Eddie Keizan se fait tout d'abord remarquer dans les courses de Saloon Cars. Fort de cette expérience, il s'inscrit au Championnat sud-africain de Formule 1 en 1972. Lors de cette première saison au plus haut niveau local, il court sur une Surtees à moteur Ford. Ses débuts seront loin d'être ridicules puisqu'il termine le championnat à la troisième place, avec une belle victoire acquise lors du Goldfield Autumn Trophy.
L'année suivante, il est engagé par le Blignaut Racing (du nom de l'organisateur le plus célèbre d'Afrique du Sud) pour conduire une Tyrrell 004. Sa saison débute par le Grand Prix d'Afrique du Sud comptant pour le championnat du monde. Malgré une honnête vingt-deuxième place sur la grille, Eddie finit la course non classé, ayant douze tours de retard sur Jackie Stewart, le vainqueur de l'épreuve. Néanmoins, le reste de la saison est plus réjouissant avec une nouvelle victoire, ce qui lui permet de finir à la deuxième place du championnat local, battu par l'inévitable Dave Charlton.
En 1974, c'est la Embassy Racing qui l'inscrit au Grand Prix national. Malheureusement pour Eddie, sa Tyrrell 004 accuse le poids des ans (elle a maintenant deux ans). Une fois de plus, il parvient à bien se placer sur la grille, mais la course est toujours aussi difficile. Il parvient toutefois à rallier l'arrivée en quatorzième position. Eddie décide alors d'abandonner sa Tyrrell au profit d'une Lotus 72 du Team Gunston (appartenant à John Love) pour le championnat local. Si la saison commence bien, avec quatre podiums consécutifs, les cinq dernières courses se solderont par un abandon.
En 1975, rien ne change : Eddie reste fidèle à sa Lotus 72 et au team Gunston. La saison commence comme toujours au Grand Prix d'Afrique du Sud. Il se montre encore une fois remarquable lors des essais. Avec une voiture vieille de cinq ans, il parvient à se qualifier en vingt-deuxième position, devançant des pilotes comme Jacques Laffite ou Emerson Fittipaldi. En course, il parvient à faire une course solide, terminant dans les roues des Lotus officielles (et neuves !) de Jacky Ickx et de Ronnie Peterson. Cette treizième place, à deux tours du vainqueur, restera son meilleur résultat en Formule 1. L'année se poursuit avec le championnat local de Formule 1. Mais comme l'année précédente, la Lotus a du mal à rallier l'arrivée et Eddie doit se contenter d'une cinquième place au championnat.
En cette fin d'année 1975, l'Afrique du Sud est victime de la crise pétrolière qui touche le monde. L'essence se fait rare et des rationnements sont nécessaires. La Formule 1 n'est donc plus une priorité et, faute de moyens, le championnat met la clé sous la porte. Eddie se tourne alors vers les courses de Saloon Cars, comme dans sa prime jeunesse.
Alex Mondin