Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Valtteri BOTTAS
 V.BOTTAS
Mercedes

1021e Grand Prix

XXXVI Magyar Nagydij
Couvert
Hungaroring
dimanche 19 juillet 2020
70 tours x 4.381 km - 306.630 km
(Offset: 40 m)
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F1
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Le saviez-vous ?

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Enquête autour de la Racing Point - Mercedes

Au soir du Grand Prix de Styrie, Renault a porté plainte contre Racing Point en l'accusant d'avoir copié les écopes de frein de la Mercedes de l'an passé. La firme française souhaite une prompte investigation qui permettrait de trancher la question de la propriété intellectuelle en Formule 1. Mais l'enquête s'annonce au contraire longue et compliquée si la fédération désire vraiment aller au fond des choses. En effet, il s'agit avant tout de savoir si la prétendue similitude des écopes de frein est le fruit d'une banale rétro-ingénierie ou d'une collaboration informelle entre Mercedes et Racing Point. Dans cette deuxième hypothèse, il paraît invraisemblable que les deux parties se soient contentées d'échanger des données sur cet élément précis. Mercedes a certainement fourni d'autres pièces ainsi qu'un « mode d'emploi » à son partenaire. Mais dans tous les cas il est peu probable qu'existent encore des traces de tels échanges ... La sérénité affichée par les deux équipes face à la démarche de Renault plaide en faveur d'une « aide immatérielle », invérifiable. 

 

Mais, quoiqu'il en soit, copier le voisin a toujours été la norme en Formule 1, comme l'admet Ross Brawn, jadis directeur technique de plusieurs écuries prestigieuses: « Chaque équipe dispose en temps normal de photographes prenant des milliers de photos de chaque voiture dans la voie des stands afin d'analyser celles-ci et de copier les meilleures trouvailles. Jadis, nous avions pour habitude de donner une « liste de courses » à nos photographes. Racing Point a simplement porté ce travail d'imitation à un autre niveau, plus approfondi. Il n'existe pas un seul team dans le paddock à ne pas avoir copié quelque chose. J'ai moi-même certainement dupliqué des solutions. » Ces propos relativistes ne vont guère dans le sens de Renault qui tient à ce que Racing Point soit sévèrement sanctionnée. Mais certains tirent déjà des conclusions du probable acquittement de Racing Point: Red Bull indique ainsi son intention de « donner » sa RB16 à AlphaTauri la saison prochaine si la Racing Point RP.20 devait être déclarée légale !

 

Haas vers la sortie ?

Pendant ce temps-là, l'avenir du team Haas en Formule 1 s'obscurcit. Plusieurs bruits venus d'outre-Atlantique annoncent son retrait à l'issue de cette saison 2020. Gene Haas souhaiterait tirer prétexte de la révolution technologique de 2021-2022, qu'il juge trop onéreuse pour sa petite structure, pour mettre fin son aventure européenne. Il ne s'agirait là que d'une feinte pour camoufler un échec retentissant: le modèle de développement de l'écurie américaine, fondé sur la copie des Ferrari successives, paraît avoir atteint ses limites. Empêtrée dans ses propres déboires, la Scuderia n'a semble-t-il plus le temps de s'occuper de sa cliente. Ainsi, la nouvelle VF-20 est aussi calamiteuse que sa devancière. Mal équilibrée, elle pâtit en outre d'un groupe propulseur Ferrari anémique. 

 

Les deux pilotes Romain Grosjean et Kevin Magnussen s'interrogent légitimement sur leur avenir. Le Genevois commet la maladresse d'exprimer ses états d'âme devant la presse. « Il y a beaucoup de points d'interrogations au sujet de la prochaine saison », lâche-t-il. « Est-ce que Haas sera encore là l'année prochaine ? Je me pose évidemment la question. » Cette sortie déplaît fortement à Guenther Steiner qui recadre sèchement son pilote: « Ce qu'a dit Romain exprime son point de vue, pas le nôtre. Nous serons là en 2021. » Grosjean en est quitte pour de plates excuses: « Je n'aurais pas dû dire ça. Non ce n'était pas pour un nouvel épisode des aventures de l'écurie pour Netflix. Je suis désolé, tout a été aplani. Tout va bien. » Ouf.

 

Présentation de l'épreuve

La Formule 1 franchit les 400 kilomètres qui séparent Zeltweg de Mogyoród pour enchaîner une troisième course en trois semaines. Un rythme effréné qui soumet les techniciens à rude épreuve, d'autant que chacun doit limiter au maximum ses contacts et déplacements, dans la crainte d'une contamination par le Covid-19. Ce Grand Prix de Hongrie est d'ailleurs passé près d'une annulation de dernière minute car, suite à une légère recrudescence de cas dans le pays, le gouvernement de Budapest a imposé à partir du 15 juillet de nouvelles restrictions aux voyageurs transfrontaliers, classés en trois catégories (vert, jaune et rouge) selon l'intensité de la circulation du virus dans leurs pays d'origine. Or, les ressortissants britanniques, très nombreux dans le paddock, sont estampillés « jaunes », ce qui signifie que leurs déplacements seront réduits au strict minimum: ils ne pourront emprunter ni les taxis, ni les transports en commun et devront prendre leurs repas à leur hôtel ou sur le circuit. En cas d'infraction, les contrevenants risquent jusqu'à 15 000 euros d'amende, voire une peine d'emprisonnement ! Très épargnée jusqu'ici par la coronavirus, la Hongrie entend ne prendre aucun risque. La fédération internationale et les autorités britanniques grognent devant une telle rigueur. On évoque un temps un forfait et l'organisation d'une troisième course sur le Red Bull Ring, mais finalement la Formule 1 se pliera aux sévères normes magyares.

 

Lewis Hamilton n'a pas abandonné sa marotte anti-raciste: lorsqu'il pose son casque, le champion britannique se mue en militant politique et s'aigrit de voir ses pairs ne pas se laisser si facilement endoctriner. En Hongrie, il s'en prend ainsi au directeur du GPDA Romain Grosjean, accusé de ne pas prendre à cœur cette noble croisade. Puis, dimanche, il peste contre le manque de temps laissé aux pilotes avant le Grand Prix pour manifester leur soutien à « Black Lives Matter » : selon lui, mettre le genou à terre ne suffit pas, il faut aller « plus loin », sans préciser ce qu'il entend par là. Enfin, Hamilton dépasse toute mesure en qualifiant d'« ignorants » Jackie Stewart et Mario Andretti, deux anciens champions octogénaires qui lui faisaient remarquer que le sport automobile n'avait jamais ostracisé quiconque en raison de ses origines ethniques mais se contentait de promouvoir les meilleurs.

 

Le prosélytisme de Lewis Hamilton commence par ailleurs à irriter ses propres pairs. Certains refusent très fermement de poser un genou à terre avant chaque course, à l'image de Daniil Kvyat qui justifie sa résistance par sa « mentalité russe » : « En Russie, nous ne nous mettons à genoux que devant la Patrie, le drapeau et Dieu ! », proclame ce fier patriote. Charles Leclerc plaide de son côté pour la liberté d'action: « Ne pas mettre un genou à terre ne veut pas du tout dire que je suis moins engagé que les autres dans la lutte contre le racisme. Je crois que ce qui compte, ce sont les faits et les comportements dans notre vie quotidienne plutôt que les gestes formels qui pourraient être considérés comme controversés dans certains pays. »

 

Le torchon brûle entre Toto Wolff et Mattia Binotto. Depuis le début de la saison, il est visible que les dirigeants de Mercedes et de Ferrari ne se supportent plus. Ils s'invectivent désormais par presse interposée. Peu avant le Grand Prix de Hongrie, Binotto ose avancer que les dernières directives de la FIA sur les groupes propulseurs avaient contraint tous les constructeurs à se mettre en conformité avec le réglementation, sous-entendant ainsi que Ferrari n'était pas seule à « tricher »... « C'est encore une c*nnerie totale de sa part ! » s'emporte Wolff. « Il y a une réglementation sur les moteurs qui a été clarifiée à Austin l'an dernier. C'était important de le faire. Mais, pour nous, il n'y avait absolument rien de surprenant dans ces directives. Nous étions en conformité, nous n'étions pas concernés ! » L'Italien fait encore monter la bile de l'Autrichien quelques jours plus tard en dévoilant l'état des négociations autour des futurs Accords Concorde. Très content que les intérêts économiques et financiers soient reconduits, Binotto révèle qu'il est prêt à signer ces nouveaux accords, au contraire de Mercedes, qui traînerait des pieds. Wolff s'irrite derechef: « Les négociations doivent se tenir uniquement derrière des portes closes, sans commentaires des parties prenantes. Ces propos sont ridicules. » Presque autant que les performances des Ferrari...

 

La piste menant Sebastian Vettel chez Racing Point – Aston Martin en 2021 paraît s'éclaircir, en dépit des dénégations du quadruple champion du monde qui déclare n'avoir eu que « quelques discussions » avec Lawrence Stroll et Otmar Szafnauer. Interrogé au sujet de son futur duo de pilotes, Szafnauer se montre évasif: « Difficile de prédire l'avenir. Nos pilotes savent qu'ils doivent faire de leur mieux. Gardez l'œil ouvert, vous verrez dans quelle direction nous irons. Mais notre intention n'est pas de ne pas honorer nos contrats. » Cette petite phrase vise à rassurer Sergio Pérez et Lance Stroll qui, bien qu'officiellement engagés avec Aston Martin pour l'année prochaine, se savent néanmoins menacés par la possible arrivée de Vettel. Stroll Junior étant le fils du patron, Pérez apparaît logiquement sur la sellette. Son agent Julian Jakobi entame en Hongrie des discussions avec les seules autres écuries, Haas et Alfa Romeo, susceptibles de pouvoir accueillir le Mexicain en 2021. Mais Pérez, qui depuis six ans accomplit un parcours irréprochable avec l'équipe de Silverstone, serait profondément meurtri d'être ainsi évincé, d'autant plus qu'il a récemment paraphé un nouveau contrat courant jusqu'à fin 2022. 

 

Williams annonce pour sa part la reconduction de son « line-up » pour la saison 2021. Si le maintien de George Russell, dont le contrat court jusqu'à la fin de l'année prochaine, ne suscite aucun de commentaire, celui de Nicholas Latifi amplifie les rumeurs de rachat de l'écurie britannique par son milliardaire de père. Mis en vente après des pertes de revenus record (13 millions de livres sur l'exercice 2019), le Williams F1 Team vit depuis maintenant plusieurs mois sous perfusion et Michael Latifi détient le régulateur. Celui-ci a en effet drainé la plupart des sponsors qui parent la FW43 (Sofina, Lavazza) tout en accordant à l'écurie un prêt d'un montant indéterminé. On ne sait toutefois si Latifi rachètera totalement Williams ou se contentera d'une prise de participation. Il y a en tout cas urgence, puisque Frank et Claire Williams ont hypothéqué les terrains, bâtiments et équipements de Grove pour survivre... 

 

Essais et qualifications

D'ordinaire peu performantes sur le toboggan hongrois, les Mercedes y sont cette année souveraines. Elles survolent la première séance libre du vendredi matin. Hamilton (en pneus durs) se montre un peu plus rapide que Bottas (en pneus médiums). Seules les Racing Point-BWT tournent dans la même seconde que leurs « grandes sœurs » anglo-allemandes... La session de l'après-midi est perturbée par une forte averse. Quelques pilotes renoncent à prendre la piste et d'autres, comme Hamilton, ne bouclent qu'un tour de reconnaissance. Dans ces conditions, le meilleur chrono de Vettel n'a pas grande signification. Samedi matin, sur le sec, Bottas se montre le plus véloce.

 

Les qualifications sont écrasées par les « quatre Mercedes », les noires et les roses. Hamilton s'adjuge sans forcer la 90ème pole position de sa carrière (1'13''447'''), un dixième devant un Bottas opiniâtre. Les Racing Point-BWT-Mercedes complètent ce tir groupé en monopolisant la seconde ligne. Le jeune Stroll (3ème) devance Pérez (4ème) qui déclare avoir subi des vertiges inexpliqués au cours de cette séance qualificative. À noter que les quatre voitures de tête partiront avec des pneus médiums, puisqu'elles n'ont même pas eu besoin des pneus tendres pour franchir la Q2... Les Ferrari (Vettel 5ème, Leclerc 6ème) souffrent moins qu'en Autriche de leur moteur poussif, mais demeurent instables. En Hongrie, le Red Bull s'agrémente de soupe à la grimace: la RB16 réalise de plus mauvais chronos que la RB15 de 2019 ! Verstappen (7ème) déplore une mauvaise tenue de route et concède une seconde et demie à Hamilton. Albon (13ème) est relâché par son équipe dans le trafic et se retrouve éliminé dès la Q2. Le Thaïlandais ne dissimule pas une certaine amertume. McLaren vit un mauvais week-end à cause d'une MCL35 traînant de l'arrière. Cette fois, Norris (8ème) et Sainz (9ème) ne joueront pas le podium.

 

Gasly parvient à décrocher une dixième place avec son AlphaTauri-Honda, et ce malgré d'incessantes coupures de moteur. Le Normand remplace d'ailleurs son groupe propulseur samedi soir. Son équipier Kvyat (17ème) ne parvient pas à faire monter ses pneus en température. Mal équilibrées, les Renault (Ricciardo 11ème, Ocon 14ème) s'enlisent en Q2, mais elle s'élanceront avec des pneumatiques médiums, ce qui pourra être un avantage en début de course. Belles performances des Williams-Mercedes: Russell (12ème) frôle une fois encore la Q3 tandis que Latifi (15ème) se réveille et atteint pour la première fois la Q2. Un bémol cependant: la FW43 perd toute adhérence en suivant un autre bolide ! Les Haas-Ferrari (Magnussen 16ème, Grosjean 18ème) sont un peu plus maniables mais toujours aussi lentes. Enfin, les Alfa Romeo, complétement hors du coup, héritent de la dernière ligne. Giovinazzi (19ème) devance un Räikkönen (20ème) de plus en plus dépité.

 

Le Grand Prix

Dimanche, la pluie s'invite sur le Hungaroring en début d'après-midi et arrose le bitume. Une demi-heure avant le coup d'envoi, l'averse a cessé et la piste s'assèche tout en demeurant piégeuse. Les pilotes décident de s'élancer en pneus intermédiaires, avec l'intention de passer aux slicks au bout de quelques tours, si la météo demeure clémente. 

 

Lors du tour de mise en grille, Verstappen glisse sur une plaque d'humidité au virage n°9 et endommage son train avant contre les glissières. Il parvient toutefois à regagner les stands où ses mécaniciens effectuent un travail remarquable pour réparer son museau et sa suspension en un temps record. Ils achèvent leur besogne vingt-cinq secondes avant l'évacuation de la grille ! Verstappen prendra le départ en toute sûreté.

 

Tour de formation: Les pilotes s'aperçoivent que la trajectoire est déjà presque sèche. Haas, qui a fait partir Magnussen et Grosjean en gommes "full wet", les rappelle afin qu'ils démarrent en slicks depuis la voie des stands.

 

Départ: Hamilton prend un bon envol alors que Bottas, déconcentré par l'extinction d'un voyant sur son tableau de bord, lâche trop tôt l'embrayage et avance une seconde avant le coup d'envoi. Il freine lorsque les feux s'éteignent et se laisse dévorer par une partie du peloton. Hamilton passe le premier virage en tête, suivi par Stroll, Vettel, Verstappen, Leclerc, Pérez et Bottas.

 

1er tour: Verstappen fait l'intérieur à Vettel au virage n°2. Bottas repasse devant Pérez. En fin de boucle, Hamilton mène devant Stroll, Verstappen, Vettel, Leclerc, Bottas, Pérez, Sainz, Ricciardo et l'étonnant Latifi, très bien parti. Kvyat entre aux stands pour mettre des slicks.

 

2e: Hamilton distance Stroll de plus de quatre secondes. Verstappen est sur les talons du Canadien. Leclerc et Bottas passent aux stands: le premier prend des pneus rouges, le second des jaunes.

 

3e: Hamilton roule deux secondes au tour plus vite que Stroll qui retient Verstappen. Albon prend la huitième place à Latifi. En fin de tour, Hamilton entre aux stands pour mettre des pneus médiums. Stroll l'imite, ce qui laisse les commandes de l'épreuve à Verstappen. Vettel, Pérez, Sainz, Albon, Latifi, Gasly et Räikkönen chaussent aussi des pneus lisses. L'intervention est particulièrement longue pour Vettel qui doit céder le passage à plusieurs monoplaces avant de redémarrer.

 

4e: Verstappen se retrouve leader avec douze secondes d'avance sur Ricciardo, quinze secondes sur Ocon. Hamilton est quatrième. Norris, Russell, Magnussen et Giovinazzi le séparent de Stroll qui est poursuivi par Leclerc. Relâché trop tôt par le stand Williams, Latifi se frotte à Sainz dans l'allée des stands. Dans la foulée, le Canadien subit une crevaison à l'arrière-gauche et exécute un tête-à-queue. Il parcourt ensuite un tour sur trois roues pour rejoindre les stands.

 

5e: Verstappen passe chez Red Bull pour prendre des gommes médiums et redémarre second, juste devant les Haas qui n'ont pas besoin de stopper ! Ricciardo et Ocon stoppent chez Renault pour mettre des slicks, ce qui permet à Hamilton de retrouver le leadership. Changements de pneus également pour Norris, Russell et Giovinazzi. Latifi a remplacé ses roues et reprend la piste avec un tour de retard.

 

6e: Hamilton mène devant Verstappen (7.5s.), Magnussen (12.4s.), Grosjean (14.5s.), Stroll (14.8s.), Leclerc (18.9s.), Bottas (19.3s.), Albon (23.6s.), Pérez (27.2s.), Ricciardo (28.4s.) et Sainz (29.1s.).

 

7e: Stroll déborde Grosjean par l'intérieur au premier freinage et grimpe au quatrième rang. Räikkönen reçoit cinq secondes de pénalité pour ne pas s'être garé au bon emplacement sur la grille !

 

8e: Bottas tente en vain de déborder Leclerc au première virage. Le Scandinave bénéficie encore du DRS dans le court droit qui suit et se jette à l'intérieur, mais il roule pour cela sur la portion humide et est déporté vers l'extérieur. Leclerc garde sa position.

 

9e: Hamilton jouit de huit secondes de marge sur Verstappen. Stroll remonte sur Magnussen.

 

10e: Bottas attaque Leclerc au bout de la longue ligne droite et cette fois se faufile avec succès à l'intérieur. Latifi écope d'une pénalité de cinq secondes pour avoir été relâché de façon imprudente par son équipe lors de son changement de gommes.

 

11e: Stroll est sur les talons de Magnussen. Vettel manque son freinage au virage n°11. Il doit emprunter l'échappatoire, ce qui permet à Albon de lui chiper la huitième place.

 

12e: Dix secondes séparent Hamilton de Verstappen. Bottas se défait sans peine de Grosjean.

 

14e: Le ciel se couvre, de nouvelles averses sont à redouter. Hamilton précède Verstappen (10s.), Magnussen (23s.), Stroll (24.4s.), Bottas (26.5s.), Grosjean (32.5s.), Leclerc (35.5s.), Albon (36s.), Vettel (37.1s.), Pérez (39.3s.), Ricciardo (40.4s.) et Sainz (41s.).

 

15e: Albon met la pression sur Leclerc qui ne parvient pas à faire fonctionner ses pneus tendres.

 

16e: Stroll dépasse Magnussen et grimpe au troisième rang. Albon tente de doubler Leclerc au premier virage, sans succès. Vettel se retrouve dans les échappements du Thaïlandais. Gasly rejoint son stand avec une boîte de vitesses fumante et doit abandonner.

 

17e: Bottas prend l'ascendant sur Magnussen: le voici quatrième. Le trio Leclerc – Albon – Vettel est rejoint par Pérez.

 

18e: Hamilton devance Verstappen par onze secondes et demie. Albon vient enfin à bout de Leclerc au premier freinage. Vettel tente de doubler son équipier dans la foulée, mais ce dernier lui ferme la porte.

 

19e: Vettel fait l'extérieur à Leclerc au virage n°2. Kvyat change une seconde fois de pneus.

 

20e: Leclerc contient avec peine un trio comprenant Pérez, Ricciardo et Sainz. Le Monégasque se plaint d'un pneu avant-gauche détruit. Arrêt pneus pour Russell.

 

21e: L'intervalle est stable entre Hamilton et Verstappen. Leclerc stoppe chez Ferrari pour chausser les gommes dures et dégringole au quinzième rang. Deuxième arrêt aussi pour Giovinazzi.

 

22e: Hamilton devance Verstappen (12s.), Stroll (27.5s.), Bottas (29.5s.), Magnussen (41s.), Grosjean (48s.), Albon (52s.), Vettel (54s.), Pérez (1m.), Ricciardo (1m. 02s.), Sainz (1m. 03s.) et Räikkönen (1m. 13s.).

 

24e: Quelques gouttes de pluie tombent au niveau de la chicane. Bottas se rapproche lentement mais sûrement de Stroll.

 

26e: Le crachin a déjà cessé mais les météorologues annoncent toujours une averse pour la suite de l'épreuve. Hamilton a pris un tour à Leclerc. Bottas fait la jonction avec Stroll.

 

28e: Hamilton est premier devant Verstappen (13s.), Stroll (29.6s.), Bottas (30.7s.), Magnussen (51.4s.), Grosjean (57.8s.), Albon (58.4s.), Vettel (1m.), Pérez (1m. 02s.), Ricciardo (1m. 08s.) et Sainz (1m. 10s.). Leclerc pourchasse Norris pour la quatorzième place.

 

29e: Albon prend l'aspiration de Grosjean dans la ligne droite principale et jette sa Red Bull à l'intérieur au premier freinage. Les roues et les ailerons des deux monoplaces se touchent, mais Albon passe en force. Grosjean est désormais poursuivi par Vettel. 

 

30e: Vettel effectue un second arrêt et s'empare des Pirelli blancs. Il repart entre Sainz et Räikkönen.

 

31e: L'avance de Hamilton sur Verstappen atteint quinze secondes. Bottas ne parvient pas à recoller à Stroll. Pérez dépasse Grosjean. Leclerc attaque Norris au virage n°2. Les deux hommes se battent roue contre roue à l'avantage du jeune Anglais. 

 

32e: Ocon passe chez Renault pour mettre des pneus durs. Leclerc fait l'extérieur à Norris au virage n°2 et cette fois s'impose. 

 

34e: Hamilton possède dix-huit secondes de marge sur Verstappen et a déjà pris un tour à la moitié du peloton. Ricciardo puis Sainz doublent Grosjean qui se débat avec un train avant faussé suite à la touchette avec Albon. Bottas rejoint les stands en fin de tour pour mettre les gommes jaunes (2.4s.) et demeure quatrième. 

 

35e: Albon passe chez Red Bull pour mettre les enveloppes dures (2.7s.). Grosjean remplace aussi ses pneus qui ont couvert une moitié de la course. Räikkönen et Latifi passent aux stands pour changer de pneus et subir leurs pénalités.

 

36e: Stroll fait escale chez Racing Point afin de mettre des pneus médiums (3.1s.). Il redémarre derrière Bottas qui vient de s'emparer du meilleur tour (1'20''359'''). Magnussen et Pérez changent d'enveloppes. Albon s'intercale entre ces pilotes. Arrêt aussi pour Norris.

 

37e: Il pleuviote à certains endroits du circuit. Verstappen chausse les pneus durs en un temps record (2s.) et demeure au deuxième rang, quarante-et-une secondes derrière Hamilton. 

 

38e: Hamilton fait escale chez Mercedes et sélectionne les gommes médiums (3.1s.). Bottas améliore le meilleur tour à chaque passage.

 

39e: Pérez se défait de Magnussen. En fin de tour, Hamilton précède Verstappen (19.5s.), Bottas (25.3s.), Stroll (36.3s.), Ricciardo (51s.), Sainz (56s.), Vettel (1m. 01s.), Albon (1m. 06s.), Pérez (1m. 08s.), Magnussen (1m. 09s.) et Leclerc (1m. 11s.).

 

41e: Il ne pleut plus et la piste est restée totalement sèche. Bottas est revenu à quatre secondes de Verstappen. Sainz s'arrête chez McLaren pour prendre les pneus durs, puis se réinsère entre Leclerc et Kvyat. Nouveau changement de gommes pour Giovinazzi.

 

42e: Latifi effectue un tête-à-queue au virage n°11 mais parvient de nouveau à repartir. Il remplace ensuite ses enveloppes.

 

43e: Hamilton devance Verstappen de dix-neuf secondes, Bottas de vingt-deux secondes. Ricciardo troque ses pneus médiums contre des durs et repart en neuvième position, sous le nez de Leclerc.

 

45e: Hamilton est en tête devant Verstappen (21s.), Bottas (22s.), Stroll (44s.), Vettel (1m. 05s.), Albon (1m. 08s.), Pérez (1m. 10s.), Magnussen (1m. 18s.), Ricciardo (1m. 19s.), Leclerc (1m. 20s.), Sainz (1m. 21s.) et Kvyat (-1t.), Grosjean (-1t.) et Ocon (-1t.).

 

46e: Bottas est dorénavant sur les talons de Verstappen et peut actionner son aileron arrière mobile. Ricciardo s'empare de la huitième place aux dépens de Magnussen.

 

48e: L'écart entre Hamilton et Verstappen grimpe à vingt-trois secondes. Bottas a perdu un peu de temps sur le Hollandais à cause du trafic. Ocon puis Norris ont dépassé Grosjean. 

 

50e: Bottas repasse chez Mercedes afin de mettre les enveloppes dures (2.4s.) et demeure troisième. Leclerc doit défendre sa dixième place face à Sainz.

 

52e: Bottas tourne en 1'18''435''', soit une seconde au tour plus vite que Verstappen qu'il espère rattraper. Changement de pneus pour Russell.

 

53e: Troisième arrêt de Stroll afin de mettre des gommes dures (2.8s.). Le Canadien reprend la piste quelques secondes devant Vettel.

 

54e: Hamilton précède Verstappen (23s.), Bottas (39s.), Stroll (1m. 13s.), Vettel (1m. 15s.), Albon (1m. 16s.), Pérez (1m. 19s.), Ricciardo (-1t.), Magnussen (-1t.), Leclerc (-1t.), Sainz (-1t.) et Kvyat (-1t.).

 

55e: Albon prend en chasse Vettel pour le gain de la cinquième place. Hamilton rejoint ces deux pilotes.

 

57e: Hamilton prend un tour à Albon, puis à Vettel au passage suivant. Bottas ne concède plus que dix secondes à Verstappen. Cinquième arrêt pour Latifi. 

 

59e: Hamilton repousse Verstappen à vingt-cinq secondes. Bottas rencontre de nouveau du trafic et évolue à trente-cinq secondes du leader.

 

60e: Sainz tente de faire l'extérieur à Leclerc au second virage mais se heurte à une résistance virile du pilote Ferrari.

 

61e: Sainz fait l'intérieur à Leclerc au premier freinage et l'éjecte de la zone des points. Les pneus du Monégasque sont morts.

 

62e: Hamilton est leader devant Verstappen (24.6s.), Bottas (34s.), Stroll (1m. 13s.), Vettel (-1t.), Albon (-1t.), Pérez (-1t.), Ricciardo (-1t.), Magnussen (-1t.), Sainz (-1t.), Leclerc (-1t.), Kvyat (-1t.), Ocon (-1t.), Norris (-1t.), Grosjean (-1t.), Räikkönen (-1t.), Giovinazzi (-1t.), Russel (-1t.) et Latifi (-4t.).

 

64e: Mercedes propose à Hamilton de chausser un dernier train de pneus afin de partir en chasse du point du meilleur tour. Le champion du monde accepte mais son équipe repousse cette opération aux derniers tours.

 

65e: Bottas réduit son retard avec Verstappen à cinq secondes, mais n'aura sans doute pas le temps de le rattraper.

 

66e: Bottas améliore le record du tour (1'17''665''').

 

67e: Hamilton compte vingt-sept secondes d'avance sur Verstappen et peut donc chausser un dernier train de pneus tendres (3.6s.) sans perdre sa première place. Vettel manque son entrée dans le deuxième virage et part au large. Albon s'empare ainsi de la cinquième position à son détriment.

 

68e: Hamilton finit la course quatre secondes devant Verstappen. Bottas n'est plus qu'à une seconde et demie du Néerlandais.

 

70ème et dernier tour: Bottas bénéficie de l'aileron arrière mobile à l'orée de ce dernier tour, mais celui-ci ne lui servira à rien, faute de longue accélération. Verstappen restera second.

 

Lewis Hamilton remporte son huitième Grand Prix de Hongrie et s'adjuge in extremis le meilleur tour en course (1'16''627'''). Il inscrira donc 26 points. Verstappen finit deuxième, Bottas troisième. Stroll obtient une belle quatrième place pour Racing Point. Albon finit cinquième devant la meilleure Ferrari, celle de Vettel. Pérez achève une course décevante à la septième place. Ricciardo termine huitième pour la seconde course de rang. Les derniers points reviennent à Magnussen et Sainz. Viennent ensuite Leclerc, Kvyat, Norris, Ocon, Grosjean, Räikkönen, Giovinazzi, Russell et Latifi, lequel a concédé cinq tours au vainqueur.

 

En rappelant ses pilotes à l'issue du tour de formation pour leur fixer des pneus lisses, Haas a réussi un joli coup stratégique, récompensé par la neuvième place de Magnussen. Hélas, ce type de communication radio lors du tour de mise en grille est considéré comme une aide au pilotage proscrite. Les deux pilotes écopent donc d'une pénalité de dix secondes. Magnussen recule du neuvième au dixième rang, au bénéfice de Sainz, mais conserve un point. Grosjean est classé 16ème.

 

Après la course

Lewis Hamilton a une fois de plus mené une course très brillante quoique sans histoire, et s'empare ainsi des commandes du championnat du monde au détriment de son coéquipier Valtteri Bottas (63 points contre 57). Le Finlandais se satisfait de sa troisième place car il redoutait d'être pénalisé suite à son départ anticipé, mais il n'a finalement pas suffisamment bougé pour déclencher le capteur fixé au sol ! Du reste, le Finlandais s'est puni tout seul dans cette mésaventure en perdant cinq places.

 

Une autre enquête est menée autour d'Alexander Albon: ses mécaniciens sont un temps soupçonnés d'avoir employé les souffleuses destinées à l'aération de la monoplace pour sécher le bitume autour de son emplacement sur la grille ! Red Bull parvient à démontrer qu'il n'en fut rien. Les mécaniciens du taureau rouge ont du reste réalisé un exploit en réparant la Red Bull endommagée de Max Verstappen en quelques minutes, permettant au jeune Hollandais de mener une course remarquable, achevée à la deuxième place. « Les gars ont été géniaux ! » lance-t-il, ravi. « Une fois la voiture réparée, le tour de chauffe m'a permis de voir que tout allait bien et j'ai foncé. Je n'allais pas piloter comme une grand-mère quand même ! » Reste que la Red Bull RB16 est loin de valoir la Mercedes, et Verstappen ne se fait aucune illusion sur ses chances de lutter pour le titre mondial.

 

Comme huit jours plus tôt, Renault dépose une réclamation contre les résultats des Racing Point, et devrait renouveler cette procédure jusqu'à ce que la fédération ait rendu son verdict sur la légalité de la RP20. Pendant ce temps-là, grâce aux points engrangés par Lance Stroll et Sergio Pérez, l'écurie britannique revient à une longueur de McLaren au championnat des constructeurs. Ces deux teams devraient se battre pour la troisième place de cette compétition, derrière Mercedes et Red Bull-Honda, et loin devant Ferrari qui a une fois encore bu la tasse. Si Sebastian Vettel sauve une honnête sixième position, Charles Leclerc finit hors des points à la régulière ! Mattia Binotto reconnaît que la SF-1000 est un fiasco: « L'ensemble du projet de la voiture doit être revu... en tenant compte des restrictions actuellement imposées par la réglementation », précise-t-il. En effet, en raison de la crise du Covid-19, le développement des monoplaces a été limité par la FIA pour 2020. Ferrari ne pourra donc pas modifier grand-chose sur sa machine d'ici le terme de la saison et doit s'attendre à enregistrer son pire résultat depuis des années.

Tony