Max VERSTAPPEN
 M.VERSTAPPEN
Red Bull Honda
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes
Charles LECLERC
 C.LECLERC
Ferrari

1018o Gran Premio

XI Abu Dhabi Grand Prix
Noche
Yas Marina
domingo, 1 de diciembre de 2019
55 vueltas x 5.554 km - 305.355 km
(Offset: 115 m)
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F1
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¿Lo sabían ?

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Lewis Hamilton termine la saison en réalisant son sixième grand chelem.

Honda: un réengagement conditionnel

Honda annonce à Abou Dhabi la prolongation de son engagement jusqu'en 2021 avec les deux écuries Red Bull, levant ainsi les derniers doutes quant à sa participation à la « nouvelle » Formule 1 qui entrera en vigueur cette année-là. Le constructeur japonais avoue cependant qu'il se donne aussi ainsi un délai de deux ans pour réfléchir sur l'opportunité de sa présence à plus long terme. Honda n'est pas certaine de demeurer en F1 au-delà de 2021, et ce en dépit des excellents résultats récoltés cette année. Comme Daimler-Benz et Renault, la firme de Wako doit engager des sommes colossales pour faire face aux mutations de l'industrie automobile. Masashi Yamamoto, le directeur général de Honda F1, met ainsi en garde la fédération: pour que les grands constructeurs restent en F1, celle-ci doit être moins onéreuse. « Nous avons commencé à calculer combien cela nous coûtera avec la future réglementation », précise Yamamoto à Motorsport.com. « Les constructeurs souffrent actuellement, en raison du changement environnemental vers l'électrification. Nous avons des discussions internes autour des coûts de développement qui sont actuellement notre principal souci. »

 

Honda serait peut-être prête à accepter des mesures favorisant une F1 « bon marché » (standardisation des pièces, gel des moteurs etc.). Une conclusion qui ne manquerait pas d'ironie si l'on songe aux centaines de millions d'euros que les Japonais ont dépensé pour développer leur groupe propulseur depuis quatre ans...

 

L'homme sans podium

Comme attendu, Nico Hülkenberg se retrouve sans volant pour la saison 2020 et quitte donc la Formule 1, au moins provisoirement. L'Allemand de 32 ans s'éloigne avec en poche un triste record: celui du plus grand nombre de Grands Prix disputés (177) sans être monté une seule fois sur le podium ! Il n'aura en effet jamais fait mieux que trois quatrièmes places (en Belgique en 2012 et 2016 avec Force India, en Corée du Sud en 2013 avec Sauber). Hülkenberg a certes joué de malchance: l'exceptionnelle fiabilité des monoplaces modernes ne permet plus aujourd'hui aux outsiders de finir régulièrement haut placés. Vingt ou trente ans plus tôt, il aurait certainement accroché une bonne demi-douzaine de podiums à son palmarès, et peut-être même une victoire. Après tout, n'a-t-il pas failli remporter le GP du Brésil 2012 sur piste humide ?

 

Quoiqu'il en soit, Hülkenberg ignore encore ce qu'il fera en 2020. Certains l'envoient en DTM, d'autres en IndyCar ou même en Endurance. N'oublions pas qu'il a remporté les 24 heures du Mans en 2015 avec Porsche. Il pourrait aussi guigner un poste d'essayeur dans un « top team », Mercedes ou Ferrari. Néanmoins, il semble plutôt pencher pour une année sabbatique tout en refusant de tirer un trait sur la F1. « Je ne prends pas ma retraite », assène-t-il. « J'ai vécu dix années en F1, ce n'est pas rien. Il est clair que ça va me manquer quand je vais devoir regarder le premier GP de la saison à la télé. Mais, d'autre part, je vais pouvoir me déconnecter de la course pendant quelques mois et c'est bien. Je verrai alors ce que me diront ma tête et mon cœur pour évaluer ce que je pourrais bien faire. »

 

Présentation de l'épreuve

Cet ultime Grand Prix sur les rives du Golfe persique ne déborde pas d'enjeux. Max Verstappen (260 points) a de grandes chances de préserver son actuelle troisième place au championnat des pilotes devant Charles Leclerc (249 pts). Un peu plus loin, la sixième position est convoitée par Gasly et Sainz (95 pts chacun). Cependant, au classement des constructeurs, Renault (91 pts) redoute de perdre sa cinquième position au bénéfice de Toro Rosso-Honda (83 pts) qui s'est considérablement rapprochée à la faveur du podium de Pierre Gasly à São Paulo.

 

La FIA et Liberty Media ont fini par concéder à Ferrari le renouvellement de son contesté droit de veto après 2020. La firme au cheval cabré pourra donc toujours bloquer une réforme sportive ou technique qui entraverait ses intérêts, et ce dans la droite ligne d'une politique de complaisance inaugurée dès les années 1980 par Bernie Ecclestone et Enzo Ferrari lui-même. Le P-DG de Ferrari Louis C. Camilleri avait posé le maintien de ce veto comme condition sine qua non à sa participation aux négociations des futurs Accords Concorde qui devront être entérinés en 2020. Cette concession déplaît évidemment à Mercedes et à Renault qui aimeraient jouir également d'un tel privilège... « Certaines écuries pensent que cet avantage est anachronique et ne devrait pas exister, mais d'un autre côté, certains pensent qu'il s'agit d'une bonne idée d'avoir un « adulte » dans la pièce », énonce Camilleri, non sans provocation.

 

La plateau 2020 est désormais complet: le 28 novembre, Williams annonce la titularisation de son essayeur Nicholas Latifi. Le pilote canadien n'a aucun titre à son palmarès, mais a terminé second du dernier championnat international de Formule 2 derrière Nyck de Vries. Il connaît déjà la Formule 1 puisqu'il a occupé les postes de réservistes chez Renault (en 2017), puis Force India (en 2018) et enfin cette année chez Williams. A vrai dire, il est surtout le fils de Michael Latifi, un milliardaire canadien d'origine iranienne, fondateur de Sofina, un géant de l'agro-alimentaire qui apporte plusieurs millions de dollars à Williams Racing. Son recrutement a donc pour but de compenser les pertes dues au départ de Robert Kubica et de son commanditaire, le pétrolier PKN Orlen. Quant au Polonais, lui et ses zlotys sont toujours courtisés par Haas et Racing Point pour le poste de troisième pilote.

 

La collision survenue entre Sebastian Vettel et Charles Leclerc au Grand Prix du Brésil a alimenté la chronique sportive au cours de ces deux dernières semaines, même si Ferrari a largement verrouillé la communication autour de cet incident. Les médias italiens se pourlèchent de ces heurts et se divisent pour attribuer les responsabilités. Les uns prennent le parti de Leclerc, d'autres (moins nombreux) celui de Vettel, et la majorité éreinte le management erratique de Mattia Binotto qui a débouché sur cette catastrophe. Le président John Elkann fait solennellement part de son agacement et interdit aux deux pilotes de rééditer pareille bévue. Néanmoins, on peut douter que la situation soit apaisée car ceux-ci ne se sont pas adressé la parole depuis Interlagos. Ils se sont certes expliqués à Maranello devant les dirigeants de la Scuderia, mais séparément. Les deux équipiers ne se retrouvent donc qu'à Abou Dhabi, et seulement le vendredi, car Vettel, retenu en Allemagne par un heureux événement (sa compagne a accouché de leur troisième enfant), ne se rend sur place que jeudi soir.

 

Toujours dans la rubrique carnet mondain, Valtteri Bottas a le regret d'annoncer son divorce. Lui et sa compagne la nageuse Emma Pikkarainen, mariés depuis trois ans, se sont séparés en cette fin novembre mais restent « bons amis », d'après le nouveau célibataire. Nous voilà rassurés. Sur le plan sportif, Bottas n'attend pas grand-chose de cet ultime rendez-vous: son groupe propulseur, victime d'une surconsommation d'huile au Brésil, est définitivement hors d'usage, et Mercedes remplace la plupart des composants. Du fait des pénalités, le Scandinave s'élancera donc en fond de grille.

 

Depuis plusieurs mois, Lewis Hamilton négocie avec Mercedes une prolongation de son contrat au-delà de la saison 2020. Comme la presse n'aperçoit aucune annonce à l'horizon, surgit la rumeur d'un départ du Britannique chez Ferrari en 2021. Des émissaires de la Scuderia l'ont en effet rencontré cet automne, ce que l'intéressé reconnaît bien volontiers. Selon la Gazzetta dello Sport, il aurait même participé à une entrevue avec John Elkann. De son côté, Mattia Binotto se dit « ravi » que Hamilton figure au marché des transferts, tout en réaffirmant sa confiance dans le duo Sebastian Vettel – Charles Leclerc.

 

Essais et qualifications

Bottas signe les meilleurs chronos des séances d'essais du vendredi, mais se signale aussi en fin d'après-midi en percutant Grosjean au virage n°8, ce qui lui vaut une réprimande de la part des commissaires. Le pilote français est pour sa part furieux car cet accrochage détruit un type de fond plat qu'il désirait tester. Les Ferrari se révèlent instables: Vettel et Leclerc tâtent tous deux des glissières. Samedi, lors de la troisième session libre, Verstappen réalise le meilleur temps devant les Mercedes.

 

Les Mercedes sont impériales en qualifications. Hamilton s'empare de la 88ème pole position de sa carrière, sa première depuis le GP d'Allemagne fin juillet. Il devance de deux deuxièmes son compère Bottas (1'34''779''' contre 1'34''973''') mais, on le sait, ce dernier partira en queue de peloton. Verstappen (2ème) place sa Red Bull-Honda en première ligne. Albon (5ème) est plus en retrait, à une demi-seconde de son leader. Les Ferrari ne sont toujours pas compétitives. Leclerc (3ème) est privé d'une dernière tentative en Q3 à cause du trafic et Vettel (4ème) exécute un tête-à-queue au début des qualifications. Les McLaren-Renault retrouvent la Q3, et Norris (6ème) parvient à devancer Sainz (8ème). Les Renault (Ricciardo 7ème, Hülkenberg 9ème) atteignent aussi la troisième étape des qualifications. A signaler tout de même que Ricciardo a cassé un moteur vendredi.

 

Pérez (10ème) est satisfait du comportement de sa Racing Point-BWT, mais néanmoins déçu de ne pas être parvenu en Q3. Stroll (12ème) est battu par son coéquipier en qualifications pour la dix-huitième fois de la saison. Les Toro Rosso-Honda (Gasly 11ème, Kvyat 13ème) manquent globalement d'adhérence sur ce tracé. Très performantes lors des essais, les Haas-Ferrari se révèlent inconduisibles samedi soir. Magnussen (14ème) atteint néanmoins la Q2, contrairement à un Grosjean (15ème) dépité. Ni Giovinazzi (16ème) ni Räikkönen (17ème) ne parviennent à tirer parti d'une Alfa Romeo dépourvue de grip. Enfin, chez Williams, Russell (18ème) vainc une fois encore Kubica (19ème) de plus d'une demi-seconde.

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, Renault gratifie Nico Hülkenberg d'une petite fête pour le remercier de leurs trois années de collaboration. A cette occasion, l'Allemand pose pour une « photo de famille » dont tous les membres ont malicieusement revêtu... une perruque blonde. Toujours affable et travailleur, Hülkenberg sera vivement regretté à Enstone et à Viry-Châtillon.

 

Comme chaque année à Abou Dhabi, de nombreuses personnalités figurent sur la grille de départ. On remarque la présence de Fernando Alonso qui disputait ici même il y a un an son dernier Grand Prix. L'Espagnol ne quitte guère la péninsule arabique puisqu'il s'entraîne en vue de son premier Rallye Dakar, en Arabie Saoudite. Alonso s'entretient à cette occasion avec presque tous les patrons d'écuries, et il n'en faut pas plus pour relancer les rumeurs de son retour en Formule 1 en 2021... La plupart des coureurs s'élancent munis de pneus médiums (C4). Vettel, Sainz, Ricciardo, Hülkenberg et Giovinazzi partent toutefois avec les gommes tendres (C5), alors que Kvyat, Russell et Kubica ont les durs (C3). Pirelli prévoit une course à un seul arrêt.

 

Départ: Hamilton prend un envol parfait. Il précède Verstappen, Leclerc et Vettel au premier virage. Plus loin, Stroll heurte Gasly qui est renvoyé contre la Racing Point de Pérez et y laisse son aileron avant.

 

1er tour: Leclerc prend l'aspiration de Verstappen dans la longue ligne droite et s'empare de la deuxième position. Vettel tente à son tour de doubler le Néerlandais lors de l'accélération suivante, mais en vain. En fin de tour, Hamilton mène devant Leclerc, Verstappen, Vettel, Albon, Norris, Sainz, Ricciardo, Magnussen et Hülkenberg. Bottas est quinzième

 

2e: Hamilton prend la fuite devant Leclerc. Hülkenberg dépasse Magnussen et Bottas prend l'ascendant sur Räikkönen. Gasly rejoint son garage pour changer de pneus et de calandre. L'opération s'éternise et le jeune Français redémarre avec un tour de retard.

 

3e: Suite à une panne informatique, la direction de course n'est pas en mesure de contrôler les points de détection pour le déclenchement de l'aileron arrière mobile. Elle interdit donc son usage pour le moment.

 

4e: Hamilton compte deux secondes et demie d'avance sur Leclerc. Verstappen sème Vettel. Albon n'est pas du tout dans le rythme des quatre premiers et se fait distancer. Privé du DRS, Bottas peine à doubler Stroll qui bénéficie du même moteur Mercedes.

 

5e: Hamilton mène devant Leclerc (3.3s.), Verstappen (5.2s.), Vettel (6.9s.), Albon (10.1s.), Norris (15.9s.), Sainz (17.5s.), Ricciardo (18.4s.), Hülkenberg (19.3s.), Magnussen (22.6s.), Pérez (23.3s.) et Giovinazzi (24.5s.). Bottas passe devant Stroll.

 

6e: Pérez prend la dixième position à Magnussen. Bottas dépasse Giovinazzi au virage n°8. Stroll stoppe chez Racing Point pour remplacer son aileron avant, endommagé lors du contact avec Gasly.

 

7e: Hamilton creuse l'écart sur Leclerc: cinq secondes les séparent. Bottas dépasse aisément Magnussen.

 

9e: Ricciardo est aux trousses de Sainz. Norris entre aux stands pour chausser des pneus durs. Il est imité par Giovinazzi.

 

10e: Le soleil se couche sur Yas Marina. Hamilton compte six secondes d'avance Leclerc, huit secondes sur Verstappen. Les pneus rouges de Vettel sont déjà usés et l'Allemand concède plus de quatre secondes au Hollandais.

 

12e: Ricciardo stoppe chez Renault pour prendre des pneus durs. Bottas dépasse Pérez et se retrouve huitième.

 

13e: Leclerc et Vettel rejoignent successivement le stand Ferrari pour prendre des gommes blanches. Si l'arrêt se passe bien pour le Monégasque, l'Allemand est immobilisé sept secondes car ses deux roues gauches tardent à être fixées. Il reprend la piste derrière Pérez qu'il double peu après. Sainz change aussi de pneus et repart derrière Ricciardo.

 

14e: Hamilton mène avec neuf secondes de marge sur Verstappen. Albon passe chez Red Bull pour mettre des pneus durs et s'intercale entre Vettel et Pérez. Sainz attaque Ricciardo et finit par couper une chicane. Il doit se réinsérer derrière l'Australien.

 

15e: Provisoirement quatrième, Hülkenberg retient un peloton comprenant Bottas, Vettel et Albon. Sainz prend l'avantage sur Ricciardo.

 

16e: Hamilton devance Verstappen (10.2s.), Leclerc (28.3s.), Hülkenberg (42.8s.), Bottas (43.6s.), Vettel (44.5s.), Albon (45.3s.), Pérez (49s.), Magnussen (56s.), Räikkönen (57.6s.) et Kvyat (58.7s.).

 

17e: Vettel prend l'aspiration de Bottas dans la longue ligne droite et se jette à l'intérieur, mais le Finlandais lui ferme la porte. L'Allemand retente sa chance à la réaccélération. Bottas bénéficie cependant de l'aspiration de Hülkenberg et reste encore devant.

 

18e: Les connections sont enfin rétablies avec les points de détection du DRS. Michael Masi autorise les pilotes à utiliser cet élément. Voilà qui réveille le peloton: Bottas déborde Hülkenberg sans coup férir alors que les deux McLaren effacent Grosjean qui les gênait depuis trois boucles.

 

19e: Hülkenberg fait halte chez Renault pour prendre des pneus médiums et repart derrière les McLaren. Il double toutefois Sainz très rapidement. Changement de pneus aussi pour Grosjean.

 

20e: Hamilton possède une avance de treize secondes sur Verstappen. Leclerc évolue à plus de trente secondes du leader.

 

21e: Kvyat s'empare de la huitième place aux dépens de Räikkönen. Arrêt pneus pour Magnussen. Giovinazzi attaque Kubica pour le gain de la 15ème place. L'Italien se jette à l'intérieur au virage n°11 mais le Polonais lui claque la porte au nez. Les deux voitures se tamponnent et la Williams y perd quelques morceaux de carbone.

 

23e: Räikkönen passe chez Alfa Romeo pour prendre des enveloppes blanches. Les McLaren et les Renault roulent de concert de la neuvième à la douzième place. Deuxième arrêt pour Stroll qui prend cette fois des gommes tendres.

 

24e: Hamilton précède Verstappen (12.6s.), Leclerc (29s.), Bottas (48.3s.), Vettel (52.5s.), Albon (55.3s.), Pérez (1m. 07s.), Kvyat (1m. 17s.), Norris (1m. 23s.), Hülkenberg (1m. 24s.), Sainz (1m. 26s.) et Ricciardo (1m. 27s.).

 

26e: Verstappen fait halte chez Red Bull et s'empare de pneus durs avec lesquels il compte finir l'épreuve (2.4s.). Il retrouve la piste quatre secondes derrière Leclerc.

 

27e: Hamilton s'arrête chez Mercedes, prend tranquillement des gommes blanches (3.2s.) et retrouve le circuit sans avoir perdu le commandement. Verstappen se plaint d'un turbo manquant de répondant. Giovinazzi change pour la seconde fois de pneus.

 

28e: Hamilton devance Leclerc (9.5s.), Verstappen (12.8s.), Bottas (27.6s.), Vettel (32.2s.), Albon (35.6s.), Pérez (51s.), Kvyat (1m.), Norris (1m. 08s.), Hülkenberg (1m. 09s.), Sainz (1m. 10s.) et Ricciardo (1m. 11s.).

 

30e: Malgré un moteur poussif, Verstappen se rapproche de Leclerc dont les enveloppes sont détériorées. Bottas passe chez Mercedes, prend des pneus durs et recule au sixième rang. Au tour suivant, il s'empare du meilleur chrono provisoire (1'39''715''') grâce à ces nouvelles gommes.

 

32e: Verstappen pourchasse Leclerc dans la grande accélération. Tous deux bénéficient du DRS car ils prennent un tour à Russell. Verstappen déboîte la Ferrari au freinage, se faufile à l'intérieur et s'empare de la deuxième place. Leclerc n'abdique pas et fait l'extérieur à son adversaire avant le virage n°11, mais Verstappen ne lui laisse aucun espace. Les deux bolides se frôlent. La Red Bull demeure devant la Ferrari.

 

33e: Hamilton jouit de quinze secondes d'avance sur Verstappen. Leclerc est décroché. Changement de gommes pour Russell.

 

35e: Hamilton est premier devant Verstappen (15.3s.), Leclerc (20.3s.), Vettel (42.4s.), Albon (44.4s.), Bottas (47.2s.), Pérez (1m. 10s.), Kvyat (1m. 12s.), Norris (1m. 15s.), Hülkenberg (1m. 17s.), Sainz (1m. 28s.), Ricciardo (1m. 29s.), Magnussen (1m. 38s.) et Räikkönen (1m. 39s.).

 

37e: Hamilton perd un petit peu de temps en dépassant Magnussen et Räikkönen qui bataillent pour la treizième place. Ferrari va rappeler ses pilotes pour un second arrêt.

 

38e: De nouveau, les pilotes Ferrari effectuent leur pit-stop de concert et prennent des pneus tendres. Leclerc conserve la troisième place devant le duo Albon – Bottas. Vettel redémarre en sixième position. Pérez troque ses pneus médiums contre des durs, puis repart douzième.

 

39e: Bottas déborde Albon au virage n°8 et grimpe ainsi au quatrième rang.

 

40e: Quatorze secondes séparent le leader Hamilton de son poursuivant Verstappen, lequel est désormais libéré de la menace des Ferrari. Pérez dépasse Ricciardo.

 

41e: Kvyat achève un long premier relais et chausse les pneus tendres. Il repart derrière Räikkönen, non loin de Ricciardo. Cette stratégie fondée sur un seul arrêt tardif semble la bonne car Pérez, très rapide, vient de doubler Sainz et remonte dans les points.

 

42e: McLaren et Renault comprennent qu'ils sont en train d'être jouées par Racing Point et Toro Rosso, mais ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier. Norris et Hülkenberg sont laissés en piste alors que Sainz et Ricciardo sont rappelés aux stands. Le premier prend des Pirelli médiums, le seconde des tendres.

 

44e: Hamilton est leader devant Verstappen (15.2s.), Leclerc (39.4s.), Bottas (48.3s.), Albon (54.7s.), Vettel (1m. 06s.), Norris (-1t.), Hülkenberg (-1t.), Pérez (-1t.), Kvyat (-1t.), Räikkönen (-1t.), Sainz (-1t.), Magnussen (-1t.) et Ricciardo (-1t.).

 

45e: Leclerc remonte sur Verstappen mais est bien trop loin pour lui contester la deuxième place. Pérez double Hülkenberg au virage n°8 et retrouve la huitième place.

 

46e: Kvyat assaille Hülkenberg et le déborde au virage n°11, en dépit de louvoiements douteux de la part de l'Allemand. Sainz se défait de Räikkönen et Ricciardo dépasse Magnussen.

 

47e: Stroll rentre à son garage pour abandonner suite à une panne de freins. Le jeune Canadien était 17ème.

 

48e: Tout va bien pour Hamilton qui a repoussé Verstappen à dix-sept secondes. Les problèmes du moteur du Hollandais paraissent résolus. Vettel se rapproche peu à peu d'Albon. Plus loin, Pérez est aux trousses de Norris.

 

50e: Hamilton précède Verstappen (17s.), Leclerc (40.7s.), Bottas (45.4s.), Albon (1m. 01s.), Vettel (1m. 05s.), Norris (-1t.), Pérez (-1t.), Kvyat (-1t.), Hülkenberg (-1t.) et Sainz (-1t.). Ricciardo prend la douzième place à Räikkönen.

 

51e: Bottas tourne une seconde au tour plus vite que Leclerc qui a déjà usé ses pneus tendres.

 

52e: Verstappen se fraye péniblement un chemin entre Norris et Pérez, en pleine bagarre pour la septième place.

 

53e: Hamilton s'adjuge le point du meilleur tour en course (1'39''283'''). Vettel fait la jonction avec Albon. Il tente de lui faire l'extérieur au virage n°8, sans succès. Il retente sa chance avant le virage n°11, toujours par la droite, et cette fois-ci s'impose au freinage.

 

54e: Les places d'honneur sont l'objet d'âpres combats: Pérez harcèle Norris tandis que Hülkenberg contient avec peine Sainz et son équipier Ricciardo.

 

55ème et dernier tour: Pérez accomplit un dépassement hardi sur Norris, par l'extérieur, dans l'enchaînement des virages n°11 à 13. De son côté, Sainz déborde Hülkenberg au virage n°8, au prix d'un freinage très tardif. Puis, au onzième freinage, l'Allemand de Renault perd l'arrière et glisse vers le bas-côté, ce qui permet à Ricciardo de le doubler aussi.

 

Lewis Hamilton remporte sa onzième victoire en 2019 devant Verstappen et Leclerc. Bottas, parti dernier, termine en quatrième position devant Vettel et Albon. Pérez décroche in extremis une belle septième place. Suivent Norris et Kvyat. Sainz, dixième, prend un point qui lui permet de conquérir la sixième place du classement des pilotes. Viennent ensuite Ricciardo, Hülkenberg, Räikkönen, Magnussen, Grosjean, Giovinazzi, Russell, Gasly et Kubica.

 

Après la course

Peu avant le départ, on apprenait que la Ferrari n°16 de Charles Leclerc était placée sous enquête par les commissaires sportifs car les hommes de Jo Bauer, le délégué technique de la FIA, n'ont pas trouvé à son bord la quantité de carburant annoncée par la Scuderia à l'issue des qualifications. La différence, de l'ordre de cinq kilos, est assez importante, mais les autorités font preuve de mansuétude et n'infligent aucune sanction sportive à Leclerc. Ferrari s'en sort avec une amende de 50 000 dollars.

 

Lewis Hamilton a réalisé à Abou Dhabi un week-end parfait, concrétisé par ce « grand chelem » (pole, victoire, meilleur tour en course, en tête de bout en bout), le sixième de sa carrière. Le record (huit) est en revanche toujours détenu par Jim Clark. Le sextuple champion du monde célèbre ce succès par des traditionnels « donuts », avant de grimper sur le podium et de s'extasier sur l'exceptionnelle saison accomplie par Mercedes: « L'équipe n'avait probablement jamais autant progressé que cette année et j'espère que cela nous permettra d'être bien placés pour un nouveau défi l'an prochain. J'ai eu de bonnes courses face à Valtteri, Max et Charles, et je m'attends à ce que la compétition soit encore plus intense en 2020. Je me sens bien, je suis prêt à continuer et j'attends un nouveau défi l'année prochaine. » Son objectif sera bien sûr de coiffer une septième couronne mondiale et de rejoindre ainsi Michael Schumacher au palmarès.

 

Max Verstappen achève la meilleure saison de sa jeune carrière. Il termine pour la première fois sur le podium du championnat du monde, avec trois victoires et deux poles positions. Il assure qu'il ne pouvait pas se mesurer à Hamilton à Abou Dhabi, mais la Red Bull-Honda valait bien les Ferrari, et les a d'ailleurs devancées grâce à une meilleure stratégie à un seul arrêt. Verstappen revient lui aussi sur les bons moments de cette année 2019 tout en dévoilant ses ambitions pour 2020: « Avec le recul, le moment fort de la saison a été le GP d'Autriche. C'était émouvant de décrocher la première victoire de Honda dans l'ère des V6. Pour l'équipe, c'était fantastique de gagner à domicile, et pour moi devant tant de supporters néerlandais. Nous avons eu une bonne saison et l'équipe n'a jamais cessé d'attaquer. Honda a également fait de gros progrès donc nous pouvons être satisfaits. Nous pouvons progresser l'année prochaine et jouer le titre. » Helmut Marko est moins prudent dans ses pronostics: « 2020 devrait être l'année Red Bull », assure le redoutable Autrichien.

 

C'est sans regret que Renault tire un trait sur cette très décevante saison: quatrième en 2018, l'équipe du Losange recule d'un rang en 2019, passe derrière ses clients de McLaren, et ne sauve qu'in extremis sa cinquième place devant Toro Rosso-Honda. Comme pour résumer cette saison ratée, Daniel Ricciardo et Nico Hülkenberg, partis dans le « top 10 » à Abou Dhabi, finissent hors des points malgré deux stratégies différentes. Cyril Abiteboul préfère regarder le verre à moitié plein. «  Notre but était de finir quatrièmes du championnat des constructeurs, donc il n'est pas atteint, mais notre cinquième place est méritée. Contrairement à Toro Rosso, nous n'avons pas bénéficié de circonstances favorables, comme en Allemagne ou au Brésil, pour obtenir des podiums », déclare le directeur de Renault Sport avec un brin de mauvaise foi. Il espère toutefois que l'usine d'Enstone produira enfin un bon châssis en 2020 afin de recoller aux trois meilleures équipes, bien que cet objectif ne sera certainement atteignable qu'en 2021. « Nous subissons la pression certes, mais notre programme est fondé sur le long terme », assène Abiteboul. La nouvelle direction de l'Alliance est-elle du même avis ?

 

C'est avec un certain soulagement que le paddock clôt 2019. La saison fut longue, éprouvante, marquée par les disparations brutales de personnalités très appréciées (Charlie Whiting, Niki Lauda, Anthoine Hubert), et globalement assez ennuyeuse, même si les derniers mois ont offert des courses animées. Bien que la Mercedes ne fût pas aussi dominatrice que les statistiques le laissent penser, il fut très vite évident que Lewis Hamilton et le constructeur allemand seraient une fois plus couronnés. Néanmoins, les Mercedes, Ferrari et Red Bull-Honda ont achevé le championnat dans un mouchoir, ce qui laisse augurer une saison 2020 disputée, avant le grand chambardement réglementaire de 2021. Pour l'heure, avant de prendre un repos bien mérité, pilotes et écuries roulent encore à Abou Dhabi les 3 et 4 décembre afin d'éprouver la nouvelle gamme de pneus proposée par Pirelli qui – peut-on le croire ? - ne donne guère satisfaction...

Tony