Présentation des écuries

En 2014 Mercedes a remporté seize des dix-neuf Grands Prix et réalisé onze doublés. Il sera difficile de faire mieux en 2015, et pourtant la nouvelle F1 W06 semble aussi dominatrice que la W05. La concurrence n'espère pas sérieusement menacer les Mercedes. Lewis Hamilton est évidemment favori pour conquérir un troisième titre mondial, mais Nico Rosberg est bien décidé à prendre sa revanche. Il n'y aura aucune trêve entre les deux hommes, ce qui promet à Niki Lauda et à Toto Wolff bien des soucis si leur rivalité demeure aussi intense.

 

Après quatre années de domination, Red Bull est tombée de haut en 2014. La faute à un médiocre moteur turbo Renault. Les ingénieurs de Viry-Châtillon ont beaucoup travaillé durant l'hiver pour améliorer les choses, mais la réglementation imposée par la FIA ne permet pas de faire des miracles. Christian Horner ne songe pas à remporter le championnat. La RB11 devra titiller le plus possible les Mercedes. Le sympathique Daniel Ricciardo est le seul pilote à avoir brisé l'hégémonie des Flèches d'argent l'an passé. Désormais débarrassé de Vettel, il est le n°1 de l'équipe anglo-autrichienne. Son adjoint est beaucoup plus contesté. Daniil Kvyat n'a pas 21 ans et sa première saison chez Toro Rosso fut satisfaisante, sans plus. A lui de faire mentir les sceptiques qui le jugent trop immature pour occuper une telle position.

 

Après des années d'anonymat, Williams a relevé la tête en 2014 en collectionnant les places d'honneur grâce au moteur turbo Mercedes. Même s'ils demeurent prudents, Frank et Claire Williams pensent aux titres mondiaux... Révélation de l'année précédente, Valtteri Bottas espère au moins remporter son premier succès. Quant à Felipe Massa il souhaite concurrencer son jeune équipier qui l'a beaucoup malmené l'année précédente.

 

Ferrari entame une nouvelle ère. Luca di Montezemolo a abandonné les rênes de l'entreprise à Sergio Marchionne, lequel a nommé Maurizio Arrivabene directeur sportif de la Scuderia. Fernando Alonso parti, c'est le quadruple champion du monde Sebastian Vettel qui est son nouveau leader, suivant sans l'avouer les traces de Michael Schumacher. Vettel relève un nouveau défi après une année 2014 très décevante chez Red Bull. Kimi Räikkönen est resté malgré une saison catastrophique. On souhaite un renouveau d' « Iceman », mais celui-ci a déjà laissé entendre qu'il prendrait sa retraite fin 2015. La nouvelle SF15-T conçue par James Allison est apparue bien meilleure que sa devancière lors des essais privés.

 

Nouveau départ aussi pour McLaren qui, après vingt saisons de collaboration avec Mercedes, a renoué avec ses anciennes amours. L'alliance McLaren-Honda est reconstituée, vingt-trois ans après sa dissolution en 1992. La marque japonaise effectue son quatrième retour en F1 avec les mêmes objectifs qu'autrefois : remporter à court terme les championnats mondiaux. Honda permet aussi d'assurer à l'écurie une bonne santé financière, faute de sponsor titre. Les hommes de Ron Dennis se sont aussi renforcés en recrutant l'aérodynamicien Peter Prodromou, arraché à prix d'or à Red Bull. Côté pilotes, McLaren affiche un duo de rêve : Fernando Alonso, revenu à Woking huit ans après en avoir claqué la porte, et Jenson Button, imposé par Honda qui estime beaucoup son expérience et trouve Kevin Magnussen trop jeune. Le Danois est relégué au rang de pilote de réserve. Toutefois il sera au départ à Melbourne du fait de la blessure d'Alonso.

Quant à la nouvelle MP4-30, Eric Boullier ne lui assigne qu'un seul objectif : terminer les courses ! L'unité de puissance Honda n'a en effet pas cessé de tomber en panne lors des essais d'avant-saison... au point de ne jamais couvrir la distance d'une course !

 

Force India-Mercedes rencontre des soucis financiers importants qui ont retardé le développement de sa nouvelle voiture, seulement apparue à l'occasion des derniers essais de Barcelone. Les deux éternels espoirs Sergio Pérez et Nico Hülkenberg ont été conservés mais craignent de se retrouver en fond de grille. Las d'attendre un meilleur volant, Hülkenberg s'est d'ailleurs engagé dans un programme parallèle avec Porsche en vue du Mans.

 

Toro Rosso aligne en cette année 2015 le plus jeune duo de l'histoire de la Formule 1. Tout d'abord Carlos Sainz Jr., fils de l'ancien rallyman, 20 ans, champion de Formule Renault 3.5 en 2014. Le talent du jeune Espagnol ne fait pas l'unanimité. Mais que dire de son équipier, Max Verstappen, qui à 17 ans et cinq mois devient le plus jeune coureur de l'histoire de la discipline, avec une seule saison de F3 pour toute expérience en monoplace ! De nombreux experts critiquent le Dr. Helmut Marko pour ce choix qui semble aberrant. Néanmoins, on se souvient qu'un champion comme Kimi Räikkönen n'avait pas plus d'expérience lorsqu'il a commencé en F1 en 2001.

 

L'écurie Lotus a quitté le giron de Renault pour collaborer avec Mercedes. Un choix semble-t-il judicieux puisque la nouvelle E23 apparaît bien supérieure à la E22. Romain Grosjean demeure premier pilote et est toujours associé à Pastor Maldonado, protégé malgré ses piètres performances par les milliards de PDVSA.

 

Sauber-Ferrari n'a pas inscrit le moindre point en 2014... Au bord de la ruine, l'équipe suisse survit grâce aux sponsors de ses deux nouveaux pilotes, le Suédois Marcus Ericsson et le Brésilien Felipe Nasr. Mais en recrutant ces deux jeunes loups argentés, Monisha Kaltenborn a dû rompre un contrat signé en bonne et due forme avec son ancien pilote d'essais Giedo van der Garde. Lequel a attaqué Sauber en justice, créant un imbroglio insensé à quelques heures du début de la saison. C'est dire si cette petite écurie aborde cette nouvelle compétition sans sérénité. Seul point positif : la nouvelle C34 s'est montrée fiable lors de ses tests.

 

A l'automne 2014, on a pu croire que le sort de l'écurie Marussia était scellé lorsqu'elle a été judiciairement liquidée et ses actifs mis aux enchères. C'était sans compter sur l'abnégation de John Booth et de Graeme Lowdon qui ont relancé leur structure sous son nom d'origine Manor F1 Team. Ils parviennent à leur but grâce à l'homme d'affaire Stephen Fitzpatrick, fondateur du groupe Ovo Energy. Booth et Lowdon souhaitaient s'engager pour la saison 2015 avec la Marussia MR03 de 2014, mais le Groupe Stratégique a refusé. Du coup une version améliorée de ce modèle a été conçue en catastrophe. Cette MR03B est propulsée par un bloc Ferrari vieux d'un an. Dans sa situation Manor ne peut faire appel qu'à des pilotes payants. L'Anglais Will Stevens et l'Espagnol Roberto Merhi, deux anciens de l'aventure Caterham, ont été choisis pour leurs portefeuilles bien garnis.

 

En revanche il n'y a pas eu de miracle pour Caterham. Faute de repreneur, son administrateur judiciaire Finbarr O'Connell a annoncé la liquidation de l'équipe au mois de février. Seules 20 voitures sont donc au départ de cette nouvelle saison.

 

Les nouvelles règles techniques et sportives

Plusieurs changements ont lieu dans la réglementation technique. Ainsi le poids minimal d'une F1 sans essence passe de 691 à 702 kilos. Les nez des Formules 1 sont abaissés afin d'en améliorer l'esthétique, et aussi pour des raisons de sécurité. Le museau de la Ferrari F14 T devient en quelque sorte le nouveau canon.

 

Mais ce qui préoccupe les ingénieurs est la question du développement des moteurs hybrides, sévèrement encadré par la FIA. Celle-ci souhaite absolument éviter une « course à l'armement » entre Mercedes, Ferrari, Renault et Honda, afin de ne pas augmenter les coûts. Ainsi, si le développement des groupes propulseurs a été gelé en 2014, une amélioration de « 50 % » a été autorisée durant l'intersaison. Un système compliqué de « jetons », correspondant aux différents composants, a permis de définir ces fameux « 50 % ». Pour 2015 les motoristes ont le droit d'utiliser 32 jetons. Ce nombre doit diminuer saison après saison. Néanmoins l'avenir de ces groupes propulseurs hybrides n'est pas assuré : Bernie Ecclestone souhaite toujours leur disparition, et de nouveaux moteurs pourraient être conçus pour 2017.

 

En tout cas les moteurs 2015 sont nettement plus rapides que ceux de 2014, et font aussi (un peu) plus de bruit.

 

De manière plus anecdotique, la règle des points doublés pour la dernière course est fort heureusement abandonnée. Enfin, la FIA interdit désormais aux pilotes de modifier le dessin de leur casque en cours de saison. Ceci afin d'éviter certains abus, en fait ceux de Sebastian Vettel qui depuis 2010 changeait de couvre-chef à peu près à chaque épreuve. Maintenant chez Ferrari, il s'en tient à un beau casque blanc agrémenté d'un liseré noir - rouge - or, couleurs de l'Allemagne.

 

Tony