Jean ALESI
 J.ALESI
Benetton Renault
Jacques VILLENEUVE
 J.VILLENEUVE
Williams Renault
Heinz-Harald FRENTZEN
 H.FRENTZEN
Williams Renault

612e Grand Prix

I Grosser Preis von Luxemburg
Ensoleillé
Nürburgring
dimanche 28 septembre 1997
67 tours x 4.555 km - 305.185 km
Affiche
F1
Coupe

Le saviez-vous ?

Pilote
Constructeur
Moteur
Accrochage entre les deux Jordan au premier virage.

Présentation de l'épreuve

Pour la troisième année consécutive, la Formule 1 pose ses bagages sur le « nouveau » Nürburgring. Néanmoins, cette fois l'épreuve ne prendra pas le nom de « Grand Prix d'Europe », dévolu à celle de Jerez qui clôturera la saison 1997. C'est au Grand-Duché de Luxembourg, distant de 115 kilomètres, que revient l'honneur de baptiser cette escale. Ce tour de passe-passe est bien entendu signé Bernie Ecclestone qui tient à organiser deux courses en Allemagne pour profiter de l'immense popularité de Michael Schumacher tout en contournant les lois anti-tabac qui ne sont pas encore appliquées au Luxembourg....

 

Le Grand Prix d'Autriche a entièrement rebattu les cartes de la bataille pour le titre mondial. Michael Schumacher (68 points) ne compte plus qu'un souffle d'avance sur Jacques Villeneuve (67 points) à trois épreuves de l'épilogue. Le Canadien, qui entre Zeltweg et le Nürburgring a fait un détour à Silverstone pour des essais privés, se sait favori du fait de la supériorité de sa Williams-Renault, mais n'oublie pas que cette année ses plans ont régulièrement été contrariés par les bourdes de son écurie ou les siennes propres... Schumacher reste pour sa part sur deux courses médiocres, achevées au sixième rang, mais comme à l'ordinaire est prêt à saisir toutes les opportunités. « Il n'y a plus de place pour le calcul ou la stratégie », professe l'Allemand. « Il faut gagner, c'est tout. Et avec une hiérarchie aussi serrée, tout peut arriver. » Schumacher célèbre en outre ici son 100ème Grand Prix – qui est en fait son 99ème, puisqu'il a abandonné avant le coup d'envoi du GP de France l'an passé, mais peu importe. Jeudi après-midi, Luca di Montezemolo, Jean Todt et Bernie Ecclestone lui offrent un énorme gâteau au chocolat surmonté du chiffre 100 et d'une Ferrari rouge en sucre. Facétieux, Schumi profite de la circonstance pour écraser sa part de dessert sur la figure d'Ecclestone... qui sera le premier à rire de cette blague.

 

Cependant McLaren entend bien troubler le duel Schumacher – Villeneuve, en particulier au Nürburgring où son partenaire et motoriste Mercedes joue à domicile. Les récentes prestations de David Coulthard et Mika Häkkinen ont souligné les progrès de la MP4/12 qui semble de plus en plus performante. Hélas, la fiabilité fait toujours défaut, comme a pu le constater Häkkinen dès le premier tour du GP d'Autriche. « Ce qui nous intéresse en ce moment est de parvenir à un bon niveau de performance », définit Ron Dennis. « La fiabilité sera l'étape suivante. Mais nous pensons pouvoir concilier les deux pour cette course. Nous serons en tout cas plus heureux d'abandonner en tête que de terminer aux quatrième et cinquième places. » Il ne croit pas si bien dire... Dans le même temps, Adrian Newey apparaît dans le stand McLaren aux côtés d'un autre transfuge de Williams, l'ingénieur Paddy Lowe, spécialiste de l'électronique, un des pères de la suspension active. Lowe travaille à Woking depuis déjà plusieurs années et a notamment conçu des systèmes d'embrayage à double commande et de contrôle électronique de freinage. Désormais, il planche avec Newey sur la construction d'un simulateur, c'est-à-dire d'un gigantesque dispositif permettant aux pilotes de réaliser des essais virtuels, une première en Formule 1. Grâce à Newey et Lowe, McLaren se dote ainsi d'un outil technologique révolutionnaire qui pourrait lui donner un avantage significatif dans les années à venir.

 

Trois mois après son accident de Montréal, Olivier Panis reprend enfin place au volant de sa Prost-Mugen-Honda. Radieux, le Grenoblois se replonge avec gourmandise dans le bain de la compétition. Il revient devant ses amis sur sa convalescence à Douarnenez: « Cet été, j'ai vraiment ennuyé mes médecins. Tous les jours, je leur demandais des indications précises sur la date de mon retour en course. Ils me rassuraient au mieux. Ils comprenaient mon impatience, mais ne pouvaient l'apaiser. En vérité, mon horizon s'est éclairé le 5 août. Ce jour-là, ils m'ont montré les radios de mes jambes. J'ai immédiatement saisi qu'ils étaient contents de moi. J'étais rétabli. » Depuis, Panis a couvert environ 180 tours d'essais à Magny-Cours et au Paul-Ricard afin de se refamiliariser avec sa monoplace. En parallèle, Alain Prost convie Jarno Trulli, héros malheureux du GP d'Autriche, à demeurer tout le week-end dans le stand des Bleus. Le jeune Italien ignore encore quel sera son avenir, mais tout porte à croire qu'il sera l'équipier de Panis en 1998.

 

Max Mosley est présent au Nürburgring et reçoit les team managers afin de discuter de plusieurs points des règlements technique et sportif. Le président de la FIA se heurte à une fin de non-recevoir lorsqu'il propose de réintroduire une séance d'essais qualificatifs le vendredi. En revanche, les séances d'essais préliminaires du jeudi sur les nouveaux tracés sont abandonnées, un pis-aller pour Mosley qui souhaitait réduire au minimum les séances libres. En outre, les constructeurs acceptent de fixer quelques limites à l'utilisation des pneumatiques. Ainsi désormais les manufacturiers ne pourront plus fournir que trois spécifications de gommes pour la pluie, et ce afin de freiner quelque peu la « guerre des pneus » entre Goodyear et Bridgestone

 

Passation de pouvoir chez Benetton: Flavio Briatore accueille ici son successeur David Richards qui est loin d'être un inconnu. Âgé de 45 ans, Richards s'est d'abord fait connaître en 1981, lorsqu'il a remporté le championnat du monde des rallyes en tant que copilote d'Ari Vatanen, avant de fonder en 1986 sa propre officine, Prodrive. Son association avec Subaru lui a permis de glaner d'autres lauriers avec des vedettes du rallye comme Colin McRae ou Carlos Sainz. Avec la Formule 1, il découvre une toute autre discipline, mais ne semble nullement intimidé. Il donne déjà ses premières consignes au directeur sportif Joan Villadelprat ou aux ingénieurs Pat Symonds et Nick Wirth, devant un Briatore désœuvré. Richards dévoile déjà une philosophie d'action: « Il nous faut la passion qui anime Ferrari, la qualité technologique de Williams et le marketing adroit de McLaren. J'ai le mandat de restaurer Benetton qui conserve une image très forte. »

 

Seulement huit jours séparent les étapes de Spielberg et du Nürburgring, et en conséquence les monoplaces sont quasi inchangées. Irvine ayant endommagé sa voiture en Autriche en s'accrochant avec Alesi, il bénéficie ici d'un châssis tout neuf et allégé. Les deux Ferrari peuvent en outre utiliser en qualifications un régime maximal accru de 300 tours/minute. A l'inverse, chez Prost, Mugen réduit de 300 tours le régime de ses V10 afin d'éviter des ruptures comme celles qui ont marqué le GP d'Autriche. Trois moteurs de course sont par ailleurs spécialement révisés en ce sens. La Williams FW19 arbore désormais un bras supérieur de suspension avant caréné par une enveloppe de carbone. Le duo Newey – Lowe revoit intégralement les réglages de McLaren-Mercedes: assiette, garde au sol, amortissement et charge aérodynamique. Il semble d'ailleurs qu'avec la Jordan la McLaren soit la monoplace qui produit le plus d'appuis. Mercedes bouleverse aussi l'agencement de son V10 en déplaçant le réservoir d'huile et le circuit de lubrification. Une mauvaise circulation d'huile serait en effet à l'origine de la panne qui a frappé Häkkinen en Autriche. Enfin, Ford apporte à Stewart deux versions de son V10, la première très expérimentale pour les qualifications et la seconde, réputée plus fiable, pour la course.

 

Essais et qualifications

Le bitume du Nürburgring est comme souvent assez poussiéreux et nulle averse ne viendra pour une fois le nettoyer, d'où une adhérence parfois précaire et de nombreux tête-à-queue. Les McLaren-Mercedes dominent la séance du vendredi, Häkkinen devant Coulthard. Il apparaît que les « Flèches d'Argent » ont ici un net avantage grâce à la puissance de leur moteur et au contrôle de couple par l'accélérateur électronique. Les Williams-Renault se réveillent le lendemain matin: Frentzen se montre le plus rapide devant Häkkinen et Fisichella.

 

Ce samedi 27 septembre est le jour de gloire de Häkkinen: après 93 Grands Prix, le Finlandais réalise enfin la première pole de sa carrière (1'16''602''') après un tour impeccable. C'est aussi la première pole d'une McLaren depuis quatre ans et d'un moteur Mercedes depuis 1955 ! Coulthard (6ème) est plus en retrait après avoir cassé un moteur dans la matinée. Les Williams-Renault (Villeneuve 2ème, Frentzen 3ème) suivent de très près Häkkinen et gardent donc toutes leurs chances de victoire. Fisichella (4ème) se montre de nouveau excellent au volant de la Jordan-Peugeot tandis que son équipier R. Schumacher (8ème) déplore trop de sous-virage. M. Schumacher amène une Ferrari très sous-vireuse au cinquième rang, à 7/10 de la pole. Il ne pouvait espérer mieux. Irvine (14ème) s'englue dans le peloton après une sortie de route samedi matin. Les Benetton-Renault (Berger 7ème, Alesi 10ème) peinent à faire chauffer leurs pneus et manquent d'équilibre.

 

Les Stewart-Ford ont ici un très bon rythme. Barrichello (9ème) atteint le « top ten » et Magnussen réalise un petit exploit en signant le 12ème chrono avec son mulet après une panne de moteur. Très rapide lors des essais libres, Panis tombe hélas sur du trafic en qualifications et doit se contenter du 11ème temps. Sur l'autre Prost-Mugen, Nakano (17ème) déplore du sous-virage et un déficit de motricité. Afin de compenser le manque de puissance du moteur Yamaha, Arrows réduit la charge aérodynamique de ses A18. Hill (13ème) et Diniz (15ème) ne font ainsi que de la figuration alors que leurs pneus Bridgestone leur laissaient entrevoir de meilleures perspectives, comme le démontrent les performances des Stewart et des Prost. Désastre chez Sauber-Petronas: Herbert (16ème) et Morbidelli (19ème) doivent composer avec une C16 alternant survirage et sous-virage. Belle prestation du jeune Marques qui amène sa Minardi-Hart au 18ème rang, sa meilleure qualification de la saison. Son collègue Katayama (22ème) subit pour sa part une panne électrique. Les Tyrrell-Ford (Salo 20ème, Verstappen 21ème) rencontrent un fort sous-virage et n'ont de toute façon pas le moteur pour faire mieux.

 

Cette pole position tombe à point nommé pour Mika Häkkinen qui célébrera le lendemain, 28 septembre, son 29ème anniversaire, et rêve bien sûr d'une première victoire en guise de cadeau. Sa compagne Erja Honkanen et son agent Didier Coton lui mitonnent une belle fête pour la soirée d'après Grand Prix, qu'ils espèrent inoubliable. Chez Mercedes, on n'a pas une telle patience, puisque Norbert Haug et ses hommes lui présentent dimanche matin un énorme gâteau, dont le Finlandais n'abusera pas: ce n'est pas le moment d'avoir une indigestion !

 

Le Grand Prix

Les McLaren-Mercedes sont de nouveau les plus véloces lors du warm-up, Häkkinen devant Coulthard. Petite alerte chez Williams après une panne d'alimentation sur le mulet utilisé par Villeneuve. Nakano est victime d'une panne de courroie d'alternateur et doit remplacer son moteur par un autre, non révisé.

 

Le soleil brille sur l'Eifel en ce dimanche de septembre, même si les températures sont plutôt fraîches pour la saison. Ce GP de Luxembourg est un joli succès populaire puisque l'on dénombre pas moins de 120 000 spectateurs, pour la plupart des fans allemands de Michael Schumacher. Les pilotes chaussés par Goodyear tablent sur une course à deux arrêts, contre un seul pour la majorité de ceux munis de gommes Bridgestone, et ce bien qu'ils aient pour la plupart sélectionné le composé tendre. Au cours de la mise en grille, M. Schumacher percute à faible allure un des mécaniciens de Tyrrell, Phil Cant, qui chute lourdement. Blessé à l'épaule, celui-ci est transféré au centre médical du circuit avant d'être rapatrié en Grande-Bretagne. Cet incident trouble quelque peu Schumacher, bien que les jours du mécanicien ne soit pas en danger.

 

Départ: Häkkinen démarre sans peine et reste premier. Parti sixième, Coulthard se faufile entre Fisichella et M. Schumacher, puis déboîte les deux Williams et pointe second au premier virage devant Villeneuve et Frentzen. Ceux-ci se frottent au freinage sans abîmer leurs monoplaces. Mais un peu plus loin, Fisichella aborde trop rapidement la première courbe et harponne son équipier R. Schumacher qui rebondit contre son frère. La Jordan escalade la roue avant-droite de la Ferrari. M. Schumacher parvient péniblement à regagner la piste. Berger et Katayama tirent tout droit dans les graviers pour éviter le carnage. Si l'Autrichien s'en sort bien, le Japonais finit par percuter Fisichella.

 

1er tour: Le coupe-circuit se déclenche inopinément sur la Williams de Frentzen qui ralentit sur quelques mètres et perd de nombreuses positions. En fin de parcours, Häkkinen mène devant Coulthard, Villeneuve, Barrichello, Alesi, Magnussen, Hill, Diniz, Herbert et M. Schumacher. Frentzen est treizième. Fisichella et R. Schumacher ont abandonné. Katayama rentre à son garage et ne repartira pas.

 

2e: M. Schumacher rencontre un problème de direction et court-circuite la petite chicane. Il regagne ensuite son stand où ses mécaniciens s'aperçoivent que le triangle de suspension avant-droit est tordu. L'Allemand n'a d'autre choix que de renoncer. C'est un tournant dans la lutte pour le titre mondial. Bien parti (il était 14ème), Marques se gare à la chicane après une coupure de moteur.

 

3e: Häkkinen compte deux secondes de marge sur Coulthard, trois secondes et demie sur Villeneuve.

 

5e: Häkkinen précède Coulthard (2.2s.), Villeneuve (4.3s.), Barrichello (8s.), Alesi (8.6s.), Magnussen (12s.), Hill (12.6s.), Diniz (13.3s.), Herbert (13.7s.), Panis (14.4s.), Irvine (15s.) et Frentzen (16.8s.).

 

6e: Villeneuve garde seul le contact avec les McLaren-Mercedes. Les Stewart ont pris un bon envol mais sont désormais menacées: Barrichello résiste à Alesi et Magnussen tient tête à Hill.

 

7e: Häkkinen améliore le record du tour (1'20''245''') et repousse Coulthard à trois secondes.

 

8e: Berger double Frentzen, avant que ces deux pilotes ne passent devant Irvine qui a commis une petite faute.

 

9e: Häkkinen est toujours le plus rapide en piste. Coulthard lui concède maintenant cinq secondes. Villeneuve s'accroche à l'Écossais.

 

10e: Berger dépasse Panis à la chicane. Frentzen double ensuite le Grenoblois par l'intérieur de l'ultime courbe.

 

12e: Häkkinen est leader devant Coulthard (8.1s.), Coulthard (9.8s.), Barrichello (20.5s.), Alesi (21.1s.), Magnussen (28.3s.), Hill (28.8s.), Diniz (29.3s.), Herbert (29.8s.), Berger (30.2s.), Frentzen (31.2s.) et Panis (33.3s.).

 

14e: L'intervalle entre Häkkinen et Coulthard atteint neuf secondes. Sixième et très chargé en essence, Magnussen emmène un long peloton comprenant Hill, Diniz, Herbert, Berger, Frentzen, Panis, Irvine et Nakano.

 

16e: Dix secondes séparent Häkkinen et Coulthard. Villeneuve reste au contact de la seconde McLaren. Herbert effectue son premier arrêt-ravitaillement.

 

17e: Berger prend l'ascendant sur Diniz. Le moteur de Nakano – non révisé, on s'en souvient – explose. Le Japonais se gare dans la pelouse dans un nuage de fumée.

 

19e: Häkkinen devance Coulthard (11.5s.), Villeneuve (13.3s.), Barrichello (30.5s.), Alesi (31.2s.), Magnussen (42.6s.), Hill (44s.), Berger (44.4s.), Diniz (46.8s.), Frentzen (47.5s.), Panis (48.1s.) et Irvine (48.8s.).

 

20e: Bloqué derrière Barrichello, Alesi regagne son stand pour son premier ravitaillement (9.5s.) et redémarre derrière Irvine.

 

21e: Frentzen déborde Diniz à la chicane Veedol et s'empare de la huitième place

 

22e: Häkkinen possède douze secondes d'avance sur son équipier. Berger effectue un pit-stop (8s.) et se réinsère en treizième position. Lanterne rouge depuis son ravitaillement, Herbert bute sur Verstappen et perd ainsi beaucoup de temps.

 

23e: Irvine est abandonné par son moteur et doit se garer dans une échappatoire après la courbe Dunlop. Voilà une course noire pour Ferrari. Arrêts de Morbidelli et de Salo.

 

25e: Häkkinen rencontre les premiers attardés. Son avantage sur Coulthard et Villeneuve n'augmente plus. Alesi déborde son compatriote Panis. Ravitaillement de Verstappen.

 

27e: Häkkinen boucle son meilleur chrono (1'19''576'''). Il précède Coulthard (12s.), Villeneuve (14s.), Barrichello (37s.), Magnussen (53.7s.), Hill (54s.), Frentzen (54.7s.), Diniz (59s.), Alesi (1m.) et Panis (1m. 01s.).

 

28e: Septième, Frentzen ne parvient pas à doubler la Stewart de Magnussen et l'Arrows de Hill. Il est décidément difficile de dépasser sur le nouveau Nürburgring...

 

29e: Häkkinen s'arrête au stand McLaren pour remettre de l'essence et des pneus frais (7s.). Il laisse ainsi les commandes de l'épreuve à Coulthard. Villeneuve effectue lui aussi son premier pit-stop (8.8s.) et reste troisième.

 

31e: Coulthard possède neuf secondes de marge sur Häkkinen. Frentzen subit un ravitaillement (7.7s.) et repart derrière Berger.

 

32e: Coulthard arrive chez McLaren afin de ravitailler (7s.). Häkkinen retrouve la première place. Hill met une forte pression sur Magnussen mais ce dernier résiste à son aîné. Frentzen réalise le meilleur tour de la course (1'18''805''').

 

34e: Häkkinen est leader devant Coulthard (11.7s.), Villeneuve (16s.), Barrichello (22s.), Magnussen (41.4s.), Hill (41.4s.), Diniz (45.1s.), Alesi (45.8s.), Panis (46.4s.), Berger (53.1s.) Frentzen (53.1s.) et Herbert (1m. 06s.).

 

36e: Hill rejoint son stand pour son unique pit-stop. Tout se déroule convenablement jusqu'à ce qu'il cale au redémarrage. Le Britannique perd vingt secondes dans cette mésaventure.

 

38e: L'intervalle entre Häkkinen et Coulthard se chiffre toujours à douze secondes. Barrichello fait halte chez Stewart pour son seul ravitaillement, puis parvient à repartir cinquième, juste devant un peloton de furieux comprenant Diniz, Alesi et Panis.

 

40e: Magnussen et Diniz passent aux stands pour leurs seuls ravitaillements. Ils repartent dans cet ordre, mais dès la sortie de la pit-lane le Brésilien déborde le Scandinave qui a cassé un demi-arbre de roue.

 

41e: Panis observe son pit-stop (9.6s.), puis reprend la piste sous le nez de Häkkinen auquel il fait perdre quelques dixièmes. Morbidelli et Verstappen se plient pour leur part à leur second arrêt. L'Italien redémarre avec peine à cause d'un problème d'embrayage. Magnussen rejoint son garage pour abandonner.

 

42e: Häkkinen précède Coulthard (12.3s.), Villeneuve (18s.), Barrichello (53.2s.), Alesi (54.4s.), Berger (56.4s.) et Frentzen (57.3s.).

 

43e: Le moteur de Coulthard explose au passage de la ligne de chronométrage. L'Écossais se gare au bout de la pit-lane. L'angoisse monte chez McLaren car le V10 de Häkkinen ratatouille de façon inquiétante. Panis attaque Diniz pour le gain de la septième place. Herbert et Salo passent une seconde fois aux stands.

 

44e: Catastrophe pour McLaren-Mercedes: Häkkinen doit stopper à son tour au bout de la ligne droite principale, moteur serré. Il se gare au niveau de son équipier, non sans d'ailleurs couper la route à Herbert qui sortait des stands. Le Finlandais, effondré, laisse une fois de plus échapper sa première victoire en Grand Prix. Villeneuve recueille les commandes de l'épreuve devant Alesi. Barrichello est en effet lui aussi contraint de se retirer: sa boîte de vitesse ne fonctionne plus suite à une chute de pression hydraulique.

 

45e: Villeneuve perd un peu de temps derrière un Hill peu coopératif. Alesi observe son second pit-stop (8.4s.) et repart en quatrième position.

 

46e: Berger effectue un nouveau ravitaillement (7.7s.) et passe derrière son collègue Alesi. Frentzen est désormais second.

 

47e: Villeneuve est premier devant Frentzen (37.4s.), Alesi (56.4s.), Berger (1m.), Diniz (1m. 05s.), Panis (1m. 06s.), Herbert (1m. 11s.), Hill (-1t.), Morbidelli (-1t.), Salo (-1t.) et Verstappen (-1t.).

 

48e: Frentzen observe un deuxième ravitaillement (9s.) puis se réinsère entre Alesi et Berger.

 

49e: Alesi et Frentzen se débarrassent avec peine d'un Verstappen toujours aussi difficile à dépasser. Le Hollandais ferme ensuite la porte au nez de Berger. Villeneuve se plie en toute quiétude à son second pit-stop (7.5s.) et garde les commandes du Grand Prix.

 

51e: Villeneuve précède Alesi (32.6s.), Frentzen (33.2s.), Berger (35.1s.), Diniz (45.2s.), Panis (45.6s.), Herbert (47.4s.) et Hill (58s.).

 

52e: Frentzen pourchasse Alesi pour la seconde place. Berger est quatrième en embuscade. Les quatre V10 Renault occupent les quatre premières places.

 

53e: Le moteur de Verstappen serre dans la dernière courbe, ce qui envoie le Hollandais dans les graviers où il restera.

 

55e: Villeneuve compte vingt-huit secondes d'avance sur Alesi, trente secondes sur Frentzen, trente-et-une secondes sur Berger.

 

56e: Panis fait le forcing pour dépasser Diniz mais ce dernier verrouille toutes les issues. Herbert remonte sur ce duo.

 

58e: Villeneuve est premier devant Alesi (25.7s.), Frentzen (27.3s.), Berger (28.6s.), Diniz (43.6s.), Panis (44.1s.), Herbert (45.3s.), Hill (53s.), Morbidelli (-1t.) et Salo (-1t.).

 

60e: Villeneuve conduit à sa main et laisse ses poursuivants revenir à une vingtaine de secondes. Alesi et Frentzen ont quelque peu semé Berger. Diniz oppose une résistance opiniâtre aux assauts de Panis.

 

62e: L'intervalle entre Villeneuve et Alesi n'évolue plus. Troisième, Frentzen espère encore apporter le doublé à Williams. Hill rattrape peu à peu le trio Diniz – Panis – Herbert.

 

64e: Villeneuve devance Alesi (20.2s.), Frentzen (20.8s.), Berger (23.8s.), Diniz (46.3s.), Panis (46.7s.), Herbert (47.2s.) et Hill (50.2s.).

 

66e: Dix-neuf secondes séparent Villeneuve et Alesi. Diniz contient toujours Panis, rattrapé par Herbert et Hill.

 

67ème et dernier tour: Jacques Villeneuve gagne sa septième course de la saison. Alesi, deuxième, grimpe lui sur son cinquième podium en 1997. Frentzen est une fois de plus troisième avec la seconde Williams. Berger se classe quatrième et conclut ainsi un quarté Renault. Diniz finit cinquième et empoche ses deux premiers points de l'année. Panis obtient une belle sixième place pour son retour aux affaires. Herbert, Hill, Morbidelli et Salo sont les seuls autres pilotes à rallier l'arrivée.

 

Après la course: Villeneuve fonce vers le titre

Le carambolage du départ et le double abandon des McLaren ont ouvert une voie royale à Jacques Villeneuve que cette victoire propulse aux commandes du championnat du monde. Le Canadien (77 points) jouit de neuf longueurs d'avance sur Michael Schumacher (68 pts) et peut donc être titré quinze jours plus tard à Suzuka. Bref, il vient de rafler un vrai jackpot ! « Difficile d'imaginer scénario plus parfait ! » s'extasie Villeneuve. « D'autant plus fantastique que nous n'avions pas la voiture pour gagner. Les McLaren-Mercedes étaient bien plus rapides. Elles étaient intouchables, j'attaquais sans leur reprendre quoique ce soit. En plus, leurs ravitaillements ont été bien plus rapides que les nôtres. Mon travail était de rester dans leur sillage et d'attendre un pépin. » Mission accomplie. Désormais, Villeneuve peut envisager l'issue du championnat du monde avec sérénité. « Notre voiture est bonne, l'ambiance dans l'équipe excellente. Donc tout va bien ! À l'inverse, chez Ferrari ils vont traîner leur peine jusqu'au Japon ! J'ai l'intention de prendre là-bas un avantage définitif, d'autant plus que j'adore la piste de Suzuka. »

 

La victoire de Jacques Villeneuve et la troisième place de Heinz-Harald Frentzen permettent aussi à Williams-Renault de quasiment s'assurer de la couronne des constructeurs. L'association anglo-française possède en effet vingt-six points de marge sur Ferrari (112 contre 86) et devrait donc être consacrée à Suzuka, pour la cinquième fois en six ans. En outre, les Benetton de Jean Alesi et de Gerhard Berger complètent ce quarté du Losange. Bernard Dudot pavoise: « Nous finissons l'année avec une sérénité inouïe, principalement incarnée par Villeneuve et Alesi. » Surtout, Renault Sport voit s'éloigner la douloureuse perspective de quitter la F1 sur un échec face à Ferrari.

 

En arrivant sur le « Ring », Michael Schumacher s'attendait à vivre un week-end compliqué, mais certainement pas à être éjecté dès le premier virage, qui plus est par son propre frère Ralf. Lequel fut certes bien aidé par son coéquipier Giancarlo Fisichella... Schumacher cadet se confond en excuses auprès de son aîné, mais celui-ci regarde surtout les neuf points de retard qu'il concède désormais à Jacques Villeneuve. Le prochain Grand Prix à Suzuka s'annonçant très favorable aux Williams-Renault, certains considèrent que les deux championnats sont déjà perdus pour l'Allemand et pour Ferrari. « C'est une terrible désillusion », reconnaît Jean Todt, « mais la F1 est aussi une épreuve de courage et d'humilité. Il nous reste deux courses, nous essaierons d'obtenir les meilleurs résultats possibles, tout en étant conscients qu'un miracle n'y suffirait pas. » Il serait cependant bien hasardeux d'imaginer le « Baron rouge » baisser les bras...

 

Dimanche soir, Mika Häkkinen retrouve comme prévu sa compagne Erja pour une fête d'anniversaire lugubre. La scoumoune ne quitte décidément pas le blond Scandinave, à nouveau privé de victoire suite à une rupture mécanique. Il avait pourtant réalisé une course remarquable, creusant un écart régulier et conséquent sur son équipier David Coulthard, avec une stratégie similaire. Las, si le moteur Mercedes est sans doute bien le plus puissant du plateau, il n'est toujours pas fiable... Häkkinen peine à digérer cette énième désillusion. « Jusque-là, Mercedes m'a offert plus d'excuses que de points », raille-t-il, très amer. « Que dire d'autre ? Je pensais enfin avoir ma chance mais, comme je le dis trop souvent, c'est la course... » Norbert Haug est très embarrassé. « Je veux avant tout présenter mes excuses à nos pilotes », lâche le patron de Mercedes Motorsport. « Cependant, je peux leur promettre que nous résoudrons très rapidement ces problèmes, et je tiens à faire remarquer qu'avant ces pannes, nous roulions vers un doublé à domicile, chez nous, en Allemagne. » « Le rôle d'une équipe forte est aussi de savoir partager les joies comme les déceptions. Nous nous reverrons au Japon ! » conclut Ron Dennis. Pour l'heure, Häkkinen et Coulthard ont le moral dans les chaussettes, et McLaren abandonne la troisième place du championnat des constructeurs à Benetton qui aligne pourtant une machine moins compétitive... mais beaucoup plus fiable.

 

Enfin, alors que Pedro Diniz étonne son monde en rapportant deux points précieux à Arrows, Olivier Panis rayonne après une course excitante qui l'a vu batailler avec fougue contre le Brésilien, et surtout ramener un joli point. « C'est exactement ce qu'il fallait à Olivier pour nous rassurer sur sa condition physique », déclare Alain Prost. Le pilote français a en effet démontré qu'il n'avait rien perdu de sa fougue et de son habileté. Désormais, il se tourne avec confiance vers 1998, en espérant que la nouvelle alliance Prost-Peugeot lui permettra de reprendre le cours de l'histoire interrompue en juin, au GP du Canada, alors qu'il détenait la troisième place du championnat des conducteurs...

Tony