Jean-Louis Lafosse était un pilote spécialisé dans les voitures de sport et dans l'endurance. Sa première apparition notable remontent à l'année 1972 où il s'engage aux 24 Heures du Mans au volant d'une Ferrari 365. Avec Mike Parles et Jean-Jacques Cochet, ils finissent à une plus qu'honorable septième place. En 73 (Lola) et 74 (Ferrari), il est à chaque fois contraint à l'abandon. En cette fin d'année 74, il signe une belle performance aux 1000 Km de Monza où, associé à Vittorio Brambilla, et malgré une peu reluisante 21e place finale, il accrochera le record du tour.
Quelques jours après, on apprend son inscription au Grand Prix d'Italie de Formule 1 au volant d'une Brabham de la Scuderia Finotto. Mais en cette année 74, la gentille Scuderia a la manie d'embaucher tout pilote se présentant muni d'un tiroir caisse. Ainsi dans la totalité de la saison, elle connaîtra sept pilotes différents mais ne fut en mesure de présenter une voiture en état de fonctionnement qu'à deux reprises. Ainsi, Moser, Larrousse, Sutcliffe, Mohr et Koinigg durent passer leur week-end dans les tribunes. Jean-Louis sera bien entendu lui aussi victime de cette Scuderia puisque s'il y avait bien une voiture en état de marche à Monza, elle serait réservée au local de l'épreuve, Facetti. Jean-Louis ayant appris la nouvelle quelques jours avant l'épreuve, il ne fera même pas le déplacement à Monza. Beaucoup pensèrent alors qu'il s'était inscrit pour se faire de la publicité.
Mais c'était bien mal connaître les talents de pilote du français. Dès l'année suivante, pour sa quatrième participation au Mans, dans une Ligier JS2, Jean-Louis décroche en compagnie de Guy Chasseuil, la deuxième place de l'épreuve mancelle. En 1976, sur une Mirage GR 8, il décroche à nouveau la deuxième place, mais cette fois avec François Migault. Malheureusement pour lui, les années qui suivent sont moins brillantes. Il tente bien de se relancer en 1979 en participant au Championnat BMW, amis il ne récolte pas mieux qu'une sixième place à Zolder et une dixième à Zandvoort.
Néanmoins, l'année 1981 débute sous les meilleurs auspices. Il devient PDG d'une importante société de matériel automobile mais n'abandonne pas pour autant son activité de pilote. Jean-Louis participe pour la dixième fois aux 24 Heures du Mans, mais cette fois-ci avec de réels espoirs de victoires. Associés à Jean Ragnotti, il pilote une Rondeau M379C avec l'espoir de rallier l'arrivée en vainqueur. La course débute très bien puisque les deux hommes sont installés à la troisième place à la fin de la première heure. Certes, l'heure suivante est marquée par quelques pépins, mais rien n'est perdu. Mais le destin frappe alors cruellement. En plein ligne droite des Hunaudières, Jean-Louis, pour une raison inconnue, perd le contrôle de son véhicule et effectue une très violente sortie de piste. A 42 ans, Jean Louis venait d'être tué sur le coup.
Julien