Alesi et Frentzen échangent leurs volants
Pilotes en goguette
Pour la première fois, la Formule 1 a bénéficié de vraies vacances estivales au cours des trois semaines séparant les Grands Prix d'Allemagne (29 juillet) et de Hongrie (19 août). Durant cette coupure imposée par la FIA, les essais privés étaient interdits: seuls de brefs roulages de 50 kilomètres furent accordés à Heinz-Harald Frentzen et Jean Alesi, qui ont échangé leurs volants durant cet intervalle, afin qu'ils puissent se familiariser avec leurs nouvelles machines. Les usines étaient aussi partiellement fermées afin de permettre aux techniciens de prendre quelque repos. Pendant ce temps-là, les pilotes se sont égayés aux quatre coins de la planète. Les Brésiliens ont rejoint leur pays, tandis que le Colombien Juan Pablo Montoya a gagné Miami. Fernando Alonso s'est replié à Oviedo, sa ville natale. Mika Häkkinen et Kimi Räikkönen se trouvaient dans leur Finlande natale. Mais la plupart des champions ont privilégié la Méditerranée. Nick Heidfeld, Eddie Irvine et Pedro de la Rosa étaient à Ibiza, Ralf Schumacher à Palma de Majorque, Olivier Panis à Bandol, David Coulthard, Jarno Trulli, Jacques Villeneuve et Jenson Button sur la Riviera. Giancarlo Fisichella et Jean Alesi se sont retrouvés sur l'île de Capri. Quant à Michael Schumacher, il est resté en famille dans sa villa suisse et a notamment expérimenté le parachutisme.
Présentation de l'épreuve
Le Hungaroring poursuit sa modernisation sous l'égide de son nouveau président László Palik, bien connu en Hongrie car il était depuis quinze ans le commentateur des Grands Prix à la télévision. Celui-ci a obtenu du premier ministre Viktor Orbán de larges subventions pour mener à bien des travaux essentiels, le circuit n'ayant guère évolué depuis la première édition du GP de Hongrie en 1986. Cet effort est réclamé par Bernie Ecclestone qui brandit la menace d'une étape à Moscou dès 2003, tout en affirmant que la F1 devra choisir entre un GP de Hongrie et un GP de Russie. Les travaux en cours concernent principalement les infrastructures d'accueil. À terme, le Hungaroring devrait pouvoir accueillir 25 000 spectateurs supplémentaires. Cette année, les tribunes n'ont eu aucun mal à se remplir en raison de l'enjeu mondial. « Au 1er août, nous avions vendu 75 % des places pour la première fois depuis 1986. Et, deux semaines plus tard, nous sommes presque à guichets fermés », indique László Palik.
Les deux championnats du monde peuvent en effet être attribués ce week-end, à cinq épreuves du terme de la saison 2001. Michael Schumacher est en mesure de coiffer sa quatrième couronne mondiale, à condition d'inscrire trois points de plus que David Coulthard. L'idéal pour lui serait bien sûr de remporter la course, ce qui lui permettrait au passage d'égaler le record de victoires détenu par Alain Prost. Ferrari peut aussi s'adjuger le championnat des constructeurs en marquant quatre points de plus que McLaren-Mercedes. Deux objectifs tout à fait à la portée de la Scuderia, tant la F2001 paraît supérieure à la MP4/16. Voilà pourquoi Jean Todt ordonne à Michael Schumacher et Rubens Barrichello de fuir la presse, afin qu'ils conservent toute leur concentration. Le manager français s'astreint lui-même à cette discipline et rejette tout entretien de plus de dix secondes avec les journalistes... Michael Schumacher s'en tient pour sa part à une déclaration sibylline en conférence de presse: « Lorsqu'on se bat pour le titre mondial, la pression est très forte, toute l'année. On la sent monter semaine après semaine, jour après jour. C'est pourquoi j'aimerais que tout soit terminé dimanche. » Et qu'on ne lui parle pas de ce fichu record de victoires: « Mon but est d'obtenir les points pour être titré. Cette 51e victoire a tout le temps de venir, et la 52e par la suite ! » Toutefois, Schumacher admettra par la suite que samedi soir, Alain Prost lui-même l'a vivement supplié d'en finir au plus vite cette distinction symbolique: « S'il-te-plaît Michael, gagne cette course, j'en ai marre de répondre toujours les mêmes choses à ces foutues questions sur ce p*tain de record ! »
Ferrari met en tout cas toutes les chances de son côté pour plier le match: quatre châssis pour Schumacher et Barrichello, des moteurs archi-éprouvés et des pneus Bridgestone « encore plus spéciaux que d'habitude ». Du côté de McLaren-Mercedes, on espère seulement retarder la consécration de l'armée rouge. Cela est envisageable. Le Hungaroring réussit traditionnellement bien aux Flèches d'Argent. Mika Häkkinen rappelle qu'il a gagné les deux dernières éditions de ce Grand Prix (1999-2000). Pour sa part, David Coulthard ne se met pas de pression: « Je suis désormais un simple trouble-fête, et cela me va bien. » En revanche, Ron Dennis a récemment tenu des propos peu amènes sur Schumacher dans les colonnes de F1 Magazine. Le patron de McLaren accuse le champion allemand d'être invariablement protégé par la FIA malgré des manœuvres fort litigieuses: « Je suis content quand Schumacher est battu, car je ne crois pas à ce mythe de ''Monsieur Invincible''. Son aura d'infaillibilité est inadmissible. Je suis convaincu que si d'autres pilotes avaient commis les mêmes erreurs que lui au départ et au premier virage, ils auraient été sanctionnés. Je ne soutiens pas une telle inégalité. » Ce à quoi Jean Todt répond sèchement: « Ron parle souvent par dépit... »
Il est beaucoup question dans le paddock du récent chassé Jean Alesi - Heinz-Harald Frentzen: le premier a pris le volant du second chez Jordan-Honda, tandis que l'Allemand a supplanté le Français chez Prost-Acer. Les deux hommes sont l'objet de fortes sollicitations de la part des journalistes, mais ils doivent avant tout apprivoiser leurs nouvelles montures, ce qu'ils n'ont guère pu faire au cours des 50 kilomètres qui leur furent accordés quelques jours avant de se rendre en Hongrie. Frentzen a ainsi piloté l'AP04 à Magny-Cours, et d'emblée ses retours techniques ont paru plus pointus que ceux de son prédécesseur, comme le raconte le secrétaire général de Prost GP Joan Villadelprat: « Après ses premiers tours, Heinz-Harald nous a fait un débriefing d'une heure et demie. Alesi faisait 500 km et nous parlait deux minutes... J'aimais beaucoup Jean, mais il était difficile de travailler avec lui. » Frentzen aurait en outre vanté les mérites du V10 Ferrari client et de la boîte de vitesses Prost. Mais pour ce qui est du châssis... « L'essai était trop court », coupe Villadelprat. « Frentzen a beaucoup d'idées sur la voiture », confirme en tout cas l'ingénieur de piste Jean-François Sinteff. « Il faut néanmoins que tout se mette en place, qu'il découvre les Michelin et adapte son pilotage à une voiture sans direction assistée. Après cela, nous pourrons dégager des lignes directrices. » Ces confidences sur l'implication technique de Frentzen résonnent ironiquement avec une confidence de Giselle Davies, l'attachée de presse de Jordan: « Heinz-Harald avait trop tendance à se prendre pour un ingénieur. Cela agaçait Eddie et le staff technique... »
Jean Alesi a pour sa part découvert l'EJ11 à Silverstone et en est sorti très enthousiaste. Le vétéran français semble revivre après un an et demi de galère chez Prost GP. « C'est un nouvel univers avec lequel il va falloir me familiariser, confie-t-il. J'ai tout à apprendre de l'équipe. Je dois par exemple connaître ses habitudes de travail. Côté technique, du mode d'emploi du volant au comportement des pneumatiques, tout est nouveau. Néanmoins les quelques tours que j'ai pu effectuer m'ont rassuré. Ma Jordan est une excellente voiture. » Alesi doit surtout s'accoutumer à l'embrayage électronique, à la direction assistée... et à un volant quadrangulaire. Il ne lui sera plus possible de garder sa curieuse position des mains « à 10h10 » comme jadis ! Pour l'heure, en Hongrie, son apparition en combinaison jaune canari fait sensation. Applaudi par les journalistes à son entrée dans le paddock, Alesi tombe ensuite dans les bras de son nouvel équipier Jarno Trulli. Les deux hommes, qui s'étaient jadis souvent accrochés en piste, ont enterré la hache de guerre.
Chez Williams-BMW, on prend peu à peu son parti de la mésentente entre les deux pilotes. Juan Pablo Montoya a été ulcéré des commentaires fielleux de Ralf Schumacher au soir du Grand Prix d'Allemagne. Après sa victoire, le jeune Allemand a insinué que le Colombien n'avait pas suffisamment ménagé son moteur, provoquant ainsi la panne qui a mis fin à sa course. Or chacun sait que dans la F1 moderne, « économiser le moteur » n'est plus qu'une vue de l'esprit... Aussi, Montoya a décidé de cesser tout rapport avec Schumacher, et les deux hommes participeront désormais à des briefings techniques séparés. Frank Williams et Patrick Head ne font pas grand-chose pour les réconcilier. Ils ont vécu jadis la même situation entre Alan Jones et Carlos Reutemann, puis entre Nelson Piquet et Nigel Mansell, sans s'en trouver plus mal...
McLaren n'a toujours pas confirmé sa paire de pilotes pour la saison 2002 et l'avenir de Mika Häkkinen paraît de plus en plus nébuleux. En Hongrie, certains journalistes soutiennent que le double champion du monde ne serait pas parvenu à s'entendre avec Ron Dennis qui lui proposerait un nouveau contrat fondé sur un salaire... divisé par trois ! Plus étonnant encore, Häkkinen serait remplacé par son jeune compatriote Kimi Räikkönen, arraché à Sauber-Petronas moyennant une copieuse compensation financière. L'officialisation de cet engagement serait prévue pour Monza. Quant à Häkkinen, il prendrait sa retraite ou une année sabbatique. Ces bruits semblent néanmoins démentis par Keke Rosberg, lequel affirme que « l'avenir de Mika est assuré pour 2002 »... phrase qui peut certes se comprendre de différentes manières...
Jo Ramirez confie à ses amis journalistes qu'il va prendre sa retraite à l'issue du prochain Grand Prix des États-Unis. L'ingénieur mexicain vient en effet de fêter ses soixante ans, dont près de quarante ont été passés sur les bords de piste. Arrivé en Europe en 1961 avec les frères Pedro et Ricardo Rodríguez, il a travaillé en F1 et en Endurance, chez Ferrari, Maserati, Ford, Eagle, Tyrrell, Copersucar, Shadow, ATS et Theodore, avant de se fixer définitivement en 1984 chez McLaren comme coordinateur technique et logistique. À ce titre, Ramirez fut l'un des principaux confidents du regretté Ayrton Senna, dont il n'a jamais surmonté totalement la disparition, lui qui avait déjà perdu bien des amis: les Rodríguez, François Cevert, Elio de Angelis... Ramirez estime que l'heure est venue de lâcher la rampe: « La F1 a énormément changé et je ne m'y retrouve plus aussi bien qu'avant... » En tout cas, il reçoit de McLaren un beau cadeau d'anniversaire: une superbe Harley Davidson !
Le lent et tortueux Hungaroring réclame les plus forts appuis de la saison après Monaco. Les écuries reprennent donc en général la configuration aérodynamique monégasque, avec des ailerons à multiples profils. On aperçoit aussi une aile au-dessus de l'axe des roues arrières chez McLaren, Arrows, Prost et Minardi. La McLaren MP4/16 est gréée avec des profils d'ailerons éprouvés à Silverstone, mais bien sûr beaucoup plus braqués. La Ferrari F2001 utilise la configuration aérodynamique de Monaco, mais le diffuseur est celui utilisé trois semaines plus tôt à Hockenheim. Taillée pour les pistes rapides, la Williams-BMW FW23 ne devrait pas briller ici, mais se pare d'une nuée d'appendices aérodynamiques, situés sur les dérives, le capot moteur et la prise d'air. Sauber apporte deux types de cheminées destinées à améliorer le refroidissement. Chez Jordan, l'EJ11 arbore un train arrière en forme de « bouteille de coca » plus accentuée, des déflecteurs horizontaux façon Williams et un nouvel aileron avant. Trulli bénéficie d'un châssis neuf. La Jaguar R2 est passablement modifiée avec des pontons redessinés pour favoriser les échanges thermiques et un nouveau capot avant afin d'améliorer la tenue de route sur le tourniquet hongrois. La BAR 003 reçoit un diffuseur inédit avec des parois verticales doubles, inclinées vers les canaux latéraux. Ses triangles inférieurs de suspensions sont aussi carénés pour renforcer l'appui. Benetton-Renault abandonne le support d'aileron avant en forme de V renversé pour des attaches verticales traditionnelles. Les dérives de l'aileron, très sophistiquées, fonctionnent avec une suspension inédite. La B201 possède aussi un nouveau profil de diffuseur, avec des canaux latéraux plus inclinés vers le haut. Enfin, Minardi utilise la version B de la PS01, mais seul Marques bénéficie en course de la nouvelle boîte de vitesses en titane.
Essais et qualifications
Les essais du vendredi se déroulent par une forte chaleur qui va persister tout au long du week-end. Les pilotes dépoussièrent la piste et les erreurs sont nombreuses. Coulthard pulvérise son fond plat sur la bordure de la chicane. Découvrant sa Jordan-Honda, Alesi se plante dans les graviers au bout de cinq tours, mais signera toutefois un beau 6e temps. M. Schumacher réalise le meilleur chrono de la journée (1'16''651''') devant Barrichello et Häkkinen. Samedi matin, le vent se lève pour les seconds essais et encore une fois les fautes sont nombreuses. Coulthard (1'15''263''') signe le meilleur temps, ce qui agace Schumacher qui s'offre un « tout-droit » et une belle pirouette.
Le mercure dépasse les 30°C lors des qualifications. M. Schumacher domine cette séance et s'adjuge la pole position en seulement deux tours, avec un temps-canon (1'14''059'''). Barrichello place l'autre Ferrari au troisième rang et partira du côté propre de la piste. Doté d'un châssis neuf, Coulthard est le seul à menacer Schumacher et échoue au deuxième rang, à tout de même 8/10es du pilote allemand. Häkkinen (6e) déplore un gros sous-virage sur sa McLaren-Mercedes. Les Williams-BMW sont peu compétitives sur ce circuit réclamant beaucoup d'appui. R. Schumacher (4e) fait pourtant bonne figure, à une seconde de son frère, mais Montoya (8e) ne parvient pas à corriger le sous-virage de sa FW23. Trulli hisse une Jordan-Honda bien équilibrée au cinquième rang. Alesi se classe 12e pour sa première sortie avec l'EJ11. Les Sauber-Petronas (Heidfeld 7e, Räikkönen 9e) sont à nouveau qualifiées dans les dix premières, malgré un léger sous-virage.
Les BAR-Honda sont encore en retrait: Villeneuve (10e) peine à régler son châssis et Panis (11e) subit des coupures électriques et électroniques. Les Jaguar-Ford (de la Rosa 13e, Irvine 14e) sont bien équilibrées mais manquent de vélocité. Les Benetton-Renault déçoivent: Fisichella (15e) déplore un manque d'adhérence et Button (17e) emprunte le mulet, réglé pour son équipier, après une énième casse moteur. La Prost-Acer est ici très mal équilibrée. Frentzen (16e) fait de son mieux pour rester en piste, tout comme Burti (19e) qui découvrait ce circuit. Alonso réalise une superbe performance en hissant sa Minardi remaniée au 18e rang. Marques (22e) accumule les tête-à-queue et échappe de justesse au couperet des 107 %. Enfin, rien ne va chez Arrows-Asiatech: Bernoldi (20e) subit une coupure de moteur et Verstappen (21e) abîme son fond plat sur un trottoir.
Le Grand Prix
Dimanche matin, M. Schumacher et Coulthard passent leur échauffement à tester leur voiture de course et leur mulet. Bien que les Ferrari se montrent très rapides, c'est l'Écossais qui signe le meilleur chrono (1'16''915''') de cette séance.
L'après-midi, le thermomètre affiche 31°C dans l'atmosphère et plus de 43°C sur le bitume. Bridgestone et Michelin ont recommandé le choix de pneus assez durs pour limiter l'attrition. Deux arrêts aux stands s'imposent cependant. McLaren a confié à Häkkinen une stratégie à trois arrêts qui ne sera opérante que s'il s'extrait de la troisième ligne. Son équipier Coulthard espère lui conserver sa deuxième position entre les deux Ferrari, mais ce ne sera pas facile puisqu'il s'élancera du côté poussiéreux de la piste.
Départ: M. Schumacher reste en tête tandis que Coulthard tente de bloquer Barrichello, mais ce dernier le déborde sans difficulté par l'extérieur avant même le premier freinage. R. Schumacher reste quatrième. Heidfeld tente de surprendre Trulli par l'extérieur, mais leurs roues se frôlent et le jeune Allemand est poussé vers l'extérieur. Häkkinen double ainsi la Sauber. Irvine dérape sur la poussière, n'arrive pas à tourner et s'évanouit en tête-à-queue dans les graviers.
1er tour: Marques essaie de déborder Frentzen par l'extérieur au deuxième tournant, mais ce dernier ne le voit pas, et le jeune Brésilien doit traverser la pelouse pour éviter la collision. M. Schumacher mène devant Barrichello, Coulthard, R. Schumacher, Trulli, Häkkinen, Heidfeld, Montoya, Räikkönen et Panis. Verstappen a pris un superbe envol, du 21e au 15e rang.
2e: Le drapeau jaune est brandi au premier virage, le temps que les commissaires évacuent la Jaguar d'Irvine. Schumacher compte une seconde et demie d'avance sur Barrichello, un peu plus de deux secondes sur Coulthard.
3e: Coulthard reste au contact des Ferrari. R. Schumacher est relégué à cinq secondes de son frère.
4e: M. Schumacher devance Barrichello (1.2s.), Coulthard (2.2s.), R. Schumacher (5.5s.), Trulli (7.5s.), Häkkinen (8.8s.), Heidfeld (9s.), Montoya (9.6s.), Räikkönen (10.2s.) et Panis (11s.).
6e: Les écarts sont stables en tête de l'épreuve. Cinquième, Trulli fait bouchon devant Häkkinen, Heidfeld et consorts. Pénalisé de 10 secondes pour un départ anticipé, Button passe aux stands pour subir ce « stop-and-go ».
7e: M. Schumacher précède Barrichello (1.3s.), Coulthard (2.1s.), R. Schumacher (7.5s.), Trulli (12s.), Häkkinen (12.5s.), Heidfeld (13s.), Montoya (14s.), Räikkönen (15s.), Panis (17s.), Villeneuve (18s.) et de la Rosa (22s.).
9e: Barrichello revient à moins d'une seconde de Schumacher. Coulthard évolue à un peu plus de deux secondes du leader. Gêné par des pneus bullés, Burti dérape dans l'avant-dernière courbe et atterrit à contre-sens dans les graviers. Il cale et ne repartira pas.
10e: Alesi assaille de la Rosa par l'intérieur du premier virage. L'aileron de la Jordan frôle la Jaguar, mais Alesi contourne celle-ci par l'extérieur et la déborde avec panache au second tournant.
11e: M. Schumacher passe à l'attaque, tourne en 1'18''697''' et repousse Barrichello à deux secondes et demie. Coulthard est dans le sillage du Brésilien.
12e: Schumacher compte maintenant trois secondes et demie d'avance sur son équipier. Bernoldi tente d'attaquer Alonso au sommet de la grande côte, mais il glisse, quitte la route et s'empêtre dans les graviers. C'est le troisième abandon du jour.
14e: M. Schumacher précède Barrichello (4.4s.), Coulthard (5.2s.), R. Schumacher (11.3s.), Trulli (23.5s.), Häkkinen (24.2s.), Heidfeld (25.2s.), Montoya (27.2s.), Räikkönen (29s.), Panis (32s.), Villeneuve (34s.) et Alesi (46s.).
15e: Les leaders rencontrent les premiers attardés Button et Marques. Schumacher tourne une seconde au tour plus vite que Barrichello, qui lui-même a repoussé Coulthard à deux secondes.
17e: Schumacher possède six secondes d'avantage sur Barrichello. Coulthard roule à sept secondes et demie du leader. R. Schumacher est isolé au quatrième rang, pendant que Häkkinen se morfond derrière Trulli.
19e: Schumacher prend un tour à Alonso. Coulthard reprend quelques dixièmes à Barrichello. Premier ravitaillement de Frentzen.
20e: M. Schumacher mène devant Barrichello (6s.), Coulthard (7.5s.), R. Schumacher (19s.), Trulli (35s.), Häkkinen (35.3s.), Heidfeld (36.5s.), Montoya (38s.), Räikkönen (39s.) et Panis (43s.). Alonso ravitaille. Fisichella fera de même au tour suivant.
22e: Les trois premiers prennent un tour aux retardataires Verstappen, Fisichella et de la Rosa.
23e: Coulthard a profité du dépassement des attardés pour recoller à Barrichello. Trulli contient un train comprenant Häkkinen, Heidfeld, Montoya et Räikkönen. Verstappen opère son premier pit-stop.
24e: M. Schumacher précède Barrichello (9.8s.), Coulthard (10.8s.), R. Schumacher (22s.), Trulli (48s.), Häkkinen (48.8s.), Heidfeld (49.5s.), Montoya (50s.), Räikkönen (50.6s.), Panis (54s.), Villeneuve (58s.) et Alesi (1m. 08s.).
26e: Räikkönen stoppe chez Sauber pour son premier pit-stop (7.3s.). Arrêt aussi de Marques.
27e: Schumacher porte son avance sur Barrichello à douze secondes. Coulthard est à quatorze secondes. Heidfeld effectue à son tour son premier ravitaillement et repart derrière Räikkönen. Panis passe aussi aux stands et ressort derrière les Sauber.
28e: M. Schumacher apparaît chez Ferrari pour son premier ravitaillement qui se déroule sans encombre (8.4s.). Il repart troisième et Barrichello hérite de la première place. Häkkinen et Montoya klaxonnent derrière Trulli. Arrêt de Button.
29e: Coulthard est dans la même seconde que Barrichello. Trulli arrive chez Jordan pour ravitailler. Le coupleur d'essence fonctionne mal et l'Italien repart au bout de 12 secondes, en 12e position, derrière Panis, et juste devant le duo Barrichello - Coulthard.
30e: Barrichello et Coulthard effacent Trulli. R. Schumacher effectue son premier ravitaillement (8.7s.) et garde sa quatrième place.
31e: Barrichello entre aux stands, ravitaille (9.1s.) et repart troisième. Coulthard prend les commandes avec dix secondes d'avance sur M. Schumacher. Villeneuve et Alesi stoppent de concert et repartent dans cet ordre. Arrêt aussi pour de la Rosa.
32e: Coulthard améliore tous les partiels pour creuser l'écart sur Barrichello, puis pénètre aux stands en fin de parcours.
33e: Coulthard reçoit de l'essence et des pneus neufs (8.5s.), puis réussit son pari puisqu'il retrouve la piste juste devant Barrichello. Montoya passe aussi aux stands et glisse derrière les Sauber. Seul Häkkinen n'a pas encore ravitaillé.
34e: M. Schumacher est leader devant Coulthard (12.6s.), Barrichello (15.4s.), R. Schumacher (25.6s.), Häkkinen (39s.), Räikkönen (1m. 01s.), Heidfeld (1m. 03s.), Montoya (1m. 05s.), Panis (1m. 12s.) et Trulli (1m. 16s.).
35e: Assez léger en essence, Coulthard revient à onze secondes de Schumacher et repousse Barrichello à près de trois secondes.
36e: Button part en tête-à-queue à la sortie du dernier virage et se retrouve à contre-sens en pleine piste, moteur calé. Le jeune Anglais quitte rapidement son habitacle et les commissaires se précipitent pour retirer la Benetton.
38e: M. Schumacher compte dix secondes d'avance sur Coulthard. Häkkinen effectue un premier ravitaillement très court (6.8s.) et demeure en cinquième position.
39e: Alonso bloque ses roues au premier freinage, pirouette et atterrit dans le bac à graviers, d'où il ne repartira pas.
40e: M. Schumacher devance Coulthard (11.5s.), Barrichello (13.3s.), R. Schumacher (26s.), Häkkinen (54s.), Räikkönen (1m. 05s.), Heidfeld (1m. 07s.), Montoya (1m. 09s.), Panis (-1t.), Trulli (-1t.), Villeneuve (-1t.) et Alesi (-1t.).
41e: Coulthard ne revient plus sur Schumacher et lui concède même quelques centièmes à chaque tour. En revanche, son équipier Häkkinen est désormais le plus rapide en piste.
42e: Barrichello est revenu à seulement une seconde de Coulthard qui perd du temps derrière Trulli.
44e: M. Schumacher mène devant Coulthard (13s.), Barrichello (14s.), R. Schumacher (30s.), Häkkinen (52s.), Räikkönen (1m. 07s.), Heidfeld (1m. 08s.), Montoya (1m. 10s.), Panis (-1t.) et Trulli (-1t.).
46e: Tout va bien pour Schumacher qui garde une douzaine de secondes de marge sur Coulthard, toujours menacé par Barrichello. Fisichella effectue son deuxième arrêt-ravitaillement.
47e: Räikkönen subit son deuxième arrêt et parvient à repartir devant Panis et Trulli.
48e: Häkkinen tourne 1'16''803''' et revient à dix-huit secondes de R. Schumacher. Trulli se plie encore à un arrêt bien long (9.5s.).
49e: Schumacher possède quatorze secondes d'avance sur Coulthard. Barrichello est à une seconde de l'Écossais.
50e: Montoya ravitaille une deuxième fois (8.2s.) et repart derrière Panis. Villeneuve refait le plein, prend des pneus neufs (8.3s.) et se retrouve derrière les Jordan.
51e: Coulthard et Barrichello améliorent leurs chronos, mais l'intervalle entre eux demeure d'une seconde. Häkkinen réalise le meilleur tour de la course (1'16''723'''). Heidfeld subit son deuxième pit-stop et fait une bonne affaire puisqu'il repart devant Räikkönen. L'Allemand doit cependant composer avec des coupures moteur en ligne droite.
52e: M. Schumacher apparaît chez Ferrari, reçoit du carburant et des Bridgestone neufs (8.6s.). Coulthard est provisoirement en tête. R. Schumacher ravitaille pour la seconde fois (9s.) et reste au quatrième rang.
53e: Barrichello arrive aux stands pour un pit-stop un peu longuet (8.5s.), puis repart en troisième position. Montoya assaille Panis par l'extérieur du premier virage, mais il dérape, sort dans la pelouse et retrouve difficilement le circuit. Second arrêt pour Alesi.
54e: Après avoir de nouveau mis la gomme pendant ses deux tours en tête, Coulthard rejoint le stand McLaren à la fin de cette boucle. M. Schumacher retrouve le commandement. Deuxième arrêt de Frentzen.
55e: Coulthard ravitaille. Hélas, ses mécaniciens peinent à désaccoupler le tuyau d'essence et l'arrêt dure 10 secondes. Lorsque l'Écossais reprend la piste, Barrichello est passé. Pour ne rien arranger, il se retrouve derrière Fisichella et perd ainsi de précieux dixièmes. Panis ravitaille pour la seconde fois, de même que de la Rosa, Verstappen et Marques.
56e: M. Schumacher possède douze secondes d'avance sur Barrichello, quatorze secondes sur Coulthard. Trulli gare sa Jordan dans la pelouse à cause d'une panne de sa centrale hydraulique.
57e: Häkkinen subit un deuxième pit-stop très court (6.6s.) et repart en cinquième position. Il doit s'arrêter encore une fois.
58e: M. Schumacher mène un train de sénateur et laisse Barrichello revenir à huit secondes. Häkkinen est déjà sur les talons de R. Schumacher. Victime de coupures électriques, Panis regagne le stand BAR et met pied à terre.
59e: M. Schumacher précède Barrichello (7s.), Coulthard (8.6s.), R. Schumacher (40s.), Häkkinen (40.6s.), Heidfeld (-1t.), Räikkönen (-1t.), Montoya (-1t.), Villeneuve (-1t.) et Alesi (-1t.).
61e: Sept secondes séparent les deux pilotes Ferrari. Häkkinen met la pression sur R. Schumacher qui se débat avec beaucoup de sous-virage. Mais en ligne droite, les 850 chevaux du V10 BMW sauvent la mise au pilote allemand.
63e: Häkkinen tente de surprendre R. Schumacher avant le virage n°2, par la droite, puis par la gauche, mais sans succès.
64e: M. Schumacher est premier devant Barrichello (7.5s.), Coulthard (8s.), R. Schumacher (45s.), Häkkinen (45.5s.), Heidfeld (-1t.), Räikkönen (-1t.) et Montoya (-1t.).
65e: Coulthard tente de mettre la pression sur Barrichello. Frentzen pirouette dans le second tournant et échoue dans l'herbe. Pour la première fois cette saison, aucune Prost ne sera à l'arrivée.
66e: Häkkinen reste dans le sillage de R. Schumacher sans pouvoir l'attaquer. Marques abandonne suite à une chute de pression d'huile.
68e: M. Schumacher compte sept secondes d'avance sur Barrichello, toujours talonné par Coulthard.
70e: M. Schumacher est en tête devant Barrichello (7s.), Coulthard (7.7s.), R. Schumacher (47s.), Häkkinen (48s.), Heidfeld (-1t.), Räikkönen (-1t.), Montoya (-1t.), Villeneuve (-1t.) et Alesi (-1t.). Fisichella se gare dans les graviers avec un moteur fumant.
72e: Häkkinen rejoint son stand pour recevoir un petit jet d'essence. Le Finlandais reste cinquième, mais sa stratégie à trois arrêts a échoué. Panis reprend la piste avec un boîtier électrique tout neuf.
73e: Coulthard maintient la pression sur Barrichello, sans espoir de le doubler. Après un tour au petit trot, Panis rentre définitivement au garage.
75e: M. Schumacher devance Barrichello (5.5s.), Coulthard (6.3s.), R. Schumacher (49s.), Häkkinen (1m. 09s.) et Heidfeld (-1t.).
77e et dernier tour: Michael Schumacher remporte son 51e Grand Prix et son quatrième titre mondial. Barrichello finit deuxième et permet à Ferrari de remporter le championnat des constructeurs. Coulthard complète le podium. R. Schumacher finit quatrième, Häkkinen cinquième. Heidfeld (6e) décroche un nouveau point pour Sauber. Suivent Räikkönen, Montoya, Villeneuve, Alesi, de la Rosa et Verstappen.
Après la course: un Schumi quatre étoiles
Ce 19 août 2001, Michael Schumacher devient à deux titres l'égal d'Alain Prost, puisqu'il rejoint son record de victoires en Grands Prix (51) et surtout décroche sa quatrième couronne mondiale, à quatre courses de la fin de la saison. Jamais un pilote n'avait été couronné si tôt depuis Nigel Mansell en 1992. En outre, grâce à ce doublé, Ferrari remporte son onzième championnat des constructeurs, le troisième consécutif. Cela vaut bien une joyeuse douche au champagne sur le podium entre Michael Schumacher Rubens Barrichello et Jean Todt. David Coulthard lui-même n'hésite pas à asperger le patron de la Scuderia qui peut, enfin, tomber son masque marmoréen et savourer son succès. Image rare: Todt pleure de joie. Il admettra plus tard, du bout des lèvres, avoir eu la boule au ventre tout l'après-midi...
A peine sorti de son habitacle, Michael Schumacher embrasse son épouse Corinna, puis son frère Ralf et son équipier Rubens Barrichello. Il échange ensuite une franche poignée de mains avec David Coulthard, avant d'écraser une larme. Lui aussi a besoin d'évacuer la pression après un week-end haletant. « Je n'avais pas une grande confiance en arrivant ici, sans savoir bien pourquoi, dit-il. Et puis tout s'est bien mis en place. Bons essais, bons choix techniques, pole position, bon départ et victoire. » Schumacher assure ne pas avoir pensé plus que cela au championnat. « Ce n'est qu'à trois tours du but que je me suis dis: ''Tiens ? Le dénouement est proche !'' Mais je me suis reconcentré aussitôt, pour ne pas commette d'erreurs. Une fois la ligne franchie, alors j'ai vraiment réalisé. Pendant le tour de décélération, j'ai essayé de parler avec l'équipe, et comme d'habitude je n'ai pas su trouver les mots justes... Je suis sans doute un bon pilote, mais pas un phraseur. L'équipe qui nous entoure, Rubens et moi, est en tout cas vraiment fantastique. Une équipe dont je suis amoureux, qui reste toujours soudée, dans les bons comme dans les mauvais moments, et avec laquelle travailler est un bonheur. »
Cette campagne 2001 fut menée de main de maître par la Scuderia Ferrari qui excelle dans tous les domaines, sportif, technique, stratégique, grâce à sa fantastique « dream team » menée par Jean Todt. La puissante et complexe machine patiemment assemblée par le Français depuis 1993 semble enfin donner sa pleine mesure. La F2001 conçue par le tandem Ross Brawn - Rory Byrne est incontestablement la meilleure voiture du peloton, pas toujours la plus rapide certes, mais la plus fiable et la plus constante. Michael Schumacher, égal à lui-même, a survolé les débats et remporté sept victoires en treize courses, quitte à parfois transcender sa monoplace. « Ce ne fut pas une saison si facile que cela, précise-t-il. Hormis les deux premiers Grands Prix en Australie et en Malaisie, nous n'avons jamais vraiment dominé. À chaque course, nous nous demandions à quoi nous attendre. David Coulthard a bien mené sa barque au début, mais McLaren s'est égarée. Sans cela, le championnat aurait été serré jusqu'au bout. » Rubens Barrichello s'est comporté pour sa part en lieutenant loyal et serein, malgré quelques accès de mauvaise humeur. L'infatigable pilote d'essais Luca Badoer a limé des milliers des kilomètres de bitume et ne doit pas être oublié. En course, Ferrari a aussi imposé sa loi grâce aux brillantes stratégies concoctées par Ross Brawn et une exécution dans les stands proche de la perfection. Bref, cette Scuderia là semble partie pour régner de longues années sur la Formule 1. « Notre équipe est constituée de personnalités extraordinaires. Avec beaucoup de sacrifices et beaucoup de travail, ils ont réussi à vaincre nos rivales, les meilleurs équipes du monde », se félicite le président Luca di Montezemolo. Pour l'heure, il reste encore quatre courses à disputer, et l'objectif de Schumacher est simple: « Gagner, encore gagner ! » Et Rubens Barrichello ? Il ne compte que cinq points de retard sur David Coulthard et peut légitimement viser le titre honorifique de vice-champion... « Rubens est un élément-clé de notre fantastique équipe, proclame Schumacher. Ce n'est pas par hasard si nous obtenons de si bons résultats depuis qu'il est avec nous. Son travail en essais privés est excellent. Alors oui, si je peux l'aider, je le ferais volontiers. C'est ainsi que nous fonctionnons. »
Malgré tous ses ennuis de patron d'équipe, Alain Prost trouve le temps de passer au stand Ferrari pour féliciter Jean Todt et Michael Schumacher, son nouvel égal en nombre de victoires, pour peu de temps sans doute. « La seule question est de savoir combien de victoires remportera Michael. Peut-être 60, peut-être 70 ? s'interroge l'autre quadruple champion du monde. En tout cas, il est l'un des meilleurs pilotes de l'Histoire. Il mérite vraiment sa réussite. » Prost ne peut toutefois s'empêcher de penser que son record aurait sans doute pu être battu par quelqu'un d'autre: « Quand je me suis retiré en 1993, Ayrton Senna avait gagné 41 fois. Il m'aurait sûrement devancé, s'il avait vécu... Mais l'important, c'est que mon record ait été battu par un grand champion comme Schumacher. »
Enfin, il ne faut pas méconnaître que le triomphe de Ferrari est aussi celui de Bridgestone qui gagne sur tous les tableaux pour la quatrième année d'affilée. Cette saison, le manufacturier japonais a fait face à l'âpre concurrence de Michelin et jeté toutes ses forces dans cette bataille. Ce qui a impliqué de faire des choix stratégiques, notamment celui de renforcer la synergie avec Ferrari, face à la menace du trio Williams-BMW-Michelin. L'équipe italienne a ainsi toujours bénéficié en priorité des nouveaux produits japonais. Et McLaren s'est trouvée quelque peu délaissée par son fournisseur. Ron Dennis en est très amer: n'est-ce pas avec son équipe que Bridgestone a remporté ses premiers titres en 1998 ? Voilà de quoi le pousser dans les bras de Bibendum pour 2002...
McLaren a justement fait ce qu'elle a pu ce dimanche pour troubler la chevauchée des Ferrari. Mika Häkkinen avait adopté une audacieuse stratégie à trois arrêts, ruinée d'emblée puisqu'il fut incapable de doubler la lente Jordan de Jarno Trulli. De son côté, David Coulthard est parvenu à s'immiscer entre les deux F2001 lors du second relais, mais un mauvais arrêt lui a fait perdre cette seconde place, qui n'aurait certes rien changé au dénouement des championnats. Beau joueur, le pilote écossais s'en tient à féliciter les vainqueurs: « Michael mérite amplement ce titre. Il n'a commis aucune erreur et a toujours exploité le maximum de son matériel. Ce fut encore le cas aujourd'hui. J'ai fait de mon mieux malgré un sous-virage trop prononcé. En fait, tout s'est joué au départ: j'étais du côté sale de la piste, donc très désavantagé... Pour ce qui concerne la saison dans son ensemble, je suis heureux d'avoir concouru à un meilleur niveau, ce qui m'a donné beaucoup de confiance. Mais nous n'avions pas la voiture pour battre Ferrari cette année. Tout ce qu'il nous reste à faire, c'est retourner à la planche à dessin... » « Schumacher doit ce quatrième titre à son seul talent et qu'il le remporte si tôt est entièrement mérité », ajoute Häkkinen. Ron Dennis est contraint d'abonder dans le même sens et donne rendez-vous à Ferrari en 2002 pour la revanche. Toutefois, le duel Gris vs. Rouges à l'œuvre depuis 1998 est désormais bel et bien troublé par un troisième larron, l'entité Williams-BMW...
Sources :
- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001
- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001
- Sport auto, septembre 2001
- Auto hebdo, 22 août 2001
- Archives Autosport
Tony