Sergio PEREZ
 S.PEREZ
Red Bull Honda RBPT
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda RBPT
Fernando ALONSO
 F.ALONSO
Aston Martin Mercedes

1080e Grand Prix

XIX Bahrain Grand Prix
Nuit
Sakhir
dimanche 5 mars 2023
57 tours x 5.412 km - 308.238 km
(Offset: 246 m)
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F1
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Constructeur
Moteur

Présentation de la saison 2023

 

Le bras de fer perdu de Ben Sulayem

 

Red Bull avec Ford - Andretti avec GM

 

Présentation de l'épreuve

Le Grand Prix de Bahreïn lance la saison 2023 de Formule 1 qui sera - sauf imprévu - la plus dense de l'histoire avec 23 épreuves au programme. La FIA et Liberty Media avaient même à l'origine inscrit 24 dates au calendrier, mais le Grand Prix de Chine, prévu pour le 16 avril, a été une fois de plus annulé en décembre 2022 à cause de la politique « zéro Covid » alors toujours en vigueur dans ce pays. Quelques jours plus tard, le gouvernement chinois a finalement abandonné cette stratégie aussi ruineuse qu'inefficace, mais trop tard pour envisager une reprogrammation. La F1 reverra peut-être la Chine en 2024... D'autre part, 2023 marque la fin définitive du « covidisme » dans ce sport. Les masques ont disparu depuis le début de la saison 2022, les tests sont purement facultatifs et les personnes non-vaccinées sont de nouveau admises dans le paddock. On voit ainsi réapparaître Nico Rosberg, écarté pour cette raison de son poste de consultant pour la télévision durant toute l'année 2022.

 

Les essais (les seuls de l'hiver) qui se sont tenus à Bahreïn du 23 au 25 février ont été largement dominés par la nouvelle Red Bull RB19. Celle-ci a impressionné les observateurs, notamment Toto Wolff: « J'ai remarqué que Verstappen et Pérez freinent plus tard et entrent plus lentement dans les virages, mais ils accélèrent plus tôt et gagnent un temps énorme grâce à une excellente traction. Nous, si on arrive dans les virages comme ça, on manque totalement la corde ! » De façon générale, la RB19 produit un appui constant sans générer trop de traînée. Aussi, beaucoup redoutent d'assister à une saison à nouveau dominée par Max Verstappen. Le Néerlandais affiche une grande confiance et affirme que la RB19 est « 100 % meilleure » que la RB18. Il se réjouit en outre de bénéficier d'une monoplace moins lourde qui corrige l'un des rares points faibles de la voiture de 2022. De son côté, Sergio Pérez paraît ne pas avoir tout à fait tiré un trait sur les tensions qui l'avaient opposées à son coéquipier à la fin de la saison précédente. On se souvient que Verstappen avait refusé de lui rendre une position à la fin du Grand Prix de São Paulo. Christian Horner et Helmut Marko ont annoncé que les deux équipiers s'étaient expliqués et que l'incident était clos, mais on peut en douter puisque Checo déclare avant le coup d'envoi de cette saison à Fox Sports Mexico: « Si je me rends compte que je ne reçois pas de soutien quand j'en ai besoin, je n'en donnerai pas non plus ». A suivre.

 

L'avance des Red Bull sur leurs rivales directes, les Ferrari et les Mercedes, est telle que certains la chiffrent à une demi-seconde. « C'est trop tôt pour le dire ! » s'insurge Charles Leclerc lors de la conférence de presse du jeudi 2 mars. « Ce n'étaient que des tests, nous ne pouvons pas quantifier l'écart entre Red Bull et Ferrari. Ils ont peut-être un peu d'avance sur nous ». Mais l'inquiétude règne à Maranello d'autant que David Sanchez, le designer en chef et concepteur des dernières monoplaces, a annoncé son prochain départ, peut-être vers McLaren. Du côté de Mercedes, on s'ingénie à étouffer les rumeurs annonçant l'arrivée d'une W14B qui s'inspirerait de Red Bull et abandonnerait les « pontons minimaux ». « Il n'y a pas de plan B, c'est de la foutaise ! Nous vivons à l'heure du plafonnement des coûts, revenir à la case départ en course de saison serait irréaliste ! » commente Lewis Hamilton. Le septuple champion du monde est toutefois bien forcé d'admettre que sa nouvelle machine n'est pas assez rapide pour se mesurer aux Red Bull, mais il préfère s'attacher aux points positifs, comme la disparition du « marsouinage ». « L'an dernier, à la même époque, nous étions en pleine panique. Cette fois, même si nous connaissons nos limites, nous savons que nous avons une bonne base pour progresser », conclut-il. Hamilton est cependant contredit par Toto Wolff lui-même qui annonce samedi soir qu'un « nouveau concept » pourrait bientôt être appliqué à la W14.

 

L'équipe la plus surveillée est Aston Martin après les excellentes performances réalisées par Fernando Alonso avec l'AMR23 lors des essais de février. La dernière création du constructeur britannique semble particulièrement réussie et Aston Martin pourrait bien se battre avec Mercedes, voire avec Ferrari. Quant à Alonso, il entame à bientôt 42 ans sa vingtième saison de F1 (nouveau record) et paraît plus « vert » que jamais, selon un calembour facile. Il rejette néanmoins tout triomphalisme et, s'il espère grimper sur quelques podiums en 2023, il préfère se concentrer sur le long terme. « Pour moi, l'objectif est qu'en fin d'année nous soyons certains que l'AMR23 sera une bonne base pour les modèles à venir », assène-t-il. Toutefois, lorsqu'on lui pose la question, Alonso déclare penser qu'il pourra conquérir une troisième couronne mondiale avec Aston Martin, même si bien entendu le temps lui est compté.

 

La présence ici de Lance Stroll a longtemps été douteuse car la jeune Canadien s'est fracturé le poignet droit lors d'une chute de vélo en Espagne le 18 février, soit deux semaines avant ce Grand Prix de Bahreïn. Le surlendemain, il a subi une petite opération chirurgicale et de ce fait a manqué les essais préliminaires de Sakhir. Son forfait pour la première course paraissait alors fort probable. « Je ne pouvais ni bouger mes mains ni marcher puisque je me suis aussi cassé un orteil. La lumière au bout du tunnel me semblait loin », narre-t-il. Aston Martin a alors mobilisé son réserviste Felipe Drugovich. Mais Stroll est finalement bien au départ de cette course. Après avoir pu poser son orteil au sol sans trop de douleurs, il estime qu'il ne subira qu'un « léger inconfort » au volant. Il lui faut cependant appréhender son nouveau bolide qu'il n'a jusqu'ici conduit que lors d'un court « shakedown » sous la pluie à Silverstone.

 

Comme l'an passé, Alpine débute la saison parée d'une livrée rose pâle en l'honneur de son sponsor-titre BWT, géant mondial du traitement des eaux. Cette couleur sera aussi utilisée lors des GP d'Arabie saoudite et d'Australie, avant un retour au bleu en Azerbaïdjan. « Le rose nous permet d'être remarqués plus facilement et d'aider à changer le monde, en incitant au filtrage de l'eau à la source par exemple », commente sans rire Otmar Szafnauer. Cependant, les robes des nouvelles monoplaces frappent par leur minimalisme. Beaucoup d'équipes laissent des portions entières à nu, sans peinture, afin de perdre un peu de poids. Cet artifice - déjà utilisé en 2022 par Williams - se remarque sur toutes les voitures, et notamment la Mercedes redevenue toute noire. « Nous étions en surpoids l'an dernier et nous avons cherché où trouver le moindre gramme à enlever », admet Toto Wolff. Aussi, si certaines parties de la W14 sont peintes en noir mât, le reste est composé de fibre de carbone brute. Enfin, Dan Fallows, directeur technique d'Aston Martin, remarque qu'économiser de la peinture est aussi bon pour le budget des écuries...

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi, Pérez réalise le meilleur chrono (1'32''758''') de la première séance d'essais de la saison devant Alonso qui confirme l'excellente tenue de l'Aston Martin. Verstappen se classe troisième. Un peu plus tard, alors que la nuit est tombée sur Sakhir, Alonso impressionne en s'emparant du meilleur temps de la seconde session libre (1'30''907''') devant les deux Red Bull. Les Ferrari et surtout les Mercedes sont très discrètes ce premier jour. Samedi après-midi, Alonso récidive (1'32''940''') en devançant les Red Bull lors du dernier entraînement.

 

Quelques heures plus tard, les qualifications se déroulent dans des conditions nocturnes. Les Red Bull survolent les débats, en dépit de réglages perfectibles. Verstappen réalise la pole position (1'29''708''') malgré un équilibre parfois précaire. Pérez (2e) le suit à 1/10e sans être lui aussi tout à fait satisfait du comportement de sa machine. La Ferrari SF-23, moins « appuyée » que sa devancière, est à la peine sur ce tracé tortueux. Malgré tout, les deux pilotes rouges sont en seconde ligne. Leclerc (3e) perd des pièces de carbone en début de séance, ce qui occasionne un court drapeau rouge, mais il est ensuite dans le rythme des Red Bull et ne concède que trois dixièmes à Verstappen. Sainz (4e) tâtonne dans ses réglages. Alonso place son Aston Martin-Mercedes en cinquième position, à six dixièmes du poleman, ce qui est conforme à ses attentes. Stroll (8e) poursuit sa découverte de l'AMR23. Russell (6e) et Hamilton (7e) s'attendaient à pire: leurs Mercedes ne rendent qu'un peu plus d'une demi-seconde aux Red Bull. Ocon place son Alpine-Renault en neuvième position, à plus d'une seconde des meilleurs. Gasly vit un premier week-end difficile avec l'équipe française. Il se débat avec une voiture très instable et perd son meilleur chrono après avoir franchi les limites de la piste en Q1. Le Rouennais partira 20e et dernier.

 

Hülkenberg (10e) est très heureux d'amener sa Haas-Ferrari en Q3, même si son dernier temps a été annulé pour cause de hors-piste. Magnussen (17e) est en revanche très tôt éliminé, selon lui à cause du trafic. Norris (11e) a toutes les peines du monde à maintenir en piste une McLaren-Mercedes trop instable. Piastri (18e) vit un baptême du feu pénible et se distingue par de nombreuses sorties de route. Les Alfa Romeo (Bottas 12e, Zhou 13e) n'ont pas encore le rythme pour atteindre la troisième étape des qualifications. Tsunoda (14e) hisse l'AlphaTauri en Q2 et aurait pu faire mieux sans une pénurie de pneus neufs. De Vries (19e) est éliminé en Q1 après avoir commis quelques fautes. Enfin, les Williams-Mercedes paraissent plus affûtées qu'en 2022. Albon (15e) parvient en Q2 et prétend qu'il aurait pu viser la Q3 s'il n'avait pas perdu un volet d'aileron. Le néophyte Sargeant, victime d'une panne vendredi, réalise d'excellents débuts et signe en Q1 le même chrono que Norris au millième près, mais après celui-ci, ce qui entraîne son élimination.

 

Le fait saillant de ces premières qualifications de la saison 2023 est le faible écart qui sépare la plupart des bolides. Ainsi, en Q1, le premier Verstappen n'a devancé le dernier de Vries que d'une seconde et un dixième ! « Ce n'est pas vraiment une surprise. Si vous regardez la plupart des voitures, elles sont toutes copiées les unes les autres, donc tout le monde devient plus intelligent au fil des ans, avec les mêmes règlements », commente le champion en titre.

 

Le Grand Prix

Pour la troisième saison consécutive, le coup d'envoi du championnat du monde est donné à Bahreïn, au début de la nuit et devant des tribunes toujours clairsemées. Tous les pilotes partent en pneus tendres (C3), sauf Hülkenberg qui est muni de pneus durs (C1). Le composé médium (C2) ne sera pas utilisé.

 

Départ: Verstappen prend en bon envol et entraîne dans son sillage Leclerc qui se déporte vers Pérez, l'intimide d'un léger coup de volant puis le dépasse au premier tournant. Viennent ensuite Sainz, Alonso et Hamilton.

 

1er tour: Hamilton déborde Alonso au virage n°4. Venant de loin, Stroll pointe son museau à droite et frotte la roue arrière-droite de son équipier. Russell profite de l'incident pour repasser devant le Canadien. L'Anglais double ensuite Alonso et Bottas surprend Stroll. Hülkenberg se frotte à Ocon au quatrième tournant, puis perd un morceau de carbone dans la courte ligne droite à mi-parcours. En fin de tour, Verstappen précède Leclerc, Pérez, Sainz, Hamilton, Russell, Alonso, Bottas, Stroll et Norris.

 

2e: Verstappen compte une seconde et demie d'avance sur Leclerc. Le drapeau jaune est un temps déployé dans le deuxième secteur en raison des débris répandus sur la piste. Ils se trouvent néanmoins hors trajectoire.

 

3e: Verstappen s'envole et repousse Leclerc à deux secondes. Pérez roule à une seconde du Monégasque. Sainz rencontre déjà des difficultés avec ses pneus arrière et ne parvient pas à suivre ce trio.

 

4e: Verstappen porte son avantage sur Leclerc à trois secondes et demie. Stroll pourchasse Bottas.

 

5e: Leclerc bloque une roue au premier freinage, ce qui permet à Pérez de revenir à une demi-seconde. Stroll dépasse Bottas au virage n°1.

 

6e: Verstappen devance Leclerc (4.7s.), Pérez (5.6s.), Sainz (8.1s.), Hamilton (9.8s.), Russell (10.5s.), Alonso (12.1s.), Stroll (13.5s.), Bottas (15.1s.), Ocon (17s.), Albon (18.7s.) et Norris (19.8s.).

 

7e: Verstappen possède cinq secondes de marge sur Leclerc, six secondes sur Pérez. Norris, à la dérive au volant d'une McLaren rétive, est menacé par le rookie Sargeant.

 

8e: Les Mercedes maltraitent leurs gommes arrière. Russell s'offre un travers au délicat virage n°10 et se plaint du rythme trop lent de Hamilton.

 

10e: L'intervalle entre Verstappen et Leclerc atteint sept secondes. Le Néerlandais constate que ses roues arrière se bloquent lorsqu'il rétrograde. Un changement de mode de gestion électronique résout le problème. Alonso a rejoint Russell. Englué en queue de peloton, Gasly chausse les pneus durs.

 

11e: Verstappen précède Leclerc (8.5s.), Pérez (10s.), Sainz (18.1s.), Hamilton (22s.), Russell (23.7s.), Alonso (24s.), Stroll (25.2s.), Bottas (28.4s.) et Ocon (31.2s.). Norris et Tsunoda passent en gommes blanches.

 

12e: Russell tente de résister à Alonso bien que ses pneus soient détruits. Bottas, Hülkenberg et de Vries prennent des pneus durs et Albon sélectionne des pneus tendres.

 

13e: Hamilton chausse les gommes blanches (2.3s.), tout comme Ocon et Zhou, tandis que Sargeant prend des pneus tendres. Alonso déborde Russell par l'intérieur au virage n°4, mais le jeune Anglais reste à sa hauteur jusqu'au virage n°8 où il doit baisser pavillon.

 

14e: Ferrari accueille successivement Leclerc et Sainz pour leur donner des gommes dures. Russell stoppe quant à lui cher Mercedes et l'opération traîne cinq secondes à cause d'un souci à l'arrière-gauche. Piastri n'arrive plus à sélectionner ses rapports et stoppe chez McLaren pour changer de volant. De son côté, Ocon évolue avec une dérive d'aileron pendante.

 

15e: Verstappen arrive chez Red Bull et sélectionne de nouveau les pneus rouges. Il cède les commandes à Pérez. Alonso s'empare des enveloppes blanches (3.5s.) puis ressort devant Russell qui était aux prises avec Magnussen. Toutefois tous deux se retrouvent derrière Bottas.

 

16e: Pérez compte dix secondes d'avance sur Verstappen. Stroll chausse à son tour les Pirelli blancs. Ocon reçoit une pénalité de cinq secondes car il ne s'était pas correctement positionné sur la grille de départ. Il subit sa punition en fin de tour. Ses mécaniciens remplacent aussi son aileron avant mais commencent à travailler une demi-seconde trop tôt ! Changement de pneus pour Magnussen. Piastri n'est pas parvenu à redémarrer et doit renoncer.

 

17e: Alonso déborde Bottas par l'extérieur avant le virage n°4 et conquiert la sixième place. Le moteur de Norris est affligé d'une fuite d'air. L'Anglais regagne son stand pour réalimenter son groupe propulseur et va devoir rééditer cette opération tous les dix tours.

 

18e: Pérez stoppe chez Red Bull pour remettre des pneus tendres (2.4s.) puis se relance derrière Leclerc. Russell double à son tour Bottas.

 

19e: Verstappen a retrouvé la première place et compte dix secondes d'avantage sur Leclerc. Pérez roule à treize secondes.

 

20e: Pérez est le plus rapide en piste (1'37''448''). Stroll dépasse Bottas au premier tournant.

 

21e: Verstappen est en tête devant Leclerc (10.5s.), Pérez (14s.), Sainz (23.3s.), Hamilton (27.1s.), Alonso (30.7s.), Russell (33s.), Stroll (35.2s.), Albon (39.5s.), Tsunoda (41.5s.) et Gasly (43.5s.).

 

23e: Douze secondes séparent Verstappen et Leclerc. Grâce à ses pneus tendres, Pérez est revenu à une seconde et demie du pilote Ferrari.

 

25e: Pérez fait la jonction avec Leclerc. Ocon (19e) écope d'une seconde sanction de 10 secondes puisque sa précédente punition n'a pas été observée jusqu'au bout.

 

26e: Pérez prend l'aspiration de Leclerc dans la première ligne droite, ouvre son DRS, plonge à l'intérieur et s'empare de la deuxième place. Leclerc n'est pas en mesure de résister, ni de riposter. Alonso se rapproche de Hamilton. Gasly rechausse des pneus durs.

 

27e: Verstappen jouit de quatorze secondes d'avancer sur Pérez. Albon, Tsunoda et Hülkenberg passent aux stands pour remettre des pneus blancs. L'Allemand remplace en outre son museau, endommagé lors du contact avec Ocon. Troisième arrêt pour Norris.

 

28e: Verstappen devance Pérez (13.8s.), Leclerc (16.8s.), Sainz (28.9s.), Hamilton (32.6s.), Alonso (34.5s.), Russel (39.5s.), Stroll (41.2s.), Bottas (49.2s.) et Sargeant (1m. 01s.).

 

29e: Incroyable mais vrai: Ocon reçoit une troisième pénalité pour excès de vitesse dans les stands ! Il devra en tout s'immobiliser 15 secondes lors de son prochain pit-stop. De Vries change de nouveau d'enveloppes.

 

30e: Bottas stoppe chez Alfa Romeo pour remettre des gommes dures. Magnussen s'empare quant à lui de pneus tendres.

 

31e: L'intervalle entre Verstappen et Pérez se maintient à treize secondes. Leclerc est à sept secondes du Mexicain. Hamilton rechausse des pneus durs (2.5s.), tout comme Stroll (2.4s.). Sargeant opte aussi pour les enveloppes blanches.

 

32e: Sainz se saisit de gommes dures (2.3s.), imité par Russell (2.5s.). L'Anglais se relance un souffle devant Stroll. Armé du DRS, ce dernier contourne la Mercedes par l'extérieur avant le quatrième virage et s'empare de la 7e place. Zhou chausse des pneus tendres et Ocon subit sa pénalité.

 

34e: Verstappen devance Pérez de quatorze secondes. Leclerc fait escale chez Ferrari afin de remettre des pneus blancs (2.3s.) et ressort quatrième.

 

35e: Pérez passe aux stands, chausse les Pirelli durs (2.7s.) et reste en seconde position. Alonso stoppe chez Aston Martin et se saisit aussi d'enveloppes dures (2.6s.). L'Espagnol se réinsère à la sixième place.

 

36e: Alonso est très véloce (1'36''156''') avec son nouveau train de pneus et revient à moins d'une seconde de Hamilton.

 

37e: Verstappen opère son dernier pit-stop, reprend des pneus durs (2.3s.) et reste en tête. Alonso attaque Hamilton par l'intérieur dans la seconde ligne droite et s'impose au virage n°4. Mais il met un coup de gaz de trop à la réaccélération et survire. Hamilton en profite pour reprendre sa position.

 

38e: Hamilton louvoie devant Alonso pour lui couper l'élan. L'Asturien se porte à la hauteur de son adversaire dans la montée vers le virage n°9. Il se place à droite, pus pique à gauche au freinage n°10 et s'impose. Norris stoppe pour la quatrième fois.

 

39e: Verstappen précède Pérez (11.7s.), Leclerc (24s.), Sainz (33s.), Alonso (36s.), Hamilton (36.4s.), Stroll (43s.), Russell (44.6s.), Bottas (56s.), Albon (1m. 02s.), Gasly (1m. 03s.) et Tsunoda (1m. 04s.).

 

40e: Le moteur de Leclerc se tait lorsqu'il aborde la dernière ligne droite. Le Monégasque se gare sur le bas-côté, près d'une échappatoire.

 

41e: La direction de course déclenche la « voiture de sécurité virtuelle » pour permettre l'évacuation de la voiture de Leclerc. Albon, Gasly, Tsunoda, Sargeant, Magnussen et Hülkenberg passent aux stands pour mettre des pneus tendres.

 

42e: Le drapeau vert est rapidement agité. Dix secondes séparent Verstappen et Pérez. Alonso se lance aux trousses de Sainz. Gasly déborde Albon au premier virage puis améliore le record du tour (1'35''068'''). Tsunoda se défait de Zhou, puis de de Vries.

 

43e: Alonso est revenu sur Sainz qui se débat toujours avec ses pneus. Ocon jette l'éponge après une course cauchemardesque.

 

45e: Alonso tente de faire l'extérieur à Sainz au virage n°4, mais celui-ci se défend et les deux voitures se frôlent au moment de remettre les gaz. Puis Alonso assaille Sainz par l'intérieur dans la ligne droite de la mi-parcours. Le Madrilène tente de tasser l'Asturien, mais ce dernier conquiert la troisième place au freinage.

 

46e: Verstappen devance Pérez (10.3s.), Alonso (36.3s.), Sainz (38s.), Hamilton (38.3s.), Stroll (45.1s.), Russell (46.7s.), Bottas (1m. 01s.), Gasly (1m. 11s.), Albon (1m. 18s.), Tsunoda (1m. 20s.) et Sargeant (1m. 27s.).

 

47e: Hamilton évolue dans les échappements de Sainz sans pouvoir porter une attaque.

 

49e: Verstappen garde une dizaine de secondes d'avance sur Pérez. Norris opère un cinquième changement de gommes.

 

51e: Verstappen est en tête devant Pérez (10.6s.), Alonso (34.8s.), Sainz (41.4s.), Hamilton (42.7s.), Stroll (47.1s.), Russell (49.2s.), Bottas (1m. 04s.), Gasly (1m. 09s.), Albon (1m. 21s.), Tsunoda (1m. 22s.) et Sargeant (1m. 28s.).

 

53e: L'intervalle ne bouge pas entre les Red Bull. Sainz s'est mis hors d'atteinte de Hamilton qui lui aussi a fusillé ses pneus arrière.

 

55e: Tsunoda menace Albon pour le point de la 10e place. Zhou chausse des pneus tendres et Norris effectue son sixième pit-stop (!).

 

56e: Verstappen finit la course avec une douzaine de secondes d'avantage sur son équipier. Zhou réalise le meilleur chrono de la soirée (1'33''996''').

 

57e et dernier tour: Max Verstappen remporte son premier GP de Bahreïn devant son équipier Pérez. Alonso termine troisième pour sa première course avec Aston Martin. Sainz se classe quatrième, Hamilton cinquième. Stroll finit sixième avec son poignet cassé. Russell est septième. Bottas (8e) inscrit quatre points pour Alfa Romeo. Gasly (9e) empoche deux points pour son arrivée chez Alpine. La 10e place revient à Albon: Williams n'avait marqué de point lors de la manche inaugurale depuis 2017. Viennent ensuite Tsunoda, Sargeant, Magnussen, de Vries, Hülkenberg, Zhou et Norris. Hülkenberg reçoit 15 secondes de pénalité pour avoir trop souvent franchi les limites de la piste, ce qui ne change rien à son classement.

 

Après la course

Ce premier Grand Prix de la saison 2023 s'est résumé à un cavalier seul des Red Bull, ce qui augure d'une saison passablement ennuyeuse, même si jusqu'ici les nouvelles monoplaces n'ont roulé que sur ce circuit de Sakhir. La RB19 impressionne notamment par son excellente gestion des pneumatiques puisqu'elle a parcouru deux relais en gommes tendres contre un seul pour la plupart de ses concurrentes. Max Verstappen a survolé la course et n'a guère été inquiété que par un petit problème de rétrogradage, vite résolu. « J'aurais pu creuser un écart plus grand, mais à chaque fois que j'attaquais, mon ingénieur [NDLA : Gianpiero Lambiase] grognait. Peu importe, ce résultat me convient très bien ! » Sergio Pérez assure de son côté un doublé pour RBR, malgré un départ raté. Il affirme que s'il s'était débarrassé plus tôt de Charles Leclerc, il aurait pu aussi titiller Verstappen. Peut-être...

 

Cette course est une douche froide pour Ferrari qui ne s'attendait pas à être autant dominée par Red Bull en course, la faute à une mauvaise gestion des pneumatiques. Cette forte dégradation a particulièrement affecté un Carlos Sainz inexistant. Pire: Charles Leclerc a été trahi par son moteur alors qu'il était en passe de monter sur la troisième marche du podium. Face à ces difficultés, Frédéric Vasseur opte pour la franchise: « Il ne faut pas se voiler la face, nous sommes confrontés à deux problèmes majeurs, la dégradation des pneus et la fiabilité. Nous ne sommes pas à la hauteur de Red Bull. Il va falloir travailler pour combler ce retard. » Charles Leclerc ne dissimule pas un dépit précoce: « Cela s'est bien passé au départ. J'ai doublé Pérez, c'était le plan mis en place après les qualifications. Ensuite on a fait un choix de pneus différent de Red Bull, mais très honnêtement, je ne pense pas que ça aurait changé grand-chose si l'on avait mis les tendres. Ils sont beaucoup trop rapides, sur une autre planète ».

 

Si Ferrari a le cafard ce dimanche soir, que dire de Mercedes ? Mal appuyée, instable en virage et dévoreuse de gommes, la W14 paraît tout aussi ratée que la W13. Lewis Hamilton finit ainsi la course à 50 secondes de Verstappen... « J'ai cru au début que cela allait bien se passer, mais je n'ai pas pu ternir le rythme, se lamente-t-il. Nous avons enlevé beaucoup d'aileron à l'avant et j'avais du mal à prendre certains virages ». Le septuple champion du monde concède que Ferrari et Aston Martin ont pris le dessus sur Mercedes. Dans ces conditions, le concept « zéro ponton » paraît condamné, comme l'a confirmé Toto Wolff. Reste à savoir quand Mercedes opérera cette révolution. George Russell estime qu'il est inutile de transformer la W14 et invite déjà l'équipe à préparer 2024. De son côté, Hamilton, qui avait poussé au maximum le développement de la W13, regrette publiquement que certaines de ses recommandations n'aient pas été prises en compte...

 

Bond pour Aston Martin

Fernando Alonso ne pouvait rêver meilleurs débuts avec Aston Martin. Le fringant quadragénaire, élu « pilote du jour » par les internautes, a régalé le public par de beaux dépassements. Surtout, sa nouvelle monoplace verte tient la dragée haute aux Mercedes et aux Ferrari, si bien que l'Espagnol envisage désormais de gagner une course en 2023. Rappelons que son dernier succès en F1 remonte à tout juste dix ans... « C'est un début parfait pour ce projet », commente-t-il. « Nous ne nous attendions pas à être aussi compétitifs. L'objectif était d'être dans la bataille dans le milieu de la grille et de se rapprocher des trois premières équipes. Un podium n'était pas dans notre radar. Et nous nous sommes retrouvés avec la deuxième meilleure voiture à Bahreïn, juste derrière les Red Bull. Profitons de ce moment et construisons à partir de là une bonne campagne 2023, en nous rapprochant de plus en plus des meilleurs ». Alonso salue aussi la superbe sixième place de son équipier Lance Stroll, acquise en dépit d'une vilaine blessure. Sans oublier bien sûr que c'est le fils du patron...

 

L'Aston Martin AMR23 a fait preuve ici d'une excellente motricité et d'une gestion des pneus très efficace. Toutefois, elle s'attire les lazzi du clan Red Bull qui note que cette monoplace ressemble beaucoup à la RB18 de 2022. Ce n'est pas étonnant puisqu'elle est l'œuvre de Dan Fallows, l'ancien bras droit d'Adrian Newey. Sergio Pérez ouvre le feu en constatant qu' « il y a trois Red Bull sur le podium ». « On dit que l'imitation est la plus belle forme de flatterie et c'est agréable de voir notre vieille voiture fonctionner si bien chez nos concurrents ! » ajoute Christian Horner. Quant à Helmut Marko, il ressuscite les vieilles rumeurs qui avaient empoisonné en 2022 les relations entre les deux équipes et sous-entend que Fallows a quitté Milton Keynes avec une documentation très précise sous le bras. Ces méchancetés n'atteignent pas Lawrence Stroll qui savoure sa revanche sur les sceptiques: « Il y a quelques années, quand j'ai annoncé mon plan de cinq ans pour remporter le championnat du monde, personne ne me croyait. Mais nous avons accompli des changements significatifs.  Nous sommes passés de 400 à 740 employés. Nous construisons la plus grande usine de F1 moderne. J'ai recruté Martin Whitmarsh, Dan Fallows, Éric Blandin... et Fernando Alonso, bien sûr ! Cet hiver, après les essais à Bahreïn, on a prétendu que nous avions eu de la chance. J'ai répondu que plus je travaillais, plus j'avais de la chance ».

Tony