Verstappen chez McLaren ?
Si Max Verstappen a récemment fait taire les rumeurs autour de son éventuel départ de la F1, son avenir chez Red Bull paraît moins assuré ces derniers temps. D'abord, le quadruple champion du monde et son agent Raymond Vermeulen ont été aperçus en mai à Salzbourg en compagnie de Mark Mateschitz, Oliver Mintzlaff et Chalerm Yoovidhya, le trio dirigeant l'empire Red Bull. Qu'ont-ils bien pu se dire ? Au Grand Prix d'Autriche, si certains analystes évoquent encore un départ vers Mercedes, il est désormais question d'un transfert vers McLaren. En vérité, Verstappen et son entourage ont déjà eu des contacts avec l'équipe britannique en 2024 et 2025, mais ils sont restés très discrets, Red Bull et McLaren étant alors en concurrence directe pour les titres mondiaux. En ce mois de juin, le Daily Mail révèle que le Hollandais pourrait prendre le chemin de Woking en 2028 dans le cadre d'un échange avec Oscar Piastri. Le quotidien ajoute que le Batave bénéficierait de certaines clauses dans son contrat lui permettant de se libérer une année avant son terme (2028). Par ailleurs, il pourrait être séduit à l'idée de poursuivre sa collaboration avec son ingénieur Gianpiero Lambiase qui rejoindra McLaren dans un an et demi. Quant à Piastri, il est suivi de longue date par Red Bull et a pour agent Mark Webber, toujours très proche de son ancienne écurie...
Tout ceci reste au stade des spéculations, mais Helmut Marko, désormais retraité, assure que Verstappen ne fera pas de sentiments si RBR n'est pas capable de lui offrir une bonne voiture: « Pour lui, la compétitivité passe avant tout. Tous les pilotes de premier plan disposent de clauses de sortie liées aux performances. Des discussions sont probablement en cours à ce sujet. » Zak Brown déclare pour sa part que « son téléphone a beaucoup sonné ces derniers temps », laissant sous-entendre que Verstappen et Vermeulen l'auraient sollicité les premiers.
Présentation de l'épreuve
Les équipes ne chôment pas durant les quinze jours séparant les Grands Prix de Barcelone et d'Autriche. Certaines organisent des essais « TPC » avec d'anciennes monoplaces, principalement afin de comparer les données recueillies en piste avec celles des simulateurs. Leonardo Fornaroli et Will Stevens conduisent ainsi à Monza la McLaren MCL60 de 2023. Le même Fornaroli conduit aussi la Haas VF-25 à Jerez. Alpine organise un test à Monza pour le jeune Américain Ugo Ugochukwu, actuel leader du championnat de F3. Celui-ci termine à pied après avoir heurté le mur à la Variante Ascari. Ferrari offre un deuxième essai à son protégé Rafael Câmara, cette fois-ci à Montmeló. Sur ce même circuit, Yuki Tsunoda retrouve le volant de la Red Bull RB21 de 2025. De façon plus furtive, Audi fait rouler son actuelle R26 sur sa piste d'essais de Neubourg-sur-le-Danube, une démonstration officiellement destinée aux employés de l'usine. Mais beaucoup soupçonnent la marque allemande d'avoir profité de cet événement pour étrenner la première évolution de son moteur hybride, autorisée par les ADUO...
L'invincibilité de Mercedes sous la deuxième ère hybride a pris fin quinze jours plus tôt avec la victoire de Lewis Hamilton sur Ferrari à Barcelone. Ce succès a certes découlé de circonstances particulières, à savoir une forte chaleur et une meilleure stratégie des Rouges. Restent que les récentes évolutions aérodynamiques apportées à la SF-26 semblent porter leurs fruits. Et en Autriche, l'équipe italienne inaugure la deuxième version de son V6 turbo hybride Tipo 67, développée aux moyens des « ADUO ». Voilà pourquoi Mercedes tire des fusées de détresse destinées à la presse. « Notre voiture bénéficiait d'une certaine avance que Ferrari a largement comblée, s'alarme le directeur technique James Allison. Bien sûr, nous ne sommes pas désarmés dans ce combat et nous apporterons bientôt nous aussi des nouveautés, mais le sort du championnat dépendra de notre rythme de développement. » George Russell utilise pour sa part l'emphase dramatique: « ‘'Ils'' arrivent ! Ferrari et Hamilton sont d'énormes menaces ! »
Ferrari espère enchaîner avec un deuxième succès de rang, même si le Red Bull Ring, avec ses longues accélérations, est plus exigeant pour les moteurs que le circuit de Barcelone. Ce sera justement un bon test pour le V6 italien évolué, baptisé « ICE ADUO 1 » et alimenté par un nouveau biocarburant développé par Shell. Ce rendez-vous est donc très important pour la Scuderia. Lewis Hamilton attend énormément de sa monture car avec 41 points de retard sur Kimi Antonelli, il peut légitimement viser un huitième titre mondial. Pour Charles Leclerc, l'enjeu est autre. Victime d'une série noire, mal à l'aise avec sa monture et notamment avec ses freins, le Monégasque multiplie les erreurs depuis quelques courses (quatre accidents sur les quatre derniers week-ends). Il doit redresser la tête, sous peine de céder à Hamilton le leadership chez Ferrari. Leclerc se montre en tout cas confiant et prétend avoir ressaisi un bon feeling avec son auto: « J'ai retrouvé de bonnes sensations en Espagne et il me faut désormais réalise un week-end propre, sans erreur, pour exploiter tout le potentiel mis à ma disposition. »
Au soir de sa victoire en Espagne, Lewis Hamilton a révélé avoir longtemps souffert du cou l'année passée suite à un sérieux accident survenu lors d'essais privés à Barcelone, en janvier 2025. Cette information permet de mieux comprendre pourquoi sa précédente saison fut aussi difficile. « J'ai heurté le mur très violemment l'an dernier et cela déplacé un disque dans mon cou, qui est allé toucher un nerf. Cela m'a presque immobilisé pendant environ neuf semaines. Je voyais des chiropracteurs et des kinés tous les jours. Je ne pouvais pas dormir. J'étais sous antidouleurs et j'ai dû recevoir des injections. Puis j'ai dû vivre avec cela durant toute la saison, ce qui n'était pas idéal dans la voiture, en position assise. » Cette épreuve appartient dorénavant au passé et Hamilton paraît avoir retrouvé tous ses moyens. L'hypothèse d'une prochaine retraite paraît repoussée puisqu'il est désormais question d'une prolongation de son contrat avec Ferrari, sans doute pour deux nouvelles saisons (2027-2028).
Bien entendu, la bataille entre Mercedes et Ferrari se jouera aussi en coulisses, sur le terrain réglementaire. La Scuderia a ainsi pointé du doigt les extensions récemment apportées au diffuseur arrière de la W17. Afin d'améliorer l'appui, Mercedes avait ajouté des profils dentelés couvrant plus de la moitié de la largeur de son diffuseur. D'autres équipes, dont Ferrari, ont alors imaginé des profils encore plus originaux, mais se sont heurtées à un net refus de la FIA. Sur ce, Ferrari a demandé une clarification aux autorités qui publient avant le GP d'Autriche une directive technique proscrivant les profils en pointe sur les diffuseurs. Mercedes est donc contrainte de retirer ceux-ci, tout comme Racing Bulls qui avait copié l'idée. Par ailleurs, la fédération bannit aussi pour 2027 les ailes d'échappements qui fleurissent depuis le début de la saison, un concept initié par... Ferrari.
Red Bull dispute ici son Grand Prix national et espère y réaliser une belle performance grâce à un large package d'évolutions. À terme, l'écurie autrichienne souhaite supplanter McLaren comme troisième force du plateau et se rapprocher du duo Mercedes - Ferrari. « Ce circuit sera un bon étalon car il comprend des virages lents et rapides, souligne Max Verstappen. Il réclame donc un excellent équilibre et une bonne motricité, secteurs où nous avons besoin de nous améliorer. La récupération d'énergie y sera aussi importante. C'est donc le test idéal pour nous situer dans la hiérarchie. » Laurent Mekies répète pour sa part qu'il est optimiste pour la suite de la saison: une bagarre à quatre entre Mercedes, Ferrari, Red Bull et McLaren n'est pas à exclure.
Lando Norris a retrouvé le podium à Barcelone, mais n'a pas le moral en arrivant en Autriche. Le champion en titre constate que McLaren ne parvient pas à suivre le rythme de Mercedes et Ferrari, tandis que Red Bull-Ford remonte peu à peu. Son constat est amer: pour la première fois depuis 2023, l'équipe de Woking semble s'être fourvoyée dans son développement. En Autriche, elle dévoile sa propre version de l'aileron arrière « Macarena », mais cela ne suffira pas à doper les performances d'une MCL40 bourrée de petits défauts. « C'est juste un test, nous ne courrons pas dimanche avec cet aileron, tempère Norris. C'est une pièce très complexe, et s'il est heureux que nous en disposions, c'est malheureusement bien tard. Nous ne faisons que copier Ferrari et Red Bull. Nous avons trois mois de retard sur le développement. » L'an dernier, McLaren avait dominé en Autriche, mais c'était avec les anciennes F1. Elle ne risque donc pas de rééditer cette performance cette année. « C'est impossible, soupire Norris. Il y a ici des virages lents et Monaco a prouvé que ceux-ci ne nous réussissent guère. Il y a aussi des virages rapides, et nous n'y sommes pas meilleurs... »
La saison des transferts en est encore à ses balbutiements, mais étonnamment Fernando Alonso pourrait en être l'une des vedettes. Le plus vieux pilote de Formule 1 depuis un demi-siècle envisagerait en effet de prolonger encore sa carrière de deux ans, jusqu'en 2028 (il aura alors 47 ans !). Il est ainsi annoncé chez Audi, Cadillac et même Alpine ! Flavio Briatore aurait en effet convaincu son vieil ami de revenir pour la quatrième fois (!) à Enstone pour un baroud d'honneur au volant d'une voiture compétitive. Mike Krack annonce toutefois que Aston Martin désire garder Alonso au-delà de 2026 et lui aurait fait une offre en ce sens. Il ajoute que le pilote espagnol donnera plus de précisions sur son avenir fin juillet, probablement à l'occasion du GP de Hongrie.
Si le pas est hésitant, l'œil est encore vif, alerte, déterminé. Malgré une cruelle maladie, Jacques Laffite, 82 ans, retrouve les collines de Styrie, quarante-cinq ans après son succès sur ce qui était alors le terrible Österreichring. Accompagné de son fils Pierre, le glorieux octogénaire arpente le paddock du Red Bull Ring, puis rend visite à sa fille Margot dans la cabine de Canal +, le temps de faire quelques photos avec ses enfants et le commentateur Julien Fébreau. Puis, Laffite retrouve son refuge d'Obdach « Chez Eva », là où il festoyait après chaque Grand Prix d'Autriche dans les années 1970 et 1980. Sa vieille amie Eva Ederer-Grogger, l'accueille à bras ouverts. C'est l'heure de se remémorer le passé. Notamment cette énorme fiesta après la victoire de 1981. Et les prouesses de Laffite à la tête du petit orchestre local. « Il maniait le tambour-major comme personne ! » plaisante Eva. Mais pour Jacques Laffite, ce séjour autrichien n'a rien d'une parenthèse enchantée. Ambassadeur intransigeant du sport auto, il participe à tous les rendez-vous historiques de France et de Navarre, malgré un état de santé précaire. Jacquot se rend chaque année au Classic Days, au Mans ou à Magny-Cours, pour rencontrer ses fans et ses vieux amis: Henri Pescarolo, Jacky Ickx, Jean Ragnotti, Derek Bell... Fin mai, il a même repris le volant de sa Ligier JS11/15 lors du Grand Prix de France historique au Castellet, sous les vivats de la foule. « Un bel engouement pour des vieux c*ns comme nous ! » a-t-il lâché, pince-sans-rire.
Comme à Barcelone, beaucoup d'équipes font rouler de jeunes pousses lors des premiers essais libres. On retrouve ainsi Dino Beganovic (Ferrari), Luke Browning (Williams) et Paul Aron (Audi). Ayumu Iwasa roule cette fois avec Racing Bulls. Jak Crawford apparaît avec Aston Martin et Ryō Hirakawa, récent troisième des 24 heures du Mans avec Toyota, pilote la Haas d'Esteban Ocon.
Red Bull inaugure une large évolution de sa RB22 touchant les entrées de pontons, le capot-moteur, le train arrière et surtout le plancher. L'objectif est d'obtenir une plus grande stabilité dans les virages, le châssis au taureau rouge étant l'un des plus délicats à conduire. Ferrari a aussi retouché le fond plat et l'aileron avant de sa monoplace, mais apporte surtout la première évolution de son V6 turbo hybride. Ses clientes Haas et Cadillac ont reçu leurs propres exemplaires de cet « ICE ADUO 1 » mais ne les utilisent pas pour le moment. Audi lance aussi la version B de son moteur hybride, une amélioration très attendue car selon Gabriel Bortoleto le groupe propulseur est vraiment le point faible de la monoplace helvético-allemande. Audi a aussi revisité ses ailerons, ses déflecteurs et son fond plat. On note par ailleurs un nouveau nez chez Alpine et un diffuseur retouché chez Racing Bulls. Enfin, Cadillac apporte un nouveau package aérodynamique comprenant une nouvelle carrosserie, des pontons et un plancher revisités. Graeme Lowdon espère que son écurie se rapprochera du milieu du peloton: pourquoi ne pas atteindre la Q2 ? La MAC-26 abandonne au passage sa livrée asymétrique au profit d'une belle robe à dominante blanche.
Essais et qualifications
La chaleur règne ce week-end en Autriche et le mercure ne descendra jamais sous les 30°C les après-midis. Antonelli signe le meilleur temps (1'07''796''') d'une première séance marquée par de multiples incidents: Hadjar change de moteur, Colapinto perd un rétroviseur, Hirakawa heurte (sans conséquence) un mécanicien de Haas et Pérez tombe en panne sur le circuit. Plus tard, Antonelli réalise de nouveau le meilleur temps (1'07''104''') des seconds essais devant les McLaren. Samedi, sous une chaleur toujours aussi prégnante, Russell réalise le meilleur chrono (1'07''096''') des derniers essais devant Antonelli et Hamilton. Les écarts sont cependant très faibles entre les quatre « top teams ».
L'après-midi, Russell obtient une pole litigieuse (1'06''113''') puisque réalisée alors que le drapeau jaune venait d'être déployé suite à un accident de Verstappen. Mercedes prouve néanmoins que l'Anglais a bien levé le pied sur 100 mètres sous un unique drapeau jaune, ce qui correspond aux exigences réglementaires. Antonelli (4e) a en revanche abandonné son dernier tour rapide, prenant un simple drapeau jaune pour un double drapeau. Les Ferrari (Leclerc 2e, Hamilton 3e) menacent les Mercedes et sont en embuscade pour la victoire. Verstappen (5e) subit une brusque perte d'adhérence dans la Rindt Kurve à cause d'un aileron arrière resté ouvert. Le Hollandais s'écrase rudement dans le mur de pneus et s'en tire avec quelques douleurs. Son collègue Hadjar (8e) est mécontent de la tenue de route de sa Red Bull. Les McLaren-Mercedes (Norris 6e, Piastri 7e) partiront d'assez loin, mais roulent dans la même demi-seconde que Russell.
Bien équilibrées, les Racing Bulls (Lawson 9e, Lindblad 10e) atteignent toutes deux la Q3 pour la première fois de la saison. Gasly (11e) salue un meilleur équilibre sur son Alpine-Mercedes tandis que Colapinto (16e) subit au contraire du survirage. Les Audi (Bortoleto 12e, Hülkenberg 14e) sont véloces dans les courbes mais manquent de souffle dans les lignes droites. La Haas évoluée continue de décevoir. Bearman (13e) fait ce qu'il peut à son volant tandis que Ocon (15e) prétend avoir beaucoup moins d'appuis à l'arrière que son équipier. Les Williams (Sainz 17e, Albon 18e) souffrent de leur poids et d'un manque de grip. Chez Cadillac, Pérez (19e) a perdu du temps suite à la panne la veille mais devance encore Bottas (20e). Enfin, les Aston Martin-Honda (Alonso 21e, Stroll 22e) rendent désormais une seconde aux Cadillac...
Russell est d'autant plus heureux de partir en pole qu'il s'élancera le lendemain du côté propre de la piste. Néanmoins, il doit cette position de pointe à la lenteur de la direction de course qui a d'abord signalé l'accident de Verstappen avec un simple drapeau jaune, avant de brandir au bout de vingt secondes les doubles drapeaux. Sans cela, le Britannique aurait dû ralentir bien davantage et les Ferrari monopoliseraient la première ligne... Verstappen critique cette lenteur: « C'est une zone très dangereuse, où nous arrivons très vite. Qu'ils n'aient mis qu'un simple drapeau me paraît assez fou. » Russell explique qu'il n'a pas vu la Red Bull accidentée et a cru que Verstappen était revenu sur le bitume...
Le Grand Prix
Il fait très chaud ce dimanche dans les collines de Styrie: le mercure affiche plus de 30°C dans l'atmosphère et 55°C au sol ! Pirelli recommande à ses clients une stratégie à deux arrêts. Tout le monde part avec les gommes médiums (C4), sauf Bortoleto et Sainz qui sont en pneus tendres (C5). Le pneu dur (C3) devrait être utilisé pour les second et troisième relais.
Départ: Russell se déporte vers Leclerc, lui barre la route et franchit le premier virage en tête devant les deux Ferrari. Antonelli vire large, traverse le dégagement en asphalte mais reste quatrième. Suivent Verstappen, Piastri et Norris.
1er tour: Leclerc tente en vain d'attaquer Russell avant le sommet de Remus. Puis Hamilton parvient à la hauteur de son équipier et le déborde par l'extérieur à Schlossgold. Antonelli emprunte encore le dégagement à Remus. En fin de tour, Russell devance Hamilton, Leclerc, Antonelli, Verstappen, Piastri, Norris, Lawson, Hadjar et Lindblad.
2e: Antonelli déborde Leclerc au premier virage. Cependant le Monégasque reprend l'avantage dans la montée vers Remus, mais il glisse au freinage, gênant Antonelli qui est rattrapé par Verstappen. Celui-ci dépasse l'Italien à Schlossgold, puis efface Leclerc dans la courbe Rauch. Antonelli se retrouve sous la menace des McLaren.
3e: Hamilton roule à moins d'une seconde de Russell. Bottas rejoint le stand Cadillac avec des freins en feu. Ses mécaniciens vident des extincteurs avant de rentrer la MAC-26 au garage.
4e: Hadjar déborde Lawson à Remus. Le Néo-Zélandais reprend l'ascendant à la réaccélération, mais le Français s'impose pour de bon au virage n°4.
5e: Russell précède Hamilton (1.4s.), Verstappen (3.1s.), Leclerc (5s.), Antonelli (5.5s.), Piastri (6.6s.), Norris (7.7s.), Hadjar (9.7s.), Lawson (11.5s.), Lindblad (12.3s.), Ocon (13.8s.) et Bortoleto (14.3s.). Pérez abandonne, victime comme son équipier de freins surchauffés.
7e: Verstappen remonte désormais sur Hamilton. À la peine avec ses pneumatiques, Leclerc ferme la porte devant Antonelli à Rauch, mais s'incline ensuite dans la courbe Rindt. Bortoleto double Ocon.
8e: Hamilton a abîmé ses gommes arrière et se plaint de survirage. Verstappen est maintenant dans son sillage.
10e: Russell mène devant Hamilton (3.2s.), Verstappen (3.7s.), Antonelli (6.4s.), Leclerc (8.8s.), Piastri (10s.), Norris (11.5s.), Hadjar (12.5s.), Lawson (16.6s.), Lindblad (18.8s.), Bortoleto (21.7s.) et Ocon (25.1s.).
11e: Verstappen déboîte Hamilton dans la montée vers Remus et le passe en l'emmenant assez loin vers l'extérieur. Mais le pilote Ferrari puise dans ses batteries et prend sa revanche par l'intérieur à Schlossgold. Verstappen bloque une roue à cette occasion, mais il a assez d'énergie pour tenter l'extérieur contre Hamilton dans la courbe Rauch. Le Britannique le serre à son tour et Verstappen s'incline après avoir mis une roue dans la poussière. Antonelli revient à une seconde et demie de ce duo.
12e: Hamilton arrive chez Ferrari, chausse des pneus durs et repart en 11e position. Six secondes séparent Russell de Verstappen.
14e: Leclerc se saisit de gommes dures (2.7s.) et se relance derrière Bortoleto que vient de doubler Hamilton. Gasly s'empare aussi de pneus blancs.
15e: Russell précède Verstappen (5.2s.), Antonelli (6.7s.), Piastri (12.6s.), Norris (13.8s.), Hadjar (15.6s.), Lawson (20.5s.), Lindblad (23.4s.), Hamilton (25s.) et Bortoleto (25.7s.). Sainz change de pneus.
16e: Hamilton prend la huitième place à Lindblad. Leclerc effacera Bortoleto au tour suivant.
18e: Russell compte cinq secondes d'avance sur Verstappen. Hamilton déborde Lawson. Bortoleto prend des pneus médiums.
19e: Verstappen s'empare de pneus durs, mais il est resté trop longtemps en piste car il repart derrière Hamilton. Hadjar et Lindblad prennent aussi des gommes blanches, tandis que Ocon et Albon choisissent le composé médium.
20e: Russell fait halte chez Mercedes pour recevoir des gommes dures (2.3s.). Antonelli recueille la première place. Piastri prend aussi des pneus durs, tout comme Lawson qui repart devant Lindblad. Premier arrêt aussi pour Colapinto.
21e: Antonelli et Norris occupent provisoirement les deux premières places. Russell compte une seconde et demie d'avance sur Hamilton, deux secondes et demie sur Verstappen. Lindblad assaille Lawson à Schlossgold et lui chipe la 9e place. Le Néo-Zélandais ne se méfiait pas car son ingénieur Alexandre Iliopoulos venait de lui dire que Racing Bulls gelait les positions !...
22e: Norris chausse les pneus durs et ressort derrière Hadjar. Verstappen double Hamilton à Remus, mais celui-ci, ailerons ouverts, reprend l'ascendant dans la descente vers Schlossgold. Verstappen réplique dans la courbe Rauch et passe Hamilton, non sans le tasser un peu vers l'extérieur. Réponse du berger à la bergère... Hülkenberg s'empare d'enveloppes dures.
23e: Antonelli compte huit secondes d'avantage sur Russell. Verstappen se crée un matelas d'une seconde et demie sur Hamilton.
24e: Antonelli arrive aux stands et s'empare de pneus durs. Au même moment, Sainz s'immobilise le long du muret des stands avec un moteur muet.
25e: La « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée. Trop tard pour Antonelli qui chute au cinquième rang... Bearman, Alonso et Stroll remplacent leurs pneus.
26e: Hamilton se saisit de pneus tendres (2.2s.) puis ressort en septième position. Les commissaires ayant dégagé la Williams, le drapeau vert est agité dans ce tour.
27e: Russell devance Verstappen (5.8s.), Leclerc (12.5s.), Antonelli (13.4s.), Piastri (16.8s.), Hadjar (17.5s.), Hamilton (18.8s.), Norris (20.4s.), Lindblad (25s.), Lawson (26s.), Bortoleto (28.5s.) et Gasly (35s.).
29e: Antonelli menace Leclerc sans oser l'attaquer et bloque une roue au virage n°4. Hamilton est remonté sur Piastri et Hadjar.
30e: Antonelli déborde Leclerc par l'extérieur à Schlossgold. Au même endroit, Hamilton dépasse Hadjar par l'intérieur, malgré un mouvement tardif de celui-ci.
31e: Russell mène devant Verstappen (4.2s.), Antonelli (13.5s.), Leclerc (14.6s.), Piastri (16.6s.), Hamilton (18.4s.), Hadjar (19.5s.), Norris (25s.), Lindblad (39s.) et Lawson (40s.).
33e: Verstappen est plus rapide que Russell et revient à moins de quatre secondes.
35e: Antonelli remonte quelque peu sur le duo de tête. Piastri et Hamilton pourchassent Leclerc, peu à l'aise avec les pneus durs. Second changement de pneus pour Ocon.
36e: Russell précède Verstappen (2.3s.), Antonelli (10.3s.), Leclerc (15.5s.), Piastri (16.2s.), Hamilton (17s.), Hadjar (20.6s.), Norris (23.2s.), Lindblad (42s.), Lawson (43s.), Bortoleto (48s.) et Gasly (58s.).
37e: Piastri déborde Leclerc à Remus au prix d'un freinage tardif. La Ferrari perd au passage un petit bout d'aileron avant. Hamilton menace ensuite son équipier qui lui résiste âprement. L'Anglais prend finalement l'ascendant par l'extérieur au virage n°6.
38e: Verstappen roule à moins de deux secondes de Russell. Leclerc s'empare de pneus durs et repart huitième. Second arrêt pour Albon.
39e: Russell perd quelques dixièmes en bloquant une roue à Remus. Hamilton est aux trousses de Piastri. Gasly remplace ses pneus.
40e: Hadjar reprend des pneus blancs (2.5s.) et ressort derrière Leclerc. Alonso écope de 5 secondes de pénalité pour un excès de vitesses aux stands.
41e: Russell devance Verstappen (1.2s.), Antonelli (8s.), Piastri (16s.), Hamilton (17s.), Norris (22s.), Leclerc (36s.), Hadjar (41s.), Lindblad (48s.) et Lawson (50s.).
43e: Piastri prend des pneus durs (2.3s.), tout comme Hamilton (2.2s.) qui s'arrête donc pour la troisième fois cet après-midi.
44e: Russell se saisit de gommes dures (2.3s.) et repart en troisième position. Verstappen recueille la première place.
45e: Verstappen devance Antonelli (4.3s.), Russell (16.7s.), Norris (20.7s.), Leclerc (31.2s.), Piastri (33.2s.), Hamilton (35s.), Hadjar (37s.), Lindblad (53s.) et Lawson (53.9s.). Deuxième arrêt pour Bortoleto.
46e: Lawson reprend des gommes dures et reste dixième. Hülkenberg et Bearman remplacent aussi leurs enveloppes.
47e: Lindblad change de pneus et repart derrière Lawson. Son ingénieur Pierre Hamelin lui donne l'ordre de ne pas attaquer son équipier et cette fois le jeune Anglais obéira. Stroll abandonne à cause d'une avarie d'ERS.
48e: Antonelli rejoint Verstappen qui se débat avec un train de pneus abîmés. Norris chausse des enveloppes dures et ressort derrière Hadjar. Piastri efface Leclerc au virage n°3. Second arrêt pour Colapinto.
50e: Verstappen s'empare de pneus durs (2.2s.) et se relance en troisième position.
51e: Sept secondes séparent Antonelli de Russell. Hamilton est revenu sur Leclerc qui lui oppose quelque résistance.
52e: Antonelli se saisit de gommes blanches (2.6s.) puis se relance en troisième position. Russell retrouve le commandement. Hamilton dépasse Leclerc à Remus. Alonso change de pneus et subit sa pénalité.
53e: Albon renverse une quille au sommet de Remus, ce qui occasionne une courte « voiture de sécurité virtuelle », le temps pour un commissaire de ramasser cet objet. Gasly chausse les pneus tendres.
54e: Le drapeau vert est agité. Russell précède Verstappen (9s.), Antonelli (14s.), Piastri (15.5s.), Hamilton (17.4s.), Leclerc (18s.), Hadjar (20.2s.), Norris (27s.), Lawson (1m. 10s.), Lindblad (1m. 11s.), Bortoleto (-1t.) et Hülkenberg (-1t.).
56e: Hadjar assaille Leclerc à Remus. Le Monégasque contre-attaque par l'intérieur à Schlossgold et s'impose en freinant tardivement. Hadjar le repasse cependant à la reprise de gaz et conquiert la sixième place.
57e: Russell roule au-delà du vibreur au virage n°1. Verstappen revient à sept secondes du leader.
59e: Antonelli signe le meilleur tour de la course (1'10''364''') et se rapproche de Verstappen. Norris fait la jonction avec Leclerc, toujours à la peine avec les gommes dures.
60e: Leclerc passe chez Ferrari pour prendre un jeu de pneus tendres usagés et repart au huitième rang.
61e: Russell devance Verstappen (5.4s.), Antonelli (9.2s.), Piastri (16s.), Hamilton (20s.), Hadjar (25s.), Norris (27s.), Leclerc (52s.), Lawson (-1t.) et Lindblad (-1t.).
63e: Les écarts sont globalement stables en tête de course. Norris se rapproche quelque peu d'Hadjar.
66e: Russell est premier devant Verstappen (3.8s.), Antonelli (6.4s.), Piastri (17.2s.), Hamilton (21.4s.), Hadjar (26.4s.), Norris (27.3s.), Leclerc (50s.), Lawson (-1t.) et Lindblad (-1t.).
68e: Antonelli est revenu à moins de deux secondes de Verstappen qui lui-même est à trois secondes de Russell.
69e: Alors que Russell se contente de gérer son avance, Verstappen n'a plus qu'une seconde d'avantage sur Antonelli.
70e: Antonelli bénéficiera du mode dépassement contre Verstappen dans le dernier tour.
71e et dernier tour: Verstappen et Antonelli arrivent sur Alonso qui leur ouvre la porte avant Remus. Verstappen a bien ménagé sa batterie et garde assez de puissance pour maintenir le pilote Mercedes à distance.
George Russell remporte son deuxième Grand Prix d'Autriche devant Verstappen et Antonelli. Piastri se classe quatrième devant Hamilton et Hadjar. Norris finit septième. Leclerc n'obtient qu'une piètre huitième place. Lawson (9e) et Lindblad (10e) rapportent trois points à Racing Bulls. Bortoleto, Hülkenberg, Gasly, Bearman, Colapinto, Ocon, Albon et Alonso coupent aussi la ligne.
Après la course: Russell reprend la main
George Russell retrouve la plus haute marche du podium, près de quatre mois après son dernier succès en Australie. Le natif de King's Lynn est enfin parvenu à associer chance et performance. Plus à l'aise au volant de la W17, il a pris le dessus sur son équipier Andrea Kimi Antonelli ces deux derniers week-ends, ce qui est de bon augure pour la suite de sa saison. « Ces deux derniers mois ont été difficiles, avec des courses vraiment compliquées, raconte-t-il. J'avais l'impression que tout allait contre moi ou que je n'arrivais pas à extraire le meilleur de la Mercedes. Évidemment, j'ai un coéquipier incroyable à mes côtés, qui réalise des performances assez spectaculaires semaine après semaine. Cela m'a demandé beaucoup de résilience pour revenir et livrer de solides performances. L'équipe m'a aidé à trouver enfin la bonne approche. Ainsi, décrocher les deux dernières poles, puis remporter la victoire ici, sur un circuit qui ne me convient pas particulièrement, me rendent très fier. J'ai vécu une course calme et sous contrôle. En enlevant Verstappen de l'équation, ç'aurait été une démonstration de Mercedes: 20 secondes devant McLaren, et encore plus devant Ferrari. »
Kimi Antonelli se contente de la troisième place après avoir encore une fois connu un mauvais début de course. Le jeune Italien a commis deux gros écarts dans le premier tour, ce qui l'a empêché de s'accrocher au wagon de tête et lui a peut-être coûté la seconde place. Mais il a aussi semble-t-il composé avec des réglages peu adéquats: « En début de course, j'ai rencontré beaucoup de problèmes avec mes freins, ce qui m'a fait commettre quelques erreurs. Les deux premiers relais furent vraiment pénibles. Cela s'est nettement amélioré après le dernier arrêt, mais il était trop tard pour que je puisse m'inviter à la fête. C'est décevant, car j'avais commencé le week-end très fort. Je me suis peut-être un peu relâché après les très bons essais du vendredi. J'ai été trop confiant. Samedi, j'étais tendu en qualifications et n'ai pas donné le meilleur. Je reviendrai plus fort à Silverstone. » Antonelli a concédé 28 points à Russell lors des deux dernières épreuves. S'il possède encore une solide avance de 40 unités sur celui-ci, la compétition entre les deux pilotes Mercedes reste très ouverte. « Il y aura des week-ends où George sera devant moi et vice-versa, constate-t-il. Il est très fort, très complet, notamment en qualifications où il a encore un petit avantage sur moi. » Le juge de paix de Silverstone devrait permettre de dégager la nouvelle hiérarchie interne chez Mercedes.
Pour la première fois de la saison, Max Verstappen et sa Red Bull-Ford ont pu se mêler à la lutte pour la victoire. Les évolutions apportées à la RB22 contentent le quadruple champion du monde qui affiche enfin un franc sourire: « C'est une course très satisfaisante. Les nouveautés ont porté leurs fruits. J'ai une meilleure adhérence dans les courbes. Cette fois-ci, les pneus ont bien fonctionné pendant une bonne moitié de course. Ce fut plus dur lors du dernier relais, avec un train arrière instable. J'ai manqué d'équilibre et de motricité, mais rien de dramatique puisque j'ai pu tenir la dragée haute à Antonelli. » Verstappen est si content qu'il envisage une folle remontée qui comme en 2025 lui permettrait de se mêler à la lutte pour le titre ! « Il reste encore beaucoup de courses, non ? » demande-t-il avec malice. Son équipier Isack Hadjar (6e) se félicite d'avoir enfin eu l'occasion de se battre avec des « gros bras », comme son idole Lewis Hamilton qu'il a affronté roue contre roue. « Il a fini par me passer, donc peut-être ai-je été trop gentil avec lui ! » plaisante le Francilien.
McLaren a vécu un week-end médiocre et se contente d'engranger des points pour conserver sa troisième place au championnat des constructeurs. C'est à peu près tout ce que peuvent faire les Papayes pour le moment. On note toutefois que Oscar Piastri a pris le dessus sur Lando Norris, ce qui n'était plus arrivé depuis le GP du Japon. « Ce fut une course très solide, souligne l'Australien. J'estime avoir bien progressé ce week-end. La chaleur nous a du reste bien aidés, comme c'était le cas les années précédentes. Je m'attendais à voir les Ferrari bien meilleures, mais nous sommes encore assez loin de Mercedes. Je suis confiant cela dit parce que la hiérarchie va changer constamment cette saison. » De son côté, Norris s'en tient à une modeste septième place: « J'étais du côté sale de la piste et j'ai perdu une place au départ au profit d'Oscar. Puis encore une autre aux stands. Je me suis retrouvé derrière Hadjar, mais je ne pouvais rien faire car il était plus rapide. Pour me consoler, je dirais que la voiture fonctionnait bien dans l'air propre. »
Après Barcelone, Frédéric Vasseur avait mis en garde sur la grande variabilité des performances d'une course à l'autre, notamment en raison du comportement des pneumatiques. Ce Grand Prix d'Autriche a bien illustré ses propos. Bien placées sur la grille, les SF-26 ont très vite été distancées en raison de surchauffes et d'une mauvaise gestion des gommes qu'une stratégie à trois arrêts n'a pas réussi à atténuer. Surtout, le moteur italien, même amélioré, a pâti d'un manque de puissance dans les tronçons rapides. « Nous avons été rattrapés par la réalité, soupire Lewis Hamilton. Nous avons toujours une bonne voiture, bien équilibrée, mais en retrait par rapport à Mercedes en rythme pur. » Un constat validé par Frédéric Vasseur: « Nous avons un déficit de puissance depuis le début de la saison et nous n'allons pas le combler d'un coup de baguette magique. Nous savions que ce circuit ne nous serait pas favorable. Chaque week-end raconte une histoire différente. » De son côté, Charles Leclerc s'est encore battu avec une monoplace qu'il ne parvient décidément pas à bien maîtriser. Ses bonnes sensations des essais se sont évanouies ce dimanche. « C'était une course incroyablement difficile, dit-il. Très, très peu d'adhérence en général. J'ai vraiment eu du mal à mettre les pneus dans la bonne fenêtre. Je n'avais aucun grip à l'arrière. Il y a encore beaucoup de travail à faire... Je n'ai pas une image claire de cette voiture et de ce dont je peux en tirer. » Avec quatre points glanés en trois courses, Leclerc perd le contact avec Hamilton au championnat et a besoin d'un déclic pour sortir de cette spirale infernale.
Sources :
- Nextgen-auto.com
Tony