Sebastian Vettel commence sa carrière à l'âge de huit ans, en 1995, par le karting. Soutenu par Red Bull dès cette époque, il décroche quelques trophées (Coupe de Monaco et Paris-Bercy en 2001, sixième du championnat européen ICA en 2002), ce qui lui permet de se faire remarquer.
La monoplace
Il passe à la monoplace l'année suivante, en Formule BMW ADAC, et fait sensation en finissant deuxième. En 2004, il écrase littéralement le championnat, marquant 388 des 400 points possibles !
Il décide donc de monter en F3 Euroseries en 2005, terminant cinquième et meilleur débutant. En 2006, il vise le titre, mais finit deuxième derrière Paul di Resta. Il participe également au meeting de Misano des World Series by Renault, où, suite à la disqualification de Maldonado, il décroche la pole position et remporte les deux courses.
BMW, qui le couve depuis ses débuts en monoplace, l'a d'abord fait passer par des tests en 2005 chez BMW-Williams, puis en 2006 chez BMW-Sauber. Il est ensuite promu troisième pilote de cette dernière dès le Grand Prix de Turquie (suite au licenciement de Jacques Villeneuve et à la promotion de Robert Kubica). Il participe ainsi aux séances d'essais du vendredi des Grands Prix et se fait remarquer de manière positive. Il signe ainsi le meilleur temps lors des essais libres du Grand Prix d'Italie à Monza.
Début 2007, il cumule la Formule 1 (en tant que pilote du vendredi) et les World Series by Renault (chez Carlin Motorsport), mais BMW Sauber revient sur sa décision de le faire tourner le vendredi après les Grands Prix d'Australie et de Malaisie. Il ne court alors qu'en World Series, où il remporte une victoire au Nürburgring, la seule de la saison.
En F1 avec BMW-Sauber
Cependant, à la suite de l'accident terrifiant de Kubica à Montréal, BMW le choisit pour remplacer le Polonais lors du Grand Prix des Etats-Unis à Indianapolis. Sebastian a ainsi l'occasion de montrer sa valeur lors d'un week-end entier de Grand Prix. Il s'en tire d'ailleurs très bien, puisqu'il se qualifie au septième rang et termine huitième, malgré une excursion hors-piste au premier virage. Il devient ainsi, à l'âge de 19 ans, 11 mois et 14 jours, le plus jeune pilote de l'histoire à marquer des points en Formule 1. Après cet épisode, il retrouve son rôle d'essayeur, mais pas pour longtemps.
Toro Rosso
Fin juillet, le pilote de l'écurie Toro Rosso, Scott Speed, est renvoyé et Red Bull décide de placer son protégé dans son équipe B. Sebastian débute donc au volant de la STR2 lors du Grand Prix de Hongrie. Ses premières courses avec Toro Rosso sont assez difficiles, car il ne parvient pas à prendre l'ascendant sur son équipier Liuzzi, plus rapide. Il se rattrape toutefois en fin de saison, lors des deux courses disputées en Asie. Au Grand Prix du Japon, disputé sous la pluie sur le circuit du Mont Fuji, il réalise une superbe performance qui le hisse tout en haut du classement. Il effectue même trois tours en tête avant de se classer troisième. Cependant, à une vingtaine de tours de l'arrivée, alors que la voiture de sécurité venait d'entrer en piste, il a involontairement percuté Mark Webber, qui le devançait, et a dû abandonner. Mais une semaine plus tard, en Chine, il rattrape parfaitement sa bourde. Dans des conditions humides, il évite les pièges et amène sa monoplace à la quatrième place, le meilleur résultat de son écurie ! Il termine ainsi l'année avec six points, ce qui est très encourageant pour un débutant.
Il dispute en 2008 sa première saison complète en Formule 1, toujours chez Toro Rosso. Son coéquipier est le quadruple vainqueur du ChampCar, Sébastien Bourdais. Avec la STR2 légèrement modifiée, il connaît un début de saison difficile puisqu'il ne termine aucune des quatre premières courses. Mais l'arrivée de la nouvelle STR3 lui donne des ailes. Il termine ainsi cinquième sous la pluie à Monaco, pour sa première course en Principauté. Il marque également des points au Canada et à Hockenheim. Il prend également peu à peu l'ascendant sur son coéquipier. À partir de la fin de l'été, la Toro Rosso se montre de plus en plus performante, ce qui ravit Sebastian qui inscrit des points à chaque course. Il se classe sixième à Valence et cinquième à Spa-Francorchamps. Il connaît la consécration lors du Grand Prix d'Italie. Ce week-end-là est marqué par une pluie incessante qui s'abat sur l'autodrome de Monza. Sebastian en profite pour signer une étonnante pole position, la première de sa jeune carrière. Cette performance étonne les observateurs, mais le meilleur est à venir. Le jour de la course, alors que la pluie continue de tomber, le jeune Allemand parvient à conserver la tête de la course au premier virage, grâce au départ donné derrière la voiture de sécurité. Il parvient ensuite à rester confortablement aux commandes de la course devant la McLaren de Heikki Kovalainen, réputée plus rapide que la Toro Rosso. Dans ces conditions dantesques, il ne commet pas la moindre erreur et remporte ainsi sa première victoire en Formule 1, après seulement 22 Grands Prix disputés. Il devient également, à l'âge de 21 ans, 2 mois et 11 jours, le plus jeune vainqueur de l'histoire de la Formule 1. Sa fin de saison est également marquée par de belles places d'honneur. Il termine sa première saison complète en Formule 1 à la huitième place du classement, un résultat inespéré en début d'année.
Red Bull
Grâce à ces belles performances, il intègre en 2009 l'équipe première de son sponsor de toujours, Red Bull. La RB5, conçue par Adrian Newey, se révèle rapidement être l'une des meilleures voitures du plateau. Dès la première course en Australie, l'Allemand se hisse à la troisième place sur la grille. Deuxième à trois tours de la fin, il s'accroche avec Kubica, mais démontre tout le potentiel de sa monoplace. En Malaisie, il abandonne à cause d'une sortie de piste sous le déluge. Ces deux abandons en deux courses lui coûteront cher dans la course au titre. Dès la troisième course, en Chine, Sebastian fait parler la poudre en dominant de la tête et des épaules un Grand Prix disputé sous une pluie battante. Il décroche la pole position et la victoire, la première pour Red Bull, devant son coéquipier Mark Webber. Lors des courses suivantes, les Brawn dominent outrageusement : deuxième à Bahreïn, quatrième en Espagne, il commet ensuite deux nouvelles erreurs : à Monaco, il abandonne en heurtant le rail, puis termine troisième en Turquie, alors qu'il était en pole position, après une légère sortie de piste dès le premier tour. Il compte alors 32 points de retard sur le leader du championnat, Jenson Button. En Grande-Bretagne, la situation s'inverse. Les Red Bull prennent l'avantage sur les Brawn, ce qui permet à Sebastian de gagner après une nouvelle démonstration. Il est deuxième en Allemagne, derrière Webber, et se rapproche de Button, avant deux nouveaux couacs, cette fois-ci purement mécaniques : il abandonne sur un problème de suspension à Budapest, puis son moteur le lâche lors du Grand Prix d'Europe. Il se classe troisième en Belgique, puis huitième en Italie, où les Red Bull ne sont pas au mieux, et le titre de champion du monde s'éloigne pour l'Allemand. Pourtant, il ne baisse pas les bras : quatrième à Singapour malgré une pénalité, il l'emporte sur le difficile circuit de Suzuka, tandis que les Brawn coulent. Mais au Brésil, il rate sa qualification sous la pluie : seizième sur la grille, il remonte à la quatrième place et laisse le titre à Button. Il se console en terminant vice-champion du monde, devant Rubens Barrichello, après une dernière victoire à Abou Dhabi. Considéré comme le nouveau Schumacher, d'où son surnom de « Baby Schumi », il est la nouvelle coqueluche du public allemand. Désormais, le team manager de Red Bull, Christian Horner, va bâtir l'équipe autour de lui.
En 2010, son objectif est évidemment de remporter son premier titre. La nouvelle RB6 étant encore plus performante que la précédente, il apparaît comme le grand favori. Mais malheureusement, son début de saison est marqué par quelques problèmes de fiabilité. A Bahreïn, alors qu'il est largement en tête, il est victime d'un problème qui l'oblige à ralentir et à se contenter de la quatrième place. Il en va de même en Australie, où, bien installé en tête sous la pluie, il est contraint de sortir de la piste à cause d'un problème de roue. Il doit donc attendre la troisième course, en Malaisie, pour triompher devant Mark Webber. Mais lors du retour en Europe, nouvelle désillusion : c'est l'Australien qui exploite le mieux sa machine et gagne en Espagne et à Monaco, tandis que Sebastian se contente de sauver les meubles. Cette situation agace profondément le jeune Allemand, qui pensait avoir définitivement pris le dessus sur son expérimenté coéquipier. En Turquie, Webber signe la pole position et mène la course devant Sebastian. Pour éviter un troisième succès consécutif de l'Australien, il l'attaque par l'intérieur en pleine ligne droite, mais se rabat trop tôt. L'accrochage est inévitable et Sebastian abandonne, tandis que Webber, malgré un aileron cassé, peut terminer troisième. Sebastian est incontestablement responsable de cet accident, mais Red Bull refuse de le sermonner publiquement. Ce traitement de faveur irrite Webber et marque le début d'une intense rivalité entre les deux hommes. Après un mauvais week-end au Canada, il l'emporte à Valence et remonte à la troisième place du championnat. En Grande-Bretagne, les Red Bull disposent d'un nouvel aileron avant, mais Sebastian le casse lors des essais. Horner décide alors de retirer l'aileron de Webber pour le monter sur la voiture de Sebastian, ce qui provoque la colère de l'Australien. Alors qu'il part de la pole position, Sebastian est obligé de tasser Webber, qui est mieux parti. Ce dernier ne cède pas et Sebastian part à la faute pour éviter un nouveau choc, crevant un pneu, ce qui ruine sa course tandis que Webber triomphe. A Hockenheim, devant son public, il part de la pole position, mais bêtement, il tasse Fernando Alonso au départ, laissant finalement filer les deux Ferrari qui signent le doublé. En Hongrie, il réalise une nouvelle pole position et domine la course de bout en bout. Mais lors d'une neutralisation de la course, il laisse un trop grand écart entre sa voiture et la voiture de sécurité. Il est pénalisé pour cela et cède la victoire à... Webber. Enfin, à Spa, sur une piste humide, il perd son sang-froid derrière Button et finit par le percuter. Après une quatrième place à Monza, et alors qu'il reste encore cinq courses à disputer, il se retrouve cinquième du championnat, avec seulement 24 points de retard sur Webber, alors en tête. Deuxième à Singapour, derrière Alonso et devant Webber, il se montre ensuite dominateur au Japon, remportant la course et se replacant dans la lutte pour le titre. En Corée du Sud, il a l'occasion de prendre la tête du championnat, mais son V8 Renault rend l'âme à dix tours de l'arrivée. Webber ayant également abandonné, c'est Alonso, vainqueur, qui devient le nouveau leader du championnat. Mais Sebastian ne lâche rien et signe une nouvelle démonstration au Brésil, ce qui lui permet de rester en lice pour le titre jusqu'à la dernière manche à Abou Dabi. Pour être champion, Sebastian doit gagner et espérer qu'Alonso ne se classe pas dans les quatre premiers. Lors des essais, il signe la pole position, tandis qu'Alonso est troisième et Webber cinquième. En course, il prend le large et mène sans difficulté. Derrière, Alonso et Ferrari ont commis l'erreur de calquer leur course sur celle de Webber, oubliant Sebastian. Les deux hommes ont ainsi changé très tôt leurs pneumatiques et se sont retrouvés complètement englués dans le trafic sur ce circuit où il est difficile de doubler. Finalement, bloqué près de 40 tours derrière la Renault de Petrov, Alonso ne termine que septième, devant Webber, tandis que Sebastian franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. A 23 ans et 4 mois, il devient ainsi le plus jeune champion du monde. Sa saison a été difficile, marquée par des erreurs et des problèmes techniques, mais sa détermination a forcé le respect. Désormais leader incontesté de son écurie, l'avenir lui appartient.
Après une saison 2010 chaotique, la nouvelle RB7 est aussi performante que sa devancière, mais beaucoup plus fiable. Les Ferrari ne parviendront jamais à menacer les Red Bull, et les McLaren, dont les performances seront trop irrégulières, ne pourront pas vraiment inquiéter les hommes de Christian Horner. De plus, Sebastian s'affirme enfin comme le leader incontesté de l'équipe. Brisé par son échec de la saison précédente, Webber n'est plus du tout en mesure de menacer son coéquipier. Tout est donc en place pour une grande démonstration. Les courses vont se succéder et se ressembler, au risque de lasser le public. Imbattable en qualifications, Sebastian décroche quinze poles en dix-neuf courses, battant ainsi le record établi par Nigel Mansell en 1992. Même lorsqu'il ne s'élance pas en première position, il réalise souvent de très bons départs, puis s'envole en tête jusqu'à l'arrivée. Il remporte ainsi les deux premières courses en solitaire, à Melbourne et à Sepang. En Chine, il cède la victoire à Lewis Hamilton à cause d'une mauvaise stratégie de pneumatiques, mais il reprend aussitôt sa marche en avant. Il remporte la victoire en Turquie devant Webber, puis à Barcelone après une belle bagarre face à Hamilton. A Monaco, il mène la fin de la course, avec Alonso et Button sur ses talons. En difficulté avec ses pneus, il est sauvé par un drapeau rouge et remporte pour la première fois la course en Principauté. A Montréal, sous la pluie, il commet sa seule erreur de la saison en perdant la tête de la course dans le dernier tour au profit de Button. Qu'importe, après une nouvelle victoire à Valence, il se retrouve en tête du championnat, avec près de 80 points d'avance sur Button et Webber. Le début de l'été est un peu délicat pour Red Bull, mais Sebastian maîtrise parfaitement la situation. Deuxième à Silverstone et à Budapest, il réalise sa seule vraie mauvaise course au Nürburgring, où il se contente de la quatrième place. Mais son avance au championnat est alors telle que le titre lui est assuré. La rentrée des classes voit « Baby Schumi » écœurer la concurrence : il gagne à Spa, à Monza et à Singapour. A Suzuka, il se contente d'une troisième place pour remporter son deuxième titre mondial. Pas encore rassasié, il remporte également les Grands Prix de Corée et d'Inde, avant qu'une crevaison soudaine ne l'élimine dès le premier tour du Grand Prix d'Abou Dhabi. Il laisse la victoire à Webber pour le final à Interlagos, après qu'un mystérieux problème de boîte de vitesses l'a contraint à ralentir... pour quelques tours seulement. En 2011, Sebastian affiche un bilan ahurissant : onze victoires, quinze pole positions, dix-sept podiums, 739 tours menés et 392 points inscrits. Sa maturité et son intelligence de course impressionnent les observateurs qui n'hésitent pas à le comparer aux plus grands de la discipline. Excellent gestionnaire, il a également montré cette année-là qu'il savait être un combattant redoutable : son dépassement sur Alonso à Monza, par l'extérieur de la Variante della Roggia tout en mordant dans la poussière, restera dans les annales, tout comme son extraordinaire tour de qualifications à Suzuka pour arracher la pole position à Button.
En 2012, l'objectif est simple : devenir le premier pilote à remporter trois titres consécutifs. Pourtant, la saison ne commence pas de la meilleure des façons. Lors du Grand Prix inaugural en Australie, Sebastian s'élance en sixième position, accusant un déficit de plus d'une demi-seconde sur le poleman, Lewis Hamilton. Au terme d'une course âprement disputée, il parvient à se hisser sur la troisième marche du podium, entre les McLaren de Button et Hamilton. Une semaine plus tard, il s'élance en cinquième position en Malaisie, mais s'accroche avec un retardataire à dix tours de l'arrivée, ce qui provoque une crevaison lente et le relègue à la onzième place. En Chine, pour la première fois depuis 2009, Sebastian ne parvient pas à se qualifier pour la dernière phase des qualifications et s'élance onzième. Il parvient toutefois à rallier l'arrivée en cinquième position. Mais à Bahreïn, il réalise un week-end parfait en signant son quatrième hat-trick, ce qui lui permet de prendre la tête du championnat. Ce sursaut ne sera toutefois que de courte durée. En effet, pour le début de la campagne européenne, Sebastian termine sixième en Espagne et quatrième à Monaco, laissant alors la tête du championnat à Fernando Alonso, qui devient un candidat sérieux pour le titre. La suite n'est pas meilleure. Alors qu'il s'élance en pole position au Canada, il ne termine que quatrième à cause d'une mauvaise stratégie d'un seul arrêt. Pour le Grand Prix d'Europe, Sebastian réalise sa 33e pole position et rejoint Alain Prost et Jim Clark. Alors qu'il domine le début de la course, il est contraint à l'abandon à cause d'un problème d'alternateur. En Grande-Bretagne, il termine troisième, juste derrière Alonso, qui continue de renforcer sa position de leader du championnat. A Hockenheim, alors qu'il pensait avoir terminé troisième derrière Alonso, il écope d'une pénalité de 20 secondes pour avoir dépassé Button hors de la piste. Il est donc classé cinquième. En Hongrie, alors que la Red Bull n'a jamais été en mesure de suivre le rythme, il parvient à terminer quatrième. Nous sommes alors à la mi-saison et Sebastian est troisième du championnat, derrière Alonso et Webber. Pour la reprise, en Belgique, Sebastian ne s'élance qu'à la dixième place. Mais, au terme d'une course agressive, il termine deuxième, alors qu'Alonso a abandonné. En Italie, il est de nouveau contraint à l'abandon à cause d'un problème d'alternateur, tandis qu'Alonso termine troisième. Il répond de la meilleure des façons lors de la tournée asiatique, en signant quatre victoires consécutives à Singapour, au Japon, en Corée du Sud et en Inde. Il reprend alors la tête du championnat. À Abou Dhabi, alors qu'il signe le troisième temps, il est exclu des qualifications pour avoir utilisé une quantité d'essence insuffisante. Alors qu'il s'élance des stands pour changer les réglages de sa voiture, il termine troisième, derrière Alonso, après une course mouvementée et plusieurs interventions de la voiture de sécurité qui l'ont aidé à revenir sur les leaders. Aux Etats-Unis, il signe une nouvelle pole position, mais termine deuxième derrière Hamilton et devant Alonso. Le titre se jouera lors de la dernière course au Brésil, que Sebastian aborde avec 13 points d'avance sur Alonso. Il se hisse au quatrième rang lors des qualifications, alors qu'Alonso s'élance septième. Cependant, lors du premier tour, il s'accroche avec Bruno Senna et repart dernier. Il effectue une belle remontée et se retrouve derrière son rival en cinquième position après une vingtaine de tours. Au terme d'un Grand Prix haletant, à l'image de cette saison 2012, Sebastian termine sixième et Alonso deuxième. Il devient champion du monde avec trois points d'avance sur Alonso. Il devient ainsi le plus jeune triple champion du monde et le premier pilote à remporter ses trois premiers titres consécutivement. Il est également le seul pilote, avec Fangio et Schumacher, à avoir remporté au moins trois titres consécutifs.
En 2013, Sebastian est le favori pour sa propre succession et espère continuer à battre des records. Il commence par réaliser la pole position à Melbourne, mais se classe troisième, derrière Räikkönen et Alonso, qui ont mieux su gérer leurs pneumatiques. Cette gestion s'annonce comme étant la clé de cette saison 2013. Il signe de nouveau la pole position une semaine plus tard, en Malaisie. Cependant, il se retrouve derrière son coéquipier après la première vague de ravitaillement. Une position qu'il conservera la majeure partie de la course. En fin de course, il reçoit l'ordre « Multi 21 » lui demandant de rester derrière Webber et de ne pas chercher à l'attaquer. À dix tours de l'arrivée, il ignore ces consignes et dépasse l'Australien. Il remporte de manière très controversée ce Grand Prix de Malaisie et prend la tête du championnat du monde. En Chine, il termine quatrième après s'être élancé de la neuvième place. À Bahreïn, il domine la course après être parti de la deuxième place, même s'il a dû résister aux deux Lotus. Il est en tête du championnat du monde au début de la tournée européenne. En Espagne, il termine au pied du podium, tandis qu'il se classe deuxième à Monaco. Il remporte ensuite le Grand Prix du Canada, mais doit abandonner en Angleterre alors qu'il est en tête de la course. Parallèlement, Webber annonce la fin de sa carrière pour courir en endurance avec Porsche. Pour son Grand Prix national, Sebastian s'élance en deuxième position et remporte la course après avoir réussi à maintenir sa position, d'abord face à Romain Grosjean, puis face à Kimi Räikkönen. Il signe ainsi sa 30e victoire en Formule 1 et déjoue les statistiques qui prédisaient qu'il n'avait jamais gagné en juillet, ni dans son Grand Prix national. S'il ne se contente que d'une troisième place en Hongrie, le pilote est sur le point de marquer l'histoire à partir du Grand Prix de Belgique. En remportant les deux dernières courses en Europe, il entame de la meilleure des manières la tournée asiatique avec deux grands chelems à Singapour et en Corée du Sud. Il enchaîne avec deux victoires au Japon et en Inde, où il décroche son quatrième titre de champion du monde, alors qu'il reste trois épreuves au programme. En rejoignant Prost en nombre de championnats, Sebastian devient surtout le plus jeune des trois quadruples champions du monde de Formule 1. Il lui reste à battre Fangio, l'incomparable, et peut-être un jour Schumacher, le maître. Pour les trois derniers Grands Prix, Sebastian et Red Bull signent trois victoires. Le pilote allemand décroche ainsi le record de victoires consécutives avec neuf succès en une saison, ainsi qu'un record de points historique (397 points).
La saison 2014 marque le début de l'ère des moteurs V6 turbo-hybrides en Formule 1. Après avoir remporté quatre titres mondiaux consécutifs, Sebastian entame cette campagne au volant de la Red Bull RB10. Cette monoplace souffre toutefois de problèmes de fiabilité et d'un déficit de puissance du bloc propulseur Renault dès les essais hivernaux. Le Grand Prix inaugural en Australie confirme ces difficultés : il se qualifie en douzième position et abandonne dès le troisième tour en raison d'une défaillance moteur. Il redresse la situation en Malaisie, où il monte sur son premier podium de l'année en terminant troisième. Les épreuves printanières mettent en lumière son manque d'adaptation aux nouvelles contraintes techniques, notamment au système de récupération d'énergie au freinage. Il termine sixième à Bahreïn, puis cinquième en Chine, tandis que son nouveau coéquipier, Daniel Ricciardo, s'impose progressivement comme une menace interne. En Espagne, il réalise une remontée de la quinzième à la quatrième place après avoir écopé d'une pénalité pour avoir changé de boîte de vitesses. A Monaco, il est de nouveau contraint à l'abandon à cause d'un problème de turbocompresseur. Au Canada, il profite des circonstances de la course pour monter sur la troisième marche du podium. Cependant, la suite de l'été s'avère irrégulière. Après un abandon lors du Grand Prix d'Autriche, il enchaîne les arrivées dans les points, mais sans monter sur le podium. Sixième au championnat, il est limité dans ses chances de succès par la domination des Mercedes. C'est à Singapour, sur un circuit urbain exigeant, qu'il réalise sa meilleure performance de l'année. Il franchit la ligne d'arrivée en deuxième position. En marge du Grand Prix du Japon, où il termine troisième sous la pluie, Sebastian annonce officiellement son départ de l'écurie Red Bull Racing à la fin de l'année pour rejoindre la Scuderia Ferrari. La fin de sa collaboration avec l'équipe autrichienne se termine sans nouveau podium. Il se classe huitième en Russie, septième aux Etats-Unis et cinquième au Brésil. Pour la finale à Abou Dhabi, il s'élance depuis la voie des stands, suite à une exclusion des qualifications pour non-conformité technique de son aileron avant, et remonte jusqu'à la huitième place. Il termine la saison 2014 à la cinquième place du championnat du monde, marquant ainsi sa première année complète sans aucune victoire depuis 2008.
Ferrari
Sebastian entame sa première saison avec la Scuderia Ferrari au volant de la SF15-T lors du Grand Prix d'Australie. Pour ses débuts en rouge, il se classe troisième. Dès la deuxième manche, en Malaisie, il profite d'une stratégie audacieuse pour battre les Mercedes et remporter sa première victoire pour Ferrari, mettant ainsi fin à une période de près de deux ans sans succès pour l'écurie italienne. L'Allemand fait ensuite preuve d'une régularité constante en montant sur le podium en Chine, en Espagne et à Monaco. Malgré un week-end difficile au Canada, où il doit remonter de la dix-huitième à la cinquième place, il reste le principal challenger des pilotes Mercedes. Le milieu de saison est marqué par un second coup d'éclat en Hongrie. Sebastian prend un départ optimal depuis la deuxième ligne, s'empare de la tête dès le premier virage et mène l'intégralité de la course pour signer sa deuxième victoire de l'année. En Belgique, une stratégie à un seul arrêt se solde par l'explosion de son pneu arrière droit dans l'avant-dernier tour, alors qu'il occupe la troisième place. Il réagit en Italie en terminant deuxième devant les tifosi. Le point d'orgue de sa saison intervient à Singapour. Il réalise la pole position avec une avance significative, puis domine la course de bout en bout pour remporter sa troisième victoire de la saison. Cette performance lui permet de dépasser temporairement Nico Rosberg, deuxième du championnat. La fin de saison confirme la solidité de son intégration chez Ferrari. Il obtient une deuxième place en Russie, puis remonte sur le podium aux Etats-Unis après avoir purgé une pénalité moteur sur la grille de départ. Son seul abandon de l'année survient au Mexique, à la suite d'une sortie de piste. Il conclut l'exercice 2015 par une troisième place au Brésil, puis par une remontée de la quinzième à la quatrième position à Abou Dabi. Il achève le championnat à la troisième place, avec treize podiums en dix-neuf départs.
Sa saison 2016 commence par une phase de frustration technique avec la nouvelle SF16-H. Lors de la première manche en Australie, l'Allemand réalise un départ fulgurant et mène la course pendant la première partie, mais une erreur stratégique lors d'une interruption de la course le relègue à la troisième place. Sa campagne subit un coup d'arrêt brutal dès le Grand Prix suivant, à Bahreïn, où son moteur casse durant le tour de formation, l'empêchant de prendre le départ. En Chine, il est impliqué dans un accrochage au premier virage avec son coéquipier Kimi Räikkönen, incident qu'il impute à une manœuvre audacieuse de Daniil Kvyat. Malgré les dégâts, il parvient à remonter dans le peloton et termine deuxième. La tension avec le pilote russe atteint son paroxysme en Russie, où Sebastian est percuté deux fois par Kvyat dès le premier tour, ce qui provoque son abandon immédiat. Il retrouve le podium en Espagne, avec une troisième place. La période estivale met en évidence le recul de Ferrari par rapport à Mercedes et la montée en puissance de Red Bull. Au Canada, il mène à nouveau les premiers tours après un départ réussi, mais une stratégie à deux arrêts le contraint à la deuxième place. A Bakou, lors du Grand Prix d'Europe, il monte à nouveau sur le podium en terminant deuxième. Cependant, la fiabilité de la boîte de vitesses devient un problème récurrent, lui valant plusieurs pénalités de cinq places sur la grille de départ, notamment en Autriche et en Grande-Bretagne. Lors de la rentrée à Monza, il offre un podium à la Scuderia devant ses supporters en terminant troisième. A Singapour, il est victime d'une rupture de suspension lors des qualifications. Il s'élance de la dernière place et remonte jusqu'à la cinquième position. La fin de saison est marquée par une nervosité croissante, illustrée lors du Grand Prix du Mexique. Engagé dans une lutte tendue avec Max Verstappen et Daniel Ricciardo, il franchit la ligne d'arrivée en troisième position. Toutefois, une pénalité pour changement de trajectoire dangereux au freinage le rétrograde à la cinquième place. Il termine l'année sur une note positive à Abu Dhabi en se classant troisième. Il achève toutefois le championnat à la quatrième place, sans avoir remporté la moindre victoire.
En 2017, la SF70H de Ferrari s'avère immédiatement compétitive face aux Mercedes. Lors du Grand Prix d'Australie, Sebastian s'impose devant Lewis Hamilton grâce à une stratégie d'arrêt aux stands optimisée. Il confirme cette dynamique en terminant deuxième en Chine, puis en remportant le Grand Prix de Bahreïn à l'issue d'une lutte tactique. En Russie, il signe sa première pole position avec Ferrari, mais s'incline en course, terminant deuxième derrière Valtteri Bottas. Grâce à sa régularité, il conserve la tête du championnat durant le printemps. Après une deuxième place en Espagne derrière Hamilton, il aborde le Grand Prix de Monaco. Il y remporte une victoire stratégique devant son coéquipier Kimi Räikkönen, marquant le premier succès de Ferrari en Principauté depuis seize ans, et consolide son avance au classement général. Cependant, la tension monte lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan à Bakou. Alors que la course est sous régime de voiture de sécurité, il percute l'arrière de la Mercedes de Hamilton, puis vient heurter latéralement son rival, estimant avoir été victime d'un test de freinage. Il est sanctionné d'un « stop-and-go » de dix secondes et termine quatrième de l'épreuve. Il se rattrape en Autriche avec une deuxième place, mais subit une crevaison en fin de course lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, ce qui le relègue à la septième place. Juste avant la pause estivale, il remporte le Grand Prix de Hongrie, malgré un volant désaxé durant toute la course, grâce au soutien de son coéquipier. La reprise en Belgique est plus difficile : il termine deuxième, puis troisième en Italie, tandis qu'Hamilton prend la tête du championnat pour la première fois de la saison. Le tournant décisif survient lors de la tournée asiatique. Lors du Grand Prix de Singapour, alors qu'il part en pole position, il est impliqué dans un triple accrochage au départ avec Räikkönen et Verstappen, ce qui provoque son abandon immédiat. En Malaisie, un problème de moteur lors des qualifications l'oblige à partir dernier, mais il remonte jusqu'à la quatrième place. Au Japon, une bougie d'allumage défectueuse l'oblige à abandonner dès le quatrième tour. Malgré une pole position et une quatrième place au Mexique, il ne peut empêcher Hamilton de remporter son quatrième titre mondial. Sebastian conclut sa saison par une cinquième victoire au Brésil et une troisième place à Abou Dhabi et achève le championnat à la deuxième place.
Comme en 2017, Sebastian dispose à nouveau d'une monoplace performante qui lui permet de s'imposer d'emblée lors des deux premières manches, en Australie et à Bahreïn. En Chine, il perd la tête du championnat après un accrochage avec Verstappen qui le relègue à la huitième place. En Azerbaïdjan, il manque son freinage alors qu'il tente de reprendre la première place lors d'une relance et se contente de la quatrième place. Il retrouve le sommet du podium au Canada, dominant l'épreuve depuis la pole position, et reprend la tête du championnat. La campagne européenne se poursuit avec des résultats contrastés. En France, il termine cinquième après s'être accroché avec Bottas au départ. Il réagit au Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone en remportant une victoire stratégique face à Hamilton sur ses terres. Arrivé à son Grand Prix national en Allemagne en tant que leader du championnat, il réalise la pole position et mène l'épreuve avec autorité sous un temps changeant. L'apparition de la pluie en fin de course à Hockenheim modifie toutefois le cours de sa saison. Au cinquante-deuxième tour, alors qu'il est toujours en tête, il bloque ses roues arrière dans le Stadium et termine dans les graviers. Cet abandon profite directement à Hamilton, qui remporte la victoire et reprend définitivement la tête du championnat. Sebastian limite la perte de points en terminant deuxième en Hongrie, juste avant la pause estivale. A la rentrée, il s'impose au Grand Prix de Belgique après avoir dépassé Hamilton dès le premier tour, décrochant ainsi sa cinquième et dernière victoire de l'année. La suite de la saison est marquée par une série d'erreurs de pilotage et une baisse de compétitivité de la Ferrari par rapport à la Mercedes. En Italie, il part en tête-à-queue dès le premier tour, après un contact avec Hamilton, et termine quatrième. A Singapour, un choix stratégique peu efficace le cantonne à la troisième place, et au Japon, une tentative de dépassement risquée sur Verstappen provoque un nouveau tête-à-queue, le reléguant au sixième rang. Le dénouement du championnat du monde survient lors du Grand Prix du Mexique. Bien qu'il termine deuxième de l'épreuve, derrière Verstappen, Hamilton décroche le titre en terminant à la quatrième place. L'Allemand conclut sa saison par deux deuxièmes places, au Brésil et à Abou Dhabi. Pour la seconde année consécutive, Sebastian termine vice-champion derrière Hamilton.
La saison 2019 de Sebastian chez Ferrari est marquée par un changement de dynamique interne avec l'arrivée de Charles Leclerc. Malgré des essais hivernaux prometteurs à Barcelone, la Ferrari SF90 affiche un déficit de performance par rapport aux Mercedes dès le début de la saison, lors du Grand Prix d'Australie, où l'Allemand termine quatrième. Au Grand Prix de Bahreïn, il commet une erreur lors d'un duel avec Hamilton, ce qui le relègue à la cinquième place finale, tandis que son coéquipier signe son premier podium. Le tournant médiatique de sa première partie de saison survient au Grand Prix du Canada. Il réalise la pole position et mène l'intégralité de la course. Cependant, sous la pression de Hamilton, il sort de la piste dans une chicane. Son retour en piste, jugé dangereux par les commissaires, lui vaut une pénalité de cinq secondes. Bien qu'il franchisse la ligne d'arrivée en tête, il est déclassé à la deuxième place. En signe de protestation, il déplace les panneaux de position dans le parc fermé, échangeant le numéro 1 devant la Mercedes pour le numéro 2. L'été est marqué par des résultats contrastés. Lors de son Grand Prix national en Allemagne, il s'élance de la dernière position à cause d'une défaillance mécanique lors des qualifications. Sous une pluie battante, il réalise une remontée méthodique et termine deuxième. En revanche, il connaît un week-end difficile en Italie, sur les terres de Ferrari : il part en tête-à-queue au début de la course et est pénalisé pour être revenu en piste de manière imprudente, heurtant Lance Stroll, tandis que Leclerc remporte la course. Sa seule victoire de l'année a lieu à Singapour. Parti troisième sur la grille, il profite d'un arrêt aux stands anticipé pour prendre l'avantage sur Hamilton et Leclerc, et remporte la course, mettant ainsi fin à une série de treize mois sans succès. La tension interne s'accroît lors des épreuves suivantes, notamment en Russie, où il refuse initialement de respecter une consigne d'équipe visant à laisser passer Leclerc après le départ. Le dénouement conflictuel de la saison a lieu lors du Grand Prix du Brésil. Alors qu'ils luttent pour la quatrième place, les deux pilotes Ferrari s'accrochent dans la ligne droite, provoquant un double abandon pour l'écurie italienne. Cet incident marque une rupture nette dans la gestion des pilotes par la direction. Sebastian termine la saison à la cinquième place du championnat, devancé pour la première fois par son coéquipier.
Sa saison 2020 se déroule dans un contexte particulier, marquée par l'annonce officielle de son départ de la Scuderia Ferrari dès le mois de mai, avant même le début effectif des compétitions retardées par la pandémie. Il aborde cette ultime campagne en rouge au volant de la Ferrari SF1000, une monoplace qui souffre d'un important déficit de puissance moteur et d'une instabilité aérodynamique chronique. Dès l'ouverture du championnat en Autriche, les difficultés techniques se confirment : Sebastian se qualifie onzième et termine péniblement à la dixième place en course. La semaine suivante, lors du Grand Prix de Styrie sur le même circuit, sa course s'arrête dès le premier tour après un accrochage avec son coéquipier Charles Leclerc. En Hongrie, le pilote allemand rallie l'arrivée au sixième rang. A Silverstone, Barcelone ou Spa-Francorchamps, il peine régulièrement à atteindre la dernière phase des qualifications et termine souvent à la limite ou en dehors de la zone des points. En Italie, il est contraint à un abandon précoce en raison d'une défaillance spectaculaire de ses freins. En marge du Grand Prix de Toscane au Mugello, qui marque le millième Grand Prix de l'histoire de Ferrari, Sebastian officialise sa signature avec l'écurie Aston Martin pour la saison 2021. Malgré une ambiance interne devenue complexe, il continue d'exploiter les moindres opportunités. Lors du Grand Prix de Turquie, sur un tracé rendu extrêmement glissant par la pluie, il fait preuve d'une grande maîtrise. Parti onzième, il réalise un départ parfait pour se hisser immédiatement dans le peloton de tête. Il maintient un rythme solide tout au long de l'épreuve et profite d'une erreur de Charles Leclerc dans les derniers virages du dernier tour pour s'emparer de la troisième place. Ce podium constitue son unique récompense de l'année et son dernier trophée avec Ferrari. Les dernières courses du calendrier au Bahreïn et à Abou Dhabi ne lui permettent pas d'améliorer ses statistiques, terminant ses deux ultimes épreuves pour la Scuderia en dehors des points. Sebastian conclut le championnat 2020 à une lointaine treizième place au championnat. Ce résultat représente, à l'époque, le classement final le plus bas de sa carrière depuis ses débuts complets en Formule 1.
Aston Martin
Sa saison 2021 marque le début d'un nouveau chapitre avec Aston Martin. L'Allemand ne s'attend pas à des miracles de la part de cette première année et connaît une adaptation difficile durant les essais hivernaux et les premières manches. Lors du Grand Prix inaugural à Bahreïn, il est pénalisé sur la grille de départ et termine quinzième après un accrochage avec Esteban Ocon. Il doit attendre la cinquième épreuve, à Monaco, pour marquer ses premiers points sous ses nouvelles couleurs, avec une solide cinquième place. Le point culminant de sa saison survient deux semaines plus tard, lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan à Bakou. Qualifié onzième, il profite des incidents de course et des crevaisons des leaders pour remonter méthodiquement. Lors de la relance finale pour deux tours, il gère parfaitement ses pneumatiques et franchit la ligne d'arrivée en deuxième position. Ce résultat offre à l'écurie Aston Martin son premier podium en Formule 1 depuis le début de l'ère moderne. L'été est marqué par une performance notable au Grand Prix de Hongrie. Parti sur une piste humide, il évite le carambolage du premier virage et met ensuite la pression sur le leader, Esteban Ocon, durant toute l'épreuve. Il termine deuxième sous le drapeau à damier, mais la joie est de courte durée. Il est en effet disqualifié, car les commissaires de la FIA ne parviennent pas à prélever l'échantillon réglementaire d'un litre de carburant dans son réservoir. La seconde moitié de la saison s'avère plus irrégulière en raison d'une baisse de compétitivité de l'AMR21 par rapport à ses concurrentes directes. Il parvient néanmoins à marquer des points en Belgique, aux Etats-Unis et au Mexique. Il se distingue également en dehors de la piste par ses engagements environnementaux et sociétaux, notamment en organisant une course de karting réservée aux femmes en Arabie saoudite ou en ramassant des déchets dans les tribunes après le Grand Prix de Grande-Bretagne. Il conclut sa première année avec l'écurie britannique à la douzième place du championnat.
Sa saison 2022 débute par une absence forcée. Testé positif au COVID-19, le pilote allemand manque les deux premières manches du championnat à Bahreïn et en Arabie saoudite, où il est remplacé par Nico Hülkenberg. Il fait son retour lors du Grand Prix d'Australie et ce week-end de reprise s'avère complexe avec plusieurs sorties de piste et un abandon en course. Il inscrit ses premiers points de l'année lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne à Imola, où il profite de conditions climatiques changeantes pour terminer à la huitième place. Au cours du printemps, il parvient à extraire le maximum d'une monoplace rétive au développement aérodynamique. Il termine dixième à Monaco et obtient une solide sixième place à Bakou. En amont du Grand Prix de Hongrie, à la fin du mois de juillet, Sebastian annonce officiellement son retrait définitif de la Formule 1 à l'issue de la saison. Cette annonce libère le pilote qui réalise une seconde moitié de championnat remarquée par son engagement en piste. Après une pause estivale marquée par des résultats discrets, il s'illustre lors des Grands Prix de Belgique et de Singapour où il finit huitième. Son sens du pilotage sous la pluie se lui permet de se classer sixième au Japon après une lutte intense jusqu'au dernier mètre avec Fernando Alonso. Aux Etats-Unis à Austin, malgré un arrêt aux stands prolongé, il effectue une remontée spectaculaire conclue par un dépassement dans l'ultime tour sur Kevin Magnussen pour s'adjuger la huitième place. Pour son 299e et dernier départ en Formule 1 au Grand Prix d'Abou Dhabi, Sebastian bénéficie d'une haie d'honneur de la part de l'ensemble du paddock. Il réalise une course stratégique et parvient à arracher le point de la dixième place. il termine sa dernière saison mondiale au douzième rang du championnat et quitte la discipline avec l'un des palmarès les plus riches de l'histoire, incluant quatre titres de champion du monde, 53 victoires et 122 podiums.
L'après-F1
Après avoir pris sa retraite de la compétition fin 2022, Sebastian se consacre principalement à des initiatives écologiques et à la promotion du développement durable. Dès le début de l'année 2023, il participe à la Race of Champions en Suède, puis se concentre sur son projet « Race without Trace ». En juillet 2023, lors du Festival de vitesse de Goodwood, il a piloté ses propres monoplaces historiques, notamment la Williams FW14B et la McLaren MP4/8, en utilisant exclusivement des carburants de synthèse neutres en carbone, afin de démontrer la viabilité des énergies alternatives dans le sport automobile. Il réitère cette démonstration en septembre sur la Nordschleife du Nürburgring, au volant de la Red Bull RB7 avec laquelle il a remporté le titre en 2011.
Son engagement en faveur de la biodiversité se concrétise lors du Grand Prix du Japon 2023 avec l'inauguration du « Buzzin' Corner ». Situé au virage 2 du circuit de Suzuka, ce projet comprend l'installation de onze hôtels à abeilles et la peinture des vibreurs en jaune et noir, afin de sensibiliser le public à la protection des insectes pollinisateurs. Parallèlement, il investit dans le sport professionnel en devenant copropriétaire de l'équipe allemande de SailGP, une compétition internationale de catamarans à foils.
En mars 2024, il reprend le volant d'un prototype de haut niveau lors d'une séance d'essais privés avec l'écurie Porsche Penske Motorsport. Sur le circuit de Motorland Aragón, en Espagne, il parcourt plus de 500 kilomètres au volant de la Porsche 963 Hypercar. Cette expérience technique s'inscrit dans une phase d'évaluation en vue d'une éventuelle participation aux 24 Heures du Mans, même s'il ne s'engage finalement sur aucune course officielle pour la saison.
Lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne 2024 à Imola, il organise et dirige un hommage solennel à Ayrton Senna et à Roland Ratzenberger, à l'occasion du trentième anniversaire de leur disparition. Il effectue une course à pied sur le circuit avec les pilotes actuels et effectue une démonstration émouvante au volant de la McLaren MP4/8 de 1993 issue de sa collection personnelle. Il continue par ailleurs d'intervenir régulièrement dans des conférences sur l'environnement et l'agriculture biologique, tout en restant un ambassadeur actif des carburants durables auprès des instances dirigeantes du sport automobile mondial.
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