Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda RBPT
Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull Honda RBPT
Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari

1083o Gran Premio

VI Grand Prix of Azerbaïdjan
Nuvoloso
Bakou
domenica 30 aprile 2023
51 giri x 6.003 km - 306.049 km
(Offset: 104 m)
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Le sprint nouveau est arrivé

Stefano Domenicali est parvenu à ses fins : les constructeurs ont accepté à l'unanimité la création d'un nouveau format pour les courses sprints du samedi dont la première édition se tiendra lors de ce Grand Prix d'Azerbaïdjan. Le sprint est désormais une épreuve à part entière, cantonnée au samedi, et dont le résultat n'a aucune influence sur le Grand Prix du dimanche. En effet, les qualifications pour la course dominicale sont avancées au vendredi, après l'unique séance libre du week-end. La grille de départ pour le sprint est déterminée le samedi matin par une session qualificative spéciale baptisée « Sprint Shootout ». L'idée d'une qualification sur un seul tour (telle qu'elle se pratiquait entre 2003 et 2005) ayant été rejetée, le format en trois manches est reproduit, mais pour une durée réduite : la Q1 dure seulement 12 minutes, la Q2 10 minutes et la Q3 8 minutes. Chaque pilote devra chausser des pneus médiums neufs lors des deux premières manches et un train des pneus tendres neufs lors de la « SQ3 ».

 

Avec ces mini-épreuves, pilotes et constructeurs disputeront donc cette année 30 courses et 30 séances de qualifications. Comme les mécaniques vont être davantage sollicitées, la fédération porte de trois à quatre le quota d'unités de puissance pour l'ensemble de la saison. Cette libéralité est a priori bienvenue, mais elle pourrait aussi augmenter les dépenses des écuries, surtout si l'usage d'un cinquième, voire d'un sixième moteur devient nécessaire pour tel ou tel concurrent. En outre, les constructeurs redoutent la casse lors de ces sprints du samedi, surtout sur un circuit urbain comme Bakou: une voiture très endommagée pourrait ne pas être opérationnelle pour le Grand Prix du lendemain. Sans compter les coûts engendrés par les réparations... Enfin, avec une seule séance libre, pilotes et ingénieurs n'auront que fort peu de temps pour mettre au point les bolides et pourront difficilement évaluer les performances sur les longs relais, avec beaucoup d'essence et des pneus plus ou moins durs. Dans l'ensemble, ce nouveau format est accueilli avec une fraîche réserve par les pilotes. Mais seul Max Verstappen, opposant résolu aux sprints, fait part ouvertement de sa désapprobation.

 

Présentation de l'épreuve

Après un mois de « trêve printanière » (suite à l'annulation du GP de Chine), la Formule 1 se rend pour la septième fois à Bakou. L'épreuve azérie, qui se tient au pied de la citadelle classée au patrimoine de l'Unesco, paraît avoir enfin trouvé son public puisque pour la première fois tous les billets ont été vendus pour la course du dimanche. Ce tracé atypique qui mélange très hautes vitesses, virages à angles droits et portion sinueuse autour de la vieille ville ne répond pas exactement à tous les standards sécuritaires. Vanté par ses promoteurs comme l' « événement où tout peut arriver », ce Grand Prix produit autant de processions ennuyeuses (2016, 2019, 2022) que de courses à rebondissements (2017, 2018, 2021). Mais il est très rentable (506 millions de dollars de retombées) et l'Azerbaïdjan verse chaque année 57 millions de dollars à la Formule 1 pour conserver son ticket d'entrée. C'est donc sans surprise que l'on apprend ce week-end la prolongation du contrat du Grand Prix jusqu'en 2026. Pendant ce temps-là, à quelques 300 kilomètres de Bakou, les forces azéries assiègent et affament la population arménienne de l'enclave du Haut-Karabagh, ravagée par la guerre depuis plus de deux ans. Mais qui s'en préoccupe ?

 

Le 15 avril 2023, l'hebdomadaire allemand Die Aktuelle crée le scandale en publiant une prétendue interview de Michael Schumacher, a priori fort réaliste mais en fait réalisée par l'application d'intelligence artificielle ChatGPT à partir de propos tenus jadis par le septuple champion du monde ou par ses proches. « Ma vie a totalement changé » fait dire l'IA au malheureux Schumacher, dont l'état de santé est tenu secret depuis maintenant près de dix ans. Cet article suscite une très vive indignation auprès du grand public et soulève bien entendu la question de l'usage de ces nouvelles technologies. Sans surprise, la famille Schumacher porte plainte contre Die Aktuelle. La rédactrice en chef du magazine est d'ailleurs limogée sur-le-champ.

 

Les déboires de Mercedes et l'échec de la W14 entraînent une réorganisation de l'organigramme de l'écurie, avec le retour au premier plan de James Allison. Ce dernier avait pris un peu de recul en 2021 pour des raisons d'ordre privé. Il avait alors cédé ses fonctions de directeur technique à Mike Eliott pour devenir « directeur de la technologie », un poste beaucoup plus large duquel il planchait sur les modifications réglementaires de 2026, mais aussi chapeautait le projet d'Ineos en vue de la Coupe de l'America. Après un entretien avec Toto Wolff, Elliott et Allison ont finalement accepté d'échanger leurs responsabilités. Le premier prend en charge la stratégie organisationnelle et le second retrouve la direction du staff technique de Brackley. Allison, 55 ans, va donc se pencher sur les évolutions à apporter (ou non) à la W14 tout en préparant la W15.

 

Le 26 avril, AlphaTauri annonce que son team manager Franz Tost (67 ans) quittera ses fonctions à la fin de la saison pour être remplacé par Laurent Mekies, actuel directeur sportif de Ferrari. C'est un véritable retour aux sources pour l'ingénieur tourangeau qui a effectué ses premières armes à Faenza où il fut ingénieur en chef de 2005 à 2014. Il sera coiffé d'un président-directeur général, Peter Bayer, l'ancien directeur exécutif de la F1 auprès de la FIA, un des artisans de la règle sur les budgets plafonnés. La prochaine arrivée de ce tandem Bayer - Mekies à la tête d'AlphaTauri porte le sceau d'Oliver Mintzlaff, le nouveau dirigeant des activités sportives de Red Bull. Beaucoup voit dans le départ de Tost un prélude à celui de son indéboulonnable acolyte Helmut Marko. L'éminence grise de feu Dietrich Mateschitz, qui fête ce 27 avril ses 80 ans, ne serait pas dans les petits papiers de Mintzlaff, soucieux de rajeunir les cadres. Le bruit court que Marko pourrait passer le flambeau à son ex-protégé, le jeune retraité Sebastian Vettel...

 

Le départ de Mekies fragilise un peu plus une Scuderia Ferrari en pleine crise, d'autant que Frédéric Vasseur avait assuré quelques semaines plus tôt que son compatriote et ami ne quitterait pas Maranello. A Bakou, le chef des Rouges déplore une annonce « précipitée » d'AlphaTauri, puisque Mekies ne prendra visiblement pas ses fonctions à Faenza avant 2024. Cette défection est en tout cas un nouveau coup rude pour Ferrari, un mois après le départ de l'aérodynamicien David Sanchez pour McLaren. Toutefois, le Cheval Cabré reste attractif puisque la presse fait état du recrutement de deux ingénieurs en provenance de Red Bull dont les identités restent cependant inconnues. L'un d'eux serait Enrico Balbo, « n°3 » des aérodynamiciens à Milton Keynes.

 

Ferrari vit en 2023 son pire début de saison depuis 2009, avec seulement 26 points inscrits en trois Grands Prix. La SF-23 est jusqu'ici une profonde déception et le recul de la Scuderia dans la hiérarchie est particulièrement inquiétant puisqu'elle a été rattrapée par Aston Martin et Mercedes, voire par Alpine. C'est dans ce contexte fort houleux que naissent des rumeurs de négociations entre Charles Leclerc et Mercedes. Les relations entre le jeune Monégasque et Ferrari sont en effet notoirement tendues depuis les nombreux déboires ayant émaillé la précédente saison. Le départ de Mattia Binotto et l'arrivée de Frédéric Vasseur, son ancien mentor et ami personnel, devaient resserrer les liens, mais Leclerc vit un début de saison si piteux (six points et deux abandons en trois courses) qu'il se sent légitimement autorisé à lorgner sur les prés voisins.

 

Sa déception est fort compréhensible. Arrivé chez Ferrari en 2019 après seulement une saison d'apprentissage chez Sauber, le petit prince du Rocher s'est aussitôt affirmé en champion du monde en puissance. Or, voilà déjà cinq ans que son écurie est incapable de lui offrir une monoplace capable de le hisser jusqu'au trône mondial. Pendant ce temps-là, son rival de la cuvée 1997 Max Verstappen a déjà deux couronnes sur le front, et sans doute bientôt une troisième. Dans le même temps, Mercedes paraît prête à tourner la page Lewis Hamilton. Le jeune George Russell semble avoir pris le pouvoir à Brackley, et les déclarations toujours plus amères du septuple champion du monde à l'égard de son écurie trahissent sa lassitude. Il est donc naturel que Charles Leclerc et Toto Wolff soient amenés à discuter. Le journaliste italien Leo Turrini, proche de Maranello, affirme même qu'un accord serait sur le point d'être conclu. Leclerc, dont le contrat avec Ferrari s'achève fin 2024, rejoindrait Mercedes en 2025... Mais à Bakou, l'intéressé déclare qu'il n'a pas discuté avec Mercedes « pour le moment ». Frédéric Vasseur affirme de son côté qu'il ne doute pas d'une collaboration à long terme entre Leclerc et Ferrari. Bref, tout va pour le mieux !

 

Ferrari a demandé un droit de révision contre la pénalité de cinq secondes infligée à Carlos Sainz Jr. à l'issue du Grand Prix d'Australie, suite à un accrochage avec Fernando Alonso lors du troisième départ. Le Madrilène estime la punition beaucoup trop sévère et prétend avoir été gêné par le soleil rasant. Mais les commissaires fédéraux refusent finalement de rouvrir le dossier puisque selon eux aucun élément nouveau n'a été porté à leur connaissance. Cette décision est critiquée par Sainz qui s'étonne que la collision entre Nyck de Vries et Logan Sargeant, survenue au même endroit et au même moment, n'ait pas fait l'objet de la moindre enquête. « La cohérence des décisions demeure un sujet brûlant pour notre sport », tonne-t-il.

 

La Red Bull RB19 est munie d'entrées d'air plus larges au niveau des pontons, ce qui entraîne aussi l'adoption d'un nouveau fond plat et d'un déflecteur extérieur (bargeboard) redessiné. Beaucoup de nouveautés chez Mercedes : un aileron arrière adapté au tracé de Bakou, des écopes de frein agrandies pour améliorer le refroidissement et des retouches au niveau du diffuseur et des suspensions. Mais la grande évolution de la W14 est attendue à Imola. L'Alpine A523 retrouve ici son habituelle livrée bleue, mais reçoit surtout un plancher inédit destiné à fournir plus d'appui, ainsi qu'un nouvel aileron arrière très réduit. Hélas, les nombreux problèmes de fiabilité qui affectent Ocon et Gasly compromettent l'évaluation de cette mise à jour. McLaren introduit aussi un nouveau fond plat qui donne toute satisfaction. Après un nouveau museau en Australie, l'Alfa Romeo reçoit ici un aileron arrière et un « beam wing » inédits. AlphaTauri a revu ses ailerons avant et arrière, ainsi que sa carrosserie pour maximiser le refroidissement. Enfin, la Williams FW45 inaugure un nouveau nez et un nouveau beam wing.

 

Vendredi: essais et qualifications

Le circuit de Bakou a été resurfacé depuis 2022 afin de gommer les bosses qui étaient signalées ça et là. Le nouvel asphalte est un véritable billard qui offre plus de grip que prévu, d'où une altération inattendue des pneumatiques. Vendredi matin se déroule l'unique séance d'essais libres avant les qualifications. Les pilotes travaillent d'arrache-pied à la recherche des bons réglages. Verstappen réalise le meilleur chrono (1'42''315'''), quatre centièmes devant Leclerc. Le drapeau rouge est déployé lorsque le moteur Renault de Gasly s'enflamme suite à une fuite hydraulique. L'Alpine est inondée par les extincteurs.

 

L'après-midi, la séance qualificative pour le Grand Prix est interrompue par deux drapeaux rouges en Q1. De Vries percute les glissières de face au virage n°3, puis Gasly, dont la monoplace venait d'être réparée, touche le muret au même endroit avec sa roue avant-droite.

 

Très rapide le matin, Leclerc fait sensation en décrochant sa première pole position de la saison (1'40''203'') avec près de deux dixièmes d'avance sur Verstappen. C'est aussi sa troisième pole consécutive à Bakou. Sur l'autre Ferrari, Sainz a beaucoup plus de mal à trouver de l'adhérence. Il se classe tout de même quatrième, mais rend à huit dixièmes de son équipier. Chez Red Bull, Verstappen (2e) déplore une RB19 trop sous-vireuse. Pérez (3e) espérait pour sa part se positionner en première ligne. Les Mercedes manquent de vitesse de pointe, un gros inconvénient ici. Hamilton s'est démené pour atteindre la cinquième place, quitte à frôler les murets. Russell (11e) est pour sa part éliminé dès la Q2 suite à une petite faute. Les Aston Martin (Alonso 6e, Stroll 9e) sont également trop lentes en ligne droite à cause d'une défaillance de leurs ailerons arrière mobiles. Les McLaren-Mercedes fonctionnent mieux grâce à leurs évolutions et parviennent toutes deux en Q3. Norris (7e) réalise sa meilleure qualification en 2023 et Piastri (10e), affaibli par une infection, atteint cette dernière étape malgré un voiture nerveuse.

 

Tsunoda surprend en hissant son AlphaTauri revigorée en huitième position. Son collègue De Vries (20e) partira dernier après son accident. Alpine connaît un vendredi catastrophique. Ocon (12e) est immobilisé en Q2 suite à un problème de montage de boîte et Gasly (19e) se met dans le mur. Albon place sa Williams-Mercedes en 13e position mais pense qu'il aurait pu faire bien mieux s'il n'avait pas été gêné par Sainz. Le prometteur Sargeant (15e) parvient en Q2 pour la première fois de sa jeune carrière. Les Alfa Romeo affichent quelques progrès. Bottas (14e) atteint cette fois la Q2. Zhou (16e) reste à quai en Q1 pour seulement deux centièmes, mais déplore un manque de grip. Enfin, Haas vit une bien mauvaise journée. Hülkenberg (17e) commet quelques erreurs de pilotage tandis que Magnussen (18e) est successivement affligé d'une chute de pression d'essence, puis d'un problème électronique.

 

A noter que Norris et Tsunoda ont utilisé tous leurs jeux de pneumatiques tendres neufs. Ils ne pourront donc pas rouler le lendemain matin lors de la « SQ3 », s'ils l'atteignent, puisqu'il faut impérativement monter ce type d'enveloppes pour cette épreuve. McLaren et AlphaTauri exploitent volontairement cette faille réglementaire en estimant que mieux vaut assurer une bonne place sur la grille du dimanche.

 

Samedi: sprint

Samedi matin se déroule la première séance de qualifications pour le sprint. Leclerc réalise de nouveau le meilleur temps (1'41''697''') et donc la « pole », même s'il abîme son aileron avant dans une touchette en fin de séance. Toujours en retrait, Sainz se classe cinquième sur l'autre Ferrari. Chez Red Bull, Pérez (2e) parvient à battre Verstappen (3e) pour un petit dixième. Russell se ressaisit après un vendredi difficile et place sa Mercedes en quatrième position, deux rangs devant Hamilton (6e). Les Aston Martin (Alonso 8e, Stroll 9e) pâtissent toujours d'un DRS au fonctionnement aléatoire. Albon s'illustre en plaçant sa Williams en septième position. Son équipier Sargeant (15e) est moins heureux puisqu'il tape un mur du virage n°13. Du côté de McLaren, Norris (10e) atteint la SQ3 et comme prévu ne roule pas lors de cette dernière. Piastri (11e) cale en SQ2 pour quelques centièmes. Les deux Haas-Ferrari (Hülkenberg 12e, Magnussen 14e) ne vont pas plus loin que la SQ2. Le cauchemar se poursuit chez Alpine-Renault: Ocon (13e) ne franchit pas la deuxième étape et Gasly (19e) est frappé par un problème d'échappement. Les Alfa Romeo (Zhou 16e, Bottas 17e) sont aussitôt éliminées, mais on les soupçonne de faire volontairement l'impasse sur ce samedi pour préparer le Grand Prix. Enfin, les AlphaTauri (Tsunoda 18e, de Vries 20e) déçoivent beaucoup mais l'équipe italienne se concentre elle aussi sur le dimanche.

 

L'après-midi, dans une douce atmosphère (22°C), se déroule le premier sprint de la saison 2023. Ocon s'élance depuis les stands car sa configuration de suspension a été modifiée sous régime de parc fermé. Sargeant déclare forfait car sa Williams été trop endommagée lors son accident de la matinée. Tout le monde s'élance en pneus médiums (C4), sauf Norris et Bottas qui sont munis de tendres (C5).

 

Départ: Leclerc reste en tête devant Pérez. Russell bondit à droite de Verstappen et tous deux se frottent rudement à la sortie du premier tournant. Le Hollandais garde l'ascendant.

 

1er tour: Russell attaque de nouveau par l'intérieur Verstappen au virage n°2. Il touche la roue arrière-gauche de la Red Bull qui frotte le muret, mais reste encore devant. Russell contre-attaque et dépasse Verstappen par l'intérieur au virage n°3. Le Hollandais cède au dernier moment et de nouveau lèche la muraille. Sainz s'est blotti derrière Russell et tente en vain de surprendre Verstappen. Les équipiers de Vries et Tsunoda se tamponnent au troisième tournant. Peu après, le Japonais touche un mur et perd sa roue arrière-droite. En fin de tour, Leclerc devance Pérez, Russell, Verstappen, Sainz, Hamilton, Alonso, Albon, Norris et Stroll.

 

2e: La roue de Tsunoda se désolidarise de son AlphaTauri avant de retomber en piste. Le Japonais rejoint son stand pour changer de pneus et de museau, tandis que la procédure de « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée.

 

3e: Verstappen, furieux contre Russell, poursuit l'épreuve bien que son fond plat et un son ponton gauche soient endommagés. Tsunoda est reparti, mais son AlphaTauri avance en crabe... La suspension est touchée à mort. Le Japonais regagne pour de bon son stand afin de mettre pied à terre. Mais il a semé trop de dégâts et la voiture de sécurité finit par entrer en piste.

 

4e: Le peloton se regroupe derrière la Safety Car pendant que les commissaires balaient les débris. Ocon passe aux stands et chausse des pneus tendres.

 

5e: Bernd Mayländer et Leclerc évitent un chat errant égaré sur le circuit... Enfin de tour, la Safety Car se retire.

 

6e: Le drapeau vert est brandi. Leclerc garde Pérez à distance. Verstappen attaque Russell et le dépasse au premier virage. Sainz repousse une attaque de Hamilton qu'il serre en sortie de virage. Alonso en profite pour doubler l'Anglais et assaille aussitôt Sainz qui louvoie dangereusement devant son compatriote avant le virage n°2. Stroll déborde Norris.

 

7e: L'usage du DRS est autorisé. Leclerc n'a qu'une demi-seconde d'avance sur Pérez. Verstappen roule à une seconde de son équipier.

 

8e: Pérez ouvre son aileron mobile sur la ligne de chronométrage et dépasse facilement Leclerc.

 

9e: Pérez s'est forgé une avance d'une seconde sur Leclerc. Verstappen suit le Monégasque. Piastri prend le 10e place à Norris.

 

10e: Pérez précède Leclerc (0.9s.), Verstappen (1.7s.), Russell (4.2s.), Sainz (5.7s.), Alonso (6.7s.), Hamilton (7.7s.), Albon (11.1s.), Stroll (11.7s.) et Piastri (12.3s.). A la peine avec ses gommes tendres, Norris se fait doubler par les Haas puis rentre aux stands pour chausser les pneus médiums.

 

11e: Verstappen améliore le record du tour (1'43''723''') et revient à quelques dixièmes de Leclerc.

 

12e: Pérez signe le meilleur chrono (1'43''616'''). Stroll prend la huitième place (et donc le dernier point) à Albon. Hülkenberg a détruit ses pneus arrière et va perdre de nombreuses positions. Alpine rappelle Ocon pour lui remettre des gommes tendres.

 

14e: Pérez compte un peu moins de deux secondes d'avance sur Leclerc, lequel garde une seconde de marge sur Verstappen.

 

15e: Pérez devance Leclerc (3.2s.), Verstappen (4.1s.), Russell (8.3s.), Sainz (10.1s.), Alonso (11.5s.), Hamilton (14s.), Stroll (17.2s.), Albon (19.8s.) et Piastri (21s.).

 

16e: Pérez achève l'épreuve avec quatre secondes d'avantage sur Leclerc. Verstappen n'est pas une menace pour le pilote Ferrari.

 

17ème et dernier tour: Sergio Pérez remporte ce sprint devant Leclerc et Verstappen. Russell se classe quatrième, Sainz cinquième. Alonso finit sixième (son plus mauvais résultat en 2023). Hamilton (7e) et Stroll (8e) prennent les derniers points en jeu. Suivent Albon, Piastri, Magnussen, Zhou, Gasly, de Vries, Hülkenberg, Bottas, Norris et Ocon.

 

Sergio Pérez est satisfait de conquérir la médaille de vainqueur du sprint, mais conserve une grande retenue, car son objectif est bien de gagner le Grand Prix le lendemain, et la partie sera beaucoup plus rude que ce samedi puisqu'il s'élancera cette fois derrière Max Verstappen. Quant à Charles Leclerc, il ne visait pas vraiment le succès. et se contente d'engranger ces sept points... c'est plus qu'il n'en avait inscrit jusqu'ici en 2023 ! Pour le Grand Prix, le pilote Ferrari est inquiet car ses pneus se sont rapidement dégradés cet après-midi. Il a peu de chances de pouvoir résister aux Red Bull le lendemain.

 

Une altercation oppose George Russell à Max Verstappen après le drapeau à damiers. Le Hollandais demande au Britannique des explications suite à leurs multiples contacts du premier tour qui a failli les envoyer tous les deux dans le mur. Russell argue qu'il n'avait aucune adhérence en raison de ses pneus froids. « Mais personne n'avait du grip ! » enrage son interlocuteur. Et lorsque le pilote Mercedes tourne les talons, Verstappen, furieux, le traite de « tête de b*te » !

 

En conférence de presse, Verstappen ne décolère pas : « C'est du George typique. Plus borné, tu meurs ! Sa Mercedes était plus lente que ma Red Bull et tout risquer ainsi au premier tour était stupide. De toute façon, je l'aurais eu quelques tours après. Vous avez vu le trou dans mon ponton ? A sa place, j'essaierais de me battre, mais de ne pas me crasher. » George Russell n'a pas la même vision des événements: « J'étais à l'intérieur et je pense qu'en tant que pilote, Max connaît les risques quand on se place à l'extérieur. Je suis ici pour me battre, pour gagner et je ne vais pas me retenir juste parce qu'il mène le championnat. Aucun des contacts n'était intentionnel, je faisais de mon mieux pour essayer d'avoir une ligne propre. J'ai été assez surpris qu'il essaie toujours de me tenir par l'extérieur. Quand on prend un virage à l'intérieur devant l'adversaire, alors ce virage est à nous. On apprend ça dès le karting, qu'il y retourne ! ... » Verstappen réplique avec classe qu'il n'avait pas l'intention de céder face à la « Princesse George »...

 

Le bilan de ce premier « sprint indépendant » est très mitigé. Faute d'enjeu réel, les pilotes se sont montrés très prudents (sauf Russell et Verstappen...) durant cette mini-épreuve, comme c'était du reste le cas en 2021 et 2022 lorsque son résultat établissait la grille de départ du Grand Prix. Cette retenue est très compréhensible puisque, plafond budgétaire oblige, les écuries redoutent tout « carton » qui épongerait leurs finances serrées. Et sur un circuit urbain comme Bakou, où la moindre faute se termine dans le mur, la sagesse était de mise, d'où cette nouvelle procession. Mais évidemment, Liberty Media n'avouera pas que ce « sprint » est une épreuve parasite sans grand intérêt. Les pilotes évitent prudemment de porter tout jugement tranché, sauf le champion du monde. « Jetez ça à la poubelle ! » cingle Max Verstappen. « Il est simplement important de revenir aux fondamentaux et de s'assurer que chaque équipe puisse se battre pour la victoire. C'est ce que nous devons essayer de faire [plutôt que] d'essayer de mettre en place toutes ces sortes d'excitations artificielles. Le sprint, ce n'est pas de la vraie course, c'est du jeu, c'est digne de Las Vegas. » Cela tombe bien, la F1 reviendra dans la capitale du vice en fin de saison !...

 

Le Grand Prix

Il se déroule sous un ciel voilé et le mercure affiche 23°C. Ocon et Hülkenberg s'élancent depuis les stands après avoir sorti leurs monoplaces du parc fermé pour modifier leurs réglages. A l'instar de Gasly, ils partent avec les pneus durs avec lesquels ils comptent aller le plus loin possible, jusqu'à une éventuelle voiture de sécurité tardive. Tout le reste du peloton démarre avec les gommes médiums. Les pneus tendres, qui se sont altérés très vite la veille lors du sprint, ne sont pas utilisés.

 

Départ: Leclerc conserve le commandement devant Verstappen, Pérez, Sainz et Hamilton.

 

1er tour: Magnussen et Bottas se frottent au deuxième tournant. Le Finlandais perd quelques positions dans cet incident. Leclerc précède Verstappen, Pérez, Sainz, Hamilton, Alonso, Stroll, Norris, Russell et Tsunoda.

 

2e: Verstappen roule dans le sillage de Leclerc et attend que l'usage du DRS soit autorisé pour le dévorer.

 

3e: Verstappen ouvre son aileron arrière mobile mais ne parvient pas à attaquer Leclerc en début de tour. Mais, en fin de parcours, le Hollandais actionne son DRS dans la très longue ligne droite et passe tel un missile devant la Ferrari.

 

4e: Verstappen s'empare du commandement et s'enfuit devant Leclerc qui est aussitôt menacé par Pérez.

 

5e: Verstappen mène devant Leclerc (1.2s.), Pérez (1.5s.), Sainz (3.5s.), Hamilton (4.2s.), Alonso (5.1s.), Stroll (5.8s.), Norris (7.8s.), Russell (9.1s.), Tsunoda (11.2s.), Piastri (12.1s.) et Albon (13.6s.). Gasly passe déjà aux stands pour remettre les pneus durs.

 

6e: Pérez ouvre son aileron arrière et dépasse facilement Leclerc par l'intérieur du premier virage. Hamilton menace Sainz pour la 6e place. Bottas prend des gommes dures.

 

7e: Pérez met la pression sur Verstappen et, ce faisant, l'oblige à maltraiter ses pneus arrière. Leclerc demeure au contact du Mexicain. Albon bascule sur les pneus durs.

 

8e: Sainz a semé Hamilton qui est désormais sous le feu d'Alonso. Tsunoda, Piastri et Sargeant passent en gommes blanches.

 

9e: Pérez est revenu à une seconde de Verstappen qui souffre de graining sur ses gommes arrière. Hamilton passe chez Mercedes pour mettre les pneus durs (2.6s.). Norris effectue la même opération. De Vries heurte le muret avec sa roue avant-gauche en prenant le très serré virage n°5 et ne peut pas braquer au tournant suivant. Il se retrouve coincé en pleine piste.

 

10e: Les drapeaux jaunes sont déployés en raison de l'accident de de Vries. Red Bull appelle Verstappen pour prendre les gommes dures.

 

11e: De Vries est sorti de son habitacle et la voiture de sécurité est alors envoyée sur le circuit. Magnussen passe aux stands.

 

12e: Pérez et Leclerc entrent aux stands, chaussent les pneus durs et ressortent dans cet ordre devant Verstappen, grand perdant de cette neutralisation. Sainz, Alonso, Stroll, Russell et Zhou changent aussi d'enveloppes. Pérez est relancé de façon un peu intempestive sous le nez de Leclerc pendant que Russell se porte à la hauteur de Stroll à l'entrée des stands. Ces deux incidents seront classés sans suite. Seuls Ocon et Hülkenberg, partis en pneus durs, ne sont pas rentrés.

 

13e: La Safety Car va s'effacer à l'issue de cette boucle. Pérez devance Leclerc, Verstappen, Sainz, Alonso, Russell, Stroll, Ocon, Hülkenberg, Hamilton, Norris, Tsunoda, Piastri, Zhou, Albon, Gasly, Magnussen, Sargeant et Bottas

 

14e: Le drapeau vert est agité. Pérez reste premier alors que Verstappen menace immédiatement Leclerc. Le Hollandais double le Monégasque par l'intérieur au virage n°3. Alonso surprend Sainz par la droite au quatrième tournant. Stroll double Russell tandis que Hamilton se défait de Hülkenberg, puis d'Ocon.

 

15e: Pérez possède une seconde et demie de marge sur Verstappen. Hamilton prend la septième place à son équipier Russell.

 

16e: L'intervalle est stable entre les pilotes Red Bull. Leclerc leur concède quatre secondes. Stroll frotte le muret au virage n°5, comme de Vries précédemment, mais par chance sa suspension supporte le choc.

 

18e: Pérez mène devant Verstappen (1.4s.), Leclerc (6.8s.), Alonso (9.1s.), Sainz (10.3s.), Stroll (11.2s.), Hamilton (12.2s.), Russell (13.7s.), Ocon (15.3s.), Hülkenberg (16s.), Norris (17.1s.) et Tsunoda (19s.).

 

19e: Stroll fait un écart en arrivant sur l'avenue Neftçilər. Hamilton le dépasse facilement dans l'accélération suivante.

 

20e: Pérez compte toujours un peu plus d'une seconde d'avance sur son équipier. Stroll se plaint de ses pneus arrière et doit contenir Russell.

 

22e: Pérez devance Verstappen (1.7s.), Leclerc (11s.), Alonso (13.6s.), Sainz (15.7s.), Hamilton (18s.), Stroll (19.6s.), Russell (20.6s.), Ocon (24.8s.), Hülkenberg (25.8s.), Norris (26.8s.) et Tsunoda (27.8s.).

 

23e: Ocon et Hülkenberg conduisent un train comprenant Norris, Tsunoda, Piastri, Albon et Magnussen. Revenu en quinzième position, Gasly repasse par les stands pour mettre un jeu de pneus durs et se retrouve dernier.

 

24e: Pérez possède une seconde et trois dixièmes d'avance sur Verstappen. Hülkenberg lèche le muret au virage n°15, mais cela sera sans conséquence pour lui.

 

26e: Rien ne bouge en tête de l'épreuve. Leclerc, repoussé très loin des Red Bull, maintient Alonso deux secondes derrière lui.

 

28e: Pérez mène devant Verstappen (1.7s.), Leclerc (15.2s.), Alonso (17.3s.), Sainz (22.9s.), Hamilton (24.7s.), Stroll (26.1s.), Russell (27.3s.), Ocon (37.5s.) et Hülkenberg (39s.).

 

30e: Verstappen n'est pas très content de sa tenue de route. Son retard sur Pérez monte à deux secondes. Alonso allonge sa foulée et revient à une seconde et demie de Leclerc.

 

31e: Verstappen démontre qu'il en a encore sous le pied et améliore le record du tour (1'45''348''').

 

32e: Verstappen frotte le mur avec sa roue arrière-droite au virage n°15. Pérez fera de même au passage suivant, mais avec l'avant-droit. Ce ne sont que de simples baisers...

 

33e: Pérez mène devant Verstappen (2.6s.), Leclerc (17.4s.), Alonso (19.4s.), Sainz (28.4s.), Hamilton (29.8s.), Stroll (30.1s.), Russell (32s.), Ocon (45.8s.), Hülkenberg (46.8s.), Norris (47.5s.) et Tsunoda (48.2s.).

 

35e: Les pilotes Red Bull se battent à coups de records du tour. Pérez reprend la main (1'44''869'''). Alonso concède maintenant trois secondes à Leclerc. Anonyme 18e, Bottas s'empare de gommes médiums.

 

36e: Pérez repousse Verstappen à trois secondes. Hamilton se rapproche de Sainz. Alfa Romeo rappelle Zhou pour abandonner suite à d'inquiétantes surchauffes. Le Chinois était seulement 16e.

 

38e: Pérez mène devant Verstappen (3.4s.), Leclerc (20.1s.), Alonso (23.3s.), Sainz (34.4s.), Hamilton (35s.), Stroll (37.7s.), Russell (39.3s.), Ocon (55.8s.) et Hülkenberg (56.7s.).

 

40e: Pérez semble avoir la victoire en main. Trois secondes et demie le séparent de son coéquipier. Hamilton met la pression sur Sainz sans pouvoir porter une attaque. Russell évolue pour sa part dans le sillage de Stroll.

 

42e: Verstappen est revenu à trois secondes de Pérez. Hülkenberg a de plus en plus de mal à composer avec ses vieux pneus. Norris se fait menaçant.

 

43e: Leclerc signe le meilleur tour en course (1'44''670'''). Hülkenberg lèche un panneau publicitaire avec sa roue arrière-droite.

 

44e: Pérez mène devant Verstappen (3.1s.), Leclerc (19.8s.), Alonso (23.6s.), Sainz (40s.), Hamilton (40.6s.), Stroll (42.8s.), Russell (43.5s.), Ocon (1m. 04s.), Hülkenberg (1m. 06s.), Norris (1m. 07s.), Tsunoda (1m. 08s.), Piastri (1m. 11s.) et Albon (1m. 13s.).

 

45e: Norris dépasse Hülkenberg au pied de la citadelle. Tsunoda prend en chasse le pilote allemand.

 

47e: Verstappen roule toujours à trois secondes et demie de Pérez. Tsunoda déborde Hülkenberg. Comme Ocon, le pilote Haas guette une voiture de sécurité qui ne viendra pas. Les deux hommes vont être contraints de stopper dans les ultimes tours.

 

48e: Pérez devance Verstappen (3s.), Leclerc (20s.), Alonso (23s.), Sainz (42s.), Hamilton (43s.), Stroll (45.5s.), Russell (46.5s.), Ocon (1m. 11s.), Norris (1m. 14s.) et Tsunoda (1m. 17s.).

 

49e: Le ciel se charge de nuages menaçants. Alonso s'empare du meilleur chrono (1'44''241''') et se rapproche de Leclerc. Russell effectue un écart au premier virage. Il passe ensuite aux stands pour prendre les gommes tendres, afin de conquérir le record du tour. Hülkenberg observe son changement de pneus et dégringole au classement.

 

50e: Deux secondes séparent les Red Bull à un tour du but. Ocon pénètre dans la pit-lane pour son changement de pneus... et tombe sur un groupe de photographes autorisés à prendre place au pied du podium ! Par bonheur, le Français évite tout le monde mais cet incident fait fâcheuse impression.

 

51e et dernier tour: Sergio Pérez remporte pour la seconde fois le GP d'Azerbaïdjan. Verstappen finit deuxième après avoir signé son meilleur chrono (1'44''232'''). Leclerc (3e) grimpe sur son premier podium de la saison. Alonso termine quatrième devant Sainz et Hamilton. Stroll se classe septième. Russell finit huitième et conquiert sur le fil le point du meilleur tour (1'43''370'''). Norris est neuvième avec sa McLaren. Tsunoda (10e) inscrit un deuxième point pour AlphaTauri. Viennent ensuite Piastri, Albon, Magnussen, Gasly, Ocon, Sargeant, Hülkenberg et Bottas.

 

Après la course

Sergio Pérez était très attendu sur un de ces circuits urbains dont il s'est fait une spécialité, et n'a pas déçu avec ce double succès lors du sprint et du Grand Prix. « Checo » peut certes remercier Dame Chance puisque la voiture de sécurité est entrée en jeu alors qu'il n'avait pas encore ravitaillé, contrairement à Max Verstappen, son équipier et seul rival. Mais il lui a fallu ensuite résister à ce dernier, resté à l'affût. « Le premier relais a été très intense », narre-t-il. « Heureusement, j'ai réussi à dépasser Leclerc très vite pour recoller à Verstappen. Lorsque j'ai atteint la zone de DRS, je poussais Max pour qu'il maltraite ses pneus. C'était l'une des clés de la course. Mais une fois que nous étions en pneus durs, il était vraiment difficile de garder Max derrière. Je savais que dès qu'il aurait le DRS, il me doublerait. Le contenir était donc un énorme défi. Et nous nous sommes poussés l'un l'autre, à fond. Nous avons vraiment tout donné, tour après tour. Je suis très heureux de remporter cette victoire. » Et Pérez se pose dorénavant en prétendant légitime au titre mondial: « C'est une longue année qui s'annonce, vous savez. Je crois vraiment que Max et moi sommes en compétition. Sans mes problèmes lors des qualifications à Melbourne, je serais beaucoup plus proche de lui. Au final, il est très important que je finisse deuxième chaque fois que je ne pourrais pas gagner. »

 

Cette année, Max Verstappen a décidé d'être toujours mécontent, qu'il gagne ou qu'il perde. On ne s'étonnera donc pas de le voir grogner après ce succès perdu dans les stands. Red Bull l'a rappelé avant que la course ne soit neutralisée suite à la touchette de Nyck de Vries. Cette précipitation qui lui a coûté la première place. « Je pense que le week-end en général a été un peu désordonné, brouillon, mais on pouvait s'y attendre avec ce format », souligne l'ennemi n°1 des sprints. « Lors du premier relais, j'aurais pu être un peu plus agressif avec mes pneus. J'ai été trop prudent. Puis, j'ai aperçu une voiture arrêtée. Avec le recul, on aurait dû voir que de Vries avait une roue cassée et ne pouvait pas rentrer aux stands. Nous aurions dû prévoir la sortie de la Safety Car. C'est quelque chose qu'il faudra examiner, parce que cela a nui à ma course. Mais je sais que l'équipe agit toujours pour le mieux. Peut-être était-ce tout simplement de la malchance. Par la suite, j'ai tenté de mettre la pression sur Checo, mais j'abîmais mes pneus, donc il a fallu que je me modère un peu. » Verstappen souligne en outre que la RB19, aussi hégémonique soit elle, n'est pas si aisée que cela à piloter: « Il était très difficile d'avoir un bon équilibre en entrée et milieu du virage, là où se joue en fait le temps au tour. Je luttais contre le survirage et le sous-virage. Pendant toute la course, j'ai essayé beaucoup de choses sur mon volant pour obtenir un meilleur équilibre. Et je pense avoir trouvé un bon compromis vers la fin de la course parce que mes dix derniers tours étaient bien meilleurs que les précédents. »

 

Après quatre courses, Max Verstappen et Sergio Pérez comptent chacun deux victoires, et le Hollandais devance le Mexicain de six points (93 à 87). La question est désormais de savoir si Pérez sera pour Verstappen ce que Nico Rosberg fût pour Lewis Hamilton en 2016 : un équipier coriace au point de chiper la couronne mondiale. C'est en tout cas l'objectif déclaré du vainqueur de Bakou. Christian Horner et Helmut Marko assurent que Red Bull n'interviendra pas dans cette lutte éventuelle « tant que l'intérêt de l'équipe ne sera pas menacé ». Marko note d'ailleurs à ce sujet que Pérez et Verstappen ont tous les deux léché le mur à de multiples reprises lors de cette course, faisant craindre un double K.O....

 

Charles Leclerc n'a rien pu faire pour défendre sa première place: c'est la huitième fois consécutive qu'il ne transforme pas une pole position en victoire. Mais le pilote Ferrari savait depuis le sprint qu'il ne pourrait rien faire contre les Red Bull en course et se contente de ce premier podium de la saison. Néanmoins, il estime que que la Ferrari n'est toujours pas assez rapide, y compris face à l'Aston Martin de Fernando Alonso. Leclerc a usé de sa science pour maîtriser l'usure des gommes et contenir l'Asturien. « Nous nous sommes un peu rapprochés des Red Bull... mais nous sommes toujours très loin en termes de rythme de course », soupire-t-il. « Je pense aussi que nous sommes derrière Aston Martin. Nous devons donc vraiment travailler parce que sur une course de 51 tours, il n'y a pas grand-chose que nous puissions faire de plus. Beaucoup de travail nous attend. »

 

Pour la première fois en 2023, Fernando Alonso n'est pas convié sur le podium. Néanmoins, avec sa 6e place lors du sprint, il moissonne à nouveau 15 points et détient solidement la troisième place du classement des pilotes. L'Espagnol estime qu'il aurait pu doubler Leclerc sans la voiture de sécurité, car lors du premier relais l'Aston Martin tenait mieux les pneus médiums que la Ferrari. Il constate surtout que Ferrari, Aston Martin et Mercedes se tiennent dans un mouchoir et que la bataille sera rude pour la deuxième place du championnat des constructeurs. Du côté de Mercedes, Toto Wolff déplore une course « ennuyeuse » et admet que son équipe a fait fausse route dès le vendredi avec des réglages hasardeux. Mais ce n'est rien en comparaison de la fin de semaine cauchemardesque d'Alpine-Renault, frappée d'innombrables problèmes de fiabilité. Après quatre courses, la marque au A fléché n'affiche que huit points, un résultat très en deçà du potentiel de l'A523. « C'est un week-end amèrement décevant », constate Otmar Szafnauer. C'est ce qui s'appelle manier l'art de la litote.

Tony