Tous les sports ont leur champion sans couronne, leur éternel second. En Formule 1, il s'agit du Britannique Stirling Moss, quadruple vice-champion du monde consécutif.
Né dans une famille où le sport automobile tient une place importante, il commence sa carrière à 18 ans, en 1948, sur des courses de côte. Il se révèle plutôt bon et passe aux courses sur circuit en 1949, remportant ses premières courses en Formule 3. En 1950, il participe à des courses de F2 avec HWM.
C'est en 1951 qu'il participe à son premier Grand Prix de Formule 1, comptant pour le championnat du monde. Qualifié en quatorzième position sur la grille de départ du Grand Prix de Suisse, il termine huitième avec sa HWM. En 1952, il participe à cinq Grands Prix avec HWM, ERA et Connaught, mais n'en termine aucun. Cependant, Stirling a plus de réussite en rallye, terminant deuxième lors de sa première participation au rallye de Monte-Carlo. En 1953, il participe à quatre Grands Prix, dont un avec une Connaught et trois avec une Cooper T24, avec laquelle il termine sixième au Nürburgring. Il se classe deuxième aux 24 Heures du Mans aux côtés de Peter Walker, au volant d'une Jaguar.
En 1954, il aborde Alfred Neubauer, le patron de Mercedes, mais ce dernier préfère qu'il fasse ses preuves avant de l'engager. Stirling engage donc une Maserati 250F à titre privé. Dès sa première course, en Belgique, il monte sur le podium en terminant troisième. La suite de la saison est moins heureuse, car la voiture manque de fiabilité. Il parvient tout de même à se qualifier trois fois consécutivement en première ligne. Au vu de ces performances, Neubauer l'engage chez Mercedes aux côtés du double champion du monde en titre, Juan Manuel Fangio.
Fangio et Moss forment alors l'un des meilleurs duos de la Formule 1. Avec la voiture la plus compétitive du plateau, Stirling monte deux fois sur le podium à la droite de Fangio, puis réalise le doublé pole position et victoire chez lui, à Aintree. Au final, Fangio remporte son troisième titre et Moss termine vice-champion du monde. Cette année-là, il remporte les Mille Miglia avec son copilote Denis Jenkinson, devant Fangio, tous deux au volant d'une Mercedes 300 SLR.
En 1956, Mercedes se retire à la suite de la catastrophe survenue lors des 24 Heures du Mans. Fangio part alors chez Ferrari, tandis que Stirling retourne chez Maserati. Alors que Fangio connaît quelques petits déboires, il s'annonce comme un sérieux candidat au titre. Il remporte les Grands Prix de Monaco et d'Italie, mais se classe une deuxième fois deuxième du championnat, derrière Fangio. Cette année-là, il se classe de nouveau deuxième aux 24 Heures du Mans, avec une Aston-Martin. En 1957, Moss rejoint l'écurie de Tony Vandervell. Avec la Vanwall VW57, il remporte trois victoires, mais se retrouve une nouvelle fois deuxième, derrière Fangio.
La saison 1958 s'annonce prometteuse, le départ du Maestro offrant à Stirling les meilleures chances de remporter le titre. Cependant, malgré ses quatre victoires, il doit s'incliner derrière Mike Hawthorn, qui n'a remporté qu'une seule course, mais a terminé cinq fois deuxième. Lors du Grand Prix du Portugal, qu'il a remporté, il intervient pour empêcher les commissaires de disqualifier Hawthorn, qui aurait redémarré sa voiture à contresens après un tête-à-queue. Cette action de fair-play lui a finalement coûté le titre mondial. Pour un seul point, Moss voit son rêve de devenir le premier pilote britannique à remporter le titre mondial de Formule 1 s'envoler, au profit de Mike Hawthorn sur sa Ferrari.
En 1959, après un début de saison difficile malgré une pole position à Monaco, Moss parvient à remporter deux courses avec une Cooper-Climax. En 1960, il court avec une Lotus et remporte la première victoire de l'écurie de Colin Chapman à Monaco. En Belgique, il est victime d'un terrible accident qui lui brise les deux jambes. Il parvient tout de même à remporter la dernière épreuve de la saison à Riverside.
En 1961, le changement de réglementation permet à Ferrari de remporter les titres mondiaux dans les deux catégories, mais n'empêche pas Stirling de remporter sa troisième victoire sur le circuit de la Principauté, ainsi que sa seizième victoire en carrière sur le difficile circuit du Nürburgring. Comme en 1959 et 1960, il termine troisième du championnat cette année.
Le 23 avril 1962, il participe au Xe Glover Trophy sur le circuit de Goodwood. Après une incompréhension avec Graham Hill, il perd le contrôle de sa Lotus sur une section rapide de la piste, glisse sur l'herbe humide et percute violemment une butte de protection. Il est gravement blessé à la tête et tombe dans le coma pendant plusieurs jours. A son réveil, il reste partiellement paralysé pendant plusieurs mois.
Un an plus tard, il retourne à Goodwood pour tenter de reprendre la conduite, mais constate que ses réflexes et son niveau ne sont plus les mêmes. Il décide alors de mettre un terme à sa carrière.
Julien