George RUSSELL
 G.RUSSELL
Mercedes
Kimi ANTONELLI
 K.ANTONELLI
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Ferrari

1151o Gran Premio

XIX Chinese Grand Prix
Piena di sole
Shanghai
domenica 15 marzo 2026
56 giri x 5.451 km - 305.066 km
(Offset: 190 m)
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F1
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Présentation de l'épreuve

Après le Grand Prix d'Australie, la plupart des pilotes ont exprimé leur frustration face aux nouvelles F1. La récupération de l'énergie joue selon eux un rôle trop important, les contraignant parfois à considérablement lever le pied en courbe. Cet aspect sera toutefois atténué sur ce tracé de Shanghai où les gros freinages permettront d'emmagasiner plus facilement de la puissance. Mais les pilotes éreintent aussi les différents modes de « boost » qui créent une différence de vitesse que certains estiment dangereuse, à l'instar de Carlos Sainz Jr. Ce dernier pointe notamment des départs périlleux, avec des pilotes qui s'élancent parfois difficilement à cause d'une batterie vide et du « turbo lag ». À Melbourne, Franco Colapinto a ainsi évité d'extrême justesse une terrible collision avec Liam Lawson, quasi-arrêté sur la grille. Par ailleurs le « mode ligne droite » réduit nettement l'appui aérodynamique à l'accélération, rendant les voitures plus instables en cas d'aspiration. Sainz dénonce des écarts de vitesse « de 40 à 60 km/h » et des bolides « très délicats à contrôler ». Enfin, il regrette la trop grande sophistication des moteurs hybrides, encore bien mal maîtrisés par les ingénieurs, comme en témoignent des pannes en cascade: « Nous nous compliquons la vie avec des moteurs, des logiciels et batteries incroyablement complexes. Quand les règles sont si exigeantes et contraignantes, il est difficile de concevoir quelque chose de fiable d'entrée de jeu. »


Le 15 mars, la FIA annonce sans surprise les annulations des prochains Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie saoudite en raison de la guerre qui fait rage en Orient. Il n'y aura donc pas de course au mois d'avril, et cinq semaines sépareront les Grands Prix du Japon (29 mars) et de Miami (3 mai). Cette décision crée un casse-tête logistique pour les écuries qui ont laissé une partie de leur matériel à Sakhir après les essais de février, en prévision du Grand Prix de Bahreïn programmé le 12 avril. Il va donc falloir rapatrier ce fret en Europe, ce qui ne sera pas une mince affaire en raison du trafic aérien évidemment très perturbé. Cela a aussi des conséquences sur le développement des monoplaces, car les écuries avaient prévu d'introduire leurs premières grandes évolutions à Sakhir, circuit où elles avaient déjà amassé une masse importante de données. Par ailleurs, la FIA a établi cette année le système ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities) qui permet aux motoristes de retoucher leur moteur à combustion interne s'il s'avère moins performant que les autres. Cette possibilité s'ouvre à partir du sixième Grand Prix, qui aurait dû être le GP de Miami (3 mai) et sera donc finalement celui de Monaco (6 juin). Voilà qui embête bien Honda qui semble pouvoir prétendre à ce « coup de pouce ». Cependant, la fédération se réserve la possibilité de tout de même actionner l'ADUO pour l'épreuve de Miami.


Lewis Hamilton serait-il trop soupçonneux ? Ou simplement perspicace ? En tout cas, vendredi soir, après les qualifications pour le sprint, le Britannique pense avoir décelé l'un des atouts décisifs de la Mercedes: une cartographie moteur secrète ultra-performante, analogue au « mode fête » dont il a lui-même jadis bénéficié chez le constructeur allemand ! Selon lui, ce « boost » explique le très net avantage dont bénéficie les Flèches d'argent en qualifications. « Je suis resté douze ans chez eux, je les connais, assure-t-il. Ils doivent avoir un mode spécial qu'ils activent à partir de la Q2. En Q1, notre Ferrari n'est pas loin de la Mercedes, à un dixième environ. Puis, soudain, en Q2, l'écart croît à une demi-seconde ! Bien entendu, ils n'utilisent pas ce mode en course... »


Le moteur Mercedes laisse aussi perplexes les propres clientes de la marque à l'Étoile. À Melbourne, Andrea Stella déclarait ne pas comprendre pourquoi McLaren ne parvenait pas à en extraire toute la puissance, un sentiment aussi exprimé par James Vowles, patron de Williams. En Chine, Toto Wolff tient à tuer dans l'œuf la rumeur selon laquelle Mercedes favoriserait son équipe d'usine. « Les différences de performances s'expliquent par des choix techniques différents, assure-t-il. Chacun a son concept. Par exemple, McLaren n'a pas choisi les mêmes rapports de boîte. Ces différences suffisent à faire pencher la balance d'un côté ou d‘un autre. » Wolff ajoute qu'il n'est pas anormal que les équipes d'usine aient un léger avantage avec l'introduction des nouveaux moteurs hybrides. « Mais cela ne durera pas, ajoute-t-il. Chaque équipe va apprivoiser ces moteurs et je ne doute pas que McLaren sera une concurrente très redoutable. » Le patron de Mercedes F1 s'entretient en Chine avec Andrea Stella et James Vowles pour clarifier la situation. L'écurie Alpine se garde de son côté de toute critique à l'égard de son nouveau partenaire, ce qui ne surprend guère. D'autant moins s'il est vrai Mercedes est sur le point d'intégrer son capital...


En effet, les rumeurs de reprise d'Alpine F1 Team vont bon train, notamment depuis que le Groupe Renault a annoncé l'arrêt du programme Endurance de sa filiale sportive. Le fonds d'investissement américain Otro Capital cherche à vendre les 24 % de l'écurie franco-britannique qu'il possède, le reste étant la propriété de Renault. Cet hiver, Christian Horner a manifesté un vif intérêt pour cette prise de participation, sans que l'on sache s'il souhaite devenir simple actionnaire ou prendre le contrôle de l'écurie avec la bénédiction de Renault. Début mars, la presse indique cependant que son éternel rival Toto Wolff aurait formulé une autre offre à titre personnel. Finalement, à Shanghai, Flavio Briatore révèle que ce n'est pas Wolff, mais bien Mercedes elle-même qui souhaiterait entrer au capital. Le « conseiller exécutif » ajoute qu'il y aurait quatre acheteurs potentiels pour les parts d'Otro Capital. Et précise qu'il ne figure pas dans le nombre... En outre, Briatore affirme que Renault n'envisage pas de vendre sa part majoritaire (76%) et que par conséquent l'arrivée éventuelle de Mercedes au capital ne ferait pas d'Alpine une « écurie B » du constructeur allemand.


Aston Martin s'enfonce dans la crise en raison des graves dysfonctionnements du groupe propulseur Honda. En Australie, les deux AMR26 de Lance Stroll et Fernando Alonso n'ont parcouru que de courts « runs » pour préserver leurs rares batteries fonctionnelles. Par ailleurs, Adrian Newey a jeté un pavé dans la mare en affirmant qu'Aston Martin n'a découvert que fin 2025 que l'équipe chargée de concevoir le moteur Honda était largement constituée d'ingénieurs néophytes en F1. Cela a créé un véritable malaise entre les deux partenaires et nécessité une rencontre d'urgence à Melbourne entre leurs présidents Lawrence Stroll et Toshihiro Mibe. Newey a en outre affirmé que les vibrations causées par le moteur pourraient susciter chez les pilotes de « graves lésions nerveuses », ce que Honda conteste. Koji Watanabe, le président de HRC, aurait exigé des explications... Toujours est-il que les deux parties annoncent qu'aucune amélioration n'arrivera avant le GP du Japon, deux semaines plus tard.


Cependant Adrian Newey n'a pas fait le voyage à Shanghai pour rester à l'usine de Silverstone. Singulière idée pour un team principal ! De quoi alimenter toutes les rumeurs... C'est donc le responsable des activités en piste Mike Krack qui dirige ici l'équipe. Il affronte la presse avec son homologue de Honda Shintaro Orihara. Ce dernier se risque à un prudent optimisme: « Nous avons accumulé du kilométrage en Australie, donc nous avons appris certaines choses concernant la maniabilité et la gestion de l'énergie. Ces enseignements sont intégrés à notre système de simulation, et peut-être verrons-nous des progrès lors de cette épreuve. » En revanche, il ne s'étend pas sur le nombre de batteries restant à disposition. Lorsque les journalistes insistent pour savoir si, comme à Melbourne, Aston Martin n'en a plus que deux en stock, Mike Krack les envoie promener: « Quel est l'intérêt d'insister toujours sur cette question ? Je ne souhaite pas aborder le sujet. » Puis, les reporters demandent à Orihara son avis sur les propos de Newey concernant l'équipe ayant conçu le groupe propulseur. « Nous allons nous concentrer sur l'aspect technique de cette réunion, si vous le voulez bien ! » répond l'ingénieur japonais. On n'en saura pas davantage.


On aperçoit ce week-end quelques évolutions sur les nouvelles monoplaces. Ferrari introduit ce week-end son fameux aileron « Macarena » pivotant à 180°, mais ce dernier sera remisé dès la fin des essais libres. La SF-26 se pare aussi d'une ailette sur le halo pour canaliser le flux d'air dans la partie haute de la monoplace. Racing Bulls retouche le refroidissement de ses freins. Du côté de Pirelli, on apporte une gamme de pneus relativement dure (C2 - C3 - C4) en prévision du graining, toujours présent sur ce tracé.


Vendredi: essais et qualifications pour le sprint

Voilà le premier week-end sprint de la saison et les pilotes n'ont donc peu de temps pour trouver les bons réglages. L'unique séance d'essais se déroule dans des conditions particulièrement fraîches (12°C dans l'air). Comme redouté, les pilotes rencontrent énormément de « graining » et les erreurs sont nombreuses. Russell signe le meilleur temps (1'32''731''') devant Antonelli et Norris, lequel s'est tamponné avec Hamilton dans le dernier tournant.


Plus tard se déroulent les qualifications pour le sprint. Les Mercedes dominent toujours et font notamment la différence par leur vitesse de pointe dans la longue ligne droite. Russell (1'31''520''') partira premier devant Antonelli (2e), repoussé à trois dixièmes. Les McLaren gèrent mieux leur énergie qu'en Australie, mais Norris (3e) et Piastri (5e) sont tout de même à plus d'une demi-seconde des Mercedes. Les Ferrari sont aussi très loin de celles-ci. Hamilton (4e) devance Leclerc (6e) qui a perdu de la puissance en SQ3. Gasly décroche une très belle septième place avec son Alpine-Mercedes, et fait bien mieux que Colapinto (16e), éliminé en SQ2. Les Red Bull (Verstappen 8e, Hadjar 10e) n'ont aucune adhérence et sont repoussées à près de deux secondes des Mercedes. Bearman (9e) hisse sa Haas en SQ3 et précède une fois encore Ocon (12e) qui se plaint d'instabilité au freinage. Les Audi (Hülkenberg 11e, Bortoleto 14e) affichent un rythme satisfaisant. Les Racing Bulls sont en revanche à la peine. Lawson (13e) devance Lindblad (15e) dont la séance d'essais a été écourtée par une panne. Les Williams-Mercedes (Sainz 17e, Albon 18e) ne sont ni fiables ni performantes. Aston Martin se contente de faire rouler Alonso (19e) et Stroll (20e) en priant pour qu'ils ne cassent pas. Les Cadillac ferment la marche: Bottas réalise le 21e chrono et Pérez ne roule pas en raison d'un souci d'alimentation en carburant.


Le sprint

La première mini-course de la saison dans une atmosphère douce (17°C), mais le vent souffle en rafales. La majorité du peloton s'élance en pneus médiums (C3). Hadjar est en gommes tendres (C4), Lawson, Sainz et Alonso en gommes dures (C2). Albon part depuis les stands après que sa Williams a été retouchée sous régime de parc fermé.


Départ: Russell démarre moyennement tandis que Antonelli peine à s'élancer et perd de nombreuses positions. Russell garde l'avantage au premier virage. Hamilton prend la deuxième place à Norris à la sortie de celui-ci. Viennent ensuite Leclerc, Piastri et Gasly. Verstappen a pris un envol épouvantable et se retrouve englué dans la deuxième moitié du peloton.


1er tour: Antonelli heurte Hadjar au virage n°6, mais le passe néanmoins. Leclerc double Norris au tournant suivant. Hamilton surprend Russell par l'intérieur au virage n°9. Mais, ailerons ouverts, l'Anglais de Mercedes repasse son ancien équipier dans la longue ligne droite. Lindblad exécute un tête-à-queue au virage n°9, puis se relance dernier. En fin de tour, Russell précède Hamilton, Leclerc, Norris, Piastri, Gasly, Bearman, Antonelli, Hadjar et Lawson. Verstappen est seulement 15e.


2e: Batterie chargée, Hamilton déborde Russell par l'extérieur du premier tournant. Antonelli double Bearman, puis Gasly. Celui-ci s'incline ensuite devant le pilote Haas.


3e: Hamilton, Russell et Leclerc sont regroupés en tête. Le pilote Mercedes utilise toute son énergie pour doubler Hamilton dans la longue ligne droite. Hadjar efface Gasly.


4e: Hamilton contre-attaque par l'extérieur au virage n°1 et reprend les commandes à Russell. Il change ensuite de trajectoire pour parer une attaque de son compatriote au virage n°6. Antonelli déborde Piastri dans le dernier virage. Gasly repasse devant Hadjar.


5e: Russell assaille Hamilton par l'extérieur au premier tournant, mais sans succès. En revanche Piastri reprend son bien à Antonelli. Gasly s'incline devant Hadjar, puis devant Lawson. En fin de tour, Russell s'impose face à Hamilton au bout de la longue pleine charge. Verstappen est 13e.


6e: Russell prend le large. Hamilton a abîmé son pneu avant-gauche et est désormais menacé par Leclerc. Antonelli s'impose face à Piastri à l'épingle.


7e: Russell compte une seconde et demie d'avance sur les Ferrari. Antonelli rejoint Norris et le double au bout de la longue ligne droite. Cependant l‘Italien est pénalisé de 10 secondes pour avoir heurté Hadjar.


8e: Leclerc dépasse aisément Hamilton avant le premier virage. Russell a pris deux secondes d'avantage.


9e: Hamilton tente en vain de déborder Leclerc dans l'« escargot ». Russell précède Leclerc (3.3s.), Hamilton (4s.), Antonelli (4.6s.), Norris (6s.), Piastri (7.2s.) et Bearman (17.5s.). Lawson dépasse Hadjar qui se débat avec un fond plat endommagé.


10e: Antonelli est aux trousses d'Hamilton et tente de lui faire l'intérieur au premier virage, sans succès. Lawson double Bearman. Toujours 13e, Verstappen est bloqué derrière Ocon et Bortoleto.


11e: Antonelli prend la troisième place à Hamilton au freinage de l'épingle.


12e: Quatre secondes séparent Russell et Leclerc. Antonelli rejoint le Monégasque. Gasly double Hadjar, bientôt rattrapé par Verstappen qui s'est enfin défait de Bortoleto et Ocon. Lindblad rentre aux stands pour abandonner suite à sa pirouette du premier tour.


13e: Verstappen double Hadjar, non sans avoir dû auparavant passer au large suite à un freinage manqué. Hülkenberg se gare dans l'échappatoire du premier virage. Dans le même temps, Bottas rentre au garage Cadillac suite à une perte de puissance. Antonelli déborde Leclerc à l'épingle, une seconde avant que la voiture de sécurité ne soit envoyée en piste !


14e: L'épreuve est neutralisée. Les Mercedes, les Ferrari et les McLaren entrent aux stands pour mettre des pneus tendres. Hamilton perd du temps derrière Leclerc et repart derrière Norris. Antonelli subit en outre sa pénalité, ce qui le fait redémarrer 7e. Verstappen, Hadjar, Colapinto, Albon, Stroll et Pérez changent aussi d'enveloppes.


15e: Les voitures se regroupent derrière la Safety Car. Russell devance Leclerc, Norris, Hamilton, Lawson, Bearman, Antonelli, Piastri, Gasly, Ocon, Sainz, Bortoleto, Alonso, Verstappen, Colapinto, Albon, Hadjar, Stroll et Pérez.


16e: La Safety Car se retire à l'issue de ce tour.


17e: Russell reste en tête devant Leclerc. Piastri double Antonelli, puis passe devant Bearman et Lawson. Antonelli double aussi Bearman en fin de tour.


18e: Leclerc signe le meilleur chrono de cette épreuve (1'34''753''') et revient à quelques dixièmes de Russell. Hamilton déborde Norris par l'extérieur du premier virage. Antonelli double Lawson au virage n°6, puis dépasse Piastri à l'épingle. Au même endroit, Ocon déborde Gasly qui se fait aussi doubler dans la foulée par Verstappen.


19e et dernier tour: George Russell remporte ce sprint six dixièmes devant Leclerc. Hamilton est troisième. Norris finit quatrième, Antonelli cinquième. Piastri (6e) marque ses premiers points de la saison. Lawson (7e) et Bearman (8e) prennent les derniers points. Verstappen échoue au neuvième rang. Viennent ensuite Ocon, Gasly, Sainz, Bortoleto, Colapinto, Hadjar, Albon, Alonso, Stroll et Pérez. Ce dernier reçoit 5 secondes de pénalité pour ne pas avoir respecté le rythme imposé lors de la neutralisation.


George Russell est heureux de ce succès en sprint, le second de sa carrière, mais il constate que Ferrari reste une menace sérieuse pour Mercedes: « C'était très venteux, et avec un premier virage très long, il ne faut qu'un tour d'attaque pour détruire le pneu avant gauche. J'ai dû gérer, mais Hamilton m'a menacé au début. Ferrari semble progresser en rythme de course. On doit s'en méfier. » Son équipier Kimi Antonelli doit lui se reprendre après une mini-course chaotique, marquée par une collision avec Isack Hadjar qui s'emporte contre le jeune Italien: « Pourquoi conduit-il comme un excité alors qu'il a une fusée entre les mains ? ». Après l'arrivée, Antonelli se dirige vers le Francilien pour lui tendre le main, mais celui-ci le repousse avec rage. Hadjar se calmera, et les deux hommes s'expliqueront sereinement un peu plus tard. Du côté de Ferrari, on estime que ce sprint est de bon augure pour le reste du week-end. « Nous sommes bien plus proches d'eux en course qu'en qualifications, et cela est rassurant », souligne Charles Leclerc.


Les qualifications

Samedi après-midi, Mercedes domine à nouveau les débats, mais cette fois Antonelli est le plus rapide (1'32''064''') et devient à 19 ans le plus jeune poleman de l'histoire de la F1. Russell (2e) limite les dégâts: son aileron avant s'est cassé en Q2, puis il subit une panne passagère de boîte au tout début de la Q3. Les Ferrari (Hamilton 3e, Leclerc 4e) sont en deuxième ligne et réduisent leur retard sur les Mercedes, auxquelles elles ne concèdent plus que trois dixièmes. Les McLaren-Mercedes (Norris 5e, Piastri 6e) sont en retrait et souffrent d'un manque d'équilibre dans certains virages, notamment le dernier. Gasly décroche à nouveau la 7e place avec son Alpine tandis que Colapinto (12e) progresse puisqu'il échoue à seulement 5 millièmes de la Q3. Red Bull a changé ses réglages, mais ne trouve toujours pas la moindre stabilité, d'où le dépit de Verstappen (8e) et Hadjar (9e). Bearman (10e) place sa Haas-Ferrari en Q3 tandis que Ocon (13e) échoue à l'étape précédente.


Les Audi sont performantes et Hülkenberg (11e) manque la Q3 pour seulement 2 millièmes. Bortoleto (16e) gâche ses chances dans une erreur dans son dernier tour. Les Racing Bulls (Lawson 14e, Lindblad 15e) sont cette fois-ci en retrait. Williams éprouve plusieurs réglages pour améliorer ce qui peut l'être sur la FW48, et Sainz (17e) en est plus satisfait que Albon (18e). Les Aston Martin-Honda (Alonso 19e, Stroll 21e) sont très difficiles à piloter, mais au moins ne cassent pas. Enfin, les Cadillac-Ferrari (Bottas 20e, Pérez 22e) engrangent des données et se rapprochent du peloton.


Andrea Kimi Antonelli a profité des ennuis de son équipier pour décrocher la pole à 19 ans 6 mois et 18 jours, battant d'un an et demi le précédent record détenu par Sebastian Vettel (21 ans 2 mois 11 jours, au GP d'Italie 2008). Le pilote Mercedes est en outre le premier Italien à signer une pole position depuis dix-sept ans (Giancarlo Fisichella à Spa en 2009) ! Il évite toutefois de s'étourdir: « C'était une qualification propre, je suis très heureux. C'est malheureux de voir que George a eu un problème en Q3, mais c'était une bonne séance, sans erreur, et j'ai hâte d'être à la course demain ! » Antonelli sait que rien n'est joué. Il n'a jusqu'ici pas réussi de bons départs en 2026 et les Ferrari risquent, comme d'habitude, de mieux démarrer que les Mercedes.


Le Grand Prix

Le vent souffle encore assez fort ce dimanche sur Shanghai. Si le ciel est nuageux, il n'y a toutefois aucun risque de pluie. Le mercure affiche 16°C dans l'air. On enregistre avant le départ une cascade de défections. D'abord, Albon déclare forfait en raison d'une panne hydraulique sur sa Williams. Puis, Audi retire la R26 de Bortoleto, également suite à une avarie du système hydraulique. Mais le désastre s'abat chez McLaren: Norris est incapable de démarrer sa MCL40 tandis que celle de Piastri est évacuée de la grille cinq minutes avant le départ. En cause, deux pannes électriques distinctes sur les moteurs Mercedes. Ceux-ci resteront en rade, et aucune McLaren ne se présentera au départ, une première depuis plus de vingt ans !


De nouveau, la plupart des coureurs partent avec les pneus médiums (C3). Les deux pilotes Red Bull sont en tendres (C4). Colapinto, Hülkenberg, Lindblad, Alonso et Pérez sont en durs (C2). Malgré le graining, Pirelli table sur un arrêt unique.


Départ: Antonelli démarre moyennement et Russell très mal, ce qui permet aux Ferrari de les déborder par l'extérieur. Hamilton passe le premier virage en tête, mais Antonelli parvient à reprendre l'ascendant sur Leclerc à la sortie de l' « escargot ». Les Red Bull, très mal parties, se retrouvent dans la deuxième moitié du peloton. Pérez touche son équipier Bottas dans le premier enchaînement et part en tête-à-queue, avant de se relancer.


1er tour: Hadjar dérape à la sortie de la courbe n°13 et part en tête-à-queue sous le nez de Bearman qui doit virer large pour l'éviter. Le Français se relance dernier. Colapinto s'impose hardiment aux Racing Bulls à l'épingle. En fin de tour, Hamilton devance Antonelli, Leclerc, Russell, Gasly, Colapinto, Lawson, Lindblad, Ocon et Alonso. Hadjar entre aux stands pour changer de pneus.


2e: Antonelli rejoint aisément Hamilton et le déborde au milieu de la longue ligne droite. Ocon double Lindblad. Bien parti mais trop lent, Alonso cède devant Verstappen, Sainz et Bearman.


3e: Antonelli prend une seconde d'avance sur Hamilton. Russell déborde Leclerc avant le premier tournant.


4e: Russell avale facilement Hamilton dans la longue pleine charge. Les deux Mercedes sont en tête. Verstappen pourchasse Lindblad pour la 9e place, sans trouver d'ouverture.


5e: Verstappen assaille Lindblad par l'extérieur du premier virage, mais il survire ensuite et son jeune adversaire garde l'avantage


6e: Antonelli précède Russell (1.6s.), Hamilton (3s.), Leclerc (4s.), Gasly (7s.), Colapinto (11s.), Ocon (13s.), Lawson (14.2s.), Lindblad (15.4s.) et Verstappen (16.1s.). Bearman prend la onzième place à Sainz.


8e: Verstappen a abîmé son pneu avant-gauche en poursuivant Lindblad. Ce dernier attaque Lawson au bout de la longue ligne droite, mais il bloque ses roues et reste derrière son équipier.


9e: Antonelli compte une seconde et demie d'avance sur Russell. Hamilton est repoussé à cinq secondes. Lindblad déborde Lawson. Cela va mal pour Verstappen qui s'incline devant la Haas de Bearman.


10e: Lawson, Verstappen et Sainz entrent aux stands pour chausser des gommes dures et ressortent dans cet ordre. Stroll s'arrête dans l'échappatoire du premier virage avec une batterie en panne. La voiture de sécurité est envoyée en piste.


11e: Antonelli et Russell se succèdent chez Mercedes pour prendre des pneus durs. Hamilton et Leclerc font de même chez Ferrari. Colapinto et Ocon ne stoppent pas et s'intercalent entre les Mercedes. Gasly, Bearman, Bottas et Hadjar prennent aussi le composé dur. Pérez fera de même au tour suivant.


12e: Une grue retire l'Aston Martin de Stroll. Derrière la Safety Car, Antonelli devance Colapinto, Ocon, Russell, Hamilton, Lindblad, Leclerc, Hülkenberg, Gasly, Bearman, Alonso, Lawson, Verstappen, Sainz, Bottas, Pérez et Hadjar.


13e: La voiture de sécurité entre aux stands à l'issue de ce tour. Tout le monde roule en pneus durs.


14e: La course reprend. Antonelli s'échappe devant Colapinto et Ocon. Hamilton a bien emmagasiné de l'énergie et surprend Russell au virage n°6. Il efface ensuite Ocon. Leclerc déborde Lindblad. Bearman double Gasly, puis Hülkenberg.


15e: Hamilton dépasse Colapinto et revient ensuite à une seconde d'Antonelli. Leclerc déborde Russell qui se plaint d'un manque d'adhérence. Le Monégasque se défait ensuite d'Ocon.


16e: Hamilton roule à neuf dixièmes d'Antonelli. Leclerc double Colapinto. Russell dépasse Ocon, puis s'impose face à Colapinto à l'épingle. Gasly efface Hülkenberg.


17e: Lindblad est en difficulté avec ses pneus assez usés. Il s'incline devant Gasly et Verstappen.


18e: Hamilton reste dans le sillage d'Antonelli. Ocon tente de déborder Colapinto par l'extérieur avant l'épingle, sans succès. Bearman et Gasly sont sur leurs talons.


19e: Verstappen déborde Gasly au virage n°6, mais le Français reprend l'ascendant un peu plus loin. Ocon retente sa chance contre Colapinto à l'épingle, mais se rate à nouveau et Bearman en profite pour doubler son équipier à la réaccélération.


20e: Antonelli prend un peu plus d'une seconde d'avance sur Hamilton. Verstappen vient enfin à bout de Gasly en le bousculant quelque peu au virage°1.


21e: Bearman s'impose face à Colapinto. Verstappen double Ocon. Hülkenberg passe devant Gasly, mais ce dernier reprendra son bien au tour suivant.


22e: Hamilton est désormais sous la pression de Leclerc qui lui-même voit Russell grossir dans ses rétroviseurs. Verstappen prend la sixième place à Colapinto. Le rythme de la Red Bull n'est toutefois pas folichon puisqu'elle ne peut pas menacer la Haas de Bearman.


23e: Antonelli est premier devant Hamilton (2s.), Leclerc (2.6s.), Russell (3.2s.), Bearman (17.5s.), Verstappen (19.2s.), Colapinto (20.4s.), Ocon (21s.), Gasly (21.5s.), Hülkenberg (22.5s.), Lawson (24.5s.) et Lindblad (25.5s.).


24e: Sur ordre de Ferrari, Hamilton ouvre à l'épingle la voie à Leclerc qui bénéficie d'un peu plus d'énergie. Mais très vite l'Anglais constate qu'il en a lui-même encore sous le pied, tandis que Russell menace...


26e: Hamilton tente de faire l'extérieur à Leclerc dans le premier enchaînement, sans succès. Il contre ensuite une attaque de Russell avant le virage n°6, avant de repasser devant son coéquipier au bout de la longue ligne droite.


27e: Leclerc attaque Hamilton par l'extérieur à l'entrée de l'escargot et passe, quitte à forcer son aîné à escalader le vibreur. L'Anglais n'a pas dit son dernier mot et se porte à la hauteur du Monégasque au virage n°7, puis le surprend par l'intérieur au virage n°9. Toutefois Leclerc reprend sa position dès le tournant suivant, et Russell finit par déborder Hamilton dans la grande ligne droite. Au bout de celle-ci, Lindblad bloque ses roues et exécute un tête-à-queue. Il perd deux places.


28e: Antonelli compte désormais sept secondes de marge sur Leclerc, lequel est menacé par Russell qui tente de lui faire l'extérieur au virage n°14, sans réussite. Ocon et Gasly passent devant Colapinto.


29e: Russell déborde Leclerc par l'intérieur à l'épingle et conquiert la deuxième place. Ocon chausse les pneus médiums lors d'un arrêt trop long (5.7s.).


30e: Antonelli devance Russell (7.8s.), Leclerc (8.6s.), Hamilton (9.4s.), Bearman (25s.), Verstappen (27.2s.), Gasly (32.2s.), Colapinto (34s.), Hülkenberg (35.2s.), Lawson (36.8s.), Hadjar (38.2s.) et Sainz (43.5s.).


32e: Russell est le plus rapide en piste (1'35''977'''), mais reste à huit secondes de son équipier. Colapinto et Alonso chaussent les pneus médiums.


33e: Colapinto quitte les stands juste devant Ocon qui tente de lui faire l'intérieur au deuxième tournant. Optimiste, le Normand survire et heurte l'Argentin. Tous deux pirouettent, puis se relancent, mais Ocon a perdu des morceaux de carbone dans cette mésaventure.


34e: Antonelli est premier devant Russell (7.5s.), Leclerc (10.5s.), Hamilton (11.5s.), Bearman (31s.), Verstappen (34s.), Gasly (39s.), Hülkenberg (45s.), Lawson (45.6s.) et Hadjar (46.8s.). Alonso rentre au garage et abandonne car ses membres sont engourdis par les vibrations générées par le moteur Honda. Il en était réduit à lâcher le volant par intermittence pour soulager ses mains...


35e: Leclerc manque son freinage à l'épingle et bloque une roue. Hamilton profite de cette erreur pour repasser devant son équipier.


36e: Leclerc tente en vain d'attaquer Hamilton au premier freinage. Hülkenberg chausse les pneus médiums et tombe au dernier rang. Ocon reçoit 10 secondes de pénalité pour avoir percuté Colapinto.


38e: Antonelli signe son meilleur chrono (1'25''526'''), mais ce n'est que 3 millièmes de mieux que Russell (1'25''529''') dans ce même tour !


39e: Leclerc assaille Hamilton par l'intérieur au bout de la longue ligne droite et reprend la troisième position.


40e: Batterie rechargée, Hamilton répond à son équipier et le redouble par la droite au premier tournant. Leclerc esquisse une riposte au virage n°6, mais sans succès.


41e: Antonelli est premier devant Russell (6.4s.), Hamilton (19.4s.), Leclerc (20s.), Bearman (39s.), Verstappen (42s.), Gasly (45s.), Lawson (58s.), Hadjar (59s.) et Sainz (1m. 11s.). Colapinto prend la 11e position à Lindblad.


43e: Sept secondes séparent les pilotes Mercedes. Lindblad chausse des pneus médiums.


45e: Alors qu'il était menacé par Gasly, Verstappen ralentit, puis rentre aux stands et renonce. Une fuite de liquide de refroidissement a été détectée sur son ERS.


47e: Antonelli précède Russell (7.6s.), Hamilton (23.2s.), Leclerc (25s.), Bearman (47s.), Gasly (50s.), Lawson (1m. 06s.), Hadjar (1m. 07s.), Sainz (1m. 23s.), Colapinto (1m. 26s.), Lindblad (-1t.) et Hülkenberg (-1t.).


48e: Gasly essaie de revenir sur Bearman. Ocon stoppe chez Haas pour subir sa pénalité et chausser des pneus tendres.


50e: Russell compose avec des pneus assez abîmés et concède maintenant plus de neuf secondes à Antonelli.


51e: Antonelli devance Russell (9.5s.), Hamilton (26s.), Leclerc (29s.), Bearman (55s.), Gasly (58s.), Lawson (1m. 14s.), Hadjar (1m. 17s.), Sainz (1m. 34s.) et Colapinto (-1t.).


52e: Antonelli signe le meilleur tour de la course (1'35''275''').


54e: Antonelli ferme tardivement ses ailerons au bout de la longue ligne droite, freine brutalement, bloque les roues et emprunte l'échappatoire pour revenir en piste. Il perd seulement deux secondes dans cette escapade.


55e: Sept secondes séparent les Mercedes à un tour du but. Gasly n'est pas parvenu à rattraper Bearman.


56e et dernier tour: Andrea Kimi Antonelli remporte son premier Grand Prix devant son équipier Russell. Hamilton (3e) grimpe sur son premier podium pour Ferrari. Leclerc finit quatrième. Bearman décroche une superbe cinquième place. Gasly (6e) donne à Alpine son meilleur résultat depuis près d'un an. Lawson est septième devant Hadjar. Sainz est un valeureux 9e avec sa pataude Williams. Colapinto (10e) inscrit son premier point avec Alpine. Hülkenberg, Lindblad, Bottas, Ocon et Pérez sont aussi à l'arrivée.


Après la course: première victoire pour Antonelli

L'Italie a de nouveau un vainqueur de Grand Prix, vingt ans presque jour pour jour après la dernière victoire de Giancarlo Fisichella, le 19 mars 2006 à Sepang. Ce jour-là, Andrea Kimi Antonelli était dans le ventre de sa mère Veronica ! Le jeune Bolonais au visage poupin peine à réaliser ce qui lui arrive. À 19 ans, il est aussi le deuxième plus jeune vainqueur de Grands Prix de l'histoire, derrière Max Verstappen. « Je suis sans voix, ému aux larmes, lâche-t-il. J'ai dit hier que je voulais ramener l'Italie au sommet, et j'ai réussi. Je tiens à remercier Mercedes qui m'a permis de réaliser mon plus grand rêve. » Parti en pole, Antonelli n'a pas paniqué lorsque les Ferrari l'ont bousculé au départ. Cela devient une habitude. Il a pris la mesure de Lewis Hamilton himself, puis on ne l'a plus revu. Une course parfaite, nonobstant une petite alerte à l'épingle à quelques encablures du drapeau à damier. « Au départ, je suis allé trop à l'intérieur et j'ai donné trop de place aux Ferrari, narre-t-il. Mais le rythme était bon et j'ai réussi à doubler Hamilton facilement. Je me suis donné une petite crise cardiaque à la fin avec un blocage de roues, mais c'était une belle course. »


Rire et émotions sont présents sur ce podium du GP de Chine. Le rire d'abord lorsque le présentateur officiel Bob Constanduros convie sur le podium le vainqueur du jour qu'il nomme... « Kimi Räikkönen » ! L'émotion ensuite lorsque Lewis Hamilton donne l'accolade à son jeune successeur chez Mercedes, sous le regard de Peter Bonnington, ancien ingénieur du septuple champion du monde désormais au service d'Antonelli. Cette victoire est aussi celle de Toto Wolff qui, après l'annonce du départ de Lewis Hamilton, a jeté son dévolu sur ce jeune prodige que beaucoup estimaient trop tendre. C'est ce qu'il lui rappelle d'ailleurs dès la ligne d'arrivée: « Il est trop jeune. On ne devrait pas le mettre dans une Mercedes. Placez-le dans une équipe modeste. Il manque d'expérience. Regardez les erreurs qu'il commet. Et voilà, Kimi. Victoire. » Désormais, la question est de savoir si Antonelli peut viser le titre mondial dès cette saison. « Kimi est jeune et je pense qu'il n'est pas encore parfait, tempère son père Marco. Russell est un pilote beaucoup plus expérimenté qui sera difficile à battre. » Toto Wolff ajoute que chaque chose vient en son temps: « Il faut garder les pieds sur terre. Kimi a fait une superbe course, mais George a été bloqué au début, donc ils ne se sont pas vraiment battus. Kimi fera des erreurs et connaîtra de grandes journées comme celle-là. Tout cela l'aidera à devenir un jour champion du monde. Mais il ne faut pas s'emballer, ce n'est pas bon pour lui. Au fond, c'est encore un gamin ! » Certes. Mais Antonelli ne serait pas une graine de champion si déjà il ne songeait pas au trophée suprême...


George Russell fait bonne figure sur la deuxième marche du podium, même s'il aurait préféré enchaîner avec une deuxième victoire consécutive: « Encore une fois les Ferrari m'a compliqué la vie, mais je suis revenu en deuxième position. Ensuite, le timing de la voiture de sécurité a été un peu malheureux, et ressortir derrière Colapinto et Ocon a entravé mes chances. Mais tout bien considéré, après ce qui s'est passé en qualifications, cette deuxième place est satisfaisante. J'ai surtout perdu temps derrière les pilotes Ferrari. J'attendais qu'ils s'accrochent tous les deux ! C'était l'une des luttes en piste les plus agressives que j'aie vue depuis un moment. Si je n'avais pas essayé de gagner la course, j'aurais apprécié la bataille, mais évidemment, regarder Kimi s'échapper pendant ce temps-là était un peu agaçant. »


Ferrari s'affirme décidément comme la deuxième force du plateau derrière Mercedes. Comme en Australie et comme lors du sprint la veille, les SF-26 ont bousculé les Flèches d'Argent au départ avant de rentrer dans le rang, mais semblent avoir le potentiel pour faire mieux cette saison. Charles Leclerc et Lewis Hamilton ont surtout enthousiasmé le public par d'époustouflantes passe d'armes. Le septuple champion du monde, nettement plus à l'aise avec cette génération de bolide, semble avoir retrouvé tout son allant et grimpe enfin sur son premier podium avec Ferrari. Il aura pour cela attendu vingt-cinq Grands Prix ! « Ce podium a mis du temps à venir ! constate-t-il Mais je suis très fier accompli. Ferrari nous a fourni une voiture vraiment solide. Nous avons un excellent package, particulièrement dans les virages. Il faut juste que nous passions à la vitesse supérieure pour pouvoir menacer les Mercedes dans les lignes droites. Les voitures sont plus faciles à suivre que les années passées. On peut s'approcher de très près. Il n'y a pas de mauvais sillage où l'on perd trop d'appui. Je pense avoir vécu ici les meilleures bagarres de ma carrière. J'ai vraiment l'impression d'être de retour à mon meilleur niveau, tant mentalement que physiquement. L'entraînement de cet hiver a été le plus lourd et le plus intense que j'aie jamais eu. Cela va probablement de pair avec le fait de vieillir. Il faut plus de temps pour récupérer. » Charles Leclerc salue lui aussi la renaissance de son aîné: « Il était simplement le plus fort. J'ai vraiment apprécié cette bataille. Si vous demandez à l'équipe, je ne suis pas sûr qu'ils diront la même chose ! » sourit-il. En fait, Frédéric Vasseur déclare « faire confiance » à ses pilotes et estime ce spectacle « bon pour le public, bon pour la F1 ».


Red Bull a vécu un week-end cauchemardesque à cause d'une RB22 ni fiable ni performante. Par ailleurs, celle-ci a peiné à démarrer lors du sprint comme lors de la course dominicale, ruinant d'emblée la course de ses pilotes. Contraint à l'abandon, Max Verstappen laisse libre cours à sa frustration: « J'ai rencontré le même problème qu'hier au départ, donc je me suis encore retrouvé derrière tout le monde. Puis j'ai eu beaucoup de graining et finalement j'ai dû renoncer suite à un problème de refroidissement. On a encore beaucoup à faire... » Il répète en outre son aversion pour les nouvelles F1: « Certains vont vous dire que tout va bien parce qu'ils gagnent, grommelle-t-il. Mais la plupart des pilotes ne sont pas contents. Ceux qui aiment ça n'apprécient pas la course automobile. On dépasse grâce au boost, puis on n'a plus de batterie, et dans la ligne droite suivante l'autre vous redépasse. C'est une blague. Ce n'est pas de la course, c'est Mario Kart ! » Isack Hadjar (8e) inscrit pour sa part ses premiers points avec RBR, mais aurait pu faire mieux sans un tête-à-queue dans le premier tour. C'est donc en fait Liam Lawson (7e) qui réalise ce week-end la meilleure performance de la galaxie Red Bull-Ford. À croire que Racing Bulls exploite mieux le moteur Red Bull que l'équipe première !


L'après-midi de McLaren a tourné très court, avec un double retrait avant même le départ. L'écurie championne du monde n'a donc même pas participé à la course, ce qui, si l'on excepte le cas particulier d'Indianapolis 2005, ne lui était pas arrivé depuis une double non-qualification à Monaco en 1983... Ces incidents surviennent une semaine après qu'Oscar Piastri s'est crashé dans son tour de mise en grille à Melbourne, ce qui fait que le jeune Australien n'a toujours pas pris le moindre départ en 2026 ! « Cela faisait longtemps que je n'avais pas regardé deux Grands Prix de suite à la télévision », ironise-t-il. Ubuesque. Andrea Stella ne peut que présenter ses excuses à ses pilotes. Il explique que deux pannes électroniques distinctes ont empêché de démarrer les moteurs Mercedes. Une façon comme une autre de faire porter la responsabilité à son partenaire moteur... Stella promet en tout cas une réaction au Japon. Celle-ci serait bienvenue: McLaren a déjà 80 points de retard sur Mercedes au classement des constructeurs !


Enfin, Haas et Alpine apparaissent comme les outsiders de ce début de saison, comme le démontrent les cinquième et sixième places d'Oliver Bearman et Pierre Gasly. Du côté de Haas, Ayao Komatsu s'enthousiasme pour un début de saison sensationnel: avec 17 points engrangés en deux courses, l'équipe américaine pointe au quatrième rang du classement des constructeurs, devant Red Bull ! Cependant, tous ces points ont été engrangés par Ollie Bearman. Esteban Ocon, coupable d'une grosse bourde en course, doit décidément se reprendre. L'écurie Alpine renaît pour sa part, en partie grâce au moteur Mercedes, mais Gasly salue aussi une A526 bien née qui, selon lui, pourrait lui permettre de titiller les meilleurs en cours d'année. Voilà en tout cas les Bleus-et-Roses sortis de l'ornière, même si leur futur demeure mystérieux...


Sources :

- Auto hebdo n°2554, 19 mars 2026

- Nextgen-auto.com

Tony