Avant de devenir le grand argentier de la F1, voire le « dictateur », Bernie Ecclestone a été, un temps, pilote.
Passionné de compétition motocycliste, il commence à courir à la fin de la guerre. Il se tourne ensuite vers le commerce de pièces détachées de moto et fonde avec Fred Compton la Compton & Ecclestone Motorcycle Dealership. L'entreprise grandit jusqu'à devenir l'une des plus importantes d'Angleterre.
En 1949, il se met à la Formule 3 500 cm³ sur quatre roues. En 1953, il participe à quelques courses de Formule 1 hors championnat, mais à la suite d'un accident à Brands Hatch, il quitte le pilotage pour retourner à ses affaires.
Il fait son retour en 1957 en tant que manager d'un jeune prodige gallois, Stuart Lewis-Evans. L'année suivante, il achète l'écurie Connaught et figure sur la liste des engagés pour le Grand Prix de Monaco 1958. Il ne fera en fait que quelques tours lors des essais, sans tenter de réaliser un temps, et ne sera donc pas qualifié. A la fin de l'année, coup dur pour lui : Lewis-Evans se tue lors d'une course au Maroc et Bernie quitte à nouveau le monde du sport automobile.
Au début des années 1960, il fait son grand retour. Son ami et pilote chez Cooper, Roy Salvadori, le met en contact avec l'Autrichien Jochen Rindt. Bernie va devenir son manager. Durant les saisons 1968 et 1969, il est très impliqué au sein de l'équipe de Formule 2 Lotus. En 1970, Jochen réalise un début de saison magnifique, jusqu'à cette tragique séance d'essais à Monza où il trouve la mort après une sortie de route. Bernie ramène péniblement le casque de celui qui sera, un mois plus tard, sacré champion du monde à titre posthume, jusqu'aux stands.
Il quitte de nouveau la Formule 1, puis y revient en 1972, lorsqu'il rachète toutes les parts de Jack Brabham dans l'écurie qui porte son nom, puis celles de Ron Tauranac, devenant ainsi le patron de Brabham. En 1974, il fonde la FOCA (l'association des constructeurs) avec Colin Chapman, Teddy Mayer, Max Mosley, Ken Tyrrell et Frank Williams. C'est le début d'une grande bataille face à la FIA, qui commence en 1975 pour l'attribution de l'argent et des droits TV.
En 1978, il est nommé chef exécutif de la FOCA, et une nouvelle bataille s'engage alors face à Jean-Marie Balestre, président de la FISA, pour le contrôle commercial de la Formule 1. Ce combat est de nouveau gagné en mars 1981, lorsque les accords Concorde donnent à la FOCA le droit de négocier les contrats de diffusion télévisuelle. La même année, l'équipe Brabham remporte son premier titre de champion du monde des pilotes avec Nelson Piquet, performance qu'il réitère en 1983. Lorsque les accords Concorde prennent fin en 1987, Bernie passe de l'autre côté de la barrière en devenant vice-président de la FIA chargé des affaires promotionnelles. Il se montre alors moins actif au sein de l'écurie Brabham, et en 1988, après la perte de son principal sponsor, l'écurie s'absente d'ailleurs pendant une année de la F1. Ecclestone vend l'équipe à Alfa Romeo, en prévision du championnat Procar, un projet qui échouera et contraindra Alfa Romeo à vendre Brabham à un homme d'affaires suisse, Joachim Lutti.
En 1995, la FIA attribue les droits commerciaux à Formula One Management pour une période de 14 ans. Bernie a fait perdre aux écuries ce pour quoi elles s'étaient battues auparavant sous son contrôle ! En 1997, de nouveaux accords Concorde sont signés, valables jusqu'en 2007.
Malgré une opération cardiaque en 1999, Bernie Ecclestone, dont la fortune est estimée à plus de 3 milliards de livres, reste plus que jamais actif dans la Formule 1. Mais début 2017, à la suite du rachat des droits commerciaux par Liberty Media, Bernie est prié de quitter son poste de PDG du Formula One Group.
Julien