Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari

1062e Grand Prix

I Miami Grand Prix
Légérement nuageux
Miami
dimanche 8 mai 2022
57 tours x 5.412 km - 308.326 km
(Offset: 158 m)
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F1
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Michael Andretti s'invite en F1

Après avoir échoué à racheter Sauber en 2021, Michael Andretti a annoncé cet hiver son intention de mettre sur les rails sa propre écurie de Formule 1 à l'horizon 2024. L'ancien pilote américain est prêt pour cela à copier le modèle de développement de Gene Haas, c'est-à-dire ne pas devenir un authentique constructeur à part entière, mais un simple assembleur d'éléments conçus par d'autres structures. Dans cette optique, Andretti aurait déjà noué des contacts avec McLaren pour la fourniture des châssis et avec Renault pour ce qui concerne la motorisation. Il prévoit en outre de construire une usine à Indianapolis et espère lancer les travaux en août 2022. Reste que, même avec cette stratégie, le fils de Mario Andretti doit tout de même dénicher des investissements faramineux, ne serait-ce que pour payer l'incroyable droit d'entrée en F1 (200 millions de dollars !) imposé par la FIA et Liberty Media. D'autre part, Andretti Autorsport est déjà impliquée dans une kyrielle de discipline (IndyCar, Indy Light, Formule E, Extreme E) et beaucoup doutent que cette entreprise, aussi riche soit-elle, aura les reins assez solides pour intégrer la F1. Toutefois, elle pourrait recevoir selon certaines sources l'appui du consortium Guggenheim, propriétaire de l'équipe de base-ball des Dodgers de Los Angeles.

 

A Miami, Michael Andretti fanfaronne et met au défi Greg Maffei, le directeur général de Liberty Media, de lancer l'appel d'offres pour une onzième équipe de F1. « Nous battrons tout le monde ! » clame l'ancien champion d'IndyCar. Mais Maffei, interrogé par l'Associated Press, ne paraît pas pressé de répondre à cette sollicitation. Il rappelle du reste que la présence américaine en Formule 1 est déjà assurée par Haas, et sous-entend ainsi qu'une deuxième équipe ne lui paraît pas indispensable. En vérité, Liberty Media est beaucoup plus intéressée par la possible arrivée des deux firmes du groupe Volkswagen, Porsche et Audi, à l'horizon 2026. Andretti Jr. s'entretient en Floride avec le président de la FIA Mohamed Ben Sulayem pour le persuader du sérieux de son projet. Mais, de manière générale, le paddock ne l'accueille pas à bras ouverts. « Une nouvelle équipe devra prouver qu'elle peut apporter quelque chose à la discipline », déclare ainsi Toto Wolff. Autrement dit, ne pas s'aligner pour faire de la figuration. En outre, comme il est plus avantageux de se partager le gâteau des droits commerciaux à dix qu'à onze, les équipes modestes sont hostiles à l'arrivée d'un convive supplémentaire. « Nous n'avons pas besoin d'accueillir une nouvelle équipe si c'est pour mettre en danger deux ou trois autres », énonce Frédéric Vasseur pour Alfa Romeo. Günther Steiner (Haas) est encore plus sévère: « Depuis cinq ans, nous avons dix équipes saines et stables en F1, ce qui n'était jamais arrivé auparavant. Pourquoi celles-ci se diraient: ''Diluons notre valeur pour faire entrer quelqu'un d'autre ? Quel est l'intérêt pour nous ?'' Si la FOM veut distribuer plus d'argent, c'est une autre discussion. Mais avoir plus d'équipes ne signifie pas être meilleur. »

 

Présentation du GP de Miami: kitsch et sunlights

Depuis sa prise en main de la Formule 1, Liberty Media s'échine à inscrire une seconde épreuve états-unienne au calendrier du championnat du monde. Les propriétaires du sport le plus célèbre du monde (après le football) estiment que les USA représentent un immense marché en devenir pour leur produit. Le grand succès de la série Netflix Drive to survive outre-Atlantique semble leur donner raison. Dès 2017, Chase Carey, alors président de la Formule 1, a noué des contacts avec la ville de Miami pour organiser une course urbaine aussi glamour que spectaculaire dans les rues inondées de soleil floridien. Mais ce premier projet s'est perdu dans les sables à cause de difficultés financières et politiques. C'est alors que le milliardaire Stephen Ross, propriétaire de la célèbre équipe de football américain des Dolphins de Miami, propose de construire un circuit autour du Hard Rock Stadium, l'antre de son club-phare. La ville de Miami Gardens, où se situe le stade, se montre d'abord réticente face aux récriminations des riverains, avant de finalement donner son accord. Ross investit à lui seul près de 60 millions de dollars dans l'événement, dont la direction revient à l'expérimenté Richard Cregan, qui a autrefois travaillé pour les Grands Prix d'Abou Dhabi et de Russie.

 

Le premier Grand Prix de Miami est programmé pour ce 8 mai 2022, mais il est un temps menacé par une plainte pour « nuisances sonores » déposée par quelques habitants de Miami Gardens. Cette action vise ni plus ni moins que son annulation. En effet, ce comité de voisinage a diligenté une enquête auprès d'une société d'ingénierie qui aurait découvert que le Grand Prix à venir générerait un bruit de 97 décibels dans un rayon de quatre kilomètres, soit l'équivalent du vacarme produit par une tronçonneuse ! Mais sans surprise, le juge en charge de l'affaire tranche en faveur des organisateurs, d'autant plus que ceux-ci ont érigé un mur anti-bruit dans la portion sud du circuit. Procédurisme américain oblige, on peut penser que les riverains n'en resteront pas là...

 

Pour une fois, ce nouveau circuit n'est pas l'œuvre de Hermann Tilke, mais du cabinet Apex Circuit Design. Cette piste serpente sur les parkings qui entourent le Hard Rock Stadium. Tous les éléments du folklore floridien sont évidemment présents, notamment les fameux palmiers, mais aussi une marina... artificielle: les bateaux sont posés sur du béton peint en bleu et des toiles simulent les vagues !... Ce kitsch est assumé par les organisateurs, malgré les nombreuses moqueries qui circulent sur Internet. Le tracé en lui-même est une sorte de mélange de Bakou et de Sotchi, avec quelques courbes assez rapides, trois lignes droites où le DRS pourra être activé, et une portion très lente et très étroite, sous l'autoroute, entre les virages n°12 et 16. Clive Bowen, fondateur du cabinet Apex, explique avoir voulu concevoir une piste « Jekyll et Hyde » : « Certains virages exigent une excellente traction et donc nécessitent des réglages souples sur la voiture. Mais il y a aussi des sections à très haute vitesse où il faut des réglages plus rigides pour tirer le meilleur parti des performances aérodynamiques et donc de l'adhérence latérale dans les virages. » Cependant, de manière générale, ce circuit ne paraît pas faciliter les dépassements. Par ailleurs, la surface, un enrobé, va se dégrader très vite. Dès les premiers essais, le tarmac se délite par endroits, semant des gravillons ! L'adhérence devient ainsi très précaire hors trajectoire, et les quelques retouches apportées par les organisateurs n'y changeront rien.

 

En Australie, Niels Wittich avait convoqué les pilotes pour leur rappeler qu'ils devaient absolument se munir de sous-vêtements ignifugés et que le port des bijoux (piercings, colliers, montres et même alliances) était interdit dans un cockpit. Le directeur de course annonçait qu'à l'avenir les autorités se montreraient plus sévères sur ces questions. Ainsi, à compter de ce Grand Prix de Miami, celles-ci sont intégrées aux contrôles techniques ! Les écuries reçoivent un questionnaire sur lequel elles doivent cocher les cases « port des sous-vêtements réglementaires » et « absence de bijoux », après quoi la fédération se réserve le droit de procéder aux vérifications nécessaires. Verra-t-on les officiels demander à chacun de se mettre en slip ? Si le problème posé par les sous-vêtements est simple à comprendre, il n'en va pas de même pour les bijoux. Wittich précise donc sa pensée dans une note officielle: « Les objets métalliques, tels que les bijoux en contact avec la peau, peuvent réduire la protection contre la transmission de chaleur et donc augmenter le risque de brûlures en cas d'incendie. Ils peuvent aussi entraver à la fois les interventions médicales ainsi que le diagnostic et le traitement ultérieurs s'ils sont nécessaires après un accident. »

 

Cet argumentaire ne convainc pas du tout Lewis Hamilton qui apparaît en conférence de presse avec deux boucles d'oreille, un piercing dans le nez, trois montres, une bague à chaque doigt et plusieurs colliers autour du cou ! Le septuple champion du monde se défend néanmoins de toute provocation... Il estime cependant que cette agitation est inutile et proclame qu'il préférera plier bagages si on veut le soumettre à un examen quelconque. Pour cette épreuve, il obtient un sursis pour son piercing et ses boucles d'oreilles, mais sera prié de rouler sans bijou à Monaco, le 29 mai. Se pliera-t-il à cette norme ?

 

Quoiqu'il en soit, ce premier Grand Prix de Miami est un formidable succès populaire. Le public y est encore plus nombreux, plus enthousiaste qu'à Austin. Pas de doute, la « digitalisation » de la discipline, son entrée en force sur les réseaux sociaux, le dynamisme et la fraîcheur de ses jeunes pilotes, la série Netflix ont porté leurs fruits. Tous les observateurs sont impressionnés par l'incroyable bond de la popularité de la Formule 1 aux États-Unis et certains estiment même qu'elle pourra concurrencer à terme la Nascar. Pour ce faire, Liberty Media plantera en 2023 une troisième banderille aux « States », avec le retour du Grand Prix de Las Vegas qu'elle promouvra elle-même... Afin d'assurer la renommée de cette nouvelle épreuve, Liberty Media convie le ban et l'arrière-ban de la jet-set anglo-saxonne. Pour ces trois jours de mai, le circuit de Miami devient « the place to be » ! Nous assistons à un incroyable défilé de stars qui toutes se sont découvertes une incroyable passion pour le sport automobile: Matt Damon, Michael Douglas, Pharrell Williams, James Corden, Geri Halliwell, Paris Hilton, David Beckham, les sœurs Serena et Venus Williams etc. Pierre Gasly a quant à lui la chance de partager un dîner avec Michael Jordan, la légende du basket-ball, une soirée que le jeune Français qualifie d' « extraordinaire ». Toujours dans cette veine « bling-bling », de nombreux pilotes s'affublent d'un casque spécial pour cette épreuve. Le plus étonnant est sans doute celui de Lando Norris qui représente un... ballon de basket !

 

Afin de rivaliser avec la vitesse de pointe de la Red Bull, Ferrari a prévu d'introduire un aileron arrière à faible traînée à Miami. Mais les Rouges renoncent à cet élément lorsqu'ils s'aperçoivent que l'asphalte du nouveau circuit est très abrasif et qu'ils doivent plutôt se concentrer sur la dégradation des gommes, le talon d'Achille de la F1-75. Ils se contentent d'ôter le « Gurney flap » de l'aileron arrière, apparu à Djeddah. De son côté, Mercedes apporte ici une première évolution de sa W13, avec notamment un aileron arrière déchargé pour réduire la traînée, ainsi que quelques modifications au niveau de l'aile avant et du diffuseur. Toutefois, selon Toto Wolff, il ne s'agit que de « mises à jour ». Il faudra attendre encore un peu pour voir la Flèche d'Argent se transformer. Enfin, Alpine présente un curieux aileron arrière dont le coin de la dérive latérale forme un carré au lieu d'être découpé.

 

Essais et qualifications

Vendredi après-midi se déroulent les deux premières séances libres. Les pilotes constatent l'effritement de l'enrobé et se font piéger dès qu'ils sortent de la trajectoire. Bottas et Sainz heurtent les murs, tous deux assez rudement. Leclerc réalise le premier chrono de référence (1'31''098'''). Mais l'événement du jour est le net regain de forme des Mercedes, puisque Russell se montre le plus rapide lors de la deuxième séance (1'29''938'''') tandis que Hamilton n'est pas très loin. Verstappen vit un vendredi cauchemardesque: sa Red Bull est successivement frappée d'un problème de refroidissement, puis d'une panne de direction qui l'empêche de couvrir le moindre tour rapide lors des seconds essais. Samedi, Pérez redonne le sourire à Red Bull en se montrant le plus rapide de la troisième séance libre. Celle-ci est interrompue par Ocon qui frappe le mur au virage n°13, un gauche assez traître où Sainz est également sorti la veille. Le Français encaisse un choc de 51G contre le muret et peste, comme Sainz, contre l'absence de Tecpro à cet endroit.

 

Les qualifications se déroulent dans une fournaise, avec une température au sol avoisinant les 50°C. Les Ferrari s'emparent de la première ligne de la grille de départ. Leclerc réalise sa troisième pole de la saison (1'28''796''') et précède de 2/10e son équipier Sainz qui avait à cœur de faire oublier son crash de la veille. Les Red Bull suivent en deuxième ligne. Verstappen (3e) était le plus rapide au début de la Q3 et aurait pu signer la pole sans une faute dans son second tour lancé. Pérez (4e) déplore pour sa part un déficit d'équilibre, notamment dans le deuxième secteur. Bottas hisse son Alfa Romeo-Ferrari au cinquième rang et donne ainsi au team italo-suisse sa meilleure qualification depuis 2019. Son jeune collègue Zhou (17e) est en revanche éliminé dès la Q1, piégé par le trafic. Après leurs bonnes prestations du vendredi, les Mercedes rentrent dans le rang et tressautent « comme des kangourous », Toto Wolff dixit. Dans ces conditions, Hamilton se dit content de sa sixième place alors que Russell (12e) est fort marri de ne pas atteindre la Q3. Les AlphaTauri (Gasly 7e, Tsunoda 9e) sont en revanche très performantes et bien positionnées pour marquer de gros points.

 

Les McLaren-Mercedes ne sont pas performantes depuis le début de week-end et Norris (8e) ne s'attendait guère à parvenir en troisième étape des qualifications. Ricciardo (14e) est éliminé en Q2 après avoir perdu du temps au stand afin de résoudre un petit souci technique. Les Aston Martin-Mercedes confirment leurs progrès, et ce malgré un grip précaire: Stroll (10e) atteint la Q3 et Vettel (13e) sera en embuscade pour inscrire des points. Alpine-Renault vit une très mauvaise journée. La monoplace d'Ocon est trop abîmée suite à son accident pour que celui-ci puisse prendre part aux qualifications. Le Normand s'élancera dernier. Alonso (11e) est pour sa part à quai dès la Q2 après avoir été gêné par Sainz. Les Haas-Ferrari ne brillent pas à domicile. Schumacher (15e) précède Magnussen (16e) qui a dû composer avec une panne de radio. Enfin, les Williams-Mercedes (Albon 18e, Latifi 19e), assez rapides lors des essais libres, s'effondrent en qualifications, faute de pouvoir exploiter correctement leurs pneumatiques.

 

Le Grand Prix

Dimanche, il fait moins chaud que la veille (40°C au sol « seulement »), mais le ciel est traversé de lourds nuages qui ne présagent rien de bon. On redoute une de ces courtes mais terribles averses dont la Floride a le secret. Malgré la chaleur, Pirelli estime qu'une stratégie à seul arrêt s'impose. La plupart des pilotes démarrent avec les gommes médiums (C3). Stroll, Russell, Vettel, Latifi et Ocon sont munis de gommes dures (C2). Le pneu tendre (C4) ne devrait pas apparaître. Les deux Aston Martin de Stroll et Vettel s'élancent depuis les stands suite à une hausse inattendue de la température de leur carburant. Incident fortuit ? Romain Grosjean, consultant pour Canal +, suggère qu'au contraire l'équipe britannique aurait tenté de refroidir son essence au-delà de ce que la FIA permet et n'aurait eu d'autre choix que de s'infliger cette « sanction » pour éviter la disqualification...

 

Départ: Leclerc conserve l'avantage de sa pole position. Verstappen se porte à la hauteur de Sainz, puis s'impose avec autorité par l'intérieur au sortir du premier enchaînement. Suivent Pérez, Bottas et Gasly. Alonso prend un envol-canon et se retrouve septième.

 

1er tour: Leclerc mène devant Verstappen, Sainz, Pérez, Bottas, Gasly, Alonso, Hamilton, Norris et Tsunoda.

 

2e: Leclerc ne compte qu'une seconde d'avance sur Verstappen.

 

3e: L'usage du DRS est autorisé. Cela permet à Hamilton de repasser devant Alonso. Les Haas de Schumacher et de Magnussen conquièrent les onzième et douzième places aux dépens de Ricciardo.

 

5e: Leclerc devance Verstappen (1.3s.), Sainz (3.9s.), Pérez (5s.), Bottas (8s.), Gasly (9.3s.), Hamilton (10.4s.), Alonso (11.4s.), Norris (13.3s.), Tsunoda (14.3s.), Schumacher (15s.) et Magnussen (15.4s.).

 

6e: Hamilton déborde Gasly au premier tournant. Schumacher puis Magnussen dépassent Tsunoda. Zhou (14e) est rappelé au stand Alfa Romeo pour abandonner suite à une fuite hydraulique.

 

7e: Le pneu avant-droit de Leclerc commence à subir du « graining » et la n°16 est frappée de sous-virage. Verstappen revient à une seconde de son adversaire. Russell est à la peine avec ses pneus durs et doit même céder un temps la 14e place à Albon, qu'il repassera au tour suivant.

 

8e: En fin de tour, Leclerc glisse en sortant de l'épingle (virage n°17) et offre ainsi à Verstappen une merveilleuse opportunité d'ouvrir son aileron mobile.

 

9e: Verstappen actionne son DRS au passage de la ligne de chronométrage, déborde Leclerc par l'intérieur et s'impose au premier tournant. Le voici aux commandes du GP de Miami. Leclerc lâche prise assez rapidement.

 

10e: Verstappen mène devant Leclerc (1.2s.), Sainz (3.9s.), Pérez (5.4s.), Bottas (11.2s.), Hamilton (15.2s.), Gasly (17s.), Alonso (17.6s.), Norris (20s.), Schumacher (22.2s.) et Magnussen (13.5s.). Ricciardo prend la 12e position à Tsunoda.

 

11e: Tsunoda effectue le premier changement de pneus et prend le composé dur.

 

12e: Leclerc rate le point de corde au virage n°17 et roule sur le « verglas » qui borde la trajectoire. Il lâche ainsi une seconde et demie supplémentaire. Alonso est aux trousses de Gasly. Magnussen chausse les gommes dures.

 

14e: Verstappen signe un chrono de référence (1'33''510''') et compte désormais deux secondes et demie d'avance sur Leclerc. Pérez évolue à moins de deux secondes de Sainz. Après une embardée à l'épingle, Ricciardo cède une place à Russell. Schumacher s'empare des Pirelli blancs.

 

15e: Alonso stoppe chez Alpine pour mettre les pneus durs. Hélas, l'opération dure six secondes à cause d'un souci à l'avant-droit.

 

16e: Pérez ne concède plus qu'une seconde à Sainz. Gasly, Stroll et Albon passent aux stands pour remplacer leurs gommes.

 

17e: Verstappen précède Leclerc (3.5s.), Sainz (6.5s.), Pérez (7.5s.), Bottas (20.5s.), Hamilton (24s.), Norris (28s.), Russell (31.4s.), Ricciardo (35s.) et Ocon (37.5s.).

 

18e: Norris fait escale chez McLaren pour prendre des enveloppes dures et redémarre devant Vettel. L'Anglais dérape peu après à l'épingle et se fait doubler par Vettel, Magnussen et Schumacher.

 

20e: Pérez rencontre une perte de puissance passagère, vraisemblablement liée à une défaillance de capteur. La murette Red Bull lui indique une manipulation à effectuer pour corriger le problème, mais le Mexicain a entretemps perdu cinq secondes, ainsi qu'une puissance d'environ 30 chevaux.

 

21e: Verstappen est premier devant Leclerc (3.6s.), Sainz (7.6s.), Pérez (14.6s.), Bottas (22.6s.), Hamilton (28.6s.), Russell (42s.), Ricciardo (48s.), Ocon (51s.), Gasly (53s.), Alonso (58s.) et Stroll (1m.).

 

22e: Les pneus médiums altérés semblent retrouver une seconde vie puisque tout le monde améliore ses chronos, y compris les Ferrari.

 

23e: Hamilton passe chez Mercedes pour mettre des pneus durs (2.7s.) et ne perd qu'une place, au profit de son équipier Russell.

 

25e: Leclerc arrive chez Ferrari afin de s'emparer de gommes dures (3.2s.) et se relance en quatrième position.

 

27e: Verstappen apparaît aux stands et prend à son tour le composé dur (2.4s.), puis se relance sept secondes devant Leclerc. Sainz recueille le leadership. Bottas opère aussi un changement de gommes et s'intercale entre les Mercedes.

 

28e: Au tour de Sainz de troquer ses pneus jaunes contre les blancs, mais cette action dure cinq secondes par la faute d'un pistolet récalcitrant. Pérez se saisit aussi des pneus durs (3.1s.). Verstappen retrouve les commandes de l'épreuve.

 

29e: Verstappen améliore le record du tour (1'32''779'''). Il devance Leclerc (7.6s.), Sainz (18.8s.), Pérez (23.8s.), Russell (33s.), Bottas (35.3s.), Hamilton (39s.), Ricciardo (47s.), Ocon (48.4s.), Gasly (52s.), Alonso (54.7s.), Stroll (55.7s.), Magnussen (56.1s.), Vettel (57s.) et Schumacher (58s.).

 

30e: Ricciardo est le dernier participant à changer ses pneus médiums contre des durs et dégringole au 17ème rang.

 

31e: Magnussen et Schumacher passent devant Vettel, bien tôt menacé par Norris.

 

33e: Leclerc a un meilleur rythme avec la gomme dure et signe le meilleur chrono (1'32''366'''). Cependant il concède sept secondes à Verstappen.

 

34e: Magnussen dérape à son tour à l'épingle et doit céder le pas à son équipier Schumacher. Latifi chausse les pneus médiums.

 

35e: Les météorologues annoncent une averse imminente. Le ciel se charge en effet de gros nuages sombres. En délicatesse avec ses pneus, Vettel s'incline devant Norris.

 

37e: Verstappen reprend le meilleur tour (1'32''325'''). Il devance Leclerc (7.3s.), Sainz (22.6s.), Pérez (28.6s.), Russell (40s.), Bottas (42s.), Hamilton (44s.), Ocon (1m.), Gasly (1m. 04s.), Alonso (1m. 05s.), Stroll (1m. 07s.) et Magnussen (1m. 11s.).

 

39e: Alonso part à l'abordage de Gasly au premier tournant. Optimiste, l'Espagnol freine alors que le Français a déjà commencé à tourner et harponne sa roue arrière-droite. Si Alonso poursuit, Gasly, rudement secoué, repart derrière Stroll.

 

40e: Gasly peine à prendre les virages suite à sa collision. Il emprunte le bas-côté au virage n°7, laisse passer quelques concurrents, mais revient en piste au niveau de Norris dont il touche la roue arrière-droite. Le jeune Anglais part en toupie en pleine accélération. Il parvient à s'immobiliser sans rien heurter, mais sur trois roues. La « Virtual Safety Car » est enclenchée.

 

41e: Russell profite de cette neutralisation pour chausser les pneus médiums. Gasly regagne aussi son garage pour changer d'enveloppes. La voiture de sécurité entre alors en piste pour permettre l'évacuation de la McLaren de Norris, dont la jante explosée a semé moult débris.

 

42e: Red Bull rappelle Pérez pour lui fournir des pneus médiums. Le Mexicain demeure quatrième. Ocon, Alonso et Ricciardo chaussent des pneus tendres alors que Vettel et Tsunoda choisissent la gomme médium. Jugé responsable de la collision avec Gasly, Alonso reçoit une pénalité de cinq secondes.

 

43e: Les leaders dédaignent un deuxième changement de pneus. Magnussen s'empare de la gomme médium. Une grue est en piste pour ôter la McLaren accidentée.

 

45e: Les attardés peuvent se dédoubler. Derrière la Safety Car, Verstappen devance Leclerc, Sainz, Pérez, Bottas, Hamilton, Russell, Alonso, Schumacher, Ocon, Albon, Stroll, Magnussen, Vettel, Ricciardo, Latifi et Tsunoda. Gasly met pied à terre: ses suspensions ont trop souffert de ses contacts avec Alonso et Norris.

 

46e: La voiture de sécurité s'efface à l'issue de ce tour. Verstappen contient le peloton jusqu'à l'épingle et met ensuite les gaz.

 

47e: La course reprend. Leclerc reste sur les talons de Verstappen. Sainz repousse un assaut de Pérez au premier tournant alors que Hamilton résiste à Russell. Magnussen et Stroll entrent en contact au deuxième virage. Le Danois est contraint d'emprunter le bas-côté, puis revient en piste sous le nez du Canadien qui doit à son tour faire un écart. Tous deux perdent quelques positions.

 

48e: Verstappen se débat avec des pneus refroidis et ne compte que 6/10e d'avance sur Leclerc. La course n'est pas jouée !

 

49e: Les pilotes peuvent de nouveau actionneur leur DRS. Russell se porte à la hauteur de Hamilton au virage n°17, sans pouvoir doubler. Devant eux, Bottas dérape sur la partie poussiéreuse et tutoie le muret. Le Finlandais doit céder le passage aux Mercedes.

 

50e: Leclerc fait usage de son aileron arrière mobile et se montre dans les rétroviseurs de Verstappen. Mais la Red Bull reste plus puissante que la Ferrari en ligne droite. Russell double Hamilton dans la lente courbe n°12, mais emprunte pour cela les bordures de la piste, ce que la direction de course signale à la murette Mercedes.

 

52e: Leclerc ne parvient pas à porter une attaque contre Verstappen. Plus loin, Pérez ouvre son DRS et se laisse aspirer par Sainz au passage de la ligne, avant de plonger à l'intérieur au premier virage. Mais le Mexicain a freiné trop tard: les roues des deux bolides se frôlent sans s'entrechoquer. Pérez tire tout droit et doit laisser filer Sainz.

 

53e: Verstappen devance Leclerc (0.8s.), Sainz (6.8s.), Pérez (7.3s.), Russell (10.5s.), Hamilton (12.8s.), Bottas (15.1s.) et Alonso (17.2s.). Ocon fait l'extérieur sur Schumacher avant l'épingle. Ce dernier se déporte à l'extérieur pour lui bloquer le passage, mais ce faisant, tous deux se retrouvent sur la portion poussiéreuse. Très opportuniste, Vettel les contourne par la gauche et s'empare ainsi de la neuvième place !

 

54e: Verstappen s'empare du meilleur tour en course (1'31''361'''). Russell rend sa position à Hamilton pour éviter une pénalité... mais repasse aussitôt son coéquipier au virage n°11. Schumacher tente de faire l'intérieur à Vettel au virage n°1 mais freine bien trop tard et éperonne violemment son compatriote qui part en tête-à-queue. Ocon et Albon passent ceux-ci et entrent dans la zone des points.

 

55e: Leclerc a baissé les bras et concède maintenant une seconde et demie à Verstappen. Schumacher rejoint le stand Haas et fait tout de même changer sa calandre pour reprendre la piste. Vettel est pour sa part contraint à l'abandon.

 

56e: Stroll déborde Magnussen par l'extérieur avant le virage n°11. Mais au freinage, le Danois ne laisse aucun espace à son assaillant et tous deux se tamponnent à nouveau. Repoussé vers l'extérieur, Stroll prend l'avantage alors que Magnussen endommage son aileron avant. Il regagne ensuite son stand d'où il ne repartira pas.

 

57ème et dernier tour: Max Verstappen remporte le premier GP de Miami devant les Ferrari de Leclerc et de Sainz. Pérez se classe quatrième. Les Mercedes de Russell (5e) et de Hamilton (6e) amassent 18 points. Bottas termine septième. Ocon achève une belle remontée au huitième rang. Alonso coupe la ligne en neuvième position, mais il reçoit une seconde pénalité de cinq secondes pour avoir coupé un virage et recule au 11e rang. Albon récolte ainsi deux points pour Williams. Ricciardo est relégué en 13e position car lui aussi est pénalisé pour avoir court-circuité un virage. Stroll prend ainsi le dernier point. Tsunoda, Latifi et Schumacher reçoivent aussi le drapeau à damiers.

 

Après la course

Avec cette troisième victoire en cinq courses, Max Verstappen revient à dix-neuf points de Charles Leclerc au classement des pilotes et relance ainsi complétement la compétition. Premier roi de Miami, le Batave n'a cependant pas eu la partie facile ce week-end. Un vendredi désastreux l'a privé de repères, au point de ne pouvoir effectuer la moindre simulation de départ. En course, il fut privé de boisson et affiche de ce fait 3kg de moins sur la balance ce dimanche soir ! Cela ne l'a malgré tout pas empêché de s'imposer. « Ne pas avoir été en mesure de tester le moindre départ était une inquiétude, confie-t-il, mais nous avons eu un bon lancement, et j'ai vu l'opportunité de prendre l'extérieur contre Sainz au premier virage. J'ai tenté le coup, et ça a marché. Ensuite, j'ai essayé de me rapprocher de Leclerc pour avoir le DRS. Impossible au début, mais il a commencé à avoir un peu de mal avec les pneus avant, alors que j'étais très bien avec les gommes médiums. Une fois devant, j'ai creusé l'écart. C'est là que tout s'est joué selon moi, car une fois que nous avons tous deux mis les gommes dures, nous avions le même rythme, ou peu s'en faut. Voir la voiture de sécurité ne m'a pas fait plaisir car j'ai compris que cela allait être difficile une fois la course relancée. Et en effet, la température des pneus était trop basse. Je glissais un peu trop à mon goût, mais une fois que j'ai monté la gomme en température, j'ai pu semer Charles. »

 

Les deux dernières courses ont mis en relief les points forts de la Red Bull RB18: la dernière-née d'Adrian Newey est la monoplace qui produit le plus d'appui avec son seul fond plat, ce qui lui permet de réduire l'inclinaison de ses ailerons, d'où une moindre traînée, une excellente vitesse de pointe et une meilleure préservation des gommes. Certes, la charge produite par la RB18 ralentit l'échauffement des pneus, ce qui explique pour partie qu'elle soit moins performante en qualifications que la Ferrari, mais en course, elle génère moins de graining que sa rivale rouge, comme on l'a vu en Floride. Seul bémol: la fiabilité continue de jouer des tours à Red Bull. Sergio Pérez a ainsi perdu 30 chevaux durant la course suite à une défaillance électronique, un déficit de puissance qui lui a peut-être coûté la deuxième place. Surtout, sans ses deux abandons de Bahreïn et de Melbourne, Verstappen serait aujourd'hui leader du championnat...

 

Chez Ferrari, on ne peut que reconnaître sa défaite. « C'était une course difficile physiquement, raconte Charles Leclerc. Nous avons eu de la peine avec les pneus médiums et voilà déjà deux courses que c'est ainsi. Avec ces gommes, la Red Bull a un avantage dans les virages. Lors du second relai en gommes dures, j'étais beaucoup mieux, mais Verstappen avait toujours un peu plus de rythme que moi. En qualifications, nous sommes très bons car les pneus sont neufs, mais nous avons du mal à gérer la dégradation de ceux-ci en course. On l'a vu à Imola, lors du sprint, et cette fois encore à Miami. » Leclerc tire la sonnette d'alarme face au danger Red Bull: « Il faut qu'on apporte des évolutions rapidement, notamment pour améliorer nos performances en course. » Message reçu par Mattia Binotto qui annonce que les premières grandes évolutions de la F1-75 apparaîtront deux semaines plus tard en Espagne. Le directeur de la Scuderia, visiblement irrité, affirme par ailleurs que Red Bull a déjà usé plusieurs « cartouches » en matière de développement et que, plafond budgétaire oblige, elle ne pourra pas continuer à améliorer régulièrement la RB18.

 

Mercedes se satisfait en revanche du « tir groupé » de George Russell (5e) et de Lewis Hamilton (6e), vue la faible compétitivité de la W13 qui, à l'instar de Shadoks jadis, ne cesse de « pomper ». La nouvelle configuration aérodynamique semblait pourtant avoir porté ses fruits après les bons chronos signés vendredi par Russell. Hélas, ce dernier avouait ne pas comprendre lui-même pourquoi il tournait plus vite qu'à l'accoutumée... De toute façon, le « marsouinage » est revenu en force dès samedi, et les ingénieurs se cassent la tête pour comprendre les aléas comportementaux de cette diablerie qu'est la W13. Toto Wolff ne souhaite (pas encore) abandonner celle-ci: « Vendredi, nous avons eu un aperçu des performances que peut produire la voiture quand on arrive à la placer dans la bonne fenêtre d'exploitation et que l'on maîtrise le pompage. Nous croyons dans notre concept, mais il est très sensible et très difficile à exploiter correctement, car le fond plat est plus exposé que sur les autres voitures. Nous n'avons pas encore capitulé. Nous ne sommes pas encore prêts à revenir à des solutions plus simples. » Mais si la barre n'est pas redressée très vite, il est fort probable que Mercedes tirera une croix sur ce fameux « concept » pour se concentrer sur 2023...

 

Sources:

- Auto-Hebdo n°2362, 11 mai 2022

- https://f1i.autojournal.fr/magazine/magazine-technique/technique-a-miami-red-bull-a-tire-dailes/

Tony