Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Sebastian VETTEL
 S.VETTEL
Ferrari

1009o Gran Premio

XXXV Magyar Nagydij
Ligeramente nublado
4 agosto 2019 - Hungaroring
70 vueltas x 4.381 km - 306.630 km
(Offset: 40 m)
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F1
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¿Lo sabían ?

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22, v'là du fric !

Fin juillet, Chase Carey laisse entendre que le calendrier du championnat du monde 2020 comportera pas moins de vingt-deux rendez-vous. En effet, si le Grand Prix d'Allemagne paraît condamné, les épreuves espagnole et mexicaine, qui paraissaient très menacées, sont dorénavant sur la bonne voie pour renouveler leurs contrats, alors qu'apparaîtront en sus les Grands Prix des Pays-Bas et du Vietnam. D'où un programme très chargé de vingt-deux dates qui suscite la grogne au sein du paddock. Certes, plus de courses signifie plus de revenus pour les constructeurs, et un tel gain est appréciable pour les petites structures comme Racing Point, Williams ou Alfa Romeo-Sauber. Mais cela accroît aussi la pression sur les personnels des écuries, déjà très sollicités. Les ingénieurs et les mécaniciens voient leur temps de travail s'allonger et réclament à juste titre des augmentations de salaires que tous les teams ne sont pas toujours en mesure de satisfaire. Sans compter les conséquences sur leur vie de famille: « Ils feraient mieux de demander le divorce, car avec vingt-deux Grands Prix nous ne serons presque jamais de retour à la maison ! » ironise Max Verstappen.

 

Chase Carey comprend ces craintes et ne souhaite pas passer en force. Il propose quelques compensations aux directeurs d'écurie, notamment la réduction des essais hivernaux et le maintien de la règle des trois moteurs par saison. En effet, selon le règlement de la FIA, la tenue d'un 22ème Grand Prix permettrait d'offrir un quatrième moteur au pilote, mais cela engendrerait une hausse des coûts que Liberty Media comme les constructeurs veulent à tout prix éviter. Carey décide de soumettre ces propositions, ainsi que le calendrier à 22 Grands Prix, à un scrutin où l'unanimité sera requise. Mais ce ne devrait être qu'une simple formalité car Toto Wolff admet le 4 août que tous les managers ont avalisé ce projet. « Il faut laisser les gens de Liberty Media faire leur business, et leur business est de faire grandir la F1. S'ils sont capables d'attirer des promoteurs, nous devons les soutenir », assène le directeur de Mercedes GP.

 

Présentation de l'épreuve

À Hockenheim, dans la panique de la première salve de changement de pneus, Ferrari a relâché Charles Leclerc sous le nez de Romain Grosjean, ce qui a failli occasionner une collision dans l'allée des stands. À cette occasion, les commissaires ont innové en ne pénalisant pas le pilote mais l'écurie coupable, frappée d'une amende de 5000 euros. Cette décision peut sembler justifiée car, au fond, les pilotes ne sont pas responsables de l'inattention de leurs mécaniciens. Mais plusieurs patrons d'écuries se sont plaints auprès de la fédération de cette mansuétude, car ils estiment que réprimer ce genre de comportement au moyen d'une simple sanction financière inciterait au contraire les équipes à prendre plus de risques lors des arrêts aux stands. Aussi, à Budapest, Michael Masi et les commissaires sportifs arrêtent que dorénavant une pénalité sportive, donc touchant le pilote, sanctionnera systématiquement tout redémarrage périlleux (« unsafe release » comme disent les journalistes francophones paresseux).

 

Un an après le rachat de Force India par Lawrence Stroll, le milliardaire russe Dimitri Mazepin, dont la société Uralkali avait tenté de reprendre l'équipe indo-britannique, riposte en portant l'affaire devant les tribunaux. Mazepin assure que son projet était plus solide que celui de Stroll et accuse les administrateurs judiciaires d'avoir fait preuve de partialité. Il réclame des dommages substantiels en réparation de ce qu'il estime être une vente arrangée. Une audience préliminaire s'est déroulée le 17 juillet 2019 devant la Haute Cour de Londres, mais le procès est seulement prévu à l'autonome 2020. Comme Mazepin ne demande pas l'annulation de la vente, l'issue de cette procédure ne devrait pas avoir d'incidence sur l'actuelle écurie Racing Point qui a pris la suite de Force India.

 

Suite à la disparation de Niki Lauda, Mercedes-Benz GP accueille un nouveau président non-exécutif, Markus Schäfer, flanqué d'un directeur non-exécutif, Frank Markus Weber. Ces deux hommes rejoignent par ailleurs le conseil d'administration de l'écurie, abandonné par Ola Källenius, le nouveau patron de Daimler AG. Ces deux gestionnaires encadreront Toto Wolff qui, privé de son ami Lauda, est maintenant l'unique homme fort de l'équipe allemande.

 

Renault n'a décidément pas beaucoup de chance cette saison: lundi 29 juillet, un camion transportant du matériel de l'équipe d'Hockenheim à Budapest est victime d'un accident sur une autoroute hongroise, à environ 150 kilomètres de l'Hungaroring. Par bonheur, son chauffeur n'est pas sérieusement blessé et le matériel convoyé est intact, ce qui n'entraîne pas de retard majeur dans les préparatifs du futur Grand Prix. En outre, dans un registre plus réjouissant, Renault accueille ce week-end en « VIP » le récent vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis, le Français Simon Pagenaud, qui présentera dimanche le drapeau à damiers au gagnant du Grand Prix. Celui-ci pose aussi pour la photo avec les deux pilotes Renault. Ils réunissent à eux trois les perles de la fameuse « triple couronne » puisque Pagenaud a triomphé à Indianapolis, Hülkenberg au Mans et Ricciardo à Monaco.

 

Les Alfa Romeo ont été pénalisées et exclues des points au GP d'Allemagne pour une infraction liée au délai de mise en action de l'embrayage au démarrage. Comme il l'avait annoncé, Frédéric Vasseur a fait appel de cette sanction, mais le tribunal de la FIA ne se réunira pas avant le 24 septembre, soit deux jours après le GP de Singapour. Le manager français a donc deux mois devant lui pour composer un dossier solide. Sûr de son bon droit, il veut récupérer les dix points perdus afin de permettre à Alfa Romeo de recoller à Toro Rosso et à Renault au championnat des constructeurs.

 

L'échec de la SF-90 incite Ferrari à bouleverser son département technique. Ainsi, Mattia Binotto abandonne sa casquette de directeur technique pour se consacrer uniquement à l'administration de la Scuderia. Un triumvirat le remplace provisoirement à la tête du staff: il comprend l'ingénieur Enrico Cardile, l'aérodynamicien David Sanchez et le motoriste Corrado Iotti. Par ailleurs Ferrari rapatrie Simone Resta, de retour à Maranello après une pige d'un an chez Alfa Romeo-Sauber. Celui-ci supervisera l'assemblage de la monoplace de 2020 et surtout se penchera sur celle de 2021 qui devra être adaptée à la nouvelle réglementation. Suite au départ de Resta, l'aérodynamicien français Jan Monchaux prend ses fonctions de directeur technique d'Alfa Romeo Racing. Enfin, le jeu des chaises musicales est clos par Alessandro Cinelli qui quitte Ferrari pour recueillir la succession de Monchaux à la tête du département aérodynamique à Hinwil.

 

Ferrari continue de retoucher les flancs de sa SF-90. On voit ainsi apparaître de nouveaux types de dérives et d'ailettes. On aperçoit en outre sur un déflecteur une fente verticale supplémentaire pour mieux diriger le flux d'air. Mercedes craint comme on le sait la chaleur, bien que celle-ci ne devrait pas être intense ce week-end. Par précaution, la W10 reçoit un gros évent à persiennes ainsi qu'une ouverture dans la carrosserie au niveau du halo. Enfin, toutes les monoplaces se parent de gros ailerons arrière pour générer un fort appui sur ce tracé sinueux.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi sont entrecoupés par des averses qui laissent tout de même aux pilotes le temps de réaliser quelques chronos de référence. Hamilton est le plus rapide le matin pendant que son équipier Bottas est bloqué aux stands par une panne de moteur. L'après-midi, les Red Bull-Honda de Gasly et de Verstappen sont en haut de la feuille des temps. Albon occasionne un drapeau rouge en heurtant les glissières du dernier virage. Samedi matin, Hamilton réalise de nouveau le meilleur temps, un souffle devant Verstappen et Vettel.

 

Samedi après-midi, Verstappen Jr. réalise la première pole position de sa carrière (1'14''572'''). Il aura attendu 93 Grands Prix pour inscrire son nom au palmarès de cet exercice. C'est également la première position de pointe de Honda en Formule 1 depuis le GP d'Australie 2006 ! Gasly (6ème) concède huit dixièmes à son coéquipier. Les Mercedes sont en embuscade. Bottas (2ème) échoue à seulement dix-huit millièmes de Verstappen. Hamilton (3ème) rencontre quelques soucis de tenue de route mais n'est qu'à deux dixièmes de la pole. Les Ferrari sont dans la même demi-seconde que Verstappen mais leur châssis est peu efficace sur ce tracé sinueux. Leclerc (4ème) fait mieux que Vettel (5ème) malgré une touchette lors de la première manche des qualifications. En dépit d'un léger manque d'équilibre, les McLaren-Renault (Norris 7ème, Sainz 8ème) monopolisent la quatrième ligne.

 

Une fois de plus, la Haas VF-19 « A » de Grosjean (9ème) est bien plus efficace que la version « B » de Magnussen (14ème). Räikkönen (10ème) accroche la Q3 avec son Alfa Romeo. Son collègue Giovinazzi (17ème) est pénalisé de trois places pour avoir gêné Stroll en Q1. Des difficultés pour Renault: Hülkenberg (11ème) est pris dans du trafic et Ricciardo se fait piéger en Q1. L'Australien se signale en outre par un dépassement « à la hussarde » peu justifié sur Pérez dans le dernier virage. Il change finalement de moteur et s'élancera dernier. Les Toro Rosso-Honda (Albon 12ème, Kvyat 13ème) calent en Q2 mais peuvent viser les points en course. La Racing Point-Mercedes est très instable sur cette piste tortueuse. Pour ne rien arranger, Pérez (16ème) et Stroll (18ème) sont gênés dans leurs tours rapides, le premier par Ricciardo, le second par Giovinazzi. Russell (15ème) démontre les progrès de la Williams-Mercedes en échouant d'extrême justesse aux portes de la Q2. Il relègue à près d'une seconde et demie un Kubica dépité (19ème).

 

Le Grand Prix

Comme d'habitude, cette épreuve est grand succès populaire grâce à la présence de cohortes d'Allemands, d'Autrichiens et de Néerlandais surexcités. Cette année, on dénombre aussi 40 000 Polonais venus encourager leur héros national Robert Kubica, hélas incontestable lanterne rouge de ce plateau 2019. Ce dimanche est la journée la plus chaude du week-end et les pilotes vont donc appréhender leurs pneumatiques dans des conditions inconnues. La grande majorité sélectionne les Pirelli jaunes (C3). Sainz, Norris, Räikkönen et Grosjean prennent les gommes rouges (C4). Seul Ricciardo ose partir en pneus durs (C2).

 

Départ: Au feu vert, Verstappen barre la route à Bottas puis prend la corde et vire en tête au premier virage. Bottas allume une roue et laisse revenir Hamilton à sa gauche. Suivent les deux Ferrari alors que Gasly, qui a manqué son envol, se retrouve dans le peloton.

 

1er tour: Hamilton tente de faire l'extérieur à Bottas dans la deuxième courbe, mais ce dernier freine tard et résiste. Toutefois l'Anglais conserve sa ligne et est mieux placé pour aborder le troisième tournant. Il passe, mais sa roue arrière-gauche touche la roue avant-droite de son équipier. Puis, dans la montée vers le virage n°4, Leclerc fait l'intérieur à Bottas mais se rabat un peu trop tôt. Le Finlandais endommage son aileron avant contre la Ferrari. En fin de tour, Verstappen mène devant Hamilton, Leclerc, Bottas, Vettel, Sainz, Norris, Räikkönen, Gasly et Grosjean.

 

2e: Verstappen devance Hamilton de deux secondes. Vettel prend facilement l'ascendant sur Bottas.

 

3e: Verstappen est plus rapide que Hamilton et creuse l'écart. Plus loin, Räikkönen est sur les talons du jeune Norris.

 

4e: La Mercedes de Bottas est privée d'une grande partie de ses appuis. Le Scandinave est ainsi menacé par Sainz.

 

5e: Bottas stoppe chez Mercedes pour remplacer son aileron abîmé et chausser des pneus durs. Il redémarre après quinze secondes d'arrêt en queue de classement.

 

6e: Verstappen est premier devant Hamilton (2.3s.), Leclerc (7.5s.), Vettel (9s.), Sainz (20.2s.), Norris (21.7s.), Räikkönen (22.3s.), Gasly (23s.), Grosjean (24.6s.), Hülkenberg (25.6s.), Pérez (26.6s.) et Albon (27.4s.).

 

8e: Verstappen n'accroît plus son avance sur Hamilton. En revanche, les Ferrari concèdent une seconde au tour aux deux leaders. Ricciardo grimpe dans la hiérarchie: il a doublé Kubica et Giovinazzi.

 

10e: Verstappen devance Hamilton (2.1s.), Leclerc (10.2s.), Vettel (12.7s.), Sainz (28.7s.), Norris (30.3s.), Räikkönen (30.8s.), Gasly (32.1s.), Grosjean (36.2s.) et Hülkenberg (37.4s.).

 

12e: Deux secondes séparent toujours Verstappen de Hamilton. Le trio Norris – Räikkönen – Gasly se bat pour la sixième place. Plus loin, Pérez pourchasse Hülkenberg et emmène avec lui les deux Toro Rosso d'Albon et de Kvyat.

 

13e: Bottas est dix-huitième après avoir dépassé Kubica puis Giovinazzi. Lors des deux boucles suivantes, il se défera de Stroll et de Russell.

 

15e: Verstappen compte encore deux secondes d'avance sur Hamilton. Leclerc est déjà repoussé à quinze secondes. Les Ferrari n'ont aucun rythme...

 

16e: Giovinazzi est le premier pilote à passer aux stands pour troquer ses pneus médiums contre des pneus durs

 

17e: Le retard de Hamilton sur Verstappen tombe sous les deux secondes. Changements de gommes pour Russell et Stroll.

 

18e: Kvyat et Albon se battent pour la douzième position et demeurent côte à côte entre les virages n°1 et 4. Placé à l'extérieur, le Thaïlandais finit par virer au large au sommet de la grande crête et laisse filer son équipier.

 

19e: Hamilton revient à une seconde et demie de Verstappen. Revenu en seizième position, Bottas bute depuis plusieurs tours sur Ricciardo. Arrêts pneus pour Pérez et Kubica.

 

20e: Verstappen précède Hamilton (1.4s.), Leclerc (18s.), Vettel (20.7s.), Sainz (43.4s.), Norris (45.5s.), Räikkönen (47s.), Gasly (48.6s.) et Hülkenberg (1m. 01s.). Grosjean remplace ses enveloppes.

 

22e: Verstappen a abîmé ses pneus et jouit de moins en moins d'adhérence. Hamilton le talonne à un peu plus d'une seconde. Kvyat chausse les pneus durs.

 

24e: Verstappen perd un peu de temps en prenant un tour à Pérez. Hamilton revient à moins d'une seconde du Hollandais. Bottas chasse Ricciardo qui lui-même klaxonne derrière Magnussen.

 

25e: Verstappen apparaît dans la pit-lane et s'immobilise chez Red Bull pour mettre les pneus durs (2.6s.) avec lesquels il compte aller au bout de l'épreuve. Il repart dans le trafic mais ne tombe qu'au deuxième rang. Il demeure devant les Ferrari qui ne se sont pas encore arrêtées...

 

27e: Verstappen se défait des attardés et réalise le meilleur chrono provisoire (1'20''928'''). Il ne concède que dix-huit secondes à Hamilton.

 

28e: Leclerc prend des Pirelli blancs (2.4s.) et cède une place à son coéquipier Vettel. Norris, Gasly et Albon changent aussi de gommes. Le Français de Red Bull repart devant l'Anglais de McLaren. Les deux Toro Rosso se retrouvent devant Grosjean qui, comme d'habitude, ne parvient pas à faire monter ses nouvelles gommes en température.

 

29e: Verstappen tourne plus vite que Hamilton et reprendra ainsi les rênes de l'épreuve après l'arrêt de celui-ci. Norris s'est intercalé entre Ricciardo et Bottas. Il doublera l'Australien deux tours plus tard.

 

30e: Sainz passe chez McLaren pour changer ses gommes et conserve sa cinquième place. Räikkönen fait quant à lui halte chez Alfa Romeo. Il fait une mauvaise affaire puisqu'il glisse derrière Gasly.

 

32e: Hamilton fait escale chez Mercedes et prend des pneus durs. Ses mécaniciens peinent quelque peu à fixer les roues avant, et l'opération dure quatre secondes. Verstappen retrouve le leadership. Gasly dépasse Hülkenberg et Bottas vient enfin à bout de Ricciardo.

 

33e: En un tour, l'avance de Verstappen sur Hamilton fond de cinq à trois secondes. Visiblement, la Mercedes fait chauffer les pneus durs plus facilement que la Red Bull. Räikkönen prend la septième place à Hülkenberg qui navigue encore avec ses gommes usées.

 

34e: Hamilton est à moins d'une seconde de Verstappen et peut donc actionner son aileron arrière mobile. Bottas double Magnussen et apparaît à la dixième place.

 

35e: Verstappen devance Hamilton (0.4s.), Vettel (22.5s.), Leclerc (30s.), Sainz (58s.), Gasly (59s.), Räikkönen (1m. 02s.), Hülkenberg (1m. 08s.), Norris (1m. 09s.) et Bottas (1m. 11s.).

 

36e: Verstappen et Hamilton prennent un tour à Albon au passage devant les stands. Puis, dans la descente vers le virage n°2, le Britannique tente de faire l'extérieur à la Red Bull, mais il part de trop loin pour s'imposer. Changement de pneus pour Hülkenberg.

 

38e: Hamilton évolue à une demi-seconde de Verstappen et médite une nouvelle attaque.

 

39e: Verstappen et Hamilton doublent l'attardé Ricciardo dans la ligne droite principale. Au freinage, le champion du monde est presque revenu à la hauteur du leader. Il prend ensuite sa roue jusqu'à la grande côte, au sommet de laquelle il le déborde par l'extérieur. Mais sa trajectoire est trop large et il doit emprunter le dégagement bitumé pour revenir en piste, toujours dans la boîte de Verstappen. Magnussen stoppe chez Haas pour prendre des pneus tendres.

 

40e: Hamilton a trop sollicité sa gomme et doit lever le pied. Verstappen s'enfuit de nouveau. Vettel s'arrête chez Ferrari et choisit d'effectuer son second relais en pneus tendres, dans l'espoir de dépasser son équipier en fin de course.

 

41e: Verstappen est leader devant Hamilton (2s.), Leclerc (37s.), Vettel (57s.), Sainz (1m. 05s.), Gasly (1m. 06s.), Räikkönen (1m. 11s.), Norris (1m. 15s.), Bottas (1m. 17s.), Riccardo (-1t.) et Pérez (-1t.).

 

43e: Hamilton garde le contact avec Verstappen mais s'inquiète de la température élevée de ses freins. Loin de là, Gasly pourchasse Sainz sans jamais se porter à sa hauteur.

 

44e: Bottas concède un tour au duo Verstappen – Hamilton... Le Finlandais peine à suivre la McLaren de Norris.

 

46e: Une petite seconde sépare Verstappen de Hamilton. Le Néerlandais ménage ses enveloppes. Ricciardo effectue enfin son premier et unique changement de pneus. Il recule au quinzième rang, derrière Magnussen.

 

47e: Bottas revient à son stand et troque ses pneus durs inefficaces contre des médiums. Il repart douzième derrière les Toro Rosso.

 

49e: Mercedes rappelle Hamilton aux stands pour le munir de pneus médiums (2.5s.). Son objectif est de mener un « rush » de vingt tours contre Verstappen. L'Anglais reprend la piste vingt-et-une secondes derrière celui-ci. Bottas se défait d'Albon, puis de Kvyat.

 

50e: Verstappen précède Hamilton (18s.), Leclerc (41.5s.), Vettel (58s.), Sainz (-1t.), Gasly (-1t.), Räikkönen (-1t.), Norris (-1t.), Pérez (-1t.), Bottas (-1t.), Kvyat (-1t.) et Albon (-1t.).

 

51e: Bottas dépasse Pérez et grimpe au neuvième rang. Relégué en seizième position, Grosjean abandonne suite à une chute de pression hydraulique.

 

53e: Hamilton roule à seize secondes de Verstappen. Stroll observe un second changement de gommes.

 

55e: Hamilton préserve ses forces pour l'assaut final contre Verstappen. Il ne lui a repris qu'une demi-seconde en deux tours. Gasly est toujours tapi derrière l'aileron de Sainz, sans pouvoir le dépasser.

 

57e: Ricciardo harcèle Magnussen pour le gain de la 14ème place. Il tente de lui faire l'extérieur au bout de la ligne droite principale, mais selon son habitude le Danois lui coupe la trajectoire au dernier moment. Ricciardo monte sur ses feins pour éviter une collision.

 

58e: Hamilton lance son offensive et abaisse le record du tour à chaque passage. Douze secondes le séparent encore de Verstappen qui ne peut pas répliquer car ses pneumatiques sont très éprouvés.

 

60e: Hamilton boucle son meilleur tour de la journée (1'18''528'''). À dix tours du drapeau à damiers, Verstappen devance Hamilton (11s.), Leclerc (56s.), Vettel (1m. 02s.), Sainz (-1t.), Gasly (-1t.), Räikkönen (-1t.), Norris (-1t.), Bottas (-1t.), Pérez (-1t.), Kvyat (-1t.) et Albon (-1t.).

 

61e: Grâce à ses pneus plus frais, Vettel remonte à grandes enjambées sur Leclerc. Albon passe devant Kvyat dont les enveloppes sont aussi très abîmées. Le Russe va ensuite perdre plusieurs positions.

 

62e: Hamilton n'est plus qu'à sept secondes de Verstappen et devrait pouvoir lui porter l'estocade d'ici quelques tours.

 

63e: Hamilton revient à cinq secondes et demie de Verstappen qui déplore une grave perte d'adhérence. Bottas s'empare de la huitième place aux dépens de Norris. Albon est aux trousses de Pérez.

 

64e: Les ingénieurs de Honda autorisent Verstappen à utiliser le mode « qualifications » de son groupe propulseur pour résister à Hamilton, mais seulement lors des quatre derniers tours. Albon déborde Pérez au premier freinage, non sans toucher la Racing Point. Pérez poursuit mais sa direction est endommagée.

 

65e: Hamilton roule à une seconde de Verstappen. Vettel talonne pour sa part son équipier Leclerc.

 

66e: L'intervalle entre les deux leaders tombe sous la seconde. Hamilton peut utiliser son DRS pour porter le coup de grâce.

 

67e: Hamilton actionne son aileron arrière mobile dans la ligne droite de départ-arrivée. Il fait l'extérieur à Verstappen qui ne peut même pas esquisser une réplique. En fin de tour, le Hollandais regagne son stand pour chausser des pneus neufs et part en chasse du point du meilleur tour. Il ne perd aucune position.

 

68e: Hamilton est en route vers la victoire. Vettel se trouve lui dans les roues de Leclerc. Il prend son aspiration au passage de la ligne de chronométrage et se jette à l'intérieur au premier freinage. Leclerc tente de tasser son équipier vers la bordure, mais celui-ci retarde sa décélération et passe en force. L'Allemand est désormais troisième. Bottas poursuit Räikkönen et lorgne sur la septième position.

 

69e: Verstappen empoche le point du meilleur tour en course (1'17''103''').

 

70ème et dernier tour: Lewis Hamilton remporte sa huitième victoire en 2019 devant un valeureux Verstappen. Vettel et Leclerc se classent respectivement troisième et quatrième, à plus d'une minute du vainqueur... Sainz, cinquième, aura résisté jusqu'au bout à Gasly. Räikkönen empoche les six points de la septième place. Bottas doit se contenter d'une médiocre huitième position. Norris et Albon prennent les derniers points. Viennent ensuite Pérez, Hülkenberg, Magnussen, Ricciardo, Kvyat, Russell, Stroll et Giovinazzi. Kubica finit 19ème et dernier, à trois tours du vainqueur.

 

Après la course

Le pari stratégique de Mercedes de faire changer de pneus à Lewis Hamilton aux deux tiers de l'épreuve pour qu'il recolle à Max Verstappen, puis le dépasse, s'est avéré victorieux. Toto Wolff explique que cette décision n'allait pas de soi: « Nous étions dans le doute parce que nous savions que nous devions rattraper une seconde par tour. Et il y a eu un moment où Verstappen a donné la pleine puissance de son moteur et égalait les temps de Lewis. Quand son ingénieur Peter Bonnington lui a dit qu'ils étaient dans les mêmes temps, Lewis était incrédule, et c'est la raison pour laquelle nous avons fait un deuxième arrêt. Il s'est alors remis dans le bon état d'esprit. On l'a motivé à la radio. Son père m'a dit un jour: une seule phrase lui suffit, c'est « tu peux le faire ». Et une fois de plus, il l'a fait ! » Hamilton confirme qu'il doutait du bien-fondé de la tactique élaborée par James Vowles, le stratège de Mercedes: « Après mon deuxième arrêt, je n'étais pas certain de pouvoir combler ce retard de dix-neuf secondes, mais l'équipe m'a dit de rester concentré, donc c'est ce que j'ai fait. J'ai continué à attaquer, comme lors de tours de qualifications. J'étais à la limite en permanence. Je félicite l'équipe et je pense que si Niki [Lauda] était là, il tirerait son chapeau aussi. »

 

Une fois de plus, la joie de Hamilton contraste avec le désarroi de Valtteri Bottas, victime d'un double accrochage lors du premier tour, avec son équipier puis avec Charles Leclerc. « Ce n'était pas du tout la journée que j'attendais », soupire le blond Finlandais. « Le premier tour a été un peu chaotique. J'ai bloqué une roue au premier virage et j'ai fait un plat, ce qui était de ma faute. Cela a provoqué un gros sous-virage, et ensuite il y a eu le contact avec Charles qui a endommagé l'aileron avant. Nous avons dû nous arrêter tôt pour cette raison et cela a vraiment compromis ma course, parce que je suis reparti dans le trafic et que j'ai perdu beaucoup de temps. J'ai fait tout ce que je pouvais, mais c'était vraiment dur de doubler. » Les rumeurs autour de son éviction au profit d'Esteban Ocon commencent à l'assourdir... « Au moment où mon contrat arrive à terme, cela tombe mal », reconnaît-il, désabusé.

 

Max Verstappen aurait aimé transformer sa première pole position en victoire, mais il fait contre mauvaise fortune bon cœur: « Nous avons tout donné mais Lewis était clairement un peu plus rapide aujourd'hui, » admet-il. « C'était bien de voir que nous avions une si grosse avance sur les Ferrari et la deuxième place reste un bon résultat. Évidemment, quand on part à l'avant, on veut gagner, mais il faut être réaliste et admettre que nous avons fait le maximum possible. J'ai essayé de contenir Hamilton quand nous étions sur les mêmes pneus, mais grâce à son avance sur Leclerc il avait la possibilité de faire un deuxième arrêt, ce qui a marché pour lui. J'ai essayé de survivre et d'attaquer, mais quand il reprenait une ou deux secondes par tour, je ne pouvais pas faire grand-chose. Ensuite, nous nous sommes arrêtés pour réaliser le meilleur tour, qui offre un point supplémentaire. Je n'ai aucun regret et nous avons tout tenté. C'était un bon week-end pour nous et j'aborde la pause avec une bonne sensation, parce que nous nous rapprochons en permanence des Mercedes. » Et de fait, avec 181 points, le jeune Néerlandais n'est plus qu'à sept longueurs de la seconde place du classement des conducteurs détenue par Bottas (188 pts).

 

Une fois encore, Pierre Gasly n'a pas été à la hauteur de la situation. Il termine sixième, à un tour et demi de son équipier, derrière la McLaren-Renault de Carlos Sainz II. « Le problème est qu'il n'est jamais dans le groupe de tête ! » s'emporte Christian Horner. « Il devrait se battre contre les Mercedes et les Ferrari, pas contre les McLaren ou les Alfa Romeo ! Nous avons désespérément besoin qu'il fasse mieux ! » Selon toute vraisemblance, le jeune Normand prendra la porte à la fin de la saison...

 

Le Hungaroring, circuit lent et sinueux, ne convient guère à la Ferrari SF-90, mais peu d'observateurs pensaient les deux voitures rouges seraient reléguées à plus d'une minute du vainqueur. « Notre principal problème est un manque d'appui aérodynamique, qui nous pénalise davantage en course qu'en qualifications », avoue Mattia Binotto. « La chaleur ne nous a pas aidés non plus en réduisant l'adhérence. Par ailleurs, nous ne comprenons pas pourquoi les pneus de Leclerc se sont tant détériorés. On limite les dégâts en qualifications parce que, sur un tour, on peut pousser les pneus à fond. Mais pas sur la durée d'une course. Il faut préserver la gomme pour ne pas la surchauffer quand on a moins d'appuis. C'est ce qui nous complique la vie à l'heure actuelle. » Ferrari accueille ainsi avec plaisir la pause estivale et espère pouvoir briller à la rentrée sur les circuits rapides de Spa et de Monza.

 

À ce stade de la saison, Hamilton caracole en tête du championnat des pilotes avec 250 points, loin devant Bottas (188 pts), Verstappen (181 pts), Vettel (156 pts) et Leclerc (132 pts). Chez les constructeurs, Mercedes-AMG (438 pts) domine sans opposition. Ferrari (288 pts) et Red Bull-Honda (244 pts) lutteront pour la place de dauphine. McLaren-Renault (82 pts) est solidement attachée au quatrième rang.

Tony