Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Alexander ALBON
 A.ALBON
Red Bull Honda

1027e Grand Prix

I Gran Premio della Toscana
Ensoleillé
Mugello
dimanche 13 septembre 2020
59 tours x 5.245 km - 309.497 km
(Offset: 42 m)
info
Course interrompue au 8e et au 45e tour, relancée pour la distance originale.
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Aston Martin: exit Pérez, arrivée de Vettel

 

« Mercedes rose »: affaire classée

L'« affaire Racing Point » a pris fin le 6 septembre, au soir du GP d'Italie, après le retrait des deux appels déposés contre le verdict rendu par la FIA au mois d'août. À la suite de Renault, Ferrari abandonne ses démarches contre la « Mercedes rose » après avoir semble-t-il obtenu l'assurance qu'à l'avenir une écurie ne pourra plus intégralement copier la monoplace d'une autre, comme l'explique un communiqué émanant de Maranello: « Ces dernières semaines, la collaboration entre la FIA, la F1 et les écuries a entraîné une série d'amendements aux règlements technique et sportif 2021 et la rédaction de directives qui clarifient le périmètre de compétences de chacun des compétiteurs dans le dessin et la conception de leur monoplace. » Quelques jours plus tôt, Mattia Binotto demandait à la FIA de définir précisément la notion de « propriété intellectuelle » afin d'éviter tout plagiat. Il a été entendu.

 

De son côté, Racing Point renonce également à contester le jugement rendu à son encontre et accepte ainsi les sanctions décrétées à son endroit: une amende de 400 000 euros et le retrait de 15 points sur le résultat du GP de Styrie. « L'ambiguïté autour des règlements a été levée et toutes les parties prenantes ont reconnu que nous n'avions pas enfreint la loi de manière délibérée », déclare l'écurie de Silverstone, qui avait du reste peu de chances de gagner en appel, les écopes de frein litigieuses de sa RP20 ayant bien été dessinées avec le concours de Mercedes. Dans le même temps, Ferrari s'engage à ne plus porter réclamation après chaque course contre lesdites écopes dont la conception (mais non l'usage) avait été déclarée illégale. Cette affaire est donc close, mais nul doute que début 2021, lors de la présentation des futures monoplaces, chacun scrutera avec attention la moindre pièce de la création du voisin...

 

Présentation de l'épreuve: millième Grand Prix de Ferrari à domicile

Afin de compléter un calendrier 2020 sinistré par la pandémie de Covid-19, la Formule 1 met sur pied des étapes européennes inédites, tel ce Grand Prix de Toscane organisé sur le circuit du Mugello. Ce tracé vieux de plus d'un siècle, sis à Scarperia, à quinze kilomètres au nord de Florence, est loin d'être inconnu puisqu'il fut jadis le théâtre de courses de Protos, de Formule 2 ou de Formule 3000, et accueille le GP d'Italie motocycliste depuis 1994. Le Mugello est aussi et surtout une des pistes d'essais favorites de Ferrari, si bien que tous les pilotes passés un jour par la Scuderia le connaissent par cœur.

 

Ce circuit s'annonce en outre très sélectif: dessiné en 1974, il n'a rien des rondes ennuyeuses et aseptisées d'Hermann Tilke. Ce véritable « toboggan » sillonne les vallons toscans à vive allure, sans angle droit ni chicane. « C'est un tracé très fluide et très rapide », commente Daniel Ricciardo. « C'est rythmé et cela demandera beaucoup de travail au volant. Je pense que nos têtes s'arracheront de nos cous à cause des changements de direction et des courbes à moyenne et haute vitesse... Cela devrait être plutôt génial ! » La portion la plus excitante et la plus périlleuse est le double droit d'Arrabbiata: deux courbes prises à fond, à 260-270 km/h. « Les forces latérales y sont supérieures à 4g, voire plus de 5g en qualifications, ce qui est incroyable », prévient Giancarlo Fisichella. Une seule zone d'activation de l'aileron arrière mobile est prévue au niveau de la ligne droite de départ/arrivée. Le premier virage, une courbe à droite assez lente, offrira peut-être l'unique occasion de dépassement. À noter enfin qu'au Mugello le bitume est bordé de bacs à sable à l'ancienne et non de « parkings » en asphalte: la moindre erreur se paiera donc cher.

 

Cette épreuve est aussi organisée afin que Ferrari puisse célébrer son millième Grand Prix à domicile. Afin de marquer le coup, la Scuderia pare ses monoplaces d'une livrée rouge sombre censée rappeler celles des premières monoplaces construites par le « cavallino rampante ». En outre, le dimanche 13 septembre, Mick Schumacher prend la piste au volant de la F2004 avec laquelle son père a remporté voici seize ans son septième et dernier titre mondial. Que ces heures glorieuses paraissent lointaines ! Aujourd'hui, les Rouges espèrent ne pas faire trop piteuse figure à domicile, une semaine après le fiasco de Monza (abandons pour Sebastian Vettel et Charles Leclerc). En outre, ce Grand Prix sera le premier de la saison à accueillir du public. Le gouvernement régional de Toscane autorise l'accès au circuit à 3000 spectateurs répartis par paquets de 1000 dans trois grandes tribunes. Bien entendu, les consignes sanitaires sont drastiques: port du masque obligatoire, distanciation physique, prises de température régulières etc. Parmi l'assistance, on dénombre aussi 800 heureux invités de Ferrari. La Formule 1 pourrait bientôt redevenir un sport populaire en Italie puisque le circuit d'Imola, qui doit accueillir un « Grand Prix d'Émilie-Romagne » le 1er novembre, planche sur une affluence de 13 000 spectateurs.

 

Grâce à sa surprenante victoire au GP d'Italie, Pierre Gasly nourrit de sérieux espoirs de revenir chez Red Bull Racing en 2021, en lieu et place du décevant Alexander Albon. Telle est du moins l'opinion d'une presse française un poil chauvine. Car pour le moment Christian Horner et Helmut Marko s'en tiennent à un prudent statu quo. « Nous ne voulons pas procéder un nouvel échange entre Gasly et Albon », martèle Marko. « Gasly est un pilote Red Bull qui est actuellement chez AlphaTauri et il accomplit chez eux un bon travail. Nous avons aussi besoin d'un leader là-bas. » En d'autres termes, le jeune Normand doit se contenter d'être le leader de l'écurie B... Cependant, on peut se demander si un nouveau chassé-croisé Gasly - Albon serait pertinent étant donné que depuis deux ans seul Max Verstappen semble en mesure d'exploiter les machines flanquées du taureau rouge. De là à avancer que le staff d'Adrian Newey conçoit des F1 « sur-mesure » pour le jeune Hollandais...

 

Après le départ de la famille Williams au soir du GP d'Italie, Dorilton Capital poursuit la réorganisation de l'écurie éponyme. Le poste de « team principal » abandonné par Claire Williams revient ainsi à Simon Roberts, un ancien de Force India et de McLaren, arrivé à Grove en début d'année en tant que directeur général responsable des fonctions techniques, opérationnelles et de planification. Roberts assure cependant un intérim, et le nom de Graeme Lowdon, ancien dirigeant de Manor, est sur toutes les lèvres pour prendre la succession effective.

 

Les courbes rapides du Mugello nécessitent un fort appui aérodynamique afin de lutter contre le très redouté sur-virage. Ce week-end, les monoplaces sont ainsi fortement gréées à l'arrière, avec de véritables « murs » en guise d'ailerons. L'enchaînement rapide des Grands Prix et les restrictions liées à la Covid-19 empêchent les constructeurs d'apporter des évolutions majeures à leurs monoplaces, mais l'on remarque tout de même ici et là quelques améliorations. Ainsi McLaren étrenne un aileron avant inspiré par Mercedes, doté d'une nouvelle entrée d'air destinée à alimenter la cape sise sous le museau.

 

Essais et qualifications

Les essais libres du vendredi se déroulent par temps chaud (30°C) et venteux: des rafales tournantes perturbent beaucoup les pilotes. Bottas réalise les meilleurs chronos des deux premières séances libres. La session de l'après-midi est interrompue à deux reprises, à cause d'un accident de Norris, puis suite à un accrochage entre Räikkönen et Pérez. Jugé responsable de cet incident, le Mexicain écope d'une place de pénalité sur la grille. Samedi matin, Bottas se montre derechef le plus rapide.

 

Et pourtant, l'après-midi, c'est bien Hamilton qui réalise de nouveau la pole position, la 95ème de sa carrière (1'15''144'''), 59 millièmes devant Bottas dont le dernier tour lancé est saboté par une sortie d'Ocon. Les Mercedes monopolisent une fois encore la première ligne. Les deux Red Bull-Honda de Verstappen (3ème) et d'Albon (4ème) occupent la deuxième rangée. Le Thaïlandais réalise la meilleure qualification de sa saison, mais rend une fois encore une demi-seconde à son compagnon d'écurie. Leclerc parvient à bien équilibrer sa Ferrari et obtient une belle cinquième place qui réconforte quelque peu la Scuderia. Vettel (14ème) est en revanche une fois de plus hors-sujet. Les Racing Point-BWT (Stroll 6ème, Pérez 7ème après sa pénalité) s'affirment ici en troisième force du peloton, mais concèdent tout de même plus d'une seconde aux Mercedes. Les Renault sont rapides mais une fois encore ne concrétisent pas en qualifications: Ocon (10ème) part en tête-à-queue à la fin de la Q3 et empêche ainsi son collègue Ricciardo (8ème) d'améliorer.

 

Mal équilibrées, les McLaren-Renault (Sainz 9ème, Norris 11ème) sont hors du coup, loin de leurs rivales Racing Point et Renault. Kvyat (12ème) amène son AlphaTauri en Q2 contrairement à Gasly (16ème), trahi à la fin de la Q1 par une panne de MGU-K. Un Räikkönen revigoré (13ème) donne à Alfa Romeo sa meilleure qualification en 2020. Son compère Giovinazzi (17ème) échoue à 2/10e de la Q2. Grosjean reste cloué au garage vendredi après-midi suite à une panne, mais il conduit tout de même le lendemain sa Haas-Ferrari en Q2 (15ème). Magnussen, moins chanceux, partira lanterne rouge. Un nouveau week-end difficile pour Williams: Russell ne roule pas samedi matin à cause d'une avarie de frein, puis sort dans les graviers au début des qualifications. Le jeune Anglais s'élancera 18ème, devant son coéquipier Latifi (19ème).

 

Le Grand Prix

La chaleur imprègne de nouveau le Mugello en ce dimanche 13 septembre et le vent souffle plus fort que jamais. Sa trajectoire est du reste tournante, ce qui devrait gêner les pilotes dans les portions en dévers, comme les courbes de Casanova et Savelli. La majorité des coureurs s'élance avec les pneus tendres (Pirelli C3). Kvyat, Räikkönen, Grosjean, Russell et Latifi partent avec les médiums (C2).

 

Départ: Hamilton fait patiner ses roues et se fait immédiatement dépasser par Bottas, très bien parti. Leclerc se hisse au troisième rang devant Albon. Verstappen perd de la puissance au bout de quelques secondes et se retrouve englué dans le peloton.

 

1er tour: Sainz se frotte à Stroll à la sortie de Poggio Secco, part en tête-à-queue et se retrouve au milieu de la piste. Vettel se frotte à la McLaren et y endommage son aileron avant. Plus en arrière, avant le gauche de Luco, Gasly tente hardiment de se faufiler entre Räikkönen à sa gauche et Grosjean à sa droite, et s'accroche avec ces deux concurrents. Räikkönen est projeté sur la Red Bull de Verstappen et ces quatre pilotes se retrouvent dans le bac à graviers. Verstappen et Gasly sont contraints à l'abandon tandis que Grosjean et Räikkönen parviennent à repartir. La voiture de sécurité entre en piste.

 

2e: Les coureurs se rangent derrière la Safety Car – repeinte en rouge pour célébrer le 1000ème Grand Prix de Ferrari. Vettel et Räikkönen passent par les stands pour remplacer leurs museaux et leurs pneus.

 

4e: Les commissaires évacuent les monoplaces de Gasly et de Verstappen à l'aide de grues. En piste, Bottas devance Hamilton, Leclerc, Albon, Stroll, Ricciardo, Pérez, Norris, Kvyat, Ocon, Russell, Magnussen, Latifi, Giovinazzi, Sainz, Grosjean, Räikkönen et Vettel.

 

6e: Après cette longue neutralisation, la voiture de sécurité rentre aux stands à l'issue de ce tour. Bottas mène la meute et choisit de rouler au pas pour gêner Hamilton. Arrivant dans la dernière courbe, il accélère, ralentit, accélère... créant ainsi un peloton « en accordéon ».

 

7e: Drapeau vert. Peu avant de couper la ligne, Bottas décélère encore une fois avant d'appuyer sur le champignon. Les pilotes de queue s'adaptent comme ils peuvent à ce petit jeu et ne roulent donc pas tous à la même allure. Lorsque les premiers accélèrent, c'est le carnage: Giovinazzi percute la Haas de Magnussen, puis, projeté en l'air, accroche la Williams de Latifi. Sainz surgit sur ces entrefaites et heurte de plein fouet l'Alfa Romeo avant de frapper le mur interne, où il est rejoint par un Magnussen en perdition. Grosjean et Räikkönen évitent le chaos par miracle. Giovinazzi, Latifi, Sainz et Magnussen sont fort heureusement tous indemnes, mais la ligne de départ/arrivée n'est plus qu'un cimetière d'épaves. Le drapeau rouge est logiquement brandi par Michael Masi.

 

Il faut une demi-heure aux commissaires pour déblayer la piste. Les pilotes profitent de cette interruption pour chausser de nouvelles gommes. La plupart sélectionnent les pneus tendres, mais Bottas, Hamilton, Russell et Räikkönen prennent les médiums. Ocon ne prendra pas ce second départ: suite à une surchauffe, un conduit hydraulique a brûlé au niveau de ses freins arrière.

 

9e: Les pilotes reprennent la route pour un second tour de formation. Cette nouvelle grille se déroule de la façon suivante: Bottas premier devant Hamilton, Leclerc, Albon, Stroll, Ricciardo, Pérez, Norris, Kvyat, Russell, Räikkönen, Vettel et Grosjean.

 

Second départ: Bottas effectue un bon envol mais Hamilton prend aussitôt son aspiration, se porte à sa hauteur et le déborde par l'extérieur au premier freinage. Leclerc pointe au troisième rang tandis qu'Albon loupe son départ et se retrouve derrière les Racing Point et la Renault de Ricciardo.

 

10e: Hamilton est désormais premier devant Bottas, Leclerc, Stroll, Pérez, Ricciardo, Albon, Norris, Kvyat, Räikkönen, Russell, Grosjean et Vettel.

 

11e: Hamilton s'échappe assez aisément devant son équipier. Russell double Räikkönen et Vettel efface Grosjean.

 

12e: Incapable de suivre les Mercedes, Leclerc se retrouve sous la menace de Stroll. Ricciardo attaque Pérez qui peine à ménager ses enveloppes.

 

14e: Hamilton est premier devant Bottas (1.5s.), Leclerc (7s.), Stroll (7.7s.), Pérez (9s.), Ricciardo (9.7s.), Albon (10.6s.), Norris (13s.), Kvyat (14.6s.), Russell (17.2s.), Räikkönen (18.8s.), Vettel (19.6s.) et Grosjean (21s.).

 

15e: Ricciardo utilise son aileron arrière mobile pour faire l'extérieur à Pérez à San Donato.

 

16e: Stroll attaque en vain Leclerc au premier virage. Vettel prend la onzième place à Räikkönen.

 

17e: Deux secondes séparent Hamilton et Bottas. Stroll trépigne derrière Leclerc. Albon prend Pérez en chasse.

 

18e: Stroll dépasse Leclerc à San Donato par l'extérieur, la meilleure trajectoire pour doubler dans cette difficile courbe à droite. Albon déborde Pérez de la même façon, au même endroit.

 

19e: Ricciardo déborde Leclerc à San Donato. L'Australien se lance aux trousses de Stroll.

 

20e: Les Mercedes sont seules au monde. L'intervalle entre Hamilton et Bottas fluctue entre une seconde et demie et deux secondes. Albon dépasse Leclerc qui se débat avec des gommes tendres déjà usées.

 

21e: Leclerc se fait doubler par Pérez, puis voit Norris et Kvyat grossir dans ses rétroviseurs. Le Monégasque regagne son stand en fin de boucle afin de s'emparer de pneus durs.

 

22e: Hamilton précède Bottas (1.9s.), Stroll (13.7s.), Ricciardo (14.8s.), Albon (17s.), Pérez (20.3s.), Norris (23s.), Kvyat (24.8s.), Russell (31.4s.), Vettel (33.3s.), Räikkönen (36s.), Grosjean (41s.) et Leclerc (46s.).

 

24e: Ricciardo commence à menacer Stroll et Norris est sur les talons de Pérez. La Racing Point paraît décidément maltraiter ses pneus tendres.

 

26e: Hamilton porte son avantage sur Bottas à deux secondes et demie. Ricciardo revient à moins d'une seconde de Stroll.

 

27e: Bottas demande à la murette Mercedes qu'on ne lui mette pas le même composé pneumatique que Hamilton lors du prochain pit-stop. Le Scandinave ne digère pas d'avoir perdu le commandement au redémarrage.

 

28e: Norris prend l'ascendant sur Pérez. Ricciardo apparaît aux stands afin de chausser des pneus médiums et repart huitième. Räikkönen subit un long changement de pneus de douze secondes à cause d'une défaillance de pistolet.

 

29e: Räikkönen reprend la piste entre les Mercedes et, curieusement, Bottas ne parvient pas à le suivre. Les pneus du Finlandais commencent en effet à s'effondrer. Pérez passe aux stands pour mettre des Pirelli médiums. Vettel s'arrête pour sa part pour mettre des gommes dures. Arrêt pneus également pour Grosjean.

 

30e: Bottas concède maintenant cinq secondes à Hamilton. Norris, Kvyat et Russell passent aux stands afin de chausser des gommes jaunes. Norris perd quelques secondes en laissant Kvyat se garer à son stand et repart ainsi derrière Pérez et Leclerc.

 

31e: Bottas déplore des vibrations et laisse Hamilton s'enfuir. Stroll fait escale chez Racing Point pour s'emparer de pneus médiums et reprend la piste derrière Ricciardo. Renault a réussi son « undercut » !

 

32e: Bottas stoppe enfin chez Mercedes et prend les pneus durs (2.7s.). Il repart troisième derrière Albon qui retarde son propre arrêt.

 

33e: Hamilton observe son escale aux stands, chausse les gommes dures (2.3s.) et redémarre loin devant Bottas. Albon exécute un arrêt-éclair (2s.!) et se réinsère en cinquième position, muni du composé dur. Norris se défait de Leclerc.

 

34e: Hamilton est premier devant Bottas (6.8s.), Ricciardo (19.6s.), Stroll (22.9s.), Albon (27s.), Pérez (28.2s.), Norris (32.8s.), Leclerc (36s.), Kvyat (38.4s.), Russell (47s.) et Vettel (52s.).

 

36e: Pérez a toujours autant de peine avec ses chausses et se fait rattraper par Norris. Vettel prend la dixième place à Russell.

 

38e: Hamilton possède six secondes et demie d'avance sur son collègue Bottas. Pris en chasse par Kvyat, Leclerc repasse aux stands pour prendre des pneus médiums et ressort en onzième position.

 

39e: Mercedes recommande à ses pilotes de ne pas emprunter les trottoirs: les passages trop fréquents sur ces bordures seraient à l'origine de la dégradation des pneus subie par Bottas à la fin de son premier relais. Stroll et Albon remontent sur Ricciardo.

 

40e: L'écart est stable entre Hamilton et Bottas. Ricciardo, Stroll et Albon évoluent désormais en trois secondes.

 

42e: Hamilton devance Bottas (5.8s.), Ricciardo (23.1s.), Stroll (24.2s.), Albon (25.5s.), Pérez (38.6s.), Norris (42.8s.), Kvyat (54s.), Russell (1m. 08s.), Vettel (1m. 16s.) et Leclerc (1m. 17s.).

 

43e: Stroll aborde le second Arrabbatia à 270 km/h lorsqu'il subit une probable crevaison à l'arrière-gauche. La Racing Point quitte la route, traverse le bac à graviers en pirouettant à vive allure puis s'encastre dans la barrière de vieux pneus. Toute la portion gauche de la monoplace rose est démolie mais Stroll, qui a encaissé un violent choc latéral, est sain et sauf. La Safety Car réapparaît en piste. Aussitôt, Bottas, Ricciardo, Albon, Norris et Grosjean entrent aux stands pour changer d'enveloppes.

 

44e: Hamilton repasse aux stands pour mettre des pneus médiums et demeure aux commandes de l'épreuve. Vettel et Russell sont également aperçus aux stands, ainsi que Räikkönen qui s'est décidé au dernier moment et a ainsi court-circuité la ligne blanche délimitant l'entrée de la pit-lane. Stroll regagne les stands pris en croupe par un motard et ne semble pas souffrir de son « carton ».

 

45e: La machine de Stroll fume en bordure de piste et la pile de caoutchoucs dans laquelle elle s'est encastrée gît démantelée. Comme la semaine précédente à Monza suite à l'accident de Leclerc, dans les mêmes circonstances, Michael Masi déploie le drapeau rouge.

 

Il est alors 16h50 et, bien qu'il ne reste que 14 tours à couvrir, le Grand Prix repartira une seconde fois vingt minutes plus tard. Durant cet intervalle, tous les concurrents s'équipent en pneus tendres pour cet ultime « rush ». Certains restent dans leur monoplace pour ne pas se déconcentrer, d'autre retirent leurs couvre-chefs pour respirer un peu (masqués...) et Daniel Ricciardo mange un morceau avant de repartir au combat ! Pendant ce temps-là, la Racing Point accidentée s'enflamme. Les commissaires italiens s'ingénient à éteindre l'incendie avant de réparer les glissières.

 

Il est 17h12 lorsque les bolides s'ébranlent pour un troisième tour de formation... et un troisième départ arrêté. La grille est la suivante: Hamilton premier devant Bottas, Ricciardo, Albon, Pérez, Norris, Kvyat, Leclerc, Vettel, Russell, Räikkönen et Grosjean.

 

Troisième départ: Hamilton démarre parfaitement tandis que Ricciardo surprend Bottas et s'empare de la deuxième position à San Donato. Pérez déborde Albon.

 

47e: Albon reprend assez vite l'ascendant sur Pérez. À l'issue de ce tour, Hamilton précède Ricciardo, Bottas, Albon, Pérez, Norris, Kvyat, Räikkönen, Grosjean, Leclerc, Vettel et Russell. Räikkönen reçoit une pénalité de cinq secondes pour ne pas être entré correctement aux stands avant le drapeau rouge.

 

48e: Bottas se laisse aspirer par Ricciardo et le double facilement au premier virage. Albon remonte ensuite sur le pilote Renault.

 

49e: L'usage du DRS est de nouveau autorisé. Leclerc prend la neuvième place à Grosjean.

 

50e: Hamilton est en tête devant Bottas (2s.), Ricciardo (3.5s.), Albon (4.2s.), Pérez (6.1s.), Norris (8.4s.), Kvyat (9.6s.), Räikkönen (11.3s.), Leclerc (12.9s.), Grosjean (14.8s.), Vettel (15.7s.) et Russell (16.4s.).

 

51e: Albon prend l'aspiration de Ricciardo sur la ligne de chronométrage puis le déborde avant San Donato. Le pilote Renault tombe du podium. Vettel et Russell passent devant Grosjean. Le Genevois ne peut pas résister car son plancher est très endommagé depuis la collision du départ.

 

53e: Bottas réalise le meilleur chrono provisoire (1'19''432''') et revient à une seconde et demie de Hamilton.

 

54e: Hamilton et Bottas affolent les chronos, quitte à escalader les trottoirs. Le Finlandais n'a pas abandonné tout espoir de succès. Plus loin, Russell attaque dans l'espoir de grappiller un point au détriment de Räikkönen. Quoique pénalisé, celui-ci est toujours officiellement dans les points puisqu'il roule six secondes devant l'Anglais.

 

56e: À trois tours du but, Hamilton devance Bottas (1.3s.), Albon (4.2s.), Ricciardo (6.4s.), Pérez (10s.), Norris (12.7s.), Kvyat (14.7s.), Räikkönen (18s.), Leclerc (21s.), Vettel (23.2s.), Russell (25s.) et Grosjean (32.3s.).

 

58e: Hamilton réalise le meilleur tour de la course (1'18''833'''). Cette fois, Bottas rend les armes et laisse filer son leader.

 

59ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte la 90ème victoire de sa carrière devant son équipier Bottas. Albon finit troisième et obtient ainsi son premier podium en F1. Ricciardo échoue au quatrième rang. Pérez termine cinquième, Norris sixième. Kvyat recueille la septième place après une course sage. Räikkönen coupe la ligne en huitième position et, malgré sa pénalité, ne perd qu'une position. Il inscrit ainsi ses deux premiers points en 2020. Les Ferrari de Leclerc et de Vettel se classent respectivement huitième et dixième. Russell et Grosjean rejoignent aussi l'arrivée.

 

Après la course: Hamilton près du record, Bottas vilipendé

Grâce à ce quatre-vingt-dixième succès en Grand Prix, Lewis Hamilton revient à une unité du record détenu par Michael Schumacher qui devrait donc tomber dans les prochaines semaines. Mais le sextuple champion du monde se souviendra longtemps de cet après-midi mouvementé, marqué par deux drapeaux rouges. « J'ai l'impression d'avoir fait trois courses en un jour. Je suis épuisé, franchement », reconnaît-il. « Bottas a été rapide tout le week-end, et le maintenir derrière moi n'a pas été facile. Garder la concentration nécessaire lors des redémarrages était en outre vraiment très, très dur. » Il peut néanmoins remercier la première interruption qui lui a permis de se ressaisir du commandement, perdu au bénéfice de son coéquipier lors du départ.

 

Valtteri Bottas pensait en effet avoir fait le plus dur en dépassant Hamilton au feu vert. Las, il s'est laissé surprendre au second démarrage. « Je suis franchement déçu car je n'aurais pas pu rêver un meilleur départ », dit-il. « J'avais aussi réussi à conserver ma position lors du restart sous le régime de la voiture de sécurité. Ensuite... Je n'ai plus eu la moindre opportunité après m'être incliné lors du second départ arrêté. Je ne peux que continuer à pousser, pour essayer de faire mieux la prochaine fois. La chance finira bien par me sourire à un moment donné ! » Si Bottas compte sur la chance pour vaincre Hamilton...

 

Le Finlandais est d'autre part critiqué par pour sa gestion du premier redémarrage, après l'effacement de la voiture de sécurité: en regroupant un peloton « en accordéon », n'est-il pas à l'origine de l'impressionnant carambolage ayant impliqué Antonio Giovinazzi, Kevin Magnussen, Nicholas Latifi et Carlos Sainz ? C'est ce que pensent les pilotes accidentés: selon eux, Bottas et ses poursuivants immédiats ont joué avec le feu en alternant accélération et freinage. Romain Grosjean, qui a échappé de justesse au carnage, se demande même si Bottas n'a pas voulu tuer quelqu'un ! Le pilote Mercedes se défend en affirmant avoir seulement appliqué le règlement: « La voiture de sécurité éteint ses feux assez tard depuis cette année, donc on ne peut creuser l'écart avec les autres que très tardivement. Bien sûr, lorsqu'on en tête, on tente de maximiser ses chances. J'ai conservé une vitesse constante jusqu'à ce que je fonce. Oui, j'y suis allé très tard, mais nous commençons à courir depuis la ligne de contrôle, pas avant. Donc les gars qui se sont crashés à cause de ça peuvent se regarder dans le miroir, ça ne sert à rien de se plaindre. »

 

Au final, le collège des commissaires, emmené par l'ancien pilote Mika Salo, donne raison à Bottas. Ils concluent en effet que « la cause première de cet incident réside dans le fait que les pilotes ont accéléré et freiné de manière inconstante et incohérente, à partir du dernier virage. » Et ils présentent un avertissement à pas moins de douze pilotes qui auraient adopté une conduite dangereuse: Stroll, Ricciardo, Pérez, Albon, Magnussen, Kvyat, Latifi, Norris, Ocon, Russell, Giovinazzi et Sainz. Bottas, qui menait pourtant la meute et imposait son rythme à l'ensemble des poursuivants, n'est pas cité. Selon les commissaires, les autres pilotes n'ont pas suffisamment examiné ce qui se passait devant eux, se contentant de calquer leur allure sur celle de ceux qui les précédaient. Un incident de la circulation, quelque sorte !

 

Alexander Albon n'a pas de chance: son premier podium en F1 est éclipsé par l'étonnante coup de gueule de son leader Max Verstappen. Ce dernier ne digère pas cette nouvelle panne de moteur qui l'a fait plonger dès le départ dans les profondeurs du peloton, avant d'être percuté par Kimi Räikkönen. « Je ne suis vraiment pas content, nous faisons de la m**** en ce moment ! » lance-t-il. « Dès le tour de formation, l'anti-calage s'est déclenché sans crier gare. Puis, l'impulsion du départ a été bonne, j'aurais pu passer Lewis. J'étais même mieux parti que Bottas, mais une fois que j'ai pu mettre le pied au plancher, le moteur a eu le même problème qu'à Monza, il ne prenait plus les tours. J'ai ensuite été percuté d'accord, mais nous ne devrions pas nous retrouver dans ce genre de position ! » Verstappen revient ensuite à des propos plus mesurés mais jamais encore il ne s'était emporté de la sorte contre Red Bull et Honda. Le jeune pilote, qui pensait vraiment que la RB16 serait capable de rivaliser avec les Mercedes, ravale difficilement sa déception.

 

Le pari conclu entre Cyril Abiteboul et Daniel Ricciardo tient toujours: au printemps, le patron de Renault Sport a promis de se faire graver un tatouage si une de ses monoplaces grimpait sur le podium d'ici la fin de la saison 2020. Ce ne sera pas encore pour cette fois: Ricciardo n'a pas pu conserver sa troisième place en fin d'épreuve devant les assauts d'Alex Albon. « C'est la troisième fois cette saison que je termine quatrième », souligne l'Australien. « Je ne sais pas si une telle opportunité de podium se reproduira. Néanmoins, sur ce circuit sinueux, on ne s'attendait pas à voir la Renault aussi performante. C'est donc encourageant. » « Être déçu de finir quatrième est une saine réaction », conclut Cyril Abiteboul. Et de fait, la RS.20 semble avoir un très bon potentiel sur presque tous les types de tracés. Cinquième du classement des constructeurs, Renault sème Ferrari, se rapproche de McLaren et de Racing Point, et vise ouvertement la troisième place finale, derrière Mercedes et Red Bull.

 

Huit jours après son zéro pointé à Monza, Ferrari se satisfait des cinq petits points engrangés lors de son millième Grand Prix. C'est malgré tout une déception: parti cinquième Charles Leclerc a pourtant fait illusion en début de course avant de peu à peu dégringoler dans la hiérarchie. En plus de son moteur anémique et de sa forte traînée, la SF-1000 souffrait ici d'une forte altération des pneumatiques. Un espoir néanmoins à l'horizon: une version « B » de cette monoplace désastreuse devrait apparaître d'ici la fin du championnat afin de préparer une meilleure machine pour 2021, avant rebond espéré avec la nouvelle réglementation en 2022.

Tony