Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes

1045o Gran Premio

LXXIV British Grand Prix
Piena di sole
Silverstone
domenica 18 luglio 2021
52 giri x 5.891 km - 306.198 km
(Offset: 134 m)
info
Course interrompue au 2e tour suite à un accident.
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Règlement 2022 et motorisation 2025

 

Inauguration des qualifications sprint

Cette épreuve britannique voit apparaître la course sprint du samedi, une nouvelle épreuve qualificative qui déterminera la grille de départ pour le Grand Prix du dimanche. Rappelons brièvement le principe: une première séance de qualification « traditionnelle » se tiendra vendredi après-midi afin d'établir l'ordre de départ de la « qualification sprint » du lendemain. Celle-ci consistera en une mini-course de 100 kilomètres (contre 305 pour l'épreuve dominicale). De son classement découlera la grille de départ du Grand Prix. Son vainqueur se verra attribuer la pole position officielle ainsi que trois points. Le deuxième et le troisième recevront respectivement deux points et un point. Chaque pilote se verra allouer deux trains de pneus pour disputer cette manche, sans arrêt obligatoire. Les monoplaces seront placées sous régime de parc fermé dès le vendredi soir, à l'issue des premières qualifications. Enfin, les pilotes qui abandonneraient au cours de ce « sprint » pourront bien sûr prendre le départ le lendemain, mais en fond de grille.

 

Les observateurs sont plutôt réservés devant cette nouvelle formule et redoutent que celle-ci vire à la procession. En effet, on ne voit pas pour quelles raisons les pilotes, et en particulier ceux qui lorgnent sur le titre mondial, se montreraient offensifs durant cette quinzaine de tours, avec le risque de perdre très gros, puisque la moindre sortie de route aura de lourdes conséquences sur le Grand Prix du dimanche. D'autre part, les écuries recommandent la prudence à leurs pilotes. Certes, la FIA a alloué une enveloppe supplémentaire pour pallier les dégâts générés par un accident au cours de ces samedis, mais tout le monde a encore en mémoire le « carton » de Valtteri Bottas à Imola qui a coûté à Mercedes plus d'un million de dollars de réparations... Ross Brawn se veut cependant optimiste: « Il y a des points à gagner, les pilotes vont se courir après comme des caddies dans un supermarché ! » s'exclame le directeur sportif de la F1. Stefano Domenicali, promoteur de la F1, est évidemment très enthousiaste: « Ces courses sprint ravissent les fans et les diffuseurs TV. Moins il y a de temps pour les séances d'essais libres, plus il y a d'action sur la piste. Avec les essais libres et les qualifications, l'organisateur peut vendre un meilleur vendredi aux fans. C'est une plate-forme supplémentaire pour les médias et pour les sponsors. Et tout devient un peu plus imprévisible, ce qui rend la course à venir plus intéressante. »

 

Les acteurs demeurent quant à eux dubitatifs. Par exemple, Lewis Hamilton: « Je m'attends à une procession. Personne ne voudra prendre de risques inconsidérés. On verra peut-être quelques dépassements, mais ce ne sera pas très excitant selon moi. C'est le plus probable. » La plupart de ses collègues pilotes attendront samedi soir pour donner leur opinion. Pour leur part, les team managers regrettent la réduction des essais libres. « Nous allons devoir régler beaucoup de détails en peu de temps », souligne Mattia Binotto. « En plus, ce week-end, il faut appréhender les nouveaux pneus Pirelli. Nous entrerons donc au parc fermé avec très peu de données. Cela peut donner un week-end chaotique. » Donc spectaculaire, et n'est-ce pas justement ce que désire Liberty Media ?...

 

Présentation de l'épreuve

Ce Grand Prix de Grande-Bretagne s'annonce d'autant plus historique qu'il se tiendra à guichets fermés, une première depuis la crise de la Covid-19. Le Premier ministre Boris Johnson lève en effet toutes les restrictions « sanitaires » en ce mois de juillet, ce qui permet en trois jours à plus de 300 000 spectateurs d'investir, sans masque, ni « gestes barrières », le légendaire autodrome. Cette affluence record s'explique par la frustration des Anglais assoiffés de liberté et d'émotions après un an et demi de privations. Elle est en outre facilitée par des billets bon marché (tarif maximal de 100 livres, soit 140 euros) qui se sont arrachés en seulement quelques jours. Lewis Hamilton pourra donc compter sur la ferveur populaire, qu'il commence cependant à partager avec ses deux cadets Lando Norris et George Russell. Néanmoins, au baromètre de la popularité que constitue Twitter, Hamilton demeure inatteignable avec 6,2 millions d'abonnés, contre seulement 1,2 million pour Norris et 750 000 pour Russell...

 

Le 14 juillet, Sauber et Alfa Romeo annoncent la prolongation de leur partenariat jusqu'en 2024. Voilà maintenant trois ans que le constructeur milanais donne son nom à l'écurie helvétique, et cette association semblait menacée il y a peu, lorsque la marque au trèfle a intégré le nouvel empire Stellantis (qui chapeaute PSA et Fiat-Chrysler). Mais le prestige de la F1 remet en lumière Alfa Romeo, même si celle-ci ne fait que financer les monoplaces conçues en Suisse. « La F1 apporte une incomparable exposition mondiale », confirme Jean-Philippe Imparato, son nouveau président. Du côté de Sauber, Frédéric Vasseur s'interroge sur le choix de ses futurs pilotes. Antonio Giovinazzi paraît menacé, en dépit du soutien de Ferrari, tout comme Kimi Räikkönen. À bientôt 42 ans, le Finlandais commet de plus en plus de fautes d'inattention que certains attribuent à son âge. Sa dernière bévue, qui a éliminé Sebastian Vettel au GP d'Autriche, aurait pu avoir des conséquences fâcheuses. De nombreux spécialistes pensent que Räikkönen est désormais trop vieux pour piloter en F1. Vasseur songe à la remplacer par son compatriote Valtteri Bottas, si ce dernier était effectivement évincé par Mercedes. Parmi les recrues potentielles d'Alfa Romeo-Sauber sont aussi cités Mick Schumacher (appuyé par Ferrari) ou le jeune Français Théo Pourchaire, membre le plus éminent de la « Sauber Academy », qui réalise cette année des débuts remarquables en Formule 2.

 

Aston Martin continue d'étoffer son organigramme avec une nouvelle recrue, l'ingénieur Mark White, qui travaillait chez Honda depuis plus de vingt-cinq ans. White deviendra directeur des opérations et chapeautera en fait les départements de fabrication, de production et de contrôle de qualité. Il ne sera certainement pas la dernière recrue de l'écurie de Silverstone qui prévoit encore, selon Lawrence Stroll, d'engager plus de 200 personnes !

 

Ce week-end, Ferrari célèbre le soixante-dixième anniversaire de sa première victoire en Formule 1. Charles Leclerc participe pour cela à une exhibition au volant de la 375 avec laquelle José Froilán González a remporté le GP de Grande-Bretagne, le 14 juillet 1951. Zak Brown, le patron de McLaren, devait quant à lui rouler avec la Lotus 79 qui a permis à Mario Andretti de glaner le titre mondial en 1978, mais il est malheureusement contrôlé positif à la Covid et devra donc rester chez lui.

 

Lando Norris vit un début d'été contrasté. Auteur d'un superbe GP d'Autriche, il a cependant subi une pénalité très sévère que lui ont infligée les commissaires sportifs pour avoir paré avec rudesse contre une attaque de Sergio Pérez. Pis, le jeune Anglais ne compte dorénavant plus que quatre points sur son « permis » et encourt une suspension d'un Grand Prix à la moindre incartade. Norris remâche sa rancœur dans le paddock de Silverstone. D'autant plus qu'il est sur le coup d'une vive émotion. Quelques jours plus tôt, le 11 juillet, alors qu'il garait sa voiture dans un parking souterrain, près de Wembley, pour assister à la finale de l'Euro de football Angleterre-Italie, il s'est fait dérober sa montre (une Richard Mille estimée à plus de 40 000 livres) par deux voyous ! Très secoué, le jeune homme admet souffrir d'insomnies depuis cette agression...

 

Red Bull et Mercedes poursuivent à Silverstone leurs échanges d'amabilités. Cette fois, c'est l'écurie autrichienne qui manie la provocation puisque Helmut Marko pointe du doigt l'aileron avant de la W12 qu'il considère comme trop flexible et, partant, illégal. Des accusations que son acolyte Christian Horner avait déjà formulées un mois plus tôt sans émouvoir la fédération. Horner s'en prend de son côté à Toto Wolff, auquel il reproche les multiples controverses au sujet de l'aileron arrière de la Red Bull ou du moteur Honda: « C'est un maniaque du contrôle, et la seule chose qu'il ne peut pas contrôler, c'est Red Bull. Je suis probablement le seul à ne pas avoir de conflits d'intérêts avec lui. Je peux donc parler franchement et dire ce que je pense. » Et ainsi lancé, le directeur de RBR dénie à son alter ego tout mérite dans les succès de Mercedes: « Lorsqu'il a rejoint cette équipe, la dynamique était enclenchée. Mercedes avait déjà engagé Lewis Hamilton. Se retrouver dans une spirale gagnante était nouveau pour lui... » Wolff s'abstient de répondre.

 

Pirelli lance ce week-end une nouvelle construction renforcée de ses pneus arrière testée quinze jours plus tôt, à l'occasion des essais libres du GP d'Autriche. Le Conseil Mondial de la FIA a donné le 15 juillet son feu vert à cette évolution inattendue en début de saison, mais rendue nécessaire par les éclatements suspects survenus au GP d'Azerbaïdjan. Selon Pirelli, ces gommes utilisent des éléments développés pour les futurs pneus de 18 pouces et assurent une plus grande solidité. Elles sont en outre utilisées avec une pression abaissée de 2 psi, et ce alors que Pirelli et la FIA avaient pourtant rehaussé la pression minimale après les incidents de Bakou. Mais en Autriche, les pilotes se sont dit satisfaits des nouvelles enveloppes qui leur offrent une meilleure motricité, d'où leur adoption pour Silverstone.

 

Lewis Hamilton doit absolument l'emporter à domicile sous peine de voir la compétition mondiale lui échapper, peut-être définitivement, au profit de Max Verstappen et de Red Bull. Aussi, et comme attendu, Mercedes apporte ici l'ultime mise à jour de sa W12. Ces nouveautés se concentrent sur le panneau latéral, doté d'un déflecteur vertical raboté et de languettes plus longues. Le fond plat comprend désormais un soubassement au bord rectiligne et des petits déflecteurs verticaux, des éléments présents depuis longtemps sur la plupart des monoplaces. Ces évolutions semblent fonctionner car elles permettent au diffuseur et au fond plat de générer davantage de charge. Ce surcroît d'appui « propre » permet à Mercedes d'opter pour un aileron moins incliné qui atténue ainsi la traînée et améliore la vitesse de pointe.

 

Vendredi: qualifications traditionnelles

Verstappen frappe fort vendredi après-midi en réalisant le meilleur chrono de la première séance d'essais, avec sept dixièmes d'avance sur Norris et Hamilton, et ce en dépit d'une courte perte de puissance.

 

Deux heures plus tard, se déroulent sous un soleil estival les qualifications « classiques », en trois manches, afin d'élaborer la grille de départ des qualifications « sprint » du samedi. Hamilton réplique à Verstappen et se saisit de la position de pointe (1'26''134'''). Son adversaire hollandais, battu de 75 millièmes, se plaint de sous-virage. Bottas se classe troisième sur l'autre Mercedes et avoue avoir donné l'aspiration à son coéquipier. Pérez (5ème) se distingue par un excès de vitesse dans la pit-lane qui vaudra une amende à Red Bull. Leclerc (4ème) se dit satisfait de sa Ferrari, contrairement à Sainz (0ème) qui tâtonne dans les réglages. Les McLaren-Mercedes rendent sept dixièmes à Hamilton, mais l'on constate un regain de forme de Ricciardo (7ème) qui ne concède que deux millièmes à Norris (6ème). Peut-être galvanisé par le public britannique, Russell réalise un nouvel exploit en décrochant une exceptionnelle huitième place au volant de sa Williams-Mercedes. Son équipier Latifi (18ème) fait bien moins bonne figure.

 

Vettel (10ème) est content du niveau de l'Aston Martin, contrairement à Stroll (15ème) qui rencontre quelques soucis de fiabilité et doit s'adapter dans l'urgence à de nouveaux réglages. Les AlphaTauri-Honda sont la déception du vendredi. Gasly (12ème) déplore un manque d'équilibre en courbe et de vitesse en ligne droite. Tsunoda (16ème), éliminé dès la Q1, se plaint pour sa part du trafic. Les Alpine-Renault sont toujours en retrait. Alonso (11ème) rencontre du trafic. Ocon (13ème) se dit davantage satisfait de son châssis qu'en Autriche. Giovinazzi (14ème) place son Alfa Romeo en Q2 tandis que Räikkönen (17ème) cale une fois de plus dès la Q1. Les Haas-Ferrari (Schumacher 19ème, Mazepin 20ème) occupent sans surprise l'ultime rangée.

 

Lewis Hamilton s'élancera en tête de la course sprint, mais n'hérite pas la pole position qui sera bel et bien dévolue au vainqueur de ladite épreuve du samedi. En guise de consolation, le champion du monde reçoit tout de même un trophée qui le consacre « roi de la vitesse ». Cela en fera toujours un de plus sur sa cheminée.

 

Samedi: qualifications sprint

Samedi, en début d'après-midi, se déroule la seconde session libre. Verstappen reprend le pouvoir en réalisant le meilleur temps devant les Ferrari. Les pilotes Mercedes se contentent d'éprouver les différentes gommes.

 

À 17h30 se tient la « qualification sprint », une mini-course de 100 kilomètres, soit 17 tours. Le temps est idéal et le public enthousiaste. La majorité des pilotes s'élance en pneus médiums. Bottas choisit les gommes tendres dans l'espoir de doubler Verstappen lors des premiers tours. Alonso, Ocon et Räikkönen optent aussi pour ce composé souple.

 

Départ: Verstappen prend un bien meilleur envol que Hamilton et vire aisément en tête au premier virage. Suivent Bottas et Leclerc. Alonso signe un départ-canon et déborde Vettel, puis Sainz. Mazepin touche son équipier Schumacher à Village et exécute un tête-à-queue.

 

1er tour: Hamilton se porte à la hauteur de Verstappen à Brooklands, puis à Copse. Il tente à chaque fois de lui faire l'extérieur, en vain. Grâce à ses gommes tendres, Alonso réalise un premier tour remarquable puisqu'il dépasse Ricciardo, Pérez et enfin Norris. Russell percute Sainz à Brooklands et contraint ainsi l'Espagnol à traverser la pelouse. À l'issue de ce tour, Verstappen précède Hamilton, Bottas, Leclerc, Alonso, Norris, Pérez, Ricciardo, Vettel et Russell.

 

2e: Verstappen compte sept dixièmes d'avance sur Hamilton. Sainz se fraye un chemin en queue de peloton et remonte au 16ème rang.

 

3e: Norris est sur les talons d'Alonso. L'Espagnol se défend en louvoyant devant le Britannique. Sainz prend la 15ème place à Giovinazzi.

 

4e: Verstappen mène devant Hamilton (1.6s.), Bottas (3.3s.), Leclerc (5.2s.), Alonso (11.4s.), Norris (12s.), Pérez (12.7s.), Ricciardo (13.5s.), Vettel (14.5s.), Russell (15.4s.), Ocon (16.3s.) et Gasly (17.1s.). Sainz s'impose à Stroll.

 

5e: Norris déborde Alonso à Village. Pérez est soudain déventé entre Becketts et Chapel et part en toupie dans la pelouse à 220 km/h. Le Mexicain parvient par bonheur à éviter le rail et à se redresser, mais il dégringole à la dix-neuvième place.

 

6e: Verstappen creuse l'écart sur Hamilton, repoussé à près de deux secondes. Leclerc parvient étonnamment à garder le contact avec Bottas.

 

7e: Verstappen devance Hamilton (1.7s.), Bottas (5s.), Leclerc (7.5s.), Norris (17s.), Alonso (18.8s.), Ricciardo (19.1s.), Vettel (20.4s.), Russell (21.7s.), Ocon (22.7s.), Gasly (23.3s.) et Räikkönen (24s.).

 

9e: Deux secondes séparent Verstappen et Hamilton. Ricciardo prend l'ascendant sur Alonso à The Loop. Le vétéran espagnol reste cependant au contact de l'Australien jusqu'à Copse, sans pouvoir l'attaquer. Sainz déborde Räikkönen.

 

10e: Hamilton tourne en 1'30''065''' et reprend une demi-seconde à Verstappen. Les pneus tendres commencent à se détériorer franchement. Alonso est ainsi menacé par Vettel.

 

12e: Verstappen garde deux secondes de marge sur Hamilton. Sainz menace Gasly pour la onzième place.

 

13e: Verstappen comme Hamilton souffrent de « blistering » sur leur pneu avant-droit. Alonso parvient à contenir son vieux rival Vettel. Sainz dépasse Gasly à Vale.

 

14e: Verstappen améliore le record du tour (1'30''013'''). Hamilton se résout à la défaite.

 

15e: Verstappen devance Hamilton (3s.), Leclerc (9s.), Bottas (12s.), Norris (24s.), Ricciardo (30s.), Alonso (40s.), Vettel (40.6s.), Russell (42s.), Ocon (43s.), Sainz (43.5s.), Gasly (44.2s.) et Räikkönen (45.3s.).

 

16e: Retenu derrière Latifi, Pérez souffre d'inquiétantes vibrations consécutives à sa sortie de route. Red Bull le rappelle aux stands pour abandonner.

 

17ème et dernier tour: Max Verstappen remporte la première « qualification sprint » de l'histoire de la F1 et réalise donc la pole position. Il empoche en outre trois points. Hamilton (2e) et Bottas (3e) récoltent respectivement deux points et un point. Viendront ensuite sur la grille Leclerc, Norris, Ricciardo, Alonso, Vettel, Russell, Ocon, Sainz, Gasly, Räikkönen, Stroll, Giovinazzi, Tsunoda, Latifi, Schumacher, Mazepin et Pérez. Russell écope d'une pénalité de trois places pour avoir percuté Sainz et recule ainsi au douzième rang.

 

Dans tous les sens du terme, Max Verstappen a remporté cette première manche. Mercedes avait pourtant élaboré une stratégie astucieuse en munissant Valtteri Bottas de pneus tendres qui aurait pu permettre au Finlandais de doubler le pilote Red Bull au départ, puis de couvrir la fuite de Lewis Hamilton. Las, ce dernier a raté son envol et n'a jamais pu raccrocher Verstappen... Néanmoins, ce dernier ne pourra compter dimanche que sur lui-même puisque Sergio Pérez s'élancera bon dernier après une regrettable faute de pilotage. L'exploit du jour est à mettre à l'actif de Fernando Alonso qui a gagné six places au départ grâce à ses pneus tendres, pour finalement se classer septième. Un pari gagnant signé Matthieu Dubois, le stratège d'Alpine.

 

Alonso prouve ainsi que l'on peut saisir de belles opportunités lors de ces « qualifications sprint », dont les coureurs tirent un premier bilan mitigé. « J'ai plus apprécié le vendredi que le samedi », confie Max Verstappen. « Selon moi, nous devrions attribuer la pole position lors des qualifications classiques. Je trouve un peu étrange de se voir gratifier de cette récompense après une course de dix-sept tours. Au fond, je n'ai parcouru qu'un tiers de la distance du Grand Prix... » Lewis Hamilton estime pour sa part que les week-ends devraient être ramassés sur deux jours, avec une séance libre le samedi matin et des qualifications l'après-midi. Il regrette par ailleurs que ces mini-courses fassent disparaître l'aspect stratégique de la compétition. « C'est tellement difficile pour nous de dépasser que nous avons besoin des arrêts aux stands pour gagner des positions », soupire-t-il. Ces appréciations mériteront d'être affinées avec le temps puisqu'il est bien certain que, ce samedi soir, elles dépendent beaucoup du classement de celui qui les formule !

 

Dimanche: le Grand Prix

Le soleil et la chaleur (30°C) sont au rendez-vous pour ce GP de Grande-Bretagne. Les tribunes sont pleines à craquer, avec 160 000 spectateurs, venus pour l'immense majorité encourager Lewis Hamilton qui lorgne sur un huitième succès à domicile. Les stratégies sont peu variées: tout le monde part en pneus médiums (C2), sauf Pérez qui choisit le composé le plus dur (C1).

 

Départ: Hamilton prend cette fois un meilleur envol que Verstappen et se jette à l'intérieur au premier virage. Le Britannique semble être passé mais le Néerlandais reste à ses côtés et, bien placé, à gauche de la piste, reprend l'ascendant au virage n°2. Leclerc prend la troisième place à Bottas.

 

1er tour: Hamilton prend l'aspiration de Verstappen dans la seconde pleine charge et se déporte à l'extérieur avant Brooklands. De nouveau, le pilote Mercedes paraît s'imposer, et de nouveau son rival garde l'avantage en mettant deux roues sur le vibreur. Hamilton retente sa chance après Woodcote. Il fait mine de se déporter vers la gauche, puis pique à droite et parvient à la hauteur de Verstappen avant Copse, mais sans le doubler. Considérant que le virage lui appartient, le Hollandais freine tard et prend la corde. Hamilton, à sa droite, harponne la Red Bull dont la roue arrière-droite se déjante instantanément. Verstappen part en tête-à-queue, survole les graviers à 250 km/h et s'écrase en marche arrière dans les glissières. Hamilton poursuit sa route mais un Leclerc opportuniste le déborde en sortie de courbe.

 

2e: Verstappen sort seul de sa Red Bull, sous les applaudissements du public anglais. Mais le Batave est K.O. debout. Les médecins l'entourent rapidement tandis que Hamilton se plaint de dommages sur sa Mercedes. Michael Masi brandit sans surprise le drapeau rouge.

 

L'interruption va durer quarante minutes, le temps pour les commissaires d'évacuer la Red Bull de Verstappen, réduite à l'état d'épave, et de réparer les barrières de sécurité à Copse. Pendant ce temps-là, le jeune Hollandais, en état de choc, est transporté au centre médical du circuit, puis sera héliporté vers l'hôpital de Nuneaton afin de subir des examens de routine. Cette neutralisation sauve le dimanche de Lewis Hamilton. En effet, les mécaniciens de Mercedes découvrent que sa suspension avant-gauche est endommagée suite au choc avec Verstappen. Sans drapeau rouge, le pilote anglais aurait été contraint à l'abandon. Les dégâts peuvent ainsi être réparés et Hamilton pourra prendre le second départ. Pendant ce temps-là, Christian Horner manœuvre en coulisse afin de faire sanctionner Hamilton. Le patron de Red Bull téléphone à Michael Masi pour enjoindre celui-ci à la sévérité. Apprenant cela, Toto Wolff, qui se bornait jusqu'ici à rédiger un courriel pour plaider la clémence, bondit jusqu'à la tour de contrôle afin de s'entretenir avec Masi. Il est vite rejoint par Horner, et une explication assez houleuse oppose les deux hommes.

 

Michael Masi choisit de relancer les pilotes pour un tour de formation avant un départ arrêté. Le classement sera le suivant: Leclerc premier devant Hamilton, Bottas, Norris, Ricciardo, Vettel, Alonso, Sainz, Räikkönen, Ocon, Stroll, Gasly, Giovinazzi, Russell, Tsunoda, Schumacher, Latifi, Mazepin et Pérez. Tout le monde conserve ses pneus.

 

3e: À 16h40, les voitures reprennent la piste pour s'installer sur la deuxième grille de départ.

 

Second départ: Leclerc conserve la première place devant Hamilton. Norris surprend Bottas et s'empare de la troisième position. Le Finlandais doit se défendre contre Ricciardo dans l'enchaînement suivant.

 

4e: En bagarre avec Alonso, Vettel perd le contrôle de son Aston Martin en quittant Woodcote et part en tête-à-queue, heureusement en direction de la pelouse. L'Allemand peut se relancer, mais bon dernier. Alonso déborde Ricciardo à Copse, mais ce faisant roule derrière la ligne blanche. Il rend sa position dans la foulée. En fin de tour, Leclerc mène devant Hamilton, Norris, Bottas, Ricciardo, Alonso, Sainz, Stroll, Räikkönen et Ocon.

 

5e: Hamilton reçoit une pénalité de dix secondes pour sanctionner sa collision avec Verstappen. La McLaren de Ricciardo laisse échapper de la fumée, mais il ne s'agit que d'un trop-plein d'huile. Sainz dépasse Alonso à Brooklands.

 

6e: Leclerc compte une seconde et demie d'avance sur Hamilton. Bottas est aux trousses de Norris. Pérez entame sa remontée et pointe au quatorzième rang.

 

7e: Leclerc devance Hamilton (1.3s.), Norris (3.9s.), Bottas (5s.), Ricciardo (7s.), Sainz (8s.), Alonso (11s.), Stroll (11.6s.), Ocon (13s.), Räikkönen (14.2s.), Gasly (14.7s.) et Giovinazzi (15.7s.). Pérez prend la treizième place à Russell. Vettel a déjà redoublé les Haas.

 

8e: Hamilton revient à une seconde de Leclerc. Pérez se défait de Giovinazzi au passage suivant.

 

10e: Leclerc repousse Hamilton à une seconde et demie. Stroll menace Alonso pour la septième place.

 

12e: L'intervalle n'évolue pas entre Leclerc et Hamilton. Ce dernier ménage visiblement sa monture en vue du second relai. Bottas ne remonte pas sur Norris.

 

14e: Leclerc précède Hamilton (1.6s.), Norris (5.6s.), Bottas (7.6s.), Ricciardo (13s.), Sainz (14.6s.), Alonso (21.4s.), Stroll (22.8s.), Ocon (25.7s.), Räikkönen (28s.), Gasly (28.5s.) et Pérez (29s.).

 

15e: Leclerc rencontre de brèves coupures de moteur, ce qui permet à Hamilton de revenir à une seconde. Pérez voit sa remontée entravée par la résistance de Gasly, lui-même bloqué par Räikkönen.

 

16e: Hamilton tourne en 1'32''473''' et se rapproche de Leclerc dont le moteur cafouille de temps à autre.

 

17e: Hamilton peut maintenant activer son aileron arrière mobile pour attaquer Leclerc. Mais, comme la veille, les pneus avant des monoplaces commencent à se cloquer et toute attaque devient périlleuse.

 

19e: Le moteur de Leclerc tourne de nouveau comme une horloge. Le Monégasque repousse Hamilton à plus d'une seconde. Sainz est sur les talons de Ricciardo. Räikkönen, Pérez, Russell et Vettel passent aux stands. Tous mettent les Pirelli durs, sauf Pérez qui passe en médiums.

 

20e: Pérez se défait de Räikkönen au prix d'une rude bagarre roue contre roue sur plusieurs virages. Changements de pneus pour Ocon et Latifi.

 

21e: Leclerc possède une seconde et demie d'avance sur Hamilton. Bottas roule à une seconde de Norris. Ricciardo fait halte chez McLaren pour mettre les pneus durs (2.8s.).

 

22e: Norris chausse à son tour les enveloppes blanches, mais perd six secondes à cause d'un cafouillage avec sa roue arrière-droite. L'Anglais se réinsère entre Alonso et Stroll. Pérez dépasse Ocon.

 

23e: Bottas passe chez Mercedes pour prendre les pneus durs (2.2s.). Le Finlandais repart derrière Alonso mais devant Norris. Il se débarrasse d'ailleurs très vite de l'Espagnol. Norris doublera aussi Alonso en fin de tour.

 

24e: L'intervalle entre Leclerc et Hamilton atteint deux secondes. Stroll et Giovinazzi remplacent leurs gommes.

 

25e: Alonso s'arrête chez Alpine pour prendre les pneus durs. Une opération trop longue puisqu'elle dure plus de cinq secondes. Le double champion du monde se relance juste derrière Stroll. Il repasse néanmoins le Canadien à Brooklands. Arrêts successifs de Schumacher et de Mazepin.

 

26e: C'est la mi-course. Leclerc est premier devant Hamilton (2.3s.), Sainz (21s.), Bottas (28s.), Norris (31s.), Gasly (40s.), Ricciardo (41.2s.), Tsunoda (48s.), Alonso (53.3s.), Stroll (54.1s.), Pérez (55.5s.) et Ocon (59s.).

 

28e: Hamilton apparaît aux stands pour chausser les pneus durs et subir sa pénalité. Le Britannique redémarre au bout de quatorze secondes et reprend la piste en cinquième position, quatre secondes derrière Norris. Les deux Ferrari se retrouvent en tête de l'épreuve, Leclerc comptant vingt secondes de marge sur Sainz.

 

29e: Sainz fait escale chez Ferrari pour mettre les gommes dures. Hélas, le pistolet du préposé à la roue avant-gauche fait des siennes, et le Madrilène ne remet les gaz qu'au bout de douze secondes. Gasly remplace aussi ses enveloppes.

 

30e: Leclerc troque ses pneus jaunes contre des blancs (2.6s.) et revoit la piste sans avoir perdu le commandement. Hamilton revient à tire-d'aile sur Norris. Reparti derrière Ocon, Gasly se défait aisément de son compatriote grâce à ses gommes fraîches.

 

31e: Hamilton déborde facilement Norris à Copse. Le voici troisième. Tsunoda est le dernier coureur à changer ses enveloppes.

 

32e: Leclerc mène devant Bottas (9.5s.), Hamilton (13.5s.), Norris (15.2s.), Ricciardo (28.2s.), Sainz (28.7s.), Alonso (44s.), Stroll (44.6s.), Pérez (45.2s.), Gasly (46.8s.), Ocon (48s.) et Räikkönen (54s.).

 

33e: Sainz se retrouve à nouveau dans les échappements de Ricciardo, sans pouvoir se porter à sa hauteur en dépit du DRS. Pérez est pour sa part à la poursuite de Stroll.

 

35e: Rien n'est perdu pour Hamilton qui peut encore rattraper Leclerc. Mais il lui faudra tout d'abord doubler Bottas. Trois secondes séparent les deux pilotes Mercedes.

 

37e: Leclerc possède neuf secondes d'avance sur Bottas, douze secondes sur Hamilton. Pérez klaxonne en vain derrière Stroll et use ainsi son jeu de gommes médiums.

 

38e: Pérez réapparaît chez Red Bull pour reprendre des pneus médiums. Le Mexicain tombe au seizième rang.

 

39e: Hamilton revient dans les échappements de Bottas qui ne va pas tarder à s'effacer, sur ordre de la murette Mercedes.

 

40e: Bottas ouvre la voie à Hamilton dans Hangar Straight. Le septuple champion du monde compte désormais huit secondes de retard sur Leclerc.

 

41e: Pérez a déjà doublé trois pilotes: Latifi, Giovinazzi et Russell. Anonyme 17ème, Vettel est contraint à l'abandon car son moteur commence à surchauffer.

 

42e: Hamilton tourne une seconde au tour plus vite que Leclerc. Il devrait donc être en mesure de lui contester la victoire.

 

43e: Leclerc devance Hamilton (6s.), Bottas (9.5s.), Norris (20s.), Ricciardo (37s.), Sainz (37.5s.), Alonso (1m.), Stroll (1m. 01s.), Gasly (1m. 02s.), Ocon (1m. 04s.) et Räikkönen (1m. 14s.). Pérez s'empare de la douzième place aux dépens de Tsunoda.

 

45e: Hamilton abaisse le record du tour (1'29''699''') et ne concède plus que quatre secondes à Leclerc. Pérez est aux trousses de Räikkönen.

 

46e: Trois secondes séparent encore Leclerc et Hamilton. Pérez fait l'intérieur à Räikkönen dans la chicane Vale. Le Finlandais demeure à la hauteur du Mexicain et finit par s'y frotter. Déséquilibré, il exécute un tête-à-queue. Räikkönen se redresse mais laisse filer cinq concurrents.

 

47e: Gasly est victime d'une crevaison et doit repasser aux stands pour changer de roues. Le Français tombe au 14ème rang.

 

48e: Le public britannique encourage bruyamment son héros Hamilton. Ce dernier revient à une seconde et demie de Leclerc. Loin de là, Ricciardo contient toujours un Sainz pressant.

 

49e: Hamilton roule à moins d'une seconde de Leclerc et peut donc ouvrir son aileron arrière. Pérez est rappelé par Red Bull pour chausser des pneus neufs, à la seule fin de chiper le point du meilleur tour à Hamilton. Tsunoda recueille la dixième place.

 

50e: Hamilton prend l'aspiration de Leclerc après Woodcote et se jette à l'intérieur dans le courbe de Copse. Le Monégasque parvient à conserver l'avantage, mais il survire en sortie de virage, escalade le vibreur et est rejeté vers l'échappatoire. Hamilton s'empare ainsi du commandement sous les vivats de la foule. Pérez s'empare du meilleur tour en course (1'28''617'''). Comme il finira hors du « top 10 », cette performance ne lui rapportera aucun point.

 

51e: La course est jouée. Hamilton mène devant Leclerc (1.5s.), Bottas (10s.), Norris (37s.), Ricciardo (53s.), Sainz (53.5s.), Alonso (1m. 18s.), Stroll (1m. 19s.), Ocon (1m. 21s.) et Tsunoda (1m. 31s.). Gasly regagne plusieurs positions mais sans espoir de retrouver les points.

 

52ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte son 99ème Grand Prix. Leclerc finit second et grimpe sur son premier podium depuis tout juste un an. Bottas se classe troisième. Les McLaren de Norris (4e) et Ricciardo (5e) amassent vingt-deux points. Sainz finit sixième, mais aurait fait mieux sans son pit-stop manqué. Alonso décroche une très belle septième place pour Alpine. Stroll termine huitième, Ocon neuvième. Tsunoda prend le dernier point. Suivent Gasly, Russell, Giovinazzi, Latifi, Räikkönen, Pérez, Mazepin et Schumacher.

 

Après la course: Hamilton - Verstappen, début des hostilités

Silverstone chavire dans la liesse. Lewis Hamilton boucle son tour d'honneur en brandissant l'Union Jack devant une foule en délire, avant que retentisse un vibrant « God Save The Queen ». La Formule 1 retrouve ce 18 juillet 2021 l'ambiance, les émotions, la passion et la sincérité de l'ère pré-Covid. La chape de plomb hygiéniste se dissipe, du moins au Royaume-Uni, et c'est heureux.

 

Néanmoins, ces célébrations sont assombries par la polémique qui oppose Mercedes et Red Bull à propos de la collision entre Lewis Hamilton et Max Verstappen. La plupart des observateurs concluent pourtant à l'incident de course, et certains trouvent même sévère la pénalité infligée au champion britannique. De fait, les commissaires sportifs ont estimé que Hamilton, n'ayant pas tout fait pour éviter l'accrochage, était le « principal responsable » de celui-ci, mais non le seul. Cependant le clan Red Bull pousse des cris d'orfraie et s'acharne à dépeindre Hamilton en danger public qui a failli tuer son rival. « Pour gagner cette course, Hamilton a envoyé son adversaire à l'hôpital ! » s'emporte Christian Horner. « C'est le pire accident de la carrière de Max, et Lewis s'en sort avec une pénalité de dix secondes... Copse est le virage le plus rapide de tout le championnat. C'était une attaque désespérée. Il est incroyable qu'un septuple champion du monde puisse tenter une telle attaque. Qu'il ait perdu la pole la veille a dû jouer dans sa manière de piloter. Il devait être sacrément frustré. Mais il a agi au mépris des règles de sécurité. C'était une manœuvre d'amateur. Je ne peux pas comprendre qu'il puisse se montrer heureux après une victoire acquise de cette manière. C'est inacceptable. » Comme toujours, Helmut Marko va encore plus loin que son compère et réclame que Hamilton soit suspendu pour un Grand Prix ! Max Verstappen quitte l'hôpital de Nuneaton au cours de la soirée. Il ne souffre par bonheur que de contusions multiples et d'une épaule endolorie. Un moindre mal quand on songe qu'il a encaissé un choc de 51 G ! Mais comme ses patrons, le Néerlandais tire à boulets rouges contre Hamilton. « Je suis heureux d'aller bien, mais très déçu d'avoir été mis hors course de cette façon », vitupère-t-il. « La pénalité qu'a reçue Lewis n'est pas à la hauteur de son mouvement dangereux en piste. En outre, je l'ai vu célébrer sa victoire alors que j'étais encore à l'hôpital. Quel manque de respect ! C'est un comportement anti-sportif ! » Verstappen exagère: il n'était pas entre la vie et la mort...

 

Sir Lewis Hamilton, tout heureux de coiffer les lauriers après cinq Grands Prix de disette, refuse de s'appesantir sur l'incident et répond à ces attaques avec une sérénité de bon aloi. Il accepte sa pénalité (et pour cause, puisque in fine elle ne l'a pas empêché de gagner), mais conteste sa responsabilité: « Ce n'est jamais la faute d'un seul. Dans ce genre d'accident, on est toujours deux. Et Max est l'un des pilotes les plus agressifs du plateau... Selon moi, on doit continuer à se battre, mais en faisant preuve de respect. » Il peut par ailleurs compter sur l'appui de Toto Wolff qui le défend avec vigueur. « Dans une lutte à couteaux tirés, il peut y avoir des contacts, et c'est ce qu'il s'est passé », constate le patron de Mercedes. « Lewis est tout le contraire d'un pilote sale, tout le monde le sait. C'est un sportif qui n'a jamais causé de gros incidents. Quand personne n'est prêt à lâcher, une collision peut survenir. Mais il faut être deux pour danser un tango... » Quoiqu'il en soit, Hamilton a toutes les raisons d'être satisfait. Il revient à huit points de Verstappen (185 points contre 177) au classement des pilotes tandis que Mercedes comble presque tout son retard sur Red Bull-Honda (289 à 285) chez les constructeurs. Le pilote anglais peut en outre se targuer d'avoir retrouvé un équipier docile: Valtteri Bottas, qui faisait sa mauvaise tête depuis quelques semaines, lui a cette fois gentiment ouvert la voie sans barguigner !

 

Hélas, il n'y aura pas d'apaisement entre les deux camps adverses. Dans les heures qui suivent ce Grand Prix, Helmut Marko annonce mobiliser un avocat afin de préparer un dépôt de plainte contre Hamilton. Son objectif ? Obtenir de la FIA sa disqualification ! Dans le même temps, Hamilton fait l'objet d'insultes racistes sur les réseaux sociaux, des propos évidemment condamnés par tout le monde, mais qui n'auraient peut-être pas été proférés si Red Bull n'avait pas sombré dans l'hystérie... Désormais, il s'agit de voir quel sera l'impact de cet incident sur la suite du championnat. La bonne camaraderie qui régnait jusqu'ici entre Hamilton et Verstappen y survivra-t-elle ? Rien n'est moins sûr...

 

Leclerc et Alonso, les héros de Silverstone

Pendant ce temps-là, Charles Leclerc se contente avec peine de sa seconde position. Le pilote Ferrari a mené la quasi-totalité de la course et n'était jamais passé aussi près de la victoire depuis près de deux ans. « C'est difficile de savourer ce résultat, car j'ai donné 200 % et cela n'a pas suffi. », admet-il. « J'y ai pourtant cru jusqu'au bout, surtout avec la pénalité de Hamilton. Au second départ, j'avais réussi à créer un espace et à le maintenir à distance. Je n'ai rien à me reprocher, chaque tour a été exploité au maximum, mais j'ai connu quelques alertes côté moteur. J'ai même cru un moment à l'abandon, lorsque j'ai subi des microcoupures. Donc, je ressens un mélange de satisfaction et de frustration. » Cependant Leclerc reconnaît que sa Ferrari n'est pas encore en mesure de triompher à la régulière: « Nous sommes de plus en plus compétitifs, mais nous manquons encore de puissance. Nous n'avons toujours pas un ensemble pour jouer la victoire. Il faut continuer à travailler à partir de cette base. » Du reste, au championnat des constructeurs, la Scuderia se maintient au contact de McLaren-Mercedes qui a réalisé avec Lando Norris et Daniel Ricciardo un joli tir groupé aux 4ème et 5ème rangs.

 

Enfin, on ne peut conclure ce week-end sans souligner les prouesses de Fernando Alonso qui s'est classé septième du sprint, puis du Grand Prix au volant d'une Alpine-Renault dont le plancher était endommagé suite à un passage sur un vibreur. « Il s'agit de notre performance la plus aboutie de la saison, car elle ne doit rien aux circonstances », estime l'Espagnol. Ce dernier a inscrit des points lors des cinq dernières épreuves et confirme ainsi qu'il n'a rien perdu de son talent lors de ces deux années sabbatiques. Au soir de cette course, Laurent Rossi confirme qu'Alpine va exercer son option sur Alonso pour 2022, levant ainsi tous les doutes quant à la poursuite de son aventure en F1. Reste à lui donner une machine vraiment digne de son talent...

 

Tony