Emilio de Villota, pilote ibérique, a touché à beaucoup de discipline avant de trouver sa voie. S'essayant au rallye, aux courses de côtes puis à la monoplace, c'est dans celle-ci qu'il va persévérer après avoir terminé deuxième du championnat Seat en 1973.
On le retrouve en F1 trois ans plus tard, dans le cadre du Championnat Aurora, le championnat britannique de Formule 1. Il pilote une Lyncar et finit le championnat à la 16e place après avoir pris la cinquième place à Snetterton puis à Brands Hatch. Cette même année, il tente de se qualifier pour son Grand Prix national, au volant d'une Brabham du RAM Racing. Il sera trop lent pour pouvoir se qualifier.
Il décide alors de continuer dans le championnat Aurora et cela lui permet de décrocher la cinquième place du championnat, signant ses trois premiers succès au cours des deux manches disputées à Mallory Park ainsi que celle de Brands Hatch. Parallèlement, il retente sa chance en championnat du monde lors du Grand Prix d'Espagne au volant d'une McLaren M23, engagée par l'écurie Iberia Airlines, son fidèle sponsor. Qualifié en 23e position, il est l'auteur d'une bonne course, luttant pour la 10e place avant d'être dépassé dans les derniers tours et finalement terminer 13e. Il tente ensuite sa chance lors de sept autres Grands Prix mais se retrouve non qualifié à six occasions. Son seul autre départ aura lieu lors du Grand Prix d'Autriche où il réalisa le 26e et dernier temps avant de finir la course par un accident.
En 1978, il continue sa route en championnat Aurora, conduisant successivement une Mc Laren M23, une Boxer P2 puis finalement une McLaren M25. Il termine le championnat à une belle troisième place mais ne remporte aucune victoire, ne faisant pas mieux que deuxième par deux fois. Il fait une nouvelle tentative mondiale à l'occasion de son Grand Prix national mais il est une nouvelle fois non-qualifié.
Pour 1979, il quitte ses ambitions mondiales et sa McLaren qu'il troque contre une Lotus 78. S'il ne remporte pas le championnat Aurora (il se classe de nouveau troisième), il va tout de même parvenir à remporter quatres succès (International Whitsuntide, Daily Express Trophy, Rivet Supply Trophy et le Grand Prix de Nogaro). Néanmoins, Emilio est toujours à la recherche de la voiture qui pourra lui donner le titre.
Il la trouvera l'année suivante en faisant l'acquisition d'une Williams FW07. Il finit le championnat avec cinq victoires et avec 33 points d'avance sur son poursuivant immédiat, le chilien Eliseo Salazar. Cette bonne voiture et ces bons résultats lui permettent de se qualifier pour le Grand Prix d'Espagne 1980. Mais celui-ci est boycotté par les grands constructeurs et sera finalement compté comme course hors championnat. Emilio parviendra à s'y qualifier mais sera contraint à l'abandon.
En 1981, le championnat Aurora disparaît, et Emilio sait qu'il doit vite trouver un bon volant afin de ne pas ternir sa côte qui remonte en flèche. Ainsi, il va faire équipe avec Guy Edwards dans les courses d'endurance. Avec leur Lola T600, ils remportent deux succès à Enna et Brands Hatch. Ces belles performances, accompagnées par le titre Aurora en 1980 font que certains team managers de F1 s'intéressent à lui.
Et quand ils se rendent compte qu'il a, de plus, un portefeuille bien garni, March n'hésitent pas à le faire signer pour un programme de cinq courses. Malheureusement, la F1 n'est ni l'Endurance ni l'Aurora et Emilio ne parvient pas à se qualifier une seule fois. Sa carrière se termine à l'occasion du Grand Prix des Pays Bas où il est non préqualifié à plus de sept secondes de la pole de René Arnoux.
On le verra ensuite en Groupe C au volant d'une Porsche aux côtés de Firmin Velez jusqu'en 1986, année où il mettra un terme à sa carrière.
Sa fille, María, qui est pilote d'essai chez Marussia F1 Team, est victime d'un grave accident en juillet 2012. Sa monoplace a percuté un camion de l'équipe, lui causant de lourdes blessures à la tête et la perte de l'usage de son œil droit. Elle décède le 11 octobre 2013, à l'âge de 33 ans, des suites de séquelles neurologiques liées à son accident.
Alex Mondin