Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari
Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes

1058o Gran Premio

XVIII Bahrain Grand Prix
Notte
Sakhir
domenica 20 marzo 2022
57 giri x 5.412 km - 308.238 km
(Offset: 246 m)
info
Affiche
F1
Coupe

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Motore
Magnifique mano a mano entre Charles Leclerc et Max Verstappen.

Présentation de la saison 2022

 

Formules 1 ou marsouins ?

Les essais hivernaux qui se sont tenus à Barcelone (en février) puis à Sakhir (début mars) ont mis en évidence le principal mal affligeant les Formules 1 version 2022 : le « marsouinage ». Ce phénomène fait rebondir les voitures sur le bitume à l'accélération et secoue violemment les pilotes dans leur cockpit. Il découle de l'effet de sol, et avait déjà sévi à la fin des années 70 et au début des années 80, lors de l'apparition de ce procédé. Ces turbulences ressurgissent donc logiquement avec l'effet de sol, remis à l'honneur par la nouvelle réglementation. Concrètement, sur une voiture à effet de sol Venturi, l'appui augmente en fonction de la vitesse, d'où un effet de succion. En s'abaissant, la monoplace s'approche du point de séparation des flux d'air, aux environs du diffuseur. La pression de l'air chute à cet instant, ce qui rehausse la garde au sol et accroît encore l'appui. En conséquence, la succion réopère et le plancher s'écrase à nouveau contre le bitume. Cette alternance succion – rehaussage se reproduit plus ou moins régulièrement jusqu'au freinage. La voiture rebondit ainsi d'avant en arrière, tel le marsouin qui plonge et replonge dans l'eau. Ce phénomène est intensifié par la dureté des nouvelles suspensions, très renforcées afin de plaquer davantage la machine au sol et donc de générer encore plus d'appui.

 

Voilà un syndrome bien pénible pour les pilotes qui ont l'impression, en mettant le pied au plancher, de tomber dans une essoreuse. « C'est comme si on se cognait la tête contre le sol, ça résonne dans toute la voiture... Cela ne donne pas de nausées, mais de sérieux maux de tête ! » estime par exemple Esteban Ocon. Mais surtout, les vibrations du marsouinage peuvent endommager les fonds plats. Au cours des essais de Barcelone et de Sakhir, plusieurs équipes ont dû changer de soubassement. La voiture devient instable en ligne droite et les freinages sont plus délicats à exécuter. Sans parler de la visibilité, déjà obérée par les nouveaux pneus de 18 pouces... Plusieurs solutions existent néanmoins, mais tout est affaire de compromis, comme l''explique Carlos Sainz : « En tant que pilote, on souffre des rebondissements dans les lignes droites, mais d'un autre côté, plus nous sommes bas avec ces voitures, plus nous allons vite dans les virages. Je suis convaincu que ce problème va disparaître. Nous travaillons pour résoudre cela. » La réactivité est aussi primordiale. Ferrari a semble-t-il mieux anticipé ce syndrome que ses rivales et a pu ainsi l'atténuer très vite, sans compromettre les performances globales de la F1-75. Mais cette équation n'est pas facile à réaliser. Ainsi, Mercedes a rehaussé le châssis, mais par contre-coup la W13 produit aussi moins d'appuis et dégrade ainsi plus facilement ses pneus. Le combat contre les bonds de marsouins pourrait être la clé de cette saison 2022.

 

Présentation de l'épreuve

Trois mois après la finale fort controversée d'Abou Dhabi, le paddock retrouve le Golfe persique pour le Grand Prix de Bahreïn. Celui-ci marque le coup d'envoi de la saison 2022 qui s'annonce comme la plus longue de l'Histoire de la F1, avec vingt-trois épreuves au programme. Le GP de Russie, prévu pour le mois de septembre, est cependant annulé en raison des sanctions occidentales frappant ce pays suite à la Guerre d'Ukraine. Les contrats signés avec les circuits de Sotchi et d'Igora Drive (qui devait prendre le relais en 2023) ont tout bonnement été déchirés par la FIA. L'étape russe devrait néanmoins être remplacée. On parle notamment d'un Grand Prix du Portugal à Portimão.

 

A Bahreïn, Lewis Hamilton est encore plus scruté qu'à l'accoutumée. Après avoir perdu le titre mondial 2021 dans les derniers kilomètres du Grand Prix d'Abou Dhabi, le Britannique s'est coupé du monde pendant près de deux mois, laissant planer le doute sur une éventuelle retraite. Mais un champion de ce calibre ne pouvait se résoudre à pareille désertion qui aurait été assimilée à une abdication en faveur de son rival victorieux Max Verstappen. Aussi Hamilton affiche ici une détermination et un esprit de revanche sans faille. « Je ne me suis jamais senti aussi dangereux qu'aujourd'hui ! » affirme le septuple champion du monde. Et lorsqu'on lui demande si, à 37 ans, il ne commence pas à ressentir les effets de l'âge, il affirme être au sommet de sa forme physique. Reste à savoir s'il bénéficiera d'une monoplace compétitive. La nouvelle Mercedes W13, très affectée par le « marsouinage », ne s'est pas montrée très performante lors des essais d'avant-saison. Mais Hamilton est persuadé que son écurie, avec laquelle il entame sa dixième année de collaboration, saura trouver les solutions adéquates.

 

De son côté, Max Verstappen affiche fièrement le numéro 1 du champion du monde sur le nez de sa Red Bull, un honneur que Lewis Hamilton avait dédaigné les précédentes saisons. Le jeune Batave, auréolé de sa première couronne, affirme sa suprématie. Pour lui, l' « ère Hamilton » est close. L'« ère Verstappen » a commencé le 12 décembre 2021, au soir de sa consécration. Du moins, l'espère-t-il... Verstappen n'est pas stupide au point de penser que jamais plus Hamilton ne se dressera sur sa route. Mais, en ce début 2022, ses inquiétudes se tournent plutôt vers la Scuderia Ferrari dont la F1-75 a dominé les essais hivernaux. Ceux-ci laissent augurer un duel Ferrari – Red Bull. Chez les Rouges, Charles Leclerc comme Carlos Sainz Jr. demeurent extrêmement prudents dans leurs déclarations, ne serait-ce que pour ne pas exacerber leur sourde rivalité. Reste que Ferrari semble être l'équipe qui a su le mieux apprivoiser le retour de l'effet de sol, notamment en atténuant le fameux « marsouinage », ce qui s'annonce comme un atout maître.

 

Sebastian Vettel, toujours en phase avec l'actualité médiatique, avait décidé d'arborer ce week-end un casque aux couleurs du drapeau ukrainien. Hélas, cette manifestation de solidarité est reportée car, jeudi 17 mars, le quadruple champion du monde est testé positif à la Covid-19 et doit en conséquence déclarer forfait pour le GP de Bahreïn. Aston Martin le remplace par son réserviste attiré, le vétéran allemand Nico Hülkenberg. Ce dernier peut décidément remercier le petit virus qui lui a permis d'effectuer pas moins de quatre « piges » depuis son apparition en 2020. Cependant, Hülkenberg n'a pas conduit une F1 depuis un an et demi et surtout ne connaît pas du tout les nouveaux modèles qui apparaissent cette année. Son adaptation pourrait s'avérer délicate. A signaler que Daniel Ricciardo, également contaminé par le Covid dix jours avant la course, est tout juste remis sur pied pour les essais libres du vendredi.

 

Le forfait de Vettel pose cependant la question de la pertinence des mesures anti-Covid en Formule 1. Celles-ci apparaissent excessives depuis que s'est imposé le bénin variant Omicron. Pour cette saison, la FIA maintient un protocole sanitaire assez strict, quoique allégé: la « bulle sociale » n'existe plus, le port du masque n'est plus obligatoire qu'en intérieur et les tests PCF sont facultatifs. Cependant la vaccination contre le virus est obligatoire, ce qui a conduit la fédération à se séparer du pilote de la voiture médicale Alan van der Merwe qui a refusé de se soumettre à cette injonction. Tout cela paraît cependant encore bien sévère, à l'heure où la plupart des pays lèvent les mesures de coercition sociale. Certains pilotes, comme Carlos Sainz, Pierre Gasly ou Lance Stroll, avancent même l'idée d'autoriser les pilotes testés positifs à prendre part aux Grands Prix.

 

Le 17 mars, la fédération entérine une correction au nouveau règlement technique concernant le poids minimal des monoplaces qui passe de 795 à 798 kilogrammes. Les écuries avaient en effet beaucoup de mal à atteindre le précédent chiffre. Il se murmure que seules Alfa Romeo et McLaren y parvenaient. Pas de quoi satisfaire les pilotes qui se plaignent de la lourdeur excessive de leurs nouveaux joujoux. En tout, les Formules 1 ont donc gagné pas moins de 47 kg à vide depuis 2021. Par ailleurs, afin de limiter le phénomène de « pompage », la fédération autorise l'utilisation de deux éléments de renforts pour réduire la flexion du plancher.

 

Avec le nouveau règlement, les monoplaces sont encore plus complexes à analyser que par le passé pour les commissaires techniques. C'est pourquoi, à compter de Sakhir, les hommes de Jo Bauer utilisent désormais un rayon laser pour les décortiquer. C'est ce qu'explique Nikolas Tombazis à Nextgen-auto.com: « Le règlement aérodynamique est devenu beaucoup plus complexe et pour cette raison, nous avons dû améliorer les contrôles et opter pour un système de balayage électronique à la pointe de la technologie. Il y a deux contrôles. Un premier, rapide, où nous examinons les paramètres de base, la largeur et la hauteur, pour s'assurer que la voiture ne roule pas trop bas, etc. Et ensuite un second examen plus détaillé où nous scannons toute la surface des voitures, ce qui prend un peu plus de temps. Nous vérifions sur ordinateur qu'elles satisfont à toutes les contraintes géométriques. Ensuite, nous scannons la voiture physique pour la confronter au modèle informatique. C'est ainsi que nous pourrons tirer des conclusions. » Ces contrôles auront lieu aléatoirement afin que les écuries se méfient davantage...

 

L'Alpine-Renault A522 commence la saison avec une livrée rose pâle afin d'honorer son nouveau commanditaire en titre, le géant du retraitement des eaux BWT. Ce changement de couleur ne sied guère aux puristes, d'autant que cette robe est similaire à celle qu'arborait l'écurie Force India - Racing Point entre 2017 et 2020. Toutefois, le bleu de France fera sa réapparition à partir du Grand Prix d'Australie, même s'il devra cohabiter avec le « rose papier hygiénique » de BWT...

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, lors des essais libres, Gasly fait sensation en réalisant en pneus tendres le premier meilleur temps de la saison. Il devance les Ferrari de Leclerc et de Sainz qui étaient toutefois munies de gommes médiums. Ocon cause un drapeau rouge en perdant un morceau de la carrosserie d'un ponton en pleine piste, ce qui fait désordre. En début de soirée, lors de la seconde session libre, Verstappen signe le chrono de référence (1'31''936''') devant les Ferrari. Les Mercedes sont quelque peu en retrait et les McLaren extrêmement discrètes. Tout le monde roule cette fois en pneus tendres. Red Bull et Ferrari confirment leur prédominance lors de la session libre du samedi après-midi: Verstappen précède Leclerc de quelques centièmes.

 

Le soir, Leclerc réalise la dixième pole position de sa carrière (1'30''558''') et devance Verstappen (2e, 1'30''681''') d'un petit dixième. Leurs équipiers respectifs occupent la seconde ligne, mais Sainz (3e) distance nettement Pérez (4e) de trois dixièmes. Du reste, la première rangée aurait pu être toute rouge, car seuls six millièmes séparent Verstappen de Sainz... Les Mercedes ne sont pas au niveau de Ferrari et de Red Bull. Hamilton souffre de marsouinage depuis le début du week-end. Constamment devancé jusqu'ici par Russell, il signe le cinquième temps, à 7/10e de la pole. Russell (9e) ne trouve pas d'adhérence avec son dernier train de pneus. La bonne surprise vient d'Alfa Romeo: frappé la veille d'un problème de moteur, Bottas décroche néanmoins une superbe sixième place pour sa première sortie avec l'équipe italo-suisse. Le jeune Zhou (15e) atteint pour sa part la Q2 après avoir perdu son meilleur chrono, annulé suite à un passage hors-piste. Les Haas-Ferrari (Magnussen 7e, Schumacher 12e) se montrent aussi très brillantes. C'est la première fois que l'équipe américaine hisse ses deux bolides hors de la Q1 depuis 2019 !

 

Les écarts sont très serrés au cœur du peloton. Les Alpine-Renault délivrent une prestation solide. Alonso (8e) se dit satisfait de l'A522 tandis que Ocon (11e) manque la Q2 pour quelques dixièmes. L'AlphaTauri se montre beaucoup moins performante la nuit qu'en journée. Gasly (10e) s'estime ainsi heureux d'atteindre la Q3. Tsunoda (16e) est en revanche rapidement éliminé. Le Japonais avait du reste rencontré un problème de direction lors des essais libres. Le bilan est très mitigé chez Williams. Albon (14e) s'extrait de la Q1 alors que Latifi (20e), très mécontent de sa FW44, s'élancera 20e et dernier. Les McLaren-Mercedes sont très décevantes: elles subissent des surchauffes de freins et manquent de grip dans les virages lents. Norris (13e) est transparent et Ricciardo (18e), désorienté, pâtit de son absence lors des essais de la semaine précédente pour cause de Covid. Les Aston Martin-Mercedes sont affligées d'un terrible marsouinage et se retrouvent reléguées en queue de peloton. Hülkenberg (17e) se distingue néanmoins en devançant Stroll (19e) alors qu'il n'avait jamais piloté l'AMR22 quarante-huit heures plus tôt.

 

Le Grand Prix

Cette saison 2022 débute par une chaude nuit: la température au sol atteint 28°C. Voilà un élément important pour l'utilisation des nouveaux pneumatiques de 18 pouces car, cette saison, ceux-ci ne peuvent plus être chauffés qu'à 70°C dans leurs couvertures, soit 20°C de moins que jadis. Pour cette première manche, Pirelli a sélectionné sa palette de composés la plus dure. La totalité des pilotes s'élance avec les pneus tendres (C3), exceptés ceux de McLaren qui prennent les médiums (C2). Les pneus durs (C1), peu prisés aux essais, devraient pourtant être utilisés en course face à la forte attrition attendue.

 

Départ: Verstappen démarre un peu mieux que Leclerc, mais ce dernier « balaie » la piste pour retenir le Hollandais. Sainz reste troisième tandis que Hamilton et Magnussen passent devant Pérez. Bottas rate complétement son envol et dégringole au classement.

 

1er tour: Ocon harponne Schumacher et l'envoie en tête-à-queue au virage n°6. L'Allemand exécute un 360° et se relance sans avoir perdu beaucoup de places. En fin de tour, Leclerc mène devant Verstappen, Sainz, Hamilton, Magnussen, Pérez, Russell, Gasly, Alonso et Ocon.

 

2e: Leclerc compte une seconde d'avance sur Verstappen. Pérez se rapproche de Magnussen.

 

3e: Magnussen bloque une roue au premier freinage et glisse dans les tournants suivants. Pérez le menace dans le bout droit menant au virage n°4, mais le Danois résiste, avant de céder entre les virages n°4 et 5.

 

4e: Leclerc précède Verstappen (1.1s.), Sainz (3.7s.), Hamilton (4.7s.), Pérez (6.4s.), Magnussen (7.9s.), Russell (8.6s.), Gasly (10.1s.), Alonso (11.6s.), Ocon (12.3s.), Albon (15.1s.) et Tsunoda (15.7s.). Les McLaren sont mal en point: Norris est 18e, Ricciardo 20e !

 

5e: Russell déborde Magnussen au premier virage. Tsunoda s'impose face à Albon.

 

6e: Leclerc compte deux secondes de marge sur Verstappen tandis que Hamilton maintient le contact avec Sainz. Ocon reçoit cinq secondes de pénalité pour sa collision avec Schumacher.

 

8e: Pérez est désormais aux trousses de Hamilton. Alonso laisse filer Ocon pour la neuvième place. Bottas déborde Albon après un court duel.

 

10e: Verstappen se plaint d'un manque de motricité. Pérez fond sur Hamilton et le déborde par l'extérieur, aileron ouvert, avant le quatrième tournant.

 

11e: Leclerc mène devant Verstappen (3s.), Sainz (7.7s.), Pérez (11s.), Hamilton (12s.), Russell (14.8s.), Magnussen (20.1s.) et Gasly (21.7s.).

 

12e: Hamilton effectue un premier pit-stop et sélectionne les pneus durs (3.4s.). L'Anglais n'a aucun grip en sortant des stands et se fait même doubler par Zhou. Alonso chausse des pneus médiums.

 

13e: Leclerc porte son avantage sur Verstappen à trois secondes et demie. Hamilton efface Zhou. Premiers arrêts d'Albon et de Schumacher.

 

15e: Verstappen et Sainz passent aux stands pour rechausser des gommes tendres. Magnussen et Latifi reprennent aussi cette monte, alors que Gasly, Ocon et Bottas optent pour les médiums. L'opération est plus longue pour Ocon en raison de sa punition.

 

16e: Leclerc fait halte chez Ferrari pour prendre des pneus tendres rodés (3.1s.). Pérez s'empare de pneus médiums et Russell de pneus durs. Tsunoda et Zhou choisissent des gommes jaunes. Leclerc reprend la piste un souffle devant Verstappen. Gasly chipe la huitième place à Alonso.

 

17e: Verstappen prend la roue de Leclerc à l'entame de la ligne droite principale, ouvre son aileron arrière et déborde le Monégasque au premier virage. Mais ce dernier bénéficie à son tour du DRS pour l'accélération suivante: il se porte à l'extérieur, freine très tard mais garde le contrôle de sa Ferrari et récupère le commandement.

 

18e: Comme au tour précédent, Verstappen actionne son DRS avant de franchir la ligne. Il se faufile à l'intérieur, retarde son freinage et repasse devant Leclerc. Ce dernier ouvre son aileron dans le bout droit qui conduit au virage n°4, se jette cette fois à droite et reprend l'ascendant sur Verstappen. Changement de pneus pour Ricciardo.

 

19e: Troisième épisode du duel Leclerc – Verstappen. Le Batave prend l'aspiration du pilote Ferrari dans la ligne droite de départ/arrivée, ouvre son DRS et, cette fois, freine vraiment trop tard et bloque sa roue avant-droite. Leclerc conserve le leadership. Arrêt de Stroll.

 

20e: Leclerc mène devant Verstappen (2s.), Sainz (9s.), Pérez (13s.), Hamilton (19s.), Russell (26s.), Magnussen (30s.), Gasly (35s.), Alonso (38s.), Ocon (44s.), Tsunoda (46s.), Bottas (47s.), Schumacher (51s.) et Norris (53s.). Arrêt de Hülkenberg.

 

22e: Leclerc s'échappe de nouveau et conquiert plusieurs dixièmes par tour sur Verstappen.

 

24e: L'avance de Leclerc sur Verstappen grimpe à trois secondes. Pérez se rapproche quelque peu de Sainz.

 

25e: Norris subit son premier changement de pneus et redémarre lanterne rouge, à un tour du leader... Les mines s'allongent chez McLaren.

 

26e: Alonso repasse chez Alpine pour mettre des gommes dures. Il se réinsère derrière Albon qu'il double peu après. Bottas klaxonne derrière Tsunoda.

 

27e: Hamilton rejoint le stand Mercedes à la fin de ce tour et s'empare cette fois de pneus médiums au cours d'un arrêt assez long (4s.).

 

28e: Leclerc est premier devant Verstappen (3.7s.), Sainz (11s.), Pérez (13.5s.), Russell (34s.), Magnussen (42s.), Gasly (48s.), Hamilton (54s.), Ocon (57s.), Tsunoda (1m. 01s.), Bottas (1m. 02s.) et Zhou (1m. 05s.). En bagarre pour la 15e place, Stroll et Albon se bousculent au virage n°10.

 

30e: Leclerc se retrouve dans le trafic. Tsunoda passe chez AlphaTauri pour mettre des pneus tendres et libère ainsi Bottas.

 

31e: Verstappen passe aux stands pour remettre des pneus médiums (3s.) puis repart en quatrième position. Ocon s'empare de gommes dures.

 

32e: Leclerc déboule chez Ferrari et chausse lui aussi des enveloppes jaunes (2.5s.). Il se réinsère quelques dixièmes devant Verstappen. Le Hollandais peste contre son équipe qui lui a demandé d'être prudent avec ses pneus lors de sa boucle de sortie... Sainz est désormais leader devant Pérez. Second arrêt de Latifi.

 

33e: Hamilton dépasse Magnussen dans la ligne droite principale. Gasly fait escale aux stands pour prendre de la gomme dure.

 

34e: Sainz et Pérez apparaissent dans la pit-lane: l'Espagnol prend des pneus médiums, le Mexicain des pneus tendres. Ils repartent dans cet ordre. Russell choisit pour sa part les enveloppes jaunes. Leclerc retrouve les commandes, deux secondes devant Verstappen. Seconds arrêts pour Schumacher et Ricciardo.

 

35e: Magnussen s'empare de pneus médiums et reprend la piste juste devant Gasly, qui le déborde ensuite par l'extérieur au virage n°4.

 

36e: Grâce au DRS, Magnussen repasse devant Gasly au quatrième virage. Bottas fait halte chez Alfa Romeo pour mettre les gommes médiums.

 

37e: Deux secondes et demie séparent Leclerc et Verstappen. Magnussen et Gasly doublent Zhou. Albon change de pneus, puis retrouve le circuit au niveau de Sainz qu'il frôle avec sa roue avant-gauche. La collision est évitée de peu.

 

38e: Ocon reprend la neuvième place à Alonso. Zhou, Stroll et Hülkenberg effectuent leur second changement de pneumatiques.

 

39e: Leclerc devance Verstappen (3.6s.), Sainz (18s.), Pérez (20s.), Hamilton (30.4s.), Russell (49s.), Magnussen (1m. 05s.), Gasly (1m. 10s.), Ocon (1m. 15s.), Alonso (1m. 18s.), Tsunoda (1m. 19s.) et Bottas (1m. 24s.).

 

40e: Tsunoda prend la dixième position à Alonso, décidément peu à l'aise avec ses différentes enveloppes.

 

42e: Leclerc repousse Verstappen à quatre secondes. Norris subit un long second pit-stop à cause d'un cafouillage à l'arrière-droit.

 

43e: Leclerc mène devant Verstappen (5s.), Sainz (18s.), Pérez (21s.), Hamilton (37s.), Russell (52s.), Magnussen (1m. 08s.), Gasly (1m. 12s.), Ocon (1m. 18s.), Tsunoda (1m. 20s.) et Bottas (1m. 22s.). Alonso exécute un troisième changement de pneus et sélectionne le composé tendre.

 

44e: Verstappen apparaît chez Red Bull et prend des pneus tendres (2.6s.). Son équipier Pérez fait de même et glisse derrière Hamilton. Ocon prend également des pneus rouges.

 

45e: Ferrari choisit de ne pas couvrir la stratégie de Red Bull: cette fois, Leclerc reste en piste. En revanche, Sainz s'empare des Pirelli tendres (2.5s.) et repasse derrière Verstappen. Hamilton et Tsunoda optent aussi pour ce type de gommes.

 

46e: Gasly gare son AlphaTauri en flammes sur le bas-côté, juste après le virage n°3. Niels Wittich lance la procédure de « voiture de sécurité virtuelle », puis très vite la Safety Car elle-même. Aussitôt, Russell chausse des pneus tendres, suivi par Ricciardo et Hülkenberg.

 

47e: Leclerc arrive chez Ferrari, prend les gommes rouges (2.8s.) et retrouve le circuit sans avoir perdu sa première place. Magnussen, Zhou, Albon et Stroll basculent aussi sur le composé tendre.

 

48e: La nouvelle voiture de sécurité, une Mercedes-AMG GT Black Series rouge, conduit le peloton à un train de sénateur, ce dont se plaint Leclerc. Les attardés ne sont pas encore autorisés à se dédoubler.

 

49e: Verstappen déplore une direction de plus en plus lourde. Il peine à braquer dans les courbes rapides et s'inquiète en conséquence. La monoplace de Gasly est évacuée. Les retardataires peuvent reprendre leur tour de retard.

 

50e: La Safety Car s'apprête à s'effacer. Leclerc précède Verstappen, Sainz, Pérez, Hamilton, Russell, Magnussen, Bottas, Ocon, Schumacher, Tsunoda, Alonso, Zhou, Stroll, Albon, Norris, Ricciardo, Latifi et Hülkenberg.

 

51e: Leclerc met les gaz à la sortie de la dernière courbe et conserve facilement l'ascendant. En revanche, Sainz prend la roue de Verstappen qui doit se décaler à l'extérieur pour verrouiller le passage. Tsunoda et Alonso dépassent Schumacher. Ce dernier résiste ensuite à Zhou. Leclerc s'empare du meilleur tour (1'34''570''') et du point qui va avec.

 

52e: Leclerc compte deux secondes et demie d'avance sur Verstappen. Zhou prend la douzième place à Schumacher.

 

53e: L'usage du DRS est de nouveau permis. Verstappen rencontre une perte de puissance et Sainz le menace de nouveau.

 

54e: Sainz fond sur Verstappen et le déborde sans difficulté dans le bout droit de la mi-parcours. Le champion en titre lève ensuite le pied pour regagner son stand. L'essence ne parvient plus à son moteur !

 

55e: Les deux Ferrari sont en tête de l'épreuve. Leclerc précède Sainz (5s.), Pérez (6.6s.), Hamilton (7s.), Russell (8.4s.), Magnussen (10.5s.), Bottas (11.2s.), Ocon (13.5s.), Tsunoda (14s.), Alonso (16s.), Zhou (17.6s.) et Schumacher (21s.). Verstappen met pied à terre.

 

56e: C'est l'hallali chez Red Bull: Pérez rencontre un problème d'alimentation, comme son coéquipier. Hamilton est sur ses talons et lorgne sur la troisième place.

 

57ème et dernier tour: Pressé par Hamilton, Pérez aborde le premier virage lorsque son moteur se coupe sans crier gare. Le Mexicain part en tête-à-queue et se retrouve à l'équerre, hors trajectoire. Il ne pourra pas redémarrer. Les deux Red Bull sont au tapis ! De son côté, Leclerc annonce dans sa radio que « quelque chose cloche dans le moteur » ! Il s'agit en fait d'une (mauvaise ?) blague à l'intention de ses ingénieurs, en référence au problème mécanique qui lui a coûté une première victoire ici-même en 2019...

 

Charles Leclerc remporte la troisième victoire de sa carrière devant son compère Sainz. C'est un doublé Ferrari. Hamilton recueille une troisième place tout à fait inattendue. Son nouvel équipier Russell achève une course sage au quatrième rang. Magnussen offre à Haas une superbe cinquième place. Bottas se classe sixième avec une étonnante Alfa Romeo. Ocon termine septième devant Tsunoda et Alonso. Zhou conclut son premier Grand Prix à la dixième place et empoche donc un point. Viennent ensuite Schumacher, Stroll, Albon, Ricciardo, Norris, Latifi et Hülkenberg.

 

Après la course: le rouge est mis

La révolution technique de 2022 a atteint son principal objectif: rebattre les cartes et bouleverser la hiérarchie. Ce doublé Ferrari était inimaginable l'année précédente et marque le renouveau de la Scuderia qui n'avait plus connu les joies de la victoire depuis près de trois ans, et le succès de Sebastian Vettel au GP de Singapour 2019. Charles Leclerc, princier d'un bout à l'autre du week-end, devient le premier Monégasque à occuper la tête du championnat du monde. « Je suis vraiment très heureux » dit-il. « Je me répète sûrement, mais les deux dernières années ont été extrêmement difficiles pour Ferrari. Avec ce nouveau règlement, nous avions une grande opportunité et tout le monde a fait un incroyable travail en construisant cette voiture. Nous commençons de la meilleure manière possible : pole position, victoire, meilleur temps en course et un doublé avec Carlos ! Nous n'aurions pu espérer mieux. Ça fait du bien de revenir devant ! » Leclerc a également impressionné par son sang-froid et son habileté lors du magnifique mano a mano qui l'a opposé au redoutable Max Verstappen après le premier passage aux stands. Le natif du Rocher n'a pas hésité à frôler le contact et même à freiner avec un DRS ouvert pour conserver l'ascendant. « J'ai essayé d'être le plus malin, narre-t-il, en freinant tôt au premier virage, afin d'être juste derrière Verstappen dans la zone de détection. Cela a plutôt bien marché... » Cette passe d'armes victorieuse démontre que Leclerc, champion en puissance jusqu'ici cantonné an statut d'outsider, va peut-être bien prendre une autre dimension en 2022.

 

De son côté, Carlos Sainz félicite Leclerc pour sa victoire et se montre heureux d'offrir à Ferrari son premier doublé depuis trois ans. Mais le Madrilène est quelque peu amer puisqu'il a constamment été dominé par son coéquipier tout au long du week-end. Alors que la rumeur annonce la prolongation de son contrat, Sainz se retrouve à la croisée des chemins: sera-t-il, comme il l'espérait après sa belle saison 2021, un rival pour Leclerc et, partant, un prétendant à la couronne ? Ou un simple porteur d'eau dans la belle tradition ferrariste des Rubens Barrichello et Felipe Massa ? Il est encore trop tôt pour trancher. Du reste, chez Ferrari, on s'abstient de pavoiser. Mattia Binotto estime par exemple que Max Verstappen et Red Bull demeurent les favoris de cette saison 2022. Néanmoins, les Rouges possèdent un net avantage sur la concurrence: la F1-75 est fiable, stable et bénéficie d'un moteur très puissant, comme en témoignent aussi les excellents résultats des Haas et des Alfa Romeo. Selon Günther Steiner, le V6 italien est même redevenu le meilleur du plateau.

 

Pendant ce temps-là, le clan du taureau rouge est en ébullition en cette chaude nuit bahreïnie. Red Bull ne s'attendait certainement à commencer l'année par un zéro pointé. Quoique performante, la RB18 a toujours évolué un cran en dessous de la Ferrari. Pis: des problèmes de fiabilité ont brisé son élan. Des surchauffes de freins dans un premier temps, avant une curieuse panne d'alimentation touchant Max Verstappen comme Sergio Pérez dans les derniers tours. « Je n'ai jamais eu le rythme que j'espérais par rapport aux essais de vendredi », soupire le champion en titre. « Le gros problème est venu en fin de course, on aurait dit que le carburant ne parvenait plus au moteur, et tout s'est éteint. Ce n'est vraiment pas le résultat que nous attendions, surtout après des essais positifs. » Christian Horner reconnaît également la supériorité des Ferrari lors de cette première manche. Mais en interne, Verstappen reproche à son équipe ses conseils de prudence quant à la gestion des gommes neuves, ce qui selon lui l'a empêché de réaliser un « undercut » sur Leclerc. Ces recommandations s'expliquent par la limitation de l'efficacité des couvertures chauffantes qui rend plus ardu la montée en température des pneumatiques. Mais Helmut Marko comprend la colère de son poulain et critique la stratégie de Horner: « Si Max avait effectué un tour de sortie normal, il aurait été devant Leclerc. Sa colère est légitime. » Serait-ce un début de dissension entre les deux têtes pensantes de RBR ?

 

Pour la première fois depuis huit ans, Mercedes n'entame pas la compétition mondiale avec le rang de favorite, bien au contraire. Sans l'irruption de la voiture de sécurité, les Flèches d'Argent auraient conclu l'épreuve à plus de trente secondes du vainqueur. Le podium de Lewis Hamilton et la quatrième place de George Russell sont tout à fait inespérés au regard de leurs performances aux essais. « On a vraiment maximisé les points, mais il va falloir continuer à travailler dur », admet Hamilton, réaliste. Le staff de Brackley va devoir trouver une solution pérenne au marsouinage, le principal talon d'Achille de la W13. « Il ne s'agit pas d'un réglage à optimiser, c'est un souci fondamental qui demande beaucoup d'analyse », renchérit Sir Lewis. Et pire encore, chacun a pu constater que toutes les équipes clientes de l'Étoile, McLaren, Aston Martin et Williams, ont fini hors des points. Ces trois équipes se plaignent à demi-mot des piètres performances du moteur Mercedes qui ne serait pas parvenu à compenser les 20 chevaux perdus au profit du nouveau carburant E10 contenant 10 % d'éthanol. Or le développement des groupes propulseurs est gelé jusqu'en 2025...

 

La saison 2022 maque une ère nouvelle puisque nous avons pu voir en début d'épreuve une Haas lutter à la régulière contre une Mercedes ! Deux semaines plus tôt, Kevin Magnussen se préparait à disputer les 12 heures de Sebring et n'imaginait plus remettre un jour les fesses dans une Formule 1. C'est dire si sa cinquième place et les dix points qui vont avec l'ébahissent. « Je n'arrive pas à y croire et il me tarde de voir ce que l'avenir me réserve ! » s'enthousiasme le Danois. Pour Haas, c'est une véritable résurrection après trois années de galère en fond de grille. On peut en dire autant d'Alfa Romeo qui grappille neuf points d'un coup, grâce à Valtteri Bottas et au néophyte Guanyu Zhou, ce qui est déjà presque autant que son total (13 pts) de 2021. « Nous étions hyper contents hier soir, mais le départ a un peu douché nos espoirs », raconte Frédéric Vasseur. « Nous avons grillé nos pneus arrière lors du premier relais, mais nous sommes parvenus à remonter. Je suis très content pour Valtteri, mais plus encore pour Jo [surnom de Zhou, ndla]. » Le jeune Chinois engrange en effet un point dès son premier Grand Prix, un exploit qui, selon ses propres termes, le « laisse sans voix ».

 

Enfin, si Alpine et AlphaTauri ont tenu leur rang, si Williams déçoit, la sonnette d'alarme est déjà tirée chez Aston Martin et McLaren dont les nouveaux bolides apparaissent complétement loupés. La situation est même tragique du côté de Woking. Lando Norris avoue que la MCL36 manque de tout: appui, adhérence, puissance. Rapide en février lors des essais de Barcelone, la machine orange a depuis montré de grandes faiblesses, notamment au niveau des freins qui lui empêchent de tenir la distance sur de longs relais. Ce dimanche soir, Norris déclare s'attendre une saison 2022 longue, très longue...

 

Sources:

- Auto-Hebdo n°2355, 23 mars 2022

- https://fr.motorsport.com/f1/news/pourquoi-problemes-marsouinage-disparaitre/9078897/

Tony