Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lando NORRIS
 L.NORRIS
McLaren Mercedes

1040o Gran Premio

LXXVIII Grand Prix Automobile de Monaco
Piena di sole
Monaco
domenica 23 maggio 2021
78 giri x 3.337 km - 260.286 km
Affiche
F1
Coupe

Lo sapevate?

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Image plutôt rare d'un départ sans l'auteur de la pole position.

Ailerons flexibles: Mercedes déclenche les hostilités contre Red Bull

En Espagne, Lewis Hamilton a laissé entendre que Red Bull utilisait un aileron arrière « flexible » afin d'accroître sa vitesse de pointe en ligne droite, ce qui a poussé la fédération à prendre des mesures de surveillance. Invoquant l'article 3.9.9 du règlement technique, les autorités entendent procéder à des tests de charge et de déformation pour vérifier que les éléments aérodynamiques ne s'inclinent pas trop lorsque la monoplace est en mouvement. Ce sujet oppose depuis longtemps les constructeurs et la fédération. Les charges appliquées et le degré de déformation tolérés par celle-ci changent souvent afin d'empêcher les aérodynamiciens de trouver des astuces illégales. Actuellement, la réglementation se concentre sur la déformation uniforme de l'ensemble de l'aileron et la surveillance porte sur les déplacements vertical et horizontal. À compter de juin, les officiels se pencheront aussi sur la rotation de l'aileron autour du plan central, un biais utilisé par certaines écuries pour contourner la charge symétrique appliquée lors des tests de charge et de déformation. Dans le collimateur: Red Bull. À Barcelone, lors des essais du vendredi, les caméras embarquées ont filmé l'aileron de la RB16B en plein « flapping » : la pièce ployait en raison des vibrations causées par le design des dérives. L'aileron s'incline vers l'arrière lorsque la charge s'accroît parce qu'il pivote autour de l'axe central et que ses côtés esquissent un recul progressif. Voilà ce que la fédération ne voudra bientôt plus voir.

 

Néanmoins, pourquoi faire simple lorsqu'on peut faire compliqué ? En effet, les nouveaux tests n'entreront en vigueur que le 15 juin, soit entre les Grands Prix d'Azerbaïdjan (6 juin) et de France (20 juin) ! À Monaco, Christian Horner prévient que Red Bull apportera les mêmes ailerons sur les bords de la Caspienne. D'autre part, le toujours sympathique Dr. Helmut Marko dénonce ses collègues d'Alpine et d'Alfa Romeo qui utilisent aussi des ailerons déformables à haute vitesse ! Trois écuries se retrouvent ainsi dans l'œil du cyclone. Dans le camp adverse, Mercedes et McLaren sont outrées que la fédération laisse de fait un mois à ces trois équipes pour adapter leurs véhicules. Toto Wolff et Andreas Seidl réclament des mesures immédiates et menacent d'en référer à la Cour d'appel de la FIA. « Retarder l'introduction des tests renforcés pour quelque raison que ce soit crée un vide juridique et laisse la porte ouverte aux protestations », prévient Wolff qui, en outre, doute de l'utilité de ces nouveaux contrôles et prévient que Mercedes pourrait déposer plainte contre Red Bull dès Bakou. Horner, faraud, relève le gant: « Je suis heureux d'enfin pouvoir mettre des bâtons dans les roues de Toto ! ». Bref, la guerre est déclarée entre l'Étoile et le Taureau...

 

Présentation de l'épreuve

Ce Grand Prix de Monaco sera la première épreuve à accueillir un vrai public (c'est-à-dire composé de spectateurs payants) depuis le GP du Portugal d'octobre 2020. Un retour à la vie bienvenue en Europe occidentale, même si celui-ci est conditionné à des nouvelles normes « sanitaires » toujours plus sévères. Ainsi, l'ACM limite le nombre de spectateurs à 7500 par jour, ce qui est dix fois moins que l'affluence ordinaire. Chaque spectateur devra se masquer et se soumettre à un test PCR avant d'entrer dans les tribunes. Les ressortissants et résidents monégasques seront cependant exempts de cette dernière formalité. Une première répétition grande nature a eu lieu un mois plus tôt à l'occasion du GP de Monaco historique qui a réuni 6500 spectateurs et n'a généré aucun rebond épidémique. Rappelons une fois de plus qu'aucun événement sportif en extérieur n'a jamais produit la moindre contamination à la Covid-19, mais la FIA semble tenir mordicus à son protocole ultra-draconien concocté par le Pr. Eric Caumes, expert reconnu sur tous les plateaux de télévision. Néanmoins, on relève ici et là quelques touches du traditionnel glamour monégasque, tel le défilé Amber Lounge du vendredi soir, ou la présence de quelques VIP comme la tenniswoman Serena Williams ou le footballeur Erling Haaland.

 

Le retour de la F1 à Monaco ravit les puristes, mais qu'en est-il des pilotes ? La plupart d'entre eux évoquent toujours avec passion et émotion le défi que représentent ces deux heures passées à 250 km/h entre les rails. Mais avec le temps, certains commencent à bougonner devant l'ennui qu'ont pu susciter les dernières éditions. Il a certes toujours été très difficile de dépasser sur le Rocher, mais jadis le public était tenu en haleine par les nombreux aléas de cette course, incidents et pannes mécaniques. Or la considérable amélioration de la fiabilité des monoplaces au cours de ces deux dernières décennies a presque tué tout suspens... Aussi, Lewis Hamilton clame tout haut ce que certains pensent tout bas lorsqu'il critique l'épreuve monégasque en conférence de presse: « Les courses ici sont devenues des processions. C'est le meilleur endroit, le plus beau où nous puissions courir, mais ce n'est jamais excitant pour les fans. C'est une course à un seul arrêt avec de longs relais, et il n'y a aucun endroit où nous puissions dépasser. Il faudrait changer le format de ce Grand Prix. » On ignore ce qu'il propose pour remédier à ce problème, mais la FIA lui répond qu'elle réfléchira à des « alternatives ».

 

On l'a vu, si la guerre semble déclarée entre Mercedes et Red Bull, Lewis Hamilton commence pour sa part à asticoter Max Verstappen par médias interposés. À Monaco, le septuple champion du monde estime ainsi que son jeune rival « a encore beaucoup à prouver, notamment sa capacité à se battre pour le titre mondial. » Une sortie qui ne déstabilise guère le jeune Hollandais qui réplique tranquillement à son aîné « que les actes en piste ont plus de poids que les mots ». Christian Horner se montre en revanche plus mordant: « Verstappen avance dans son coin. Le fait que Lewis ressente le besoin de proférer ce genre de bêtises signifie que Max commence à l'ennuyer. »

 

Il y a un mois, Otmar Szafnauer, le directeur d'Aston Martin Racing, faisait part de son intention de porter plainte contre la FIA afin de revenir sur les normes aérodynamiques introduites cet hiver et qui ont gravement affecté le comportement de ses monoplaces. Il ne s'agissait que d'un accès de mauvaise humeur car, bien entendu, personne n'a envie de se lancer dans une bataille juridique pour modifier les bolides de la saison en cours dont le développement est fort limité ! À Monaco, Szafnauer confirme qu'il renonce à ce projet. De même, il admet que son objectif d'avant-saison, la troisième place du championnat des constructeurs, est dorénavant inatteignable: Aston Martin n'a inscrit que cinq petits points en quatre épreuves... Avec quelques améliorations, le constructeur britannique peut seulement espérer se battre contre Alpine et AlphaTauri pour la cinquième place, mais Szafnauer laisse entendre que la saison 2021 va passer par pertes et profits et que tous les efforts du staff technique sont logiquement reportés vers 2022.

 

Le 19 mai, McLaren annonce la signature d'un nouveau contrat avec Lando Norris pour « plusieurs saisons ». La jeune pépite anglaise met décidément ses pas dans ceux de Lewis Hamilton qui fut si longtemps le protégé de l'écurie de Woking, avec en point de mire l'éventualité d'un titre de champion du monde. Norris, qui fêtera ses 22 ans en novembre, paraît avoir franchi un cap cette année en prenant la mesure de son nouvel équipier, le très expérimenté Daniel Ricciardo. « Lando est l'un des plus grands talents de F1 et nous sommes impatients de le voir s'imposer sur et en dehors de la piste », proclame ainsi Zak Brown. C'est aussi l'opinion du principal intéressé: « Mon objectif est clair: gagner des courses et devenir un jour champion du monde avec McLaren. Notre progression a été constante depuis 2017 et nous avons de grandes ambitions pour le futur. » Norris songe évidemment à la révolution technologique de 2022 sur laquelle McLaren fonde tous ses espoirs. En outre, sa prolongation le met sur un pied d'égalité avec Daniel Ricciardo qui jouit lui aussi d'un contrat pluriannuel. Mais pour l'heure l'Australien cherche toujours à dompter une MCL35B qui demande décidément un pilotage très pointu. « Je me triture le cerveau pour essayer de comprendre comment tout cela fonctionne ! » soupire-t-il.

 

Sergio Pérez commence à se trouver sous le feu des critiques après ses débuts difficiles, voire médiocres, avec Red Bull-Honda. Le Mexicain, que chacun s'accorde à placer parmi les meilleurs pilotes du peloton, a visiblement du mal à adapter son style de pilotage à la RB16B. Ainsi n'a-t-il récolté que 32 points en quatre courses contre 80 pour Max Verstappen. Plus inquiétant, il ne parvient pas jusqu'ici à titiller Valtteri Bottas, son alter-ego chez Mercedes, ce qui est de mauvais augure pour Red Bull dans la perspective du championnat des constructeurs. Néanmoins, l'écurie ne met (pour le moment) aucune pression sur sa nouvelle recrue. Au contraire, Helmut Marko chante ses louages: « Ce championnat du monde se décidera également par les deuxièmes pilotes. Or Pérez s'améliore constamment. Il voulait cinq courses pour être à l'aise, je pensais qu'il lui en faudrait moins, mais il semble avoir raison. Il n'essaye pas de réinventer la voiture comme le faisait Gasly. Au lieu de cela, il observe Verstappen, analyse ses tours et reconnaît où il doit s'améliorer. C'est la bonne approche et il sera bientôt dans le bon rythme en toutes circonstances. » « Je suis de plus en plus confiant au volant de la voiture », confirme l'intéressé. « Mais je suis toujours en phase d'adaptation. J'espère bientôt être à 100 % et à Monaco je vise le podium. » Pérez doit en tout cas faire bonne figure, s'il ne veut pas être très vite « albonisé »...

 

Comme tous les ans, la plupart des pilotes arborent à Monaco des couvre-chefs originaux. Charles Leclerc portera ainsi un casque bleu en hommage à Louis Chiron, vainqueur ici-même quatre-vingt-dix ans plus tôt, cette couleur faisant référence à celle de la Bugatti Type 51 que conduisait le pilote monégasque. Par ailleurs, les McLaren adoptent une livrée spéciale aux couleurs de Gulf afin de célébrer le renouvellement de son partenariat avec le pétrolier américain. Cette robe bleu ciel et orange est célèbre dans le monde entier, notamment grâce à la Porsche 917 que pilotait Steve McQueen dans son film Le Mans, mais aussi aux victoires de la Ford GT40 aux 24 Heures du Mans 1968 et 1969. Ce n'est pas la première fois que Gulf habille McLaren: en 1997, les F1 GTR engagées dans la Sarthe affichaient déjà cette livrée. Celle-ci est bien entendu un excellent coup de communication puisque le GP de Monaco est le plus regardé au monde...

 

Essais et qualifications

Jeudi, Pérez réalise le meilleur chrono de la première séance libre devant Sainz et Verstappen. Ce dernier se dit toutefois mécontent du comportement de sa Red Bull. Les Mercedes sont pour leur part très en deçà de leurs performances habituelles. La surprise vient en fait des Ferrari: immobilisé en début de journée par une panne de boîte de vitesses, Leclerc se classe premier de la seconde séance libre devant son équipier Sainz. Samedi à la mi-journée, Verstappen réalise le meilleur chrono de la troisième session libre, un souffle devant les Ferrari de Sainz et Leclerc. Schumacher détruit le train arrière de sa Haas contre le rail dans le droit du Casino. La monoplace américaine est si abîmée que son pilote ne pourra pas prendre part aux qualifications.

 

Ferrari renaît de ses cendres en ce samedi 22 mai: Leclerc réalise la pole position à domicile (1'10''346'''), la première de la Scuderia depuis un an et demi. Une performance obtenue cependant dans des conditions un peu particulières, puisque le natif du Rocher tape le rail au second S de la Piscine à la fin de la Q3, entraînant ainsi un drapeau rouge qui met aussi un terme aux espoirs de ses adversaires. Le choc est rude et Leclerc craint que sa boîte de vitesses ait été endommagée. L'angoisse d'une réparation qui le reléguerait en fond de grille l'étreindra jusqu'au lendemain. Son équipier Sainz (4ème) est très déçu car il était persuadé de pouvoir conquérir la pole sans l'accident de son coéquipier. Verstappen (2ème) est également frustré de ne pas avoir pu défendre ses chances en raison du drapeau rouge mais vise la victoire pour le lendemain. Pérez (9ème) s'empêtre dans ses réglages de l'autre Red Bull-Honda et déçoit une fois de plus. Les Mercedes sont ici nettement en retrait, même si Bottas (3ème) ne rend que deux dixièmes à Leclerc. Hamilton est en revanche furieux: incapable de faire monter ses gommes en température, il échoue au septième rang, sa pire qualification depuis trois ans ! Le débriefing du samedi soir sera très animé... Norris (5ème) peut viser le podium avec sa McLaren-Mercedes. A contrario, Ricciardo (12ème) n'affiche aucune confiance dans sa monoplace et concède en moyenne une seconde à son équipier sur l'ensemble du week-end. Un désastre.

 

Gasly hisse son AlphaTauri-Honda en sixième position, une petite prouesse. Tsunoda se montre brouillon: après une touchette jeudi, il se laisse surprendre par le trafic en Q1 et s'élancera seulement seizième. Vettel fait parler son expérience et conduit sa rétive Aston Martin en huitième position. Stroll (13ème) se plaint pour sa part d'un survirage excessif. Les Alpine-Renault manquent globalement d'adhérence. Ocon (11ème) limite les dégâts alors que Alonso (17ème) passe à la trappe dès la Q1. L'Espagnol explique être en délicatesse avec la direction assistée de sa machine. Giovinazzi décroche une probante dixième place au volant de son Alfa Romeo. C'est la première fois en 2021 que l'écurie italo-suisse atteint la Q3. Räikkönen (14ème) est plus en retrait et s'offre un « tout droit » à Sainte-Dévote en qualifications. Les Williams-Mercedes ne sont pas compétitives sur ce circuit lent. Russell (15ème) atteint tout de même la Q2 tandis que Latifi (18ème) heurte les glissières à la Piscine lors de la troisième séance libre. Enfin, chez Haas, Mazepin (19ème) fait montre d'une discrétion bienvenue et ne commet aucune erreur, contrairement à Schumacher qui s'élancera bon dernier, n'ayant pu rouler en qualifications suite à son accident au Casino.

 

Durant toute la soirée, les mécaniciens de Charles Leclerc réparent les dégâts occasionnés par sa touchette puis auscultent les coins et les recoins de la SF21 afin de déceler la faille qui pourrait compromettre sa participation au Grand Prix. La boîte de vitesses est particulièrement surveillée mais, après examen au banc, elle s'avère intacte. Leclerc garde ainsi le bénéfice de sa pole position.

 

Le Grand Prix

Dimanche 23 mai, le soleil perce au-dessus du Rocher pour saluer les retrouvailles de la Formule 1 avec son public. Les balcons de la Principauté se parent de banderoles à la gloire du jeune héros national. On peut notamment y lire des sympathiques « Daghe Charlie ! » (Allez Charlie en monégasque) ou « Charles l'éclair ». Hélas, en début d'après-midi, lorsque ce dernier quitte les stands pour son tour de mise en grille, il perçoit une faiblesse au niveau de sa roue arrière-gauche. Effondré, Leclerc regagne son garage. De nouveau, son ingénieur Jock Clear et ses mécaniciens inspectent la n°16, sous le regard inquiet du clan Leclerc, Charles accompagné de ses frères Lorenzo et Arthur qui partagent depuis la veille sa joie, ses angoisses, et maintenant son désarroi. Le verdict est hélas sans appel: un arbre de transmission semble avoir cédé. Le forfait est inévitable. Très digne, Charles Leclerc vient malgré tout saluer ses camarades sur la grille, puis écoute à leurs côtés l'hymne monégasque. Désolé, le prince Albert II tente de consoler son jeune sujet.

 

La disparition de Leclerc ouvre le boulevard Albert Ier à Verstappen, désormais poleman virtuel. Toutes les écuries tablent sur une stratégie à un seul arrêt. La plupart des pilotes part avec les pneus tendres (C5). Ricciardo, Alonso, Räikkönen, Russell et Latifi sont en médiums (C4). Stroll et Tsunoda s'élancent avec le composé dur (C3) afin d'effectuer un dernier relais très court en pneus tendres.

 

Départ: Verstappen coupe aussitôt la trajectoire à Bottas et franchit Sainte-Dévote en tête. Derrière ce duo évoluent Sainz, Norris et Gasly.

 

1er tour: Verstappen mène devant Bottas, Sainz, Norris, Gasly, Hamilton, Vettel, Pérez, Giovinazzi et Ocon.

 

2e: Verstappen compte une seconde et demie d'avance sur Bottas. Sainz est à trois secondes.

 

3e: Les écarts commencent à se creuser. Seule bataille notable: Pérez pourchasse Vettel pour la septième place.

 

5e: Verstappen mène devant Bottas (1.4s.), Sainz (4.4s.), Norris (6.5s.), Gasly (8.2s.), Hamilton (10s.), Vettel (12.4s.), Pérez (13.7s.), Giovinazzi (14.6s.), Ocon (16.2s.), Stroll (17.7s.) et Räikkönen (21s.).

 

7e: Bottas demeure à un peu plus d'une seconde de Verstappen sans pouvoir l'attaquer. Vettel est parvenu à décramponner Pérez.

 

8e: Norris est le plus rapide en piste (1'16''665''') mais roule trop loin de Sainz pour le menacer.

 

10e: Verstappen devance Bottas (1.4s.), Sainz (4s.), Norris (7.4s.), Gasly (10s.), Hamilton (11.3s.), Vettel (17.3s.), Pérez (20s.), Giovinazzi (21.8s.) et Ocon (24s.).

 

11e: Hamilton déplore une tenue de route toujours médiocre et ne parvient même pas à se rapprocher de Gasly. La course s'annonce longue pour le septuple champion du monde...

 

12e: Verstappen accroît quelque peu son avance sur Bottas: une seconde et demie les sépare.

 

14e: Pérez améliore le record du tour (1'15''881''') et revient sur les talons de Vettel.

 

15e: Verstappen précède Bottas (1.4s.), Sainz (4s.), Norris (7.7s.), Gasly (10.8s.), Hamilton (12.7s.), Vettel (18.8s.), Pérez (20s.), Giovinazzi (25s.), Ocon (28.5s.), Stroll (30s.), Räikkönen (36.3s.), Ricciardo (38.3s.) et Alonso (41s.).

 

16e: Verstappen tourne en 1'15''760''' et repousse Bottas à deux secondes. La seule bagarre en piste oppose Tsunoda à Latifi pour la 17ème place...

 

18e: Bottas réponse à Verstappen (1'15''706''') mais ne lui reprend que quelques centièmes. La décision se fera dans les stands. Stroll frôle la catastrophe en escaladant le trottoir à la Piscine. Le Canadien garde cependant le contrôle de son Aston Martin.

 

20e: Verstappen est premier devant Bottas (2.5s.), Sainz (4.6s.), Norris (9.3s.), Gasly (13.4s.), Hamilton (15s.), Vettel (19.3s.), Pérez (21s.), Giovinazzi (29.6s.) et Ocon (32.6s.).

 

22e: L'intervalle entre Verstappen et Bottas grimpe à trois secondes. Sainz revient à moins de deux secondes du Scandinave.

 

24e: Verstappen rencontre les premiers attardés, c'est-à-dire les Haas de Mazepin et de Schumacher. En délicatesse avec son pneu avant-gauche, Bottas voit Sainz grossir dans ses rétroviseurs.

 

25e: Verstappen devance Bottas (4.7s.), Sainz (6s.), Norris (9.5s.), Gasly (13.3s.), Hamilton (15.3s.), Vettel (19s.), Pérez (21s.), Giovinazzi (33s.), Ocon (36s.), Stroll (41s.) et Räikkönen (49s.).

 

27e: Cinq secondes séparent désormais Verstappen et Bottas. Hamilton se rapproche sensiblement de Gasly.

 

29e: Hamilton stoppe chez Mercedes afin de mettre les pneus durs (2.2s.) et redémarre en huitième position. Il espère repartir devant Gasly lorsque celui-ci s'arrêtera. En difficulté à cause d'une pression d'essence fluctuante, Schumacher cède la lanterne rouge à son équipier Mazepin.

 

30e: Bottas apparaît aux stands pour changer ses enveloppes. Hélas le préposé à la roue avant-droite ne parvient pas à retirer le pneu usé. Il s'y essaie à plusieurs reprises avant d'opter pour un second pistolet, sans plus de réussite. L'opération s'éternise... Norris et Gasly chaussent quant à eux les gommes dures sans incident.

 

31e: Verstappen compte désormais sept secondes d'avance sur Sainz. Gasly a repris la piste sous le nez de Hamilton qui peste à la radio contre cet « undercut » manqué. Stroll lèche le rail à la Piscine sans rien briser sur sa monoplace. Le jeune Canadien est décidément chanceux...

 

32e: Après deux minutes de vains efforts, les mécaniciens de Mercedes se rendent à l'évidence: l'écrou de la n°77 est grippé. Bottas abandonne. Vettel s'empare des pneus durs et ressort des stands à la hauteur de Gasly. Les deux hommes gravissent côte à côte la montée de Beaurivage. Placé à l'extérieur, Vettel prend l'ascendant avec autorité sur le Français. Pérez s'empare du meilleur chrono provisoire (1'14''552'''). Changement de gommes pour Russell.

 

33e: Sainz fait escale chez Ferrari pour prendre les pneus durs (2.7s.) puis ressort en troisième position. Les deux Red Bull sont aux commandes de l'épreuve. Giovinazzi effectue son changement d'enveloppes (2.8s.) et recule au douzième rang.

 

34e: Verstappen stoppe chez Red Bull à l'issue de cette boucle pour chausser les Pirelli blancs (2s.). Il cède provisoirement le commandement à son équipier Pérez.

 

35e: Pérez subit son pit-stop (2.8s.) et reprend la piste en quatrième position, loin devant Vettel. Le Mexicain est le grand gagnant de cette salve d'arrêts. Changement de pneus pour Mazepin.

 

36e: Verstappen devance Sainz (6.3s.), Norris (10.4s.), Pérez (17.3s.), Vettel (19.1s.), Gasly (22.4s.), Hamilton (24.5s.), Ocon (29.3s.), Stroll (31.6s.), Räikkönen (40.5s.), Ricciardo (47.5s.) et Giovinazzi (49s.).

 

37e: Ricciardo effectue un changement de pneus qui ne bouleversera pas son anonyme après-midi...

 

38e: Sainz appuie sur le champignon et revient à quatre secondes de Verstappen. Ocon passe chez Alpine pour mettre les pneus durs et parvient à redémarrer un souffle devant Giovinazzi. Schumacher remplace ses enveloppes.

 

40e: Verstappen double les attardés Tsunoda et Latifi, ce qui permet à Sainz de revenir à moins de trois secondes.

 

42e: Verstappen repousse Sainz à quatre secondes. Hamilton maintient la pression sur Gasly. Norris et Schumacher se voient présenter le drapeau blanc et noir pour avoir roulé hors limites.

 

44e: Räikkönen stoppe chez Alfa Romeo et troque ses pneus médiums contre des durs. Il recule au douzième rang derrière Alonso. Latifi se plie également à son pit-stop.

 

45e: Alonso change ses gommes et se retrouve derrière le duo Räikkönen – Ricciardo.

 

46e: Verstappen est premier devant Sainz (3.5s.), Norris (10.4s.), Pérez (18.4s.), Vettel (26.6s.), Gasly (30.4s.), Hamilton (33.1s.), Stroll (36.5s.), Ocon (51.1s.), Giovinazzi (52.6s.), Räikkönen (1m. 12s.) et Ricciardo (1m. 13s.).

 

48e: L'intervalle entre Verstappen et Norris fluctue entre trois secondes et trois secondes et demie. Plus loin, Hamilton a de plus en plus de mal à s'accrocher à Gasly.

 

50e: Pérez commence à reprendre quelques dixièmes à Norris qui n'est pas content de son jeu de pneus durs. Seuls Stroll (8ème) et Tsunoda (14ème) ne sont pas encore passés aux stands.

 

52e: Verstappen jouit de trois secondes d'avance sur Sainz. Ricciardo boit le calice jusqu'à la lie: il concède un tour à son équipier Norris.

 

54e: Verstappen devance Sainz (2.8s.), Norris (14s.), Pérez (19.6s.), Vettel (36.6s.), Gasly (40.6s.), Hamilton (41.8s.), Stroll (44.5s.), Ocon (1m. 05s.), Giovinazzi (1m. 06s.), Räikkönen (-1t.) et Ricciardo (-1t.).

 

55e: Pérez fait le forcing pour revenir sur Norris même si les enveloppes dures ne sont pas les plus idoines pour cela. Cinq secondes le séparent encore du pilote McLaren.

 

57e: Non seulement Hamilton ne menace plus Gasly, mais il doit également surveiller Stroll qui n'a pas changé de pneus depuis le départ ! Un peu plus loin, Giovinazzi pourchasse Ocon pour la neuvième place.

 

59e: Stroll fait halte chez Aston Martin pour chausser les pneus tendres (2.2s.). Grâce à cette stratégie décalée, le Québécois ressort des stands devant Ocon et Giovinazzi.

 

60e: Verstappen et Sainz prennent un tour à Ocon et Giovinazzi. Cette péripétie profite au Néerlandais qui repousse le Madrilène à plus de cinq secondes. Pérez ne concède plus que quatre secondes à Norris.

 

62e: Verstappen précède Sainz (5.3s.), Norris (18s.), Pérez (21s.), Vettel (42s.), Gasly (47s.), Hamilton (49s.), Stroll (1m. 11s.), Ocon (-1t.), Giovinazzi (-1t.), Räikkönen (-1t.), Ricciardo (-1t.), Alonso (-1t.) et Tsunoda (-1t.).

 

64e: Sainz a abandonné tout espoir de victoire et rend maintenant sept secondes à Verstappen. Pérez fait la jonction avec Norris.

 

65e: Tsunoda chausse les pneus tendres après avoir parcouru presque toute l'épreuve en gommes dures. Il se réinsère entre les Williams et les Haas.

 

66e: Pérez évolue à moins d'une seconde de Norris et espère le pousser à la faute. Le jeune Anglais demande à son ingénieur William Joseph de ne plus utiliser la radio afin qu'il conserve toute sa concentration.

 

68e: L'avance de Verstappen sur Sainz atteint huit secondes. Hamilton chausse les pneus tendres (2.9s.) afin de conquérir le point du meilleur tour en course. Il demeure septième.

 

69e: Hamilton s'empare comme attendu du meilleur chrono (1'12''909''') qui était jusqu'ici détenu par Tsunoda (1'14''037''').

 

70e: Verstappen est en tête devant Sainz (8.7s.), Norris (22s.), Pérez (23.3s.), Vettel (47.7s.), Gasly (52s.), Hamilton (1m. 08s.), Stroll (-1t.), Ocon (-1t.) et Giovinazzi (-1t.).

 

72e: Ocon défend toujours sa neuvième place face à Giovanni. Ce duo est rejoint par Räikkönen et Ricciardo.

 

74e: Pérez ne parvient pas à s'approcher à moins d'une seconde de Norris et ne peut ainsi employer le DRS.

 

76e: Verstappen finit l'épreuve avec dix secondes de marge sur Sainz. Norris prend deux secondes d'avance sur Pérez et sécurise ainsi son ticket pour le podium.

 

78ème et dernier tour: Serena Williams abat le drapeau à damiers devant Max Verstappen, vainqueur de son premier GP de Monaco. Sainz termine second et obtient ainsi son premier podium pour Ferrari. Norris finit troisième, une seconde devant Pérez qui a effectué une belle remontée. Auteur d'une course remarquable, Vettel se classe cinquième et inscrit ses premiers points pour Aston Martin. Gasly (6e) obtient son meilleur résultat en 2021. Hamilton achève son épouvantable week-end au septième rang. Stroll termine huitième, Ocon neuvième. Giovinazzi, dixième, offre à Alfa Romeo son premier point de l'année. Suivent Räikkönen, Ricciardo, Alonso, Russell, Latifi, Tsunoda, Mazepin et Schumacher.

 

Après la course: Verstappen prend le pouvoir

En pénétrant dans le cercle fermé des vainqueurs du Grand Prix de Monaco, Max Verstappen n'ajoute pas seulement une étoile à son palmarès. Ce succès lui permet de s'emparer pour la première fois de sa carrière des commandes du championnat des pilotes devant Lewis Hamilton (105 points contre 101) tandis que Red Bull-Honda passe devant Mercedes pour une unité (149 à 148) au classement des constructeurs. Le jeune Batave peut donc joyeusement embrasser sa compagne Kelly Piquet, puis sabler le mousseux avec Adrian Newey sur les marches de la tribune princière. Il est d'autant plus heureux qu'il n'était pas satisfait du comportement de sa voiture au début du week-end. La disparition de Charles Leclerc lui a ouvert une voie princière dans laquelle il s'est engouffré, mais encore fallait-il tenir bon durant ces 78 tours. « J'étais triste pour Charles parce que c'est sa course à domicile et qu'il partait en pole position. Je ne souhaite cela à personne », commente-t-il avec commisération. « Mais je me suis concentré sur ma propre course. Je partais du côté sale de la piste, à l'extérieur, mais j'ai pu malgré tout contenir Bottas. Ensuite, il fallait être super concentré pour ne pas commettre d'erreur. J'accélérais le rythme dès que Bottas puis Sainz essayaient de réduire l'écart avec moi. J'essayais surtout de moins détruire mes pneus que les autres et je suis très heureux d'y être parvenu. Quant à l'avenir... Nous verrons à la fin de la saison. » Verstappen se montre plus mordant quelques jours plus tard, répondant ainsi aux piques lancées par Hamilton au début du week-end: « Lewis n'a jamais eu à se battre pour le titre ces dernières années. Désormais nous sommes là pour mettre la pression sur Mercedes et ils commettent des erreurs. Il faut continuer ! »

 

Monaco est une étape qui a rarement souri à Mercedes, mais jamais encore le constructeur allemand n'y avait subi pareille déroute. Pourtant, Valtteri Bottas aurait sans doute terminé deuxième sans la défaillance d'un stupide écrou de roue, tellement grippé qu'il ne pourra être dévissé qu'à l'usine de Brackley ! « Nous allons revoir le design, la matière et la manière dont nous concevons ce boulon ! » proclame Toto Wolff, très remonté. Quant à Lewis Hamilton, après avoir poussé une gueulante samedi soir devant l'absence complète de compétitivité de sa W12, il s'est embourbé le lendemain dans une mauvaise stratégie, perdant deux places aux stands au bénéfice de Sebastian Vettel et de Pierre Gasly ! « Nous pensions que l'undercut serait plus efficace, mais c'est l'overcut qui a fonctionné », soupire Wolff. Hamilton se veut philosophe: « Je vous avais dit en début de saison que Red Bull serait difficile à battre. Mais c'est loin d'être fini. Nous allons comprendre ce qui nous est arrivé et nous remettre en selle. Nous avons toujours procédé ainsi et c'est pourquoi nous avons gagné sept titres mondiaux. »

 

L'amertume règne chez Ferrari au soir de ce Grand Prix. Certes, Carlos Sainz Jr. ramène une excellente seconde place, à quelques encablures de Verstappen, mais celle-ci ne fait qu'accroître l'idée que Charles Leclerc aurait converti sa pole en victoire si le sort ne l'avait pas trahi. Reste à savoir si cette rupture mécanique fut ou non la conséquence de son crash de la veille. Ne jouant pas les titres mondiaux, la Scuderia aurait-elle fermé les yeux sur une faille quelconque, dans l'espoir que celle-ci n'empêcherait pas Leclerc de rouler ? « On ne fera pas de pari, la fiabilité est essentielle, elle reste notre priorité » martelait Mattia Binotto samedi soir. Vingt-quatre heures plus tard, le patron des Rouges rejette tout relation entre les deux incidents. Mais Leclerc lui-même doute de cette version: « C'est moi qui ai fait l'erreur à la fin des qualifs... Je suis sûr qu'il y a un lien avec ce qui a lâché sur la voiture, malheureusement ». Deux jours plus tard, après un examen approfondi, les hommes de Maranello décèlent une fissure sur le moyen arrière-gauche de la SF21, donc située du côté opposé à l'impact du samedi après-midi. Les vibrations engendrées à cette occasion sont-elles à l'origine de cette craquelure jugée « indécelable » ?

 

Enfin, Lando Norris arrache la troisième place après une couse éprouvante, comme en témoignent ses passages hors limites qui lui ont valu la présentation d'un drapeau noir et blanc. Du haut de ses 21 ans, le natif de Bristol peut en outre se targuer d'avoir longuement résisté au très chevronné Sergio Pérez. « Ce fut une p*tain de longue course ! » commente-t-il. « Surtout avec Pérez sur mes talons dans les derniers tours. Il était bien plus rapide que moi. Je sais que l'on peut défendre relativement facilement à Monaco, mais il y a toujours cette pression, et le voir dans mes rétroviseurs à chaque virage était un peu stressant. Cependant le plus dur fut de gérer la consommation d'essence et l'usure des gommes. C'est vraiment cool de voir notre progression. Si nous améliorions encore un peu la voiture, on pourra viser plus haut ! » Le jeune Anglais retrouve en outre le podium du championnat des conducteurs où il devance Valtteri Bottas et Sergio Pérez, ce qui témoigne de son excellent début de saison. Un garçon d'avenir, à n'en pas douter.

Tony