Mika HAKKINEN
 M.HAKKINEN
McLaren Mercedes
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
David COULTHARD
 D.COULTHARD
McLaren Mercedes

652e Grand Prix

XLIV Grosser Preis von Europa
Pluie
Nürburgring
dimanche 21 mai 2000
67 tours x 4.556 km - 305.252 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

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Constructeur
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Die Schumacher-Brüder, deuxième épisode

Après les doublés des McLaren-Mercedes à Silverstone et à Barcelone, on guette une réaction de Ferrari et de Michael Schumacher pour ce Grand Prix d'Europe. Le double champion du monde est bien sûr galvanisé à l'idée de rouler dans son pays, d'autant qu'il n'a gagné qu'une seule fois dans l'Eifel, en 1995, pour le compte de Benetton-Renault. À cause de sa blessure de l'an passé qui l'avait fait manquer les rendez-vous d'Hockenheim et du Nürburgring, c'est en outre son premier Grand Prix national depuis 1998. Afin de pimenter le duel entre Ferrari et McLaren-Mercedes, la pluie est attendue pour l'ensemble du week-end, et notamment pour la course du dimanche. Voilà qui n'inquiète évidemment pas Michael Schumacher. Mika Häkkinen, moins à l'aise sur piste humide, est plus circonspect. Il sait pourtant que tous les pontes de Mercedes attendent une victoire en Allemagne... De son côté, David Coulthard se remet peu à peu, physiquement et psychologiquement, de l'accident d'avion qui a failli lui coûter la vie trois semaines plus tôt. Plus loquace devant la presse, il avoue s'astreindre depuis à...l'abstinence sexuelle ! « Dans la voiture, mes trois côtes fêlées ne me provoquent guère de douleurs, dit-il. Par contre, le soir, quand je me mets au lit... Cela fait trois semaines que Heidi et moi n'avons pas fait l'amour ! Bon, j'ai essayé de le faire de manière à ne pas trop souffrir, mais j'ai cessé parce que ça affolait mon chien ! » Au moins, « DC » n'a pas perdu son sens de l'humour.

 

Après leur passe d'armes musclée lors du GP d'Espagne, les frères Schumacher jouent la carte de l'apaisement. Leur père Rolf et leur agent Willi Weber les ont sévèrement cornaqués. Aussi, pour Michael, il ne s'est officiellement rien passé en Catalogne. Quant à Ralf, il préfère tirer sur le bénéficiaire de leur querelle, Rubens Barrichello: « À Barcelone, Rubens a profité des circonstances pour monter sur le podium. Il ne pense qu'à lui et surtout pas à aider Michael pour le titre mondial. » Voilà un commentaire aussi méchant qu'injuste. On se demande quelle mouche pique Schumacher cadet, qui n'a certes pas la réputation d'être le meilleur camarade du monde. Barrichello réplique: « Ralf est trop jeune et la vie est trop belle pour que je me préoccupe de ce qu'il raconte. Ce n'est qu'un garçon qui commet des erreurs. » Puis le Brésilien titille la corde sensible: « Le problème de Ralf, c'est de se hisser à la hauteur de son frère, et il en est loin. » Le jeudi 18 mai, les Schumacher se retrouvent à Kerpen, leur ville natale, pour la traditionnelle soirée offerte par Michael aux hommes de Ferrari. Ralf fait bonne figure. Il s'abstient de répondre à Barrichello qui n'a pas fait le déplacement. « Je ne suis pas rancunier », proclame-t-il.

 

Là-dessus, Cesare Fiorio, directeur sportif de Minardi, croit bon de commenter cette prétendue rivalité fratricide. « Le duel de Montmeló entre Michael et Ralf n'est qu'un préambule banal à d'autres passes d'armes pimentées par l'esprit familial », déclare l'expérimenté manager. « Mais cela ne peut se produire qu'entre frères de même niveau. On n'aurait pas vu cela entre Emerson et Wilson Fittipaldi, par exemple. » Michael Schumacher est soudain piqué par cette analyse. « Mon frère est rapide, mais pas assez pour gagner ! » lance-t-il. « À Barcelone, je n'ai fait que mon métier, sans hargne ni méchanceté », répond Ralf. Le contentieux n'est donc pas tout à fait vidé...

 

Présentation de l'épreuve

Ce dimanche 21 mai, Max Mosley et Bernie Ecclestone reçoivent en grande pompe le chancelier Gerhard Schröder qui s'entretient avec les quatre pilotes allemands du peloton, s'attarde longuement dans le stand McLaren-Mercedes, puis rencontre plus discrètement les représentants du cigarettier national Reemtsma, sponsor n°1 de McLaren via sa filiale West. Plus étonnant, afin que ce Grand Prix d'Europe justifie pleinement son appellation, Mosley et Ecclestone accueillent aussi Romano Prodi, le président de la Commission européenne ! Or, un mois plus tôt, face aux attaques des autorités communautaires, le président de la FIA avait annoncé saisir la justice contre les bureaucrates bruxellois... Visiblement, un terrain d'entente a été trouvé entre les deux parties. Mosley refuse d'en dire plus, mais Mario Monti, commissaire européen à la Concurrence, confie que ce dernier aurait formulé des propositions « nouvelles et constructives ».

 

Dans le même temps, chacun s'interroge sur la stratégie de Bernie Ecclestone qui a cédé 50 % de la FOA à la structure audiovisuelle allemande EM.TV, dirigée par Thomas Haffa. Celui-ci affirme vouloir encore accroître sa participation, ce qui signifierait à terme la mise en minorité d'Ecclestone. Le Grand Argentier, qui aura 70 ans à la fin de l'année, envisagerait-il la retraite ? Ce serait bien mal le connaître... En vérité, Haffa dit vouloir garder Ecclestone à la tête de la F1 et envisage avec lui l'arrivée en bourse de la discipline « dans les dix-huit mois à venir ». On sait que tel est le but que poursuit (en vain) le milliardaire anglais depuis au moins trois ans.

 

Alexander Wurz paraît plus que jamais menacé chez Benetton après son piteux début de saison. Le grand Autrichien aux chaussures dépareillées est toujours en quête de son premier point alors que Giancarlo Fisichella en compte huit dans sa besace. Flavio Briatore ne dissimule pas qu'il souhaite s'en séparer à l'issue de cette saison, peut-être même avant, et lui cherche un remplaçant. Benetton a ainsi testé à Jerez le jeune Italien Giorgio Pantano, actuel leader du championnat allemand de Formule 3. Le tout jeune Brésilien Antônio Pizzonia (19 ans), vainqueur de deux courses cette année en F3 britannique, s'est aussi glissé dans la B200 sur le circuit Ricardo Tormo de Valence et a effectué d'excellents chronos. Wurz n'a peut-être cependant pas dit son dernier mot, puisqu'il a réalisé le second temps des essais privés de Jerez derrière la McLaren de Mika Häkkinen.

 

Minardi recrute deux nouveaux pilotes en qualité d'essayeurs. Tout d'abord, l'Italien Giorgio Vinella (27 ans), vainqueur en 1999 du championnat transalpin de F3000. Puis le jeune Espagnol Fernando Alonso (18 ans !) qui a remporté l'an passé l'Euro Open by Nissan et a déjà eu l'occasion de rouler avec la Minardi M01 en décembre 1999 à Jerez. Ce jeune post-adolescent avait alors fait si forte impression sous la pluie qu'il avait fallu l'arrêter dans son élan... De son côté, Jaguar étoffe sa filière de jeunes pousses cogérée avec l'équipe de F3 de Paul Stewart. Y figurent le Sud-Africain Thomas Scheckter (19 ans), fils du champion du monde 1979, l'Indien Narain Karthikeyan (23 ans) et l'Allemand André Lotterer (18 ans). A croire que tout le monde recherche « son » Jenson Button...

 

Alain Prost apparaît ce week-end avec un poignet dans le plâtre, conséquence d'une mauvaise chute dans un escalier. Le quadruple champion du monde vit décidément un printemps cauchemardesque. Alors que Peugeot s'apprête à le lâcher, il cherche désespérément un motoriste pour 2001. Il espérait séduire Mercedes grâce à l'entregent de son ami Mansour Ojjeh. Las, au Nürburgring, Norbert Haug annonce que McLaren conservera l'exclusivité du V10 Ilmor en 2001. Prost est piqué: le patron de Mercedes Motorsport ne l'a même pas averti de sa décision... Le Français plaçait aussi quelque espoir en Renault et Supertec. Mais ses rapports avec Flavio Briatore sont notoirement conflictuels et Renault n'a aucun désir de porter secours à son ancien pilote qu'elle perçoit comme un rival médiatique un an et demi avant son retour officiel en F1... « Et puis, travailler avec Alain, c'est difficile, car il critique toujours les moteurs ! » lâche Briatore. Prost semble se tourner désormais vers ses anciens associés de Mugen-Honda...

 

Frank Williams et Patrick Head ont toujours eu une belle assurance. Et d'autant plus à compter de ce week-end puisque l'écurie BMW-Williams scelle un juteux contrat de sponsoring avec Allianz, le n°1 mondial des compagnies d'assurance. À la clef, 100 millions de francs annuels ! Max Mosley s'invite à l'officialisation du partenariat pour vanter les mérites d'une Formule 1 économiquement très viable qui a attiré l'un des plus grands gestionnaires d'actifs mondiaux. Pour un peu, Frank Williams devrait le remercier... Accessoirement, Allianz a son siège social à Munich, tout comme BMW...

 

Après Ove Andersson à Montmeló, c'est André de Cortanze, le directeur technique de Toyota Motorsports et homme-clé du projet F1 de la firme japonaise, qui apparaît ici dans le paddock. Fort brièvement du reste. L'ingénieur français s'entretient avec Giancarlo Luigetti, le président d'honneur de Magneti-Marelli, pour nouer un partenariat en vue de l'entrée de Toyota en F1 en 2002. Pour le reste, de Cortanze reste muet sur l'avancement du projet. On sait néanmoins selon quelques indiscrétions que Toyota va débourser 900 millions de dollars en trois ans (2000-2002) pour le mener à bien et que de Cortanze anime à l'usine de Cologne une équipe de près de 400 personnes. À titre de comparaison, Minardi jouit d'un budget estimé à 50 millions de $ et n'emploie que 120 salariés...

 

Samedi matin, le briefing des pilotes tourne à nouveau au réquisitoire anti-Schumacher. Le pilote allemand a encore louvoyé au départ du GP d'Espagne, alors que la fédération proscrit plus d'un seul changement de ligne en guise de défense. Comme d'habitude, Jacques Villeneuve mène la charge contre son meilleur ennemi. « Michael zigzague tout le temps ! » surenchérit Eddie Irvine. Rien de nouveau en somme...

 

Blessé à la cheville à Barcelone, Nigel Stepney, le chef mécanicien de la Scuderia Ferrari, a encore besoin de repos et ne reprendra ses fonctions qu'au moins de juin, à l'occasion du Grand Prix du Canada. Son adjoint Claudio Bisi assurera l'intérim tandis que Pietro Timpini s'occupera en personne du « refueling » des monoplaces.

 

Ferrari lance ici la version B de son V10 049. En outre, la F1-2000 est pour la première fois munie d'étriers très étroits qui permettent de mieux répartir les masses. Pas de changement sur les McLaren-Mercedes, si ce n'est que les cheminées placées sur les pontons depuis le début de la saison disparaissent samedi: il fait si froid sur le Nürburgring qu'elles sont inutiles... Les Williams-BMW reçoivent un aileron avant retouché. La Benetton est munie d'un aileron arrière comprenant pas moins de neuf profils, dont deux seront démontés pour la course. Les pilotes Jordan testent différents réglages de suspension. En outre, Frentzen utilise le différentiel électronique et Trulli le différentiel mécanique. BAR éprouve une évolution du V10 Honda baptisée « Evo 4 » et de nouveaux pignons de boîte fabriquées par X-Trac. La Prost AP03 arbore un nouvel ensemble aérodynamique, avec notamment des déflecteurs plus concaves derrière les roues avant. L'ensemble est plus léger de 3 kg, ce qui causera sans doute la disqualification d'Heidfeld... La Jaguar R1 est dotée d'un aileron avant inédit, avec des profils en V dans la portion centrale, de nouvelles modifications sur le circuit de lubrification et des retouches sur un embrayage jusqu'ici peu efficace lors des départs. La Sauber est équipée d'ailerons inédits, à l'avant comme à l'arrière. Enfin, la Minardi reçoit un nouvel aileron avant combiné à des déflecteurs corrigés. Comme en Espagne, seul Mazzacane bénéficie de la boîte en titane.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi commencent par un temps très frais (7°C !), sous un crachin persistant. Il faut attendre l'après-midi pour que les pilotes évoluent sur piste sèche et Button crée la sensation en signant le meilleur chrono (1'19''808'''), battant déjà la pole signée par Frentzen neuf mois plus tôt. Wurz étonne avec le deuxième temps. Samedi matin, les seconds essais débutent aussi sur le mouillé. Lorsque la piste s'assèche, M. Schumacher (1'18''507''') se montre le plus rapide devant Barrichello et les McLaren.

 

L'après-midi, la pluie menace de nouveau et les pilotes sortent immédiatement. Bien leur en prend, car l'averse tombe au bout d'une demi-heure. La piste s'assèche dans les ultimes minutes de la séance, mais trop tard pour améliorer. Coulthard réalise la neuvième pole position de sa carrière (1'17''529'''), sa première depuis le GP du Canada 1998 ! Häkkinen (3e) échoue à deux dixièmes de son équipier et dit ne pas être parvenu à bien régler sa McLaren-Mercedes. Chez Ferrari, M. Schumacher (2e, 1'17''667''') choisit des pneus moins tendres que les McLaren. Il commet par ailleurs deux petites fautes dans son dernier tour rapide tandis que Barrichello (4e) est cette fois content de son set-up. R. Schumacher positionne à nouveau sa Williams-BMW en cinquième position. Button (11e) manque la dernière séance libre à cause d'une panne et se montre moins à l'aise que la veille. Trulli est l'un des rares pilotes à améliorer dans les derniers instants des qualifications et hisse sa Jordan en sixième position. Frentzen (10e) dit avoir été gêné par le trafic.

 

Le sourire revient chez Benetton. Malgré un gros accident la veille, Fisichella conquiert la septième place et aurait même pu faire mieux s'il n'avait été gêné par R. Schumacher. Wurz (14e) rentre dans le rang à cause d'un châssis trop sous-vireur. Irvine est comme toujours efficace le samedi et positionne sa Jaguar-Ford au huitième rang. Herbert (16e) est à nouveau très loin de son équipier. Les week-ends se suivent et se ressemblent chez BAR-Honda: Villeneuve (9e) ne tire pas le meilleur parti de sa 002 et Zonta (18e) s'égare dans ses réglages. Les Arrows-Supertec sont dans le coup. De la Rosa (12e) est cependant coupé dans son élan par la pluie et Verstappen (13e) a cassé un moteur samedi matin. Heidfeld décroche une satisfaisante 13e place avec sa Prost-Peugeot, mais il est exclu pour poids non conforme... Alesi (17e) subit deux pannes de boîtes de vitesses et deux glissades dans la pelouse. Chez Sauber-Petronas, Diniz (15e) fait mieux que Salo (19e) qui combat un fort survirage. Les Minardi-Fondmetal (Gené 20e, Mazzacane 21e) ferment la marche.

 

Samedi soir, la Prost-Peugeot de Nick Heidfeld est purement et simplement exclue du meeting pour cause de poids non conforme. Il manque deux kilos à la Bleue pour atteindre le poids réglementaire... Voilà encore une terrible déconvenue pour l'écurie française, d'autant qu'Alain Prost, au lieu d'endosser l'erreur au nom de toute l'équipe, pointe du doigt l'ingénieur d'exploitation du jeune pilote rhénan. Ce dernier, élevé à l'école McLaren-Mercedes, ne dissimule guère sa rancœur face à l'amateurisme de son équipe. « C'est extrêmement frustrant d'être exclu de son premier Grand Prix à domicile ! » lâche-t-il, très déçu.

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, M. Schumacher se montre le plus rapide lors de l'échauffement (1'20''251'''), neuf millièmes devant Häkkinen. Fisichella se fait peur lorsque sa roue arrière-droite mal fixée se désolidarise de sa Benetton. Prévenu par radio, le Romain regagnait heureusement les stands à faible allure.

 

L'après-midi, le départ est donné sous un ciel très menaçant. Les météorologues prévoient des averses pour le Grand Prix. La situation est d'autant plus incertaine que l'on sait depuis l'édition de septembre 1999 qu'il peut pleuvoir sur une portion du nouveau Nürburgring tandis que le soleil luit de l'autre côté... Les leaders partent avec des pneus rodés, voire même déjà usés pour ce qui concerne Coulthard, chaussés de quasi slicks. Ces enveloppes seront en effet efficaces au décollage et lors des premiers tours.

 

Départ: Häkkinen prend un départ canon et se faufile immédiatement entre Coulthard et M. Schumacher. Malgré un léger choc avec ce dernier, le Finlandais s'empare du commandement et précède au premier virage Schumacher, Coulthard et Barrichello. Villeneuve a pris aussi un excellent envol et se retrouve cinquième. Pris en sandwich entre R. Schumacher et Trulli, Fisichella percute ce dernier à l'arrière-droit. Le pilote Jordan lève aussitôt le pied.

 

1er tour: Trulli se gare dans la pelouse, victime d'un bris de suspension suite à son accrochage avec Fisichella. Häkkinen précède M. Schumacher, Coulthard, Barrichello, Villeneuve, R. Schumacher, Fisichella, Irvine, Verstappen et de la Rosa.

 

2e: Schumacher reste au contact de Häkkinen. De la Rosa double son équipier Verstappen.

 

3e: Le moteur de Frentzen explose dans la courbe Dunlop. Diniz glisse sur l'huile répandue par la Jordan et s'offre une excursion dans la pelouse.

 

4e: M. Schumacher évolue dans l'ombre de Häkkinen. Fisichella prend la sixième place à R. Schumacher. Peu chargé en essence, de la Rosa double Irvine.

 

5e: Häkkinen devance M. Schumacher (0.6s.), Coulthard (2.6s.), Barrichello (3.6s.), Villeneuve (9.5s.), Fisichella (10s.), R. Schumacher (11s.), de la Rosa (11.5s.), Irvine (12s.), Verstappen (13s.), Wurz (15s.) et Alesi (16s.).

 

6e: Häkkinen et M. Schumacher sont roues dans roues alors que leurs équipiers sont distancés. De la Rosa passe devant R. Schumacher.

 

8e: M. Schumacher boucle le meilleur tour de l'après-midi (1'22''269''') et évolue toujours sur les talons d'Häkkinen.

 

9e: De gros nuages s'amoncellent à l'horizon. Schumacher tente de se porter à la hauteur d'Häkkinen. Coulthard est à deux secondes et demie des leaders. Fisichella prend la cinquième place à Villeneuve à la sortie de la chicane.

 

10e: Il pleut à grosses gouttes sur le « Ring ». Häkkinen précède M. Schumacher (0.4s.), Coulthard (3.7s.), Barrichello (4.2s.), Fisichella (16s.), Villeneuve (17s.), de la Rosa (17.5s.), R. Schumacher (20s.), Irvine (21s.) et Verstappen (25s.).

 

11e: Schumacher prend l'aspiration d'Häkkinen dans la remontée vers les stands, se déporte à l'intérieur à la chicane Veedol et s'empare de la première place. Barrichello recolle à Coulthard.

 

12e: La piste commence à s'humidifier, les drapeaux rayés jaunes et rouges sont agités. M. Schumacher s'échappe en tête. Barrichello déborde Coulthard par l'intérieur au premier tournant, puis le sème aisément. Irvine dépasse R. Schumacher. Herbert est le premier pilote à ravitailler et à chausser les pneus pluie. Verstappen glisse entre les virages n°1 et 2 et part en toupie dans la pelouse. Gené s'offre quant à lui une belle embardée dans la descente vers le virage Ford. Tous deux parviennent à repartir.

 

13e: M. Schumacher mène devant Häkkinen (5.1.), Barrichello (8.3s.), Coulthard (12s.), Fisichella (21s.), Villeneuve (25s.), de la Rosa (25.3s.), Irvine (25.8s.) et R. Schumacher (26.3s.). Verstappen, Salo et Gené prennent du carburant et des gommes pour la pluie. Le pilote Minardi remplace en outre son capot avant. Diniz exécute un tête-à-queue dans le gazon puis repart.

 

14e: L'averse continue et l'asphalte se transforme peu à peu en patinoire. R. Schumacher, très à l'aise dans ces conditions, efface Irvine, de la Rosa, puis Villeneuve à la chicane. Coulthard stoppe chez McLaren pour ravitailler et chausser les pneus pluie (7s.). De la Rosa, Irvine, Zonta et Diniz effectuent la même opération.

 

15e: M. Schumacher entre aux stands alors qu'il compte dix secondes de marge sur Häkkinen. Il remet de l'essence et chausse des gommes « pluie ». L'arrêt dure 12 secondes à cause d'un écrou arrière-gauche récalcitrant. Häkkinen stoppe à son tour et perd quant à lui 16 secondes: c'est l'écrou arrière-droit qui a fait des siennes chez McLaren. Fisichella, Villeneuve et Wurz passent aussi aux stands.

 

16e: Barrichello se retrouve en tête devant R. Schumacher, Alesi et Button. M. Schumacher quitte les stands un souffle devant Coulthard. L'Allemand se défait aisément de Button, puis d'Alesi, mais Coulthard bute sur le jeune Anglais. En fin de tour, Barrichello s'arrête (7.2s.) pour chausser les pneus pluie, tout comme R. Schumacher (8s.). Arrêts aussi pour Alesi et Mazzacane.

 

17e: M. Schumacher a retrouvé la première place devant Coulthard et Häkkinen, tandis que l'étonnant de la Rosa est quatrième. Barrichello s'est en revanche arrêté trop tard: il évolue en huitième position derrière Verstappen. Button est le dernier pilote à s'emparer des gommes pluie.

 

18e: M. Schumacher précède Coulthard (5s.), Häkkinen (11s.), de la Rosa (17s.), Fisichella (18.5s.), Irvine (20s.), Verstappen (22s.), Barrichello (25s.), Herbert (28s.), R. Schumacher (29s.), Villeneuve (32s.) et Alesi (37s.).

 

19e: Une pluie fine tombe toujours sur le circuit. Schumacher a repoussé Coulthard à huit secondes. Häkkinen revient sur son équipier qui souffre de survirage. Fisichella déborde de la Rosa par l'intérieur de la courbe Dunlop. À la réaccélération, les deux hommes se retrouvent côte à côte, et Fisichella s'impose autoritairement, par l'extérieur dans le gauche Shell.

 

20e: Schumacher compte neuf secondes d'avance sur Coulthard. Revenu sur Verstappen, Barrichello esquisse une première attaque par l'intérieur au premier virage, en vain. Il retente sa chance avec succès au virage Valvoline, mais le Hollandais reste à sa hauteur et reprend l'ascendant dans la courbe Ford. Mazzacane s'offre une petite sortie de route en voulant attaquer Diniz.

 

21e: Häkkinen attaque Coulthard. Ce dernier sort avec difficulté de la courbe Bit et son équipier, doté d'une meilleure motricité, le double à la réaccélération. Barrichello dépasse Verstappen au chausse-pied par l'intérieur de l'ultime virage.

 

22e: La piste est très détrempée. M. Schumacher exécute un travers au freinage de la chicane, magnifiquement rattrapé. Il compte néanmoins douze secondes de marge sur Häkkinen. Barrichello prend la sixième place à Irvine.

 

23e: Barrichello poursuit sa remontée et dépasse de la Rosa entre la chicane et la courbe Coca Cola.

 

24e: M. Schumacher précède Häkkinen (13s.), Coulthard (20.5s.), Fisichella (28s.), Barrichello (35s.), de la Rosa (36s.), Irvine (37s.), Verstappen (37.4s.), Herbert (39s.), R. Schumacher (39.7s.), Villeneuve (46s.) et Alesi (47s.). Zonta part en tête-à-queue au virage Bit et revient en piste en ratissant les graviers.

 

25e: M. Schumacher attaque, quitte à braquer et contre-braquer en glissade à la chicane. R. Schumacher double Herbert.

 

26e: Il pleut toujours et la visibilité se réduit. Les bolides soulèvent désormais d'épaisses gerbes d'eau. M. Schumacher jouit de seize secondes d'avance sur Häkkinen. Barrichello revient sur Fisichella. R. Schumacher est aux trousses d'Irvine.

 

28e: Suite à un bris de demi-arbre, Salo dérape sur un vibreur dans la courbe d'Hatzenbach et est projeté dans le bac à graviers d'où il ne ressortira pas. L'autre Finlandais était 13e.

 

29e: Dix-sept secondes séparent M. Schumacher et Häkkinen. Coulthard concède deux secondes au tour en moyenne aux leaders et est relégué à 30 secondes de Schumacher. À 40 secondes, Fisichella retient Barrichello.

 

30e: Verstappen attaque Irvine et tous deux coupent la ligne côte à côte. L'Irlandais tente de garder l'avantage en plongeant à l'intérieur au freinage. Mais il sous-vire, touche l'Arrows et pirouette. R. Schumacher, qui le suivait de très près, se met en tête-à-queue pour l'éviter, mais il percute le train arrière de la Jaguar et atterrit dans la pelouse. Irvine se redresse, repart, mais son aileron arrière s'envole deux virages plus loin et il échoue dans les graviers. Victime d'une crevaison, Verstappen part en toupie après Hatzenbach et percute rudement les glissières avec le train arrière. Le Batave sort par bonheur sans peine de son bolide détruit.

 

31e: Le drapeau jaune est déployé dans les premier et troisième secteur pour permettre aux commissaires d'évacuer les voitures accidentées de R. Schumacher, Irvine et Verstappen.

 

32e: Barrichello dépasse Fisichella à la chicane Veedol et se retrouve quatrième.

 

33e: M. Schumacher est premier devant Häkkinen (18s.), Coulthard (37s.), Barrichello (45s.), Fisichella (45.8s.), de la Rosa (1m. 02s.), Herbert (1m. 08s.), Villeneuve (1m. 11s.), Alesi (1m. 12s.), Button (1m. 18s.) et Wurz (-1t.).

 

34e: Barrichello effectue le second de ses trois pit-stops (7s.) et reprend la piste entre de la Rosa et Herbert. Alesi ravitaille aussi (11s.).

 

36e: M. Schumacher a dix-huit secondes d'avance sur Häkkinen lorsqu'il entre aux stands pour son deuxième et dernier ravitaillement. Il prend des pneus pluie neufs et se relance au bout de onze secondes en deuxième position.

 

37e: L'averse ne cesse pas sur l'Eifel et les météorologues indiquent que le temps restera humide jusqu'au damier. Häkkinen possède vingt secondes d'avance sur M. Schumacher.

 

38e: Häkkinen est beaucoup plus léger en essence que Schumacher: il tourne en 1'30'' contre 1'32'' pour le pilote allemand.

 

39e: Häkkinen devance M. Schumacher (25s.), Coulthard (32s.), Fisichella (43s.), de la Rosa (58s.), Barrichello (1m. 03s.), Herbert (1m. 20s.) et Villeneuve (1m. 21s.).

 

40e: Häkkinen perd beaucoup de temps derrière l'attardé Wurz. Villeneuve dépasse Herbert. Fisichella fait escale chez Benetton pour son deuxième pit-stop (9s.) et se relance en sixième position. Second arrêt aussi pour Button.

 

41e: La Ferrari de Schumacher s'est allégée et réalise maintenant les mêmes chronos que Häkkinen. Vingt-six secondes les séparent. Wurz et Gené ravitaillent pour la seconde fois.

 

42e: La pluie redouble et la piste est plus piégeuse que jamais. Häkkinen prend un tour à Herbert. Ce dernier ravitaille dans la foulée (8.2s.) et reste septième. Alesi double Wurz au forceps par l'intérieur de la courbe Dunlop.

 

43e: L'intervalle entre Häkkinen et M. Schumacher se stabilise autour de 25 secondes. Wurz repasse devant Alesi qui rencontre un problème de sélection de vitesses. Deuxième arrêt de Mazzacane.

 

44e: Häkkinen rejoint Villeneuve qui est à la poursuite de Fisichella. Le Québécois s'efface cependant devant le leader.

 

45e: Fisichella s'écarte à son tour devant Häkkinen, mais Schumacher est revenu à 21 secondes de ce dernier. Coulthard est relégué à 45 secondes. Second arrêt pour Diniz.

 

46e: Häkkinen apparaît aux stands, reprend de l'essence et des gommes pour la pluie (8s.). Il redémarre loin derrière Schumacher, salué par un concert de klaxons dans les tribunes. Coulthard effectue aussi son second pit-stop (7s.) et repart cinquième derrière de la Rosa et Barrichello. Alesi s'arrête chez Prost pour recevoir un nouveau volant.

 

47e: M. Schumacher possède douze secondes d'avance sur Häkkinen. Étonnant troisième, de la Rosa est sous la menace de Barrichello. Villeneuve est rappelé au stand BAR pour abandonner suite à une défaillance de soupape.

 

48e: Barrichello déborde de la Rosa à la chicane, puis celui-ci entre aux stands. Herbert (7e) contient un groupe comprenant Button et Wurz.

 

49e: De la Rosa effectue un second ravitaillement (10.3s.) puis repart en sixième position. Second arrêt de Zonta. Gené se gare dans une échappatoire car sa pédale d'accélérateur ne répond plus.

 

50e: M. Schumacher devance Häkkinen (12s.), Barrichello (57s.), Coulthard (1m. 12s.), Fisichella (1m. 25s.), de la Rosa (-1t.), Herbert (-1t.), Button (-1t.), Wurz (-1t.) et Diniz (-1t.). Alesi reçoit 10 secondes de pénalité pour excès de vitesse aux stands.

 

51e: Schumacher est dans le trafic et Häkkinen revient à dix secondes. Alesi se plie à son « stop-and-go ».

 

52e: Barrichello effectue son troisième et dernier pit-stop (7s.) et se relance en quatrième position, abandonnant ainsi le podium à Coulthard.

 

53e: Ne parvenant plus à changer de rapport, Zonta part en tête-à-queue à la courbe Dunlop et s'enlise dans les graviers.

 

54e: La pluie s'apaise mais la piste restera détrempée jusqu'à l'arrivée. Häkkinen n'est plus qu'à neuf secondes de Schumacher. Wurz tire tout droit dans les graviers au premier tournant. Une grue intervient pour ôter la BAR de Zonta.

 

55e: M. Schumacher précède Häkkinen (7.6s.), Coulthard (1m. 23s.), Barrichello (1m. 28s.), Fisichella (-1t.), de la Rosa (-1t.), Herbert (-1t.), Button (-1t.), Wurz (-1t.), Diniz (-2t.), Mazzacane (-2t.) et Alesi (-2t.).

 

57e: Barrichello remonte sur Coulthard, mais Schumacher grossit dans ses rétroviseurs. Häkkinen est à sept secondes du pilote allemand.

 

58e: Häkkinen perd du temps derrière Diniz et Fisichella. Il rend désormais dix secondes à Schumacher.

 

59e: Barrichello concède un tour à Schumacher. Ce dernier fond ensuite sur Coulthard. Häkkinen roule à sept secondes et demie de Schumacher, mais doit encore prendre un tour à Barrichello.

 

61e: Herbert, Button et Wurz se chamaillent pour la septième place. Coulthard et Schumacher rattrapent ce trio. En fin de tour, l'Écossais s'écarte très sportivement devant le leader.

 

62e: Schumacher dépasse Wurz, puis se débarrasse difficilement de Button. Wurz double le jeune Anglais par l'intérieur à la chicane, mais Coulthard, Barrichello et Häkkinen klaxonnent derrière ces derniers. Cinq secondes séparent Schumacher et Häkkinen.

 

63e: Schumacher se défait d'Herbert et a maintenant devant lui une piste claire jusqu'à l'arrivée. Coulthard et Barrichello ont doublé Button. En toute fin de boucle, Wurz tente de surprendre Herbert par l'intérieur de l'ultime courbe. Il touche la Jaguar et toutes deux partent en tête-à-queue. L'Autrichien s'embourbe dans les graviers tandis que l'Anglais reste sur la piste, mais cale son moteur.

 

64e: Schumacher compte dix secondes d'avance sur Häkkinen. Ils sont séparés par Coulthard et Barrichello, en bagarre pour la troisième place. Button s'arrête au virage n°6, victime d'un court-circuit. Protégés par les drapeaux jaunes, des commissaires poussent la Jaguar de Herbert vers la pit-lane.

 

65e: M. Schumacher devance Häkkinen (11s.), Coulthard (-1t.), Barrichello (-1t.), Fisichella (-1t.), de la Rosa (-1t.), Diniz (-2t.), Mazzacane (-2t.) et Alesi (-2t.).

 

66e: Barrichello n'attaque pas Coulthard: le moindre écart de trajectoire et c'est la glissade assurée. Häkkinen reste sagement derrière ce duo.

 

67e et dernier tour: Michael Schumacher remporte le GP d'Europe devant les McLaren d'Häkkinen et de Coulthard. Barrichello se classe quatrième. Fisichella (5e) empoche deux points. De la Rosa finit sixième et donne à Arrows son premier point depuis plus d'un an. Diniz, Mazzacane et Alesi coupent aussi la ligne d'arrivée.

 

Après la course

Michael Schumacher est un homme heureux ce dimanche soir. Grâce à cette énième démonstration de maestria sous la pluie, il creuse une avance substantielle sur les pilotes McLaren au championnat des pilotes et remporte sa première course en Allemagne pour le compte de Ferrari. « Mon départ ne fut pas excellent, j'ai été surpris par la rapidité avec laquelle les feux se sont éteints, raconte-t-il. Häkkinen a traversé la piste en diagonale et ne m'a laissé aucun espace. J'ai dû me rabattre sur la droite, mais cela n'a pas suffi puisqu'il a tapé ma roue avant-gauche avec son arrière-droit. Ce genre de manœuvre est inutile et il aurait pu s'en passer ! » L'hôpital qui se moque de la charité ?... Mais Schumacher continue: « Il ne pleuvait pas très fort au début et personne ne voulait prendre le risque de stopper pour rien. Nous avions besoin de comparer nos performances avec celles de ceux qui avaient chaussé tout de suite les pneus pluie. » Une fois qu'il a chaussé ces gommes, le « Regenmeister » fut intouchable, comme à son habitude. « C'est assurément l'une de mes plus belles victoires, la première en tout cas avec Ferrari en Allemagne. C'est émouvant de voir ces milliers de fans venus m'applaudir sous le froid et la pluie. J'espère que je leur ai apporté un peu de chaleur ! »

 

Ferrari doit en revanche composer avec l'amertume de Rubens Barrichello qui peine à comprendre la pertinence de sa stratégie à trois arrêts, surtout sous la pluie où la consommation était bien moindre. Le Brésilien estime à juste titre avoir ainsi perdu le podium au profit de David Coulthard. Jean Todt et Ross Brawn tentent de le persuader du contraire. Mais il n'est pas convaincu. Selon lui, il aurait dû adopter la même stratégie que Schumacher. « Rubens doit comprendre qu'il lui faut gagner avec ses propres armes, pas avec celles de Michael », assène Brawn. « Barrichello est encore un pilote sacrifié ! » persifle Ron Dennis dans le camp d'en face. Luca di Montezemolo se chargera de désamorcer la polémique en envoyant à Barrichello un mot chaleureux et une bouteille de champagne pour ses 28 ans, fêtés le 23 mai.

 

Mika Häkkinen, deuxième, n'a pas à rougir de sa prestation en dimanche pluvieux. L'homme du Nord a pris un départ-canon (« le meilleur de ma carrière », confie-t-il), a longtemps contenu Schumacher, puis fut le seul à le menacer sous la pluie, pendant que David Coulthard buvait la tasse. Il aurait même pu gagner la course s'il n'avait buté sur des attardés (notamment Wurz et Herbert) avant son deuxième pit-stop. Si McLaren l'avait fait rentrer plus tôt, peut-être serait-il reparti devant Schumacher. Lorsque Jacques Laffite lui demande pour TF1 pourquoi ne pas avoir anticipé son second arrêt, Häkkinen répond d'un geste fataliste: « Va demander ça l'écurie !... » Le champion en titre reconnaît toutefois honnêtement ne pas être l'égal de Schumacher sur piste humide: « Je dois rouler davantage sur le mouillé afin de comprendre ce que je dois faire pour être plus rapide. » Depuis le Grand Prix de Hongrie 1999, jamais une pole position n'a été transformée en victoire. David Coulthard n'a pas interrompu cette étonnante série. L'Écossais n'a pas existé ce dimanche après-midi et termine un tour derrière Schumacher et Häkkinen... Avait-il des réglages pour piste sèche ? A priori non: « Dès la fin du premier tour, quelque chose s'est déréglé sur la voiture, explique-t-il. Le train arrière est devenu extrêmement nerveux, et sous la pluie c'était évidemment encore pire. Je me suis borné à éviter la sortie de piste. » En tout cas, McLaren-Mercedes perd du terrain sur Ferrari au championnat des constructeurs (52 points contre 62) tandis que Häkkinen et Coulthard concèdent désormais respectivement 18 et 22 points à Schumacher.

 

Le team Arrows fête son premier point depuis le GP d'Australie 1999. À l'époque, Pedro de la Rosa avait ouvert son compteur dès sa première course en F1. Un an et demi et une kyrielle d'abandons plus tard, le Catalan retrouve le « top 6 » après une course très brillante sur le mouillé. « Lorsque nous avons appris qu'il allait pleuvoir, nous avons programmé un premier arrêt précoce pour embarquer le plus d'essence possible » narre Tom Walkinshaw. « Cela nous permettait d'avoir une flexibilité maximum selon l'évolution de la météo. Pedro a su étirer son relais jusqu'au 48e tour, ce qui fut déterminant ! Il a montré une grande maturité, gardant un bon rythme sans faire de faute. » De la Rosa est ravi d'avoir montré ce dont il était capable, quinze jours après avoir été traité de « pilote médiocre » par Jean Alesi, après leur collision à Barcelone... « Le résultat acquis ne doit rien aux abandons et aux sorties de piste, c'est un point à souligner, relève-t-il. J'ai signé de très bons temps au début sur le sec, et sur le mouillé, alors que la voiture avançait moins bien, je suis resté avec le groupe de tête. C'est très satisfaisant. »

 

Enfin, les multiples incidents de course font beaucoup de mécontents. Jarno Trulli ne décolère pas contre Giancarlo Fisichella qui l'a percuté au départ. « Il aurait pu me tuer ! » éructe le pilote Jordan. Son compatriote n'est pas de cet avis: « J'ai été gêné, aucun pilote n'aurait agi autrement que moi ! » L'autre pilote Benetton Alexander Wurz présente pour sa part ses excuses à Johnny Herbert pour la manœuvre suicidaire qui les a éliminés à quelques kilomètres du damier. « Finir septième ou dans les graviers, au fond, c'est la même chose ! » lui répond le vétéran britannique, peu rancunier. Quant à Jean Alesi, contraint de s'arrêter quatre fois, il s'époumone contre Corrado Provera qui ne lui aurait pas serré la main une seule fois ce week-end. Il taxe en outre le patron de Peugeot Sport d'incompétence. Intelligemment, ce dernier évite de répondre à son bouillant « compatriote ». « Jean est sicilien et moi turinois », sourit Provera.

 

Sources:

- Renaud de Laborderie, Le Livre d'or de la Formule 1 2000, Paris, Solar, 2000.

- Sport Auto, juillet 2000

- Auto Hebdo, 24 mai 2000

Tony