Heinz-Harald Frentzen aurait pu faire une belle carrière en Formule 1 ; on le disait même plus rapide que Michael Schumacher. Mais ce ne fut pas le cas.
Il commence à piloter à l'âge de treize ans en karting et, lors de sa deuxième saison, il remporte le titre allemand junior. En 1985, il passe au championnat allemand de Formule Ford 2000 et décroche le titre de vice-champion lors de sa troisième année. En 1988, il remporte le titre allemand de Formule Opel Lotus avec sept victoires sur les quatorze courses de la saison.
Le passage en Formule 3 se fait tout naturellement en 1989. Il remporte trois victoires dans la saison et termine vice-champion, derrière Karl Wendlinger. En 1990, il intègre la Junior Team de Peter Sauber aux côtés de ses compatriotes Karl Wendlinger, Fritz Kreutzpointer et Michael Schumacher pour participer au championnat du monde de sport-prototype. Mais plutôt que d'attendre l'arrivée de Mercedes en Formule 1, Heinz-Harald quitte l'équipe pour courir le championnat du monde de Formule 3000 dans l'écurie d'Eddie Jordan. C'est une grande déception, car il ne termine jamais mieux que cinquième. Il décide alors de partir au Japon pour disputer le championnat de F3000 local. En 1993, il décroche la pole position et la deuxième place à Fuji. La même année, son ancien employeur, Peter Sauber, s'engage en Formule 1 et lui demande de conduire l'une de ses monoplaces l'année suivante.
En F1 avec Sauber
Dès sa première course de Formule 1, le pilote allemand prouve qu'il n'a rien perdu de son talent : il se qualifie cinquième au Brésil. Lors de son deuxième Grand Prix, il se classe cinquième, puis termine au pied du podium lors du Grand Prix de France. A Monaco, son coéquipier Wendlinger est victime d'un accident qui manque de lui coûter la vie. Il ne participe pas à cette course et se retrouve leader de l'écurie. En 1995, il se classe plus souvent dans les points et décroche son premier podium à Monza. En 1996, on attend beaucoup de lui et on le voit même dans une équipe de pointe, mais c'est finalement une saison décevante : bien qu'il termine quatrième à deux reprises, il est très irrégulier. Il pilotera toutefois une Williams-Renault en 1997, celle du champion du monde en titre, Damon Hill, parti chez Arrows.
Williams
Mais face à Jacques Villeneuve, il est dépassé, ce qui ne l'empêche pas de remporter sa première victoire sur le circuit d'Imola, de réaliser la pole position à Monaco et d'enchaîner cinq podiums consécutifs en fin de saison. Il se classe d'abord troisième au championnat, puis profite du déclassement de Michael Schumacher pour devenir vice-champion du monde. Mais dans l'ensemble, on sent que la première marche sera très difficile à atteindre pour lui. D'autant que le retrait du motoriste Renault à la fin de la saison ne va rien arranger. Dans une Williams-Mecachrome, il monte sur le podium dès la première course de l'année 1998, mais la suite est une déception. A la fin de la saison, on pense voir le pilote allemand rejoindre l'équipe de Bobby Rahal en CART. Finalement, c'est Eddie Jordan qui lui fait signer un contrat et Heinz-Harald reste en F1.
Jordan
En 1999, l'écurie Jordan étonne tout le monde : Heinz-Harald remporte deux victoires, à Magny-Cours et à Monza, devançant même son coéquipier, celui à qui il avait « usurpé » la place en 1997 selon certains : Damon Hill ! À la fin de la saison, il termine troisième du championnat. Mais cette résurrection ne dure qu'un an : la saison suivante, la Jordan est moins performante. Malgré deux podiums, les bons résultats se font attendre et la tension monte entre le pilote allemand et son employeur.
Prost, Arrows et retour chez Sauber
Au milieu de la saison 2001, c'est la rupture : Heinz-Harald court les cinq dernières courses pour l'écurie Prost. En 2002, il s'engage avec Arrows, mais la voiture est peu compétitive et l'écurie est en proie à de grandes difficultés financières. Elle rate la fin de la saison, puis disparaît. En 2003, le pilote part chez Sauber, l'écurie de ses débuts. Malgré un podium à Indianapolis, l'ensemble est décevant et Heinz-Harald abandonne la F1 après dix saisons.
L'après-F1
Il part alors disputer le championnat de DTM avec Opel, mais il a du mal à s'adapter à cette nouvelle catégorie et ne marque que trois points. En 2005, toujours chez Opel, il réalise de belles performances, avec quelques podiums et une huitième place finale. Un accident sérieux, sans conséquence à long terme, lors de la dernière manche à Hockenheim, ternit toutefois cette belle année. En 2006, il rejoint l'écurie Audi-Abt. Mais ses résultats sont très décevants et, à la fin de l'année, son contrat n'est pas reconduit. Après une année sans compétition, il fait son retour dans le championnat Speedcar Series et termine quatrième des 24 Heures du Mans au volant d'une Aston Martin. A partir de 2011, il participe à l'ADAC GT Masters au volant d'une Corvette Z06R, puis met un terme à sa carrière en 2014 avec une Mercedes SLS AMG.
Julien