Esteban OCON
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Esteban José Jean-Pierre Ocon-Khelfane
Born the 17 september 1996 - Evreux (Normandie) - 29 years
Nation : France
First Grand Prix :
Belgium 2016
Last Grand Prix :
Abu Dhabi 2025
Best result :
1st
Best grid position :
3th
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#31
Best ranked in the World Championship : 8th in  2017, 2022
2016
23
2017
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2018
12
2020
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Esteban Ocon, dont les parents sont d'origine espagnole, commence le karting en 2004. Il remporte trois championnats de France durant cette période.


En 2012, il fait ses débuts en monoplace en Eurocup Formula Renault 2.0 et en Formule 2.0 Alps. Avec l'écurie ART Grand Prix, il effectue une seconde année en Eurocup Formula Renault 2.0 et termine troisième du championnat. En 2014, il rejoint la meilleure écurie du championnat d'Europe de Formule 3, Prema Powerteam, et remporte le titre après une longue lutte face à Max Verstappen. On le retrouve également lors de la séance d'essais libres du vendredi du Grand Prix d'Abu Dhabi, au volant de la Lotus E22.


Alors que Verstappen est directement promu en Formule 1 en 2015, Esteban retrouve ART Grand Prix en GP3 Series. Il s'impose dès ses débuts à Barcelone, puis ne remporte aucune autre course du championnat. Malgré tout, grâce à une incroyable série de dix deuxièmes places en onze courses, il est couronné en fin de saison, devançant Luca Ghiotto. Grâce au soutien de Mercedes, il occupe en parallèle le poste de pilote d'essai chez Force India.


En F1 avec Manor

En 2016, il devient le troisième pilote de l'écurie Renault et participe à quatre séances d'essais libres le vendredi matin. Mercedes le place en DTM, mais son adaptation est difficile et il ne se distingue pas. Sa chance arrive lorsque Rio Haryanto, pilote Manor, doit jeter l'éponge à cause de problèmes de sponsoring. Mercedes le propulse alors dans le grand bain et, à seulement vingt ans, il fait ses débuts en Formule 1 en Belgique. Parti en dix-septième position, il termine seizième de la course. Face à Pascal Wehrlein, également couvé par la marque à l'étoile, Esteban n'a pas démérité et a rivalisé avec lui la plupart du temps. Son meilleur résultat est obtenu sous la pluie brésilienne, où il est longtemps en position de marquer des points. Il cède dans les deux derniers tours face à Alonso et Bottas, et se classe finalement douzième. Ses prestations et sa régularité ont globalement été appréciées dans le paddock, et des rumeurs insistantes font état d'une titularisation prochaine chez Force India. L'équipe cherche en effet un remplaçant pour Nico Hülkenberg, qui part chez Renault, et les deux protégés de Mercedes, Ocon et Wehrlein, sont en concurrence. L'annonce est faite en fin de saison : c'est Esteban qui est choisi par Force India pour épauler l'expérimenté Sergio Pérez. C'est une très belle promotion, car l'équipe indienne a réalisé sa meilleure saison depuis sa création, avec une quatrième place au championnat et deux podiums signés Perez.


Eclosion précoce et houleuse chez Force India

Avant le début de la saison 2017, Esteban a affiché son objectif : finir toutes les courses dans les points. Il a atteint cet objectif à Melbourne, où, qualifié treizième, il a terminé dixième et inscrit donc son premier point. A seulement vingt ans, il devient le plus jeune Français à marquer un point. Il poursuit sur cette lancée en marquant un point à chaque fois pour les trois premières courses. Les résultats progressent avec l'arrivée en Europe : il se qualifie pour la première fois en Q3 en Russie et inscrit les six points de la septième place, puis termine cinquième en Espagne. Le Grand Prix du Canada révèle toutefois de premières tensions entre les coéquipiers, alors que les Force India excellent sur le tracé rapide et se battent pour le podium face à Ricciardo. Au lieu de faire le jeu d'équipe, la bataille entre coéquipiers les pénalise et ils finissent cinquième et sixième, avec une certaine amertume. La tension monte d'un cran à Bakou. Dans une course folle, émaillée de nombreux safety cars, Esteban se retrouve quatrième derrière Pérez, qu'il déborde à la relance. Malheureusement, il se rabat trop tôt et endommage l'aileron de Perez ; son pneu arrière est crevé et les deux Force India doivent passer par les stands. Esteban termine néanmoins sixième, mais le ton est donné entre les pilotes dont le niveau est de plus en plus proche. Malgré l'électricité dans les box (nouvel accrochage en Hongrie), les résultats sont solides et Esteban poursuit sa belle série d'arrivées dans les points.

Le paroxysme de cette bataille a lieu en Belgique, où les deux Force India se heurtent à deux reprises. D'abord au départ, sans dégât par miracle, puis au 29e tour, quand Esteban déborde le Mexicain. Ce dernier ferme la porte sans ménagement et, comme à Bakou, les deux voitures s'accrochent : aileron cassé pour Esteban et crevaison pour Perez. Esteban fulmine et s'en prend aux médias : « Perez a essayé de me tuer deux fois ! » A partir de cette course, l'équipe instaurera des consignes : les pilotes n'auront plus le droit de se battre sur la piste. En Italie, il réalise le cinquième temps, qui se transforme en troisième place sur la grille après l'application de pénalités, mais ne termine que sixième. Il enchaîne avec une belle cinquième place au Mexique, puis la série s'arrête au Brésil, où Romain Grosjean l'accroche au premier tour. Il termine la saison à la huitième place du championnat, avec dix-huit arrivées dans les points en vingt courses. Sa prestation est solide et il s'est montré largement au niveau de Perez en deuxième partie de saison, ce qui laisse présager de belles choses pour 2018, avec un duo renouvelé chez Force India qui espère également que l'ambiance s'apaisera.


La saison 2018 commence moins bien que la précédente, la Force India VJM11 étant moins compétitive. Les résultats le montrent : Esteban n'a marqué qu'un seul point lors des trois premières courses. La voiture s'améliore peu à peu et Esteban réalise des progrès considérables, notamment en qualifications. À Bakou, il se qualifie à la septième place, devant Perez, mais termine sa course dans le mur après un accrochage avec Kimi Räikkönen, tandis que son coéquipier parvient à monter sur le podium. Après un nouvel abandon pour panne technique en Espagne, Esteban reprend sa moisson régulière de points, avec notamment une belle sixième place à Monaco. Le retour du Grand Prix de France après dix ans d'absence ne lui sourit pas, pas plus qu'aux Français en général, puisqu'il abandonne dès le premier tour après un accrochage avec Grosjean. Ces nombreux accrochages en course entachent peu à peu sa réputation. Il termine ensuite sixième au Red Bull Ring et septième à Silverstone, et reprend la main sur son coéquipier au championnat. Par ailleurs, Force India affiche clairement son manque de trésorerie, en parallèle des déboires de son dirigeant, Vijay Mallya, ruiné et en exil à Londres, où il est recherché par un mandat d'arrêt international. Fin juillet, l'équipe est placée en liquidation judiciaire, puis rachetée par Lawrence Stroll. Si cette nouvelle est une bonne chose pour l'équipe, elle est plus mauvaise pour Esteban, car il est acquis que le fils du nouveau propriétaire, Lance Stroll, fera partie de l'équipe en 2019. Esteban espère alors signer avec Renault, mais c'est finalement Daniel Ricciardo qui est choisi pour 2019. Les portes se ferment, mais Esteban garde malgré tout sa concentration et signe une magnifique troisième place en qualification sous la pluie à Spa. Singapour sera le point d'orgue de la confrontation entre Perez et Ocon, lorsque le Mexicain envoie le Français dans le mur dès le premier tour... C'est le coup de grâce pour Esteban, qui est en perte de vitesse. Il ne marquera que quatre points sur les six dernières courses, qui sont très compliquées. Il se retrouvera notamment au cœur d'une polémique au Brésil, en accrochant le leader Verstappen alors qu'il tentait de le dépasser. Ce dernier, furieux d'avoir perdu la course, bousculera violemment le Français après la course ; des images qui feront malheureusement le tour du monde. Il termine l'année à la douzième place du championnat, bien moins bien qu'en 2018, mais avec un bilan tout de même reluisant de seize à cinq en qualifications face à Perez. Sans volant en F1 pour la saison suivante, Mercedes l'engage comme pilote d'essai et de réserve.


Pilote d'essai avec Mercedes

En 2019, Esteban ronge donc son frein sur le banc de touche, tout en accompagnant l'équipe Mercedes sur tous les circuits de la saison. Il travaille également en coulisse pour préparer son retour en F1 en 2020. Sa priorité est évidemment la place occupée par Bottas chez Mercedes, dont le contrat arrive à échéance fin 2019. Toto Wolff, le directeur de l'écurie et manager du Français, affirme en effet que le baquet tant convoité aux côtés d'Hamilton se jouera entre Bottas et lui. Malheureusement pour le Français, c'est bien Bottas qui est reconduit fin août. Il rebondit toutefois immédiatement en officialisant son arrivée chez Renault pour 2020. Il signe un contrat de deux ans avec l'écurie française en pleine progression, avec des options au-delà de 2021, et nourrit de grands espoirs.


Retour chez Renault

En 2020, il fait face à un coéquipier redoutable, Daniel Ricciardo, qui entame sa deuxième année chez Renault avant de rejoindre McLaren en fin d'année. Ce départ, conclu avant même le début de la saison, aurait pu faire d'Esteban le leader naturel de l'équipe Renault en 2020. Ce ne sera pas le cas, loin de là. Sur le plan sportif, Esteban atteint son objectif dès le premier Grand Prix en Autriche, en marquant des points en terminant huitième. Mais le reste de la saison est décevant : systématiquement qualifié derrière Ricciardo, il a du mal à trouver son rythme en course, malgré un engagement et une motivation sans faille. Par ailleurs, alors que son coéquipier magnifie la Renault RS20 avec deux podiums en trois courses en deuxième partie de saison, Esteban est également victime de la malchance avec quatre abandons mécaniques alors qu'il était en position d'inscrire des points. Cependant, son optimisme et son travail ont fini par être récompensés lors du Grand Prix de Sakhir. Parti pour un long relais en pneus durs, il remonte le peloton jusqu'à la quatrième place, puis profite des erreurs des deux Mercedes en tête de course pour décrocher une superbe deuxième place. Ce premier podium vient embellir une saison globalement difficile, durant laquelle il n'aura pourtant rien lâché. Au final, Esteban se classe douzième du championnat, loin derrière son coéquipier, cinquième du classement général avec le double de points, et qui lui a infligé un sévère quinze à deux en qualifications.


Alpine

Malgré le gel partiel des F1 et les ambitions modérées de son équipe, Esteban espère poursuivre ses nets progrès en 2021, et surtout devancer son nouvel équipier, Fernando Alonso. Malgré un premier rendez-vous manqué à Bahreïn, le début de saison est plutôt réussi, avec une série de quatre courses terminées dans les points. Il s'agit toutefois de petits points, et il doit admettre que, contrairement à l'an passé, son équipe ne peut plus rivaliser avec McLaren et Ferrari, plus rapides que les top teams intouchables Mercedes et Red Bull. Il enregistre son premier abandon de la saison à Bakou, puis se confronte à un manque de rythme systématique, concluant quatre courses sans marquer de points. Alpine décide de changer de châssis pour Silverstone, ce qui lui permet de revenir dans les points, à la neuvième place. La manche suivante, en Hongrie, sera le plus beau moment de l'année pour le Français. Qualifié huitième, il prend un départ prudent qui lui permet d'éviter les carambolages du départ sous la pluie : il se retrouve deuxième, derrière Hamilton ! Mieux encore, il prend la tête à la suite d'une erreur stratégique de Mercedes. Il mène ainsi 65 des 70 tours de course, résistant à la pression permanente de Vettel derrière lui, puis au retour de Hamilton en fin de course, bien retenu par l'équipe d'Alonso. A 24 ans, il devient le quatorzième pilote français à remporter une course de Formule 1 ! Une victoire autant méritée qu'inattendue avant la pause estivale. Esteban continue de marquer des points le reste de la saison. L'excellente exécution des week-ends par Alpine compense le rythme en retrait et optimise les résultats face à la rivale Alpha Tauri. Sa fin de saison est très réussie, avec une cinquième place au Qatar, puis il frôle le podium en Arabie saoudite, doublé sur la ligne d'arrivée par Valtteri Bottas. Il se classe onzième au championnat, une place de mieux qu'en 2021, mais avec une moyenne de points plus faible, et à sept points de son coéquipier Alonso. Convaincu par son talent, l'écurie Alpine a prolongé le contrat du Français très tôt dans la saison, et ce jusqu'à la fin de l'année 2024.


La saison 2022 d'Esteban commence par une septième place lors du Grand Prix de Bahreïn, après avoir manqué de peu la Q3 en qualifications. Il affiche alors une régularité solide au volant de l'Alpine. Lors de la deuxième course, en Arabie saoudite, il se classe sixième, devançant son coéquipier Alonso d'à peine une seconde à l'arrivée, preuve d'une rivalité interne saine mais marquante, notamment illustrée par une bataille musclée en piste. En Australie, il franchit la ligne d'arrivée à la septième place, poursuivant ainsi sa série de résultats dans les points. Le printemps et l'été sont marqués par de régulières entrées dans le top 10, ce qui lui permet d'occuper durablement le haut du classement des « meilleurs des autres », derrière les écuries de pointe. En juillet, lors du Grand Prix d'Autriche, Esteban obtient son meilleur résultat de la saison en terminant cinquième sur un circuit. Lors du Grand Prix de Singapour, il doit abandonner à cause d'un problème moteur, mais il prend la mésaventure avec philosophie et plaisante sur la radio à propos du fait qu'il finira bien par battre son « record personnel d'abandons nocturnes » en course. A la fin de la saison, il se classe huitième du championnat du monde, juste devant Alonso, ce qui n'avait pas paru évident au début de la saison. Les bonnes performances des deux pilotes permettent à Alpine de se classer quatrième du championnat des constructeurs.


En 2023, sa saison débute dans un contexte particulier, avec l'arrivée de Pierre Gasly comme coéquipier, ce qui suscite de nombreuses interrogations quant à leur entente au sein de l'équipe. La campagne est marquée par une certaine irrégularité, l'écurie ayant du mal à reproduire ses performances de la saison précédente. Esteban vit une saison contrastée, ponctuée de moments forts et de nombreux revers. Son principal fait d'armes reste le Grand Prix de Monaco : il se qualifie à la quatrième place, à moins d'un dixième de seconde de la pole position, puis monte sur le podium, une performance d'autant plus remarquable qu'il s'agit de la première fois depuis 1996 qu'un pilote français monte sur le podium à Monaco au volant d'une écurie tricolore. Cependant, la saison est également marquée par un nombre élevé d'abandons, sept au total, ce qui constitue un point noir frustrant pour le pilote. Malgré quelques points techniques marquants, comme des stratégies décalées, des dépassements décisifs ou des interventions radios musclées, il ne parvient pas à inverser la tendance sur la deuxième moitié de la saison. Il s'illustre toutefois à Las Vegas en décrochant une quatrième place après être parti de la sixième position, lors d'un Grand Prix où le plateau était particulièrement serré. Même si les tensions et la rivalité avec Gasly restent palpables, elles sont globalement maîtrisées et les deux pilotes terminent la saison au coude à coude au classement des pilotes. Esteban finit toutefois douzième, derrière Gasly. En fin de saison, son bilan reflète l'année contrastée de l'équipe, avec un sentiment d'inachevé, mais aussi quelques motifs de satisfaction.


Dès les essais hivernaux de la saison 2024, il apparaît que l'A524 est nettement en retrait par rapport à la concurrence, reléguant régulièrement le Français aux dernières places sur la grille de départ lors des premiers Grands Prix. Il faut attendre le Grand Prix de Miami, le sixième rendez-vous, pour qu'il marque son premier point de la saison, avec une dixième place obtenue au terme d'une course agitée, qui matérialise les maigres progrès entrevus depuis la Chine. Sa saison est marquée par un incident notable à Monaco, lorsqu'il entre en collision avec son coéquipier Pierre Gasly en début de course, ce qui suscite les critiques de la direction de l'équipe. Cette rivalité interne, latente depuis l'arrivée de Gasly, atteint ici son paroxysme en public. Malgré cette tension, Esteban reste combatif sur la piste et parvient à se classer à la dixième place lors des deux Grands Prix suivants, au Canada puis en Espagne. En Belgique, il décroche une neuvième place, son meilleur résultat à ce stade, alors qu'Alpine reste globalement en retrait dans la hiérarchie. La grande surprise survient lors du Grand Prix de São Paulo : dans des conditions de course chaotiques, Esteban parvient à se hisser à la deuxième place, derrière Max Verstappen et devant Gasly, signant ainsi son meilleur résultat depuis sa victoire en Hongrie en 2021. Ce double podium, rendu possible par un choix stratégique et une conjoncture favorable, a également un impact décisif sur Alpine, car il permet à l'écurie de passer de la neuvième à la sixième place du classement des constructeurs, améliorant ainsi d'un coup la perspective financière de l'équipe. Malgré ce sursaut, la relation entre Esteban et Alpine se termine dans la difficulté. Après le Grand Prix du Qatar, l'équipe officialise son remplacement par Jack Doohan pour la dernière épreuve à Abu Dhabi, afin de lui permettre d'entamer sa transition vers Haas, son futur employeur pour 2025. Ce départ précipité, sans véritables adieux sur la piste, met fin à une collaboration marquée par quatre podiums en cinq saisons. Au terme de cette saison en demi-teinte, il se classe 14e du championnat.

Vincent