• Champion de Formule E en 2018 et 2019
Jean-Eric Vergne fait partie de cette nouvelle génération de pilotes français prometteurs, aux côtés de Romain Grosjean, Charles Pic et Jules Bianchi.
Surnommé JEV, il commence le karting à l'âge de 4 ans, son père étant propriétaire d'une piste de karting. Il remporte le championnat de France en 2001, devient vice-champion d'Europe en 2005 et décroche une place d'honneur au championnat du monde en 2006 dans la catégorie reine, puis intègre la FFSA.
Il passe en monoplace dès 2007 et remporte la Formule Campus. L'année suivante, il participe à l'Eurocup Formula Renault 2.0 et à la Formula Renault 2.0 West European Cup avec l'équipe SG Formula, décrochant des places d'honneur derrière ses coéquipiers Daniel Ricciardo et Valtteri Bottas. En 2009, il termine vice-champion de ces deux championnats, derrière l'Espagnol Albert Costa.
En 2010, il participe au très réputé championnat britannique de Formule 3, remportant la moitié des courses de la saison (douze sur vingt-quatre), dont les trois manches à Spa. Il succède ainsi à ses coéquipiers de la Red Bull Junior Team, Jaime Alguersuari et Daniel Ricciardo. Il remplace également Brendan Hartley chez Tech 1 à la fin de la saison de Formule Renault 3.5 et impressionne à nouveau : quatre podiums en six courses, dont une victoire, ce qui lui permet de se hisser à la huitième place du championnat, alors qu'il n'a disputé qu'un tiers de la saison. Il marque même plus de points que son coéquipier Ricciardo, qui finit vice-champion, lors de ces six courses.
Il est ainsi convié à participer aux essais de jeunes pilotes en fin de saison avec l'équipe Toro Rosso, et ses temps au tour sont convaincants. En 2011, le championnat de Formule Renault 3.5 est la priorité du pilote francilien. Il est engagé par l'écurie Carlin et son coéquipier n'est autre que le jeune et redoutable Canadien Robert Wickens. Sur les dix-sept courses, JEV monte neuf fois sur le podium, dont cinq fois sur la plus haute marche, tandis que son coéquipier monte une fois de plus sur le podium. Carton plein pour Carlin Motorsport, mais le titre revient à Wickens, suite à un accrochage lors de la dernière course à Barcelone. Jean-Eric fait donc logiquement ses débuts en Formule 1 lors des essais libres des Grands Prix de Corée du Sud, d'Abou Dhabi et du Brésil.
En F1 avec Toro Rosso
En décembre, il est confirmé chez Toro Rosso aux côtés de son ancien coéquipier et rival de la Red Bull Junior Team, l'Australien Daniel Ricciardo. Pour les deux hommes, qui prennent le volant de la STR7 motorisée par Ferrari, la saison est assez simple à résumer : l'Australien brille en qualifications, tandis que le Français est plus solide en course et rapporte les meilleurs résultats à l'écurie. Il termine effectivement huitième à quatre reprises : en Malaisie, en Belgique, en Corée du Sud et au Brésil. Il se classe dix-septième au championnat, devançant son coéquipier de six points.
Le duo est reconduit pour 2013, mais il est sous la menace des jeunes espoirs de Red Bull : Antonio Felix da Costa, Daniil Kvyat et Carlos Sainz. Si JEV réalise une nouvelle fois la meilleure performance de l'année pour l'écurie en terminant sixième à Montréal, c'est cette fois Ricciardo qui a l'avantage au championnat, devançant le Français de sept points. Au terme des deux saisons, le duel est équilibré et, lorsque Mark Webber annonce son départ à la retraite, les deux pilotes peuvent espérer une place de titulaire aux côtés de Sebastian Vettel dans l'écurie championne du monde, Red Bull Racing. C'est toutefois l'Australien qui est choisi pour remplacer son compatriote, car il est le favori d'Helmut Marko.
Pourquoi le n° 25 ?
Il est né un 25 avril, ce qui explique directement son choix.
Cette saison 2014 marque le passage aux moteurs V6 turbo hybrides et la STR9 est désormais motorisée par Renault. Confronté au champion en titre de la GP3 Series, le jeune Russe Daniil Kvyat, Jean-Eric est attendu au tournant. Il doit absolument le dominer s'il veut continuer sa carrière en Formule 1. Bien qu'il soit régulièrement devant, tant en qualifications qu'en course, la domination du Français n'est pas aussi flagrante qu'attendue. Lors de l'annonce du recrutement de Max Verstappen pour l'année suivante, JEV se sait condamné. Malgré le départ de Sebastian Vettel de Red Bull, annoncé quelques semaines plus tard, il est déjà trop tard pour lui : Kvyat est choisi pour remplacer l'Allemand et il quitte la Formule 1 par la petite porte.
L'après-F1
Ne voyant pas d'issue pour 2015, il se tourne alors vers le championnat nouvellement créé : la Formule E. Avec l'écurie Andretti Autosport, il décroche la pole position dès sa première course en Uruguay, mais abandonne à deux tours de l'arrivée alors qu'il était en position de monter sur le podium. Il connaît une mésaventure similaire à Miami, mais termine sur le podium à Long Beach et à Londres. Il conclut ainsi cette première saison partielle à une encourageante septième place. Parallèlement, JEV est recruté par la Scuderia Ferrari en tant que pilote d'essai, un poste qu'il partage avec Esteban Gutiérrez.
Pour la saison suivante, il est recruté par l'équipe DS Virgin. Il termine le championnat à la neuvième place, avec deux podiums à son actif. En 2017, il participe au championnat du monde d'endurance LMP2 avec une Oreca. En Formule E, il change à nouveau d'écurie et s'engage avec Techeetah, une équipe chinoise. Il remporte une victoire à Buenos Aires et monte cinq fois sur le podium.
En 2018, il commence la saison par une pole position, suivie d'une deuxième place à Hong Kong. Il remporte ensuite la victoire lors de la quatrième manche à Santiago du Chili, de la sixième à Punta del Este et de la huitième à Paris. Il est alors en lice pour le titre avec Lucas di Grassi. Avec une quatrième victoire lors de la dernière manche à New York, Jean-Eric devient champion de Formule E.
Cette année, il termine également deuxième du championnat European Le Mans Series en LMP2. En 2019, il entame de nouveau sa saison de Formule E par une deuxième place à Ad Diriyah. Il décroche sa première victoire de la saison lors de la sixième manche, à Sanya, en Chine. Il remporte ensuite les courses de Monaco et de Berne, ce qui lui permet de décrocher un deuxième titre.
Avec une seule victoire en 2020, il termine à la troisième place du championnat, remporté par son coéquipier chez DS Techeetah, António Félix da Costa. En 2021, il termine à la dixième place, avec une seule victoire, dans un championnat très serré puisqu'il termine à dix-neuf points du vainqueur, Nyck de Vries.
En 2022, JEV poursuit avec DS Techeetah en Formule E et se classe quatrième du championnat, avec cinq podiums mais aucune victoire. La même année, il est recruté par Peugeot pour piloter la nouvelle hypercar en endurance. En 2023, il rejoint DS Penske et remporte une victoire.
Lucas