Juan-Pablo MONTOYA
 J.MONTOYA
Williams BMW
Ralf SCHUMACHER
 R.SCHUMACHER
Williams BMW
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari

682o Gran Premio

IV Malaysian Grand Prix
Copertura
Kuala Lumpur
domenica 17 marzo 2002
56 giri x 5.543 km - 310.408 km
Affiche
F1
Coupe

Lo sapevate?

Pilota
Costruttore
Motore
  • 14a vittoria per BMW
  • 150a pole position per Ferrari

Le Phoenix grillé (2)


Présentation de l'épreuve

Après le Grand Prix d'Australie, beaucoup de pilotes demeurent dans le Sud-Est asiatique afin de s'accoutumer à la chaleur torride annoncée pour l'étape suivante en Malaisie. Michael Schumacher séjourne ainsi en famille dans l'archipel paradisiaque de Langkawi tandis que Kimi Räikkönen se réfugie au Club Med de Bali. Jenson Button goûte aux charmes de l'été australien sur une plage de Port Douglas pendant que Juan Pablo Montoya profite à Singapour d'un total incognito: « Avec Connie, nous étions des gens normaux: pas d'autographes, pas de photos ! » Ralf Schumacher et son épouse Cora se singularisent en regagnant leur résidence de Salzbourg en Autriche.


Comme c'est désormais la coutume, les pilotes Sauber sont arrivés très en avance à Kuala Lumpur afin d'assurer la promotion de ce Grand Prix de Malaisie, financé par leur principal sponsor Petronas. Rompu à cet exercice, Nick Heidfeld cornaque le jeune Felipe Massa, encore peu habitué à ces pesantes opérations publicitaires. Toutefois, les Sauber-Petronas sont éclipsées ce week-end par Alex Yoong, premier Malais à piloter en Formule 1. Avec sa jeune fiancée, la très glamour Arianna Teoh, le pilote Minardi envahit les grands médias nationaux. Au fond, après la « Webbermania » australienne, lui aussi a droit à son instant de gloire... Pragmatique, Paul Stoddart fait le compte de ce qu'apportent les sponsors de Yoong. Magnum: 11 millions de dollars, BSA: 1 million, Admiral: 100 000 $. Sans compter les commanditaires ponctuels comme PC Suria ou Bank Negara. Curieusement, les représentants d'Asiatech, qui tenaient là une belle occasion de se faire valoir auprès des investisseurs d'Asie du Sud, sont aux abonnés absents.


Après quelques hésitations, Ferrari a choisi d'aligner une fois de plus la F2001 pour ce Grand Prix de Malaisie. La nouvelle F2002 n'apparaîtra peut-être que quinze jours plus tard au Brésil. Jean Todt annonce que la décision sera prise après une longue session d'essais sur le Circuit de Catalogne. Rasséréné par son écrasante victoire à Melbourne, Michael Schumacher ne semble plus s'inquiéter de l'arrivée décalée de ce nouveau modèle, un retard tout de même très insolite dans la F1 moderne: « Même si nous utilisons l'ancienne voiture, nous allons marquer des points, c'est certain. Nous n'avons donc pas à nous presser ! » Toutefois, les conditions météorologiques n'auront ici rien à voir avec celle de l'Australie. La température en piste va allègrement dépasser les 40°C. Voilà qui doit normalement avantager les voitures chaussées par Michelin. Williams-BMW vise donc la victoire ici. « Ferrari ne va pas tout gagner cette année, assène Gerhard Berger. Ici, la forte chaleur sera notre alliée, nous garantissant un avantage côté pneus. » En revanche, McLaren-Mercedes fait profil bas. Ron Dennis reconnaît que la MP4/17 n'est pas encore au point: « Nous ne sommes pas assez rapides, un point c'est tout. Mais nous aurons une voiture entièrement revue à São Paulo, et une nouvelle évolution à Imola. Nous travaillons très dur. » Du côté de Michelin, Pierre Dupasquier dément tout avantage sur Bridgestone en raison de la chaleur: « Dans la F1 moderne, c'est l'aérodynamisme qui fait la différence. Et je pense que Ferrari a l'avantage en la matière. »


Le carambolage survenu au départ du GP d'Australie fait encore jaser. Pas moins de huit pilotes sont restés sur le carreau, occasionnant des millions de dollars de dégâts. Willy Rampf estime par exemple à 600 000 $ la facture imposée à Sauber-Petronas qui avait perdu ses deux voitures. Or, la responsabilité de Rubens Barrichello dans cet incident paraît engagée. Celui-ci a beau prétendre n'avoir cherché qu'à aborder au mieux le premier virage, ses multiples changements de trajectoire sont bien à l'origine du chaos. De retour du Brésil, où il a passé quelques jours en famille, Barrichello est averti par Jean Todt qu'il va vivre quelques moments difficiles. Vendredi 15 mars, Charlie Whiting ouvre le briefing des pilotes par un long sermon. Il reproche aux pilotes (sans nommer personne) de mésestimer les risques encourus lors des départs. Très vite, David Coulthard, Jacques Villeneuve et Eddie Irvine s'en prennent à Rubens Barrichello, accusé d'avoir louvoyé à trois reprises. La discussion est vive. Le Brésilien cherche du soutien. Son équipier Michael Schumacher se tient coi, tout comme Ralf Schumacher, pourtant concerné au premier chef. Whiting clôt les débats par une ferme exhortation à la prudence, toujours sans mentionner Barrichello. On en restera là.


Quinze jours plus tôt en Australie, les directeurs d'équipes se sont réunis afin de formuler quelques solutions pour réduire les coûts. Ils se retrouvent ce vendredi 15 mars pour une longue réunion de plus de quatre heures, présidée par Bernie Ecclestone. La principale proposition est d'imposer chaque week-end un moteur unique par voiture. Le remplacement d'un bloc défectueux entraînerait une pénalité. Cette idée ne paraît toutefois pas réaliste à court terme. Ecclestone penche plutôt pour deux moteurs par Grand Prix, un pour les essais, un pour la course, à compter de 2003. Plusieurs dirigeants suggèrent aussi de réduire drastiquement les essais privés, mais se heurtent à l'opposition de Ferrari qui, rappelons-le, dispose de deux circuits, Fiorano et Mugello, pour mener à bien ces tests. Néanmoins, l'équipe italienne sait qu'elle devra faire des concessions, car la FIA est bien décidée à limiter ces événements dès 2003.


Recruté par Mercedes pour la nouvelle saison de DTM, Jean Alesi a accompli trois journées de tests au Castellet au volant d'une McLaren « MP4/16B ». Ce fut l'occasion de faire partager son expérience des pneumatiques Michelin qu'il a éprouvés l'an passé avec Prost GP. Néanmoins, le pilote français va désormais se concentrer sur le Tourisme et ne supplantera pas Alexander Wurz, essayeur attitré de McLaren-Mercedes. « C'était en quelque sorte un simple debriefing de ses connaissances techniques », explique Ron Dennis.


Les anciens salariés de Prost Grand Prix se recasent peu à peu. Alors que John Walton a rejoint Minardi au poste de directeur sportif, le jeune aérodynamicien Henri Durand vient de signer chez Jordan où il se chargera du développement et du design. Il travaillera sous la supervision du nouveau directeur technique Gary Anderson, de retour chez Jordan après trois années passées entre Stewart, Jaguar et Reynard. Rendu responsable de l'échec de l'EJ11, Eghbal Hamidy a pour sa part quitté l'usine voici quelques semaines.


Face à la canicule malaise, les écuries rivalisent d'inventivité pour créer des procédés de refroidissement. Williams place par exemple deux grosses cheminées au-dessus des pontons de la FW24 et les pneus arrière Michelin sont dotés de capteurs pour évaluer leur température en temps réel. La Ferrari F2001 est munie d'extracteurs latéraux d'air chaud. Une petite prise d'air est percée sur le capot, devant le cockpit, pour rafraîchir les pilotes. Jaguar étonne tout le monde en démontant ses cheminées dimanche, jour le plus chaud... Enfin, Toyota est la seule équipe à ne pas inclure de procédé de refroidissement parce que sa carrosserie a été étudiée pour supporter les fortes chaleurs de Sepang. Les configurations aérodynamiques sont assez chargées en raison de la sinuosité du tracé, mais un compromis est indispensable, car par cette chaleur les surfaces ailaires ne doivent pas trop obstruer les entrées d'air des pontons. Sur le plan des évolutions, seule Renault apporte de grandes nouveautés, au niveau du diffuseur, des dérives d'aileron et de la suspension arrière. Sauber présente aussi un nouveau diffuseur travaillant avec un aileron arrière retouché pour plus de stabilité.


Essais et qualifications

Ce week-end de course se déroule par une chaleur d'autant plus étouffante que le taux d'humidité flirte avec les 90-95 %. Le mercure descend rarement en dessous des 30°C et les pilotes engloutissent force bouteilles d'eau pour éviter la déshydratation. Les essais du vendredi sont marqués par de nombreuses pannes et sorties de route. Les McLaren se montrent les plus rapides, avec un meilleur temps pour Räikkönen (1'37''399'''). Samedi, toujours dans la fournaise, les machines équipées par Michelin font merveille, Montoya (1'36''556''') devançant Räikkönen et R. Schumacher. Coulthard se plante en revanche dans les graviers.


La chaleur est telle en qualifications que les chronos réalisés seront plus lents que ceux de l'édition 2001 ! Une intense bataille oppose Ferrari et Williams-BMW. Au final, les Rouges s'imposent encore une fois, M. Schumacher signant sa 44e pole position (1'35''266'''), la 150e de Ferrari en Formule 1. Barrichello se plaint de sous-virage mais signe tout de même le troisième temps. Chez Williams-BMW, Montoya (2e) échoue à 2/10e de M. Schumacher, faute d'avoir pu aligner un tour parfait. R. Schumacher (4e) admet s'être un peu égaré dans ses réglages. Les McLaren-Mercedes (Räikkönen 5e, Coulthard 6e) sont soudain affectées d'un important survirage et concèdent plus d'une seconde au poleman. Heidfeld conduit sa Sauber-Petronas au septième rang. Massa (14e) doit stopper à cause d'une perte de pression sur un pneu, et se rabat sur un mulet trop sous-vireur. Chez Renault, Button saute dans le mulet suite à un problème moteur et obtient un bon 8e temps. Trulli (12e) se débat avec un châssis mal équilibré.


Fisichella (9e) est content du comportement de sa Jordan-Honda. Satō (15e) poursuit son apprentissage et commet quelques erreurs. Salo décroche une superbe 10e place au volant d'une Toyota décidément très surprenante. Son équipier McNish (19e) est stoppé par une panne de transmission. Frentzen (11e) démontre le potentiel de l'Arrows-Ford-Cosworth. Bernoldi (16e) opte en revanche pour de mauvais réglages. Villeneuve (13e) fait de son mieux au volant d'une BAR-Honda instable. Victime d'une fuite d'huile, Panis n'entre en piste qu'à mi-séance, sur un mulet dont les rapports sautent sans crier gare. Le Français se contente du 18e temps. La Jaguar-Ford souffre d'un énorme problème de tenue de route, contraignant de la Rosa (17e) et Irvine (20e) à ralentir considérablement dans les virages pour éviter la pirouette ! Les Minardi-Asiatech ferment la marche. Webber (21e) « colle » près de 8/10e à Yoong (22e).


Le Grand Prix

Dimanche matin, Barrichello réalise le meilleur chrono (1'39''611''') d'un warm-up très studieux. L'après-midi, le ciel est chargé, et l'atmosphère est à la fois moite et étouffante (34°C). On enregistre plus de 40°C au sol. Inquiète de l'usure des pneus Bridgestone, Ferrari opte pour une stratégie à deux arrêts pour M. Schumacher et Barrichello. Williams fait de même pour Montoya, mais ne prévoit qu'un arrêt pour R. Schumacher, les Michelin étant réputés très endurants dans la fournaise.


Départ: M. Schumacher braque immédiatement vers la droite pour barrer la route à Montoya. Ce dernier contourne la Ferrari, déboîte à l'extérieur et arrive avec une très légère avance au premier freinage. Il tasse alors Schumacher vers le vibreur. L'Allemand roule sur la partie sale du bitume, sous-vire brutalement et brise son aileron avant contre le flanc droit de la Williams. Montoya est envoyé loin au large. Barrichello double son équipier et sort donc du premier enchaînement en tête. Frentzen reste scotché sur la grille suite à un bug électronique. Son Arrows est poussée vers les stands.


1er tour: Privé de moustache, M. Schumacher laisse passer son frère puis une bonne partie du peloton. Montoya tente déjà de remonter. En fin de tour, Barrichello devance R. Schumacher, Räikkönen, Coulthard, Heidfeld, Button, Trulli, Fisichella, Salo et Satō. Montoya est 11e. M. Schumacher rejoint le stand Ferrari pour remplacer son museau, puis repart en 21e position.


2e: Satō double Salo au bout de la ligne droite principale, puis assaille hardiment Fisichella par l'intérieur du deuxième tournant, mais il ne réussit qu'à escalader l'arrière-gauche de l'autre Jordan. Résultat: deux ailerons cassés, à l'avant pour pour Satō, à l'arrière pour Fisichella ! Frentzen démarre avec un tour de retard.


3e: Barrichello compte deux secondes et demie d'avance sur R. Schumacher. Les McLaren sont déjà à cinq secondes. Montoya double successivement Salo et Trulli. Fisichella et Satō rejoignent le stand Jordan. L'Italien met pied à terre tandis que le Japonais reçoit un nouveau museau.


4e: Barrichello précède R. Schumacher (3.2s.), Räikkönen (7s.), Coulthard (8s.), Heidfeld (8.7s.), Button (9.5s.), Montoya (12s.), Salo (13s.), Trulli (13.8s.), Bernoldi (17s.), McNish (18s.) et Massa (19s.).


5e: M. Schumacher est le plus rapide en piste, tournant deux secondes au tour plus vite que Barrichello. Fisichella redémarre avec une Jordan réparée.


6e: Trois secondes séparent Barrichello et R. Schumacher. Räikkönen est repoussé à dix secondes. Coulthard est menacé par l'étonnant Heidfeld. McNish déborde Bernoldi, puis s'imposera à Trulli au tour suivant.


7e: Montoya déborde Button au virage n°1. De la Rosa touche Panis au premier tournant et détruit ainsi son aileron avant. M. Schumacher se défait des Minardi.


8e: Plus léger en essence, Barrichello porte son avance sur R. Schumacher à quatre secondes. Trulli constate une surchauffe de son moteur et stoppe chez Renault pour faire nettoyer ses radiateurs. De la Rosa remplace son museau.


9e: Barrichello mène devant R. Schumacher (4.8s.), Räikkönen (13.4s.), Coulthard (15s.), Heidfeld (16s.), Button (20s.), Salo (20.6s.) et McNish (27.6s.). Montoya est jugé responsable de la touchette avec M. Schumacher et sanctionné d'un « drive-through » : il doit traverser la voie des stands à 80 km/h en guise de punition.


10e: Montoya observe sa pénalité puis repart en dixième position, derrière les Toyota. M. Schumacher est pour sa part treizième après avoir doublé Irvine. Trulli met pied à terre pour préserver son moteur surchauffé. Panis se gare dans l'herbe à cause d'une panne d'embrayage.


12e: Barrichello a cinq secondes de marge sur R. Schumacher. Räikkönen roule à quinze secondes du Brésilien. Button et Salo luttent pour la sixième position. M. Schumacher prend la 12e place à Villeneuve.


13e: Le moteur de Coulthard ne tourne plus que sur neuf cylindres. Le pilote écossais s'incline devant Heidfeld.


14e: Barrichello porte son avance sur R. Schumacher à six secondes. Coulthard doit laisser filer Button et Salo. M. Schumacher passe devant Massa dans la dernière épingle.


15e: Montoya déborde McNish. M. Schumacher arrive sur Bernoldi qui lui résiste au freinage de l'épingle. Coulthard rejoint le box McLaren et abandonne, moteur cassé.


16e: M. Schumacher efface Bernoldi par l'intérieur du premier tournant. Mais l'opiniâtre Brésilien prend l'aspiration du Kaiser et ose le repasser au virage de Langkawi. Schumacher s'impose définitivement dans un freinage appuyé au dernier virage.


17e: Barrichello précède R. Schumacher (5.7s.), Räikkönen (22.3s.), Heidfeld (25s.), Button (32.3s.), Salo (33.4s.), Montoya (36.7s.), McNish (45s.), M. Schumacher (51s.), Bernoldi (52s.), Massa (53s.) et Villeneuve (59s.).


18e: Les Michelin semblent entrer dans une fenêtre optimale, puisque R. Schumacher reprend plusieurs dixièmes à Barrichello. Montoya remonte rapidement sur le duo Button - Salo.


19e: R. Schumacher revient à cinq secondes de Barrichello. Yoong subit un long ravitaillement à cause d'une seringue défectueuse.


20e: Montoya double Salo. Heidfeld subit un premier pit-stop et repart en septième position. McNish et M. Schumacher passent aussi aux stands, et l'Allemand parvient à gagner une place aux dépens de l'Écossais.


21e: Salo ravitaille et repart huitième devant M. Schumacher. Bernoldi se gare suite à un défaut d'alimentation en essence.


22e: Barrichello arrive chez Ferrari pour un court premier pit-stop (6.6s.), puis repart juste derrière Räikkönen. R. Schumacher prend la tête de la course. Montoya opère son premier arrêt (8.6s.) et ne perd qu'une place au profit d'Heidfeld.


23e: R. Schumacher compte vingt secondes d'avance sur Räikkönen et Barrichello. Massa subit son premier ravitaillement (8.8s.) et se retrouve douzième derrière McNish.


24e: Barrichello perd beaucoup de temps derrière Räikkönen. Mais le moteur du jeune Finlandais explose au bout de Penang Straight. Räikkönen regagne directement les stands. Yoong s'arrête chez Minardi pour faire reprogrammer sa boîte de vitesses. De la Rosa et Frentzen passent aussi aux stands.


25e: R. Schumacher devance Barrichello (24.1s.), Button (38.4s.), Heidfeld (1m. 01s.), Montoya (1m. 03s.), Salo (1m. 16s.), M. Schumacher (1m. 20s.) et Villeneuve (1m. 26s.).


26e: Salo est frappé d'une panne électronique et regagne directement le stand Toyota. Villeneuve effectue son ravitaillement. Le Canadien erre au 11e rang, sans direction assistée.


27e: R. Schumacher a vingt-cinq secondes d'avance sur Barrichello et pourrait donc rester premier après son pit-stop. Montoya prend l'avantage sur Heidfeld.


28e: Irvine tente de prendre un tour à Yoong au virage n°9, mais le jeune Malais ne l'aperçoit pas. Il se rabat devant la Jaguar et arrache son museau. Irvine rejoint les stands dans la foulée pour ravitailler et changer d'aileron.


29e: R. Schumacher mène devant Barrichello (24.4s.), Button (40s.), Montoya (1m. 07s.), Heidfeld (1m. 11s.), M. Schumacher (1m. 21s.), McNish (-1t.), Massa (-1t.), Webber (-1t.) et Villeneuve (-1t.). Salo reprend la piste après avoir réinitialisé ses logiciels.


31e: Webber ravitaille, de même que les Jordan de Satō et Fisichella.


32e: R. Schumacher fait escale chez Williams pour son unique arrêt (11s.). L'Allemand se réinsère quatre secondes derrière Barrichello, mais celui-ci doit encore stopper. Button ravitaille pour la première et dernière fois, puis repart quatrième derrière Montoya. Irvine abandonne à cause d'une chute de pression hydraulique affectant son embrayage.


33e: Barrichello devance R. Schumacher (3.7s.), Montoya (39s.), Button (49s.), Heidfeld (52s.), M. Schumacher (56s.), McNish (1m. 33s.) et Massa (1m. 35s.). Yoong ne parvient plus à passer ses vitesses et jette l'éponge.


35e: Barrichello a repoussé R. Schumacher à cinq secondes, ce qui sera bien sûr insuffisant pour rester en tête après son arrêt.


36e: Barrichello arrive chez Ferrari où il reçoit un peu d'essence et des pneus neufs, lors d'un arrêt bien long (10.6s.). R. Schumacher reprend la tête. M. Schumacher déborde Heidfeld par l'extérieur au premier virage.


37e: Barrichello est désormais relégué à vingt-quatre secondes de R. Schumacher. M. Schumacher prend la quatrième place à Button. Heidfeld ravitaille pour la seconde fois et reste sixième (10.2s.). Victime d'une coupure électrique, Webber pirouette au premier virage et atterrit dans les graviers, d'où il ne repartira pas.


38e: Montoya signe le meilleur tour de la course (1'38''049''') et revient à tire-d'aile sur Barrichello. Massa effectue son second ravitaillement et reste huitième.


40e: Le moteur de Barrichello explose dans le dernier secteur. Le pilote Ferrari se gare sur les bas-côtés. Montoya stoppe pour la seconde fois (7.8s.) et se relance derrière M. Schumacher et Button. De la Rosa et Frentzen repassent aussi aux stands.


41e: R. Schumacher a 48 secondes d'avance sur Button, poursuivi par Montoya. M. Schumacher effectue son deuxième ravitaillement (8s.) puis repart en quatrième position.


42e: McNish fait halte chez Toyota où son ravitaillement s'éternise plus de vingt secondes à cause d'un cafouillage à l'avant-droit. Le Britannique perd ainsi la sixième place au profit de Massa.


44e: Montoya attaque Button, retarde son freinage et se jette à l'intérieur du virage n°1, mais l'Anglais ne dévie pas de sa trajectoire et garde l'ascendant à l'issue du premier enchaînement. Montoya reste toutefois dans le sillage de la Renault et la déborde par l'intérieur de la courbe Langkawi.


45e: R. Schumacher mène devant Montoya (51.5s.), Button (53s.), M. Schumacher (1m. 11s.), Heidfeld (1m. 31s.), Massa (-1t.), McNish (-1t.), Villeneuve (-1t.), Satō (-2t.) et de la Rosa (-2t.). Salo subit un quatrième pit-stop.


47e: Tandis que R. Schumacher a course gagnée, son frère aîné remonte sur Button. Dix-sept secondes les séparent.


49e: L'écart est stable entre les Williams. Button compte toujours 17 secondes d'avance sur M. Schumacher.


51e: R. Schumacher devance Montoya (51s.), Button (56s.), M. Schumacher (1m. 12s.), Heidfeld (1m. 35s.) et Massa (-1t.).


52e: Button commence à rencontrer un problème de suspension à l'arrière-gauche et laisse échapper une bonne poignée de secondes dans ce tour.


53e: Averti des soucis de Button, M. Schumacher réalise son meilleur chrono de la journée (1'38''754''') et revient à onze secondes du pilote Renault.


54e: Quarante-huit secondes séparent R. Schumacher et Montoya. Button n'a plus que sept secondes d'avantage sur M. Schumacher.


55e: Button a le plus grand mal à maintenir en piste une Renault qui racle le bitume. Schumacher revient dans son sillage immédiat.


56e et dernier tour: M. Schumacher déborde Button au virage n°4 et lui chipe ainsi in extremis la troisième place.


Ralf Schumacher remporte ce Grand Prix devant Montoya, offrant ainsi son premier doublé à l'association Williams-BMW. M. Schumacher termine troisième. Button (4e) donne à Renault ses premiers points depuis son retour en F1. Heidfeld (5e) et le jeune Massa (6e) apportent trois points à Sauber. Suivent McNish, Villeneuve, Satō, de la Rosa, Frentzen, Salo et Fisichella.


Après la course: Williams-BMW ébranle Ferrari

Deux semaines après son vol plané australien, Ralf Schumacher décroche avec brio la quatrième victoire de sa carrière. L'Allemand a tiré le meilleur de l'attelage Williams-BMW-Michelin, visiblement le plus performant dans cette fournaise. « Ce fut pratiquement la course parfaite, dit-il. La voiture était très bonne, surtout à partir du moment où le bitume s'est bien recouvert de gomme morte. La dégradation des pneus Michelin n'était pas trop importante, en tout cas pas de nature à m'inquiéter car la Williams était très bien équilibrée. Cela m'a d'ailleurs permis de ne pas trop souffrir, car conduire une voiture lourde en essence par cette chaleur est un défi physique. Nous avons aussi tiré un bon parti de notre moteur, puissant, constant et surtout fiable ! Désormais, j'attends beaucoup de la course au Brésil, où l'an passé nous étions plus rapides que les Ferrari ! » En dépit de son accrochage et de sa pénalité, Juan Pablo Montoya complète ce doublé, le premier de Williams depuis 1997. Avec 22 points, l'écurie de Grove pointe en tête du classement du constructeurs, huit longueurs devant Ferrari (14 pts), une première aussi depuis cinq ans. Pierre Dupasquier ne manque pas de signaler qu'il s'agit aussi du premier doublé Michelin depuis le GP du Portugal 1984...


Beaucoup redoutaient un départ brûlant entre Michael Schumacher et Juan Pablo Montoya. Cela n'a pas manqué: les deux rivaux se sont accrochés au premier virage, aucun ne voulant céder à l'autre. Un choc regrettable, mais au final assez banal, surtout émanant de deux teigneux têtus. Cependant, les commissaires sportifs ont décidé avec sévérité que Montoya en était le seul responsable. Le Colombien a été pénalisé en conséquence « pour avoir provoqué une collision évitable ». Il s'en plaint avec vigueur: « Je suis furieux ! J'étais à l'extérieur du virage et j'ai laissé assez de place à Michael. Pas beaucoup, certes, car je ne voulais pas rouler sur la partie sale, mais il pouvait passer. Sa Ferrari a sous-viré et m'est rentrée dedans. C'est un incident, rien de plus, je ne vois pas pourquoi j'ai été pénalisé ! Peut-être les commissaires ont-ils voulu montrer leur puissance en pénalisant un pilote qui ne leur revient pas ?  » Michael Schumacher n'est bien sûr pas de cet avis: « Montoya m'a serré et je n'avais plus de place pour passer. » Au final, Schumacher et Montoya s'expliquent franchement, mais sans animosité, avant de grimper sur le podium. « J'accepte la version des faits de Michael », lâche Montoya. Schumacher convient pour sa part que la sanction infligée à son adversaire était trop dure: « Cela ne me paraît pas justifié. Des manœuvres bien pires n'ont pas été sanctionnées. Il faudrait peut-être penser à uniformiser le système des pénalités. »


Michael Schumacher estime avoir sauvé les meubles avec cette troisième place qui lui permet de conserver les commandes du championnat des pilotes. En revanche, Rubens Barrichello, décidément malchanceux, a été trahi par son moteur alors qu'il disputait la victoire à Ralf Schumacher. « Rubens abandonne le jour où il a la liberté de gagner. C'est une malédiction ! », soupire son agent Federico Della Noce. Toutefois, le Pauliste n'avait en fait que peu de chance de Schumacher cadet en raison de sa stratégie à deux arrêts. « Ce choix était le meilleur pour nous compte-tenu de l'usure de pneus arrière, explique-t-il. Vue la performance châssis/moteur de Williams-BMW, je pouvais en fait viser aujourd'hui la deuxième place, ce qui n'était pas si mal. » Jean Todt ne peut que regretter cette casse moteur, si rare chez les Rouges. « C'est un problème insolite », résume-t-il avec son habituelle concision. « Insolite, mais inquiétant », ajoute Michael Schumacher. Le soir, le champion en titre s'entretient longuement avec Jean Todt, Ross Brawn et Stefano Domenicali. Selon lui, face à la menace grandissante des Williams, il convient d'accélérer l'entrée en scène de la F2002.


Renault peut se réjouir de la belle quatrième place de Jenson Button, mais la déception d'avoir perdu le podium dans le dernier tour l'emporte tout de même, comme l'exprime le directeur technique Pat Symonds: « Cet hiver, nous avons effectué beaucoup d'essais avec un réservoir plein, donc nous étions assez confiants pour notre stratégie à un arrêt. Je ne suis donc pas vraiment surpris de cette quatrième place. Pour monter sur le podium, il nous faut certes un peu de chance. Cette chance, nous l'avons eue jusqu'à deux tours du but... » « Quelque chose s'est cassé sur la suspension et j'ai fini de fait sur trois roues, explique Jenson Button. Mais il faut retenir les aspects positifs de la journée: la compétitivité, les points ramassés. Nous aurons d'autres occasions de podiums. Évidemment, je suis un peu déçu, mais cela ira mieux dans la soirée. Au fond, c'est mon meilleur résultat depuis longtemps. » Ce beau résultat permet en effet au jeune Anglais de rebondir après une saison 2001 cauchemardesque. « Jenson a subi beaucoup de pression, mais n'a pas perdu sa confiance, reprend Pat Symonds. Peut-être a-t-il un peu douté l'an passé, mais l'équipe l'a toujours soutenu. Aujourd'hui, il est incontestablement revenu à son meilleur niveau. »


Sauber a fait honneur à son sponsor malais Petronas en décrochant trois points, soit le même total que Renault qui sera sans doute cette année son principal challenger. « Nous allons fêter ça, parce qu'il n'a pas été facile de se remettre du désastre de Melbourne ! » clame un Peter Sauber très joyeux. Nick Heidfeld est particulièrement heureux d'avoir pu se battre avec certains pilotes des « top teams » : « Je pouvais encore espérer mieux. En début de course, je m'accrochais aux McLaren, puis je tenais presque le rythme de Schumacher et Montoya au moment où ils m'ont rattrapé. » Felipe Massa devient à 20 ans et 10 mois l'un des plus jeunes pilotes à inscrire un point. Seuls Jenson Button, Ricardo Rodríguez et Chris Amon furent plus précoces. « Apparaître déjà sur les tablettes après deux courses, c'est un sentiment fabuleux ! » s'enthousiasme le Brésilien. « Felipe, tu seras très attendu au Brésil dans quinze jours ! » renchérit Peter Sauber en lui serrant la main.


Ce GP de Malaisie fut en revanche au fiasco pour McLaren-Mercedes, avec un double abandon sur pannes de moteurs. Or, si la fragilité technique des Flèches d'Argent est hélas une triste habitude de début de saison, le niveau de la MP4/17 est aussi très inquiétant. Instable, difficile à régler, elle est nettement distancée par les Williams et les Ferrari. Ron Dennis se refuse à tout commentaire, tandis que Norbert Haug assure que Mercedes va tout faire pour remonter la pente dès le GP du Brésil. Avec deux abandons en deux courses et un zéro pointé au championnat, David Coulthard broie du noir: « Ce n'est pas bon du tout. Le titre est déjà presque hors de portée, puisque je dois absolument gagner les prochaines courses pour garder l'espoir. Or il faudrait déjà que je puisse couvrir plus de 15 tours... » Kimi Räikkönen lui ne se plaint pas. Il dit seulement être « déçu » d'avoir abandonné. De toute façon, on a compris que ce jeune garçon n'avait pas pour habitude de s'épancher en public. C'est pourquoi Ron Dennis lui a trouvé un surnom qui lui va comme un gant : « Iceman » !


Sources :

- Dir. Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2002-03, Chronosports Editions, 2002

- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2002, Paris, Solar, 2002

- Sport auto, avril 2002

- Auto hebdo, 20 mars 2002

Tony