A l'instar de nombreux de ses compatriotes, Tora Takagi est arrivé en Formule 1 et en est reparti sans avoir obtenu les résultats escomptés. Il faut dire que le matériel y est pour quelque chose.
Toranosuke commença sa carrière au milieu des années 80 dans les courses de karting, participant au championnat All Japan National Kart A2 à partir de 1987, au sein de l'équipe Yamaha. Il lui fallut attendre sa troisième saison, en 1989, pour devenir champion, un titre qu'il conserva d'ailleurs l'année suivante en réalisant le grand chelem, puisqu'il remporta toutes les courses. Après avoir terminé deuxième en 1991, il décide de passer à la monoplace.
En 1992, il participe à la Formule Toyota et remporte deux courses. En 1993, il est engagé par l'équipe TOM's pour succéder à Jacques Villeneuve dans le championnat de Formule 3 japonaise. Il y passe deux ans sans remporter la moindre victoire. Son style de pilotage est toutefois remarqué par le pilote Satoru Nakajima, qui le recrute pour son équipe de Formule 3000 japonaise afin de disputer le championnat de Formula Nippon en 1995.
Il s'impose à trois reprises sur les circuits de Sugo, de Tokachi et du mont Fuji, et termine vice-champion derrière Toshio Suzuki. L'année suivante, il remporte deux autres épreuves à Suzuka et à Sugo, puis décroche un poste de pilote-essayeur au sein de l'équipe Tyrrell. Il effectue plus de 2 000 km de tests afin de s'habituer aux circuits non nippons, tout en continuant sa carrière en Formule Nippon. Il s'impose à nouveau à Suzuka.
En F1 avec Tyrrell
En 1998, il fait ses débuts en tant que pilote titulaire en Formule 1 au sein de l'écurie Tyrrell. A cette époque, l'écurie britannique est toutefois en déclin et vient d'être rachetée par British American Racing. Au volant de la 026 motorisée par un moteur V10 Ford Cosworth, le pilote japonais parvient à se qualifier à une belle treizième place lors de la première épreuve en Australie, mais doit abandonner dès le deuxième tour à la suite d'un accrochage. Il obtient son premier classement deux manches plus tard, en Argentine, avec une douzième place. Tout au long de la saison, il devance régulièrement son coéquipier, Ricardo Rosset, lors des séances de qualification. Au printemps, il décroche la onzième place dans les rues de Monaco. Ses meilleurs résultats de l'année surviennent au début de l'été, puis au début de l'automne : il termine neuvième du Grand Prix de Grande-Bretagne, puis réédite cette performance en Italie. Malgré de nombreux abandons dus à la fragilité de sa voiture, il se classe également treizième en Allemagne, quatorzième en Hongrie et seizième au Luxembourg. Il achève sa première saison sans avoir marqué le moindre point.
Arrows.
En 1999, grâce à son sponsor PIAA, Tora rejoint Arrows, en grande difficulté financière. Son coéquipier est Pedro de la Rosa, et les deux pilotes doivent se contenter de l'A20, une simple évolution de l'A19, motorisée par un moteur V10 Hart rebadgé Arrows. Lors de la première épreuve de la saison, en Australie, il réalise la meilleure performance de sa carrière en F1 en franchissant la ligne d'arrivée à la septième place. Il confirme ce bon résultat deux semaines plus tard au Brésil en se classant huitième. Après deux abandons, il décroche la douzième place en Espagne. La suite du championnat s'avère nettement plus difficile en raison de la précarité technique de la voiture. Lors du Grand Prix de France à Magny-Cours, il est disqualifié pour avoir utilisé des pneumatiques destinés à son coéquipier. Après une seizième place au Grand Prix de Grande-Bretagne, il enchaîne une série d'abandons consécutifs à des défaillances mécaniques jusqu'à la fin de la saison. Il conclut cette deuxième saison sans avoir marqué le moindre point.
L'après-F1
Déçu par cette expérience, Tora revient au Japon pour disputer le championnat de Formule Nippon et réalise une saison mémorable. Il remporte en effet huit courses et se classe une fois deuxième sur un total de dix, décrochant logiquement la couronne nippone.
En 2001, il part aux Etats-Unis pour disputer le championnat de CART sur une Reynard-Toyota de l'écurie Walker Racing. Sa carrière débute mal : dès la première course, il se voit retirer deux points pour conduite dangereuse ! Une conduite qui lui vaudra la disqualification lors de l'épreuve de Milwaukee. Il se qualifie toutefois en troisième position dans le Michigan et réalise son meilleur résultat en terminant quatrième à Houston, à seulement deux secondes du podium. En 2002, Tora fait preuve de plus de régularité, terminant une nouvelle fois au pied du podium, à Chicago cette fois. En 2003, il passe au championnat IRL IndyCar, le championnat concurrent du CART. Avec l'équipe de Mo Nunn, il termine cinquième lors de l'Indy 500 et troisième au Texas. Cependant, il se voit retirer 23 points pour conduite dangereuse.
En 2005, il retourne au Japon et réintègre la Formule Nippon, tout en s'engageant dans le championnat Super GT en catégorie GT500, au volant d'une Toyota Supra de l'écurie Toyota Team Cerumo. Il s'impose à trois reprises au cours de la saison et remporte le titre de champion Super GT GT500. En 2006, il poursuit en Super GT avec une Lexus SC430, tout en continuant de courir en Formula Nippon. Il remporte une victoire en GT500 sur le circuit de Sugo et termine la saison à la cinquième place du classement général.
Au cours de la saison 2007, il reste engagé dans les deux disciplines majeures du sport automobile japonais. En Super GT, il monte deux fois sur le podium avec l'équipe Cerumo, tandis qu'il dispute ses dernières épreuves en Formule Nippon sous les couleurs de l'équipe LeMans. En 2008, il effectue sa dernière campagne professionnelle en Super GT. Évoluant au sein d'une équipe du milieu de tableau, il dispute sa dernière épreuve officielle en novembre sur le circuit de Fuji, puis met un terme définitif à sa carrière de pilote.
Il reste néanmoins impliqué dans le sport automobile via Takagi Planning, une structure qui participe à la gestion de programmes de course et au soutien de jeunes pilotes.
Julien