfaitement équilibrée et je n'ai eu aucun problème de tout le week-end. J'ai pu profiter de la confusion semée par Button au départ pour gagner quatre places. Et Michelin nous a fourni des pneus excellents qui m'ont permis d'opter pour cette stratégie à un seul arrêt. » Voilà donc bien un beau week-end pour Bibendum, n'en déplaise à Ralf Schumacher !
Enfin, il n'y a eu cette fois aucun incident grave au départ de cette course. Les pilotes ont-ils globalement respecté les « consignes » de Michael Schumacher ? On peut en douter puisqu'ils furent nombreux à couper la première chicane, l'exemple étant donné par... Schumacher lui-même ! Seule victime du premier tour: Jarno Trulli, percuté par un Jenson Button en perdition totale. « J'ai glissé sur une flaque d'huile, vestige de la course de Porsche Cup » se justifie le jeune Anglais, qui a en fait tout simplement freiné sur la partie sale de la piste. Le pauvre Trulli ne relève même pas cette excuse « bidon ». Le voilà à cinq abandons consécutifs ! L'Italien est désespéré. Quand il n'est pas percuté au premier tournant, une panne l'arrête inévitablement un peu plus loin. Il espère bien ne pas emmener son « chat noir » avec lui chez Renault l'an prochain...
Sources :
- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001
- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001
- Sport auto, octobre 2001
- Auto hebdo, 19 septembre 2001
- Archives Autosport
Tony