Lorenzo BANDINI
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Né le 21 décembre 1935 - Barca (Libia)
Décédé le 10 mai 1967 - 31 ans - Monaco - Accident durant le GP de Monaco (7 mai)
Nation : Italie
Premier Grand Prix :
Belgique 1961
Dernier Grand Prix :
Monaco 1967
Meilleur classement :
1er
Meilleure position de départ :
1er
 
Meilleur classement en Championnat du Monde : 4e en  1964
1961
nc
1962
12
1963
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1964
4
1965
6
1966
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1967
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A participé au titre de champion du monde des constructeurs en 1964 (Ferrari, 20% des points marqués)
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Position sur la grille de départ
Moyenne: 8,57
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Position à l'arrivée
Moyenne: 6,14
• Vainqueur des 24 Heures du Mans en 1963

Lorenzo Bandini est décédé alors qu'il s'annonçait une saison magnifique pour lui.


Avant de devenir pilote, il travaillait comme mécanicien dans un garage. Grâce au propriétaire, il peut disposer de voitures avec lesquelles il commence sa carrière automobile. En 1959, il passe à la Formule Junior et réalise deux magnifiques saisons avec ses voitures, ce qui lui vaut d'être approché par Ferrari. La Scuderia lui propose un volant en Formule 1 pour 1961, mais qui sera finalement donné à Giancarlo Baghetti.


Cooper

Il fait ses débuts en championnat du monde de Formule 1 en juin, lors du Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps. Engagé par la Scuderia Centro Sud sur une Cooper-Maserati, il se qualifie en queue de peloton et abandonne à cause d'un problème de pression d'huile. En juillet, il participe au Grand Prix de Grande-Bretagne, qu'il termine à la douzième place. Après un abandon sur casse moteur en Allemagne, il dispute le Grand Prix d'Italie, qu'il termine à la huitième place.

En endurance, il participe à la Targa Florio au volant d'une Ferrari 250 TR officielle. Associé à Giorgio Scarlatti, il se classe troisième. Le duo remporte ensuite les 4 Heures de Pescara. Ce parcours de transition entre écuries privées et participations ponctuelles pour la firme de Maranello prépare son intégration officielle chez Ferrari pour la saison suivante.


Ferrari

Il commence son championnat du monde de Formule 1 en juin, lors du Grand Prix de Monaco. Au volant de la Ferrari 156, il réalise une prestation solide et franchit la ligne d'arrivée à la troisième place. Ce résultat lui permet de décrocher son premier podium dès sa première participation pour l'écurie de Maranello. En raison des mouvements sociaux en Italie et des choix stratégiques d'Enzo Ferrari, il ne participe toutefois qu'à quelques Grands Prix au cours de l'année. Il achève sa brève campagne de Grands Prix par des participations en Allemagne et en Italie. Au Nürburgring, il est contraint à l'abandon à la suite d'un accident, tandis qu'à Monza, il se classe huitième. Bien qu'il ne dispute que trois épreuves comptant pour le championnat du monde, il se classe douzième du classement des pilotes. Il confirme sa pointe de vitesse lors d'épreuves de Formule 1 hors championnat, notamment au Grand Prix de la Méditerranée sur le circuit d'Enna-Pergusa en août, qu'il remporte après avoir dominé la course.

Parallèlement, il se distingue dans les épreuves d'endurance. En mai, il participe à la Targa Florio avec Giancarlo Baghetti sur une Ferrari 266 SP et se classe deuxième. En juin, il dispute les 24 Heures du Mans, mais une défaillance de l'embrayage l'oblige à abandonner.

Cependant, à la fin de la saison, Ferrari le garde, mais pour courir en voitures de sport et non plus en Formule 1.


BRM

De retour chez Scuderia Centro Sud, il participe à trois Grands Prix au volant d'une BRM P57. Avec cette écurie privée, il se classe dixième du Grand Prix de France, puis cinquième du Grand Prix de Grande-Bretagne. Malgré son abandon en Allemagne, ses performances convaincantes et l'accident grave de Willy Mairesse incitent Enzo Ferrari à le rappeler pour qu'il réintègre l'équipe de Formule 1.


Retour chez Ferrari

Il dispute donc le Grand Prix d'Italie au volant de la Ferrari 156/63, mais abandonne à la suite d'un problème de boîte de vitesse. Lors du Grand Prix des Etats-Unis, il termine cinquième, marquant ainsi ses premiers points de la saison. Après un abandon au Mexique, il termine de nouveau cinquième en Afrique du Sud. Ces résultats réguliers lui permettent de se classer dixième du championnat.

C'est en endurance que Lorenzo signe son plus grand exploit de l'année. En juin, il participe aux 24 Heures du Mans sur une Ferrari 250 P d'usine, en compagnie de Ludovico Scarfiotti. Le duo italien domine l'épreuve et remporte une victoire historique : la première d'un équipage 100 % italien sur une voiture italienne. Ce succès renforce son statut de pilote de pointe chez Ferrari.


En 1964, il occupe le rôle de second pilote de la Scuderia Ferrari aux côtés de John Surtees. Il commence sa saison par trois abandons consécutifs, puis termine neuvième en France. Il enchaîne ensuite avec des courses solides, notamment une cinquième place en Grande-Bretagne et une troisième place au Grand Prix d'Allemagne. Il connaît son heure de gloire en août. Lors de l'unique édition du Grand Prix d'Autriche organisée sur le tracé bosselé de l'aérodrome de Zeltweg, il s'impose au volant de sa Ferrari 156. Après une troisième place en Italie, la fin de sa saison en Formule 1 s'avère cruciale pour l'écurie italienne lors du Grand Prix du Mexique. Alors qu'il se trouve en troisième position en fin de course, il ralentit volontairement pour laisser la place à son coéquipier, John Surtees. Ce sacrifice stratégique offre au Britannique les points nécessaires pour devenir champion du monde et permet à Ferrari de remporter le titre des constructeurs. Il achève ainsi son championnat au quatrième rang mondial.

En endurance, Lorenzo commence l'année par une victoire aux 2 000 km de Daytona, aux côtés de Phil Hill sur une Ferrari 250 GTO. En juin, il termine troisième des 24 Heures du Mans, partageant une Ferrari 330 P avec Surtees, puis remporte les 1 000 km de Paris sur le circuit de Montlhéry en octobre.


La saison 1965 se déroule dans un contexte technique de transition pour la Scuderia. En Formule 1, Lorenzo alterne entre la Ferrari 158 à moteur V8 et la nouvelle 1512 équipée d'un moteur à plat à douze cylindres. Il réalise sa meilleure performance de l'année dès le mois de mai, lors du Grand Prix de Monaco, où il termine deuxième derrière Graham Hill. Malgré ce résultat probant, la suite de la saison est marquée par la supériorité des écuries britanniques et par un manque de fiabilité mécanique. Il parvient néanmoins à marquer des points régulièrement en terminant quatrième des Grands Prix d'Italie et des Etats-Unis, ce qui lui permet de se classer sixième du championnat du monde des pilotes.

C'est sur les routes siciliennes qu'il signe son exploit le plus retentissant de l'année. En mai, il remporte la Targa Florio aux côtés de Nino Vaccarella sur une Ferrari 275 P2. Il confirme ses aptitudes en endurance en terminant deuxième des 1 000 km du Nürburgring.


Lorenzo débute la saison avec la Ferrari 246 et se distingue immédiatement en terminant deuxième du Grand Prix de Monaco, après une lutte intense. Quelques semaines plus tard, lors du Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps, il mène la course sous une pluie diluvienne avant de se classer troisième. Ces deux podiums consécutifs le placent provisoirement en tête du championnat du monde. Toutefois, le départ inattendu de John Surtees de l'écurie, en plein mois de juin, modifie radicalement sa situation : il devient le premier pilote et le leader technique de la Scuderia Ferrari. Lors du Grand Prix de France, il réalise la pole position au volant de la nouvelle Ferrari 312 équipée d'un moteur 12 cylindres. Il prend la tête de la course et réalise le record du tour, mais son câble d'accélérateur se casse. Il termine ensuite sixième aux Pays-Bas et en Allemagne. La fin de saison est plus laborieuse en raison de défaillances mécaniques, ce qui l'oblige à abandonner en Italie et aux Etats-Unis. Il conclut le championnat à la neuvième place. Malgré ce classement final en retrait, ses performances lors de la première moitié de l'année et sa gestion de la crise interne chez Ferrari confirment sa maturité.

En dehors des Grands Prix, il continue de faire preuve de compétitivité en sport-prototypes. Il termine deuxième des 1 000 km de Monza, puis des 1 000 km de Spa, au volant de la puissante Ferrari 330 P3.


En 1967, Lorenzo Bandini commence l'année au sommet de sa forme et de sa notoriété, endossant pleinement son rôle de leader de la Scuderia Ferrari. En février, il mène l'écurie italienne à un triomphe historique lors des 24 Heures de Daytona. Associé à Chris Amon, il remporte l'épreuve américaine au volant de la nouvelle Ferrari 330 P4, participant à l'arrivée groupée des trois voitures de Maranello. En avril, le duo confirme sa suprématie en endurance en remportant les 1 000 km de Monza, confortant ainsi le statut de Bandini en tant que l'un des meilleurs pilotes au monde, toutes catégories confondues.

La saison de Formule 1 commence pour lui en mai, lors du Grand Prix de Monaco, la Scuderia ayant fait l'impasse sur la manche inaugurale en Afrique du Sud. Qualifié en deuxième position sur la grille de départ au volant de la Ferrari 312, il réalise un excellent départ et se positionne en tête de la course. Durant la course, il livre un duel intense contre la Brabham de Denny Hulme. Au 82^e tour, alors qu'il occupe la deuxième place et tente de combler son retard sur le leader, sa monoplace heurte une botte d'amarrage dissimulée par des bottes de paille à la chicane du port. La voiture se retourne et s'embrase instantanément, emprisonnant le pilote sous l'épave. Gravement brûlé, Lorenzo Bandini est transporté à l'hôpital, où il succombe à ses blessures trois jours plus tard, le 10 mai 1967.

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