Guy Edwards n'a pas connu une grande réussite en Formule 1, du moins pas derrière un volant.
Guy est le fils d'un ancien chef d'escadron de la Royal Air Force. Il fait ses études à Liverpool, puis à l'université de Durham en 1960, où il décroche une licence en sciences après trois années de travail. Il s'inscrit ensuite dans une école de pilotage à Brands Hatch et participe à ses premières courses automobiles en 1965, au volant d'une Ford Anglia. Par la suite, il court sur Mini, puis passe aux monoplaces et court le championnat de Formule 3 en 1968. Malheureusement pour lui, il n'a pas les fonds nécessaires pour conserver son volant et doit rapidement abandonner pour piloter des voitures de sport dès 1969. Il obtient sa meilleure performance avec une quatrième place aux 12 Heures de Barcelone.
En 1970, il rejoint Philips Autoradio et court avec une Astra, sans grand succès. En 1971, son passage chez Lola ne lui apporte toujours pas les performances escomptées, malgré une première participation aux 24 Heures du Mans et une cinquième place au Trophée d'Auvergne. Guy décide alors de retenter sa chance en monoplaces et achète une McLaren M10 pour disputer le championnat de Formule 5000 en 1972. L'année suivante, grâce au soutien d'un sponsor, Guy court sur Lola à la fois en voitures de sport et en F5000. Il se classe troisième du championnat européen des voitures de sport 2l.
En F1 avec Lola
En 1974, après avoir réuni les fonds nécessaires, il rejoint l'équipe Embassy Hill de Formule 1, qui utilise des Lola T370. Il commence sa saison au Grand Prix d'Argentine, où il se classe onzième, puis abandonne au Brésil. Après une non-qualification en Espagne, il se classe douzième en Belgique. A Monaco, il s'élance en fond de grille, mais échappe au carambolage du premier tour et termine à une belle huitième place. Lors du Grand Prix de Suède, il signe son meilleur résultat de l'année en franchissant la ligne d'arrivée en septième position, juste derrière son patron, Graham Hill. La suite de la saison est plus difficile et il est contraint d'écourter sa saison à la suite d'une fracture du poignet survenue lors d'une course de Formule 5000.
Après sa convalescence, il se tourne vers le championnat d'Europe de Formule 5000 en 1975, faute de débouchés immédiats en Formule 1. Il pilote une Lola T332 équipée d'un moteur Chevrolet et se distingue par plusieurs places d'honneur dans ce championnat britannique de forte cylindrée très disputé. Il termine le championnat sans victoire, mais se classe troisième. Parallèlement, il participe à des courses de sport-prototypes.
Hesketh
En 1976, il effectue son retour en championnat du monde de Formule 1 grâce à ses sponsors personnels, Penthouse et Rizla. Il pilote une Hesketh 308D motorisée par un moteur V8 Ford Cosworth, engagée sous les couleurs de l'écurie Penthouse Rizla Racing. Il commence sa campagne par une non-qualification en Belgique, puis termine 17e en France. En Grande-Bretagne, il abandonne dès le départ à la suite d'un accrochage. Le fait marquant de sa saison se produit le 1e) août, lors du Grand Prix d'Allemagne. Témoin du violent accident de la Ferrari de Niki Lauda, il immobilise immédiatement sa monoplace. Avec Arturo Merzario, Brett Lunger et Harald Ertl, il plonge dans le brasier pour extraire le pilote autrichien de sa voiture en feu. Cet acte de sauvetage lui vaudra plus tard la Queen's Gallantry Medal. Sur le plan sportif, il termine 12e de cette épreuve allemande. Il dispute ensuite le Grand Prix du Canada, qu'il achève à la 20e place.
L'après-F1
En 1977, il participe au championnat d'Europe de Formule 2 et de F5000, remportant deux victoires. Lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, il est engagé par BRM pour remplacer Conny Andersson. Au volant d'une exécrable P207, il est incapable de passer le barrage des préqualifications.
Guy préfère poursuivre sa carrière dans un premier temps en voitures de sport sur une Lola, puis participe au championnat britannique de Formule 1 dénommé Aurora Series. Sur une March-Ford, il s'impose à deux reprises : d'abord à Oulton Park, puis à Thruxton. Il ajoute à son palmarès une victoire à Brands Hatch en 1979, puis deux succès supplémentaires à Oulton Park et à Snetterton, cette fois sur une Arrows. Puis, le championnat disparaissant, Guy se consacre de plus en plus aux voitures de sport, en compagnie d'Emilio de Villota.
En 1981, il remporte enfin ses premiers succès dans la catégorie, au volant d'une Lola de l'équipe GRID, lors de la Coppa Florio, puis lors des 1 000 km de Brands Hatch. En 1982, il rejoint l'écurie Lola Racing, mais ne parvient pas à réitérer ses belles performances de l'année précédente. Cette même année, il fait son retour en Formule 1 chez March, mais cette fois en tant que directeur commercial, fonction qu'il occupe jusqu'en 1985, après la transformation de March en RAM, puis en RAM, et la fermeture de cette nouvelle écurie. En tant que pilote, il a couru pour John Fitzgerald sur des Porsche de 1983 à 1985, est monté sur le podium à Silverstone et à Brands Hatch, et a terminé quatrième au Mans.
Après avoir délaissé sa carrière de pilote, il devient chasseur de sponsors indépendant. Dès le début, il fait forte impression en facilitant la tâche de l'équipe de voitures de sport de Jaguar dirigée par Tom Walkinshaw. En 1987, il convainc Castrol de sponsoriser les Jaguar pour le championnat IMSA. L'année suivante, Guy revient en tant que pilote dans le championnat britannique de voitures de tourisme, jusqu'en 1989, après avoir trouvé un sponsor pour le championnat.
En 1992, il devient directeur du management de l'équipe Lotus, l'une des plus titrées de l'histoire de la Formule 1, alors en difficulté financière. Il parvient à convaincre Castrol de sponsoriser l'équipe pour l'année 1993. Cependant, à la suite d'un désaccord avec Walkinshaw, il quitte l'équipe au milieu de l'année 1994. Peu de temps après, l'écurie Lotus F1 a définitivement mis la clé sous la porte.
Julien