David COULTHARD
 D.COULTHARD
McLaren Mercedes
Michael SCHUMACHER
 M.SCHUMACHER
Ferrari
Rubens BARRICHELLO
 R.BARRICHELLO
Stewart Ford Cosworth

633o Gran Premio

XIX Gran Premio di San Marino
Soleado
Imola
domingo, 2 de mayo de 1999
62 vueltas x 4.930 km - 305.660 km
Affiche
F1
Coupe

¿Lo sabían?

Piloto
Constructore
Motor
18e tour, Mika Hakkinen tape le mur dans le dernier virage alors qu'il menait la course.

BAR: M. Salo supplée R. Zonta

Ricardo Zonta, blessé aux tendons dans un violent accident à São Paulo, suit une convalescence d'environ deux mois et ne pourra pas reprendre le volant avant au moins le GP du Canada. Plusieurs noms ont circulé pour le remplacer: Jos Verstappen, recruté pour développer la nouvelle Honda F1, le Danois Tom Kristensen, qui pilote pour Honda en GT allemand, l'Écossais Dario Franchitti, un des piliers de l'IndyCar, ou encore l'essayeur français Patrick Lemarié, mais celui-ci ne dispose pas de super-licence. En vérité, dès le Brésil, Craig Pollock a jeté son dévolu sur Mika Salo. Écarté comme un malpropre par Arrows huit jours avant le coup d'envoi de la saison, l'expérimenté Finlandais (32 ans) reste une valeur sûre du peloton, bien qu'il n'ait jamais disposé un bon matériel. Il est du reste un ami intime de Jacques Villeneuve, ravi de l'accueillir au sein de « son » écurie British American Racing. D'autre part, malgré cet intérim, Salo demeure en relation avec Honda qui compte lui confier quelques semaines plus tard sa monoplace-laboratoire, la RA099. Mais ce projet paraît en suspens après la mort subite de Harvey Postlethwaite, le 15 avril.

 

Remis de sa fracture de la main droite, contractée en essais privés au Mugello, Luca Badoer retrouve pour sa part le volant de sa Minardi-Ford. Stéphane Sarrazin, qui a assuré l'intérim avec brio au Brésil, a le cœur gros car il aurait aimé disputer un second Grand Prix. Le Gardois se déplace bien à Imola, mais pour participer au coup d'envoi du championnat international de F3000 avec l'écurie Gauloises, la succursale de Prost GP à l'échelon inférieur.

 

Présentation de l'épreuve

Avec le début de la saison européenne, les écuries retrouvent leurs gigantesques motor-homes, aux lignes toujours plus futuristes. Celui de Benetton est sans conteste le plus extravagant de la cuvée 1999. Il s'agit d'une sorte de palais roulant, composé de deux remorques accouplées par un vélum, tapies derrière une devanture à l'américaine. Ce hall d'accueil aux allures de boîte de nuit aurait coûté 15 millions de dollars... « Chez Benetton, nous précédons les modes ! En voici un exemple de plus ! » claironne le jeune Rocco Benetton. Les deux pilotes, Alexander Wurz et Giancarlo Fisichella déambulent pour leur part dans le paddock en... rollers. Taïg Khris, le champion mondial de la spécialité, les suit de près, à bon escient car « Fisico » manque à plusieurs reprises de se casser la figure. Encore une opération de marketing signée Benetton... Une fois achevées ces pitreries, Fisichella annonce à la presse une bonne nouvelle: sa compagne Luna a donné naissance à leur première fille, Carlotta.

 

Mika Häkkinen arrive en Émilie de méchante humeur. Parti de Monaco, il doit ronger son frein plusieurs heures à l'aéroport de Nice-Côte d'Azur. Le plan de vol Nice – Forli de son Canadair Challenger est retardé en raison de la saturation des couloirs aériens, conséquence de la guerre du Kosovo et des bombardements aériens perpétrés par l'OTAN sur la Serbie. Loin de cette actualité dramatique, le champion en titre se concentre sur un Grand Prix qu'il perçoit « comme une loterie à trois pilotes ». Si l'on comprend qu'il parle de Michael Schumacher et de lui-même, l'identité du « troisième homme » fait débat. S'agit-il de David Coulthard ou d'Eddie Irvine, le leader du championnat du monde ? Ce dernier a tout cas définitivement débranché sa liaison avec « Radio Todt ». Il ne veut plus être le porteur d'eau de Michael Schumacher et le confirme à qui veut l'entendre. « Mon statut chez Ferrari ne m'interdit pas d'avoir ma propre opinion ! » clame-t-il. Il faut croire que si. Vendredi matin, lors du briefing des pilotes, alors qu'Irvine émet une réflexion sur une question de sécurité, Michael Schumacher le rabroue en des termes dépourvus de toute courtoisie. Irvine encaisse, mais ne plie pas. Pour ceux qui ont assisté à cette scène pénible, il est évident que Ferrari cherche déjà un nouveau lieutenant à Schumacher pour 2000.

 

Flavio Briatore est à Imola pour assurer le service après-vente du V10 Supertec, objet de multiples critiques de la part de Williams et de Benetton. L'Italien fait bonne figure en dépit de la désertion de BAR qui a déjà signé avec Honda pour l'an 2000. Pour donner le change, il annonce que Supertec (c'est-à-dire en fait Renault et Mecachrome) planche sur un tout nouveau V10 miniaturisé. « Il battra tous les records: il teindra dans un sac à main de femme ! » plaisante Briatore. Cela n'amuse guère Christian Contzen, le directeur général de Renault Sport, en visite en Italie. Interrogé au sujet de ce nouveau V10, il ne se montre guère bavard. Bruno Michel, directeur de Supertec, révèle quant à lui à Auto Hebdo que tout dépendra en réalité de la décision de Renault quant à un retour officiel en F1...

 

Au même instant, Martin Whitaker confirme à Giancarlo Minardi et Gabriele Rumi que Ford Motorsport se concentrera exclusivement sur l'écurie Stewart en l'an 2000 et abandonnera donc les V10 Ford-Cosworth « Compétition Clients ». En d'autres termes, Minardi devra se chercher un autre motoriste pour l'année prochaine. La petite équipe italienne est néanmoins d'ores et déjà en contact avec Flavio Briatore en vue d'un contrat avec Supertec. Par ailleurs, cette annonce met fin à certaines spéculations autour d'un remariage entre Benetton et Ford. Désormais, le constructeur américain prépare une prise en main totale de Stewart GP, destinée à devenir sa véritable équipe d'usine en l'an 2000, peut-être sous l'enseigne de Jaguar, marque que Ford souhaite relancer en compétition automobile. Toujours sur le front des motoristes, le V10 BMW a enfin vrombi. Début avril, Jörg Müller, le pilote d'essais de Williams, a étrenné ce dernier bijou sur la piste provençale de Miramas. Un premier examen réussi puisque Müller a pu couvrir sans problème 485 kilomètres au volant d'une Williams-BMW FW21 immaculée. Ralf Schumacher devrait bientôt éprouver à son tour ce nouveau moteur.

 

L'écurie Sauber célèbre ici son centième Grand Prix depuis ses débuts en Formule 1 en 1993. Pour l'occasion, Peter Sauber réunit ses pilotes d'aujourd'hui (Jean Alesi et Pedro Diniz) et d'hier (Johnny Herbert, Heinz-Harald Frentzen, Karl Wendlinger) pour une petite fête. Le constructeur helvétique a toujours travaillé avec de grands constructeurs (Mercedes, Ford, Ferrari) tout en conservant une stricte indépendance, mais court toujours après sa première victoire en Formule 1. Ce ne sera hélas sans doute pas pour 1999, tant la nouvelle C18 paraît fragile...

 

En marge de ce Grand Prix de Saint-Marin, Bernie Ecclestone, Jean Todt, Piero Ferrari et le maire d'Imola inaugurent officiellement une œuvre d'art dédiée au Commendatore, placée à l'entrée de l'autodrome Enzo e Dino Ferrari. Réalisée par le célèbre artiste français Arman, il s'agit d'une « sculpture cabrée », un empilage de mini-voitures rouges se dressant vers le ciel. Les goûts et les couleurs...

 

La guerre du Kosovo inspire aux sportifs quelques actions humanitaires. Ainsi, mercredi 28 avril, un match de football caritatif oppose des personnalités des sports mécaniques à des parlementaires italiens. Dans la première équipe, on retrouve Michael Schumacher, Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Max Biaggi, Riccardo Patrese, Ivan Capelli, ainsi que l'ex-footballeur international Daniele Massaro. Les sportifs battent les politiciens par trois buts à zéro, avec une réalisation signée Trulli.

 

Pour Imola, Ferrari a beaucoup planché sur la F399 qui bénéficie d'un aileron avant complétement inédit: tous les éléments sont nouveaux, sauf le profil principal, toujours pointu. Le V10 a aussi été vitaminé en vue des qualifications. Williams utilise deux types de freins: Hitco pour Zanardi et Carbone Industrie pour R. Schumacher. McLaren éprouve deux espèces d'écopes de frein avant sur sa MP4/14, dont l'une, grande et ovale, sera finalement retenue. Les Gris réfléchissent en outre autour d'un système de soufflage haut, type Ferrari, qui apparaîtra plus tard dans la saison. Les Jordan-Mugen-Honda arborent une carrosserie dont les longues dérives latérales arrière jouxtent l'aileron. Stewart a beaucoup travaillé sur les freins de la SF-03, ainsi que sur l'aileron arrière, muni d'un troisième profil. Côté freins, Herbert utilise un étrier Brembo, à six pistons, couplé à un disque Carbone Industrie, une solution qu'il avait expérimenté en 1998 chez Sauber. Ford continue de travailler sur son V10 ultra-compact, toujours dérobé aux regards indiscrets. Benetton a éprouvé à Jerez une boîte vitesses à double embrayage, vite mise de côté car elle alourdit une B199 déjà trop pataude. Seul Fisichella utilise le FTT ce week-end. Prost teste des échappements soufflant vers le haut, comme Ferrari, avec deux tubulures extra-plates débouchant sur les côtés pour moins surchauffer le moteur. Badoer étrenne une Minardi rallongée de six centimètres pour permettre l'installation de nouveaux triangles de suspension. Les déflecteurs sont aussi modifiés en conséquence. Arrows présente des écopes de frein inédites. Enfin, chez BAR, Salo grimpe dans un châssis tout neuf qui remplace celui détruit par Zonta au Brésil.

 

Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent par un temps chaud quoique brumeux. Comme d'habitude les McLaren-Mercedes monopolisent les premiers rangs, et Häkkinen se montre plus véloce que Coulthard. M. Schumacher est un temps arrêté par une rupture de jante. Le lendemain matin, l'atmosphère est un peu plus fraîche et les écarts se resserrent. Coulthard est cette fois plus rapide que Häkkinen et M. Schumacher qui se tiennent en trois dixièmes.

 

Ces trois pilotes combattent pour la pole position lors de la séance qualificative. Häkkinen décroche sa troisième position de pointe consécutive (1'26''362'''), mais son équipier Coulthard ne s'incline que pour 22 millièmes. Les McLaren-Mercedes sont en première ligne, cependant M. Schumacher (3e) ne leur rend cette fois que 2/10e. L'Allemand aurait même pu signer la pole sans quelques petites fautes. Irvine se classe quatrième, à 4/10e de son équipier. Villeneuve exploite enfin le potentiel de la BAR-Supertec, entrevu cet hiver, et décroche une superbe cinquième place. Son nouvel équipier Salo (19e) est en revanche coupé dans son élan par une panne hydraulique, l'un des points faibles de la 001. Les Stewart-Ford sont toujours aussi performantes. Barrichello (6e) regrette toutefois d'être tombé sur un attardé et Herbert (12e) n'est pas aussi rapide en qualifications qu'aux essais. Comme au Brésil, les Jordan-Mugen-Honda sont en quatrième ligne. Frentzen (7e) casse un poussoir de suspension au moment de chausser des pneus neufs et Hill (8e) rate un freinage dans son ultime tentative. Les Williams-Supertec sont instables à Imola. R. Schumacher (9e) déplore du survirage et Zanardi (10e), qui a pris sa roue, rencontre-lui du sous-virage... Les Prost-Peugeot sont toujours aussi fragiles. Panis (11e) subit deux chutes de pression d'huile, y compris en qualifications, ce qui le contraint à rouler avec le mulet. Trulli (14e) doit quant à lui remplacer son boîtier électronique. Les Sauber-Petronas (Alesi 13e, Diniz 15e) changent de comportement d'un train de pneus à un autre... Benetton connaît son pire week-end depuis deux ans: ni Fisichella (16e) ni Wurz (17e) ne parviennent à atténuer une instabilité chronique. Chez Arrows, de la Rosa (18e) fait de son mieux alors que Takagi (20e) se rabat sur le mulet après une sortie vendredi. Enfin, du côté de Minardi, Gené (21e) a la satisfaction de devancer Badoer (22e) mais tous deux ont subi des problèmes de transmission.

 

Le Grand Prix

Le mercure remonte pour la journée de dimanche. Coulthard réalise le meilleur chrono du warm-up devant Irvine. Herbert casse son moteur, ce qui contraint les mécaniciens de Stewart à d'intenses réparations pendant la pause du déjeuner.

 

Imola baigne dans une douce chaleur printanière en ce 2 mai 1999. On relève 30°C sur la piste. Les tifosi, très enthousiastes, sont présents en masse et guettent une victoire de Ferrari, attendue ici depuis 1983. Les stratégies sont variées. Chez McLaren, Häkkinen table sur deux arrêts contre un seul pour Coulthard. Du côté de Ferrari, la souplesse est de mise: Schumacher prévoit a priori un seul pit-stop, mais Ross Brawn le laisse libre de basculer sur deux passages aux stands en cas de besoin.

 

Départ: Häkkinen conserve l'ascendant devant Coulthard, M. Schumacher et Irvine. Villeneuve demeure scotché à son emplacement, mais par bonheur, chacun peut le contourner.

 

1er tour: De la Rosa touche Trulli à la sortie de l'enchaînement de Tamburello. L'Italien est expédié en tête-à-queue dans la pelouse et ne repartira pas. Villeneuve doit renoncer suite à la défaillance de son électronique de boîte. Häkkinen mène devant Coulthard, M. Schumacher, Irvine, Barrichello, Frentzen, R. Schumacher, Hill, Alesi et Herbert.

 

2e: Léger en essence, Häkkinen s'échappe à vitesse grand V et compte déjà deux secondes d'avance sur Coulthard, quatre secondes et demie sur M. Schumacher.

 

3e: Häkkinen tourne une seconde au tour plus vite que ses poursuivants. Barrichello tient encore la cadence d'Irvine.

 

5e: Häkkinen précède Coulthard (4.2s.), M. Schumacher (7.3s.), Irvine (11.8s.), Barrichello (13.8s.), Frentzen (16s.), R. Schumacher (17s.), Hill (17.5s.), Alesi (18.2s.), Herbert (20.5s.), Zanardi (21.5s.) et Diniz (23s.).

 

6e: En bagarre pour la 17ème place, Wurz et de la Rosa entrent en contact à Tosa. Tous deux partent en toupie: l'Autrichien tape le mur et perd une roue, tandis que l'Espagnol, après plusieurs tentatives de redémarrage, finit par caler son moteur. Les drapeaux jaunes sont agités dans ce secteur.

 

7e: Une grue entre sur le circuit pour ôter la Benetton de Wurz alors que les commissaires poussent l'Arrows de de la Rosa vers une échappatoire.

 

8e: Häkkinen imprime un rythme d'enfer et compte six secondes et demie de marge sur Coulthard. M. Schumacher est relégué à dix secondes. Dans le peloton, R. Schumacher, Hill et Alesi bataillent pour la septième place.

 

10e: Häkkinen mène devant Coulthard (8.5s.), M. Schumacher (12.6s.), Irvine (18.5s.), Barrichello (22s.), Frentzen (25s.), R. Schumacher (28s.), Hill (29s.), Alesi (30s.) et Herbert (32s.).

 

11e: Häkkinen tourne en 1'29'' contre 1'30'' pour Coulthard et Schumacher. Aux trousses de Fisichella, Panis exécute un tête-à-queue dans la dernière chicane. Le Français se relance après avoir perdu deux positions.

 

12e: Coulthard tourne désormais dans les mêmes temps que Häkkinen. En revanche, Schumacher concède quinze secondes au leader.

 

13e: Coulthard bloque ses freins à Rivazza et met deux roues dans l'herbe. Il perd trois secondes dans cette mésaventure.

 

15e: Häkkinen réalise son meilleur chrono (1'29''145'''). Alesi effectue le premier des trois pit-stops prévus par Sauber.

 

16e: Häkkinen est premier devant Coulthard (13s.), M. Schumacher (15.5s.), Irvine (23s.), Barrichello (26s.) et Frentzen (30s.).

 

17e: En début de tour, Häkkinen est bloqué sur quelques virages par Gené. Lorsque celui-ci s'efface, le leader lui adresse un poing furieux.

 

18e: Häkkinen achève ce tour lorsqu'il sort large de la dernière chicane. Quand il réaccélère, sa roue arrière-gauche mord sur l'herbe et le fond plat talonne sur la bordure. La McLaren se met brusquement à l'équerre et se fracasse contre le muret extérieur. Elle parcourt encore quelques dizaines de mètres avant de s'immobiliser, privée de sa roue avant-gauche. Les tifosi explosent de joie... bien que Schumacher soit seulement deuxième, Coulthard étant le nouveau leader.

 

19e: Häkkinen s'extrait lentement de sa monoplace, fort dépité . Coulthard compte trois secondes d'avance sur Schumacher. Takagi reste immobilisé plus de trente secondes chez Arrows pour faire vérifier sa suspension après un passage hors-piste.

 

20e: M. Schumacher perd plusieurs dixièmes derrière Takagi qui vient de ressortir des stands.

 

21e: Coulthard devance M. Schumacher (4s.), Irvine (19s.), Barrichello (24s.), Frentzen (31s.), R. Schumacher (34s.), Hill (36s.), Herbert (41s.) et Zanardi (43s.). Premier arrêt de Badoer.

 

23e: Schumacher se rapproche quelque peu de Coulthard: trois secondes et demie les séparent encore. Gené ravitaille.

 

24e: Barrichello fait halte chez Stewart pour ravitailler (8.1s.). Salo passe aussi aux stands tandis que Takagi opère un second pit-stop.

 

25e: Coulthard devance toujours Schumacher de trois secondes et demie. Alesi pourchasse Fisichella pour la 11ème place. Diniz effectue son premier pit-stop. Au tour suivant, Panis passera par le stand Prost.

 

27e: Frentzen apparaît chez Jordan pour un ravitaillement et redémarre entre Herbert et Zanardi. Alesi déborde Fisichella à Tosa.

 

28e: M. Schumacher est revenu à trois secondes de Coulthard. R. Schumacher fait halte chez Williams (8.8s.).

 

29e: M. Schumacher attaque alors que se profile son pit-stop. Il reprend ½ seconde à Coulthard. Irvine stoppe chez Ferrari pour ravitailler (8.3s.) et conserve sa troisième place. Hill et Zanardi effectuent leur premier arrêt-ravitaillement. R. Schumacher se gare dans la pelouse avec un moteur fumant.

 

30e: Coulthard est quelque peu été gêné par Diniz et ne possède plus qu'une seconde d'avance sur M. Schumacher. Alesi effectue déjà un second pit-stop.

 

31e: M. Schumacher déboule aux stands pour son premier pit-stop. Il remet peu d'essence et redémarre au bout de seulement sept secondes. Herbert prend des pneus neufs et du carburant pour aller au bout (13s.). Takagi reçoit un « stop-and-go » de dix secondes, qu'il n'effectuera pas puisqu'il se plante dans les graviers à Rivazza après un bris de suspension.

 

32e: McLaren ne couvre pas la stratégie de Ferrari. Coulthard reste en piste mais rencontre des attardés peu coopératifs, notamment Badoer. Une grue intervient pour ôter l'Arrows de Takagi.

 

33e: Coulthard est premier devant M. Schumacher (19s.), Irvine (44s.), Barrichello (1m.), Frentzen (1m. 06s.), Hill (1m. 15s.), Fisichella (1m. 20s.), Herbert (-1t.), Zanardi (-1t.) et Alesi (-1t.). Salo repart après une pirouette à Tosa.

 

34e: Léger en essence, Schumacher affole le chrono et tourne une seconde au tour plus vite que Coulthard. Alesi menace Zanardi pour la neuvième place.

 

35e: Coulthard apparaît chez McLaren pour son seul pit-stop (9.2s.). M. Schumacher s'empare du commandement sous les vivats des tifosi. Il devra cependant s'arrêter une seconde fois. Fisichella effectue ce qui doit être son unique ravitaillement (11.4s.).

 

36e: Grosse frayeur pour Schumacher qui voit Diniz partir en travers sous son museau à la sortie du virage Villeneuve. Le Brésilien évite de justesse l'embardée avant de laisser passer le leader. En proie à des soucis électroniques, il rejoint ensuite son garage.

 

37e: Schumacher tourne une demi-seconde au tour plus vite que Coulthard. Il doit se forger une avance d'environ vingt secondes pour conserver le leadership après son second arrêt.

 

38e: M. Schumacher devance Coulthard (7.5s.), Irvine (38s.), Barrichello (55s.), Frentzen (1m. 02s.), Hill (1m. 10s.), Herbert (1m. 20s.), Zanardi (1m. 23s.), Alesi (-1t.) et Fisichella (-1t.). Diniz a repris la piste après avoir remplacé son volant.

 

39e: Coulthard rate son freinage à Rivazza et met les quatre roues dans la terre avant de revenir en piste. L'attardé Panis le repasse à cette occasion et va ensuite le bouchonner.

 

40e: Coulthard perd du temps derrière Fisichella et Panis qui eux-mêmes n'évoluent pas dans le même tour. L'Ecossais rend maintenant seize secondes à Schumacher.

 

41e: Coulthard se défait de Panis dans la montée qui suit Tosa. Un peu plus loin, le Français attaque Fisichella par l'intérieur à la petite chicane, mais il freine trop tard et arrache son museau contre le flanc de la Benetton.

 

42e: Schumacher réalise le meilleur chrono (1'28''552''') et possède vingt secondes de marge sur Coulthard. Irvine roule à quarante secondes du leader. Panis stoppe chez Prost pour ravitailler et remplacer son aileron avant. Il repart au bout de trente secondes.

 

43e: Barrichello effectue son ravitaillement et redémarre derrière les Jordan. Herbert, Zanardi et Alesi bataillent pour la septième place et évoluent devant Coulthard, décidément bien malchanceux avec le trafic. Diniz effectue un nouveau pit-stop. Gené puis Badoer passent chez Minardi pour leur second arrêt.

 

45e: M. Schumacher s'empare du meilleur chrono définitif (1'28''547''')... tout en pénétrant dans la pit-lane ! L'Allemand se plie à son deuxième pit-stop (7s.).

 

46e: Schumacher sort des stands devant le trio Herbert – Zanardi – Alesi qui fera tampon avec Coulthard. Sans ces attardés, l'Écossais aurait sans doute récupéré la première place... En fin de tour, Alesi opère son troisième arrêt et repart derrière Fisichella. Salo ravitaille pour la deuxième fois et repart bien que son moteur donne des signes de faiblesse.

 

47e: Schumacher compte cinq secondes d'avance sur Coulthard. Le moteur d'Irvine part en fumée: l'Irlandais se gare dans le bac à graviers à Acque Minerale, mais a aussi répandu beaucoup d'huile sur le bitume. Frentzen glisse sur ce lubrifiant, pirouette, et se retrouve à cheval sur une bordure. L'Allemand renonce à son tour. Deuxième arrêt-ravitaillement pour Zanardi.

 

48e: M. Schumacher mène devant Coulthard (6s.), Hill (1m. 02s.), Barrichello (1m. 14s.), Herbert (-1t.), Fisichella (-1t.), Zanardi (-1t.), Alesi (-1t.), Salo (-2t.) et Panis (-2t.).

 

50e: Hill effectue son deuxième pit-stop (6.6s.) et offre ainsi la troisième place à Barrichello. Panis se gare dans le sable après Tamburello suite à la rupture d'une biellette de commande d'accélérateur.

 

52e: Coulthard réalise son propre meilleur chrono (1'29''199''') et revient à moins de six secondes de Schumacher. Cinq secondes séparent Barrichello et Hill.

 

53e: Diniz dérape sur l'huile répandue par Irvine en sortant de la courbe Villeneuve. Le Brésilien traverse le bac à graviers et finit sa route dans les barrières de pneus.

 

54e: Schumacher précède Coulthard (5s.), Barrichello (1m. 21s.), Hill (1m. 24s.), Herbert (-1t.), Fisichella (-1t.), Zanardi (-1t.), Alesi (-1t.), Salo (-2t.), Badoer (-2t.) et Gené (-3t.).

 

56e: Schumacher rattrape Hill, lui-même aux trousses de Barrichello en vue de la troisième place.

 

57e: Hill s'écarte sportivement devant Schumacher. Coulthard est revenu à cinq secondes du pilote allemand. Fisichella, sixième, surveille le retour de Zanardi et Alesi.

 

59e: Schumacher déborde Barrichello sur la ligne de chronométrage. Coulthard n'a pour sa part toujours pas doublé Hill qui s'accroche à Barrichello

 

60e: Schumacher compte quatre secondes d'avance sur Coulthard. Barrichello et Hill sont intercalés entre les deux leaders. Le moteur Ford de Herbert explose dans le premier secteur. L'Anglais se range dans l'herbe après le virage Villeneuve, mais il a inondé l'asphalte d'huile. Zanardi, qui survient sur ces entrefaites, glisse, part en tête-à-queue et échoue dans les graviers.

 

61e: Hill évolue dans les roues de Barrichello. Coulthard klaxonne derrière ceux-ci et concède trois secondes et demie à Schumacher.

 

62e: Salo jette l'éponge à quelques encablures de l'arrivée, définitivement trahi par son moteur Supertec.

 

63e et dernier tour: Michael Schumacher donne à Ferrari sa première victoire à Imola depuis 1983. Coulthard termine deuxième. Barrichello, troisième, grimpe sur son premier podium depuis deux ans. Hill finit quatrième et ouvre son compteur de points. Fisichella termine cinquième à domicile. Alesi recueille le point de la sixième place pour le 100ème Grand Prix de Sauber. Seuls les Minardi de Badoer et de Gené coupent aussi la ligne d'arrivée.

 

Après la course: Ferrari triomphe à Imola, seize ans après

Michael Schumacher accomplit son tour d'honneur à faible allure afin de savourer sa communion avec la foule italienne en délire. La cérémonie du podium est l'avenant. Après deux victoires à Monza sur Ferrari (1996, 1998), ce triomphe à Imola consacre « Schumi » héros national en Italie. Pas un mince exploit pour un « Tedesco » ! « Michael est à la limite de la béatification par les médias transalpins », plaisante Heiner Buchinger, son attaché de presse. Peu après l'arrivée, le président de Ferrari Luca di Montezemolo, qui a suivi la course depuis Bologne, débarque dans le paddock grâce à un hélicoptère qu'il avait spécialement affrété en cas de victoire.

 

Ce succès est historique, puisqu'il est le premier d'un pilote Ferrari à Imola depuis seize ans. Chacun se souvient du triomphe de Patrick Tambay au volant de la machine flanquée du n°27 de son défunt ami Gilles Villeneuve. En 1999, l'heure est davantage à la satisfaction qu'à l'émotion. Les Ferrari F399 évoluées se sont nettement rapprochées des McLaren en performance pure. En course, cependant, Schumacher n'aurait pas pu devancer Coulthard à la régulière sans une nouvelle bonne intuition stratégique de Ross Brawn. « Nous avions planifié une stratégie qui nous permettait de tabler sur un ou deux arrêts et nous avons appliqué celle qui collait le mieux aux circonstances », explique le vainqueur. Avec un seul arrêt, il était clair que j'aurais fini second. Le choix de deux ravitaillements était un peu risqué, mais il était nécessaire pour doubler Coulthard. Ross Brawn a été fantastique. On en a parlé par radio, j'ai hésité, puis je lui ai laissé prendre la décision finale, car il avait une meilleure vision globale que moi (...). J'étais certain de rester premier après mon deuxième pit-stop. Si j'ai volontairement préservé ma machine en début de course, les tours que j'ai bouclés entre mes deux arrêts étaient dignes d'une séance de qualification. Je n'avais pas d'autre choix. » Schumacher attend cependant encore mieux de la Scuderia: « Ici, ma voiture était parfaite. Je crois que nous avons comblé une bonne partie de notre retard sur McLaren aux essais comme en course. Mais nous ne sommes pas encore les plus rapides, ce qui reste notre principal objectif. »

 

M. Schumacher (16 points) et Irvine (12 pts) occupent dorénavant les premiers rangs du championnat des pilotes et Ferrari creuse l'écart sur McLaren-Mercedes au tableau des constructeurs (28 pts contre 16). « Pour moi, cela signifie simplement qu'il reste treize Grands Prix à disputer », notifie Jean Todt, toujours aussi prudent. La casse moteur qui a frappé Irvine ne le rassure guère... Enfin, il faut souligner que Michael Schumacher a remporté son premier Grand Prix avec Bridgestone. Le manufacturier nippon travaille désormais main dans la main avec Ferrari, comme avec McLaren, et les différents composés sont concoctés en fonction des désirs de Schumacher et de Häkkinen, et ce afin d'assurer la plus grande équité en vue de leur futur duel pour le titre mondial.

 

McLaren encaisse en Italie une rude défaite. Les Flèches d'Argent semblaient partie pour signer un facile doublé et ne récoltent au final que six points. David Coulthard fait notamment l'objet de vives critiques après cette course. Quoique lésé vis-à-vis de Schumacher par sa stratégie à un seul arrêt, le Britannique ne s'est pas montré suffisamment incisif selon la presse, notamment dans les dépassements d'attardés. « J'avais la performance pour vaincre aujourd'hui, estime-t-il, mais les pilotes que je doublais ne m'ont pas vraiment aidé... Le temps que je perdais dans le trafic a fait de moi un deuxième. » Ron Dennis se fend de propos peu amènes à l'égard de ses collègues managers qui selon lui auraient dû demander à leurs pilotes de s'écarter immédiatement devant Coulthard. Mais Norbert Haug, plus réaliste, constate que Coulthard n'a pas su être suffisamment téméraire pour se défaire de ces importuns.

 

Si Coulthard est éreinté, que dire de Mika Häkkinen ? Lorsque la McLaren n°1 a décroché sur la bordure du dernier tournant pour se fracasser dans le mur, chacun a cru que le Finlandais avait été victime d'un bris de suspension quelconque. Mais point du tout. Le champion du monde du titre s'est tout simplement crashé tout seul, comme un grand, en escaladant trop fortement le trottoir, et le reconnaît lui-même: « J'ai commis une erreur de pilotage, tout simplement... Je suis sorti comme un gamin ! » Cette franchise l'honore, mais l'image du champion en titre en prend un coup. Häkkinen a laissé filer dix points qui pourraient bien lui manquer en fin de saison face à Schumacher.

 

Enfin, la troisième place de Rubens Barrichello ne couronne pas seulement les efforts de l'écurie Stewart-Ford qui a enfin conçu cette saison une monoplace digne de ce nom. Sur le podium, le petit Brésilien a le regard humide. Cinq ans plus tôt, presque jour pour jour, ici à Imola, son ami et mentor Ayrton Senna disparaissait tragiquement, deux jours après que lui-même avait failli perdre la vie dans une impressionnante cabriole. Barrichello dédie sa performance à Senna et se confie à cœur ouvert en conférence de presse: « Il y a cinq ans de cela, j'ai laissé une partie de moi sur ce circuit. C'est ici que ma vie a été bouleversée. Après les périodes de doute que j'ai traversées, après les problèmes rencontrés avec mes différentes voitures, je crois que ce podium clôt symboliquement un cycle sombre de ma carrière. Aujourd'hui commence un nouveau volet. » Lequel devra déboucher sur cette première victoire en F1 après laquelle il court depuis plus de six ans.

Tony