Kimi ANTONELLI
 K.ANTONELLI
Mercedes
Lando NORRIS
 L.NORRIS
McLaren Mercedes
Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda RBPT

1146o Gran Premio

V Grande Premio de São Paulo
Cubierto
Interlagos
domingo, 9 de noviembre de 2025
71 vueltas x 4.309 km - 305.879 km
(Offset: 60 m)
info
Affiche
F1
Coupe

¿Lo sabían?

Piloto
Constructore
Motor

Titre 2008: Felipe Massa au tribunal


Oscar Piastri: l'impossible rebond ?

Le GP de Mexico s'est conclu par le retour de Lando Norris aux commandes du championnat des conducteurs aux dépens de son équipier Oscar Piastri qui occupait cette position depuis six mois. À quatre courses (plus deux sprints) du terme de la saison, un minuscule point sépare les deux pilotes McLaren, dont le duel est perturbé par ce diable Max Verstappen, toujours en embuscade à seulement trente-six longueurs. Bref, voilà un contexte qui fait songer à 1986. Cette année-là, les deux locataires de l'écurie dominante Williams-Honda, Nelson Piquet et Nigel Mansell, s'étaient fait la guerre toute l'année, pour être finalement coiffés sur le poteau par l'outsider Alain Prost. Verstappen rêve d'un tel scénario, d'autant que le directeur de McLaren Andrea Stella répète qu'il préfère prendre le risque de perdre la couronne que de donner des consignes à ses pilotes. Cela lui serait de toute façon impossible, puisque évidemment personne ne lui obéirait...


Par ailleurs, beaucoup se demandent pourquoi depuis septembre Oscar Piastri est constamment dominé par Lando Norris. Jusqu'à la fin de l'été, l'Australien semblait en parfaite osmose avec la MCL39, était solide, rigoureux et commettait fort peu d'erreurs, tandis que son équipier avait très tôt fait part de son manque de confiance envers le bolide papaye et se montrait brouillon plus souvent qu'à son tour. Depuis les GP d'Italie et de Singapour, la tendance s'est inversée. Norris est beaucoup plus serein et se montre toujours plus rapide qu'un Piastri fébrile et maladroit. Si l'on ignore les raisons d'un tel renversement, certains fans ont une explication toute trouvée: McLaren favoriserait Norris, l'enfant de la maison, présent depuis 2019, au détriment de l'ombrageux Piastri. Bien sûr, nul dans le paddock n'accrédite une thèse aussi fumeuse, mais Jos Verstappen, sans avoir l'air d'y toucher, y fait allusion pour déstabiliser les rivaux de son fils: « Ce qui se passe chez McLaren me paraît assez étrange. Piastri n'a pas soudainement oublié comment piloter, n'est-ce pas ? Si j'étais lui ou son manager Mark Webber, je ferais valoir mes intérêts en interne. Maintenant, tout le monde se demande s'il peut gérer la pression. Et ce n'est pas bon pour son image. »


Cependant, Piastri lui-même réfute tout favoritisme en faveur de son équipier: « McLaren n'a pas décidé de se concentrer sur un pilote. Nous sommes au contraire très encouragés à défendre nos intérêts, et je ne pense pas que quelque chose doive changer. Oui, j'ai été surpris par l'apparition récente de certains problèmes, mais tout est explicable. » Zak Brown réitère qu'il ne dérogera pas à sa politique d'équité: « La raison pour laquelle vous voyez une si bonne relation entre Lando et Oscar, c'est qu'ils savent qu'ils ont les mêmes chances de remporter le championnat. Nous sommes transparents, nous sommes justes, nous communiquons. Les rumeurs ne franchissent pas la porte de l'usine. » Andrea Stella tient le même discours avec des accents paternalistes: « En tant que team manager, je suis un peu comme un père avec ses deux fils. Je suis incapable de dire lequel des deux je préfère. Tout le reste, ce sont des commentaires superficiels, sans intérêt. » Lando Norris prétend quant à lui ne se préoccuper ni de Piastri, ni de Verstappen, et endosse avec tranquillité le costume de favori pour le titre mondial: « Rien n'a changé pour moi. Me retrouver en tête donne un petit coup de boost, mais rien de plus. J'espère surtout être aussi compétitif ici qu'à Mexico. »


Présentation de l'épreuve

L'autodrome José Carlos Pace a de nouveau été resurfacé après que les pilotes ont vivement critiqué les précédents travaux effectués en 2024. Deux tronçons ont été refaits: la longue accélération longeant les stands, puis le ruban entre la sortie du S et l'entrée de la seconde ligne droite. Des rainures de drainage ont aussi été installées à certains endroits pour éviter les accumulations d'eau, si fréquentes ici en cas d'averses. Ces ajustements semblent réussis puisque aucune critique ne sera émise à leur encontre au cours du week-end.


Le Brésil retrouve enfin un de ses enfants au départ du Grand Prix national, huit ans après Felipe Massa. Mais le jeune Gabriel Bortoleto n'est pas un simple pilote auriverde de plus sur les tablettes de la Formule 1. L'ancien champion de F3 et de F2 a réalisé une brillante première saison avec Sauber. Il soutient aisément la comparaison avec son très expérimenté coéquipier Nico Hülkenberg, qu'il domine souvent en qualifications, et a amassé 19 points, dont huit acquis avec une remarquable sixième place en Hongrie. Bien sûr, il s'engouffrera l'an prochain dans l'inconnu avec le projet Audi F1. Mais pour l'heure, Gabriel Lourenzo Bortoleto Oliveira, « Bibi » pour les intimes, communie avec ses compatriotes paulistes. Il se rend au cimetière de Morumbi se recueillir sur la tombe de son idole Ayrton Senna, puis répond avec bonne grâce aux sollicitations médiatiques. « Cette saison a été très longue jusqu'à présent, confie-t-il. Beaucoup de courses, beaucoup de choses à apprendre et beaucoup de temps passé à l'usine. Le plus surprenant, ce sont les obligations promotionnelles. Je n'en reviens toujours pas ! » Le Brésilien dit avoir beaucoup appris grâce à son manager Fernando Alonso et son ami Max Verstappen, avec lequel il court en iRacing: « Quand ils ne sont pas en piste, ils font ce qu'ils aiment chez eux, ils se détendent, ils récupèrent leur énergie pour arriver parés pour la course suivante. En début de saison, je me sentais déjà épuisé avant même les premiers essais, car je me mettais beaucoup de pression dès le mercredi. Cela va beaucoup mieux maintenant. » Bortoleto révèle qu'il s'entraîne en utilisant son simulateur personnel entre les Grands Prix: « C'est ce que j'aime dans ma vie privée: faire du sim' avec mes amis, jouer, piloter d'autres voitures. C'est comme ça que je recharge mes batteries. » Certains diront qu'il copie Max Verstappen, mais c'est sans doute une bonne école.


On remarque la présence dans le paddock de Bernie Ecclestone qui vient tout juste de fêter ses 95 ans. L'ancien « dictateur » de la F1, qui se partage entre l'Angleterre et son ranch brésilien d'Ampero, près de São Paulo, coule des jours paisibles aux côtés de son épouse Fabiana et de son jeune fils Ace, âgé de 5 ans. Le nonagénaire affirme « n'avoir jamais été aussi heureux » et explique sa longévité par la consommation de lait et de jus de fruits. Il n'a rien perdu de sa passion pour la Formule 1 et affirme ne pas manquer une seule séance d'essais. Il a tout de même récemment vendu son incroyable collection de voitures anciennes à Mark Mateschitz pour la somme astronomique de 500 millions de livres. Ecclestone évite à vrai dire de trop se tourner vers le passé. « Je n'ai eu que quatre vrais amis dans ma vie, et trois sont morts », affirme-t-il. Et de citer, parmi les défunts, Jochen Rindt, Niki Lauda et Max Mosley. Son seul ami encore vivant est selon lui Flavio Briatore, même s'il admet entretenir des relations privilégiées avec les journalistes émérites Roger Benoit et Karl-Heinz Zimmermann. Au fond assez pudique, le vieil homme ne se livrera pas davantage... et préfère démontrer qu'il n'a rien perdu de sa verve en commentant la F1 actuelle: « Pour moi, Max Verstappen est le meilleur pilote de tous les temps. Jadis, j'aurais cité Alain Prost. Derrière Max, aujourd'hui, je placerais Piastri, justement parce qu'il me rappelle Alain. Il ne commet jamais deux fois la même erreur. » Et Ecclestone n'épargne toujours pas son ex-ami Lewis Hamilton: « Il est fatigué et prend des risques alors qu'il ne sera plus jamais champion du monde... Il devrait s'arrêter là. »


Alpine confirme ce week-end la prolongation de Franco Colapinto pour la saison 2026. Le choix du jeune Argentin apparaît comme un pis-aller pour la lanterne rouge du championnat, incapable d'attirer un pilote de quelque renom, malgré tout l'entregent de Flavio Briatore. Alpine n'avait qu'une seule alternative: son réserviste Paul Aron. Or aligner pour la troisième fois consécutive un néophyte, après Doohan et Colapinto, n'aurait certes pas été un signal très positif. Titularisé à partir du GP d'Émilie-Romagne, Colapinto s'est d'abord fait remarquer par quelques accidents, avant de s'améliorer peu à peu et se rapprocher des performances de son coéquipier Pierre Gasly. Beaucoup justifient néanmoins sa prolongation par le concours financiers de ses puissants sponsors argentins comme Mercado Libre, ce que réfute évidemment le team principal Steve Nielsen: « On ne peut pas ignorer la partie financière, bien sûr que cela joue un rôle. Mais au final, nous avons pris Franco pour son talent, et le fait qu'il apporte de l'argent est un heureux hasard. Franco a un peu peiné au début, mais il a réussi à se battre contre Pierre dans une voiture qui n'est pas aussi compétitive que nous le souhaiterions. Parfois même, il a été plus rapide. C'est ce qui lui a permis d'obtenir le baquet. »


Aston Martin opère une vaste restructuration de son staff technique, désormais dirigé par le tandem Adrian Newey - Enrico Cardile. Le directeur de l'aérodynamisme Éric Blandin et le designer en chef Akio Haga vont faire leurs bagages, ainsi que cinq autres membres « seniors » de l'équipe. Dans le même temps, arrivent à Silverstone de nouvelles recrues qui pour la plupart ont déjà travaillé avec Newey chez Red Bull. C'est le cas du nouvel aérodynamicien en chef Gioacchino Vino, arraché à Mercedes, et surtout de Giles Wood, directeur de la simulation et du modélisme numérique, qui assistait déjà Newey chez McLaren dans les années 2000 et revient en F1 après huit ans passés chez Apple. Enfin, Enrico Cardile a recommandé le recrutement de l'expert des simulations Marco Fainello, un ingénieur très expérimenté de 61 ans qui avait supervisé la création du premier simulateur de Ferrari au début des années 2000. Grâce aux renforts de Wood et Fainello, Newey et Cardile comptent améliorer le simulateur Aston Martin qui a très tôt été identifié comme un point faible majeur du nouveau campus de Silverstone.


Red Bull affiche ce week-end un partenariat inédit avec McDonald's: le logo du géant mondial de la restauration rapide apparaîtra pour la première fois en Formule 1, sur les RB21 de Max Verstappen et Yuki Tsunoda. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une campagne promotionnelle conjointe des deux marques, mais limitée au Brésil, l'un de leurs principaux marchés. Ainsi, un des McDonald's de São Paulo est transformé ce week-end en « pit-stop » Red Bull, où les amateurs peuvent découvrir diverses animations en lien avec la F1 et Red Bull Racing. Williams arbore pour sa part une livrée « Gulf », agrémentée des mots « héritage », « Passion » et « Travail d'équipe », choisis par les fans comme caractérisant au mieux l'esprit de ces deux marques.


Vendredi: essais et qualifications sprint

Les uniques essais libres du vendredi sont dominés par les McLaren, avec un meilleur chrono pour Norris (1'09''975''') devant Piastri, alors que Verstappen, très insatisfait de sa RB21, est relégué au 17e rang.


Cette tendance se confirme lors des qualifications pour le sprint. Norris réalise le meilleur temps (1'09''243''') même s'il n'est pas pleinement satisfait de sa McLaren. Piastri (3e) se dit en revanche plus en confiance. Les Mercedes sont très efficaces avec les pneus tendres imposés en SQ3, que la majorité des pilotes jugent décevants. Antonelli (2e) échoue à un dixième de la « pole » et Russell (4e) est tout proche de Piastri. Les Aston Martin (Alonso 5e, Stroll 7e) affichent un net regain de forme. Les Red Bull souffrent d'un manque d'adhérence, notamment dans le deuxième secteur. Verstappen (6e) est très déçu et Tsunoda (18e) ne franchit pas la première étape, après avoir vécu une sortie en essais libres. Les Ferrari, très appuyées, sont trop lentes dans les lignes droites. Leclerc (8e) s'offre un tête-à-eu queue en fin de SQ2 devant son équipier Hamilton (11e) qui est ainsi éliminé. L'Anglais échappe ensuite de justesse à une pénalité pour vitesse excessive sous drapeaux jaunes. Hadjar (9e) place sa Racing Bulls en SQ1 alors que Lawson (17e), sorti trop tard, n'effectue qu'un tour rapide en SQ1. L'Alpine-Renault est plus compétitive ici. Gasly (13e) manque la SQ3 à cause du drapeau jaune provoqué par Leclerc. Colapinto (17e) est plus en retrait. Les Kick-Sauber (Hülkenberg 10e, Bortoleto 14e) se comportent plutôt bien. La Williams n'est pas très stable, mais Albon (12e) s'en sort mieux que Sainz (20e), affaibli par une infection. Mauvaise journée pour Haas: Bearman (15e) rencontre un souci de différentiel et Ocon (19e) est englué dans le trafic.


Le sprint

Le paddock s'est calfeutré vendredi soir en prévision d'un cyclone extra-tropical annoncé aux abords de São Paulo. Les météorologues étaient très pessimistes pour la journée de samedi. Ils prédisaient entre 30 et 60 millimètres de pluie par heure, agrémentés de rafales atteignant 100 km/h. Mais au final, seules de très fortes averses tombent sur la cité dans la nuit du vendredi au samedi. Le sprint démarre sur une piste presque sèche, même si subsistent ça et là des plaques d'humidité. Pour cette mini-course, la majorité des pilotes sont munis de pneus médiums (C3). Antonelli, Russell, Verstappen, Leclerc, Hadjar et Albon prennent le composé tendre (C4).


Départ: Norris garde l'avantage tandis que Piastri tente de se porter à la hauteur d'Antonelli, en vain. Derrière ce trio viennent Russell, Verstappen et Alonso.


1er tour: Lawson attaque Bearman par l'intérieur dans la deuxième ligne droite. L'Anglais le tasse vers la bordure, et au freinage de la grande courbe le Néo-Zélandais heurte la Haas et l'expédie en tête-à-queue. Bearman peut repartir aussitôt. Norris devance Antonelli, Piastri, Russell, Verstappen, Alonso, Leclerc, Hamilton, Stroll et Hülkenberg.


2e: Le DRS est activé. Antonelli garde le contact avec Norris.


3e: Norris prend une seconde et demie d'avance sur Antonelli, rattrapé par Piastri.


5e: Norris devance Antonelli (1.6s.), Piastri (2.7s.), Russell (4.5s.), Verstappen (6s.), Alonso (7.8s.), Leclerc (8.4s.) et Hamilton (9s.).


6e: Norris projette de l'eau stagnante en roulant sur le vibreur gauche à la sortie du S. Lorsque Piastri frôle sur ce trottoir, il part en tête-à-queue et heurte par l'arrière le mur de la Curva do Sol. Hülkenberg dérape à son tour et sa Sauber tape la glissière. Colapinto se laisse aussi surprendre, pirouette et percute violemment les barrières. La voiture de sécurité entre évidemment en piste.


7e: Piastri et Colapinto sont sortis de leurs bolides, tandis que Hülkenberg a pu repartir sans aileron avant. Mais les barrières du virage n°3 sont trop endommagées et Rui Marques présente le drapeau rouge. Les bolides regagnent les stands.


L'interruption dure environ 25 minutes, le temps pour les commissaires de remettre en ordre les glissières de la Curva do Sol. Les pilotes peuvent changer de pneus, et Norris se saisit ainsi de gommes tendres, à l'instar d'Alonso, Stroll, Gasly et Albon. Tous les autres seront en médiums. Sauber parvient à réparer la voiture d'Hülkenberg qui pourra ainsi reprendre la piste.


8e: Le peloton reprend la piste avant un départ lancé annoncé à la dernière minute, ce qui ne sera pas sans causer quelque grogne. Norris devance Antonelli, Russell, Verstappen, Alonso, Leclerc, Hamilton, Stroll, Gasly, Albon, Hadjar, Bortoleto, Lawson, Ocon, Bearman, Tsunoda, Sainz et Hülkenberg.


9e: Le drapeau vert est agité. Norris reste en tête tandis que Antonelli se défend devant Russell. Verstappen repousse difficilement les assauts d'Alonso dans le S, puis dans la courbe du lac.


10e: Grâce à ses pneus tendres, Norris prend un peu plus d'une seconde d'avance sur Antonelli, chaussé en médiums.


12e: Norris devance Antonelli (1.3s.), Russell (3s.), Verstappen (5s.), Alonso (7.6s.), Leclerc (8.2s.), Hamilton (9s.), Stroll (9.8s.), Gasly (10.2s.) et Albon (12s.).


14e: L'écart est stable entre les deux leaders. Les Ferrari pourchassent Alonso sans trouver d'ouverture.


16e: Antonelli revient à une seconde de Norris qui dont les pneus arrière s'usent vite. Alonso contient un train comprenant Leclerc, Hamilton, Stroll et Gasly.


18e: Norris précède Antonelli (1.2s.), Russell (3.2s.), Verstappen (5.6s.), Alonso (11s.), Leclerc (11.4s.), Hamilton (12s.), Stroll (13.5s.), Gasly (14s.) et Albon (17.8s.).


20e: Antonelli fait le forcing et revient à six dixièmes de Norris. Il peut ainsi utiliser le DRS.


22e: Norris contient Antonelli. Leclerc déborde Alonso par l'extérieur de la courbe du lac. Gasly prend la huitième place à Stroll.


23e: Russell se rapproche de Norris et Antonelli. Bortoleto menace Albon pour la 10e place.


24e et dernier tour: Bortoleto tente de se décaler à gauche au bout de la longue pleine charge pour attaquer Albon, mais il roule sur une plaque d'humidité. Son DRS est alors encore ouvert et il perd tout appui. La Sauber se met à l'équerre, percute le mur intérieur, est renvoyée en piste où elle frôle la Williams d'Albon, décolle légèrement du sol et se pulvérise dans les glissières. Le choc est tel que la colonne de direction se casse net. Les drapeaux jaunes sont agités. Par chance, Bortoleto sort indemne de sa monoplace détruite, tandis que Albon finit au ralenti après avoir ramassé de nombreux débris.


Lando Norris remporte ce sprint devant Antonelli et Russell. Verstappen finit quatrième. Leclerc termine cinquième devant Alonso et Hamilton. Gasly (8e) décroche un point, le premier d'Alpine depuis plus de trois mois. Viennent ensuite Stroll, Hadjar, Ocon, Bearman, Lawson, Tsunoda, Sainz, Hülkenberg et Albon. Lawson et Bearman sont tout deux sanctionnés de cinq secondes après leur passe d'armes du premier tour, le premier pour avoir percuté la Haas, le second pour avoir serré son adversaire. Toutefois, le Néo-Zélandais recule au 17e rang alors que l'Anglais demeure 12e.


Ce sprint marque sans un petit tournant dans cette saison 2025, puisque Lando Norris triomphe alors qu'Oscar Piastri a fini dans le mur. L'Anglais repousse ainsi l'Australien à neuf points au championnat. Il n'a cependant pas connu un sprint aisé du fait de la neutralisation et de la pression de Kimi Antonelli. « C'était difficile ! admet-il. Gagner une course comme celle-ci est une grande récompense, surtout avec Kimi qui ne m'a pas facilité la vie. Il fallait attaquer car les gars derrière attaquaient encore plus ! Mais j'ai été un peu brouillon, j'ai fait quelques erreurs. Les pneus se sont davantage dégradés que prévu sur la fin. Et puis il y avait du vent, c'était piégeux. J'estime qu'on a encore du travail à faire avant la qualification. » Quant à Oscar Piastri, il en est à son deuxième abandon consécutif en sprint et ne peut que constater tristement les dégâts. D'autant que cette fois, il a vraiment joué de malchance, ayant glissé sur de l'eau projetée par son équipier. Nico Hülkenberg et Franco Colapinto sont partis à la faute à sa suite, preuve que cette portion de bitume s'était provisoirement transformée en verglas. « Je suis passé dans l'eau, comme Lando un peu avant, soupire-t-il. Mais c'est de ma faute, pas de la sienne. Je suis très frustré, je vais essayer de passer à autre chose. » Quant à Max Verstappen, mécontent de n'avoir rien pu faire d'intéressant durant ce sprint, il annonce que Red Bull va changer de réglages, en rajoutant de l'appui, pour améliorer sa situation.


Les qualifications

Plus tard, la météo est de nouveau clémente pour les qualifications. Malgré un premier tour manqué en Q3, Norris réalise sa 15e pole position (1'09''511''') et s'affirme en grand favori de la course. Piastri (4e) est déçu par sa McLaren et rend près de 4/10e à son coéquipier. Chez Mercedes, Antonelli se classe de nouveau deuxième et partira pour la première fois en première ligne. En revanche, Russell (6e) se plaint d'un manque complet d'adhérence. Ferrari a profondément remanié ses réglages après le sprint, et cela paie pour Leclerc qui arrache le troisième temps, bien qu'il ait failli se faire éliminer en Q1. En revanche, Hamilton déplore un déficit de grip à l'arrière et échoue en Q2, au 13e rang. L'évolution de la météo est très favorable aux Racing Bulls d'Hadjar (5e) et Lawson (7e) qui parviennent en Q3. Bearman hisse sa Haas au huitième rang et, comme d'habitude ou presque, Ocon (17e) est beaucoup plus en difficulté.


Gasly (9e) est heureux de placer son Alpine-Renault en Q3, une première depuis le GP de Grande-Bretagne. Colapinto (18e) est en revanche éliminé d'emblée. Chez Sauber, Hülkenberg (10e) atteint la Q3 pour la première fois de la saison. Bortoleto (20e) ne peut pas participer à la séance en raison de son crash lors du sprint. Les Aston Martin (Alonso 11e, Stroll 14e) rentrent dans le rang, en partie à cause d'un manque de grip. Mal équilibrées malgré des changements de réglages, les Williams (Albon 12e, Sainz 15e) n'émergent pas. Red Bull vit enfin un désastre: les changements de réglages ne paient pas, et Verstappen (16e) se débat avec une monoplace totalement inconduisible. Le Hollandais est éliminé en Q1 pour la première fois depuis quatre ans. Tsunoda (19e) déclare pour sa part n'avoir aucun grip.


Le Grand Prix

Dimanche, le ciel est toujours chargé au-dessus de São Paulo, mais aucune averse n'est attendue pour la course. Toutefois, on signale une bruine dans l'heure précédant le départ. Verstappen s'élance finalement depuis les stands car sa machine est retouchée sous parc fermé. Elle reçoit encore de nouveaux réglages, reprend un plancher utilisé précédemment et son groupe propulseur est entièrement modifié. Peu optimiste après des qualifications désastreuses, le Néerlandais déclare faire « une croix sur le titre ». Ocon part aussi depuis la pit-lane après un changement de moteur.


Les stratégies sont très variées. Antonelli, Hadjar, Lawson, Bearman, Gasly, Hamilton, Sainz et Bortoleto partent en pneus tendres (C4). Norris, Leclerc, Piastri, Russell, Hülkenberg, Albon et Colapinto s'élancent en médiums (C3), tandis que Alonso, Stroll, Tsunoda, Verstappen et Ocon ont des durs (C2) jusqu'ici peu utilisés.


Départ: Norris prend un bon envol et reste devant Antonelli. Leclerc est troisième tandis que Piastri doit se défendre contre Hadjar dans le S de Senna. Hamilton se frotte à Sainz au premier tournant et perd de nombreuses positions.


1er tour: Bortoleto tente de faire l'extérieur à Stroll au « bec de canard », mais le Canadien ne l'aperçoit pas et le serre contre la bordure. Le Brésilien met deux roues dans l'herbe et, déséquilibré, finit dans le mur de pneus. Un peu plus loin, dans la remontée vers les stands, Hamilton heurte l'arrière de Colapinto et arrache ainsi son aileron avant. Norris mène devant Antonelli, Leclerc, Piastri, Hadjar, Lawson, Russell, Gasly, Bearman et Alonso.


2e: Bearman double Gasly, puis la voiture de sécurité est envoyée en piste pour évacuer la Sauber de Bortoleto. Hamilton regagne son stand pour changer de pneus et de museau. Tsunoda prend des enveloppes médiums.


3e: Une grue est sur le circuit pour ôter la Sauber accidentée.


5e: La piste est dégagée et la course va reprendre à l'issue de ce tour. Norris emmène Antonelli, Leclerc, Piastri, Hadjar, Lawson, Russell, Bearman, Gasly, Alonso, Albon, Sainz, Hülkenberg, Stroll, Colapinto, Verstappen, Ocon, Tsunoda et Hamilton.


6e: Le drapeau vert est brandi. Norris garde l'avantage. Leclerc fait l'extérieur à Antonelli au bout de la longue ligne droite, mais Piastri attaque aussi l'Italien par l'intérieur. Trop hardi, Piastri bloque une roue et heurte la roue arrière-gauche d'Antonelli qui exécute un demi-tête-à-queue et détruit le pneu avant-gauche de Leclerc. Antonelli coupe le premier tournant et peut rejoindre la piste derrière Piastri et devant les Racing Bulls, mais Leclerc n'a droit choix que de se garer dans une échappatoire, avant la courbe du lac. Tsunoda touche Stroll à Ferradura et envoie celui-ci en tête-à-queue. Le Canadien se relance dernier.


7e: La « Virtual Safety Car » est enclenchée pour retirer la Ferrari de Leclerc. Remonté au 13e rang, Verstappen subit une crevaison lente après avoir roulé sur des débris. Il rejoint son stand et chausse les pneus médiums. Également victime d'une crevaison, Ocon prend aussi ce composé.


9e: La neutralisation prend fin en début de tour. Le DRS est activé. Piastri tente de menacer Norris. Russell déborde Lawson au virage n°1. Gasly résiste à Albon tandis que Sainz dépasse Alonso.


11e: Norris devance Piastri (1.5s.), Antonelli (2.8s.), Hadjar (4.6s.), Russell (5s.), Lawson (5.8s.), Bearman (6.4s.), Gasly (7.1s.), Albon (7.8s.), Sainz (8.5s.), Alonso (9.4s.) et Hülkenberg (10s.).


12e: Russell déborde Hadjar par l'intérieur dans Descida do Lago. Verstappen pourchasse Hamilton pour la 15e place. Tsunoda reçoit 10 secondes de pénalité pour avoir percuté Stroll.


13e: Norris prend deux secondes d'avance sur Piastri. Bearman dépasse Lawson au virage n°1 au prix d'un freinage appuyé. Verstappen dépasse Hamilton au même endroit, puis efface Colapinto un peu plus loin.


15e: Verstappen dépasse Tsunoda. Hamilton repasse chez Ferrari pour changer de pneus, mais se plaint d'une tenue de route catastrophique depuis ses deux touchettes.


16e: Norris précède Piastri (3s.), Antonelli (5s.), Russell (7.7s.), Hadjar (11s.), Bearman (12.2s.), Lawson (13.6s.), Gasly (14.2s.), Albon (14.8s.), Sainz (16s.), Alonso (16.5s.) et Hülkenberg (17s.).


17e: Piastri reçoit 10 secondes de pénalité pour avoir heurté Antonelli. Verstappen déborde Hülkenberg au premier tournant.


18e: Verstappen double Alonso sur la ligne. Bearman et Sainz passent aux stands pour mettre des pneus médiums.


19e: Quatre secondes séparent les McLaren. Hadjar et Gasly chaussent des gommes jaunes. Tous deux se retrouvent derrière Bearman. Verstappen se hisse au sixième rang.


20e: Lawson prend les gommes médiums et fait une mauvaise affaire puisqu'il repart derrière Gasly.


21e: Norris a quatre secondes et demie d'avance sur Piastri, huit secondes sur Antonelli. Verstappen double Albon au virage n°1. Hülkenberg dépasse Alonso au même endroit.


22e: Antonelli stoppe chez Mercedes pour mettre les enveloppes jaunes (2.2s.) et repart onzième, entre Stroll et Bearman. Lawson et Gasly effacent Ocon.


23e: Antonelli double Stroll et Colapinto qui n'ont pas encore stoppé.


24e: Norris devance Piastri (5s.), Russell (11.3s.), Verstappen (19.2s.), Albon (22.5s.), Hülkenberg (24s.), Alonso (26.4s.), Antonelli (29s.), Colapinto (30s.) et Stroll (31s.). Tsunoda passe aux stands pour subir sa pénalité et prendre des gommes jaunes.


26e: Six secondes séparent Norris et Piastri. Antonelli déborde Alonso dans la ligne droite principale et se retrouve septième.


27e: Bearman est revenu au neuvième rang après avoir doublé Stroll et Colapinto. Gasly déborde Hadjar au premier tournant, mais le Francilien reprend l'avantage sur le Normand à la courbe du lac.


29e: Antonelli dépasse Hülkenberg au premier tournant. Alonso s'empare de pneus médiums.


30e: Antonelli efface Albon et se retrouve cinquième. Colapinto passe chez Alpine pour mettre des gommes tendres.


31e: Norris arrive chez McLaren et se saisit de pneus tendres (2.2s.). Il repart en quatrième position, derrière Verstappen. Piastri prend la tête.


32e: Norris déborde sans mal Verstappen et grimpe au troisième rang.


33e: Piastri compte une dizaine de secondes d'avance sur Russell. Hamilton repasse chez Ferrari pour encore changer de pneumatiques.


35e: Russell et Verstappen passent aux stands pour prendre des pneus médiums. L'Anglais repart entre Bearman et Hadjar, tandis que le Néerlandais se retrouve onzième, derrière Lawson.


36e: Piastri compte dix secondes de marge sur Norris. Albon passe en pneus tendres. Verstappen efface Lawson.


37e: Russell prend la quatrième place à Bearman. Hülkenberg passe chez Sauber pour prendre les enveloppes tendres.


38e: Verstappen double Gasly sur la ligne et se retrouve sixième. Hadjar reprend des pneus jaunes.


39e: Piastri stoppe chez McLaren, subit sa punition de 10 secondes puis reçoit des pneus tendres. L'Australien repart septième et redonne le commandement à Norris. Changement de pneus pour Sainz. Hamilton abandonne: conduire sa Ferrari au fond plat endommagé était trop périlleux.


40e: Piastri dépasse Lawson. Norris mène devant Antonelli (7.4s.), Russell (16.2s.), Bearman (19.2s.), Verstappen (23s.), Piastri (25.5s.), Lawson (26s.), Ocon (30s.), Alonso (34.6s.) et Hülkenberg (36.2s.). Gasly prend des pneus médiums.


41e: Tsunoda reçoit une seconde pénalité de 10 secondes car la précédente n'a pas été correctement exécutée... Hülkenberg et Albon dépassent Alonso.


43e: Norris compte sept secondes et demie d'avance sur Antonelli. Bearman se saisit de pneus médiums et se relance en onzième position, entre Alonso et Stroll. Au tour suivant, Colapinto change aussi d'enveloppes.


45e: Bearman prend la 10e place à Alonso, peu satisfait de ses gommes jaunes.


46e: Norris précède Antonelli (7.6s.), Russell (12.3s.), Verstappen (17s.), Piastri (20.6s.), Lawson (28s.), Ocon (36.6s.), Hülkenberg (37s.), Albon (39.5s.) et Bearman (40.5s.).


47e: Hülkenberg déborde Ocon à l'entrée du S de Senna. Bearman double Albon. Alonso reprend des Pirelli jaunes.


48e: Antonelli arrive aux stands, s'empare de pneus médiums et repart en sixième position. Ocon chausse aussi les pneus jaunes. Tsunoda revient chez Red Bull pour se plier à sa deuxième sanction et changer d'enveloppes.


49e: Russell fait escale chez Mercedes, se munit de pneus jaunes (2.3s.) et reprend la piste derrière Antonelli. Bearman déborde Hülkenberg par l'extérieur de la courbe du lac.


50e: Norris possède quinze secondes d'avance sur Verstappen. Antonelli prend la quatrième position à Lawson.


51e: Norris arrive aux stands, reprend un jeu de pneus médiums (2.2s.), puis repart troisième. Verstappen hérite du commandement provisoire. Russell efface Lawson au virage n°1.


52e: Piastri reçoit des pneus médiums (2.2s.) puis se relance septième derrière Bearman. Hadjar prend la 10e place à Stroll, qui sera ensuite doublé par Gasly.


53e: Norris remonte rapidement sur Verstappen. Piastri se défait de Bearman au passage devant les stands.


55e: Verstappen apparaît chez RBB et se saisit de pneus tendres (2.5s.) pour un court troisième relais. Il repart en quatrième position. Albon et Stroll passent aussi aux stands pour mettre les pneus rouges. Piastri déborde Lawson au Bico do Pato.


56e: Norris mène devant Antonelli (5.5s.), Russell (8s.), Verstappen (12.6s.), Piastri (16.4s.), Lawson (19.1s.), Bearman (19.7s.), Hülkenberg (24.6s.), Hadjar (29.6s.), Gasly (30.6s.), Sainz (33.6s.) et Ocon (38.5s.).


57e: Bearman assaille Lawson par l'intérieur du premier tournant et conquiert ainsi la sixième place.


59e: Russell est contraint de surveiller ses freins, ce qui permet à Verstappen de revenir à deux secondes et demie. Albon réalise le meilleur tour de la course (1'12''400'''), le premier de sa carrière.


61e: Norris compte sept secondes d'avance sur Antonelli. Verstappen roule à une seconde de Russell.


63e: Verstappen prend l'aspiration de Russell dans la ligne droite principale puis le déborde par l'extérieur à l'entrée du S de Senna. Le Néerlandais doit désormais combler un retard de deux secondes et demie sur Antonelli pour conquérir la deuxième place.


65e: Tandis que Norris roule vers la victoire, Verstappen a repris une demi-seconde à Antonelli. Piastri remonte sur Russell tandis que Hülkenberg et Hadjar se rapprochent de Lawson dont les pneus sont abîmés.


66e: Verstappen n'est plus qu'à une seconde et demie d'Antonelli. Hülkenberg tente de faire l'extérieur à Lawson dans la courbe du lac, en vain.


67e: Verstappen réduit à une seconde son retard sur Antonelli et peut donc utiliser le DRS. Ocon et Albon passent devant Sainz.


68e: Norris précède Antonelli (9.5s.), Verstappen (10.3s.), Russell (14.4s.), Piastri (15.3s.), Bearman (26.4s.), Lawson (43s.), Hülkenberg (43.8s.), Hadjar (44s.), Gasly (45.2s.), Ocon (45.8s.) et Albon (46.8s.).


69e: Antonelli garde sept dixièmes d'avance sur Verstappen. Russell contient Piastri. Plus loin, Lawson emmène un peloton compact comprenant Hülkenberg, Hadjar, Gasly, Ocon, Albon et Sainz.


70e: Verstappen ne peut oser une attaque contre Antonelli. Hadjar déborde Hülkenberg dans la courbe du lac. Albon prend la 11e place à Ocon.


71e et dernier tour: Hadjar assaille son équipier Lawson par l'extérieur au premier freinage. L'attaque est très téméraire et les roues des deux Racing Bulls se frôlent. Hadjar cède finalement pour éviter une collision désastreuse.


Lando Norris remporte le GP de São Paulo. Antonelli finit deuxième, quatre dixièmes devant Verstappen. Russell termine quatrième. Piastri finit cinquième pour la troisième fois d'affilée. Bearman décroche une belle sixième place. Lawson termine septième devant Hadjar et Hülkenberg. Gasly (10e) prend un nouveau point pour Alpine. Suivent Albon, Ocon, Sainz, Alonso, Colapinto, Stroll et Tsunoda.


Après la course

Après avoir souvent trébuché cette saison, Lando Norris continue d'allonger sa foulée en cette fin de championnat. Avec ce second week-end parfait consécutif, il effectue un pas décisif vers son premier sacre. Vainqueur du sprint et du Grand Prix, il caracole désormais en tête du championnat avec 24 et 49 points d'avance sur Oscar Piastri et Max Verstappen. Le Bristolien peut bien sourire aux huées de fans indélicats qui l'assaillent encore sur le podium: cet automne, tout lui réussit et cette consécration mondiale, qui selon beaucoup d'observateurs ne pouvait lui échoir, est bien désormais à portée de main. Ce qui lui donne le droit d'être désormais très exigeant envers sa McLaren: « C'était une course bien exécutée: bon départ, bons arrêts aux stands, bonne stratégie, rythme correct. Mais je n'étais pas aussi rapide que je l'aurais souhaité. À Mexico, j'ai gagné avec 30 secondes d'avance, ici 10 secondes seulement. Le premier relais était très, très bon, mais le second, en pneus tendres, pas terrible. Le troisième relais, en médiums rodés, fut correct, sans plus. L'équilibre n'était pas optimal. Je vais peut-être passer pour un idiot, mais j'aurais aimé une plus grande avance. Verstappen revenait fort vers la fin... » On croirait justement entendre le Néerlandais, toujours critique envers son écurie, même après une tranquille victoire. Signe que Norris s'est enfin mué en grand champion ?


Oscar Piastri a lui encore commis une erreur dispensable en percutant Kimi Antonelli lors de la relance suivant la Safety Car, un incident qui a entraîné l'élimination de Charles Leclerc qui n'en pouvait mais. Sanctionné de 10 secondes pendant la course, l'Australien perd en outre deux points sur son « permis », ce qui le place à quatre unités seulement d'une suspension. Cependant, il ne regrette pas sa tentative et charge Antonelli:  « J'avais une occasion très claire, je l'ai saisie. Les deux autres à l'extérieur ont freiné assez tard. Il y a évidemment eu un léger blocage de roue, mais parce que je voyais que Kimi n'allait pas me laisser de place. Je ne pouvais pas disparaître, la décision était prise. C'est comme ça. » Andrea Stella prendra lui aussi le parti de son pilote, sans aller jusqu'à contester formellement sa pénalité. En tout cas, seulement cinquième à l'arrivée, Piastri voit ses espoirs de sacre s'évaporer peu à peu, même s'il est encore mathématiquement assez proche de son équipier. Mais comment pourrait-il encore inverser la tendance, alors qu'il est constamment dominé par celui-ci depuis plus de deux mois ? « Ce n'est pas fini, assure-t-il. Ici, la voiture était à la hauteur de mes attentes, le rythme était plutôt bon en course. Je me battrai jusqu'au bout ! »


Cet après-midi, Max Verstappen a encore réalisé une de ses incroyables remontées dont il a le secret. Parti des stands, le Hollandais a parfaitement exploité une RB21 semble-t-il enfin correctement réglé pour échouer à une dizaine de secondes seulement de Norris ! « Ce que je retiens, c'est la réactivité de l'équipe, qui n'abandonne jamais et a cherché à corriger les réglages tout le week-end, y compris après le fiasco des qualifications, assure-t-il. Je garde aussi à l'esprit qu'il faisait un peu plus froid aujourd'hui, ce qui nous a probablement aidés, mais dans l'ensemble, passer de la voie des stands au podium, à 10-11 secondes du leader, avec une crevaison en plus, est un résultat incroyable. » Cette fantastique cavalcade lui permet en outre de garder de maigres chances de remporter un cinquième titre mondial, même s'il a évidemment perdu beaucoup de terrain ce week-end. Avec 49 points de retard sur Norris à trois épreuves de l'arrivée, Verstappen n'y croit certes plus guère: « Ce n'est pas réaliste de songer au titre. Nous avons déjà perdu beaucoup trop de points entre le début et le milieu de la saison. Rester dans la course jusqu'à présent est déjà assez surprenant, mais nous devons être réalistes: sur l'ensemble de la saison, nous n'avons pas été assez bons. » Toutefois, il serait prudent de ne pas enterrer totalement cet incroyable pilote, capable des retournements les plus fous... Par ailleurs, sa troisième place permet à Red Bull de prendre la troisième place du championnat des constructeurs à Ferrari. L'équipe anglo-autrichienne ne pourra sans doute pas faire mieux, puisqu'elle doit composer avec les contre-performances récurrentes de Yuki Tsunoda, qui a sans doute définitivement perdu son volant pour 2026 après ce week-end désastreux.


Les péripéties de la lutte pour le titre mondial ne sauraient dissimuler l'excellente prestation d'Andrea Kimi Antonelli, brillant dauphin de Lando Norris sur l'ensemble du week-end. Un exploit puisque le jeune Bolonais ignorait tout jusqu'alors d'Interlagos ! Il a cependant eu la chance de ne pas être éliminé lors de la double collision avec Oscar Piastri et Charles Leclerc, pour laquelle il reconnaît une petite responsabilité: « À la relance, j'ai accéléré un peu sur la partie humide, donc j'ai patiné et perdu de l'élan en allant vers le virage n°1. Je me suis retrouvé dans une position très difficile parce que j'avais une voiture à l'extérieur et une autre à l'intérieur. J'ai essayé de freiner tard, mais pas trop tard. Le problème, c'est que je ne voyais plus Leclerc, et j'ai fini par être touché. J'ai hélas mis fin à sa course, mais moi j'ai eu de la chance de m'en tirer avec des dégâts minimes. » Antonelli s'est aussi distingué en fin de parcours par sa résistance opiniâtre face à Max Verstappen himself: « C'était bien stressant ! J'ai dû pousser les pneus à la limite, mais cela a réussi ! » Grâce à la quatrième place de George Russell, Mercedes a en tout moissonné ici 43 points et sécurise sa deuxième place au championnat des constructeurs devant Red Bull et Ferrari. Reste à voir ce que donneront les Flèches d'Argent dans quinze jours à Las Vegas, où elles furent souveraines l'an passé.


Enfin, Ferrari quitte le Brésil avec un désastreux double abandon qui la fait glisser à la quatrième place du championnat des constructeurs. Les Rouges n'ont certes pas été vernis: Charles Leclerc fut la victime aussi collatérale qu'innocente de l'accrochage Piastri - Antonelli, et Lewis Hamilton s'est frotté à Carlos Sainz puis à Franco Colapinto. Ce dimanche soir, Leclerc, dépité, accuse Antonelli de sa mésaventure, et Hamilton qualifie sa première saison avec Ferrari de « cauchemar ». Étonnant contraste: la veille, après les 8 Heures de Bahreïn, la marque italienne a décroché son premier titre en championnat du monde d'Endurance, avec sa 499P Hypercar pilotée par le trio James Calado - Antonio Giovinazzi - Alessandro Pier Guidi. Félicitant le contingent Endurance pour ce succès, le PDG John Elkann tacle au passage l'équipe F1, et notamment ses pilotes: « Nos mécaniciens font bien leur travail. Même chose pour les ingénieurs, puisque la voiture a progressé de manière évidente. Le reste n'est pas à la hauteur (...) Il est certainement important que nos pilotes se concentrent sur leur pilotage et qu'ils parlent moins. » Ce coup de semonce paraît assez injuste. Il est en effet certain que Leclerc sacrifie les meilleures années de sa carrière à une Scuderia incapable de lui fournir une vraie bonne voiture. Quant à Hamilton, n'est-ce pas ce même Elkann qui l'a débauché pour des dizaines de millions d'euros ? Blessé de se voir traité de la sorte, le septuple champion du monde répond de façon lapidaire à son patron sur Instagram: « Je soutiens mon équipe. Je me soutiens moi-même. Je n'abandonnerai pas. Pas maintenant, pas avant, jamais. »


Sources :

- Nextgen-auto.com

Tony