« Black Jack » Brabham fut l'un des meilleurs pilotes des années 1960. Il a d'ailleurs la particularité d'être le seul pilote à avoir été champion du monde avec une voiture qu'il avait lui-même conçue.
Dès son plus jeune âge, il s'intéresse à la mécanique et aux voitures. A 12 ans, il apprend à conduire la voiture de famille et les camions de l'épicerie familiale. Il fréquente un collège technique où il étudie la métallurgie, la menuiserie et le dessin technique. A 15 ans, il quitte l'école pour devenir mécanicien, tout en suivant des cours de génie mécanique le soir. Peu après ses 18 ans, il s'engage dans la Royal Australian Air Force, où il travaille comme mécanicien de vol et obtient un diplôme d'ingénieur. A 20 ans, il quitte l'armée et ouvre un atelier de mécanique et d'usinage. Cette solide formation technique contribuera largement à ses futurs succès en tant que pilote et constructeur de voitures de course.
En 1946, il commence à courir sur des Midget. En 1948, il devient champion de Nouvelle-Galles du Sud et fonde, avec Ron Tauranac, une association sportive qui donnera plus tard naissance à l'écurie Brabham. Il se tourne ensuite vers les courses de côte et remporte de nombreuses courses, ainsi que le championnat, en 1951. A partir de 1953, il se consacre aux circuits avec une Cooper-Bristol. En 1954, lors du Grand Prix de Nouvelle-Zélande à Ardmore, il impressionne John Cooper.
En F1 avec Cooper
En 1955, il décide de tenter sa chance en Europe, mais se voit refuser l'accès par plusieurs grandes écuries italiennes et allemandes, avant de se tourner vers Cooper. Après quelques courses hors championnat, il fait ses débuts en Formule 1 lors du Grand Prix de Grande-Bretagne 1955, après avoir lui-même construit sa voiture : une Cooper T40 à carrosserie enveloppante, l'une des premières F1 à avoir un moteur arrière. Qualifié en 25e et dernière position, il abandonne au bout de trente tours à cause d'un problème mécanique. Il termine ensuite deux fois quatrième avec cette voiture lors de deux épreuves hors championnat.
En 1956, il commence par courir avec une Maserati 250F de seconde main. Hors championnat, il termine troisième à Aintree et à Castle Combe. De nouveau engagé lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, il abandonne dès le troisième tour à cause d'un problème de moteur. Parallèlement à ses courses avec sa Maserati, il participe activement à plusieurs autres courses, notamment avec une Cooper T39, avec laquelle il se classe deuxième du Gran Premio Shell à Imola.
En 1957, il participe à la saison de Formule 1 au volant de la nouvelle Cooper T43, équipée d'un moteur Coventry Climax à position centrale arrière. Il réalise une prestation notable lors du Grand Prix de Monaco. Alors qu'il s'était qualifié 15e, il évite un accident majeur à la chicane lors du cinquième tour. Il remonte petit à petit au classement, profitant des abandons de ses concurrents, et se retrouve troisième à cinq tours de l'arrivée. Malheureusement, son moteur s'arrête en raison d'un problème d'arrivée de carburant. Malgré cette défaillance, il parvient à pousser sa voiture jusqu'à la ligne d'arrivée, ce qui lui permet de se classer sixième. Il dispute ensuite les Grands Prix de France et de Grande-Bretagne, où il abandonne. Lors du Grand Prix de Pescara, il se classe septième, à trois tours de Stirling Moss.
Parallèlement à ses engagements en Formule 1, il participe au championnat britannique de Formule 2 et remporte cinq victoires, se classant troisième du classement général. Il prend également part aux 24 Heures du Mans 1957 avec une Cooper, terminant quinzième, ce qui marque une incursion dans l'endurance qui vient compléter son expérience sur circuit.
En 1958, il dispute sa première saison quasi complète en Formule 1 avec la nouvelle T45. Avant le début du championnat, il remporte trois courses : le Grand Prix de Nouvelle-Zélande, le championnat du Pacifique Sud et la Lavant Cup. Lors du Grand Prix de Monaco, il se qualifie en troisième position et termine quatrième. Malheureusement, il ne parviendra pas à confirmer cette performance lors des courses suivantes. Il se classe huitième aux Pays-Bas, puis, après un abandon en Belgique, il termine à la porte des points, se classant sixième en France et en Grande-Bretagne, et septième au Portugal. Il termine sa saison lors du Grand Prix d'Italie par un abandon, après avoir percuté l'arrière de la Ferrari d'Olivier Gendebien au départ. Il ne marque donc que trois points au championnat, terminant la saison à une modeste 18e place au classement des pilotes.
En dehors de la Formule 1, il continue également de courir en Formule 2 dans le championnat britannique. Il s'impose à deux reprises et remporte le championnat devant son coéquipier Bruce McLaren. Il participe également à des courses d'endurance et remporte les 1 000 km du Nürburgring avec Stirling Moss au volant d'une Aston Martin DBR1, mais abandonne lors des 24 Heures du Mans.
La saison 1959 commence au Grand Prix de Monaco, où Jack s'impose après une course maîtrisée ; il signe ainsi sa toute première victoire en championnat du monde. Cette performance est suivie d'une deuxième place aux Pays-Bas, puis d'une troisième place en France. Lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, il décroche sa première pole position, puis s'impose à nouveau, confortant ainsi son avance sur ses principaux rivaux, Stirling Moss et Tony Brooks. Cette avance est néanmoins menacée par deux abandons lors des Grands Prix d'Allemagne et du Portugal, où il perd le contrôle de sa Cooper à la suite d'un contact avec un concurrent plus lent. Sa voiture percute alors des bottes de paille avant de finir sa course contre un poteau. Éjecté de sa voiture, il s'en sort heureusement avec juste quelques contusions. Malgré cela, il reste en tête du championnat et parvient à monter sur la troisième marche du podium en Italie. La fin de saison est marquée par une forte tension lors de l'ultime manche, le Grand Prix des Etats-Unis, sur le circuit de Sebring. Jack mène la course jusqu'à ce que sa monoplace tombe en panne de carburant à seulement quelques centaines de mètres de l'arrivée. Dans une scène inédite, il pousse lui-même sa Cooper T51 jusqu'à la ligne d'arrivée, terminant quatrième, ce qui lui suffit pour décrocher le titre de champion du monde des pilotes. Il devient ainsi le premier Australien à réussir cette performance. Il est également le premier pilote à remporter le titre avec une voiture à moteur central-arrière. Cooper remporte également le championnat des constructeurs pour la première fois.
En 1960, il abandonne en Argentine à cause d'un problème de boîte de vitesses, puis est disqualifié à Monaco pour avoir reçu une aide extérieure. Sa véritable domination commence lors du Grand Prix des Pays-Bas, qu'il remporte, enclenchant ainsi une série impressionnante de victoires. Il parvient en effet à faire la pole position, puis à remporter successivement les Grands Prix de Belgique, de France et de Grande-Bretagne. A Spa-Francorchamps, il profite de la supériorité et de la fiabilité de la Cooper, alors que de nombreux concurrents abandonnent, et franchit la ligne d'arrivée en vainqueur. A Reims, lors du Grand Prix de France, il domine l'épreuve devant ses coéquipiers et des Ferrari en difficulté. A Silverstone, la course est marquée par une bataille serrée avec Graham Hill, mais l'Australien s'impose à la suite d'une sortie de piste de Hill dans les derniers tours. Au Portugal, Jack s'impose de nouveau, malgré des conditions délicates, et décroche sa cinquième victoire consécutive. Il décroche ainsi son deuxième titre mondial. Après le forfait de Cooper en Italie, il termine sa saison par une quatrième place lors du Grand Prix des Etats-Unis.
En 1961, le changement de réglementation concernant les moteurs ne permet plus à la Cooper-Climax de dominer ses adversaires, qui sont désormais équipés de moteurs plus performants et de nouvelles innovations techniques. Jack abandonne lors de la première course de la saison à Monaco, puis termine à une modeste sixième place aux Pays-Bas, peinant à rivaliser avec la puissance et la fiabilité des monoplaces rivales. Il abandonne lors des deux manches suivantes à cause de problèmes mécaniques touchant son moteur. Lors du Grand Prix de Grande-Bretagne, il termine quatrième, derrière trois Ferrari. En Allemagne, il parvient à se placer en deuxième position sur la grille de départ et prend la tête de la course dès le début. Cependant, lors du premier tour, il glisse sur une plaque d'humidité et termine sa course dans une haie. Après un nouvel abandon en Italie, à la suite d'une surchauffe du moteur, il décroche la pole position pour le dernier Grand Prix aux Etats-Unis. Après une belle bataille avec Stirling Moss, il doit abandonner à la mi-course, une nouvelle fois à cause d'une surchauffe du moteur. Il ne marque que quatre points au championnat, ce qui le classe onzième du classement général.
Malgré ces difficultés en championnat, il connaît un peu plus de réussite dans les courses hors championnat, remportant plusieurs victoires, notamment à Snetterton, Bruxelles et Aintree. Parallèlement à la Formule 1, il participe aux 500 miles d'Indianapolis et se classe neuvième.
Lotus
En 1962, Jack crée le Motor Racing Developments avec Ron Tauranac, dont il est à la fois pilote et patron. La première partie de la saison se fait toutefois au volant d'une Lotus privée. Il commence difficilement sa saison, abandonnant lors du Grand Prix des Pays-Bas à cause d'un accident. Il enchaîne avec une huitième place à Monaco, après avoir entrevu un podium. Il marque son premier point de la saison en terminant sixième en Belgique, malgré un retard de deux tours. Il doit abandonner lors du Grand Prix de France en raison d'un problème de suspension et se classe cinquième en Grande-Bretagne.
Brabham
Lors du Grand Prix d'Allemagne, l'équipe Brabham présente sa propre monoplace, la BT3, équipée d'un moteur Climax V8. Après avoir rencontré de nombreux problèmes techniques lors des essais, il ne s'élance qu'à la 24e place. Il abandonne lors de la course à cause d'un problème d'accélérateur. Après avoir fait l'impasse sur le Grand Prix d'Italie, il se qualifie à la cinquième place lors du Grand Prix des Etats-Unis et termine quatrième, devenant ainsi le premier pilote à marquer des points avec une voiture à son nom. La saison se conclut avec une autre quatrième place en Afrique du Sud, après un départ de la troisième position sur la grille. Cette saison 1962 apparaît comme une étape charnière, marquée par son implication totale dans la création et le pilotage d'une monoplace qu'il a contribué à concevoir.
En 1963, il connaît quelques difficultés en début de saison, avec notamment des abandons, mais son expérience et sa maîtrise technique lui permettent de rester compétitif. Lors du premier Grand Prix à Monaco, il rencontre des problèmes mécaniques lors des essais. Il donne ensuite son moteur à son coéquipier Dan Gurney et doit s'élancer dernier au volant d'une Lotus louée. Il conserve cette position jusqu'à l'abandon, causé par une défaillance de la boîte de vitesses. Qualifié sixième en Belgique, puis quatrième aux Pays-Bas, il abandonne lors de ces deux courses, tandis que Dan Gurney, son coéquipier, enregistre les deux premiers podiums de l'écurie Brabham. Il obtient enfin un résultat notable avec une quatrième place au Grand Prix de France, mais doit de nouveau abandonner en Grande-Bretagne. Après une septième place en Allemagne, il marque des points en se classant cinquième en Italie, puis quatrième aux Etats-Unis. Son premier podium dans sa propre voiture survient au Grand Prix du Mexique, où il termine troisième. Il conclut sa saison par un abandon en Afrique du Sud. Il se classe septième au championnat, tandis que son équipe termine à une honorable troisième place au championnat des constructeurs.
En 1964, il commence la saison avec la BT7, toujours motorisée par un moteur Climax V8. Il commence par deux abandons lors des Grands Prix de Monaco et des Pays-Bas. Toutefois, lors du Grand Prix de Belgique, il monte sur son premier podium de la saison en terminant troisième, et réitère cette performance lors du Grand Prix de France, où il réalise également le meilleur tour en course, tandis que Gurney s'impose, signant ainsi la première victoire de l'écurie Brabham. Ces bonnes performances démontrent une bonne compétitivité, malgré une concurrence accrue. Après une quatrième place en Grande-Bretagne, il abandonne en Allemagne. Il dispute la fin de la saison avec la nouvelle BT11, mais après une neuvième place en Autriche, il termine la saison par trois abandons successifs en Italie, aux Etats-Unis et au Mexique, où Gurney s'impose une deuxième fois cette saison. Jack termine huitième du championnat, une nouvelle fois derrière Dan Gurney.
Il remporte toutefois plusieurs courses hors championnat, dont le prestigieux BRDC International Trophy à Silverstone et les 200 Miles d'Aintree.
En 1965, l'équipe connaît une saison difficile sur le plan des résultats. Jack décroche une huitième place en Afrique du Sud, puis abandonne à Monaco. Il marque des points en Belgique en se classant quatrième. En France, puis aux Pays-Bas et en Italie, il cède son baquet au Néo-Zélandais Denny Hulme, qui a rejoint l'écurie. En Grande-Bretagne, il prête sa voiture à Gurney et ne prend pas le départ. Il entre à nouveau dans les points en Allemagne en terminant cinquième. Son meilleur résultat de la saison intervient lors du Grand Prix des Etats-Unis, où il termine troisième, décrochant ainsi son seul podium de l'année. Il clôt la saison par un abandon au Mexique et se classe onzième au classement général.
La saison 1966 commence avec l'introduction d'une nouvelle réglementation concernant les moteurs de 3 litres. L'écurie Brabham engage la BT19, équipée d'un moteur V8 Repco, dont le développement est rapide mais prudent. Lors du Grand Prix de Monaco, il est contraint à l'abandon à cause d'un problème de boîte de vitesses, mais se rattrape en Belgique en terminant quatrième. Le tournant survient au Grand Prix de France, où Jack décroche enfin la victoire, devenant le premier pilote à s'imposer au volant d'une voiture de sa propre conception. Cette performance est suivie d'une série de succès : il s'impose tour à tour au Grand Prix de Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Allemagne, démontrant ainsi la fiabilité et la compétitivité du moteur Repco par rapport aux difficultés rencontrées par les autres constructeurs lors de la transition technique de la discipline. En tête du championnat, il remporte le titre en Italie malgré un abandon dû à une fuite d'huile. Après un autre abandon aux Etats-Unis, il termine deuxième au Grand Prix du Mexique. A 40 ans, grâce à la régularité de ses résultats et à la fiabilité de sa voiture, il remporte son troisième championnat du monde et permet à son équipe de remporter le championnat du monde des constructeurs.
En marge de la Formule 1, il remporte également le championnat de France de Formule 2 avec une BT18 à moteur Honda.
La saison 1967 de Jack commence en Afrique du Sud, où il décroche la pole position, mais ne parvient pas à transformer cet avantage en victoire et ne termine que sixième. Il enchaîne avec un abandon à Monaco, tandis que son coéquipier Denny Hulme remporte la victoire et prend la tête du championnat. Ensuite, aux Pays-Bas, il monte sur le podium en se classant deuxième, derrière Jim Clark et devant Hulme. Sur le circuit de Spa, en Belgique, la fiabilité n'est pas au rendez-vous et Jack ne rallie pas l'arrivée. Le Grand Prix de France marque le premier succès de la saison, avec la victoire de Jack au volant de la BT24-Repco devant son coéquipier. A Silverstone, il termine quatrième, après avoir été repoussé du podium lors des derniers tours. En Allemagne, il monte sur le podium avec une nouvelle deuxième place, mais derrière Hulme. Au Canada, il réalise l'un de ses meilleurs week-ends de l'année : parti en pole position, il mène une course sans faute jusqu'à la victoire. Il poursuit sur sa lancée en Italie, où il termine deuxième, tandis que Hulme abandonne, ce qui lui permet de revenir à trois points du Néo-Zélandais. Cependant, il ne termine que cinquième aux Etats-Unis, tandis que Hulme se classe troisième. Lors de la dernière manche de la saison, au Mexique, il termine deuxième derrière Jim Clark, mais Hulme se classe troisième et remporte le titre devant son patron. Avec deux victoires et six podiums, Jack termine donc vice-champion, offrant au passage un nouveau titre mondial des constructeurs à l'équipe Brabham.
En 1968, Jack Brabham entame la saison de Formule 1 avec un moteur Repco V8 et accueille un nouveau coéquipier : l'Autrichien Jochen Rindt. Dès l'ouverture de la saison à Kyalami, il ne termine pas la course à cause d'une défaillance mécanique, tandis que Rind termine troisième. En Espagne, la fiabilité du moteur Repco pose toujours problème et il est dans l'incapacité de prendre le départ. A Monaco, il abandonne à la suite d'une suspension cassée. Cette série noire se poursuit à Spa-Francorchamps, où il rencontre cette fois des problèmes avec l'accélérateur. Lors du Grand Prix des Pays-Bas, il se qualifie en quatrième position, mais abandonne rapidement à la suite d'un tête-à-queue. Il essuie d'autres revers mécaniques en France et en Grande-Bretagne. Sa meilleure performance survient en Allemagne, où il ne termine que cinquième. Malgré les efforts déployés pour améliorer la fiabilité de la BT26, la concurrence est plus forte grâce au moteur Ford Cosworth qui domine le peloton. Les quatre dernières manches se terminent par quatre abandons.
Jack participe également aux 500 miles d'Indianapolis au volant d'une BT32 à moteur Offenhauser, mais doit abandonner alors qu'il occupait la sixième place.
En 1969, il fait équipe avec Jacky Ickx et commence la saison avec la Brabham BT26A équipée du moteur Ford Cosworth DFV. Mais il commence cette nouvelle saison comme il a terminé la précédente, en abandonnant lors des trois premiers Grands Prix. Il parvient enfin à rallier l'arrivée aux Pays-Bas et marque le point de la sixième place. Il connaît cependant un tournant dans la saison, après un grave accident survenu lors d'essais à Silverstone : il se fracture la cheville, ce qui l'oblige à s'absenter durant l'été et à manquer plusieurs Grands Prix, laissant Jacky Ickx défendre les couleurs de l'équipe. De retour après plusieurs semaines de convalescence, il reprend le volant en septembre à Monza et se qualifie à une belle septième place, mais doit abandonner lors de la course. Sa meilleure performance a lieu lors du Grand Prix du Canada, où il termine deuxième, derrière Jacky Ickx. Il signe également une quatrième place aux Etats-Unis et monte une nouvelle fois sur le podium au Mexique, où il décroche la troisième place. Malgré les difficultés rencontrées cette saison, Jack se classe dixième du championnat, tandis qu'Ickx termine vice-champion et permet à l'écurie de terminer deuxième du championnat des constructeurs.
La saison 1970 commence de la meilleure des façons pour l'Australien, qui, à presque 44 ans, remporte la victoire lors du Grand Prix d'Afrique du Sud. En Espagne, il s'élance depuis la pole position, mais doit abandonner en raison d'un problème moteur. A Monaco, il domine une grande partie de l'épreuve, mais perd la tête dans le dernier virage du dernier tour à la suite d'un freinage manqué, se contentant de la deuxième place derrière la Lotus de Jochen Rindt. Au Grand Prix de Belgique, il est victime d'un problème de fiabilité et doit abandonner. Après une onzième place aux Pays-Bas, il monte sur le podium en France en terminant troisième. Il continue de se montrer compétitif en Grande-Bretagne, où il s'élance de la deuxième position. Il parvient à doubler Rindt à dix tours de l'arrivée, mais, lors du dernier tour, il tombe en panne d'essence et se fait à nouveau doubler par l'Autrichien, terminant tout de même deuxième. Ce podium est le 31e et dernier pour l'Australien. Lors des six dernières manches, il ne parvient plus à marquer de points, abandonnant à quatre reprises et se classant treizième en Autriche et dixième aux Etats-Unis. Une semaine après avoir remporté les 1 000 km de Paris sur Matra avec François Cevert, Jack participe au Mexique à son dernier Grand Prix de Formule 1. Le vétéran australien a pris sa décision : il quittera la compétition à l'issue de cette épreuve et retournera en Australie, laissant la direction de son équipe à Ron Tauranac. Malgré plusieurs occasions manquées de victoire dans les derniers instants, il termine sa saison à la cinquième place du championnat. Cette saison est donc la dernière du pilote australien, marquant ainsi la fin d'une longue carrière couronnée de succès, au cours de laquelle il aura encore une fois mené son équipe et sa monoplace dans les premières positions du peloton.
L'Après F1
Jack retourne vivre en Australie, où il gère un domaine agricole et poursuit ses activités entrepreneuriales, notamment dans les secteurs de l'automobile et de l'aéronautique. L'équipe Brabham, qu'il avait fondée, est transférée à Bernie Ecclestone, mais la marque demeure une référence majeure dans le sport automobile et connaît de nouveaux triomphes dans la décennie suivante avec Nelson Piquet.
En 1979, il est le premier pilote automobile à être fait chevalier par la reine Élisabeth II d'Angleterre.
Il participe ensuite ponctuellement à des épreuves de démonstration ou à des événements historiques, pilotant ses anciennes voitures lors de festivals comme le Goodwood Revival. Il accompagne également la carrière de ses fils, Geoff, Gary et David, qui obtiennent des résultats internationaux dans différentes catégories, dont les 24 Heures du Mans et les championnats nord-américains.
Dans ses activités post-compétition, il devient un ambassadeur du sport automobile et un ingénieur reconnu, poursuivant le développement et la promotion de moteurs et de voitures de course, notamment avec Engine Developments aux côtés de John Judd. Il est également sollicité pour des projets innovants et intervient auprès de différentes structures techniques et organisations sportives.
Invité régulièrement sur les circuits et lors d'événements commémoratifs jusqu'à un âge avancé, il a partagé son expérience et sa vision du sport, continuant d'incarner l'esprit du pilote-constructeur qui a profondément marqué l'histoire des sports mécaniques.
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