Présentation de l'épreuve
Traditionnellement disputé au mois de juin, le Grand Prix du Canada a lieu désormais fin mai afin de rationaliser le calendrier du championnat du monde. L'étape de Montréal aura désormais lieu après celle de Miami, avant le début de la campagne européenne. Ce changement de date a eu de grandes conséquences sur l'organisation de l'épreuve, puisque l'aménagement de ce circuit non-permanent a commencé dès l'automne 2025 pour contourner au maximum les grands froids de l'hiver. « Si nous n'avions pas commencé l'installation des tribunes fin 2025, il aurait été très difficile de livrer l'événement à temps, explique Sandrine Garneau, directrice des opérations. « L'hiver a commencé mi-novembre pour s'achever en mars. Il fut très rude et il a fallu s'adapter. Par exemple, des personnes portaient des torches dans le bassin olympique pour faire fondre la glace afin d'installer les ancrages des hospitalités. » Au final, tout est en place le 22 mai pour les premiers essais de ce 61e Grand Prix du Canada. Par ailleurs, le circuit Gilles-Villeneuve accueille pour la première fois la Formule 2 et le format sprint pour le week-end de F1, auxquels s'ajoute aussi une épreuve de F1 Academy. Néanmoins, les organisateurs peinent à remplir les tribunes, une probable conséquence de l'augmentation de près de 20 % des tarifs. Le président du Grand Prix Jean-Philippe Paradis justifie cette inflation par la création de nouvelles structures d'accueil qui s'inscrivent dans un vaste plan d'expansion, imaginé après la prolongation jusqu'en 2035 du contrat avec la F1.
Les instances dirigeantes et les constructeurs multiplient les rencontres afin de réviser la réglementation moteur à court et moyen terme. Le 7 mai, une réunion à Paris entérine un accroissement de la part de l'énergie thermique au détriment de l'électrique selon un ratio de 60 - 40 %, et ce dès 2027. Par ailleurs, la FIA annonce un retour aux V8 atmosphériques à l'horizon 2031. Mais pour l'heure, l'urgence est d'atténuer les brusques ralentissements liés à la récupération d'énergie électrique, conséquence perverse du règlement 2026. Le Circuit Gilles-Villeneuve oblige en effet à des aménagements puisqu'il comporte à la fois de longues phases d'accélération et de gros freinages successifs. Pour limiter le « lift-and-coast » et le « super-clipping », la récupération d'énergie en qualifications sera donc limitée à 6 mégajoules, soit 1MJ de moins que lors du premier Grand Prix à Melbourne. Par ailleurs, le tracé québécois comprendra quatre zones d'activation du « mode ligne droite » au lieu des trois habituels. Là aussi, lift-and-coast et super-clipping seront limités, puisque moins d'énergie sera consommée avec les ailerons débraqués. Toutefois, chacun peut constater que les pilotes doivent prendre en compte un nombre infini de paramètres, si bien que l'on peut se demander si cela ne les distrait pas de la conduite elle-même. Pour James Vowles, la saturation menace, notamment en qualifications: « Les pilotes essaient de mettre les pneus dans une fenêtre d'exploitation d'environ deux degrés de température. En plus, ils doivent gérer le trafic dans le tour de sortie. Puis sortir de l'avant-dernier virage avec un écart précis. Plein gaz, puis lever le pied. Mais sans revenir à zéro accélérateur : il faut rester entre 20, 30 ou 40 %, tout en s'assurant que la batterie soit bien chargée. Et il y a le trafic ! C'est trop ! On doit trouver un moyen de simplifier tout ça. »
Mercedes a remporté les quatre premiers Grands Prix de la saison 2026, mais trois semaines plus tôt à Miami les McLaren propulsées par le même moteur se sont révélées très menaçantes. La marque à l'Étoile ne peut donc pas s'endormir sur ses lauriers, c'est pourquoi elle apporte à Montréal la première évolution de sa W17. Du côté des pilotes, Andrea Kimi Antonelli, invaincu depuis le GP de Chine, espère devenir ce week-end le premier pilote à enchaîner consécutivement ses quatre premiers succès en F1. Il admet néanmoins que sa tâche sera difficile. La concurrence redresse la tête et son coéquipier George Russell a toujours été très fort sur le circuit de l'Île Notre-Dame. Vainqueur ici en 2025, l'Anglais ne vise rien d'autre que la première place pour effacer un début de saison complexe. « Cependant, il n'y a qu'à Miami où j'ai véritablement été en difficulté, corrige-t-il. Et je suis optimiste, car j'ai plus appris là-bas sur la voiture que lors des trois premières courses. Cette saison, nous nous sommes tous tellement focalisés sur l'énergie que les problèmes basiques comme mettre les pneus dans la bonne fenêtre ou trouver le bon réglage ont presque été mis au second plan. Miami fut un bon rappel à l'ordre. »
Après la GP de Miami, Lewis Hamilton a confié que ses essais dans le simulateur de Maranello l'avaient conduit à choisir de mauvais réglages, ce qui expliquerait sa terne prestation. Aussi, pour cette course, le septuple champion du monde a décidé de ne pas utiliser cet outil et de se concentrer sur l'interprétation des données existantes. « Depuis que je suis arrivé chez Ferrari, ce simulateur m'a souvent joué des tours, explique-t-il. Il nous indique des réglages et une fois sur place, on se rend compte qu'il faut partir dans la direction opposée. Pour Montréal, nous avons beaucoup travaillé sur l'équilibre mécanique, les approches de virage, la répartition de freinage et l'optimisation des freins, ce qui était un problème pour moi depuis un certain temps. Je reviendrai peut-être au simulateur plus tard. » Dans le même temps, Hamilton commence à être asticoté par les journalistes concernant son avenir. Âgé de 41 ans et en fin de contrat, il paraît très menacé par Oliver Bearman, jeune poulain de Ferrari prêté à Haas. Solide et performant, le natif d'Havering semble destiné à succéder à son illustre aîné. Ce qui reviendrait à le pousser vers la retraite... Hamilton balaie assez rudement cette perspective: « Je suis toujours concentré, motivé, j'aime ce que je fais de tout mon cœur et serai encore là un bon moment, alors il va falloir vous y habituer. Je sais que quelques personnes voudraient me mettre dehors, mais ce n'est pas mon projet actuel. »
L'autre « quadra » du peloton Fernando Alonso pourrait lui aussi se retirer des circuits à l'issue de cette saison 2026. Les énormes difficultés de l'attelage Aston Martin - Honda ne peuvent que le pousser à pareille décision. Mais comme Hamilton, l'Espagnol prétend « ne pas songer une seule minute à la retraite ». Et qu'on ne sous-entende pas qu'à bientôt 45 ans il verrait son talent s'émousser: « Je suis le meilleur, je n'ai rien à prouver. Je m'inquiéterais le jour où je ne serais plus le plus rapide, que ce soit au volant d'un karting ou d'une F1. Mais ce n'est actuellement pas le cas ! » Toujours très franc, Alonso dresse aussi un bilan très critique de l'hybridation des moteurs de F1, sans doute partagé par nombre de ses collègues: « Jadis tout le monde pensait que l'électrification serait l'avenir. Mais cela ne s'adapte pas au sport auto qui est un genre différent. L'an prochain, on reviendra à une répartition 60/40, puis l'électricité disparaîtra petit à petit. Mais depuis 2014, on a perdu plus de dix ans de compétition pure. »
Esteban Ocon est lui aussi au centre de plusieurs rumeurs annonçant son départ de Haas à la fin de la saison pour cause de performances insuffisantes. Déjà très malmené par Bearman en 2025, le Normand n'a inscrit cette année qu'un minuscule point tandis que son jeune collègue en a déjà raflé dix-sept. Dans la presse, certains affirment que Ayao Komatsu serait las de ces contre-performances et envisagerait un prochain divorce. « Des c*nneries ! » réplique Ocon à Montréal. « J'ai rejoint l'équipe justement parce que je connais Ayao depuis très longtemps. J'ai une super relation avec lui et tout ce que l'on raconte ne sont que des bruits fabriqués ». Le manager japonais tient le même langage: « Je ne sais pas d'où sortent ces c*nneries. Chacun est libre d'écrire ce qu'il veut, mais p*tain, est-ce du journalisme de colporter des rumeurs sans fondements ? Où sont les sources ? J'aurais honte d'écrire des âneries pareilles. » Komatsu met en cause certains sites internet japonais selon lesquels il aurait l'intention de recruter leur compatriote Yuki Tsunoda...
Les 16-17 mai, Max Verstappen a participé comme prévu aux prestigieuses 24 Heures du Nürburgring au volant d'une Mercedes AMG GT3 engagée sous son propre nom et partagée avec Jules Gounon, Daniel Juncadella et Lucas Auer. De nouveau, le Néerlandais a démontré son incroyable habileté sur le toboggan de l'Eifel, puisque son équipage a dominé la majorité de l'épreuve. Hélas, à trois heures du damier, un bris d'arbre de transmission a réduit ses espoirs à néant. La Mercedes-AMG aux couleurs de Red Bull a fini l'épreuve au 38e rang, à 21 tours du quatuor vainqueur composé de Maro Engel, Maxime Martin, Fabian Schiller et Luca Stolz. À charge de revanche... « Totalement dégoûté de ne pas ramener la victoire, mais ça fait partie de la course. À la prochaine ! » écrit Verstappen sur ses réseaux sociaux.
Le 22 mai, Red Bull annonce le recrutement comme consultant de Gino Rosato, une figure bien connue du paddock. Ce Québécois, spécialiste de la gestion organisationnelle, a travaillé pendant trente ans chez Ferrari, jusqu'en 2023. Ami de Michael Schumacher et Kimi Räikkönen, Rosato est aussi un proche de la famille Verstappen puisqu'il connaît Jos depuis de très nombreuses années. Il a d'ailleurs récemment vanté l'éducation « à la dure » que celui-ci a donné à son fils Max: « Jos est un dur à cuire. C'est un gars entier, honnête. Il ne faut pas déconner avec lui. Il est de la vieille école, certes, mais il a créé l'un des plus grands as de l'histoire de la Formule 1. Oui, il a été dur. Mais quand tu mets de la m*rde dans le jardin, les fleurs poussent ! Jos a fait de Max un grand pilote sans le couver, avec une éthique de travail à l'ancienne. » Gino Rosato devrait donc être bien accueilli à Milton Keynes !
Alpine enregistre une recrue de choix en la personne de l'aérodynamicien Jason Somerville, nommé directeur technique adjoint sous la responsabilité de David Sanchez. Âgé de 58 ans, celui-ci est l'un des designers les plus expérimentés du paddock, ayant notamment travaillé pour Williams et Toyota, avant d'occuper les fonctions de responsable de l'aérodynamisme auprès du Groupe F1 puis de la FIA. À ce titre, Somerville a joué un rôle crucial dans la conception des réglementations 2022 et 2026. Son arrivée à Enstone est en fait un retour, puisqu'il fut brièvement directeur de l'aérodynamisme du Renault F1 Team en 2010. Williams enregistre de son côté quatre arrivées: Piers Thynne, ex-directeur des opérations chez McLaren, nommé responsable de l'optimisation et de la planification, Claire Simpson (ex-Mercedes), nouvelle responsable du développement aérodynamique, Fred Judd (ex-Mercedes également), chargé de l'optimisation et des performances, et enfin Steve Booth (ex-Alpine), directeur d'ingénierie véhicule.
Deux anciens pilotes de F1 sont les cibles de faits divers violents en cette semaine de Pentecôte. D'abord, Alain Prost est victime d'un « home-jacking » à son domicile de Nyon en Suisse. L'ancien champion français, âgé de 71 ans, est agressé et légèrement blessé à la tête par des cambrioleurs qui s'enfuient avec le contenu du coffre de la maison, ouvert sous la menace d'une arme. Prost quitte Nyon dans la foulée pour rejoindre Dubaï où il réside une partie de l'année, tandis que la police suisse déploie un dispositif exceptionnel pour retrouver ses agresseurs. Puis, le 22 mai, Mika Salo annonce avoir reçu un coup de couteau à Bangkok dans une rue à proximité de son hôtel. Le Finlandais a été touché à la jambe lors d'une vraisemblable tentative de vol. Il en est quitte pour 28 points de suture. Une mauvaise publicité pour la Thaïlande, candidate à l'organisation d'un Grand Prix de F1.
Mercedes apporte ce week-end un premier paquet d'évolutions sur sa W17 avec notamment un plancher remanié. Les générateurs de vortex et les bords externes ont été redessinés pour produire un écoulement de l'air plus stable. L'objectif est de rendre la voiture moins sensible aux changements d'assiette ou de hauteur de caisse. Un nouvel aileron avant affiche des profils latéraux abaissés pour améliorer le wash-out, l'évacuation du flux d'air autour des roues avant. On aperçoit aussi de nouvelles dérives latérales. À l'arrière, le diffuseur génère davantage d'appui sans pénaliser la traînée, une donnée cruciale sur les voitures de 2026. McLaren présente la deuxième phase d'évolutions de sa MCL40 « B » : cette fois-ci, les modifications concernent le plancher, les suspensions, les ailerons avant et arrière et le capot-moteur. L'objectif est d'accroître l'appui aérodynamique et favoriser le refroidissement. Red Bull donne à sa RB22 un aileron avant, un fond plat et un capot-moteur inédits. Haas inaugure une grande évolution de la VF-26, avec notamment des pontons retravaillés pour favoriser le « down-washing ». Alpine et Racing Bulls ont également redessiné leurs planchers. Cadillac apporte de nouveaux freins avant. Enfin, Williams prodigue plusieurs retouches mais surtout allège sa trop lourde FW48.
Vendredi: essais libres et qualifications pour le sprint
L'unique séance d'essais est marquée par trois drapeaux rouges. Lawson est d'abord victime d'une rupture de canalisation hydraulique. Comme son système de désengagement de l'embrayage ne fonctionne pas correctement, les commissaires peinent à évacuer la Racing Bulls, ce qui entraîne une interruption de séance. Pour cette défaillance, l'équipe italienne écopera de 30 000 euros d'amende. Puis Albon tape un mur après avoir écrasé une marmotte et Ocon pulvérise l'avant de sa Haas à la sortie du virage n°4. Le meilleur chrono revient à Antonelli (1'13''402''') devant Russell et Hamilton. Leclerc écope d'une amende pour excès de vitesse dans la voie des stands.
Un peu plus tard, les Mercedes dominent la séance qualificative pour le sprint. Russell se montre le plus rapide (1'12''965''') devant Antonelli (2e) qui a eu quelques difficultés avec ses pneus. Les McLaren (Norris 3e, Piastri 4e) sont en deuxième ligne à 2/10e des Mercedes. Suivent les Ferrari: Hamilton (5e) devance un Leclerc (6e) mécontent de ses freins. Les Red Bull-Ford (Verstappen 7e, Hadjar 8e) se révèlent instables sur les bosses. Lindblad (9e) amène sa Racing Bulls en SQ3, tandis que Lawson (22e) ne bouge pas du garage après sa panne des essais. Sainz (10e) est heureux de hisser sa Williams jusqu'à la troisième manche. Les dégâts étaient en revanche trop importants sur la voiture d'Albon (21e) qui reste aux stands. Les Audi (Hülkenberg 11e, Bortoleto 12e) échouent aux portes de la SQ3. Chez Alpine, Colapinto se classe 13e malgré un problème d'accélérateur en essais libres, tandis que Gasly (19e) subit une défaillance de batterie. Chez Haas, Bearman (15e) apprivoise des évolutions dont Ocon (14e) ne bénéficie pas pour le moment. Jolie prestation des Cadillac puisque Pérez (17e) passe tout près de la SQ2. Bottas (20e) voit ses efforts stoppés par le drapeau rouge provoqué par Alonso (16e) qui franchit la première étape, mais heurte le mur au virage n°3 après un blocage de roue. Stroll se classe 18e sur l'autre Aston Martin-Honda.
Le sprint
Ce troisième sprint de la saison se tient dans des conditions relativement douces (19°C dans l'air, 31°C au sol). La grande majorité des pilotes partent avec les pneus médiums (C4). Alonso s'élance seul en gommes dures (C3), alors que Stroll et les pilotes Cadillac font le pari de démarrer en tendres (C5). Pas moins de quatre pilotes, Bearman, Gasly, Bottas et Albon partent des stands après avoir modifié leur voiture durant le parc fermé. Ils sont rejoints pas Stroll, poussé de la grille en raison d'un problème sur sa suspension avant. Le régional de l'étape pourra tout de même démarrer.
Départ: Fait rare: les pilotes Mercedes démarrent bien ! Russell reste devant Antonelli et Norris, tandis que Hamilton double Piastri dans le premier enchaînement.
1er tour: Suite à un contact avec Gasly, Hülkenberg tire tout droit à la seconde chicane et reste devant le Normand. Russell précède Antonelli, Norris, Hamilton, Piastri, Leclerc, Verstappen, Hadjar, Lindblad et Sainz.
2e: Antonelli reste dans le sillage de Russell et cherche un moyen de l'attaquer.
3e: Russell devance Antonelli (0.7s.), Norris (3s.), Hamilton (3.7s.), Piastri (4.4s.), Leclerc (5.2s.), Verstappen (6s.), Hadjar (6.8s.), Lindblad (8.6s.), Sainz (9.6s.), Colapinto (11.5s.) et Ocon (14s.).
5e: Antonelli menace Russell aux abords de la dernière chicane sans pouvoir se porter à sa hauteur. Hadjar rencontre une perte de puissance et laisse filer tout le peloton.
6e: Ailerons ouverts et batterie chargée, Antonelli déborde Russell par l'extérieur du premier virage. Ce dernier ne lui laisse cependant aucun espace et l'Italien finit par couper le virage en ratissant le terre-plein. Il revient en piste devant son équipier auquel il redonne sa position. Agacé, Antonelli retente sa chance par l'intérieur à la chicane précédant l'épingle, mais il freine trop tard et sort tout droit dans l'herbe. Il revient en piste pied au plancher, garde le contrôle de sa Mercedes, mais doit laisser passer Norris.
7e: Norris revient à une seconde de Russell. Antonelli est furieux contre ce dernier et par radio demande qu'il soit pénalisé. Peter Bonnington tente de calmer le jeune en pilote en le priant de se concentrer sur sa course. « Je m'en fous ! » réplique le Bolonais. Colapinto prend la 9e place à Sainz.
8e: Toto Wolff prend lui-même le micro pour enjoindre Antonelli au calme. Hadjar rentre au garage Red Bull.
9e: Russell est désormais sous la pression de Norris qui roule à moins d'une seconde. Antonelli est menacé par Hamilton.
10e: Hadjar reprend la piste avec deux tours de retard. Sa défaillance moteur a visiblement été résolue.
12e: Antonelli se rapproche du duo britannique Russell - Norris après avoir semé Hamilton.
14e: Russell mène devant Norris (0.5s.), Antonelli (1.3s.), Hamilton (3.3s.), Piastri (4.2s.), Leclerc (4.8s.), Verstappen (7.2s.), Lindblad (16.8s.), Colapinto (20s.) et Sainz (24s.). Pérez est un étonnant 12e avec la Cadillac et menace Ocon.
16e: Russell, Norris et Antonelli se tiennent en une seconde et demie. Albon et Alonso changent de pneus.
18e: Piastri se rapproche d'Hamilton. Alonso met pied à terre suite à des dégâts subis lors d'une touchette au départ.
19e: Antonelli roule dans les échappements de Norris. Bearman change de pneus. En difficulté, Ocon cède devant Pérez, Lawson et Bortoleto.
20e: Hamilton touche le « mur des champions » avec sa roue arrière-droite, sans subir de dégâts.
21e: Russell devance Norris (0.7s.), Antonelli (1.5s.), Hamilton (6s.), Piastri (6.4s.), Leclerc (7.6s.), Verstappen (10s.) et Lindblad (24s.). Arrêt de Gasly.
22e: Piastri déborde Hamilton au forceps dans la dernière chicane. Leclerc en profite pour doubler son équipier dans la foulée.
23e et dernier tour: Antonelli assaille Norris par l'extérieur du premier tournant, mais il freine encore bien tard, coupe le virage et doit laisser filer son adversaire.
George Russell remporte ce sprint devant Norris et Antonelli. Piastri conserve sa quatrième place devant Leclerc pour un petit dixième. Hamilton est sixième. Verstappen (7e) et Lindblad (8e) prennent les derniers points. Suivent Colapinto, Sainz, Pérez, Lawson, Bortoleto, Hülkenberg, Ocon, Stroll, Bottas, Bearman, Albon, Gasly et Hadjar.
Pérez décroche une très belle onzième place pour Cadillac, en grande partie grâce à son bon choix de pneus tendres. Cependant, il s'est défendu trop rudement contre Lawson en le forçant à passer derrière les limites de la piste. En conséquence, il reçoit 10 secondes de pénalité et recule de trois places. Hülkenberg perd pour sa part une position pour avoir coupé un virage sans rendre de position.
L'événement principal de ce sprint fut bien sûr la passe d'armes très virile entre les pilotes Mercedes, suivie par une violente colère de Kimi Antonelli envers son équipier. George Russell dément cependant toute intention malveillante: « On se bat avec acharnement mais dans le respect et pour ma part, je n'ai jamais eu de mauvaises intentions. Notre objectif commun est le titre, donc il n'est pas question de capituler. Mais l'intérêt de l'équipe prime sur le reste. » Kimi Antonelli maintient que Russell l'a poussé alors qu'il était parvenu à sa hauteur entre les deux premiers tournants. Il se montre toutefois peu virulent après l'arrivée et qualifie seulement la bagarre de « trop dure ». Toto Wolff assure de son côté qu'il n'a pas l'intention de brimer ses pilotes tant que ceux-ci ne mettent pas en péril la position de Mercedes au championnat. « On ne peut pas s'attendre à avoir des gentils chiots derrière le volant, ironise-t-il. George et Kimi vont se battre pour le titre, donc il est certain qu'ils n'iront pas faire la fête ensemble tous les soirs. Il nous faut simplement calmer les tensions et éviter toute déflagration. Bien sûr, Kimi a râlé à la radio, mais ce n'est pas pour autant que la Guerre des Étoiles a commencé ! » Et lorsqu'on demande à Wolff ce qu'il va prêcher à ses pilotes avant la course du lendemain, il s'en tire par une pirouette: « Je vais réfléchir. On verra si demain soir j'aurai toujours l'air aussi malin devant vous ! » Mercedes doit en tout cas aussi se méfier de McLaren : la deuxième place de Lando Norris confirme le retour au premier plan des « Papayes ».
Les qualifications
Un peu plus tard, les Mercedes sont toujours devant en qualifications, même si elles ont mis plus d'appuis en prévision de la pluie redoutée pour le lendemain. Russell arrache de justesse la pole position (1'12''578''') des mains d'Antonelli (2e, 1'12''646'''). Les pilotes McLaren (Norris 3e, Piastri 4e) sont de nouveau en deuxième ligne et misent sur la pluie pour battre les Flèches d'Argent. Hamilton (5e) pointe la faiblesse de moteur Ferrari dans la grande ligne droite. Leclerc (8e) est toujours aussi peu à l'aise sur ce circuit qu'il reconnaît ne pas aimer. Mécontent, Verstappen (6e) déplore le choix de Red Bull de mettre beaucoup d'appui tout en signalant une perte précoce de puissance électrique en ligne droite. Hadjar (7e) admet des erreurs en Q3. Lindblad (9e) atteint cette troisième manche avec sa Racing Bulls, contrairement à Lawson (12e) qui pâtit encore de son manque de roulage.
Colapinto (10e) place l'Alpine en Q3, contrairement à Gasly (14e) qui semble en retrait depuis à Miami et qui a en plus abîmé son fond plat en fauchant une marmotte. Comme la veille, les Audi (Hülkenberg 11e, Bortoleto 13e) échouent à la seconde étape, principalement à cause d'un manque d'adhérence. Encore des difficultés chez Williams: Sainz (15e) recule dans la hiérarchie et Albon (18e) est éliminé d'emblée. Les Haas sont toujours à la peine. Bearman (16e) franchit la Q1, contrairement à Ocon (17e) qui découvrait les évolutions. Les Aston Martin-Honda (Alonso 19e, Stroll 21e) manquent à la fois de puissance et d'adhérence. Enfin, les Cadillac (Pérez 20e, Bottas 22e) rentrent nettement dans le rang après un changement de réglages, sans doute en vue de la pluie.
Le Grand Prix
Dimanche, la course se déroule dans des conditions particulièrement fraîches: 13°C dans l'air, 17°C au sol ! Faire chauffer les pneus sera donc un grand défi. Les météorologues annonçaient de la pluie pour la course. Finalement, un crachin intermittent tombe sur l'Île Notre-Dame dans l'heure précédant le départ, ce qui rend la piste assez grasse. Comme la pluie s'intensifie légèrement juste avant le coup d'envoi, McLaren, Audi et Cadillac font partir leurs pilotes en pneus intermédiaires, gomme que choisit aussi Sainz chez Williams. La majorité du peloton prend les slicks tendres (C5). Les Alpine et les Racing Bulls sont en médiums (C4). Stroll part des stands car Aston Martin a changé sa batterie sous parc fermé.
Premier tour de formation: Après leur boucle de chauffe, les pilotes s'installent sur la grille. Les cinq feux s'allument, lorsque Lindblad indique qu'il ne peut pas enclencher de rapport. Curieusement, les feux rouges restent alors fixes. Les secondes s'égrènent, quelques pilotes avancent, et finalement la direction de course les libèrent pour un second tour d'installation, sans que les feux orange réglementaires ne se soient manifestés !
Deuxième tour de formation: Les commissaires se dépêchent de pousser la Racing Bulls de Lindblad vers les stands, mais il leur faut pour cela remonter la grille. Ils sont encore en train d'opérer lorsque les autres bolides arrivent dans la ligne droite principale pour s'installer à leur emplacement. Après un court instant d'hésitation, Rui Marques ordonne un troisième tour de chauffe ! Là encore, les feux ne se sont pas allumés... Le Grand Prix sera amputé de deux tours.
Troisième tour de formation: L'ondée a cessé. Piastri constate que la piste est presque sèche... et qu'il aurait dû partir en slicks. Cette fois-ci, la grille est dégagée lorsque les voitures s'y installent. Lindblad est rentré aux stands et n'en ressortira pas.
Départ: Russell fait patiner ses roues. Antonelli le double par la droite, mais c'est Norris qui démarre le mieux, surgit à l'intérieur et passe le premier tournant en tête devant les Mercedes. Hamilton déborde Piastri par l'extérieur.
1er tour: Norris devance Antonelli, Russell, Hamilton, Verstappen, Leclerc, Hadjar, Colapinto, Lawson et Hülkenberg. Piastri entre aux stands pour chausser des pneus médiums et se retrouve en queue de peloton.
2e: Norris est en grande difficulté avec ses pneus intermédiaires. Antonelli le menace, mais l'Anglais rejoint finalement les stands pour chausser les gommes jaunes. Tous les autres pilotes partis en « inters », soit Hülkenberg, Bortoleto, Sainz, Pérez et bientôt Bottas basculent sur des slicks.
3e: Antonelli est en tête mais Russell et Hamilton sont sur ses talons. Alonso occupe une flatteuse 10e place avec son Aston Martin.
4e: Gasly assaille Alonso au dernier freinage et doit finalement couper la chicane. Quatorzième, Norris s'offre un « tout-droit ».
5e: Antonelli devance Russell (0.6s.), Hamilton (1.4s.), Verstappen (2.1s.), Leclerc (4s.), Hadjar (5.6s.), Colapinto (12s.), Lawson (13.6s.), Bearman (19.2s.), Alonso (20.1s.), Gasly (20.3s.) et Ocon (23.2s.)..
6e: Russell prend l'aspiration d'Antonelli dans la ligne droite longeant le bassin olympique, puis plonge à l'extérieur avant le freinage. Antonelli perd alors de l'appui et braque à gauche pour court-circuiter la chicane et surtout éviter une collision. Russell prend les commandes. Gasly efface Alonso.
7e: Antonelli roule à une seconde de Russell et se trouve sous la menace d'Hamilton. Albon, Norris et Piastri dépassent Ocon.
8e: Russell précède Antonelli (0.9s.), Hamilton (2.5s.), Verstappen (3.2s.), Leclerc (5.2s.), Hadjar (7.5s.), Colapinto (17s.), Lawson (19.2s.), Bearman (26.5s.) et Gasly (27.7s.). Norris et Albon doublent Alonso.
9e: Verstappen surprend Hamilton par l'intérieur au premier virage et s'empare de la troisième place.
11e: Antonelli est sur les talons de Russell. Bearman se rate à la chicane précédant l'épingle et se fait doubler par Gasly, puis par Norris. Aux prises avec une Cadillac mal réglée, Bottas change de pneus pour la seconde fois.
12e: Norris double Gasly sur la ligne. Un peu plus loin, Russell manque son freinage à l'épingle et bloque ses roues. Antonelli le déborde, mais dans la ligne droite suivante l'Anglais puise dans sa batterie pour repasser son équipier par l'intérieur. Piastri arrive à l'épingle du Casino en voulant doubler d'un coup Bearman et Albon. Mais il freine bien trop tard et emboutit le ponton droit d'Albon avec sa roue avant-gauche...
13e: Antonelli continue de menacer Russell. Albon se gare dans l'échappatoire de l'épingle tandis que Piastri stoppe chez McLaren pour remplacer son aileron avant. Par chance, sa suspension a survécu au contact avec la Williams...
15e: Les Mercedes prennent un tour à Piastri. Norris s'arrête chez McLaren pour ôter des débris qui faisaient surchauffer sa machine. Il s'empare aussi d'un nouveau jeu de pneus médiums. Stroll et Pérez remplacent leurs enveloppes.
16e: Russell mène devant Antonelli (0.6s.), Verstappen (5s.), Hamilton (5.7s.), Leclerc (11.7s.), Hadjar (12.3s.), Colapinto (31s.), Lawson (35s.), Gasly (44s.) et Bearman (45s.).
17e: Russell allume encore ses roues au Casino, mais reste devant Antonelli. Ce dernier l'assaille par l'extérieur dans la ligne droite suivante. Tous deux freinent très tard à la chicane et Russell conserve l'ascendant. Arrêt pour Ocon.
19e: Russell et Antonelli évoluent toujours roues dans roues. Hamilton menace Verstappen. Second changement de pneus pour Bortoleto.
21e: Antonelli prend l'aspiration de Russell dans la longue ligne droite, mais ce dernier se décale pour couper son élan. Changements de gommes pour Hülkenberg et Alonso. L'Allemand subit au passage une pénalité de 5 secondes pour excès de vitesse aux stands.
22e: Russell se loupe à l'épingle, ce qui permet à Antonelli de l'attaquer par l'extérieur à la réaccélération. Par malchance, Russell doit doubler le retardataire Bottas, laissant le champ libre à Antonelli sur la gauche. L'Italien reprend la tête.
23e: Les Mercedes prennent un tour à Norris. Piastri reçoit 10 secondes de pénalité pour avoir provoqué l'abandon d'Albon.
24e: Antonelli bloque à son tour une roue à l'épingle et sort dans l'échappatoire. Russell repasse son équipier, mais celui-ci se colle à son train arrière, ouvre ses ailerons dans la ligne droite et se hisse à sa gauche au freinage de la chicane. Russell serre Antonelli qui coupe la chicane, la traverse gaz à fond et reste devant son équipier.
25e: Antonelli estime que Russell l'a encore poussé dehors, mais il lui rend la position en début de tour. Puis, le Britannique franchit difficilement l'épingle. Antonelli l'attaque de nouveau dans la ligne droite suivante, mais Russell lui coupe l'aspiration en bougeant peu avant le freinage.
26e: Russell devance Antonelli (0.6s.), Verstappen (6.4s.), Hamilton (11s.), Leclerc (13.7s.), Hadjar (15.5s.), Colapinto (35.5s.), Lawson (56s.), Gasly (1m. 03s.), Bearman (1m. 04s.), Sainz (1m. 11s.) et Norris (-1t.). Mal installé sur son siège, Alonso souffre de fortes douleurs dorsales et préfère jeter l'éponge. Il était 17e.
28e: Antonelli demeure très menaçant derrière Russell. Relégué à un tour, Piastri suit sans peine les Mercedes.
30e: Le moteur de Russell se coupe brutalement aux abords de la seconde chicane. Le Britannique sort dans l'herbe puis se gare sur le bas-côté. Furieux, il balance sur le bitume sa boucle de ceinturon et surtout son appui-tête, avant de quitter la piste.
31e: La « voiture de sécurité virtuelle » est déclenchée. Colapinto et Gasly se saisissent de pneus durs, Lawson de pneus tendres. Bearman et Sainz entrent de concert aux stands et l'Espagnol repart devant l'Anglais dont l'arrêt s'est éternisé. En quittant les stands, Colapinto part en glissade au virage n°2, pirouette et frotte le muret. Par chance, l'Argentin parvient à repartir sans perdre de place et surtout sans gros dégâts.
32e: Antonelli chausse des pneus médiums (3.4s.), tout comme Verstappen (2.7s.). Hamilton et Leclerc se succèdent chez Ferrari pour prendre ce composé. Le Monégasque repart derrière Hadjar dont l'arrêt a été plus prompt. Ocon change aussi d'enveloppes pendant que les commissaires retirent le Mercedes de Russell.
33e: Le drapeau vert est agité. Antonelli compte cinq secondes d'avance sur Verstappen, sept secondes sur Hamilton.
34e: Leclerc prend l'aspiration d'Hadjar dans la longue ligne droite. Le Monégasque se décale vers l'intérieur peu avant le freinage, mais le Francilien lui barre la route d'un brusque changement de trajectoire. Leclerc monte sur les freins pour éviter une effroyable collision. Mais cette manœuvre retorse n'a pas échappé aux commissaires...
35e: Antonelli devance Verstappen (5.5s.), Hamilton (11.8s.), Hadjar (17s.), Leclerc (17.3s.), Colapinto (50s.), Lawson (1m. 01s.), Gasly (1m. 03s.), Norris (1m. 04s.), Sainz (1m. 17s.), Bearman (-1t.) et Piastri (-1t.).
36e: Norris prend la huitième place à Gasly à la dernière chicane.
38e: Antonelli porte son avantage sur Verstappen à six secondes. Hamilton revient peu à peu sur le Hollandais. Hadjar résiste à Leclerc.
39e: Après un échec au premier virage, Leclerc dépasse Hadjar par l'extérieur au bout de la longue ligne droite. La boîte de vitesses de Norris se bloque avant l'épingle. Le champion du monde se gare dans l'échappatoire et met pied à terre.
41e: Antonelli est gêné par Pérez et Ocon, en bagarre pour la 14e place. Il perd ainsi deux secondes et s'agace contre ces retardataires.
42e: Pérez rejoint le stand Cadillac avec une suspension avant-droite effondrée et abandonne pour la première fois en 2026.
43e: Antonelli mène devant Verstappen (5.4s.), Hamilton (9.3s.), Leclerc (16.8s.), Hadjar (18.2s.), Colapinto (59s.), Lawson (1m. 12s.), Gasly (1m. 15s.), Sainz (-1t.) et Bearman (-1t.). Hadjar reçoit 10 secondes de pénalité pour son obstruction contre Leclerc.
45e: Tout va bien pour Antonelli qui compte cinq secondes de marge sur Verstappen.
46e: La « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée pendant trente secondes, le temps pour un commissaire de ramasser un flap d'aileron perdu par Colapinto. Bottas écope de 5 secondes de punition pour excès de vitesse aux stands.
48e: Antonelli précède Verstappen (4.7s.), Hamilton (7.2s.), Leclerc (15.7s.), Hadjar (18.2s.), Colapinto (1m. 03s.), Lawson (-1t.), Gasly (-1t.), Sainz (-1t.), Bearman (-1t.), Piastri (-1t.) et Hülkenberg (-1t.).
50e: Hamilton revient à deux secondes de Verstappen. Le retard de celui-ci sur Antonelli grimpe à neuf secondes.
52e: Hamilton gagne encore quelques dixièmes sur Verstappen. Stroll change de pneus.
53e: La « voiture de sécurité virtuelle » est de nouveau enclenchée pour ramasser certains débris. Hadjar, Piastri et Bottas passent aux stands pour subir leurs pénalités et chausser des pneus tendres.
54e: La neutralisation prend fin. À la relance, Leclerc dérape à la sortie du dernier virage et rattrape de justesse une embardée qui aurai pu le conduire dans le « mur des champions ».
55e: Antonelli mène devant Verstappen (6.4s.), Hamilton (7.4s.), Leclerc (23.8s.), Hadjar (42s.), Colapinto (1m. 12s.), Lawson (-1t.), Gasly (-1t.), Sainz (-1t.) et Bearman (-1t.).
56e: Hamilton actionne le « mode dépassement » contre Verstappen et tente de le contourner par l'extérieur avant la dernière chicane, mais le pilote Red Bull lui barre la route.
57e: Hamilton tente de plonger à la corde au premier tournant, mais de nouveau Verstappen lui ferme la porte.
59e: Verstappen résiste toujours à Hamilton. À un tour de là, Lawson défend sa septième place contre Gasly.
61e: Hülkenberg exécute un tête-à-queue au premier virage mais peut repartir sans difficulté.
62e: Hamilton puise dans son énergie pour déborder Verstappen avant le premier tournant. Il retarde son freinage sans bloquer ses roues et s'empare ainsi de la deuxième place.
63e: Verstappen reste sur les talons d'Hamilton. Hadjar observe un second « stop-and-go » de 10 secondes pour avoir ignoré des drapeaux jaunes.
64e: Antonelli devance Hamilton (10s.), Verstappen (10.8s.), Leclerc (33s.), Hadjar (-1t.), Colapinto (-1t.), Lawson (-1t.), Gasly (-1t.), Sainz (-1t.) et Bearman (-1t.).
65e: Gasly assaille Lawson par l'extérieur avant la dernière chicane. Tous deux retardent leur freinage et coupent la chicane, gardant ainsi leurs positions. Piastri double les Audi de Bortoleto et Hülkenberg.
67e: Verstappen maintient jusqu'au bout la pression sur Hamilton, sans pouvoir porter d'attaque.
68e et dernier tour: Kimi Antonelli remporte sa quatrième victoire consécutive et signe sur la ligne le meilleur tour de la course (1'14''210'''). Hamilton (2e) obtient son meilleur résultat avec Ferrari. Verstappen (3e) grimpe sur son premier podium en 2026. Leclerc est quatrième, Hadjar cinquième. Colapinto (6e) signe son plus beau résultat en F1. Lawson (7e) résiste jusqu'au bout à Gasly (8e). Sainz se classe neuvième, Bearman dixième. Viennent ensuite Piastri, Hülkenberg, Bortoleto, Ocon, Stroll et Bottas. Bortoleto reçoit 5 secondes de pénalité pour avoir trop réduit son rythme derrière la Safety Car.
Après la course: Antonelli, quatre à la suite
Bousculée à Miami par McLaren, Mercedes a dominé au Canada et conforté sa suprématie sur cette saison 2026 avec cette cinquième victoire en autant de courses. Il est vrai que ses rivales orange se sont sabordées en partant avec des pneus intermédiaires sur une piste en cours d'assèchement. Mais les Flèches d'Argent ont dominé tout le week-end, offrant encore ce dimanche une splendide passe d'armes entre leurs pilotes. George Russell terrassé par une panne de batterie, Kimi Antonelli a eu le champ libre pour décrocher un nouveau succès qui en fait le grand favori pour le titre mondial. « Le départ fut complexe car il commençait à bruiner un peu plus fort, raconte-t-il. La piste devenait un peu humide, mais nous étions presque certains que cela ne durerait pas. Nous avons donc opté pour les pneus slicks. J'ai été surpris de voir les McLaren en intermédiaires. Le départ ne fut pas simple, il était facile de bloquer les roues. Les vibreurs étaient un peu piégeux lors des deux premiers tours. Mais la piste a complètement séché après quelques tours et c'était parfait pour la course. » Antonelli revient sur sa bagarre homérique contre Russell: « J'avais un meilleur rythme à la fin du premier relais car ses pneus se sont un peu plus dégradés que les miens. J'ai aimé cette lutte acharnée, nous nous sommes rendus coup pour coup sans aller trop loin. À mon avis, nous aurions pu aller jusqu'au bout ainsi. Mais George a eu une panne, c'est malheureux pour lui. En tout cas, j'imagine que ce fut très divertissant pour les spectateurs ! »
Après un week-end difficile à Miami, George Russell avait magistralement redressé la barre sur son circuit-fétiche de Montréal. La victoire en sprint et la pole du samedi semblaient préluder à un succès dominical. C'était sans compter sur ce diable d'Antonelli qui ne l'a jamais laissé en paix. Aurait-il pu remettre le gamin à sa place en lui arrachant la victoire ? On ne le saura pas, puisque la batterie de la Mercedes n°63 en a décidé autrement. « Je suis sans voix ! » lâche Russell, désabusé. « En entrant dans le virage, tout s'est éteint: le moteur, l'électronique, les freins... » Pour ce qui concerne la bataille entre les Mercedes, l'Anglais lui non plus ne trouve rien à redire: « J'ai adoré la bagarre avec Kimi, cela m'a rappelé mes années en karting. Ce fut dur, serré, mais sans accrochage. Voilà ce que doit être la course automobile. J'aurais voulu que cela dure 30 tours de plus ! » Russell accuse désormais un retard de 43 points sur son équipier, un écart qui devient un gouffre. « Kimi a le championnat entre ses mains, reconnaît-il. C'est plus à lui de le perdre qu'à moi de le gagner... Il a tellement de points d'avance que... J'ai l'impression que les dieux ne veulent pas de moi dans cette bataille ! » Il devra en tout cas contrôler davantage ses nerfs puisque, de rage, il a balancé sur la piste sa boucle de ceinturon et son appui-tête, un geste d'humeur qui lui vaut une amende de 5000 euros avec sursis...
Toto Wolff tire pour Mercedes un bilan positif de ce week-end, en dépit de l'abandon de Russell: « La bagarre entre Kimi et George fut super, même si nous avions gros à perdre en cas d'erreur. Nous étions une demi-seconde au tour plus rapide que tout le monde, donc un accrochage aurait été catastrophique. Au final George perd gros au championnat, mais c'est un gars très résilient. Il a surmonté beaucoup de déconvenues par le passé, comme sa victoire perdue sur tapis vert à Spa en 2024. Il va remonter la pente, j'en suis sûr. Il a encore dix-sept courses pour cela. Quant à Kimi, il a été brillant comme toujours. » Wolff conclut en soulignant la qualité su spectacle offert après les derniers ajustements réglementaires, preuve selon lui que la F1 est sur la bonne voie en matière de gestion d'énergie. « Évidemment, c'est plus facile à dire quand on gagne », tempère-t-il cependant.
Ferrari ramène du Québec une belle moisson de points (37). La deuxième place conquise par Lewis Hamilton après une superbe bataille contre Max Verstappen fut le point d'orgue du week-end des Rouges. « Je suis très heureux car nous n'avons pas été largués par les Mercedes sur un circuit qui devait les avantager, souligne le pilote anglais. Et puis, le combat contre Max fut vraiment génial. C'est stimulant d'affronter l'un des plus grands de notre sport. Je considère que ce fut un excellent week-end. » L'ambiance n'est pas du tout la même de l'autre côté du garage. Charles Leclerc s'est battu avec une voiture très instable, faute de pouvoir faire chauffer ses pneus arrière, et assure avoir vécu « le pire week-end de [s]a carrière. » « En pneus tendres, cela pouvait encore aller, mais en médiums, j'ai perdu tout feeling et je me suis contenté de rallier l'arrivée », ajoute-t-il, s'estimant fort heureux de finir quatrième. Les Rouges se tournent désormais avec optimisme vers Monaco, circuit qui devrait leur être très favorable.
McLaren encaisse son deuxième zéro point de l'année après le Grand Prix de Chine. Cette fois, l'équipe de Woking s'est complètement fourvoyée en faisant partir ses pilotes en pneus intermédiaires alors que la piste était seulement un peu grasse. Elle pariait sur une pluie plus intensive, mais au contraire celle-ci s'est arrêtée... Lando Norris et Oscar Piastri assument leur part de responsabilité dans cette décision. L'Anglais explique même que ces pneus étaient le bon choix pour le départ, puisqu'il a bénéficié de beaucoup plus de grip que les Mercedes. Évidemment ensuite, ce fut une autre histoire... « Il pleuvait et la piste était grasse lorsque nous avons pris la décision, soit sept minutes avant le départ », se justifie Andrea Stella. « Ce n'était pas une si mauvaise idée si l'on considère que le départ a été reporté deux fois. Que se serait-il passé s'il avait été donné comme prévu ? Les autres pilotes auraient sans doute été en grande difficulté. Hélas, la pluie s'est arrêtée dans la foulée. Ce fut une double déveine. » Au final, Norris a abandonné sur panne de boîte de vitesses et Piastri a embouti Alexander Albon. Bref, un week-end sans...
Max Verstappen est heureux d'offrir à Red Bull son premier podium de la saison, le premier aussi du nouveau moteur RBPT-Ford. En outre, comme Lewis Hamilton, il se réjouit de leur beau duel, propre et sans bavure: « Ce podium est un peu une surprise, mais on a fait les bons choix stratégiques. Et puis, j'ai apprécié le combat contre Lewis. J'ai vraiment tout donné pour reprendre la position dans les derniers tours. » Verstappen a aussi administré ce week-end une bonne leçon à son équipe. Il explique en effet avoir volontairement laissé celle-ci s'égarer samedi dans des réglages trop conservateurs pour démontrer leur inanité et obtenir des ailerons moins braqués pour le lendemain ! Quant à Isack Hadjar, il a de nouveau fait montre de sa pointe de vitesse, mais aussi d'un certain manque de jugeote, comme en témoigne sa manœuvre de défense trop brutale contre Charles Leclerc. Le Parisien reconnaîtra néanmoins son erreur. Laurent Mekies conclut en soulignant les nets progrès réalisés par Red Bull depuis deux courses: « Nous avions trois dixièmes de retard en qualifications, et à peu près la même chose en course, alors qu'à Miami l'écart se chiffrait à une demi-seconde. Néanmoins, ce circuit nous était favorable. Nous connaissons les faiblesses de la voiture, notamment sa trop grande rigidité. Mais nous accomplissons quelques pas en avant. » Ceux-ci semblent en tout cas avoir convaincu de Verstappen de ne pas migrer tout de suite vers le GT3, puisqu'il affirme au soir de ce Grand Prix qu'il pilotera bien encore en F1 en 2027.
Sources :
- Nextgen-auto.com
- Auto hebdo n°2564, 28 mai 2026.
Tony