Roger Williamson fait partie de ces talents que la Formule 1 a fauchés sans qu'ils aient pu démontrer leur potentiel.
Il commence sa carrière de pilote dans le karting, où il connaît un grand succès, puis, soutenu par son père, il court sur une Mini Cooper en 1968 et s'impose à quatorze reprises. Il souhaite alors passer aux courses de monoplaces et achète une Cooper T71, qui est détruite dans l'incendie de son garage. Il achète alors une Ford Anglia et participe en 1970 au championnat Hepolite Glazier, qu'il remporte aisément dans la catégorie des 1 000 cm³. Ce qui le pousse, l'année suivante, à se lancer dans le championnat britannique de Formule 3. Avec une March-Ford de l'écurie de Tom Wheatcroft, avec qui il se lie d'amitié, il remporte une dizaine de courses et le championnat Lombank, ainsi que la vice-championnat du championnat Shell. Cette performance est impressionnante pour un pilote inexpérimenté dans cette catégorie.
L'année suivante, il poursuit son aventure dans le championnat britannique de Formule 3. Il remporte douze épreuves et décroche deux titres dans les séries Forward Trust et Shell. Cette même année, son mentor le fait courir dans des courses de Formule 2, et bien que le niveau de réussite n'ait pas été le même qu'en F3, Wheatcroft a pu s'assurer un partenariat avec le constructeur GRD. Il se classe toujours dans les points et parvient même à remporter le Grand Prix de la loterie à Monza.
Roger est prêt à disputer la saison 1974 de Formule 1, mais Wheatcroft le fait signer chez March dès l'épreuve britannique du championnat du monde. Mais son expérience en course tourne court au volant de la March 731, car il fait partie des victimes du carambolage du premier tour qui met au tapis neuf voitures. Il se qualifie ensuite en 18e position pour l'épreuve de Zandvoort. Tout se passe bien au départ et il se retrouve en 13e position dès le troisième tour. Mais, cinq tours plus tard, il est victime d'une crevaison et sa voiture sort de la piste et percute le rail de sécurité. Le choc est si violent que la voiture est renvoyée sur la piste, se retourne et s'arrête sur le bas-côté opposé au lieu de l'impact, avant de s'enflammer. Mais personne ne vient en aide au pilote prisonnier des flammes. Seul David Purley tente courageusement de le sauver, mais il est trop tard, il avait 25 ans.
Julien