Présentation de l'épreuve: America (and business) first
Trois semaines seulement après les attentats de New-York et Washington, la tenue de ce Grand Prix des États-Unis était rien moins qu'évidente. Au moins cinq écuries, donc Ferrari et Jaguar, ont milité auprès de Bernie Ecclestone pour annuler une épreuve qu'ils estimaient malvenue, pour des raisons de sécurité et d'éthique. Mais le « Grand Argentier » a n'a rien voulu savoir. « Nous avons un contrat avec Indianapolis et les écuries ont un contrat avec nous, tonne-t-il. Je ne vois aucune raison de ne pas les respecter. Nous ne nous laisserons pas terroriser par le climat ambiant. » Ainsi, la F1 a bel et bien traversé l'Atlantique. Mais l'événement se déroule bien sûr sous très haute surveillance, dans un pays en proie à la psychose collective. Les autorités fédérales et de l'État de l'Indiana ont prévenu Ecclestone que l'épreuve n'aurait lieu qu'avec des normes de sûreté extraordinaires, quitte à transformer le Speedway en camp retranché. L'enjeu est de taille: ce GP des Etats-Unis est le premier événement sportif international à se dérouler sur le sol américain depuis les attentats. Ecclestone n'a pu qu'acquiescer. Tout plutôt qu'une annulation ! Aussi, pas moins de 200 agents du FBI sont dépêchés sur le terrain pour assurer la sécurité. Des dizaines de contrôleurs sont postés à chaque entrée pour fouiller les spectateurs. Et bien évidemment l'espace aérien est scruté de près. L'aéroport d'Indianapolis est fermé préventivement dimanche après-midi pendant la course. Plusieurs escadrilles de F-16 patrouillent dans un rayon de 1000 km autour du circuit, parés à contrer la moindre attaque. Cette atmosphère très pesante n'a néanmoins pas découragé les spectateurs, et on enregistre dimanche 175 000 spectateurs dans les gradins, un bon chiffre compte tenu du contexte.
Par ailleurs, cette course aurait pu être compromise par les fortes contraintes logistiques imposées par le contexte international. Les « jumbos » transportant le matériel des écuries, partis de Milan pour Londres, ont été déroutés vers Amsterdam-Schiphol, seul aéroport d'Europe à bénéficier d'un gigantesque portique de rayons X. Cela pour vérifier qu'aucun objet suspect ne se trouvait à bord... Cette pénible formalité accomplie, Bernie Ecclestone et Tony George ont obtenu des autorités américaines l'allègement des contrôles sur le territoire américain. Sans cette faveur, jamais les équipes n'auraient pu travailler sur place le mardi avant la course, comme elles en ont l'habitude. Enfin, plusieurs pilotes ont rechigné à l'idée de se rendre aux États-Unis, pour d'évidents soucis de sécurité. C'était le cas de Michael Schumacher qui a poussé Ferrari à faire l'impasse sur cette épreuve, en vain. Bernie Ecclestone s'en est mêlé et aurait menacé le champion de lui retirer tous ses points s'il ne venait pas. Très marqué par les attentats, l'Allemand assure avoir surmonté cette épreuve grâce à ses enfants Gina-Maria et Mick: « Les petits n'ont pas réalisé ce qu'il s'était passé. Ils sont trop jeunes. Ils veulent simplement vivre et s'amuser. C'est grâce à eux que je suis revenu à une vie normale. » Récent papa d'un petit Eduardo, Rubens Barrichello lui non plus ne voulait pas venir à Indianapolis. Le Brésilien admet avec franchise avoir eu peur en débarquant sur le sol américain. « Mais j'ai vu que tout le monde était très calme et que tout semblait en ordre. Nous pensons tous au 11 septembre, mais la vie continue », souligne-t-il.
Le principal enjeu des deux derniers Grands Prix est la deuxième place du championnat des pilotes que se disputent David Coulthard (57 points), Rubens Barrichello (54 pts) et Ralf Schumacher (48 pts). Déjà sacré, Michael Schumacher semble enfin résolu à aider son équipier à devenir son dauphin. Il accepte ainsi que le mulet Ferrari soit désormais réservé au Brésilien. Cependant, Barrichello aimerait ne pas avoir besoin de Schumacher pour décrocher cet honneur. Quoiqu'il en dise, il doit encore prouver être capable d'assumer pour une ou deux courses le premier rôle. Après tout, il n'a pas gagné une seule course cette saison... Chez les constructeurs, Williams-BMW (73 points) lorgne sur la deuxième position occupée par McLaren-Mercedes (81 pts). Une double rivalité, britanno-britannique et germano-allemande, dont l'issue sera lourde de sens. Glissant sur une mauvaise pente, McLaren est sur le point de « croiser » Williams, l'équipe qui monte. Échouer au troisième rang entérinerait qu'elle n'est plus la principale rivale de Ferrari... Loin derrière, l'écurie Sauber (4e, 20 pts) est sur le point d'enregistrer le meilleur résultat de son histoire, même si elle doit se méfier des deux structures motorisées par BAR (17 pts) et Jordan (16 pts). Celles-ci vont se livrer à une rude bagarre jusqu'au dernier virage de la saison. Jordan souhaite à tout prix arracher à BAR son statut d'équipe semi-officielle du constructeur japonais...
Quinze jours après avoir remporté son premier Grand Prix de Formule 1 à Monza, Juan Pablo Montoya retrouve non sans fierté l'ovale d'Indianapolis où il a remporté l'an passé les très prestigieux 500 Miles avec l'équipe Chip Ganassi. Désormais, son programme est simple: enchaîner les victoires et remporter le titre mondial en 2002 ! Du reste, ce premier succès lui permet de prendre une autre envergure. Selon lui, depuis son hardi assaut sur le « Baron Rouge » à Interlagos, il était un peu trop souvent catalogué comme l' « anti-Schumacher ». « Si je dois vivre avec l'obsession de Schumacher, je vais finir par perdre mon temps en F1. J'ai d'autres ambitions », assure-t-il.
Il est encore ici question du fameux « pacte de non-agression » que Michael Schumacher a tenté d'instaurer avec ses collègues au départ du GP d'Italie, initiative tuée dans l'œuf par certains patrons d'écuries, et notamment par Flavio Briatore. Interrogé en conférence de presse, Schumacher éreinte son ancien patron: « Flavio ne s'est jamais assis dans une F1 et n'a pas de leçons à donner aux pilotes. Il s'est opposé à mon idée, et c'était son droit, mais il était inacceptable qu'il profite de la faiblesse de ses pilotes pour les menacer. Il savait bien que Fisichella et Button ne pouvaient s'opposer à lui. » Briatore répond: « Je n'étais pas seul à m'opposer. Il y avait aussi BAR. Comment s'appelle ce mec ? Ah oui, Pollock ! (sic). Pollock était de mon avis. L'approche des pilotes n'était pas la bonne. Jeudi, lors du briefing, personne n'a parlé de ce soi-disant pacte, et Schumacher a tiré cela de son chapeau dimanche matin. Et puis, tous les pilotes n'étaient pas d'accord. Fisichella m'a dit que Michael les avait contraints... - Tu n'étais pas là ! coupe Schumacher. - Je ne fais que répéter ce que m'a dit Giancarlo ! reprend Briatore. Et puis, Michael est certes pilote, mais il prend des décisions de team manager. Il fait le boulot pour deux. » Jean Todt appréciera...
Jean Alesi dispute ici son 200e Grand Prix, un mini-événement célébré comme il se doit par Eddie Jordan qui organise une petite fête en l'honneur de son pilote. Il a convié à cette occasion tous les anciens patrons et équipiers de celui-ci. « J'en connais au moins deux qui ne viendront pas », ironise Alesi, pensant à Alain Prost et Flavio Briatore qui effectivement brilleront par leur absence. En outre, Jordan fait apposer le chiffre « 200 » sur les flancs de l'EJ11 n°12. Alesi semble assez dubitatif face à une telle prévenance. « Eddie en fait trop ! » lâche-t-il à ses copains journalistes. En effet, il aimerait surtout que Jordan dise si oui ou non il compte sur lui pour 2002. L'Avignonnais dispose d'une simple option pour la prochaine saison et attend en vain que celle-ci soit exercée. En vérité, Eddie Jordan a déjà choisi de le remplacer par Takuma Sato, le poulain de Honda. Il attend seulement le prochain Grand Prix au Japon pour faire cette annonce...
Comme il l'avait annoncé, le logisticien de McLaren Jo Ramirez se retire à l'issue de ce Grand Prix des Etats-Unis, après quarante ans passés à bourlinguer sur à peu près tous les circuits du monde. Pour l'honorer, McLaren et Mercedes le convient avec une poignée d'invités à une petite réception à l'Eiteljorg Museum consacré aux Amérindiens. L'occasion pour Ramirez de s'affubler d'un sombrero et d'un bajo sexto, devant un parterre amusé comprenant entre autres Gerhard Berger, Marc Surer, Jacques Laffite, Niki Lauda, Mika Häkkinen, David Coulthard, Nick Heidfeld, Ross Brawn et Peter Sauber. Ron Dennis offre au néo-retraité une maquette dorée de la MP4/16 ainsi qu'une... planche à voile. Ramirez doit en effet s'installer à Fuengirola, sur la Costa del Sol.
Une autre figure du paddock tire sa révérence. Murray Walker, l'emblématique commentateur de la télévision britannique, couvre à 78 ans son dernier Grand Prix avant de prendre sa retraite. Il clôt ainsi une carrière longue de plus de cinquante ans, commencée à la radio dans les années 40 et poursuivie à la télévision pour le compte de la BBC, puis d'ITV. Sa voix de fausset, son inaltérable enthousiasme, ses envolées lyriques, ses digressions absurdes et ses fréquents lapsus ont marqué deux générations de téléspectateurs. On se souvient aussi du tandem détonnant qu'il formait derrière le micro avec James Hunt, de 1980 à la disparition de celui-ci en 1993. Véritable légende vivante, Murray Walker ne s'est toutefois jamais pris au sérieux. Il fait montre de son sens de l'autodérision lors de la fête d'adieux donnée en son honneur à l'hospitalité Williams. Le maître de cérémonie Tony Jardine tend à chaque pilote convié une carte sur laquelle figure un « murrayism », un de ces fameux « non-sens » échappés à la verve du vétéran du micro. Chacun lit à voix haute la citation. Michael Schumacher est gâté: « Voici Michael Schumacher, le fils de Ralf ! » Walker éclate de rire. Jamais il n'a dit une chose aussi idiote. Le pilote allemand est plus dubitatif: « Ralf est mon frère... mais je suppose que c'est votre fameux humour anglais ? »
Comme l'an passé, le réglage aérodynamique des monoplaces est problématique sur ce circuit qui comprend à la fois une portion sinueuse et un « ovale » où la vitesse de pointe prédomine. Les solutions mixtes s'imposent. Par exemple, la Ferrari F2001 arbore les ailerons utilisés à Montréal. On note aussi sur cette voiture un tunnel central de diffuseur redessiné. Son volant est remanié avec dans la partie supérieure deux nouveaux poussoirs flanqués des signes + et -, destinés à régler le contrôle de traction. Jaguar est la seule équipe à utiliser ici la configuration aérodynamique de Monza, avec bien sûr des ailerons plus braqués. En pleine errance, BAR-Honda se sert alternativement des éléments aérodynamiques de Monza et de... Monaco. La 003 restera inconduisible. Williams adopte ce week-end des échappements hauts, testés en essais à Monza au mois d'août. Les deux pilotes peuvent utiliser la version B de la FW23, mais avec une carrosserie hybride. L'ensemble manquant d'appui, R. Schumacher utilise l'aileron de Monaco et Montoya celui de la Hongrie. Ils rajouteront l'aileron triplan à l'arrière pour la course. Enfin, les Jordan-Honda adoptent des écopes de freins version Ferrari, et se distinguent aussi par des ailerons très chargés.
Les qualifications
Les essais du vendredi se déroulent sous un chaud soleil. Les pilotes améliorent les chronos de 2000, et le plus rapide de la journée est Häkkinen (1'13''387''') devant les Ferrari de M. Schumacher et Barrichello. La séance du samedi matin se tient par temps frais (12°C). M. Schumacher est victime d'un bris de pompe à huile qui nécessite un changement de moteur, ce qui ne l'empêche pas de signer le meilleur chrono (1'12''078''') devant Häkkinen et l'étonnant Heidfeld.
L'après-midi, M. Schumacher réalise sa dixième pole position de la saison (1'11''708''') après un long duel avec Häkkinen. Barrichello est seulement cinquième avec l'autre Ferrari. Il a selon lui été gêné par Trulli en fin de séance. En grande forme, Häkkinen (2e) retrouve la première ligne, à 2/10e de Schumacher. Coulthard (7e) se plaint en revanche d'une McLaren développant trop de sous-virage à vide. Williams tarde à trouver les bons réglages sur sa FW23B. R. Schumacher (3e) échoue cependant à quelques millièmes d'Häkkinen. Montoya (4e) est plus en retrait. La Sauber-Petronas semble très rapide et Heidfeld décroche une très belle sixième place. Räikkönen (11e) déplore en revanche un équilibre perfectible. Jordan réduit finalement l'appui pour gagner en vitesse de pointe sur l'ovale, mais manque d'adhérence dans l'inflield, d'où des performances médiocres pour Trulli (8e) et Alesi (9e).
Chez Benetton-Renault, Button (10e) atteint le « top 10 » pour la première fois de la saison et devance Fisichella (12e) pour la deuxième fois consécutive. Les BAR-Honda manquent considérablement d'adhérence. Panis (13e) surnage mais Villeneuve (18e) coule à pic. Rien ne fonctionne non plus pour les Jaguar-Ford (Irvine 14e, de la Rosa 16e) qui oscillent entre survirage et sous-virages selon les pneus utilisés. Frentzen place sa Prost-Acer au 15e rang tandis que Enge (21e) sort de la piste en fin de séance suite à une rupture de freins. Alonso hisse sa Minardi en 17e position malgré un problème de moteur qui l'a contraint à prendre le mulet. Yoong (22e) concède près d'une seconde et demie à son équipier. Les Arrows-Asiatech sont bien trop lentes. Bernoldi (19e) devance encore Verstappen (20e), bien qu'il ait dû se rabattre sur le mulet suite à une défaillance de moteur.
Le Grand Prix
Le warm-up est très animé avec une cascade de pannes, la plus impressionnante étant l'explosion du moteur BMW de Montoya qui nécessite un drapeau rouge pour nettoyage de la piste. Häkkinen heurte pour sa part le mur à cause de freins bloqués. Surtout, le Finlandais commet une grosse erreur en grillant le feu rouge à la sortie des stands. Pour le punir, les commissaires sportifs décident d'annuler son meilleur temps des qualifications, ce qui le relègue au quatrième rang sur la grille, derrière les Williams. Le Finlandais est furax. Les Schumacher se retrouveront donc en première ligne. Le meilleur temps de cet échauffement revient à R. Schumacher (1'13''912''')
Ce dimanche, sous un beau et chaud soleil (27°C), plus de 175 000 spectateurs se sont massés dans les tribunes de l'Indianapolis Speedway pour admirer ces F1 qu'ils ne connaissent guère, mais qui leur font au moins oublier pour quelques heures une actualité tragique. Vingt minutes avant le départ, l'émotion est à son comble lorsque la chanteuse Patti LaBelle entonne « The Star Spangled Banner », l'hymne national religieusement écouté par le public. La bannière étoilée est d'ailleurs partout dans les tribunes: Bridgestone et SAP, sponsor n°1 de l'épreuve, ont distribué 100 000 petits drapeaux aux spectateurs.
La plupart des pilotes prévoient un seul arrêt, mais de nouveau Ferrari se singularise avec une stratégie à deux stops pour Barrichello. À noter aussi que la Scuderia a choisi le composé dur proposé par Bridgestone, tandis que McLaren penche pour le mélange tendre. Dans le clan Michelin, les enveloppes tendres sont aussi privilégiées. Chez Williams, Montoya part pour un arrêt, R. Schumacher pour deux. Bernoldi prend le mulet Arrows après la découverte d'un problème de pompe à essence sur sa voiture.
Départ: M. Schumacher reste premier tandis que Montoya, dans son sillage, précède aussitôt R. Schumacher et Häkkinen, situés du côté sale de la piste. Barrichello double aussi ces deux pilotes. Aux abords du premier virage, Montoya se porte à la hauteur de Schumacher mais, placé à l'extérieur, il ne peut porter d'attaquer. Enge est resté scotché sur la grille et démarre avec quelques secondes de retard.
1er tour: M. Schumacher devance Montoya, Barrichello, R. Schumacher, Häkkinen, Coulthard, Trulli, Heidfeld, Räikkönen et Fisichella.
2e: M. Schumacher compte une seconde d'avance sur Montoya, menacé par Barrichello. Heidfeld déboîte Trulli par la droite sur la ligne, mais son équipier Räikkönen tente de se faufiler dans l'ouverture entre ces deux concurrents. Au freinage, le Finlandais se retrouve pris en sandwich, se rabat sur Trulli et endommage son aileron avant contre la Jordan.
3e: Barrichello prend l'aspiration de Montoya sur l'ovale puis le déborde hardiment par l'extérieur au premier virage. Button efface Trulli. Räikkönen rejoint les stands pour changer de museau, mais il doit bientôt renoncer suite à la rupture d'un demi-arbre de transmission.
4e: Léger en essence, Barrichello rejoint aisément M. Schumacher. Montoya est menacé par R. Schumacher et Häkkinen. Peu à l'aise, Coulthard est poursuivi par Heidfeld.
5e: Schumacher laisse passer Barrichello dans la ligne droite du circuit intérieur. Le Brésilien est désormais libre de s'échapper. Les Williams sont reléguées à quatre secondes.
6e: Barrichello précède M. Schumacher (1.8s.), Montoya (5.2s.), R. Schumacher (6s.), Häkkinen (6.7s.), Coulthard (7.8s.), Heidfeld (8.3s.), Button (11.5s.), Trulli (15.5s.), Fisichella (13.4s.), Alesi (14.6s.) et Irvine (17.1s.). Comme toujours léger en carburant, Verstappen est remonté au 13e rang.
8e: Barrichello tourne une seconde au tour plus vite que le reste du peloton. Schumacher lui rend trois secondes et demie. Plus loin, l'étonnant Heidfeld s'accroche au groupe des Williams et des McLaren.
10e: Cinq secondes séparent les deux Ferrari. Trulli repasse devant Button dont les pneus ont tendance à « buller ».
11e: Barrichello mène devant M. Schumacher (6s.), Montoya (9.4s.), R. Schumacher (11s.), Häkkinen (12.8s.), Coulthard (14.7s.), Heidfeld (15.2s.), Trulli (21.5s.), Button (24.8s.), Fisichella (25.9s.), Alesi (26.2s.) et Irvine (29s.).
12e: Barrichello affole le chrono (1'15''179''') et se forge un avantage de sept secondes sur M. Schumacher.
13e: Alesi déborde Fisichella par l'intérieur au premier tournant, puis remonte aisément sur l'autre Benetton-Renault de Button.
14e: Barrichello compte huit secondes d'avance sur M. Schumacher, onze secondes sur Montoya. Alesi se laisse aspirer par Button puis le déborde en retardant son freinage au virage n°1. Le voici neuvième.
15e: Barrichello est premier devant M. Schumacher (8.5s.), Montoya (12.3s.), R. Schumacher (14s.), Häkkinen (16.8s.), Coulthard (19.7s.), Heidfeld (20.2s.), Trulli (27.7s.), Alesi (33s.) et Button (35s.).
17e: L'avance de Barrichello sur Schumacher approche les dix secondes. Cela est toutefois bien insuffisant pour que sa sa stratégie à deux arrêts soit efficace.
19e: Barrichello précède M. Schumacher (10.4s.), Montoya (12.7s.), R. Schumacher (15s.), Häkkinen (20s.), Coulthard (22.5s.), Heidfeld (23.2s.), Trulli (31.6s.), Alesi (39s.) et Button (43s.).
21e: Barrichello a onze secondes d'avantage sur son équipier, désormais rattrapé par Montoya. R. Schumacher et Häkkinen sont isolés, tandis que Coulthard est toujours pressé par Heidfeld.
23e: Barrichello compte douze secondes de marge sur M. Schumacher. Montoya est revenu à une seconde et demie de ce dernier.
24e: R. Schumacher stoppe chez Williams pour un premier ravitaillement qui s'éternise 12 secondes car ses mécaniciens peinent à serrer la roue arrière-droite. L'Allemand repart derrière Alesi.
25e: Barrichello devance M. Schumacher (12.5s.), Montoya (13.1s.), Häkkinen (23s.), Coulthard (26.4s.) et Heidfeld (27.2s.).
26e: Montoya est désormais dans le sillage de M. Schumacher. Premier arrêt pour Yoong.
27e: Barrichello arrive aux stands pour son premier pit-stop (8.6s.) et tombe au cinquième rang derrière Coulthard. Heidfeld subit son premier ravitaillement et glisse entre R. Schumacher et Button.
28e: M. Schumacher est désormais leader devant Montoya (0.8s.), Häkkinen (10.8s.), Coulthard (15s.), Barrichello (18s.), Trulli (28.3s.), Alesi (38.2s.), R. Schumacher (39.7s.), Heidfeld (44.8s.), Button (47.6s.), Fisichella (51.3s.) et Irvine (54.1s.).
30e: Montoya évolue à quelques dixièmes de M. Schumacher. Häkkinen est à dix secondes de ce duo. Loin de là, R. Schumacher tente de rattraper Alesi.
32e: Aux trousses de Schumacher, Montoya rattrape avec brio un fort sous-virage au virage n°3. Il perd cependant quelques dixièmes dans cette mésaventure.
33e: Montoya abaisse le record du tour (1'14''508''') et revient sur les talons de Schumacher.
34e: Montoya se fait aspirer par Schumacher sur l'ovale. L'Allemand se déporte légèrement vers la droite avant le premier virage, mais le hardi Colombien retarde son freinage, se jette à l'intérieur et s'impose brillamment. En difficulté, R. Schumacher se fait passer par Heidfeld et est même menacé par Button.
35e: Montoya tourne en 1'14''448''' et prend deux secondes d'avance sur Schumacher. Häkkinen est à dix secondes du pilote allemand. Button effectue son ravitaillement.
36e: Montoya arrive chez Williams pour un unique pit-stop bien long (13s.). Le Colombien repart derrière Barrichello. M. Schumacher retrouve le commandement. Verstappen ravitaille après avoir effectué un tête-à-queue.
37e: Jusqu'alors discret, Häkkinen passe à l'attaque et revient à huit secondes de M. Schumacher. R. Schumacher bloque ses roues au virage n°7, part en tête-à-queue et s'enlise dans les graviers. L'Allemand abandonne sa Williams alors que les drapeaux jaunes sont déployés. Alesi subit son ravitaillement et repart entre les BAR. Enge et Bernoldi passent aussi aux stands.
38e: M. Schumacher devance Häkkinen (8s.), Coulthard (12s.), Barrichello (16s.), Montoya (30.5s.) et Trulli (36s.). Montoya réalise le meilleur tour de la course (1'14''448'''). Alonso rejoint le garage Minardi et met pied à terre suite à un bris de transmission. Son équipier Yoong le rejoint à cause d'une sélection de vitesses capricieuse. Le Malais repartira.
39e: Montoya s'immobilise le long du muret des stands, frappé par une panne hydraulique. M. Schumacher fait halte chez Ferrari pour reprendre de l'essence et des Bridgestone neufs (11.4s.), puis redémarre en quatrième position. Trulli ravitaille aussi et repart neuvième, entre Frentzen et Panis. Häkkinen est le nouveau leader.
40e: Häkkinen attaque pour repartir devant Schumacher après son arrêt, mais il tombe sur un trio de retardataires comprenant Alesi, Villeneuve et de la Rosa.
41e: Häkkinen devance Coulthard (3.6s.), Barrichello (9.6s.), M. Schumacher (26s.), Heidfeld (42s.), Irvine (46s.), Frentzen (51s.), Trulli (55s.), Panis (1m. 03s.) et Alesi (-1t.). Fisichella opère son unique ravitaillement
42e: Häkkinen se défait non sans peine des attardés. Frentzen prend de l'essence et des pneus neufs. Young renonce, faute de pouvoir passer ses rapports.
43e: Coulthard fait escale chez McLaren pour ravitailler (9s.) et redémarre en quatrième position. De la Rosa assaille Villeneuve par l'intérieur au virage n°7. Tassé, il escalade le vibreur et heurte le Québecois qui pirouette dans la pelouse et repart difficilement. De la Rosa tond la pelouse. Villeneuve rejoint son stand, mais ses mécaniciens ne sont pas prêts et il ne pourra ravitailler qu'au passage suivant.
44e: Häkkinen compte dix secondes d'avance sur Barrichello et vingt-huit secondes sur Schumacher qui rencontre lui aussi du trafic.
46e: Häkkinen stoppe chez McLaren pour son seul pit-stop (9.6s.). Le Finlandais parvient à repartir devant Schumacher. Barrichello recueille le commandement, mais doit encore s'arrêter. Ravitaillement aussi pour Panis. Verstappen abandonne, moteur cassé.
47e: La BAR de Villeneuve est endommagée à l'arrière-gauche suite à sa touchette avec de la Rosa. Le Canadien préfère abandonner.
48e: M. Schumacher est englué dans un épais trafic et perd le contact avec Häkkinen. Heidfeld effectue son deuxième pit-stop et perd deux places au profit d'Irvine et Trulli.
49e: Barrichello devance Häkkinen (21s.), M. Schumacher (26s.), Coulthard (29.5s.), Irvine (48s.), Trulli (1m.), Heidfeld (1m. 10s.), Alesi (-1t.), de la Rosa (-1t.), Fisichella (-1t.) et Button (-1t.).
50e: Barrichello est chez Ferrari pour son second pit-stop (8.2s.). Le Pauliste repart en deuxième positon, derrière Häkkinen et juste devant Schumacher. De la Rosa effectue un ravitaillement tardif et bien long (13.6s.). Il tombe au 13e rang.
51e: Häkkinen compte six secondes d'avance sur Barrichello. La question est désormais de savoir si ce dernier peut revenir sur le Finlandais.
52e: Irvine est le dernier pilote à ravitailler (7.8s.). L'Irlandais repart en septième positon, à quelques encablures d'Heidfeld.
53e: Häkkinen précède Barrichello (5.2s.), M. Schumacher (8.5s.), Coulthard (12s.), Trulli (48s.), Heidfeld (1m. 02s.), Irvine (1m. 04s.), Alesi (1m. 08s.), Fisichella (-1t.), Button (-1t.), Frentzen (-1t.) et Panis (-1t.).
54e: Barrichello est revenu à quatre secondes et demie d'Häkkinen. Heidfeld a perdu l'usage de son septième rapport et devient une proie facile pour Irvine qui le double au virage n°12.
56e: Quatre secondes séparent Häkkinen et Barrichello. Le Brésilien est plus rapide que le Finlandais, mais ne remonte pas de façon significative.
58e: Häkkinen mène devant Barrichello (3.3s.), M. Schumacher (9.2s.), Coulthard (12s.), Trulli (49s.), Irvine (1m. 02s.), Heidfeld (1m. 04s.) et Alesi (1m. 11s.).
60e: Häkkinen garde trois secondes de marge sur Barrichello. À un tour, Button et Frentzen ne se quittent pas et convoitent la 10e place. De la Rosa perd devant les stands un morceau de carrosserie sur lequel roule Bernoldi, sans conséquence.
62e: Barrichello perd quelques dixièmes en prenant un tour à Alesi. Son retard sur le leader augmente quelque peu.
63e: Häkkinen précède Barrichello (2.9s.), M. Schumacher (10s.), Coulthard (12s.), Trulli (51s.), Irvine (1m 04s.), Heidfeld (1m. 08s.) et Alesi (-1t.).
65e: L'intervalle entre Häkkinen et Barrichello est désormais stable, autour de trois secondes. Coulthard maintient la pression sur Schumacher.
67e: Barrichello concède deux secondes et huit dixièmes à Häkkinen. Sauf miracle, il ne pourra pas rattraper le Nordique.
68e: Le moteur de Barrichello donne des signes de faiblesse. Son retard sur Häkkinen grimpe soudain à plus de quatre secondes.
69e: La Ferrari de Barrichello laisse échapper une inquiétante fumée bleue. Le Brésilien n'a plus qu'à prier pour que le V10 tienne jusqu'au bout.
70e: Schumacher dépasse son équipier sur la ligne. Barrichello poursuit bien que son moteur fume de plus en plus.
71e: Coulthard double aisément Barrichello, relégué au quatrième rang.
72e: Häkkinen finit la course avec une dizaine de secondes d'avance sur Schumacher. Le moteur de Barrichello serre dans la ligne droite de l'infield. Le Brésilien s'arrête sur le bas-côté, hors trajectoire.
73e et dernier tour: Mika Häkkinen remporte sa 20e victoire en F1 devant M. Schumacher et Coulthard. Trulli se classe quatrième. Irvine (5e) marque ses premiers points depuis Monaco. Heidfeld recueille la sixième place avec une boîte privée de plusieurs rapports. Alesi, Fisichella, Button, Frentzen, Panis, de la Rosa, Bernoldi et Enge coupent aussi la ligne.
Après la course
Pour la deuxième fois consécutive, Ferrari a perdu la course à cause d'une stratégie erronée. Les deux arrêts de Rubens Barrichello et le choix peu pertinent des pneus Bridgestone durs ont ouvert la voie à Juan Pablo Montoya. Ce dernier ayant été frappé une énième fois par un problème mécanique, c'est Mika Häkkinen qui a tiré les marrons du feu. Parti en Bridgestone tendres et bien servi par une stratégie à un seul arrêt tardif, le « flying Finn » est ainsi passé devant Michael Schumacher, puis a tenu jusqu'au bout face à Barrichello. Un beau retour de fortune pour celui qui quelques heures plus tôt reculait sur la grille pour cause de feu rouge non respecté ! « Apprendre cette mauvaise nouvelle m'a franchement dégoûté ! commente-t-il. Bien sûr la règle est la règle, mais c'était une simple faute d'inattention. J'aurais bien voulu croiser un commissaire pour lui dire ma façon de penser... » Heureusement, Häkkinen retrouve sa bonne humeur en évoquant cette très belle victoire: « Silverstone, Monaco et Indianapolis sont selon moi les trois courses que tout pilote aimerait gagner dans sa carrière. Je suis heureux d'avoir accompli cela. Pourtant, je ne pensais pas gagner aujourd'hui. Durant la première partie de la course, je me suis contenté de maintenir un bon rythme. Puis, comme nous avions la meilleure stratégie, le reste m'a paru facile. Il suffisait de ne commettre aucune erreur. Et me retrouver ici, tout en haut du podium, me procure un grand bonheur. » Le double champion du monde s'exprime avec faconde, un franc sourire aux lèvres. Les journalistes le notent: ce n'est plus le Mika inquiet, crispé qu'ils ont croisé tout au long de la saison. Un autre homme. « Depuis que j'ai annoncé mon congé à Monza, je suis beaucoup plus relax, confirme-t-il. Je n'ai plus à choisir mes mots, je dis ce que je pense. Mais je ne suis pas détaché de mon métier, bien au contraire. Jusqu'au bout, je roulerai avec la ferme intention de gagner. Ainsi, avec David, nous irons à Suzuka pour gagner, bien entendu. Et après, hasta la vista ! »
Grâce à ce double podium et aux abandons des Williams-BMW, McLaren-Mercedes s'assure ce soir de la deuxième place du championnat des constructeurs et limite donc les dégâts au terme d'une saison fort éprouvante. Ron Dennis goûte même un peu de champagne pour fêter cela ! Troisième, David Coulthard porte son avance sur Rubens Barrichello à sept points au classement des pilotes et pourra donc décrocher à Suzuka le titre symbolique de vice-champion. C'est tout ce qu'il retiendra d'un après-midi fort pénible. « J'ai dû composer avec pas mal de sous-virage, explique-t-il. Je ne pense pas mériter cette troisième place, mais c'est ainsi que vont parfois les courses. J'ai eu ma part de problèmes mécaniques au cours de la saison, donc je prends les points et dit merci. » L'Écossais a tellement souffert qu'il fut même longtemps menacé par la Sauber de Nick Heidfeld ! « Pour être honnête, je n'y ai pas prêté beaucoup d'attention, dit-il. Cette course fut surtout un combat entre moi-même et la voiture ! » Mystérieuse MP4/16, docile aux mains d'Häkkinen, et véritable taureau en furie avec « DC » !
Ferrari n'est pas parvenue à hisser Rubens Barrichello sur la plus haute marche du podium. Comme à Monza, la Scuderia avait tablé sur deux arrêts, et comme à Monza, ce fut une erreur. « Il fallait absolument que Rubens double ses adversaires au plus tôt et prenne le large, explique Ross Brawn. Avec 25 kg d'essence en moins, on peut tourner une seconde au tour plus vite sur ce circuit. L'idée était là. » Hélas, le Brésilien n'est pas parvenu à se créer une avance suffisante lors de son premier relais. Puis, en fin d'épreuve, il ne semblait pas capable de rattraper Häkkinen, et son moteur a fini par le trahir. « Sur la fin, je remontais sur Häkkinen au rythme de 5/10e par tour ! » assure-t-il faussement. « J'étais plus rapide que lui en ligne droite, donc je pense que j'aurais pu l'attaquer. Mais mon second train de pneus n'était pas terrible, peut-être à cause d'une pression de gonflage trop élevée. Peut-être n'avons-nous pas fait le meilleur choix de pneus. » Les Bridgestone tendres sélectionnés par McLaren étaient en effet meilleurs. « Quand je me suis retrouvé à deux secondes et demie de Mika, j'ai ressenti une légère baisse de puissance, reprend Barrichello. J'ai commencé à réduire le régime, mais je n'avais rien d'autre à faire qu'attendre que ça casse. Je suis déçu évidemment, car depuis que Michael a été titré, je n'ai pas gagné de courses. Mais au moins, j'ai démontré que je pouvais viser la victoire quand les choses vont bien. Ne vous en faites pas pour moi. Je suis un pilote heureux, puisque je suis rapide ! » C'est ce qui s'appelle être optimiste.
Michael Schumacher se contente pour sa part de la deuxième place, après avoir semblé comme à Monza subir les événements. Parti pour un seul arrêt, il aurait certes pu recueillir la victoire à la place de son équipier, mais des pneus médiocres l'en ont empêché. Beau joueur, il salue le dépassement réalisé sur sa personne par Juan Pablo Montoya (« Je ne sais pas d'où il sortait ! ») et couvre de fleurs Mika Häkkinen qu'il considère encore et toujours comme son adversaire le plus redoutable. Au passage, il établit un nouveau record, celui du plus grand nombre de points inscrits en une saison (113), effaçant ainsi la précédente référence (108) qu'il codétenait avec Nigel Mansell.
Williams-BMW quitte l'Indiana avec un double abandon fort décevant, puisque Juan Pablo Montoya avait la voiture et la stratégie pour décrocher une deuxième victoire consécutive. Las, une panne hydraulique l'a stoppé net dans ses efforts. Son onzième abandon en quinze Grands Prix ! Néanmoins, le Sud-Américain évite cette fois de bougonner: « Il faut retenir le positif. Nous avons été très compétitifs sur un circuit pas forcément idéal pour notre ensemble et j'ai réussi un joli dépassement sur Schumacher. Cela ira mieux la prochaine fois. » Quant à Ralf Schumacher, visiblement peu à l'aise ce week-end, il s'est évanoui dans un tête-à-queue sans gloire: « J'ai bloqué les roues arrière au freinage et j'ai fini sur le sable. C'était ma faute... » Pierre Dupasquier a en revanche le sourire: les pneus Michelin ont encore une fois su concurrencer les Bridgestone, et une cinquième victoire en 2001 était envisageable. Du reste, la belle cinquième place d'Eddie Irvine sur Jaguar récompense tout de même les efforts de Bibendum.
Disqualification de Jarno Trulli
Jarno Trulli paraît décidément frappé du signe indien. Épargné cette fois de tout problème, il a conduit sa Jordan-Honda à une très précieuse quatrième place qui permet à son équipe de passer devant BAR au championnat des constructeurs. Mais est disqualifié pour cause de plancher non conforme ! L'épaisseur de la planche en jabroc est en effet mesurée à 7,5 mm au lieu des 9 mm tolérés par le règlement. Eddie Irvine récupère ainsi la quatrième place, Nick Heidfeld la cinquième, tandis que Jean Alesi recueille le point de la sixième place: un pis-aller pour Jordan qui retombe au niveau de BAR (17 pts) au tableau des constructeurs. Pour l'anecdote, cette disqualification découle d'une réclamation déposée par Peter Sauber. Celle-ci devait toutefois être cautionnée à hauteur de 2500 dollars. N'ayant pas cette somme sur lui, Peter Sauber a dû demander à ses techniciens de vider leurs poches, et a fini par « taper » ses amis journalistes suisses Jacques Deschenaux et Roger Benoit !
Combatif, Eddie Jordan décide toutefois de faire appel car il constate qu'aucun commissaire sportif ne figurait lors de l'audition de ses représentants Trevor Foster et Eghbal Hamidy, ce qui est contraire aux règles. L'appel de l'écurie Jordan est examiné par la FIA le 19 octobre 2001, soit après le dernier Grand Prix au Japon. Huit jours plus tard, le 27 octobre, la fédération constate le vice de procédure (absence d'un officiel à l'audition des représentants de Jordan) et annule la disqualification de Trulli. Ce dernier récupère donc les trois points de sa quatrième place, ce qui permettra in fine à Jordan devance BAR-Honda au championnat des constructeurs.
Sources :
- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001
- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001
- Sport auto, novembre 2001
- Auto hebdo, 3 octobre 2001
- Archives Autosport
Tony