Kevin est le fils de Jan Magnussen, qui a piloté pour McLaren puis pour Stewart GP entre 1995 et 1998. Il est devenu père très jeune, à l'âge de 19 ans.
A la fin de l'enfance, Kevin suit les traces de son père et commence à courir en karting. En 2006, il remporte le championnat d'Europe du Nord de la catégorie ICA Junior (aujourd'hui appelée KF3).
A 16 ans, en 2008, il passe à la monoplace et remporte le championnat danois de Formule Ford. Certains « chasseurs de têtes » du monde de la F1 commencent déjà à s'intéresser à ce jeune homme. Après quelques courses en ADAC Formel Masters, il s'engage en 2009 dans deux championnats de Formule Renault : la Northern Cup et l'Eurocup. Il se fait remarquer par sa grande régularité et termine vice-champion de la Northern Cup, derrière le Portugais António Félix da Costa.
Début 2010, il intègre le programme de développement des jeunes pilotes de McLaren. Pour cette nouvelle saison, il dispute le championnat d'Allemagne de Formule 3. Il parvient à dominer ses coéquipiers et termine troisième du championnat, avec trois victoires.
En 2011, il aborde les choses sérieuses en s'engageant dans le prestigieux championnat britannique de Formule 3, au sein de l'équipe Carlin Motorsport. Un début de saison moyen l'empêche de prétendre au titre, remporté par son coéquipier, le Brésilien Felipe Nasr. Mais avec sept victoires, il se révèle comme l'un des meilleurs pilotes de la discipline. Malheureusement, lors du célèbre Grand Prix de Macao, il est impliqué dans un accident de la route au cours duquel il s'envole dans les airs, heureusement sans dommage physique.
En 2012, il reste chez Carlin et intègre le championnat de Formule Renault 3.5, considéré par beaucoup comme la véritable antichambre de la Formule 1, à la place d'un GP2 en perte de vitesse. Il domine nettement son coéquipier, Will Stevens, mais se retrouve également confronté à d'autres jeunes pilotes très talentueux, tels que Sam Bird, Jules Bianchi, Robin Frijns ou encore une vieille connaissance, António Félix da Costa. Il se contente d'une unique victoire à Spa-Francorchamps et termine septième du championnat. En fin de saison, il a l'honneur d'effectuer ses premiers tours de roue en Formule 1 pour l'écurie McLaren, à l'occasion des essais pour jeunes pilotes organisés après le Grand Prix d'Abou Dhabi.
En 2013, il persiste en Formule Renault 3.5 avec l'équipe française DAMS. Son principal rival est le Belge Stoffel Vandoorne. Cette lutte est très importante, car Vandoorne est, tout comme lui, un protégé de McLaren. Il s'agit donc d'impressionner ses tuteurs. Après de bons débuts, Kevin marque le pas au cours de l'été, avant de remporter les trois dernières courses de la saison et de devenir, à l'âge de 21 ans, champion pour la première fois.
En F1 avec McLaren
En 2014, il accède à la Formule 1 au sein de l'écurie McLaren-Mercedes. Il remplace Sergio Pérez et rejoint l'ancien champion du monde Jenson Button. Lors de la première épreuve, le Grand Prix d'Australie, il réalise une entrée remarquée en se qualifiant en quatrième position. En course, il fait preuve d'une maturité technique inhabituelle pour un débutant et franchit la ligne d'arrivée en troisième position. La disqualification ultérieure de Daniel Ricciardo lui permet de récupérer officiellement la deuxième place, ce qui fait de lui le premier pilote danois de l'histoire à monter sur un podium de la catégorie reine dès ses débuts. La suite de la saison marque une période de stabilisation, durant laquelle les performances de la McLaren MP4-29 commencent à plafonner. En Malaisie, il parvient à marquer deux points grâce à une neuvième place, malgré un accrochage en début de course qui lui vaut une pénalité. Après un abandon à Bahreïn, il enchaîne deux courses hors des points, la monoplace souffrant d'un déficit d'appui aérodynamique. Il retrouve les points à Monaco en se classant dixième, puis enchaîne avec une neuvième place au Canada. Au cours de l'été, il démontre une pointe de vitesse constante lors des séances de qualifications. En Autriche, il se hisse au sixième rang sur la grille de départ, puis termine la course à la septième place. En Grande-Bretagne, il réédite cette performance avec une cinquième place sur la grille et une nouvelle septième place à l'arrivée. Lors du Grand Prix d'Allemagne, il s'élance de la quatrième position, mais il s'accroche dès le premier virage avec la Williams de Felipe Massa et se retrouve dernier. Il réalise néanmoins une belle remontée et décroche la neuvième place, synonyme de points. Après une douzième place en Hongrie, il franchit la ligne d'arrivée en sixième position en Belgique. Il reçoit toutefois une pénalité de vingt secondes pour une manœuvre défensive jugée trop agressive sur Fernando Alonso, ce qui le relègue à la douzième place. En Italie, une nouvelle sanction pour avoir poussé Valtteri Bottas hors de la piste le fait chuter à la dixième place. Après une dixième place à Singapour et une quatorzième au Japon, il réalise sa meilleure performance de la seconde moitié de la saison en Russie en se classant sixième. Il termine ses trois dernières courses de l'année aux Etats-Unis, au Brésil et à Abou Dhabi, à la huitième, neuvième et onzième place. Il achève ce premier championnat du monde à la onzième place, avec près de la moitié des points de Button. En hiver, McLaren engage Fernando Alonso et conserve Button, ce qui réduit Magnussen au rôle de troisième pilote pour 2015.
Lors des essais de pré-saison, Alonso se blesse et doit déclarer forfait pour Melbourne. McLaren fait donc appel à Kevin pour le remplacer le temps d'un week-end. Qualifié dernier, son moteur Honda explose dès son tour de mise en grille, mettant ainsi un terme à sa saison. Il passe donc l'année 2015 sur le muret des stands, en tentant de se trouver un volant pour 2016. En fin d'année, il est durement licencié par Ron Dennis et doit se trouver un volant ailleurs.
Renault
Il espère d'abord signer avec la nouvelle écurie Haas, mais Romain Grosjean et Esteban Gutiérrez sont retenus. Il se tourne alors vers le DTM et le WEC. La chance tourne quand Renault rachète Lotus et se sépare de Pastor Maldonado. C'est le Danois qui est engagé pour devenir l'équipier de Jolyon Palmer au volant d'une R.S.16 qui manque de développement technique. Lors du Grand Prix d'ouverture en Australie, une crevaison dès le premier tour compromet ses chances de marquer des points, et il termine à la douzième place. À Bahreïn, il est contraint de prendre le départ depuis la voie des stands à cause d'une pénalité durant les essais, mais il remonte jusqu'à la onzième place. Le pilote danois signe son principal fait d'armes en Russie. Qualifié à la dix-septième place, il profite des incidents du départ et réalise une course solide pour terminer septième. Ce résultat marque les premiers points de l'écurie française pour son retour officiel en tant que constructeur complet. Les épreuves suivantes, en Espagne et à Monaco, sont marquées par des collisions et un manque de rythme qui le maintiennent hors du top 10. Au Canada et à Bakou, il est limité par les performances aérodynamiques de sa voiture sur des tracés rapides et ne parvient pas à marquer de points. L'été est marqué par une série de mauvais résultats, notamment en Autriche et en Grande-Bretagne, où il est confronté à des problèmes mécaniques. Lors du Grand Prix de Belgique, sur le circuit de Spa-Francorchamps, il est victime d'un accident violent à haute vitesse dans le Raidillon de l'Eau Rouge. Malgré l'impact important contre les murs de pneus, il ne souffre que d'une coupure à la cheville et obtient l'autorisation médicale de participer à l'épreuve suivante, en Italie, où il se classe 17e. À Singapour, il met en œuvre une stratégie efficace sur un circuit urbain éprouvant pour décrocher la dixième place et marquer son dernier point de la saison. Lors des dernières manches de l'année, les performances de la Renault stagnent face à la concurrence. Il termine douzième aux Etats-Unis, après avoir reçu une pénalité pour un dépassement hors des limites de la piste. En marge du Grand Prix du Brésil, il officialise son transfert vers l'écurie américaine Haas pour la saison 2017. Son championnat s'achève par un abandon au Grand Prix d'Abou Dhabi, en raison d'une défaillance de la suspension. Il se classe seizième du championnat.
Haas
Il rejoint donc l'écurie américaine Haas pour la saison 2017, en remplacement d'Esteban Gutiérrez, aux côtés de Romain Grosjean. La Haas VF-17, motorisée par Ferrari, se montre dès les essais hivernaux plus compétitive que son modèle précédent. Lors de la première manche en Australie, il est contraint à l'abandon après un accrochage au premier tour avec Marcus Ericsson, suivi d'une défaillance de suspension. Il marque ses premiers points pour l'écurie lors de la deuxième manche en Chine, profitant de conditions de piste changeantes pour remonter jusqu'à la huitième place. Cette performance met en lumière sa capacité à gérer les pneumatiques sur une piste fraîche et humide. En revanche, les épreuves de Bahreïn et de Russie sont plus complexes, la voiture peinant à maintenir les pneus dans la fenêtre de température optimale lors des qualifications, ce qui le contraint à des courses en milieu de peloton. A Monaco, il parvient à tirer le meilleur parti de sa monoplace sur un circuit urbain exigeant, franchissant la ligne d'arrivée à la dixième place et marquant ainsi un point supplémentaire. Son résultat le plus probant survient lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan. Dans une course marquée par de multiples incidents et interruptions, il évite les pièges pour se hisser temporairement à la troisième place, avant de terminer à la septième. Cette période de la saison est également marquée par des tensions médiatisées avec ses concurrents, notamment lors du Grand Prix de Hongrie, où une manœuvre défensive musclée contre Nico Hülkenberg lui vaut une pénalité et un échange verbal tendu après la course. La seconde moitié de la saison est plus irrégulière en raison du ralentissement du développement de la VF-17, l'équipe ayant basculé ses ressources sur le projet de l'année suivante. Il parvient néanmoins à se classer huitième au Japon et au Mexique. Il se classe au quatorzième rang du championnat. Son intégration est jugée réussie par Gene Haas et Günther Steiner, qui apprécient sa combativité et sa capacité à ramener la voiture dans les points malgré les limites de l'évolution technique du matériel en fin d'année.
En 2018, il aborde sa deuxième année avec Haas, au volant de la VF-18, la monoplace la plus performante de l'histoire de la jeune écurie. Dès les qualifications du Grand Prix d'Australie, il se positionne au cinquième rang, confirmant le statut de « meilleure des autres » de son équipe. La course se transforme toutefois en désillusion technique : alors qu'il occupe une solide quatrième place, un écrou de roue mal fixé lors de son arrêt au stand l'oblige à abandonner immédiatement. Il réagit dès la manche suivante, à Bahreïn, en terminant cinquième. Le printemps est marqué par une régularité comptable, avec des points inscrits en Chine et en Espagne. Sur le circuit de Barcelone, il termine sixième, dominant largement le peloton du milieu de grille. Sa force cette saison réside dans sa capacité à sécuriser des positions élevées dès le départ et à les défendre avec ténacité. Au Grand Prix de France, il profite des incidents de course pour se classer sixième, tandis qu'en Autriche, il réalise le meilleur résultat historique de l'écurie Haas en terminant cinquième, juste derrière son coéquipier Grosjean. Durant l'été, il maintient un rythme soutenu, marquant des points en Grande-Bretagne, en Hongrie et en Belgique. La VF-18 se distingue sur les circuits rapides grâce à une aérodynamique optimisée, même si Kevin continue de faire l'objet de critiques de la part de pilotes tels que Fernando Alonso ou Charles Leclerc, qui lui reprochent son agressivité sur la piste. En Italie, il franchit la ligne d'arrivée en dernière position après s'être accroché avec Pérez. Il réalise le meilleur tour en course à Singapour après avoir chaussé des pneus tendres en fin de course. Après une huitième place en Russie, il abandonne au Japon à la suite d'un accrochage. Aux Etats-Unis, il termine huitième, mais est ensuite disqualifié pour avoir consommé trop de carburant. Il conclut l'année avec deux résultats dans les points, terminant neuvième au Brésil et dixième à Abou Dhabi. Ces performances lui permettent de se classer neuvième au championnat. Sa contribution a été décisive dans l'obtention de la cinquième place au championnat des constructeurs par l'écurie Haas.
La saison 2019 s'ouvre sous de bons auspices pour Kevin, qui pilote la Haas VF-19, une voiture extrêmement rapide sur un tour chronométré. En Australie, il se qualifie septième et termine sixième, ce qui laisse présager une saison similaire à la précédente. Cependant, l'écurie est rapidement confrontée à un problème majeur et complexe : la Haas est incapable de maintenir ses pneumatiques dans la fenêtre de fonctionnement thermique idéale durant la course. Ce phénomène crée un contraste entre les performances lors des qualifications et les chutes de rythme durant la course. Ce paradoxe technique s'illustre particulièrement à Bahreïn et en Chine : qualifié sixième puis neuvième, il s'effondre en course pour terminer treizième. Le Danois parvient toutefois à obtenir un résultat honorable en Espagne, terminant septième après une défense musclée. C'est durant cette période que les tensions internes chez Haas s'accentuent, exacerbées par des accrochages en piste entre Magnussen et son coéquipier Romain Grosjean, notamment à Silverstone et à Hockenheim, ce qui provoque la colère du directeur Günther Steiner. Le Grand Prix d'Allemagne, disputé sous la pluie, offre une opportunité de marquer des points grâce à une stratégie opportuniste : il se classe huitième après les pénalités infligées aux pilotes Alfa Romeo. Malgré ce répit, la crise technique s'approfondit et l'équipe teste différentes configurations aérodynamiques, revenant parfois aux spécifications de début de saison pour comprendre l'origine de l'instabilité de la voiture. En Russie, il réalise une course solide et franchit la ligne d'arrivée à la huitième place, mais une pénalité de cinq secondes pour être sorti des limites de la piste le fait reculer à la neuvième place. Les dernières courses de la saison confirment le déclin de la VF-19 par rapport à ses concurrentes directes. Les abandons mécaniques et le manque de rythme condamnent le Danois à se positionner en fin de peloton. Il termine la saison à la seizième place du championnat. Malgré ces difficultés, son contrat est reconduit pour la saison suivante, l'écurie misant sur la stabilité pour résorber ses carences aérodynamiques.
La saison 2020 est profondément marquée par la pandémie de la COVID-19, qui a retardé le début des compétitions jusqu'en juillet, ainsi que par un net recul des performances du moteur Ferrari. La Haas VF-20 souffre d'un manque de puissance et d'une traînée aérodynamique excessive, ce qui rend les qualifications extrêmement difficiles. Lors du premier Grand Prix en Autriche, il abandonne en raison d'une défaillance des freins. La situation technique est d'autant plus précaire que l'écurie Haas a décidé, pour des raisons budgétaires liées à la crise sanitaire, de ne pas apporter d'évolutions majeures à la monoplace durant l'intégralité du championnat. Le seul coup d'éclat de l'année survient lors du Grand Prix de Hongrie. Sur une piste séchante, l'écurie prend le pari stratégique d'appeler ses deux pilotes aux stands à la fin du tour de formation pour chausser des pneus slicks, avant même le départ. Cette manœuvre audacieuse permet au Danois de se hisser temporairement à la troisième place. Malgré le déficit de performance de sa voiture, il résiste avec ténacité et franchit la ligne d'arrivée en neuvième position. Une pénalité de dix secondes reçue après la course pour avoir reçu des instructions radio illégales durant le tour de formation le rétrograde à la dixième place, lui offrant son unique point de la saison. La suite du calendrier, avec de nombreux triples enchaînements de courses, s'avère être une épreuve de fond de grille. En Grande-Bretagne, il est victime d'un accrochage avec Alexander Albon dès le premier tour. En Espagne et en Belgique, il termine loin des points, pénalisé par une vitesse de pointe insuffisante en ligne droite. Lors du Grand Prix d'Italie à Monza, il est contraint à l'abandon en raison d'un problème moteur. Parallèlement à ces difficultés sportives, l'écurie Haas annonce en octobre que le contrat de Magnussen ne sera pas renouvelé pour 2021, car elle souhaite s'orienter vers un duo de pilotes débutants qui apporteront un soutien financier. La fin de saison est assombrie par le terrible accident de son coéquipier, Romain Grosjean, à Bahreïn. Il dispute son dernier Grand Prix avec Haas à Abou Dhabi, terminant à la dix-huitième place. Avec un seul point au compteur, il se classe vingt-et-unième du championnat. Cette saison clôt un cycle de quatre ans chez Haas, marqué par une dégradation constante du matériel mis à sa disposition, mais durant lequel il a maintenu une éthique de travail rigoureuse, malgré l'absence de perspectives de résultats tangibles.
IMSA, Indycar et 24H du Mans
En 2021, il réoriente sa carrière vers les Etats-Unis en rejoignant l'écurie Chip Ganassi Racing pour disputer le championnat IMSA, au volant d'une Cadillac, aux côtés du Néerlandais Renger van der Zande. Lors de sa première participation aux 24 Heures de Daytona, il termine cinquième, après avoir lutté pour la tête de la course jusqu'à une crevaison tardive qui l'empêche de monter sur le podium. Le moment fort de sa saison survient en juin, lors du Grand Prix de Détroit, sur le circuit urbain de Belle Isle. Magnussen et son coéquipier dominent l'épreuve et s'imposent avec autorité, signant la première victoire du pilote danois dans une compétition de haut niveau depuis 2013. Il enchaîne ensuite les résultats probants avec quatre podiums, ce qui maintient l'équipage parmi les prétendants réguliers à la victoire lors de chaque meeting. Il termine son championnat IMSA à la septième place du classement des pilotes.
En juin, il réalise une pige remarquée en IndyCar lors de l'épreuve de Road America. Il remplace Felix Rosenqvist au pied levé au sein de l'écurie Arrow McLaren. Malgré une découverte totale de la monoplace et de ses spécificités techniques, il parvient à se qualifier en milieu de peloton. Pendant la course, il tire profit d'une stratégie décalée pour mener l'épreuve durant six tours, avant qu'une défaillance mécanique ne l'oblige à abandonner.
En août, il concrétise un projet personnel de longue date en participant aux 24 Heures du Mans aux côtés de son père. Ils pilotent une Oreca engagée dans la catégorie LMP2. Bien que l'équipage ait subi des aléas techniques qui les ont relégués à la dix-septième place de leur catégorie (vingt-neuvième au classement général), cette collaboration familiale constitue un jalon symbolique de son parcours professionnel.
Retour chez Haas
Alors qu'il se prépare pour une nouvelle saison en endurance, le licenciement de Nikita Mazepin par l'écurie Haas, en raison du contexte géopolitique mondial, libère un baquet de dernière minute. Rappelé par Günther Steiner quelques jours seulement avant les derniers essais hivernaux à Bahreïn, le pilote danois signe un contrat pluriannuel et fait son retour en Formule 1. Il prendra les commandes de la Haas VF-22, une monoplace conçue selon la nouvelle réglementation technique favorisant l'effet de sol. Dès sa première séance de qualifications à Bahreïn, il crée la surprise en se hissant à la septième place. En course, il profite des défaillances des Red Bull en fin de course pour franchir la ligne d'arrivée à la cinquième place. Cette dynamique positive se poursuit lors de la manche suivante, en Arabie saoudite, où il décroche la neuvième place malgré des douleurs cervicales intenses dues au manque de roulage préalable. Au printemps, il affiche une régularité certaine sur des circuits variés. Lors du week-end de sprint à Imola, il se qualifie quatrième le vendredi et termine neuvième le dimanche. Cependant, la saison devient plus complexe à mesure que les écuries de pointe développent leurs monoplaces. La VF-22 souffre d'un manque d'évolutions techniques, l'écurie Haas ayant choisi de maximiser son package initial. Kevin connaît alors une série de courses difficiles. L'été lui apporte un second souffle, avec des arrivées dans les points en Grande-Bretagne (dixième) et en Autriche (huitième). Mais le point d'orgue absolu de sa saison, et de sa carrière, intervient en novembre, lors du Grand Prix du Brésil. Sur le circuit d'Interlagos, alors que les conditions météorologiques sont changeantes durant la Q3, il réalise le meilleur temps dès sa première tentative, avant que l'intensification de la pluie et une sortie de piste de George Russell ne provoquent l'arrêt définitif de la séance. Kevin Magnussen décroche ainsi la première pole position de sa carrière, et la toute première de l'histoire de l'écurie Haas. Le lendemain, lors de la course sprint, il mène les premiers tours avant de terminer huitième. Il termine le championnat à la treizième place, ayant redonné une crédibilité technique et sportive à l'écurie américaine.
Pour la saison 2023, il fait équipe avec un nouveau coéquipier expérimenté, Nico Hülkenberg. A Bahreïn, il se maintient en milieu de peloton sans parvenir à concrétiser sa pointe de vitesse, terminant aux portes des points. Il marque un point lors de la manche saoudienne en terminant dixième, au terme d'une lutte acharnée avec l'AlphaTauri de Yuki Tsunoda. Le Grand Prix de Miami est l'un des rares moments forts de son printemps. Qualifié à une exceptionnelle quatrième place sur la grille de départ, il parvient à résister durant la première partie de la course face à des monoplaces plus rapides, comme la Ferrari de Charles Leclerc. Bien qu'il recule logiquement au classement au fil des tours, il sauve la dixième place et le point qui va avec. La suite du calendrier européen s'avère frustrante. A Monaco, sur un tracé où les dépassements sont difficiles, un pari stratégique risqué sous la pluie ne porte pas ses fruits. Lors des courses suivantes, le scénario est identique : des qualifications et des classements loin des points. Face à cette impasse technique, il adapte son pilotage et tente des options stratégiques décalées pour compenser les lacunes du châssis. Lors du Grand Prix de Singapour, sur un circuit urbain exigeant, il réalise une prestation solide et profite des incidents de la fin de course pour décrocher la dixième place. Il s'agit de son dernier résultat dans les points de l'année. Lors du Grand Prix des Etats-Unis, Haas introduit une évolution de la carrosserie, mais ce changement n'apporte pas le gain de performance escompté. Le pilote danois termine la saison à la dix-neuvième place du championnat. Malgré ce bilan comptable modeste, son engagement et sa capacité à maintenir une cohésion technique au sein d'une équipe en difficulté sont salués par sa direction, qui confirme sa présence pour l'année suivante.
La saison 2024 marque un tournant structurel pour Haas, avec le départ de Günther Steiner et l'arrivée d'Ayao Komatsu. La VF-24 a été conçue dans le but prioritaire de résoudre les problèmes de gestion pneumatique qui ont ruiné la saison précédente. Kevin entame le championnat avec une approche très collective, se mettant souvent au service de la stratégie globale de l'équipe. Lors du Grand Prix d'Arabie saoudite, il réalise une performance tactique mémorable : bien qu'il soit pénalisé, il ralentit volontairement le peloton derrière lui pendant plusieurs tours, créant un écart suffisant pour permettre à son coéquipier, Nico Hülkenberg, d'effectuer son arrêt au stand et de marquer un point précieux. En Australie, il profite d'une course mouvementée pour terminer à la dixième place et inscrire son premier point de l'année. Cependant, son style de pilotage agressif et ses manœuvres défensives limites lors des sprints et des courses, notamment à Miami contre Lewis Hamilton, attirent l'attention des commissaires sportifs. Il accumule rapidement des points de pénalité sur sa superlicence. Malgré cette pression réglementaire, il réalise une performance de haut niveau en Autriche, où il termine huitième après une course sans faute. Durant l'été, l'écurie Haas annonce officiellement que le Danois ne sera pas reconduit pour la saison 2025, mettant ainsi fin à une collaboration historique de sept saisons. La fin de son parcours est marquée par un événement rare : à l'issue du Grand Prix d'Italie, où il termine dixième, il atteint le seuil critique de 12 points de pénalité à la suite d'un accrochage avec Pierre Gasly. Ce dépassement du quota entraîne une suspension automatique pour le Grand Prix d'Azerbaïdjan à Bakou. De retour pour les dernières manches, il continue de se battre pour une place dans le top 10, notamment au Mexique, où il se classe septième. Il clôt l'année avec une série de prestations combatives et une neuvième place au Qatar. Il termine la saison à la quinzième place du classement mondial.
L'après-F1
En 2025, il tourne donc la page de la Formule 1 pour se consacrer pleinement à une nouvelle étape de sa carrière en endurance. Il rejoint BMW en tant que pilote officiel et intègre le programme Hypercar de l'équipe WRT. Il dispute l'intégralité du Championnat du monde d'endurance FIA au volant de la BMW M Hybrid V8, avec en point d'orgue les 24 Heures du Mans.
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