Présentation de la saison 1983
Nouveau règlement: fin de l'effet de sol et affaire de poids
Jean-Marie Balestre et la FISA ont interdit les carénages inférieurs convexes et les jupes de carrosserie, ce qui signifie la fin de l'effet de sol. Ils imposent des fonds de carrosserie plats interdisant tout retour aux « wing-cars ». Les vitesses en virage s'en trouvent réduites, et donc la sécurité accrue. Les ailerons peuvent désormais être positionnés plus hauts mais sont rétrécis de dix centimètres. La sécurité passive est améliorée avec l'accroissement de la structure déformable à l'avant de 30 à 50 centimètres. Le réservoir d'essence est mieux centré et la protection latérale de la coque renforcée.
Balestre a néanmoins fait une concession aux « ultras » de la FOCA en abaissant le poids minimal de 580 à 540 kg. Mais celui-ci pourra désormais être vérifié à tout instant du week-end de course, avec le pilote à bord. L'ingénieur de la FISA Gabriel Cadringher est chargé de veiller au bon déroulement des opérations et de traquer tous les systèmes de lest inventés par les écuries en 1981 et 1982. Et pour se garantir contre toute malice, on pèsera aussi les pilotes avant de peser leurs voitures... Ces mesures drastiques sont contestées par Ken Tyrrell qui menace la FISA de nouvelles poursuites devant le tribunal de la FIA.
L'expansion de l'empire ecclestonien
Bernie Ecclestone étend toujours plus sa « dictature économique ». En 1982, sans en référer à la FISA, il a créé FOCA TV, un nouvel organisme chargé de gérer les droits télévisés de la Formule 1, désormais diffusée dans plus de soixante pays à travers le monde. Il a aussi signé un contrat de trois ans avec l'Union européenne de radio-télévision, une organisation professionnelle regroupant les radiodiffuseurs nationaux de plusieurs dizaines de pays. En tant que président de la FOCA, Ecclestone garantit aux diffuseurs la présence des équipes à chaque Grand Prix, en échange de la retransmission de toutes les courses du championnat du monde. Cela permet de gonfler le temps de présence à l'antenne des grands sponsors, de plus en plus attirés par cette manne. Ecclestone connaît à la seconde près la durée d'exposition de tel ou tel commanditaire. Il « suggère » certains réaménagements financiers pour satisfaire les mécontents.
Et ce n'est pas tout : en 1983 FOCA TV lance sur le marché des vidéo-cassettes des Grands Prix du championnat du monde. Cette forme supplémentaire de rentabilisation ravit les sponsors qui apportent leur appui à l'entreprise. Cela permet de débaucher des « bienfaiteurs » a priori peu concernés par la F1 (comme Fila Sport, le nouveau sponsor de... Brabham) et de faire connaître la marque Formule 1 dans le monde entier.
La Brabham BT52, la « flèche » de Gordon Murray
Afin de donner aux équipes le temps nécessaire pour préparer leurs nouvelles voitures, la FISA a repoussé le Grand Prix d'Afrique du Sud, prévu pour le 12 février, en fin de saison. Le GP du Brésil à Jacarepaguá sert donc de lever de rideau en ce début mars.
Le paddock découvre avec un certain ravissement la superbe Brabham BT52 de Gordon Murray. Effilée au maximum, elle est dépourvue de tout ponton. Seuls les gros radiateurs d'huile et d'eau sont montés en position verticale devant les roues arrière. Cette machine a ainsi la forme d'une flèche. Elle est presque entièrement en carbone, y compris au niveau des disques de freins. Les masses sont fortement décentrées vers l'arrière grâce à un moteur et un cockpit très reculés. Les suspensions avant sont totalement différentes de celles utilisées en 1982. Les tirants relient désormais le triangle inférieur à la tête de l'amortisseur, et non plus le triangle supérieur au pied de l'amortisseur. McLaren utilise aussi ce dispositif. La suspension antérieure est située totalement en avant des pieds du pilote, ce qui accroît la sécurité. La BT52 est aussi munie d'une boîte de vitesses très étroite à six rapports conçue par Brabham. Des patins protecteurs en magnésium font jaillir des étincelles qui impressionnent les spectateurs.
Enfin, BMW a beaucoup travaillé pour améliorer la fiabilité de son turbo qui afficherait une puissance incroyable de 850 chevaux. Murray prend cependant un risque en alignant cette voiture au Brésil car elle n'a disputé jusqu'ici aucun essai officiel.
Le coup de sang de de Cesaris
Le samedi après-midi, Andrea de Cesaris fait parler de lui en refusant de se soumettre au contrôle de pesée. Le jeune Italien dont les nerfs sont toujours aussi fragiles estimait ne pas avoir de temps à perdre après avoir cassé pas moins de trois turbos. Les commissaires appliquent le règlement et l'excluent purement et simplement du Grand Prix. La FISA lance ainsi un sévère avertissement à ceux qui voudraient contourner les nouvelles normes. Ken Tyrrell est indirectement visé et implicitement sommé de courber l'échine devant MM. Balestre et Cadringher.
Un incident à signaler : le directeur sportif de Toleman Roger Silman est agressé à coups de couteau devant son hôtel de Rio par des voyous qui voulaient enlever sa compagne ! Heureusement il ne souffre que de blessures superficielles.
Les qualifications
Les essais se déroulent sous la canicule. Les spécialistes avaient pronostiqué que les turbos seraient intouchables en qualifications. Rosberg leur apporte un démenti flagrant en obtenant la pole position au volant de sa Williams-Ford-Cosworth. Il marque aussi son territoire contre Laffite. Handicapé par une grippe, le Français n'a pas su trouver les bons réglages et partira 19ème... Prost se contente sans amertume de la deuxième place avec sa Renault. Son nouvel équipier Cheever est huitième. Les Ferrari ne donnent pas satisfaction car elles manquent de traction et de tenue de route. Tambay est pourtant troisième et Arnoux sixième. Les Brabham sont accablées de soucis techniques. Par exemple, les roulements de flancs de boîte ne tiennent pas et les turbos BMW surchauffent. La quatrième place de Piquet est un exploit. Patrese se classe septième. Warwick démontre les qualités de la nouvelle Toleman-Hart avec une exceptionnelle cinquième place. Giacomelli, moins heureux, est seulement quinzième.
Chez McLaren Lauda obtient la neuvième place tandis que Watson est seulement dix-septième avec une MP4 mal réglée. Baldi est dixième avec la seule Alfa Romeo qualifiée. De Cesaris s'était hissé au 16ème rang avant son exclusion. Les performances des Tyrrell sont médiocres. Alboreto est onzième et le débutant Sullivan vingt-deuxième. Les Ligier de Jarier (12ème) et de Boesel (17ème) ont rencontré des difficultés de mises au point et des pannes diverses. Déceptions chez Lotus : de Angelis se classe treizième avec la 93T, Mansell vingt-troisième avec la 92. En revanche, les débuts des Theodore ex-Ensign sont encourageants puisque Guerrero est quatorzième et Cecotto vingtième. Les Arrows A6 n'ont pas tourné avant d'arriver au Brésil. Surer (21ème) et Serra (24ème) ont donc assuré leur mise au point. Fabi cadet (25ème) qualifie son Osella au contraire de Ghinzani (28ème). Winkelhock est seulement vingt-sixième avec l'ATS-BMW. Initialement éliminés, Salazar et sa RAM-March sont repêchés grâce à l'exclusion de de Cesaris.
Preuve que la suppression des jupes a produit son effet : la pole de Rosberg est plus lente de près de six secondes que celle réalisée par Prost en 1982. Le chrono du Finlandais lui aurait valu le 21ème rang sur la grille l'année passée.
Le Grand Prix
Il fait une chaleur étouffante à Rio ce 13 mars. On redoute même l'orage.
En 1982 Brabham a introduit des ravitaillements en essence en cours d'épreuve. Cette stratégie fait des émules. Williams a ainsi calculé qu'en partant avec des pneus super-tendres et un demi-plein, Rosberg gagnerait deux secondes au tour en moyenne. Le Finlandais adopte donc cette tactique. Cette année, Brabham est contrainte d'effectuer des ravitaillements car le réservoir de la BT52 serait trop petit pour contenir le plein. Ce qui est aussi une tactique pour réduire son poids... Piquet et Patrese devront ainsi s'arrêter aux stands à mi-distance. Pour compenser un manque flagrant d'équilibre, les Ferrari partent avec des pneus tendres qui ne conviennent pas à leur poids et à leur puissance.
Durant le tour de mise en grille, le turbo Renault de de Angelis part en fumée. L'Italien abandonne sa 93T et s'installe in extremis dans le mulet 92 à moteur Cosworth. Il partira depuis les stands mais se place dans l'illégalité car le règlement interdit de disputer la course avec un autre modèle que celui utilisé pour se qualifier.
Départ : Rosberg prend un envol canon et demeure premier devant Prost, Piquet, Tambay, Patrese et Arnoux. Baldi se frotte avec Alboreto. Le pilote Tyrrell est envoyé hors-piste et repart avec un radiateur d'huile endommagé.
1er tour : Piquet est dans le sillage de Prost. Patrese prend l'avantage sur Tambay. Rosberg s'échappe et domine devant Prost, Piquet, Patrese, Tambay, Arnoux, Cheever, Warwick, Baldi, Lauda et Watson.
2e : Piquet dépasse Prost dans la ligne droite de Juncao. Le Français est désormais menacé par Patrese. Baldi dépasse Warwick et Watson double Lauda.
3e : Rosberg a trois secondes d'avance sur Piquet. Patrese déborde Prost dans la première courbe. Watson double Warwick et semble parti pour une nouvelle remontée.
4e : Piquet réalise le meilleur chrono de la course (1'39''829'''). Suivi par Patrese, il se rapproche sensiblement de Rosberg.
5e : Piquet n'est plus qu'à deux secondes de Rosberg. La Brabham-BMW à pneus Michelin est bien plus rapide que la Williams-Ford-Cosworth à pneus Goodyear.
6e : Rosberg mène devant Piquet (0.8s.), Patrese (4s.), Prost (10.4s.), Tambay (14.8s.), Arnoux (17.1s.) et Cheever (19s.). Watson prend la huitième place à Baldi.
7e : Piquet est revenu juste derrière Rosberg et le dépasse sans difficulté dans la ligne droite de Juncao. Le public carioca est aux anges. Watson prend l'avantage sur Cheever et Jarier double Lauda.
8e : Piquet s'envole et possède trois secondes d'avance sur Rosberg, désormais menacé par Patrese. Baldi dépasse Cheever. Alboreto revient à son garage. Son radiateur d'huile est percé et le liquide s'est répandu sur la chaussée. L'Italien met pied à terre.
9e : Patrese est à une seconde de Rosberg. Watson double Arnoux dans la courbe Carlos Pace. Le Français subit de terribles vibrations causées par ses pneumatiques avant.
10e : Warwick double Cheever qui est handicapé par des pneus durs. L'Américain retient un peloton comprenant Jarier, Lauda, Surer, les deux Theodore de Guerrero et de Cecotto ainsi que Laffite.
11e : Piquet mène devant Rosberg (7s.), Patrese (8.5s.) et Prost (21s.). Watson se débarrasse de Tambay.
12e : Patrese devient assez lent car son turbo perd de la puissance. Prost et Watson le rattrapent.
13e : Prost repasse devant Patrese. Lauda reprend la onzième place à Jarier qui butait sur Cheever.
14e : Watson dépasse sans mal un Patrese à l'agonie. Arnoux s'effondre du fait des vibrations suscitées par ses pneus et cède le passage à Warwick et à Baldi.
15e : Piquet double les premiers attardés, Salazar et Winkelhock. Lauda a doublé Cheever et maintenant dépasse Arnoux.
16e : Watson est derrière Prost mais celui-ci lui résiste assez farouchement. Patrese continue de ralentir et se fait doubler par Tambay. Surer double Jarier.
17e : Watson déborde Prost dans la courbe Pace. Il est désormais troisième. Patrese se fait doubler par le peloton emmené par Warwick. Guerrero s'arrête chez Theodore pour changer une pince de frein qui s'est fissurée. Giacomelli effectue un tête-à-queue puis son moteur cale. Ainsi s'achève sa première course avec Toleman. Fabi s'arrête chez Osella car son moteur a des ratés.
18e : Piquet mène devant Rosberg (12.8s.), Watson (41.2s.), Prost (43.5s.), Tambay (55.3s.), Baldi (1m. 03s.) et Warwick (1m. 04s.). Suivent Lauda, Arnoux, Cheever, Surer, Jarier, Laffite et Cecotto. Fabi stoppe dans l'herbe avec un moteur en panne.
19e : Surer prend la dixième place à Cheever. Jarier attaque à son tour l'Américain, mais dans la courbe de Lagoa Laffite le surprend par l'intérieur. Patrese entre aux stands. Une tubulure d'échappement a cédé, occasionnant une perte de puissance sur son turbo. Riccardo repart pourtant un peu plus tard.
20e : Laffite double Cheever. Celui-ci regagne ensuite le stand Renault pour changer de pneus et repart en 18ème position. Patrese rentre pour de bon à son garage.
21e : Piquet précède Rosberg de quatorze secondes. Lauda prend la septième place à Warwick. Surer et Laffite doublent Arnoux. Jarier arrive chez Ligier avec une voiture devenue instable. Il redémarre quelques instants plus tard.
23e : Lauda dépasse Baldi et remonte sur Tambay. Le Français rencontre des vibrations comme son équipier, mais à cause de ses pneus arrière. Peu après Warwick tente à son tour de doubler l'Italien mais leurs roues s'entrechoquent. Baldi part en tête-à-queue en pleine courbe et son moteur cale. Il repart, poussé par les commissaires, mais regagne aussitôt son stand pour abandonner car sa suspension est endommagée.
24e : Jarier revient à son stand pour abandonner. Un demi arbre de roue s'est cassé sur sa JS19. Il est vite rejoint par son équipier Boesel, stoppé par un court-circuit sur sa batterie. Guy Ligier pique une colère monumentale. Guerrero reprend la piste après une longue immobilisation.
26e : Piquet devance Rosberg (13.1s.), Watson (39.3s.), Prost (56.4s.), Tambay (1m. 11s.) et Lauda (1m. 12s.). Suivent Warwick, Surer et Laffite. Arnoux est si malmené dans sa Ferrari qu'il doit laisser la place à Cecotto. Tous deux viennent de concéder un tour à Piquet.
27e : Lauda harcèle Tambay sans pouvoir le doubler. Laffite prend la huitième place à Surer.
28e : Surer repasse devant Laffite. Rosberg arrive au stand Williams pour son ravitaillement. Tout se passe bien jusqu'à ce que l'essence coule autour de l'orifice de remplissage dont les écrous de fixation se sont détachés. Le cockpit s'enflamme et Rosberg en bondit en hâte. L'incendie est aussitôt maîtrisé et Patrick Head ordonne à Rosberg de se réinstaller au volant. Le Finlandais s'exécute mais son moteur a calé. Après quelques essais de redémarrage infructueux, les mécaniciens poussent la Williams et Rosberg reprend la route en neuvième position.
29e : Piquet est désormais débarrassé de toute opposition. Il précède Watson (36.3s.), Prost (1m. 06s.), Tambay (1m. 18s.), Lauda (1m. 19s.) et Warwick (1m. 34s.). Laffite dépasse à nouveau Surer.
31e : Piquet revient sur Rosberg qui lui-même est dans les roues de Surer.
32e : Rosberg cède le passage à Piquet. Puis en fin de parcours il prend la huitième place à Surer. Mansell s'arrête chez Lotus pour changer ses pneus.
34e : Lauda parvient enfin à trouver l'ouverture sur Tambay et s'empare de la quatrième place.
35e : Watson arrête sa McLaren dans l'herbe avec un moteur hors d'usage. Son splendide Grand Prix se termine là. Prost récupère la seconde place. Rosberg se débarrasse facilement de Laffite.
36e : Piquet prend un tour à Warwick. Sur ces entrefaites, Rosberg rattrape sans mal le pilote Toleman et le dépasse.
37e : Piquet mène devant Prost (1m. 13s.), Lauda (1m. 24s.), Tambay (1m. 27s.), Rosberg (-1t.), Warwick (-1t.), Laffite (-1t.), Surer (-1t.), Cecotto (-1t.) et Arnoux (-1t.). Cela va tellement mal pour le Grenoblois qu'il est harcelé par... Serra.
38e : Piquet a une telle avance qu'il pourra ravitailler sans pression. Lauda remonte sur Prost qui se plaint d'une mauvaise tenue de route. Salazar s'arrête chez RAM pour changer de pneumatiques.
40e : Piquet arrive au stand Brabham pour prendre de l'essence et monter des pneus tendres. Il libère ainsi Rosberg qui « klaxonnait » derrière lui. L'arrêt du Brésilien dure seulement seize secondes. Il peut reprendre la piste avec une très large avance. Cecotto doit revenir à son garage pour réparer une pince de freins mal montée, comme sur la voiture de son équipier. Il perd deux boucles dans cette opération.
41e : Piquet mène devant Prost (55s.), Lauda (56s.), Tambay (1m. 07s.), Rosberg (1m. 11s.), Warwick (1m. 27s.), Surer (1m. 28s.) et Laffite (1m. 30s.). Winkelhock s'arrête chez ATS pour changer ses pneus. Sa voiture survire abominablement.
42e : Lauda dépasse Prost dans la ligne droite principale. Surer prend la sixième place à Warwick qui n'est plus satisfait du comportement de sa Toleman.
43e : Rosberg vole littéralement et double Tambay sans difficulté. Il a désormais Prost en point de mire. Le moteur Renault de Cheever explose. Le jeune Américain stoppe dans le gazon.
45e : Rosberg est revenu dans les échappements de Prost.
46e : Rosberg dépasse Prost peu avant la première courbe. Lauda est sa prochaine cible. Laffite prend la septième place à Warwick.
48e : Piquet a cinquante secondes d'avance sur Lauda. Rosberg est revenu à sept secondes de l'Autrichien.
50e : Quatre secondes entre Rosberg et Lauda. Prost lève le pied car ses amortisseurs arrière sont en train de céder. Tambay le rattrape, ainsi que Surer et Laffite. Arnoux résiste toujours aux assauts de l'entreprenant Serra.
51e : Piquet devance Lauda (48.5s.), Rosberg (52.3s.), Prost (1m. 13s.), Tambay (1m. 14s.), Surer (1m. 24s.), Laffite (1m. 26s.) et Warwick (1m. 28s.).
52e : Rosberg est revenu à pas de géants sur Lauda et le dépasse avant la courbe Sul. Tambay efface Prost qui a beaucoup ralenti.
54e : Rosberg grappille environ deux secondes par tour à Piquet qui ménage sa mécanique. Surer et Laffite reviennent sur Prost. Arnoux et Serra sont toujours en bataille pour la neuvième place.
56e : Prost, Surer et Laffite sont roues dans roues. Laffite dépasse le Suisse à Sul. Puis, à l'abord de l'ultime courbe à gauche, il se jette à l'extérieur et surprend Prost. Surer tente de s'infiltrer à l'intérieur mais bute sur le pilote Renault qui s'est décalé pour éviter l'accrochage avec Laffite. Mais il parvient ensuite à déboîter Prost sur la ligne de chronométrage.
57e : Piquet précède Rosberg (38.8s.), Lauda (51.6s.), Tambay (1m. 22s.), Laffite (1m. 27s.), Surer (1m. 30s.), Prost (1m. 34s.) et Warwick (-1t.).
58e : Laffite revient très rapidement sur Tambay qui endure toujours de fortes vibrations. Serra parvient enfin à dépasser Arnoux.
60e : Laffite prend la quatrième place à Tambay.
62e : Rosberg est revenu à trente-quatre secondes de Piquet. Le Finlandais « fait le forcing » mais ne rattrapera jamais le Brésilien. Celui-ci est gêné par Prost et Cecotto. Winkelhock termine au ralenti à cause d'un souci d'injection.
63ème et dernier tour : Nelson Piquet remporte sa huitième victoire en F1 sous les vivats du public brésilien qui brandit des bannières et jette des confettis. Rosberg termine deuxième devant Lauda. Laffite est quatrième pour son retour chez Williams. Tambay sauve deux points pour Ferrari après une course épouvantable. Surer ramène un point à Arrows. Il précède Prost, Warwick, Serra, Arnoux, Sullivan, Mansell, de Angelis, Cecotto, Salazar et Winkelhock. Guerrero n'est pas classé.
Elio de Angelis sera disqualifié pour n'avoir pas pris le départ au volant de la Lotus 93T avec laquelle il s'était qualifié.
Après la course
Fêté par les Cariocas en délire, Nelson Piquet prend une éclatante revanche sur le déclassement qu'il a subi l'année précédente lors de cette même épreuve. Cette fois-ci personne ne lui enlèvera ce triomphe national. La Brabham-BMW BT52 l'emporte dès sa première sortie, sans avoir effectué d'essais officiels. Gordon Murray a frappé un grand coup avec cette « voiture-flèche » qui fait l'admiration des connaisseurs.
Rosberg se contente de sa deuxième place malgré un arrêt-ravitaillement mouvementé. L'incendie survenu justifie les critiques contre ces opérations jugées spectaculaires mais dangereuses. De plus, le magazine français Auto-Hebdo affirme qu'en partant avec un demi-plein d'essence, la Williams-Ford-Cosworth bénéficierait d'un gain de poids non négligeable, et pour tout dire illégal. La Williams de Rosberg aurait pesé en dessous des 540 kg réglementaires durant une bonne partie du Grand Prix. Est-ce vrai ? Si oui, pas vu, pas pris...
Car ce n'est pas pour cette raison que Keke Rosberg sera déclassé. Comme en 1982, il est privé de sa seconde place au GP du Brésil. Les commissaires sportifs lui reprochent d'avoir été poussé par ses mécaniciens pour repartir après son ravitaillement. Une décision sévère qui incite Frank Williams à faire appel. Une curiosité : la deuxième place n'est attribuée à personne. Lauda demeure troisième. Septième, Prost est mécontent et estime qu'on aurait dû lui donner le point de la sixième place.
Tony