Lando NORRIS
 L.NORRIS
McLaren Mercedes
Kimi ANTONELLI
 K.ANTONELLI
Mercedes
Oscar PIASTRI
 O.PIASTRI
McLaren Mercedes

1153o Gran Premio

V Miami Grand Prix
Copertura
Miami
domenica 3 maggio 2026
57 giri x 5.412 km - 308.326 km
(Offset: 158 m)
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Retouches réglementaires


Mort d'Alessandro Zanardi

Samedi 2 mai, le paddock apprend avec tristesse la disparition d'Alessandro Zanardi, décédé la veille à l'âge de 59 ans. L'ancien pilote devenu multi-champion handisport était affaibli depuis un très grave accident de la route survenu en 2020. Chacun se souviendra dans sa très belle carrière en sport automobile, marquée par deux titres de champion d'IndyCar (1997-1998), mais surtout de l'incroyable courage dont il fit preuve après un effroyable accident au Lausitzring en 2001 dans lequel il perdit ses deux jambes. Offrant une authentique leçon de vie, Zanardi reprit le volant malgré son handicap, brilla en Super-Tourisme, avant de se muer en athlète émérite, glanant six médailles paralympiques en cyclisme, tout en participant à des marathons ou des triathlons. Son ami le journaliste David Tremayne lui rend ce bel hommage: « Certaines personnes sont définies par leurs blessures. Alex ne l'a jamais permis et n'a jamais accordé beaucoup d'importance aux compliments sur son courage face à son handicap. Il insistait toujours sur le courage bien supérieur des enfants qu'il rencontrait et encourageait lors de ses visites dans les centres de réadaptation (...) Il mérite d'être reconnu comme un ami formidable, un pilote talentueux et un homme exceptionnel, doté d'un charisme immense et d'un courage sans bornes. La force de son esprit restera une source d'inspiration absolue et inégalée dans son sport. »


Les ADUO au point mort

Les grandes difficultés rencontrées par Honda depuis le début de la saison l'ont incité à solliciter les ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities), soit le dispositif imaginé par la FIA pour permettre aux motoristes à la traîne de rattraper leur retard. Concrètement, un déficit de 2 % de puissance par rapport à la référence offre deux évolutions successives en 2026 et 2027, tandis qu'un retard de 4 % ou plus autorise deux évolutions par saison. S'ajoutent à cela plus de temps accordé au banc d'essai et un assouplissement du plafond budgétaire. Néanmoins, un seul de ces coups de pouce est autorisé chaque saison, après une unique évaluation annuelle. Ce qui pourrait s'avérer bien insuffisant pour Honda tant son retard est important. Voilà pourquoi la fédération et les constructeurs réfléchissent à un ajustement des ADUO qui autoriserait plusieurs évaluations annuelles et donc plusieurs aides si le retard était chiffré à 4 %. Honda bénéficierait ainsi de plusieurs paliers de développement en 2026 au lieu d'un seul. Mais cette réforme est bloquée in extremis le 30 avril par le Comité consultatif des motoristes. Sans doute certains craignent-ils que des petits malins atténuent volontairement la puissance de leurs groupes propulseurs afin de bénéficier d'avantages indus. Toujours est-il que ce débat passe au second plan ce week-end, puisque le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem annonce que la Formule 1 reviendra à l'horizon 2030 à des moteurs V8, « avec une part électrique très mineure » !


G. Lambiase chez McLaren... dans deux ans

La Formule 1 a fait relâche pendant cinq semaines, et cette pause printanière fut marquée par l'annonce du départ de Gianpiero Lambiase chez McLaren à compter de la saison 2028. L'ingénieur de Max Verstappen deviendra directeur de la compétition de l'équipe de Woking et prendra ainsi une partie des responsabilités d'Andrea Stella qui cumule déjà les postes de team principal et de directeur technique. Le départ de Lambiase est un nouveau coup dur pour Red Bull Racing, désertée par ses cadres techniques. Il pourrait en outre accroître les hésitations de Max Verstappen qui évoque ouvertement son retrait de la Formule 1. Depuis dix ans, Lambiase est en effet son principal collaborateur technique, mais aussi un précieux camarade. Bon psychologue, il sait contenir les fréquents débordements d'adrénaline du pilote néerlandais, gérer ses caprices ou détendre l'atmosphère par un trait bien senti. Son transfert n'est donc pas de nature à retenir Verstappen. Toutefois, Laurent Mekies affirme que Lambiase restera en poste jusqu'au terme de son contrat fin 2027. Mais il commet une maladresse en affirmant que l'Italien deviendra « directeur d'équipe » chez McLaren, sous-entendant ainsi qu'il succéderait à Andrea Stella. Cela tombe mal: des rumeurs annoncent ce dernier chez Ferrari en 2028 ! À Miami, Mekies rétropédale, plaide le malentendu et rencontre Zak Brown pour désamorcer toute tension entre les deux équipes.


Présentation de l'épreuve

Le Grand Prix de Miami atteint déjà sa cinquième édition et demeure un grand succès populaire puisqu'il se tient à guichets fermés. Il reste aussi un rendez-vous incontournable des « people » : Jamie Foxx, Jimmy Fallon, Jessie Murph, Ludacris, Snoop Dogg, Cindy Crawford, Ivanka Trump et Rafael Nadal honorent la F1 de leur indispensable présence. D'autant que celle-ci est sous le feu d'une certaine presse depuis que Lewis Hamilton affiche sa liaison avec Kim Kardashian. Les journaux « people » nous apprennent ainsi que les deux quadragénaires se sont rencontrés pour la première fois en 2014 à une soirée GQ, alors que l'influenceuse venait d'épouser Kanye West et que notre champion était encore en couple avec Nicole Scherzinger. Entretemps, chacun a connu de multiples aventures. On a prêté à Sir Lewis des liaisons avec Gigi Hadid et Shakira. Finalement, Hamilton et Kardashian seraient tombés dans les bras l'un de l'autre en ce début 2026. Leur couple est « officialisé » ce printemps par un charmant baiser capté par les photographes sur une plage de Malibu. Cependant, Kim Kardashian est absente à Miami. Et Hamilton se fait voler la vedette par Charles Leclerc qui est accompagné de sa jeune épouse, la très glamour Alexandra, ainsi que par leur chien Leo, un teckel pour lequel certains fans de F1 se prennent de passion, au point d'arborer des panneaux à son effigie !


Sur un plan plus sérieux, Audi F1 Team se restructure après le départ de Jonathan Wheatley. Si Mattia Binotto conserve le poste de team principal, il sera secondé par Allan McNish, nommé directeur de la compétition. L'ancien pilote écossais supervisera les opérations sportives, techniques et médiatiques sur les circuits. Il reprend donc peu ou prou les fonctions de Wheatley mais avec un titre différent. Âgé de 56 ans, McNish est un pilier de l'aventure Audi en sport automobile et a notamment gagné deux fois Le Mans (2008, 2013) et un championnat du monde d'Endurance (2013) pour la marque aux anneaux. Il fut ensuite le patron de l'équipe Audi de Formule E et plus récemment supervisait le programme de jeunes pilotes de la firme. Williams annonce de son côté l'arrivée de Dan Milner au poste d'ingénieur en chef pour la technologie véhicule. Ce dernier officiait jusqu'alors chez Mercedes comme directeur du R&D, après avoir travaillé sur les transmission et l'intégration du groupe propulseur. Un renfort bienvenu, à l'heure où Williams patauge dans le développement d'une FW48 mal conçue, au point que Carlos Sainz et Alexander Albon confient avoir la sensation de « conduire sur trois roues » !


Mercedes a remporté les trois premières courses de cette saison 2026 et chacun se demande si les évolutions apportées par Ferrari et McLaren permettront à celles-ci de viser la victoire. Pour l'heure, ces deux équipes semblent borner leurs ambitions à combler une partie de leur important retard, comme l'exprime Charles Leclerc: « En vérité, nous espérons surtout faire la différence par rapport à McLaren qui est revenue à notre niveau au Japon. Avec Mercedes, l'écart est encore trop grand. » McLaren attend pour sa part beaucoup de la version « B » de sa MCL40. « Notre package n'est pas mauvais, il manque surtout de développement, souligne Lando Norris. Au Japon, Mercedes nous a collés une seconde au tour, donc bien sûr nous espérons faire beaucoup mieux désormais ! » En tout cas, le constructeur allemand apporte ici fort peu de nouveautés, ce qui fait dire à ses représentants que la concurrence sera plus menaçante. « Nous allons devoir nous battre davantage contre Ferrari et McLaren, c'est presque certain », énonce ainsi Kimi Antonelli. Reste aussi à connaître l'impact des retouches réglementaires concernant la gestion énergétique...


Celles-ci suscitent surtout le scepticisme parmi les pilotes. L'objectif de la FIA était d'optimiser, simplifier et sécuriser la récupération et le déploiement de l'énergie électrique. Le pari semble raté. « Ce sont des soins palliatifs, commente Lando Norris. Certes, les qualifications sont plus axées sur des tours à pleine vitesse, comme nous le souhaitions, mais en voulant cacher certains problèmes, on en révèle d'autres. » « C'est un début, mais j'espère que l'on pourra faire de vrais changements en 2027 », ajoute Max Verstappen. Une fois n'est pas coutume, le discret Lance Stroll est le plus féroce: « Piloter ces F1 n'est pas du tout amusant. J'ai conduit une F3 pendant la pause, et c'était beaucoup plus fun. Là au moins, on peut faire ce qu'on veut avec son pied droit ! » George Russell demeure cependant à rebours de ses collègues: « Le problème du relâchement du moteur en qualifications est désormais résolu. Perdre beaucoup de vitesse en ligne droite dans cet exercice appartient au passé, comme réduire sa vitesse de rapprochement lors des dépassements. » Et tant pis si les débuts de Grands Prix ressemblent toujours à des « yo-yo races » en raison des réserves électriques très variables d'un bolide à un autre. « Des ajustements sont peut-être nécessaires, mais il faut y aller au scalpel, non avec une batte de base-ball », conclut Toto Wolff.


Journalistes et analystes bavardent sur la rivalité grandissante entre les deux pilotes Mercedes. Vainqueur de la manche inaugurale en Australie, George Russell ne s'attendait pas à voir son tout jeune équipier Andrea Kimi Antonelli lui ravir les lauriers en Chine et au Japon. Leader du championnat du monde à 19 ans, l'Italien essaie de garder la tête froide. Lui-même et son entourage évitent de parler du titre mondial. À mots couverts, Toto Wolff suggère que son protégé est encore trop inexpérimenté pour avoir pareille ambition. L'Autrichien le pense-t-il vraiment ou cherche-t-il à apaiser la sourde irritation de Russell ? Le Britannique a mal digéré sa défaite à Suzuka provoquée par l'irruption inopportune de la voiture de sécurité... Afin de clarifier la situation, Wolff délivre à Miami un laïus plein d'emphase pour signifier que l'intérêt de l'équipe Mercedes prime sur celui de ses pilotes: « Il s'agit de Mercedes, la meilleure marque automobile au monde. Nous courons pour une entreprise qui existe depuis plus de 120 ans et ses 150 000 employés. Avoir l'opportunité d'être l'un des rares coureurs sélectionnés par Mercedes s'accompagne d'une responsabilité envers la marque. Nous n'accepterons jamais qu'un pilote veuille que le monde tourne autour de lui. Et nous l'avons déjà prouvé par le passé. Je préférerais n'avoir qu'une seule voiture en piste si ce point n'était pas clair ou respecté. » Réminiscence de l'ère Hamilton - Rosberg...


Trois équipes adoptent une robe spéciale pour cette étape. Racing Bulls peint sa VCARB03 en jaune afin d'évoquer le soleil floridien et promouvoir la boisson  « Red Bull Summer Edition Sudachi Lime ». Le jaune du groupe argentin Mercado Libre réapparaît aussi plus discrètement sur l'Alpine-Mercedes. Enfin, Cadillac célèbre sa première course à domicile en décorant son aileron arrière de bleu, blanc et rouge, couleurs de la bannière étoilée états-unienne.


Les écuries n'ont pas chômé au cours des cinq semaines séparant les Grands Prix du Japon et de Miami. La plupart ont peaufiné les évolutions qui seront introduites lors de cette première étape américaine. Certaines ont même eu l'occasion d'effectuer quelques roulages avec les voitures de 2025. C'est le cas de Ferrari qui a fait tourner ses essayeurs Antonio Giovinazzi, Arthur Leclerc et Antonio Fuoco au Mugello. Puis, les 21 et 22 avril, Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont exploité un roulage promotionnel pour éprouver la SF-26 à Monza. De leur côté, Mercedes et McLaren ont testé les pneus Pirelli sur le Nürburgring les 14 et 15 avril, pour la première apparition de F1 sur le circuit de l'Eifel depuis 2020. Enfin, Max Verstappen a éprouvé les évolutions de la Red Bull RB22 à Silverstone.


Si Mercedes attend un peu pour retoucher sa W17, ses rivales directes ont largement remanié leurs bolides. McLaren lance la version « B » de sa MCL40, dont les divers éléments apparaîtront en deux temps, à Miami puis à Montréal. En Floride, la Papaye possède un nouveau package aérodynamique, avec des ailettes en haut du capot-moteur et sur la sortie d'échappement, des bargeboards au profil incurvé, un fond plat inspiré par Ferrari et une petite ouverture dans les parois du diffuseur. L'ensemble paraît fournir une bien meilleure adhérence. La Ferrari SF-26 reçoit quant à elle plusieurs nouveautés au niveau des ailerons, du plancher et du diffuseur. La Scuderia utilise aussi son fameux aileron arrière « Macarena » dont le volet mobile s'ouvre et pivote jusqu'à se retourner presque complètement, transformant ainsi son profil aérodynamique. L'aileron cesse alors de produire de l'appui et inverse la charge en générant une certaine portance, ce qui réduit la traînée. Le sillage de l'air est en outre complètement modifié, ce qui se traduit par une meilleure vitesse de pointe.


Cependant, Red Bull crée la surprise en apportant son propre « Macarena », fonctionnant comme celui de Ferrari. Il n'y a toutefois pas de plagiat puisque les ingénieurs de Milton Keynes ont travaillé sur ce dispositif en parallèle de ceux de Maranello. La RB22 possède aussi un train avant remanié et des pontons tout à fait nouveaux, descendant brutalement vers l'arrière, façon « toboggan ». Le capot-moteur et le plancher sont aussi remaniés. La RB22, trop lourde, a aussi perdu 6 kg, soit à peu près la moitié de son surpoids. Williams apporte de profondes modifications à sa lourde et instable FW48: le plancher, les pontons et l'aileron arrière sont nouveaux. Racing Bulls a revisité le fond plat, la suspension et l'aileron arrière de sa VCARB03. Cadillac apporte un important package d'évolutions, avec un tout nouvel aileron avant, un plancher remanié et un nouveau diffuseur. Aston Martin est la seule équipe à n'apporter aucune évolution. Son objectif premier est d'améliorer le comportement du groupe propulseur Honda et d'atténuer les fameuses vibrations qui secouent l'AMR26. « Notre programme de développement sera différent de celui des autres équipes », ajoute laconiquement Fernando Alonso.


Essais libres et qualifications sprint

Vendredi après-midi se déroule l'unique séance libre. Les écarts semblent faibles entre Mercedes, Ferrari et McLaren, et le meilleur chrono revient à Leclerc (1'29''310''').


Un peu plus tard, les qualifications pour le sprint ont lieu sous une forte chaleur (32°C). Norris confirme le regain de forme de McLaren avec le meilleur temps (1'17''869'''). Moins à l'aise, son équipier Piastri signe tout de même un bon 3e temps. La MCL40 optimise le déploiement d'énergie du moteur Mercedes, notamment après le virage n°3. Antonelli place sa Mercedes en deuxième position malgré un certain déficit de puissance. Russell (6e) peine à faire monter ses pneus en température. Les Ferrari (Leclerc 4e, Hamilton 7e) restent dans le coup bien qu'elles soient moins à l'aise avec les pneus tendres obligatoires en SQ3. Chez Red Bull, Verstappen (5e) se satisfait d'un écart réduit avec les meilleurs tandis que Hadjar (9e) est déboussolé par de mauvais réglages. Alpine hisse ses deux bolides en SQ3, et pour une fois Colapinto (8e) devance Gasly (10e) qui déplore un manque de motricité. Les Audi (Bortoleto 11e, Hülkenberg 12e) ratent de peu la SQ3. Les Haas-Ferrari (Bearman 13e, Ocon 17e) manquent d'équilibre, surtout dans les virages lents. Sainz (14e) paraît satisfait des évolutions de Williams. Albon voit son meilleur chrono en SQ1 annulé pour passages hors limites. Il est relégué au 19e rang après la séance, ce qui empêche Lawson, qui aurait dû être repêché, de participer à la SQ2. Les Racing Bulls sont aussi à la peine. Lindblad (15e) subit des problèmes de freins et Lawson (16e) ne franchit pas la première manche. Les Cadillac (Pérez 19e, Bottas 20e) sont en progrès, mais subissent encore trop d'avaries mécaniques en essais. Enfin, les Aston Martin-Honda (Alonso 21e, Stroll 22e) ne couvrent pas un seul tour rapide suite à des problèmes de freins.


Le sprint

Samedi à mi-journée, le sprint a lieu dans une véritable fournaise (30°C dans l'air, 50°C au sol !). Ce sera un test d'endurance pour Pirelli qui a choisi d'amener ici sa gamme de pneus la plus tendre. Tout le monde part en pneus médiums (C4), sauf les Cadillac munies de pneus durs (C3) et les Aston Martin de gommes tendres (C5). Lindblad devait partir depuis les stands après que son équipe n'a pas recouvert sa monoplace des sceaux de la FIA sous parc fermé. Mais le jeune Britannique ne prendra pas le départ suite à une panne. Hülkenberg est victime d'un début d'incendie lors de son tour d'installation. Son Audi est repoussée vers les stands et lui non plus ne démarrera pas.


Départ: Norris, Piastri et Leclerc prennent de bons envols tandis qu'une fois de plus Antonelli s'élance avec peine, patine et ne pointe qu'au quatrième rang au premier virage. Russell est cinquième. À la sortie du premier enchaînement, Verstappen est pris en sandwich entre Hamilton et Gasly. Il se frotte à l'Alpine et à la Ferrari mais parvient tout de même à rester devant celles-ci.


1er tour: Antonelli menace Leclerc tandis que Hamilton passe devant Verstappen en fin de tour. Norris devance Piastri, Leclerc, Antonelli, Russell, Hamilton, Verstappen, Gasly, Colapinto et Bortoleto.


2e: Norris compte un peu plus d'une seconde d'avance sur Piastri. Antonelli tente de surprendre Leclerc au premier tournant, mais il vire large et reste difficilement devant Russell.


4e: Une seconde et demie sépare les McLaren. Hadjar prend la 10e place à Bortoleto.


6e: Norris précède Piastri (1.5s.), Leclerc (3s.), Antonelli (4.2s.), Russell (5s.), Hamilton (5.6s.), Verstappen (6.4s.), Gasly (11s.), Colapinto (13.3s.) et Hadjar (15.3s.).


7e: Russell assaille Antonelli au virage n°17 et s'empare de la quatrième place.


8e: Antonelli riposte et repasse Russell par l'extérieur du virage n°11. Au même endroit, Verstappen attaque Hamilton par l'intérieur au prix d'un freinage très appuyé. Il emmène son vieux rival vers l'extérieur, au-delà de la ligne, et passe en force. Mais il rétrocède logiquement cette position pour échapper à une pénalité.


9e: Deux secondes et demie séparent Norris et Piastri. Verstappen déborde Hamilton au virage n°17.


10e: Norris mène devant Piastri (2.7s.), Leclerc (3.9s.), Antonelli (7.5s.), Russell (8.3s.), Verstappen (11.6s.), Hamilton (12.6s.) et Gasly (17.4s.).


12e: Leclerc remonte sur Piastri, relégué à trois secondes de Norris.


13e: Comme à Suzuka, Albon est rappelé par Williams pour procéder à des essais d'aileron avant et se retrouve dernier.


15e: Norris précède Piastri (3.5s.), Leclerc (4s.), Antonelli (7.6s.), Russell (10s.), Verstappen (12.8s.), Hamilton (15.6s.), Gasly (22.6s.), Colapinto (25s.) et Hadjar (25.7s.).


17e: Leclerc tente de s'accrocher à Piastri. Hadjar déborde Colapinto dans une courbe rapide.


18e: Leclerc manque son freinage au virage n°4 et perd quelques dixièmes en coupant ce tournant. C'en est fini de ses espoirs de rattraper Piastri. Verstappen a semé Hamilton et se rapproche de Russell.


19e et dernier tour: Lando Norris gagne ce sprint devant son équipier Piastri. Leclerc est troisième. Antonelli (4e) est pénalisé de 5 secondes pour avoir franchi quatre fois les limites de la piste. Il recule de deux rangs, ce qui permet à Russell et Verstappen de gagner chacune une place. Hamilton (7e) et Gasly (8e) prennent les derniers points. Suivent Hadjar, Colapinto, Bortoleto, Ocon, Bearman, Sainz, Lawson, Alonso, Pérez, Stroll, Albon et Bottas. Bortoleto est disqualifié à cause d'une pression d'admission trop élevée (4,8 barA).


Ce « doublé » McLaren paraît nous ramener un an en arrière, lorsque les monoplaces orange dominaient la concurrence. Il prouve en tout cas l'efficacité des évolutions apportées à la MCL40 qui s'affirme comme la plus sérieuse rivale de Mercedes. « C'est agréable de revenir sur la plus haute marche, même si ce n'est qu'en sprint, déclare Lando Norris. L'équipe a fait un énorme travail qui semble payer. Il faisait chaud, très chaud, mais reste à voir ce que cela donnera plus tard dans la journée et surtout demain, dans de nouvelles conditions météorologiques. » Le leader du championnat Kimi Antonelli a lui délivré une copie brouillonne, mais il compte bien prendre sa revanche en qualifications, exercice dans lequel il est souverain cette saison.


Les qualifications

Le mercure grimpe encore de quelques degrés pour les qualifications tandis que le vent souffle en rafales, ce qui a une incidence sur la hiérarchie. Antonelli se surpasse pour réaliser sa troisième pole position consécutive (1'27''798''') au volant d'une Mercedes pourtant moins dominatrice. Russell (5e) concède quatre dixièmes à son équipier et admet son malaise sur les pistes à faible adhérence comme celle-ci. Verstappen réalise un vrai exploit en hissant sa Red Bull-Ford au deuxième rang et salue au passage les évolutions apportées à la RB22. Hadjar reste en retrait notamment à cause d'un déficit de puissance en ligne droite. Neuvième en Q3, le Français est ensuite disqualifié pour un patin trop épais. Il est repoussé en fond de grille. Les pilotes Ferrari ne portent pas le même avis sur leur SF-26 évoluée. Leclerc (3e) déplore un manque de stabilité tandis que Hamilton (6e) salue un meilleur équilibre. Les McLaren souffrent de la chaleur et surtout du vent: Norris (4e) et Piastri (7e) rentrent dans le rang. Alpine s'affirme en cinquième force du peloton. Colapinto (8e) atteint sa première Q3 et devance de nouveau Gasly (9e).


Hülkenberg place son Audi en 11e position tandis que Bortoleto (21e) met d'emblée pied à terre à cause d'un frein arrière-gauche surchauffé. Chez Racing Bulls, Lawson (11e) se plaint de soucis de freins et Lindblad (16e) pâtit de son manque de roulage. Les Haas-Ferrari (Bearman 12e, Ocon 14e) sont toujours en retrait et ne franchissent pas la Q2. Les Williams (Sainz 13e, Albon 15e) progressent, mais pas suffisamment pour espérer mieux que la Q2. Toujours des difficultés pour Aston Martin-Honda: Alonso (17e) rencontre un souci de boîte de vitesses et Stroll (18e) est englué dans le trafic. Une bonne nouvelle néanmoins: Alonso assure que les vibrations qui touchaient l'AMR26 ont disparu ! Les Cadillac (Bottas 19e, Pérez 20e) ferment la marche mais leur retard sur le peloton se réduit peu à peu.


Les prévisions météorologiques pour la course dominicale sont fort mauvaises, avec un risque élevé d'orages agrémentés de violentes averses. Afin d'éviter tout scénario-catastrophe, la direction de course décide d'avancer le départ de l'épreuve de 16 à 13 heures, soit avant que le ciel se déchaîne.


Le Grand Prix

De fait, il pleut durant la nuit du samedi au dimanche, et la seconde course de Formule 2 de la matinée se déroule sur une piste détrempée. À mi-journée, le ciel est chargé, mais le risque d'averses semble écarté. Le mercure a toutefois chuté de 10°C depuis la veille et nul ne peut prédire le comportement des gommes Pirelli dans ces conditions. La totalité du peloton s'élance en pneus médiums (C4), à l'exception d'Hadjar qui part des stands avec les durs (C3). Un seul arrêt semble devoir être la norme.


Départ: Antonelli démarre médiocrement, Verstappen un peu mieux, mais c'est Leclerc qui a le meilleur élan pour arriver au premier virage. Verstappen à sa droite et Antonelli à sa gauche freinent tard. L'Italien part quelque peu au large tandis que Verstappen escalade le vibreur à la sortie de l'enchaînement, pirouette et exécute un impressionnant 360°... sans rien toucher. Il se relance tandis que Leclerc s'est envolé en tête devant Antonelli, Norris, Piastri et Russell.


1er tour: Hamilton se frotte à Colapinto au virage n°11, puis le déborde au tournant n°17. En fin de tour, Leclerc devance Antonelli, Norris, Piastri, Russell, Hamilton, Colapinto, Lawson, Verstappen et Albon. Hülkenberg doit changer son museau endommagé.


2e: Antonelli roule à moins d'une seconde de Leclerc. Verstappen passe devant Lawson. Gasly chipe la 11e place à Sainz. Parti des stands, Hadjar est déjà remonté au 16e rang.


3e: Antonelli et Norris se rapprochent de Leclerc. Russell puise dans sa batterie pour doubler Piastri au premier virage.


4e: Antonelli esquisse une attaque par l'extérieur contre Leclerc au premier tournant, puis le déborde par l'intérieur au bout de la très longue ligne droite.


5e: Leclerc bénéficie du mode dépassement. Il reste au contact d'Antonelli et reprend l'avantage au virage n°11. Sur ce, Norris vient menacer l'Italien. Hadjar touche le mur avec sa roue avant-gauche à l'entrée de la petite chicane, brise ainsi une biellette de direction et s'écrase dans le mur du virage n°15. Pendant ce temps-là, Lawson se défend contre une attaque de Gasly au virage n°17, lorsqu'il ne peut plus rétrograder. Il harponne l'Alpine qui décolle, exécute un tonneau et atterrit sur le mur de pneus avec deux roues en l'air.


6e: Norris déborde Antonelli au virage n°1, juste avant que la voiture de sécurité entre en piste. Lawson rejoint son stand et met pied à terre avec une boîte bloquée. Gasly et Hadjar ont abandonné leurs machines accidentées.


7e: Verstappen passe aux stands et chausse des pneus durs avec lesquels il compte aller au bout de l'épreuve. On lui arrache au passage un morceau d'aileron qui pendouillait depuis le départ. Alonso et Bottas changent aussi de pneus. Hülkenberg abandonne suite à une surchauffe de son moteur.


9e: Le peloton est regroupé derrière la Safety Car. Leclerc devance Norris, Antonelli, Russell, Piastri, Hamilton, Colapinto, Albon, Sainz, Bearman, Ocon, Lindblad, Pérez, Bortoleto, Stroll, Verstappen, Alonso et Bottas.


11e: La voiture de sécurité s'efface à l'issue de ce tour. Leclerc met les gaz dès la sortie du virage n°17.


12e: Piastri prend l'aspiration de Russell et le déborde au premier tournant, malgré quelques louvoiements de celui-ci. Hamilton tente ensuite sa chance contre son ex-coéquipier, en vain.


13e: Ailerons ouverts et batterie chargée, Norris déborde Leclerc dans la longue accélération menant au virage n°11 et s'empare du commandement. Antonelli s'impose ensuite au Monégasque par l'intérieur du virage n°17. Verstappen est remonté au 12e rang.


14e: Leclerc reste dans le sillage d'Antonelli et le contourne par l'extérieur du premier tournant. Le jeune Italien riposte par l'extérieur au virage n°17. Il allonge son freinage, vire assez large, mais s'impose à la réaccélération.


15e: Norris mène devant Antonelli (1.5s.), Leclerc (2.2s.), Piastri (3.3s.), Russell (4.8s.), Hamilton (5.6s.), Colapinto (7.6s.), Sainz (9s.) et Albon (9.3s.). Verstappen a doublé les Haas et pointe en dixième position.


16e: Verstappen assaille Albon au bout de la longue ligne droite puis freine très tard. Il semble être passé mais Albon le « croise » à la réaccélération, quitte à pousser légèrement le Hollandais... qui s'en plaint par radio.


17e: Norris s'est forgé une avance de deux secondes et demie sur Antonelli. Leclerc frôle un mur en sortant de la courbe n°7. Piastri en profite pour le doubler, mais le pilote Ferrari reprend sa position au virage n°11. Verstappen efface Albon au premier virage.


18e: Piastri menace toujours Leclerc. Verstappen attaque Sainz au virage n°17. Freinant très tard, le Hollandais contraint le Madrilène à couper sa trajectoire pour éviter la collision.


19e: Norris précède Antonelli (3.1s.), Leclerc (6.7s.), Piastri (7.5s.), Russell (8.6s.), Hamilton (9.6s.), Colapinto (12.8s.), Verstappen (15s.), Sainz (16.6s.), Albon (18.3s.), Bearman (19s.) et Ocon (20.5s.).


21e: Russell s'empare des pneus durs et repart en 12e position. Verstappen double Colapinto au premier virage.


22e: Leclerc prend les gommes dures lors d'un arrêt un peu long (3.7s.) et se relance derrière Russell. Tous deux dépassent ensuite Ocon. Changements de pneus aussi pour Bottas et Stroll.


23e: On signale quelques gouttes de pluie qui n'auront guère de suite. Russell et Leclerc passent devant Bearman, puis devant Albon au tour suivant.


24e: Norris précède Antonelli (2.2s.), Piastri (10.6s.), Hamilton (15s.), Verstappen (16.7s.), Colapinto (20.2s.), Sainz (25.5s.), Russell (29s.), Leclerc (29.5s.) et Albon (30s.).


26e: Verstappen attaque Hamilton par l'intérieur au virage n°11, sans succès. Il retente alors sa chance au bout de la longue ligne droite et s'impose au prix d'un gros freinage. Russell et Leclerc effacent Sainz.


27e: Antonelli s'empare des gommes blanches (2.2s.) puis repart en cinquième position. Bearman remplace aussi ses gommes.


28e: Norris arrive chez McLaren, prend les pneus durs (2.8s.) et repart un cheveu devant Antonelli qui n'a guère de mal à le doubler dans la foulée. En pneus froids, l'Anglais ne peut pas riposter. Tous deux arrivent ensuite sur Verstappen. Piastri est le nouveau leader. Hamilton et Albon chaussent les Pirelli blancs.


29e: Piastri chausse les pneus durs lors d'une opération (3.4s.) perturbée par un léger cafouillage à l'avant-droit. Antonelli déborde Verstappen par l'extérieur avant le virage n°11. Norris tente d'en profiter pour surprendre le Hollandais, mais en vain. Grâce au mode dépassement, il parvient à doubler la Red Bull dans la grande ligne droite, mais Verstappen plonge à l'intérieur au freinage. Il vire un poil trop large et Norris reprend l'ascendant. Sainz et Alonso changent de pneus.


30e: Pérez remplace ses pneus tandis que son équipier Bottas est pénalisé d'un « drive-through » pour excès de vitesse aux stands.


31e: Leclerc déborde Russell au premier virage. Colapinto chausse les enveloppes dures (2.9s.). Ocon et Bortoleto font de même tandis que Bottas subit sa punition.


32e: Antonelli est premier devant Norris (1.5s.), Verstappen (4.1s.), Leclerc (10.6s.), Russell (13s.), Piastri (13.6s.), Hamilton (17.4s.), Colapinto (23s.), Sainz (32s.), Albon (36s.), Bearman (39s.) et Ocon (41s.).


33e: Antonelli semble avoir des soucis dans certains rétrogradages. Norris revient à moins d'une seconde. Piastri menace Russell.


35e: Norris signe le meilleur tour de la course (1'31''869'''). Piastri dépasse Russell au virage n°1.


36e: Norris roule à huit dixièmes d'Antonelli qui se plaint désormais de pneus arrière surchauffés. Russell contre-attaque et déborde Piastri au virage n°11, mais ce dernier s'impose définitivement au n°17.


37e: Antonelli précède Norris (0.9s.), Verstappen (11s.), Leclerc (17s.), Piastri (22s.), Russell (23s.), Hamilton (26s.), Colapinto (37s.), Sainz (46s.), Albon (51s.), Bearman (52s.) et Ocon (1m. 01s.).


39e: Norris reste proche d'Antonelli. Piastri a en revanche semé Russell, mécontent des pneus durs. Deuxième arrêt pour Stroll.


41e: Antonelli devance Norris (1s.), Verstappen (14.6s.), Leclerc (18.6s.), Piastri (22.6s.), Russell (25.8s.), Hamilton (31.5s.), Colapinto (42.8s.), Sainz (54.3s.) et Albon (1m.).


43e: Leclerc remonte peu à peu sur Verstappen. Second changement de pneus pour Alonso.


44e: Norris rend désormais deux secondes à Antonelli. Leclerc est à une seconde et demie de Verstappen.


46e: Antonelli a franchi plusieurs fois les lignes blanches et doit désormais se tenir à carreaux. Leclerc est dans la roue de Verstappen.


47e: Leclerc déborde facilement Verstappen par l'intérieur du premier virage. Piastri prend le Hollandais en chasse.


48e: Norris a repris une demi-seconde à Antonelli qui se plaint encore de sa boîte. Piastri déborde Verstappen au virage n°17.


49e: Antonelli est leader devant Norris (1.6s.), Leclerc (23.2s.), Piastri (25.3s.), Verstappen (27.4s.), Russell (32.4s.), Hamilton (36.4s.), Colapinto (50.5s.), Sainz (1m. 05s.), Albon (1m. 12s.), Bearman (1m. 18s.) et Ocon (1m. 25s.).


51e: Antonelli rencontre du trafic mais maintient une seconde et demie d'avance sur Norris. Russell rattrape Verstappen.


53e: Antonelli précède Norris (2.3s.), Leclerc (24.3s.), Piastri (26s.), Verstappen (32s.), Russell (33.8s.), Hamilton (42.2s.), Colapinto (56s.), Sainz (1m. 12s.) et Albon (1m. 18s.).


55e: Piastri est revenu sur les talons de Leclerc. Russell assaille Verstappen par l'extérieur au virage n°1, mais le Hollandais freine tard et garde l'ascendant, non sans arracher au passage un morceau d'aileron de la Mercedes. Russell retente malgré tout sa chance au virage n°17, mais de nouveau Verstappen reste devant.


56e: Piastri tente une attaque contre Leclerc au premier virage, sans résultat. Puis, en fin de tour, le Monégasque choisit de laisser passer l'Australien afin de disposer du mode dépassement dans le dernier tour !


57e et dernier tour: Leclerc tente de rester dans le sillage de Piastri, mais il perd le contrôle de sa Ferrari dans le virage n°3 et effectue un spectaculaire tête-à-queue. Il parvient à se relancer, mais sa Ferrari est touchée. Il coupe un virage et voir revenir Russell et Verstappen. L'Anglais le double au virage n°17, malgré un aileron abîmé, et le Hollandais le passe sur la ligne.


Kimi Antonelli remporte sa troisième victoire consécutive devant les McLaren de Norris et Piastri. Russell finit quatrième devant Verstappen. Leclerc coupe la ligne au sixième rang. Hamilton se classe septième. Colapinto (8) obtient son meilleur résultat pour Alpine. Sainz (9e) et Albon (10e) apportent trois points à Williams. Ocon, Bearman, Bortoleto, Lindblad, Alonso, Pérez, Stroll et Bottas rallient aussi l'arrivée.


Verstappen reçoit une pénalité de 5 secondes pour avoir franchi la ligne blanche à la sortie des stands, ce qui ne lui fait pas perdre de positions. En revanche, Leclerc est sanctionné de 20 secondes de sanction pour avoir coupé plusieurs virages dans le dernier tour et recule au huitième rang.


Après la course

Nouvelle coqueluche italienne, Andrea Kimi Antonelli assoit un peu plus sa domination sur cette saison 2026. Certes, il a manqué (comme d'habitude) son départ, certes sa Mercedes est nettement moins dominatrice, mais il a su se défaire de Lando Norris grâce à la stratégie de l' « undercut », puis a résisté à la pression exercée par ce dernier. « J'ai un peu tout vécu cet après-midi ! »lance le Bolonais. « Le départ n'était pas génial. Ce ne fut pas la bérézina du sprint, mais j'ai de nouveau trop patiné. Puis, je me suis battu avec Leclerc et Norris, et j'ai fini par dépenser un peu trop d'énergie, ce qui a permis à Lando de me doubler. Heureusement, l'undercut a très bien fonctionné, mais je me suis retrouvé dans la position du chassé. Lando était juste derrière et je ne pouvais faire aucune erreur. Et ce n'était pas facile car les conditions étaient délicates. La pluie a lavé la piste, la rendant très glissante. Mais je gère mieux la pression désormais. J'ai gardé mon calme et je suis très heureux de l'emporter à nouveau. » Avec 100 points au compteur, soit 20 de mieux que son équipier, Antonelli passe du statut d'outsider à celui de favori pour le titre mondial. Bluffé, Toto Wolff le juge dorénavant mûr pour pareille ambition: « Ses dernières courses sont brillantes. Au fond, tout se passe comme prévu. L'an dernier, pour ses débuts, il a eu des hauts et des bas, et cette saison tout fonctionne. Nous lui avons donné une bonne voiture et il en tire le meilleur parti. Il peut viser le titre, évidemment, même s'il faut avant tout espérer que nos évolutions donneront satisfaction. Et Russell reste une référence. »


Cependant, le pilote anglais est ce soir d'humeur maussade. Il a largement été dominé ce week-end par Antonelli. « Mon rythme était correct avec les pneus médiums, mais avec les durs, ce fut très compliqué, explique-t-il. Les dix derniers tours furent cependant meilleurs. J'ai fait quelques changements de réglages, m'inspirant de ceux que Kimi a utilisé tout au long du week-end, et cela fut payant. Mais j'ai beaucoup de mal avec ce circuit. » Russell est bien obligé de reconnaître que son jeune équipier le malmène très sérieusement: « C'est un pilote exceptionnel, je le sais depuis le début. Je ne l'ai jamais sous-estimé ! À son âge, on ne réussit pas de tels exploits par chance. Mais je ne suis pas abattu, j'ai toujours confiance en moi, et je compte bien gagner le titre mondial. » Le rebond ne doit toutefois plus tarder. Dans trois semaines à Montréal, circuit où Russell a toujours excellé ?


La deuxième mouture de la McLaren MCL40 a donné satisfaction ce week-end, notamment lors du sprint. Du reste, la monoplace papaye paraît enfin tirer toute la quintessence du moteur Mercedes. Mais malgré sa deuxième place, Lando Norris regrette d'avoir laissé échapper la victoire à cause de quelques dixièmes égarés aux stands. « P* tain ! Comment a-t-on pu rater ça ? » lâche-t-il à Will Joseph après le damier. Devant la presse, Norris est plus policé: « Je me réjouis des progrès accomplis qui m'ont permis de gagner le sprint, puis de me battre cet après-midi pour la victoire. De ce point de vue, c'est un très beau week-end. Mais d'un autre côté, je n'aurais pas dû perdre cette course. Cet undercut est très regrettable. Je ne sais pas si j'aurais pu battre Antonelli avec une meilleure stratégie, mais au moins je ne serais pas sorti des stands en pneus froids avec lui déboulant en pneus chauds... » Norris ajoute que la McLaren a encore un large champ de progression: « Nous manquons de rythme dans les virages à moyenne vitesse. Ici, ce fut préjudiciable, car ces enchaînements se situaient juste avant les portions rapides. Il était donc très difficile de porter une attaque. » Dominé ce week-end par Norris, Oscar Piastri termine tout de même troisième et positive: « Il m'a manqué un ou deux dixièmes pour faire mieux. Mais mon rythme était solide. Lors du premier relais, j'ai commis quelques erreurs, mais je me suis senti beaucoup plus à l'aise dans la seconde moitié de la course avec les pneus durs. J'étais bien plus rapide et j'ai pu rattraper Russell et Leclerc. Je suis donc très heureux. » Au final, Andrea Stella salue le pas en avant effectué par son équipe et donne rendez-vous au Canada pour le deuxième train d'évolutions.


Ferrari a connu un week-end difficile. Charles Leclerc s'est certes retrouvé en tête au premier virage, mais il n'a pas pu résister à Lando Norris et Kimi Antonelli, puis a craqué en fin de course sous la pression. « Je dois être très sévère envers moi-même, car j'ai fichu le travail de l'équipe à la poubelle, lâche-t-il. Oui, j'ai pris un bon départ, mais ce n'était pas la première fois de la saison. Je n'en retire pas grand-chose de positif. Avant le dernier tour, j'ai laissé filer Piastri pour avoir le mode dépassement. S'il était resté derrière moi, il m'aurait doublé à coup sûr. Avec cette option, j'avais une petite chance de le coiffer sur le poteau, même si notre redéploiement d'énergie n'est pas optimal. Et finalement, j'ai fait ce tête-à-queue. J'ai de la chance de finir malgré tout. » De son côté, Lewis Hamilton a abîmé son fond plat lors du contact avec Franco Colapinto et s'est contenté de survivre. Dans l'ensemble, la Scuderia paraît régresser dans la hiérarchie. Rivale n°1 des Mercedes en Australie et en Chine, elle a abandonné ce rôle à McLaren. « Nous avons soufferts ici avec les pneus, révèle Frédéric Vasseur. Lorsque Charles et Lewis se sont retrouvés dans le peloton, leurs gommes ont surchauffé. Ce n'était pas une surprise, nous l'avions prévu en simulation. Quoiqu'il en soit, nous allons mettre le paquet sur le développement durant toute la saison. Ce sera la clé de ce championnat. »


Le bilan est aussi mitigé chez Red Bull-Ford. Le nouveau package aérodynamique a permis de réduire le retard sur la concurrence, mais les deux pilotes ont trébuché. Max Verstappen a fait le show d'emblée avec une incroyable pirouette dont il est sorti indemne par miracle: « J'ai perdu l'arrière au deuxième virage. Je pensais que j'allais taper, donc j'ai essayé de limiter les dégâts en lâchant les gaz... Cela a fini en 360°. Comme quoi, si on ne fait pas de la F1, on peut toujours faire du rallye ! Puis, le rythme était correct en pneus médiums, mais avec les durs, c'était beaucoup plus compliqué. Ce relais fut sans doute trop long. En fin de course, Russell a touché mon aileron. J'ai été chanceux de ne pas crever. Pour le reste, nous avons fait des progrès, mais il y a encore beaucoup de potentiel à développer. Si tout s'était parfaitement déroulé, j'aurais peut-être fini troisième, mais sans certitude. » Avec 26 points en quatre courses, Verstappen vit son plus mauvais début de saison depuis 2018. Isack Hadjar est lui aussi parti à la faute et n'a pas pu repartir, ce qui lui a valu une belle crise de rage: « J'étais rapide et j'ai tout gâché... Tout le week-end j'étais à la limite, mais je composais avec ça. Mais là, ça ne l'a pas fait. Je n'ai pas été assez précis, j'ai pris trop de risques d'emblée sur une course qui faisait 57 tours. Je n'ai pas été très intelligent. Ce sont des points jetés à la poubelle ! » C'est ce qu'on appelle une autocritique. Laurent Mekies conclut avec la méthode Coué: « Au Japon, nous étions à plus d'une seconde de la pole. Nous avons encore beaucoup à accomplir, mais nous sommes maintenant sur la bonne voie. »


Franco Colapinto (7e) réalise son meilleur résultat en F1 et surtout amène six points à Alpine qui conforte sa cinquième place au championnat des constructeurs. Souvent jugé trop falot, le jeune Argentin espère avoir convaincu Flavio Briatore qu'il méritait sa confiance. Enfin, Williams place ses deux voitures dans le « top 10 » et empoche trois points, un très beau résultat pour une équipe qui doit corriger sa machine de fond en comble. « C'est bon signe, cela montre que la FW48 peut être améliorée et que l'on va dénicher son potentiel au fur et à mesure de la saison », conclut James Vowles.


Sources :

- Nextgen-auto.com

- Auto hebdo n°2561, 6 mai 2026

Tony