E. Jordan vire H-H. Frentzen
Présentation de l'épreuve
Cet été 2001, les F1 traversent pour la dernière fois à 350 km/h la forêt d'Hockenheim. En effet, l'an prochain, ils emprunteront un tout nouveau circuit, conçu par l'architecte Hermann Tilke, qui consistera en une extension vers l'est de l'actuel Stadium. Cette nouvelle piste offrira plus de possibilités de dépassements, et surtout sera environnée de tribunes ultra-modernes qui permettront d'accroître significativement l'affluence, de 83 000 à 120 000 places assises. Quant à la portion forestière de l'actuel tracé, elle sera rendue à Dame Nature. Des sapins seront plantés là où vrombissent les bolides pour encore quelques semaines. Hermann Tilke et le directeur du projet, le Dr. Rainer Vögele, ont présenté fin 2000 les plans au maire d'Hockenheim Gustav Schrank. Ce dernier a ensuite organisé un référendum dans sa commune pour approuver la construction du nouveau circuit, idée largement soutenue par des citoyens soucieux de conserver une telle manne économique. Le coût des travaux est estimé à 61 millions d'euros et ceux-ci devraient commencer en février 2002 pour s'achever en juin, soit juste avant le prochain Grand Prix d'Allemagne.
Cette course est bien sûr l'événement le plus important de la saison pour les deux marques allemandes Mercedes et BMW qui sont cette année en rivalité directe. Leurs clientes respectives McLaren et Williams se disputent en effet la seconde place du championnat des constructeurs derrière Ferrari. Pour bien marquer son territoire, Mercedes a acheté 5000 places en tribunes pour ses salariés contre « seulement » 1500 pour BMW. Ce rendez-vous est aussi bien sûr l'occasion de prestigieuses opérations promotionnelles. Ralf Schumacher prend ainsi un bain de foule à la grande usine BMW située aux portes de Munich. Il harangue les ouvriers bavarois en caressant leur chauvinisme: « Je vous promets de remporter encore au moins une course cette saison. Ici, nous sommes dans une ville gagnante ! » Allusion à la récente victoire du Bayern Munich en Ligue des champions de football... Plus à l'ouest, en Souabe, Mika Häkkinen et David Coulthard visitent les ateliers de Mercedes à Stuttgart-Untertürkheim. Les deux représentants de McLaren affichent une certaine sérénité après la victoire de Häkkinen à Silverstone. Le Finlandais a le sourire: « Grâce à ce succès, j'ai enfin passé un lundi heureux. » Coulthard rumine certes encore un peu son abandon: « Si Trulli ne m'avait pas viré, avec Mika nous aurions signé un doublé. En plus, je suis sûr qu'il m'aurait laissé passer ! » Et lorsqu'ils visitent le musée Mercedes, leur chaperon Norbert Haug rallume les ambitions: « Nos succès de 1998 et 1999 ne sont pas enfouis dans un passé poussiéreux. »
Michael Schumacher n'est guère prophète en son pays. Sa dernière et unique victoire dans son Grand Prix national remonte en effet à six ans, en 1995 sur Benetton-Renault. Le « Kaiser » n'a encore jamais triomphé à Hockenheim avec Ferrari, une série qu'il compte bien briser ce week-end afin de se rapprocher encore un peu plus de son quatrième titre mondial. Et aussi, accessoirement, pour rejoindre Alain Prost au palmarès avec une 51e victoire, même s'il s'agace d'entendre tout le temps parler de ce record. « Je ne gagne pas sur commande ! » lâche-t-il, bougon, à quelques journalistes italiens. « Nous n'avons pas besoin de vaincre à tout prix, laissons les choses se décanter », ajoute Jean Todt qui ne pense qu'aux deux championnats.
Si à Silverstone Michael Schumacher craignait (avec raison) les McLaren-Mercedes, il a ce week-end toutes les raisons de redouter la concurrence des Williams-BMW dont la surpuissante cavalerie devrait chevaucher à plein galop dans les longues lignes droites de la forêt. Les essais privés réalisés par cette équipe à Monza lui ont donné beaucoup d'espoirs. « Ce circuit avec 60 à 70 % de pleine charge sur un tour devrait nous convenir, confirme Mario Theissen. Il est certes le plus exigeant, mais il nous sert de référence au banc d'essai à Munich. » Ralf Schumacher rêve pour sa part de gagner à domicile, mais se veut prudent: « Le plus dur sera de trouver le bon équilibre pour avoir assez d'appui dans la portion tortueuse du Stadium et la vitesse voulue dans les lignes droites. Pour ce qui concerne le pilotage, ce circuit n'est pas très intéressant, mais cela est compensé par l'atmosphère bouillante du Stadium. On se croirait au cœur d'un stade de football ! » Juan Pablo Montoya garde pour sa part de bons souvenirs de ses expériences ici en F3000 (en 1997 et 1998), toujours achevées dans les points, et compte bien voler la vedette à son équipier.
Car Williams doit aussi gérer la rivalité grandissante entre ses deux pilotes. Ceux-ci se regardent en chiens de faïence depuis le début de l'année. À Silverstone, la tension a monté d'un cran lorsque Ralf Schumacher a refusé de laisser passer Juan Pablo Montoya, pourtant sur une stratégie décalée, malgré les appels radio de Patrick Head. Celui-ci les a morigénés séparément pour éviter que la situation dégénère. Toutefois, les deux hommes sont au moins d'accord pour constater leur inimitié. « On ne s'entend pas, on ne se parle même pas ! Mais peu importe, ce n'est pas l'amitié qui fait aller vite les voitures ! » lâche Montoya. « C'est vrai que le courant ne passe pas, acquiesce Schumacher. Mais l'affaire de Silverstone n'y est pour rien, c'est comme ça depuis le début de la saison. » Si Montoya a certes un sacré caractère, beaucoup relèvent que Ralf Schumacher semble avoir adopté pour principe de se brouiller avec chacun de ses équipiers. Giancarlo Fisichella, Damon Hill, Alessandro Zanardi et Jenson Button gardent tous un piètre souvenir de lui...
Le divorce est presque consommé entre Jean Alesi et Prost GP. Après un GP de France catastrophique, le pilote avignonnais avait cru bon de « vider son sac » dans un entretien donné au quotidien L'Équipe, publication qui a fait bondir Alain Prost. N'arrangeant pas son cas, Alesi a ensuite révélé certains secrets techniques, comme le fait que l'AP04 évoluée ne pouvait pas fonctionner parce qu'elle avait été testée en soufflerie avec des roues avant étroites, alors que Michelin fournissait des pneus plus larges depuis quelques mois... Au lendemain du GP de Grande-Bretagne, Jean-le-bavard a reçu une lettre du cabinet d'avocats de Prost GP lui signifiant qu'il avait contrevenu à quatre points de son contrat et devait se considérer comme mis à pied, à moins de consentir à une retenue de 500 000 dollars sur son salaire ! Alesi a éclaté de colère. Depuis lors, sa décision est prise: il claquera la porte au soir de ce GP d'Allemagne.
Le 25 juillet, Craig Pollock confirme la reconduction de Jacques Villeneuve et Olivier Panis chez BAR-Honda pour la saison 2002. En soi, rien de bien surprenant, si ce n'est que le manager canadien a avancé cette annonce d'une bonne semaine. L'éviction d'Heinz-Harald Frentzen par Eddie Jordan lui a fait revoir ses plans. En effet, après le GP de Grande-Bretagne, Jacques Villeneuve s'est entretenu avec Ron Dennis, toujours à la recherche d'un successeur pour Mika Häkkinen, puis surtout avec Eddie Jordan. La nature de ces échanges n'est pas connue mais aisément devinable. En guerre avec Jordan pour obtenir à terme l'exclusivité du moteur Honda, Pollock serre Villeneuve de près. Voilà pourquoi il a précipité l'annonce du renouvellement de son contrat qui avait été signé quelques jours plus tôt... Quant à Olivier Panis, auteur d'une première saison impeccable avec BAR, sa reconduction n'a pas fait question.
Vendredi 27 juillet, Tom Walkinshaw et Niki Lauda officialisent le partenariat Arrows-Ford-Cosworth pour les deux prochaines saisons (2002-2003). Comme le souhaitait l'Écossais, Arrows bénéficiera du même V10 que l'équipe d'usine Jaguar, et ce bien que Bobby Rahal ait d'abord mis son veto à cette option. Mais Lauda a insisté auprès de la direction sportive de Ford pour que Walkinshaw bénéficie de cette faveur. Wolfgang Reitzle a donné son accord: fournir deux moteurs est un gage de reconnaissance pour Ford et permettra de rentabiliser la conception des moteurs. Toutefois, Arrows devra débourser 15 millions de dollars par an, alors que cette année la fourniture de V10 Asiatech était gratuite. « A priori, cela me coûte plus cher, mais j'y gagne en crédibilité », commente Walkinshaw. Reste qu'il s'agira du quatrième changement de moteur pour Arrows en quatre ans... Le responsable du marketing Daniele Audetto se veut toutefois rassurant: « Nous changeons de moteur tous les ans, ce qui est complexe à gérer. Mais au moins, avec Ford, on sait où on met les pieds. » Les techniciens d'Asiatech apprécieront...
Ove Andersson est convié à la traditionnelle conférence de presse des patrons d'écuries pour évoquer l'avancement du programme Toyota F1. L'ancien pilote de rallye précise que le choix des pilotes pour 2002 n'est pas encore arrêté. Pas moins de seize noms figureraient sur sa liste de contacts, même s'il indique être très satisfait de ses essayeurs Mika Salo et Allan McNish. Toyota continue en outre d'étoffer son staff et lorgne encore vers Minardi. Après avoir recruté Gustav Brunner, la marque japonaise a approché Gabriele Tredozi, son successeur à la tête du département technique de Faenza, ce dont Giancarlo Minardi se plaint sans détours.
Samedi matin, Slavica Ecclestone, l'épouse du dictateur de la Formule 1, s'offre une séance de photographies à même la piste en tenue très suggestive. Cet ex-top model de 43 ans possède encore il est vrai tous les atouts pour se permettre ce genre de « shooting », mais certains grincheux trouvent cette exhibition d'assez mauvais goût. Pendant que Madame Ecclestone se dénude, Monsieur expose à l'aérodrome le plus proche son puissant Falcon blanc immatriculé BE999, BE pour Bernie Ecclestone évidemment. Cet appareil est baptisé « Mystery », un jeu de mots avec « Mister E »...
La plupart des écuries ont préparé ce rendez-vous par des séances d'essais disputées les 18 et 19 juillet sur le circuit de Monza, celui qui offre le plus d'analogie avec l'Hockenheimring. Michael Schumacher s'y est fait une belle frayeur lorsque le fond plat de sa F2001 s'est fissuré à haute vitesse, entraînant une brutale perte d'adhérence et un rude accident. Cependant la Scuderia assure avoir détecté la faille et que cet incident ne se reproduira plus.
Comme toujours, les bolides sont ici très faiblement gréées pour ce circuit ultra-rapide. La Ferrari arbore sa configuration aérodynamique minimale, caractérisée par des profils de diffuseur très recourbés. La F2001 sera propulsée en course par l'évolution du V10 050, jusqu'alors utilisée seulement en qualifications, tandis que sont montés des disques de freins spéciaux, dotés d'importants orifices d'aération, imaginés par Oram, le bureau d'études de Mauro Forghieri. McLaren a testé à Monza une nouvelle boîte et une suspension arrière remaniée, pas encore validées, et se contente d'apporter son package aérodynamique « grande vitesse », plus appuyé que celui testé en Italie. La Williams FW23 est munie d'un aileron arrière avec une corde légèrement accrue par rapport aux précédentes visites ici, preuve que le V10 BMW peut « tirer » une charge encore significative. Sauber teste deux types d'aileron avant: l'un avec des supports verticaux, l'autre avec le V renversé type Benetton. La BAR 003 perd son « bulbe » derrière l'aileron avant et est percée de nouvelles ouvertures. Panis éprouve une grosse pédale qui doit permettre de freiner à la fois du pied droit et du pied gauche. Arrows se distingue avec les plus petits ailerons arrière du plateau. Alonso roule en essais libres avec la version B de la Minardi PS01, dotée d'un empattement raccourci de 28 mm, d'une nouvelle carrosserie, de suspensions retravaillées et de la toute nouvelle boîte de vitesses en titane. L'Espagnol reprend ensuite la version A pour le reste du week-end. Enfin, ce Grand Prix va se dérouler dans la fournaise estivale, et le comportement des pneus Michelin et Bridgestone sera bien sûr décisif.
Essais et qualifications
Les essais du vendredi ont lieu par une forte chaleur, le mercure dépassant les 30°C l'après-midi. Les voitures chaussées par Michelin se mettent en valeur. Irvine crée la surprise en signant avec sa Jaguar le meilleur temps de la journée (1'41''424''') devant Montoya. Samedi matin, les Williams-BMW dominent les derniers essais libres. Le meilleur chrono revient à R. Schumacher (1'39''188''') devant Montoya et M. Schumacher.
Le mercure est toujours élevé pour les qualifications, dominées par les Williams-BMW. La fin de la séance est perturbée par un accident de Burti et un moteur explosé pour Button, deux incidents qui empêchent toute amélioration. Montoya décroche la première pole position de sa carrière (1'38''117'''), un souffle devant R. Schumacher (1'38''136'''). Williams n'avait plus monopolisé la première ligne depuis quatre ans. Pour Michelin, cela remontait à 1984 ! Häkkinen (3e) est le plus rapide des pilotes chaussés par Bridgestone, malgré quelques soucis électriques sur sa McLaren-Mercedes. Il est toutefois repoussé à 7/10e de la pole. Coulthard (5e) compose avec du survirage et des cloques sur ses pneus arrière. La Ferrari manque ici un peu de vitesse de pointe. M. Schumacher (4e) rend 8/10e aux Williams et Barrichello (6e) une seconde et demie ! Les Sauber-Petronas de Heidfeld (7e) et Räikkönen (8e) monopolisent la quatrième ligne. Le V10 Ford-Cosworth donne enfin sa pleine mesure et permet aux Jaguar (de la Rosa 9e, Irvine 11e) de bien figurer.
Chez Jordan, Trulli (10e) est stoppé par l'explosion de son moteur Honda lors de sa troisième tentative. Zonta (15e) se montre excessivement prudent. Toujours difficiles à équilibrer, les BAR-Honda (Villeneuve 12e, Panis 13e) ne sont pas dans le coup. Sur le point de rompre avec son équipe, Alesi (14e) se dit pourtant content de sa Prost-Acer. Burti (16e) heurte le mur en fin de séance. Beaucoup de problèmes de fiabilité chez Benetton-Renault: Fisichella (17e) doit changer de moteur pour disputer cette séance et Button (18e) subit une panne de boîte de vitesses avant de voir son V10 partir en fumée. Les Arrows-Asiatech sont en avant-dernière ligne. Bernoldi (19e) devance Verstappen (20e), auteur d'un tête-à-queue. Les Minardi viennent ensuite, et Alonso (21e) relègue à huit dixièmes Marques (22e), victime de soucis de sélection de vitesses.
Cette première pole position de Juan Pablo Montoya devant Ralf Schumacher donne des sueurs froides à Patrick Head. Après les événements de Silverstone, le codirecteur de Williams-BMW craint par-dessus tout un règlement de compte entre ces deux têtes de mule, d'autant que Schumacher aura à cœur de s'imposer à domicile. Aussi les sermonne-t-il avec sévérité: « Vous êtes libres de vous battre, mais n'oubliez pas que vous courez pour la même équipe. Alors, pas d'embrouille au départ ! »
Le Grand Prix
Dimanche matin, le warm-up est très animé. Montoya tombe en panne, Trulli casse un moteur, tandis que Zonta et Alonso se mettent dans le décor. En tout, le drapeau jaune est brandi plus de vingt minutes ! R. Schumacher signe le meilleur chrono (1'42''621''').
L'après-midi, le thermomètre affiche 33°C et la course se déroule sous une chaleur écrasante, à telle enseigne qu'un risque d'orage n'est pas exclu. La plupart des pilotes partent pour un seul ravitaillement, mais Barrichello, Panis, Alonso, les Sauber, Jaguar et Arrows devraient stopper deux fois. Sur la grille, M. Schumacher signale à son équipe qu'il a du mal à passer les rapports. Les techniciens procèdent alors à une réinitialisation du logiciel de la boîte. La Minardi d'Alonso s'enflamme au cours du tour d'installation. Le jeune Espagnol, qui fête aujourd'hui ses 20 ans, saute dans la voiture de Marques. Il partira depuis les stands, tout comme Marques qui évoluera sur le mulet.
Départ: Montoya garde l'avantage devant R. Schumacher et Häkkinen. M. Schumacher ne parvient pas à enclencher la deuxième vitesse et se retrouve au ralenti au beau milieu de la piste. Aveuglé par Panis et Zonta, Burti n'aperçoit pas la Ferrari et la percute de plein fouet. Il décolle sur la Ferrari comme sur un tremplin, puis, museau en l'air, exécute une effrayante pirouette avant de retomber à l'envers un cheveu devant l'Arrows de Bernoldi. La Prost rebondit, se retourne, traverse la piste puis le bac à graviers, et s'écrase dans la muraille de pneus. Burti sort heureusement sans peine dans son habitacle tandis que Schumacher, planté au milieu du virage avec un train arrière détruit, vient aux nouvelles du jeune Brésilien. Bernoldi parvient à se défaire d'une des roues de Burti, tombée sur son ponton gauche.
1er tour: Pendant que les Williams s'échappent, Barrichello déborde Häkkinen avant la deuxième chicane qu'il finit par court-circuiter. À la lutte avec Coulthard, Räikkönen fait de même. Alonso s'immobilise avec une panne de transmission. La voiture de sécurité entre en piste tandis qu'un véhicule vient tracter la Ferrari de Schumacher. Montoya devance R. Schumacher, Barrichello, Häkkinen, Coulthard, de la Rosa, Räikkönen, Irvine et Heidfeld.
2e: Charlie Whiting choisit finalement de présenter le drapeau rouge car la piste est jonchée de débris au niveau du premier tournant. Le peloton regagne la grille de départ.
L'interruption dure vingt minutes et la course reprendra pour la distance originelle. Voilà qui sauve Michael Schumacher qui peut ainsi prendre le deuxième départ avec le mulet Ferrari. Le public allemand est évidemment ravi: son chouchou ne sera pas éliminé au départ pour la deuxième année consécutive... Luciano Burti repartira aussi malgré sa cabriole, sans doute à tort car il ne tardera pas à ressentir une douleur au bras gauche. Les deux pilotes Minardi seront cette fois sur la grille. Alonso retrouve sa voiture originelle et Marques son châssis attitré. À 14 heures 20, les vingt-deux voitures repartent pour un deuxième tour de formation.
Second départ: Montoya démarre très bien et demeure devant R. Schumacher, tandis que M. Schumacher attaque en vain Häkkinen par l'intérieur au premier virage. Suivent Coulthard, Barrichello, Heidfeld et de la Rosa.
1er tour: M. Schumacher déborde Häkkinen par l'extérieur à la première chicane. Juste derrière, Barrichello attaque Coulthard à l'intérieur, mais sans succès. Dans ce même virage, de la Rosa manque totalement son freinage et harponne Heidfeld avec violence. Le Rhénan part en tête-à-queue et le Catalan s'immobilise avec un train avant défoncé. Tous deux abandonnent. Après une rude bagarre, Barrichello déborde Coulthard par l'extérieur dans la courbe d'entrée du Stadium. En fin de tour, Montoya mène devant R. Schumacher, M. Schumacher, Häkkinen, Barrichello, Coulthard, Räikkönen, Irvine, Trulli et Villeneuve.
2e: Montoya compte deux secondes d'avance sur R. Schumacher. M. Schumacher est déjà à quatre secondes du Colombien pendant que Barrichello menace Häkkinen.
3e: Montoya a encore gagné une demi-seconde sur son équipier. Barrichello dépasse Häkkinen par l'extérieur à l'Ostkurve.
4e: Montoya mène devant R. Schumacher (3s.), M. Schumacher (6.5s.), Barrichello (7.8s.), Häkkinen (9.8s.), Coulthard (11.2s.), Räikkönen (13.3s.), Irvine (14.4s.), Trulli (16.6s.), Villeneuve (17s.), Verstappen (18.4s.) et Zonta (19.4s.).
5e: Montoya compte quatre secondes d'avance sur R. Schumacher. Les Ferrari et les McLaren sont semées par les Williams. Zonta heurte Verstappen au freinage d'une chicane et endommage son aileron avant.
6e: M. Schumacher laisse passer son équipier Barrichello, plus rapide car plus léger en essence. Zonta entre aux stands pour ravitailler et changer son museau après sa touchette avec Verstappen
7e: Montoya précède R. Schumacher (4.7s.), Barrichello (9s.), M. Schumacher (11s.), Häkkinen (15s.), Coulthard (17s.), Räikkönen (21s.) et Irvine (21.7s.). Verstappen opère le premier de ses deux ravitaillements.
8e: Montoya a décidément moins d'essence que R. Schumacher qu'il relègue à cinq secondes et demie. Zonta abandonne car ses canalisations de freins ont été arrachées lors du contact avec Verstappen.
10e: Montoya mène devant R. Schumacher (6.1s.), Barrichello (9.4s.), M. Schumacher (14.4s.), Häkkinen (19s.), Coulthard (22s.), Räikkönen (27s.), Irvine (28s.) et Trulli (32s.). Panis prend la 10e place à Villeneuve à la première chicane, puis vient menacer Trulli.
11e: Montoya compte près de sept secondes d'avance sur R. Schumacher. Barrichello est à moins de trois secondes de ce dernier.
12e: Panis déborde Trulli par l'extérieur de la première chicane, mais coupe légèrement celle-ci au freinage. L'Italien contre-attaque dans la ligne droite suivante mais il freine sur la partie sale de la piste, bloque le train arrière et part en tête-à-queue. Il se relance en 17e position.
13e: Barrichello est revenu à deux secondes de R. Schumacher. Irvine et Bernoldi effectuent leur premier arrêt-ravitaillement. Alonso fera de même au tour suivant.
14e: Häkkinen entame le Stadium avec un moteur fumant, conséquence d'une panne de pompe à huile. Il rejoint une échappatoire pour garer sa McLaren.
15e: Montoya précède R. Schumacher (8.3s.), Barrichello (11.7s.), M. Schumacher (21s.), Coulthard (31.5s.), Räikkönen (39.6s.), Panis (46.6s.), Villeneuve (50.2s.), Button (53s.) et Fisichella (55s.).
16e: Barrichello ne revient plus sur R. Schumacher: les Michelin semblent plus endurants que les Bridgestone. Räikkönen rejoint le stand Sauber au petit trot suite à un bris d'arbre de roue.
17e: Barrichello stoppe chez Ferrari pour son premier ravitaillement. Il reprend du carburant, chausse des pneus neufs (9s.), puis repart derrière Coulthard. Panis opère aussi un premier pit-stop. Räikkönen met pied à terre, de même que Irvine, frappé par une chute de pression d'essence.
18e: Montoya compte huit secondes d'avance sur R. Schumacher, vingt-trois secondes sur M. Schumacher. Les Williams-BMW améliorent le record du tour à chaque passage. Barrichello est sur les talons de Coulthard.
20e: Montoya réalise le meilleur tour de la course (1'41''808'''). Coulthard sort de la troisième chicane à la limite de la perte d'adhérence. Barrichello prend son aspiration puis le déboîte par l'extérieur dans l'Onkokurve. Coulthard résiste avant de s'incliner en sortie de courbe. Marques ravitaille.
21e: Montoya mène devant R. Schumacher (9.6s.), M. Schumacher (27.6s.), Barrichello (43.2s.), Coulthard (45.4s.), Villeneuve (1m. 03s.), Button (1m. 07s.), Fisichella (1m. 09s.), Alesi (1m. 14s.) et Trulli (1m. 23s.).
23e: Montoya arrive chez Williams pour son unique ravitaillement. Hélas, la pompe à essence ne fonctionne pas, et après vingt secondes de tergiversation, les mécaniciens changent de tuyau pour alimenter le réservoir. Montoya ne repart qu'au bout de trente secondes, juste derrière Barrichello. R. Schumacher est le nouveau leader.
24e: M. Schumacher subit son ravitaillement (10.7s.), puis repart en quatrième position. Il s'immobilise cependant après la première chicane à cause d'une avarie de pompe à essence. Villeneuve passe aux stands et repart entre Alesi et Trulli. Button ravitaille aussi et glisse derrière Panis qui doit encore stopper. Victime d'un bras gauche ankylosé, Burti tire tout droit au premier virage et s'écrase dans la pile de pneus qu'il connaît bien désormais. Il s'en tire sans mal.
25e: R. Schumacher atteint le stand Williams, prend de l'essence et des pneus frais (11s.), puis repart sans avoir cédé le commandement. Alonso ravitaille pour la seconde fois après un deuxième relais très court. Les commissaires évacuent la Ferrari de M. Schumacher. En fin de tour, l'hécatombe se poursuit: le moteur de Montoya explose dans le Stadium. Peut-être a-t-il mal supporté la longue immobilisation aux stands ? Le Colombien se range le long du muret des stands.
26e: R. Schumacher devance Barrichello (10s.), Coulthard (16s.), Fisichella (43s.), Villeneuve (1m. 02s.), Trulli (1m. 07s.), Panis (1m. 08s.) et Button (1m. 23s.). Alesi ravitaille et se relance derrière Button.
27e: Fisichella opère un court unique arrêt et fait une excellente affaire puisqu'il repart cinquième, devant Panis et son équipier Button. Trulli ravitaille et glisse derrière Alesi.
28e: Coulthard fait escale chez McLaren pour ravitailler (8.5s.) et reste troisième. Hélas, une fumée bleue s'échappe de la McLaren à la sortie des stands. Le V10 Mercedes explose et Coulthard n'a plus qu'à se garer dans l'herbe. Marques abandonne aussi suite à une panne de boîte de vitesses. Verstappen et Bernoldi se succèdent chez Arrows pour un second pit-stop.
30e: R. Schumacher devance Barrichello (10.5s.), Villeneuve (1m. 09s.), Fisichella (1m. 13s.), Panis (1m. 15s.), Button (1m. 16s.), Alesi (1m. 18s.), Trulli (-1t.), Bernoldi (-1t.), Verstappen (-1t.) et Alonso (-1t.).
31e: Panis ravitaille aussi pour le seconde fois (8.4s.) et chute au huitième rang. Il perd ainsi tout espoir d'inscrire un point.
32e: Barrichello se plie à son deuxième pit-stop. Cependant, le coupleur d'essence ne fonctionne pas et, comme Williams précédemment, Ferrari doit changer de tuyau. Barrichello repart après vingt secondes d'immobilisation, mais reste deuxième.
34e: Schumacher cadet compte 48 secondes d'avance sur Barrichello. Très loin de là, Villeneuve n'a que deux secondes d'avance sur Fisichella. Cinquième, Button est sous la menace d'Alesi.
35e: Trulli s'immobilise dans la forêt, moteur muet suite à une panne de pompe hydraulique. Il n'y a plus que dix voitures en piste.
36e: R. Schumacher précède Barrichello (48s.), Villeneuve (1m. 13s.), Fisichella (1m. 16s.), Button (1m. 22s.), Alesi (1m. 24s.) et Panis (1m. 39s.). Bernoldi et Verstappen se battent pour la huitième place.
38e: L'intervalle entre R. Schumacher et Barrichello atteint cinquante secondes. Panis remonte sur Alesi, mais est trop loin pour espérer le rattraper d'ici l'arrivée.
40e: Button rate son freinage à la dernière chicane et tire tout droit. Il conserve de justesse sa cinquième place devant Alesi.
41e: R. Schumacher mène devant Barrichello (49s.), Villeneuve (1m. 11s.), Fisichella (1m. 15s.), Button (1m. 23s.) et Alesi (1m. 24s.). Pendant ce temps-là, M. Schumacher, toujours dans la forêt, écoute la fin de la course sur un transistor !
42e: Verstappen déborde son équipier Bernoldi à l'Ostkurve, mais le jeune Brésilien reprend l'avantage par l'intérieur à la troisième chicane
43e: Alors qu'il revenait sur Villeneuve, Fisichella est déconcentré par un message radio de Flavio Briatore et commet un travers dans le Stadium. Il perd ainsi de précieuses secondes. Alesi et Button le rattrapent.
44e: Cinquante-et-une secondes séparent R. Schumacher et Barrichello. Villeneuve, Fisichella, Button et Alesi achèvent la course dans un mouchoir.
45e et dernier tour: Ralf Schumacher remporte le GP d'Allemagne. Barrichello finit deuxième. Villeneuve, troisième, grimpe sur son second podium de la saison. Fisichella (4e) et Button (5e) arrachent de gros points pour Benetton-Renault. Alesi apporte à Prost le point de la sixième place. Panis, Bernoldi, Verstappen et Alonso parviennent aussi à l'arrivée.
Après la course: R. Schumacher et BMW, triomphes allemands
Ralf Schumacher assure le troisième triomphe de la saison du trio Williams-BMW-Michelin, mais surtout savoure cette victoire à domicile assez inattendue, tant il semblait devoir subir la loi de son équipier Juan Pablo Montoya. Mais la guigne a de nouveau frappé le jeune Colombien. Simple malchance ? Schumacher ne le pense pas: « Nous savions que nous étions sur le fil côté moteur. Aussi lorsque j'ai vu Pablo (sic) forcer la cadence d'entrée de jeu, je me suis dis: ‘'OK, fais comme tu veux, moi je préserve mon moteur !'' Ma stratégie a bien fonctionné. Je me suis forgé une belle avance. Puis, lorsque Pablo a eu son problème, l'équipe m'a demandé de ralentir. Ce fut d'autant plus facile que Barrichello n'attaquait pas. » Bref, Ralf prétend avoir été plus malin que « Pablo ». Et lorsqu'on lui demande si sa prudence initiale ne provenait pas d'un ordre de BMW, il enfonce le clou: « Non, c'est moi qui ai pris ma décision. Montoya a fait sa course, moi la mienne... » Juan Pablo Montoya n'a pas besoin d'entendre les commentaires de son équipier pour monter dans les tours. Après son abandon, il s'enferme dans son motorhome sans répondre aux journalistes. Son désarroi est compréhensible car, après avoir signé sa première pole, rien ne semblait devoir le priver de sa première victoire en F1, jusqu'à ce que son équipe s'emmêle les pinceaux lors de son arrêt-ravitaillement. Puis le moteur BMW l'a (encore) trahi... Après s'être entretenu avec Frank Williams et Patrick Head, le bouillant Sud-Américain ravale sa déception pour délivrer quelques banalités à la presse. « Je suis tellement déçu que je ne trouve pas les mots pour décrire ce que je ressens ! » lâche-t-il. Mais son œil noir et sa mâchoire crispée parlent pour lui. Puis, il plie bagages avec sa compagne Connie, sans assister au triomphe de son équipier...
Si le cafouillage aux stands et la panne de Montoya font désordre, Williams et BMW ne boudent pas leur plaisir au soir de ce succès en terre allemande. « C'était évidemment le trophée que nous convoitions le plus cette saison ! » s'exclame Mario Theissen. Question de prestige national. Béhème a mis Merco K.O. Le V10 flanqué de l'hélice n'est pas le moteur le plus fiable du plateau, tant s'en faut, mais il est bien le plus puissant, et cette démonstration dans les longues lignes droites d'Hockenheim souligne les progrès accomplis par BMW, mais aussi par Williams qui parvient enfin à trouver un bon équilibre aérodynamique sur sa FW23. Il faut aussi saluer la performance de Michelin dont les produits ont fait merveille dans la fournaise: quatre des six premiers sont chaussés par Bibendum !
Michael Schumacher a vécu une après-midi mouvementée. Percuté au premier départ par Luciano Burti, il a ensuite mené une course anonyme avant d'abandonner. Certes déçu de ne pas gagner dans son pays, « Schumi » peut se réjouir de l'abandon de David Coulthard qui lui permet d'espérer coiffer la couronne trois semaines plus tard en Hongrie. « Je ne sais pas ce qui s'est passé au départ, raconte-t-il. Après la première vitesse, impossible d'enclencher la seconde. Je voyais toutes ces voitures me dépasser, à droite, à gauche, je priais pour qu'on m'évite. Hélas, Burti ne l'a pas fait. Ensuite, je crois avoir été victime d'une panne de pompe à essence, comme cela m'était arrivé au Nürburgring lors du tour d'installation. Deux pannes en une après-midi, cela fait beaucoup, mais je ne vais blâmer personne, car j'ai été plutôt gâté jusqu'ici sur le plan de la fiabilité. » Michael ne manque pas aussi de saluer la victoire de Ralf: « Ce résultat me comble de joie. J'avais dit au début du week-end qu'un des deux Schumacher gagnerait, et je ne me suis pas trompé ! » Par ailleurs, le solide Rubens Barrichello, deuxième, inscrit six points qui permettent à Ferrari d'envisager aussi le titre des constructeurs dès le GP de Hongrie. Parti pour deux arrêts, le Brésilien n'a jamais représenté une menace pour Ralf Schumacher, mais tel n'était pas son objectif ce dimanche. « Je ne pouvais pas doubler les Williams. Si Montoya n'avait pas abandonné, j'aurais fini troisième », confie-t-il. Barrichello s'est surtout distingué par sa bagarre avec David Coulthard, mais s'est agacé du comportement de celui-ci: « Je n'ai pas compris à quoi jouait David. Derrière lui, je perdais trois secondes par tour. J'ai dû le dépasser par l'extérieur parce qu'il ne m'a laissé que ce côté. Il m'a trop serré... »
Chez McLaren-Mercedes, les mines sont aussi grises que les uniformes. La marque à l'Étoile enregistre un incroyable affront en terre allemande: deux moteurs cassés, suite à des ruptures de pompes à huile, pendant que BMW triomphe ! Norbert Haug est catastrophé. Jürgen Hübbert, le plus haut ponte de Mercedes présent, lui demande des explications qu'il est bien incapable de fournir dans l'immédiat. Mais le clan McLaren s'agace aussi. Mansour Ojjeh lâche une phrase significative: « Il ne suffit pas de travailler, il faut surtout bien travailler. » Ron Dennis ne dit rien, mais n'en pense pas moins. Pour ce qui concerne les pilotes, si Mika Häkkinen reste flegmatique (« Il ne faut pas se laisser abattre pour la suite de la saison »), David Coulthard sait que ses ultimes espoirs de titre sont morts ce dimanche avec son moteur Mercedes. En outre, l'Ecossais ne trouve rien de mieux que d'accuser Charlie Whiting d'avoir imposé le drapeau rouge pour repêcher Schumacher devant le public allemand... « Encore des foutaises de la part de David ! » cingle le pilote Ferrari. Quoiqu'il en soit, l'heure est grave pour McLaren qui voit revenir Williams à seulement 10 points au classement des constructeurs.
Jacques Villeneuve décroche une précieuse troisième place qui permet à BAR-Honda de repasser devant Jordan au classement des constructeurs (16 points contre 15). En vérité, le Québécois ne doit ce résultat qu'à la fiabilité de sa machine dont la compétitivité ne cesse de s'éroder au fur et à mesure de la saison. Il s'en contentera. « Nous n'étions pas rapides ce week-end, jusqu'au warm-up où je me suis aperçu qu'on marchait bien avec le plein, raconte-t-il. Mais j'ai beaucoup de chance de finir sur le podium. Panis étant sur une autre stratégie, il devait aller plus vite que moi, et quand il s'est rapproché, je l'ai laissé passer pour qu'il aille titiller Trulli. Comme je l'espérais, Jarno est sorti, donc j'ai simplement essayé de rester dans le rythme d'Olivier, afin qu'il puisse m'emmener vers l'avant. » Panis ne partage justement pas cet enthousiasme. Pourquoi lui avoir refilé cette inepte stratégie à deux arrêts au bénéfice de Villeneuve ? En théorie, BAR-Honda n'a pas de n°1 et de n°2...
L'hécatombe de cette chaude après-midi a profité à Benetton-Renault qui engrange cinq points d'un coup grâce aux quatrième et cinquième places de Giancarlo Fisichella et Jenson Button. Un résultat inespéré: victimes d'une cascade de pannes, les deux pensionnaires de l'équipe anglo-française ne partaient que de la neuvième ligne ! Et pourtant, ce dimanche, non seulement les V10 Renault ont tenu le coup, mais en plus Fisichella et Button ont pu rivaliser avec les BAR et Jordan-Honda. « C'est un vrai coup de boost, reconnaît le directeur technique Mike Gascoyne. La voiture est plus performante dans les virages lents et le moteur ne cesse de progresser. Notre point faible, ce sont les grandes courbes, heureusement absentes ici. » Denis Chevrier, responsable de l'exploitation en course pour Renault Sport, salue ce résultat tout en rappelant que la route est encore très longue: « Nous avons éliminé les plus gros problèmes du V10 et celui-ci a atteint une fiabilité ‘'normale''. Néanmoins, il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir, et cela nous prendra la fin de la saison et tout l'hiver prochain. Il nous faut aussi trouver des chevaux sans compromettre cette fiabilité récemment acquise. Pour nous, l'échéance reste début 2002 et ce résultat, aussi beau soit-il, ne va pas changer les choses. » Bref, les gars d'Enstone et de Viry-Châtillon ne vont pas chômer...
On ne pourra pas reprocher à Jean Alesi de quitter Prost GP sur une fausse note, puisqu'il ramène un bon point aux Bleus avant de prendre le chemin de la sortie. Malgré ce beau résultat, pas question pour lui de revenir sur sa décision, d'autant qu'il vient d'être contacté par Eddie Jordan pour sauter dès Budapest dans le baquet de Heinz-Harald Frentzen, provisoirement occupé par Ricardo Zonta. Bien sûr, ce dimanche soir, la langue de bois est de rigueur. Alain Prost nie tout départ d'Alesi et affirme qu'il va s'entretenir le lendemain avec celui-ci: « Jean est victime de rumeurs lancées par des managers et qui lui reviennent dans la figure comme un boomerang ! » Enfumage. En vérité, Prost a déjà prévu de remplacer l'Avignonnais par... Heinz-Harald Frentzen. Enfin, l'autre pensionnaire de l'équipe, Luciano Burti, est simplement heureux d'être sorti indemne de son effroyable cabriole du départ: « Je ne pouvais pas voir Schumacher, raconte-t-il. Il était au ralenti en plein milieu de la piste alors que d'autres bolides bouchaient mon champ de vision. Lorsque je l'ai aperçu, il était trop tard. Toutefois, l'accident est surtout spectaculaire à regarder. Je n'ai pas eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait ! » Plus de peur que de mal aussi pour son copain Enrique Bernoldi qui a failli recevoir la Prost-Acer sur la figure. Bref, un miracle de plus à mettre à l'actif des divinités protégeant les pilotes.
Sources :
- AtlasF1.Com
- Luc Domenjoz, L'année Formule 1 2001-02, Chronosports Editions, 2001
- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2001, Paris, Solar, 2001
- Sport auto, septembre 2001
- Auto hebdo, 1er août 2001
Tony