
Renzo Rivolta
L'histoire du constructeur débute en 1939, lorsque l'ingénieur Renzo Rivolta fait l'acquisition d'Isothermos, une entreprise spécialisée dans la fabrication de réfrigérateurs et de systèmes de chauffage. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il oriente la production vers les deux-roues pour répondre à une forte demande de moyens de transport abordables. L'entreprise conçoit alors des scooters et des motos de petite cylindrée.
En 1952, la société prend le nom d'Iso Autoveicoli et développe l'Isetta, dévoilée en 1953. Cette microcitadine se caractérise par sa forme ovoïde et sa porte frontale unique. Bien que le succès commercial soit limité sur le marché italien, l'entreprise rentabilise son innovation en cédant des licences de fabrication à l'étranger, notamment au constructeur allemand BMW, qui en produira plus de 160 000 exemplaires. Grâce aux revenus générés par l'Isetta, Renzo Rivolta décide de réorienter ses activités vers la conception d'automobiles de grand tourisme. A la fin des années 1950, la production de deux-roues et de microcitadines est arrêtée.
En 1962, l'entreprise devient Iso Rivolta et présente l'Iso Rivolta IR 300, un coupé alliant un design italien signé Bertone à la puissance d'un moteur V8 américain. Le constructeur élargit ensuite sa gamme avec l'Iso Grifo en 1965, qui connaît également des déclinaisons pour la compétition sportive. La version A3/C participe à des épreuves d'endurance internationales et s'illustre lors des 24 Heures du Mans et des 12 Heures de Sebring.
En 1966, le fondateur Renzo Rivolta meurt subitement d'une crise cardiaque et c'est son fils Piero, alors âgé de 25 ans, qui prend la direction de l'entreprise. Il poursuit le développement de nouveaux modèles, comme la berline Fidia et le coupé Lele. Toutefois, au début des années 1970, le constructeur subit un contexte économique difficile marqué par la crise pétrolière et d'importants problèmes de trésorerie.
En 1973, la famille Rivolta cède l'entreprise à l'homme d'affaires Ivo Pera et la société est rebaptisée Iso Motors & Co. Dans ce contexte de restructuration, la marque recherche une visibilité mondiale et conclut un accord de parrainage avec le cigarettier Philip Morris. Pour porter ce projet, Iso s'associe à la jeune équipe britannique de Frank Williams. Cette alliance aboutit à la création de l'écurie Iso-Marlboro, marquant ainsi l'entrée officielle du constructeur italien dans le championnat du monde de Formule 1 pour la saison 1973. L'équipe utilise alors des monoplaces propulsées par des moteurs Ford-Cosworth.
En F1
Pour les premières courses en Argentine et au Brésil, l'équipe utilise la FX3B, un châssis hérité de l'année précédente équipé du moteur V8 Ford-Cosworth traditionnel. A partir du Grand Prix d'Espagne, la nouvelle Iso-Marlboro IR, conçue par l'ingénieur John Clarke, est introduite en compétition. Le Néo-Zélandais Howden Ganley dispute l'intégralité du championnat, tandis que huit pilotes différents se succèdent sur le second baquet, dont Nanni Galli, Henri Pescarolo ou Jacky Ickx. La monoplace souffre de problèmes de fiabilité et se qualifie le plus souvent dans la seconde moitié de la grille. L'équipe parvient toutefois à inscrire deux points au championnat du monde. Le premier est obtenu par le Néerlandais Gijs van Lennep, qui se classe sixième lors du Grand Prix des Pays-Bas. En fin d'année, Howden Ganley décroche également une sixième place à l'occasion du Grand Prix du Canada. Avec un total de deux points, Iso-Marlboro se classe dixième de la coupe des constructeurs.
En 1974, la structure conserve le même modèle de châssis, renommé Iso-Marlboro FW, toujours propulsé par le bloc Ford-Cosworth. L'Italien Arturo Merzario est engagé en tant que pilote principal et participe à la quasi-totalité des épreuves. Le second volant est de nouveau partagé entre plusieurs pilotes au fil du calendrier, dont Tom Belsø, Gijs van Lennep et Jacques Laffite. La compétitivité globale affiche une légère progression. Merzario se qualifie régulièrement dans la première moitié du peloton et décroche une troisième place sur la grille en Afrique du Sud. Il inscrit le premier point de la saison en franchissant la ligne d'arrivée en sixième position. Malgré de fréquents abandons liés à des pannes mécaniques, l'écurie signe son meilleur résultat lors du Grand Prix d'Italie à Monza, où l'Italien se classe quatrième devant son public. Avec ces quatre points, Iso-Marlboro termine à nouveau à la dixième place du classement des constructeurs. A l'issue de la saison, Iso, touché par d'importantes difficultés financières, se retire définitivement de la Formule 1. Les monoplaces et la gestion de l'équipe passent alors sous le nom exclusif de Williams pour le championnat suivant.
L'après-F1
Après avoir déposé son bilan à la fin de l'année 1974, la marque Iso Rivolta connaît une période d'inactivité de plusieurs décennies. Le nom revient au premier plan dans les années 2010 grâce au carrossier italien Zagato. En 2017, le studio de design développe l'IsoRivolta Zagato Vision Gran Turismo, un modèle entièrement numérique conçu pour le jeu vidéo de simulation de course Gran Turismo Sport. Ce projet franchit le stade de la production physique en 2020 avec la sortie de l'IsoRivolta GTZ. Zagato assemble cette voiture sportive en limitant sa fabrication à dix-neuf exemplaires.
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