Jacky ICKX
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Jacques Bernard Ickx
Né le 1 janvier 1945 - Ixelles (Bruxelles) - 81 ans
Nation : Belgique
Premier Grand Prix :
Italie 1967
Dernier Grand Prix :
Etats-Unis 1979
Meilleur classement :
1er
Meilleure position de départ :
1er
 
Meilleur classement en Championnat du Monde : 2e en  1969, 1970
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Position sur la grille de départ
Moyenne: 9,82
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Position à l'arrivée
Moyenne: 5,89
• Champion d'Europe de Formule 2 en 1967
• Vainqueur des 24 Heures du Mans en 1969, 1975, 1976, 1977, 1981 et 1982
• Champion du Monde d'Endurance en 1982 et 1983

La polyvalence est une qualité rare dans le monde du sport automobile. Parmi les meilleurs exemples, on peut citer Jacky Ickx. Il est le fils de Jacques Ickx, un journaliste automobile qui a remporté le rallye Liège-Rome-Liège en 1951 en tant que copilote de Johnny Claes. Dans sa jeunesse, le jeune Bruxellois commence sa carrière sur deux roues avec talent. Il se met à courir sur quatre roues en participant à des courses du championnat d'Europe de voitures de tourisme. Au volant d'une Ford Mustang, il remporte une victoire en 1965 sur le circuit de Zolder.


Début 1966, il participe aux 24 Heures de Daytona avec l'Ecurie Francorchamps, au volant d'une Ferrari 250 LM, mais ne verra pas l'arrivée. C'est au volant d'une Ford GT40 qu'il participe à ses premières 24 Heures du Mans, mais il abandonne également. Engagé par Ken Tyrrell, il participe ensuite au championnat de Formule 3 et de Formule 2 avec une Matra MS5. Il participe également à des courses de Trans-Am, tout en continuant de prendre part au championnat d'Europe de voitures de tourisme, dans lequel il remporte les 24 Heures de Spa-Francorchamps au volant d'une BMW.


En 1967, Jacky continue de mener de front des programmes en endurance et en Formule 2. Au sein de l'écurie de John Wyer, il pilote une Mirage M1 motorisée par Ford et remporte les 1 000 kilomètres de Spa-Francorchamps, signant ainsi son premier grand succès. En juin, il participe aux 24 Heures du Mans, mais doit abandonner. Il termine sa saison d'endurance par une victoire aux 1 000 km de Paris, sur le circuit de Montlhéry, avec Richard Attwood.

En Formule 2, il défend les couleurs de l'écurie de Ken Tyrrell au volant d'une Matra MS7. Il domine le championnat européen de la catégorie en remportant les épreuves de Crystal Palace, Zandvoort et Vallelunga. Sa prestation la plus marquante a lieu en août, lors du Grand Prix d'Allemagne, sur le Nürburgring. Engagé au milieu des Formule 1 avec sa petite monoplace de Formule 2, il réalise le troisième temps absolu des qualifications, devançant la quasi-totalité des Formule 1 d'usine. En course, après être parti en fond de grille selon le règlement propre à la Formule 2, il remonte jusqu'à la quatrième place du classement général, avant qu'une rupture de suspension ne le contraigne à l'abandon. Il termine l'année avec le titre de champion d'Europe de Formule 2, s'imposant comme l'espoir le plus convoité du peloton international.


En F1 avec Cooper.

Ses résultats lui permettent d'être engagé par l'écurie Cooper pour remplacer Pedro Rodríguez, blessé lors d'une course de Formule 2. Lors du Grand Prix d'Italie, il fait ses débuts en Formule 1 au volant d'une Cooper T81B motorisée par un moteur V12 Maserati. Il se qualifie en 15e position et profite des nombreux abandons pour terminer à la sixième place, marquant ainsi son premier point en Formule 1 dès sa première course. Lors de la manche suivante, aux États-Unis, il se qualifie en 16e position, mais abandonne à cause d'une surchauffe du moteur. Il laisse ensuite sa place à Pedro Rodriguez, le pilote local, pour la dernière manche au Mexique.


Ferrari

Il rejoint la Scuderia Ferrari pour disputer le championnat du monde de Formule 1 au volant de la Ferrari 312. Après deux abandons en Afrique du Sud et en Espagne, il se qualifie en troisième position pour le Grand Prix de Belgique et monte sur son premier podium en se classant troisième. Il termine quatrième aux Pays-Bas, puis remporte sa première victoire en Grand Prix à Rouen-les-Essarts, en France. Cette victoire, acquise sous une pluie battante, témoigne de sa capacité à maîtriser des conditions difficiles mais elle marquée par la mort de Jo Schlesser en début de course. Il enchaîne avec une troisième place en Grande-Bretagne. Il signe sa première pole position en Allemagne, mais se contente de la quatrième place lors de la course. Après un quatrième podium grâce à sa troisième place en Italie, sa saison est toutefois interrompue par un accident lors des essais du Grand Prix du Canada, où il se fracture la jambe, ce qui l'éloigne des circuits pendant un certain temps. Il termine le championnat à la quatrième place du classement des pilotes.

En endurance, il poursuit sa collaboration avec l'écurie de John Wyer sur la Ford GT40. Il remporte les 6 Heures de Brands Hatch, les 1 000 km de Spa et les 6 Heures de Watkins Glen. Sa blessure à la jambe, survenue en Formule 1, l'empêche de participer aux 24 Heures du Mans, décalées en septembre cette année-là. Malgré cette absence, ses succès précédents permettent à Ford de remporter le titre mondial des constructeurs.


Brabham

En 1969, en raison d'une période de crise interne et financière chez Ferrari, il décide de rejoindre l'écurie Brabham-Ford et de piloter la BT26A. Après un abandon en Afrique du Sud, il se dirige vers la troisième place en Espagne, mais la casse de sa suspension le relègue à la sixième place. C'est encore une casse de suspension qui provoque son abandon à Monaco. Il se classe cinquième aux Pays-Bas, puis enchaîne trois podiums consécutifs. Il se classe troisième en France, puis deuxième en Grande-Bretagne. Lors du Grand Prix d'Allemagne, sur le circuit du Nürburgring, il s'impose après un duel avec Jackie Stewart. Après un abandon en Italie, il s'impose au Grand Prix du Canada. Il conclut sa saison par une deuxième place au Mexique et termine le championnat vice-champion du monde de Formule 1.

En endurance, il remporte les 12 Heures de Sebring avec Jackie Oliver. Mais l'année est marquée par sa victoire historique aux 24 Heures du Mans sur une Ford GT40. Il proteste contre la procédure classique (pilotes courant vers leur voiture) en marchant lentement vers la sienne et en prenant le temps de boucler sa ceinture de sécurité. Parti dernier, il remonte tout le peloton. La fin de la course donne lieu à un duel mythique contre la Porsche 908 de Hans Herrmann, qu'il devance de quelques centaines de mètres sous le drapeau à damier. Il remporte ensuite les 500 km d'Imola.


Retour chez Ferrari

Jacky effectue son retour au sein de la Scuderia Ferrari, qui aligne la nouvelle 312 B équipée d'un moteur 12 cylindres à plat. Le début de saison en Formule 1 est marqué par des problèmes de fiabilité moteur qui le contraignent à abandonner lors des trois premières manches. Il se classe ensuite huitième en Belgique, puis termine troisième aux Pays-Bas, marquant ainsi ses premiers points. Il signe la pole position en France, mais son moteur l'empêche de concrétiser en course. Après s'être emparé de la tête de la course en Grande-Bretagne, il est rapidement contraint à l'abandon à cause d'un problème mécanique. Après sept Grands Prix, le pilote belge n'est que douzième au championnat. Cependant, la seconde moitié de la saison est marquée par une montée en puissance spectaculaire. Il signe la pole position en Allemagne, mais après une belle bataille sur la piste, il doit s'incliner face à Jochen Rindt. Il prend sa revanche sur les terres de l'Autrichien en s'imposant sur l'Österreichring. En Italie, Jacky signe la pole position d'un Grand Prix endeuillé par la mort de Rindt lors des essais, puis abandonne en course. Il entame la tournée américaine par une victoire au Canada. Il se classe ensuite quatrième aux Etats-Unis, après avoir signé sa quatrième pole position de l'année. Il termine sa saison en remportant le Grand Prix du Mexique. Malgré ce succès, il ne parvient pas à rattraper Jochen Rindt au classement général, mais avouera ne pas avoir voulu gagner le titre de cette façon. Il termine vice-champion du monde pour la deuxième année consécutive.

En endurance, il participe au championnat au volant d'une Ferrari 512S, mais enchaîne les abandons lors des premières courses. Il se classe néanmoins deuxième à Spa-Francorchamps. Lors des 24 Heures du Mans, sa course s'arrête durant la nuit, à la suite d'un accident survenu sous la pluie et ayant coûté la vie à un commissaire de piste.


La saison 1971 de Formule 1 commence sous les meilleurs auspices avec la nouvelle Ferrari 312B2. Après une huitième place en Afrique du Sud, Jacky décroche la pole position en Espagne, mais doit s'incliner face à Jackie Stewart. Ce dernier remporte ensuite le Grand Prix de Monaco, tandis que Jacky se classe troisième. Au Pays-Bas, la course est disputée sous une pluie battante et le Belge fait une nouvelle fois la démonstration de sa supériorité dans des conditions d'adhérence précaires, signant la pole position et la victoire. Après ces trois podiums consécutifs, il se classe deuxième du championnat, derrière Stewart. Cependant, la suite du championnat sera désastreuse. Malgré une combativité constante et de bons résultats en qualifications, il subit cinq abandons consécutifs qui l'éloignent de la course au titre. Il termine le championnat à la quatrième place mondiale.

Parallèlement, il s'implique intensément dans le développement de la Ferrari 312 PB, une barquette légère de 3 litres conçue pour répondre à la future réglementation en endurance. Avec Clay Regazzoni, le duo se classe deuxième à Brands Hatch et à Kyalami, mais la Scuderia fait l'impasse sur les 24 Heures du Mans pour se concentrer sur la Formule 1.


En 1972, la Ferrari 312B2 commence à accuser le coup face à la Lotus 72 d'Emerson Fittipaldi et aux McLaren. Pourtant, Jacky commence plutôt bien la saison en décrochant un podium lors du premier Grand Prix, avec une troisième place en Argentine. Après une huitième place décevante en Afrique du Sud, il se rattrape en Espagne en signant sa dixième pole position. Il doit néanmoins se contenter de la deuxième place, derrière Fittipaldi. A Monaco, sous une pluie incessante, il termine à nouveau deuxième. Après quatre courses, il est deuxième du championnat, derrière Fittipaldi. Malheureusement pour le pilote belge, il ne marquera pas de point lors des trois manches suivantes, tandis que le Brésilien enchaîne deux victoires et une deuxième place. Lors du Grand Prix d'Allemagne, Jacky réalise une prestation d'anthologie sur le Nürburgring. Sur son circuit de prédilection, il réalise le « Grand Chelem » : pole position, meilleur tour en course, victoire, en ayant mené l'intégralité des tours de l'épreuve. Le reste de la saison est émaillé de problèmes de fiabilité et de choix de pneus difficiles, et il termine à la quatrième place du championnat.

En endurance. Ferrari engage la 312 PB dans la quasi-totalité des manches du championnat du monde des marques, à l'exception des 24 Heures du Mans. Jacky et Mario Andretti exercent une domination sans partage sur la discipline. Il remporte les 6 Heures de Daytona, les 12 Heures de Sebring, les 500 km de Brands Hatch, les 1 000 km de Monza (avec Clay Regazzoni), les 1 000 km de l'Österreichring (avec Brian Redman) et les 6 Heures de Watkins Glen. Cette série de victoires permet à Ferrari de remporter le titre mondial des constructeurs avec un score parfait, marquant l'histoire de la catégorie Sport par une supériorité technique et humaine incontestée.


La saison 1973 marque la fin de sa collaboration historique avec la Scuderia Ferrari. La nouvelle 312 B3 s'avère peu compétitive et souffre de lacunes aérodynamiques majeures. Durant la première partie de la saison, le pilote belge ne parvient pas à lutter pour le podium, se contentant de la quatrième place en Argentine et de la cinquième au Brésil. La situation technique se dégrade à tel point que Ferrari décide de faire l'impasse sur deux Grands Prix afin de repenser totalement la monoplace. Libéré temporairement par l'écurie italienne, Jacky rejoint McLaren pour le seul Grand Prix d'Allemagne. Au volant de la M23, il démontre que sa pointe de vitesse est intacte sur son tracé de prédilection en se qualifiant en première ligne et en terminant la course à la troisième place. Après un bref retour chez Ferrari pour le Grand Prix d'Italie, il quitte définitivement Maranello avant la fin de la saison. Il dispute la dernière épreuve de la saison aux États-Unis pour l'écurie de Frank Williams, terminant à une honorable septième place.

En endurance, Ferrari engage la 312PB améliorée pour relever le défi de la fiabilité sur longue distance. Avec Brian Redman, il forme l'un des duos les plus performants du championnat. Ils remportent les 1 000 km de Monza et les 1 000 km du Nürburgring. Les 24 Heures du Mans marquent le retour officiel de Ferrari sur le circuit de la Sarthe. Le duel contre les Matra MS670B est intense dès les premières heures de course. L'équipage Ickx-Redman prend la tête de la course et la conserve pendant une partie de l'épreuve, mais des problèmes d'échappement puis une fuite au réservoir les obligent à effectuer de longs arrêts au stand. La casse d'une bielle les contraint à abandonner durant la 23e heure de course. Suite à la perte du titre mondial des constructeurs au profit de Matra, Ferrari annonce son retrait définitif des compétitions de sport-prototypes pour se consacrer exclusivement à la Formule 1.


Lotus

En 1974, il rejoint l'écurie Lotus, championne du monde en titre, pour succéder à Emerson Fittipaldi. Sa saison s'avère complexe, car l'écurie de Colin Chapman traverse une période de transition technique difficile. Il commence l'année au volant de la vénérable Lotus 72E, avec laquelle il obtient une troisième place lors du Grand Prix du Brésil. Il réalise ensuite l'une de ses performances les plus mémorables lors de la Race of Champions, une épreuve hors championnat. Sous un déluge, il fait la démonstration de son agilité sur une piste détrempée en dépassant Niki Lauda par l'extérieur dans le dernier virage pour remporter la victoire. Cependant, l'introduction de la nouvelle Lotus 76 marque un coup d'arrêt. Ce modèle, techniquement ambitieux, s'avère peu fiable et difficile à mettre au point, et le pilote belge enchaîne trois abandons consécutifs. L'écurie réutilise alors la version 72E pour la suite de la saison. Le pilote belge parvient à marquer quelques points supplémentaires avec des cinquièmes places en France et en Allemagne, entrecoupées d'une troisième place en Grande-Bretagne. Il pilote à nouveau la 76 lors de deux Grands Prix qui se terminent par deux abandons. Il termine la saison avec la 72E, sans marquer de point, et se classe dixième du championnat, loin des attentes initiales.

En endurance, il dispose d'un programme plus fragmenté. Au volant d'une Alfa Romeo 33TT12, il se classe deuxième des 1 000 km de Monza. Il rejoint ensuite Matra-Simca et remporte les 1 000 km de Spa aux côtés de Jean-Pierre Jarier.


La saison 1975 de Formule 1 marque un tournant dans sa relation avec l'écurie Lotus. La monoplace Lotus 72, âgée de cinq ans, est désormais totalement dépassée par la concurrence. Le budget de l'écurie est limité et le développement stagne. Il vit une première moitié de saison frustrante, marquée par des qualifications en milieu de grille et des arrivées hors des points. Son seul coup d'éclat intervient lors du Grand Prix d'Espagne, sur le circuit de Montjuïc. Dans une course tragique marquée par l'accident de Rolf Stommelen, il se classe deuxième, juste avant l'arrêt définitif de la course. Après une série de résultats décevants, il quitte Lotus d'un commun accord avec Colin Chapman après le Grand Prix de France.

Il participe ensuite à plusieurs épreuves de tourisme et d'endurance pour diverses structures. Il se classe notamment deuxième des 1 000 km du Mugello et des 1 000 km de Spa sur une Alfa Romeo 33 TT 12 de l'écurie de Willi Kauhsen. Pour les 24 Heures du Mans, il s'engage avec l'écurie Gulf Racing et est associé au Britannique Derek Bell. Au volant d'une Gulf Mirage GR8 motorisée par un moteur V8 Ford Cosworth, il réalise une course exemplaire. Le duo prend rapidement la tête de la course et gère son avance avec précision, malgré des problèmes d'échappement en fin d'épreuve. Jacky remporte ainsi sa deuxième victoire dans la Sarthe.


Williams

En 1976, il entame une collaboration difficile avec l'écurie de Frank Williams. Il pilote la FW05, une monoplace peu compétitive issue du rachat des châssis de l'écurie Hesketh. Les premiers résultats sont décevants, malgré une huitième place au Brésil pour commencer la saison. Il subit ensuite une première non-qualification lors du Grand Prix des Etats-Unis, puis échoue à la porte des points en se classant septième en Espagne. Il échoue ensuite à se qualifier sur ses terres, en France, puis à Monaco. Après une dixième place en France, il met un terme à son aventure avec Williams, après une quatrième non-qualification en Grande-Bretagne.

Sa carrière en monoplace passe toutefois au second plan face à ses nouveaux engagements en endurance avec l'écurie Martini Racing, qui engage des Porsche 935. Associé à Jochen Mass, il remporte les 6 Heures de Mugello, les 6 Heures de Vallelunga, les 4 Heures de Monza et les 500 km d'Imola. Le point d'orgue de sa saison se situe aux 24 Heures du Mans. Associé à Gijs van Lennep sur une Porsche 936, il survole l'épreuve. Le duo mène l'essentiel de la course et s'impose avec une avance confortable, offrant à Jacky son troisième succès manceau.


Ensign

Lors du Grand Prix des Pays-Bas, il rejoint l'écurie Ensign pour terminer la saison de Formule 1. Qualifié en onzième position au volant de la N176, il est contraint d'abandonner à cause d'un problème électrique alors qu'il pouvait espérer terminer sixième. Il se classe hors des points en Italie et au Canada, puis se rend à Watkins Glen pour le Grand Prix des Etats-Unis. Au 15e tour, il perd soudainement le contrôle de sa monoplace et heurte violemment une barrière de face. La voiture est alors renvoyée sur la piste, coupée en deux. Jacky en sort en boitant, mais il a beaucoup de chance d'être encore en vie.

Avant cet accident, il poursuit sa domination en endurance en remportant les 500 km de Dijon. Cette saison fait de lui l'un des leaders incontestés de la discipline, alors que ses perspectives en Formule 1 s'amenuisent faute de matériel performant.


En 1977, la présence de Jacky Ickx en Formule 1 est anecdotique. Présent en touriste dans le paddock du Grand Prix de Monaco, il accepte de remplacer au pied levé Clay Regazzoni, parti aux Etats-Unis pour tenter de se qualifier pour les 500 miles d'Indianapolis. Qualifié en 17e position, il termine à la 10e place. Il aurait aimé participer à son Grand Prix national avec une Ensign, mais Mo Nunn n'avait qu'une seule voiture disponible.

Il se concentre désormais entièrement sur Porsche, où il enchaîne les victoires en endurance. En mai, il remporte les 6 Heures de Silverstone au volant de la Porsche 935. L'édition 1977 des 24 Heures du Mans reste l'un des moments les plus célèbres de sa légende. Au départ, il pilote la Porsche 936 n°3 avec Henri Pescarolo, mais la voiture abandonne rapidement à cause d'une rupture de bielle. La direction de Porsche décide alors de le transférer sur la voiture n°4 de Jürgen Barth et Hurley Haywood, qui pointe alors en queue de peloton à cause de problèmes d'injection. Durant la nuit, sous une pluie battante et dans des conditions extrêmes, il réalise un relais historique de plus de sept heures. Il remonte un à un ses adversaires, battant record du tour sur record du tour. Au petit matin, après l'abandon de l'Alpine, la Porsche prend la tête de la course. Malgré une alerte moteur dans la dernière heure (un piston percé obligeant la voiture à finir au ralenti), l'équipage s'impose. Cette quatrième victoire est considérée comme sa plus belle performance pure, car il est parvenu à combler un retard de plusieurs tours sur les Renault-Alpine alors dominantes.


En 1978, Mo Nunn parvient à convaincre Jacky de courir à nouveau pour Ensign en Formule 1. A Monaco, il se qualifie en 16e position, mais abandonne à cause d'un problème de freins. Lors du Grand Prix de Belgique, il ne se qualifie qu'en 22e position et termine 12e. Après un abandon en Espagne, il échoue à se qualifier en Suède et décide de prendre du recul par rapport à la Formule 1.

En endurance, la saison est marquée par la confrontation ultime entre Porsche et Renault. En début d'année, il remporte les 6 Heures de Silverstone avec Jochen Mass au volant d'une Porsche 935. Lors des 24 Heures du Mans, il est associé à Bob Wollek et Jürgen Barth. La course est un affrontement de vitesse pure entre les voitures allemandes et françaises. Malgré une résistance acharnée et un rythme de course très élevé, la Porsche n°6 rencontre quelques problèmes techniques mineurs qui permettent à la Renault Alpine A442B de Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud de prendre l'avantage. Jacky termine deuxième.


Ligier

En juillet 1979, un événement imprévu le ramène sur le devant de la scène de la Formule 1. A la suite de l'accident de deltaplane de Patrick Depailler, l'écurie Ligier, alors en pleine lutte pour le titre constructeur, fait appel au pilote belge pour le remplacer à partir du Grand Prix de France. Il pilote la Ligier JS11, une voiture à effet de sol très performante. Bien qu'il ait manqué la révolution aérodynamique des années précédentes, il s'adapte rapidement. Après un abandon en France, il termine sixième du Grand Prix de Grande-Bretagne et marque un point. Il abandonne ensuite en Allemagne à la suite d'une crevaison, puis en Autriche, à cause d'une panne de moteur. Aux Pays-Bas, il ne part que 20e sur la grille, mais en profitant des nombreux abandons, il termine cinquième. Ce sera la dernière fois qu'il marquera des points, car il abandonnera lors des trois dernières manches, clôturant ainsi sa carrière en F1 après 114 départs et deux titres de vice-champion.

Avant de revenir en F1, Jacky s'était lancé un nouveau défi aux Etats-Unis, dans le championnat Can-Am. Engagé par l'écurie Carl Haas, il pilote une Lola T333CS et domine la saison de manière magistrale. Il remporte cinq victoires et est sacré champion Can-Am, prouvant qu'il reste l'un des pilotes les plus rapides au monde, toutes catégories confondues.

Lors des 24 Heures du Mans, sa participation sur une Porsche 936 partagée avec Brian Redman se solde par une disqualification pour assistance extérieure après une panne sur le circuit.


L'après-F1

Jacky décide de faire une pause dans sa carrière sur circuit, mais Porsche le convainc de reprendre le volant pour les 24 Heures du Mans. Associé à l'Allemand Reinhold Jöst, l'équipage prend un temps la tête de la course, mais termine à la deuxième place.


En 1981, il se lance dans une nouvelle discipline : le rallye-raid. Il participe à son premier Paris-Dakar au volant d'une Citroën CX avec Claude Brasseur, remporte une étape, puis abandonne. Cette année-là, Porsche ressort de son musée la Porsche 936, qu'elle équipe du nouveau moteur turbo de 2,6 litres destiné au futur projet Groupe C. Associé une nouvelle fois à Derek Bell, il domine l'épreuve de bout en bout. Il signe la pole position et remporte sa cinquième victoire à la Sarthe, établissant alors un nouveau record absolu de succès dans la région.


En mai 1982, il se classe cinquième du Paris-Dakar au volant d'une Mercedes 280 GE. Cette année-là, la nouvelle réglementation Groupe C est introduite. Jacky est le fer de lance du développement de la Porsche 956, une voiture révolutionnaire utilisant l'effet de sol. Après une deuxième place lors des 6 Heures de Silverstone, il réalise un exploit historique lors des 24 Heures du Mans en menant un triplé mémorable pour l'usine Porsche aux côtés de Derek Bell. Par la suite, sa domination est totale : il remporte les 1 000 km de Spa, les 6 Heures de Fuji, les 1 000 km de Brands Hatch et les 19 Heures de Kyalami. À l'issue de la saison, il est sacré champion du monde d'endurance, le premier titre de ce nom officiellement décerné à un pilote.


La saison 1983 marque l'apogée de la polyvalence de Jacky Ickx. En janvier, il remporte le Paris-Dakar au volant d'une Mercedes 280 GE, aux côtés de Claude Brasseur. C'est la première fois qu'un pilote de circuit de son niveau s'impose dans cette épreuve. En endurance, il poursuit sa moisson de succès avec la Porsche 956, remportant notamment des victoires au Nürburgring et à Spa. Bien qu'il termine deuxième au Mans, à seulement quelques secondes, sa régularité lui permet de conserver son titre de champion du monde d'endurance.


En 1984, il participe au Dakar avec une Porsche 911 Carrera 4x4 expérimentale et termine à la sixième place après avoir mené le début de l'épreuve. Jacky continue de représenter l'usine Porsche avec une version améliorée de la 956. Le championnat est marqué par l'émergence de jeunes talents, notamment son coéquipier, Stefan Bellof. Associé à Jochen Mass, il remporte les 1 000 km de Silverstone. Lors des 24 Heures du Mans, l'usine Porsche boycotte l'épreuve à la suite d'un différend réglementaire. Il remporte ensuite les 1 000 km de Mosport et termine troisième du championnat.

Cette année-là, il fait son retour en Formule 1, mais en tant que directeur de course du Grand Prix de Monaco. Il arrête la course avant son terme à cause de la pluie et est accusé d'avoir voulu donner la victoire à Prost, alors que Senna effectuait une spectaculaire remontée.


La saison 1985 est la dernière de Jacky Ickx en tant que pilote de circuit professionnel à plein temps. Au volant de la Porsche 962C, il remporte les 1 000 km de Mugello et de Silverstone. Cette année est toutefois endeuillée par l'accident tragique survenu lors des 1 000 km de Spa-Francorchamps. Alors qu'il tente de dépasser Jacky dans le virage du Raidillon, le jeune espoir Stefan Bellof percute la voiture du Belge. Bellof perd la vie dans l'accident, tandis que Jacky en réchappe indemne, mais profondément marqué. Après avoir remporté la victoire lors des 800 km de Selangor, il met un terme à sa carrière de pilote de circuit à la fin du championnat.


Il réoriente alors ses activités vers les rallyes-raids et poursuit son engagement avec Porsche dans le désert. En 1986, il termine deuxième du Paris-Dakar au volant d'une Porsche 959, assurant ainsi le doublé pour la marque derrière René Metge. Après deux participations au volant d'une Lada, il rejoint l'écurie Peugeot en 1989. Il participe alors à l'un des dénouements les plus célèbres de l'épreuve. Alors qu'il se bat pour la victoire avec son coéquipier Ari Vatanen, Jean Todt décide de figer les positions à l'aide d'un lancer de pièce afin d'éviter un accident entre les deux pilotes. Jacky perd le tirage au sort, respecte la consigne et termine deuxième. Il continue de concourir dans cette discipline jusqu'en 2000, notamment avec Citroën et Toyota, avant de se retirer progressivement de la compétition.


Le pilote belge est devenu une figure emblématique pour plusieurs de ses partenaires historiques. Il entretient une relation privilégiée avec Porsche, dont il est l'ambassadeur mondial, et participe régulièrement à des événements consacrés aux voitures de collection, comme le Festival of Speed de Goodwood ou Le Mans Classic. En 2002, il a reçu le titre de citoyen d'honneur de la ville du Mans, une distinction rare qui souligne son lien indéfectible avec les 24 Heures du Mans.

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