Les De Tomaso ont couru dans les plus grandes catégories du sport automobile, sans toutefois parvenir à s'imposer en course.

Alejandro de Tomaso
Né à Buenos Aires, en Argentine, Alejandro de Tomaso grandit dans une famille aisée et se passionne très tôt pour l'automobile. Après la Seconde Guerre mondiale, il s'installe en Italie en 1955 et commence une carrière de pilote. Il participe notamment à des épreuves de voitures de sport et à quelques Grands Prix de Formule 1, sans toutefois obtenir de résultat notable. Parallèlement, il se rapproche du milieu industriel et commence à travailler sur ses propres voitures de course.
En 1959, il fonde à Modène la société De Tomaso Automobili et participe à des courses de sport automobile avec sa propre voiture. Cette année-là, la Formule 3 et la Formule 2 sont fusionnées pour devenir la Formule junior ; c'est dans cette catégorie que les De Tomaso vont débuter. Il engage le pilote Alberto Massimo et tous deux participent au championnat lors des saisons 1960, 1962 et 1963. L'année suivante, De Tomaso fait ses premiers pas en Formule 1.
En F1
En 1961, la réglementation change pour laisser place aux moteurs de 1 500 cm3. Alberto Massimo conçoit alors la De Tomaso F1. Cette dernière fait sa première apparition lors du Grand Prix de France, avec Roberto Bussinello au volant. Le pilote italien se qualifie en dernière position sur la grille de départ et son moteur OSCA casse en pleine course. En Italie, trois monoplaces sont en lice : une de l'écurie officielle et deux autres appartenant aux Scuderia Serenissima et Settecoli. Toutes les trois se qualifient en fond de grille et sont victimes de la casse du moteur lors de la course. C'est en fin de saison, à Vallelunga (hors championnat), que les F1 réalisent leurs meilleures performances de l'année : Roberto Bussinello termine quatrième devant Roberto Lippi. En 1962 et 1963, les De Tomaso sont engagées à plusieurs reprises, mais ni Nasif Estefano ni Roberto Lippi ne parviennent à se qualifier avec les monoplaces F1 et la nouvelle 801. En 1964, la Formule junior redevient la Formule 2 et la Formule 3 ; De Tomaso abandonne alors la F1 pour se consacrer à ces catégories.
Des voitures de sport au projet P70
En 1964 et 1965, De Tomaso poursuit son activité sportive avec la Vallelunga, principalement engagée par des pilotes privés dans des courses de voitures de sport en Italie. La voiture obtient quelques résultats intéressants, mais De Tomaso ne parvient pas à imposer durablement son modèle comme une référence de la catégorie. En 1965, De Tomaso s'associe à Carroll Shelby pour développer une nouvelle voiture de sport équipée d'un moteur Ford V8. Le projet P70 est conçu avec Peter Brock, mais la collaboration avec Shelby prend fin avant que la voiture ne soit engagée en compétition. De Tomaso poursuit seul le développement et présente en 1966 la Sport 5000, qui participe au Grand Prix de Mugello avec Roberto Bussinello, mais qui abandonne dès le premier tour. Le projet reste sans suite. Après 1966, De Tomaso réduit fortement son activité sportive pour se concentrer sur ses voitures de route.
Retour en F1 avec Frank Willams
A la fin de l'année 1969, Frank Williams commande à De Tomaso une monoplace pour son pilote Piers Courage, et c'est Gianpaolo Dallara qui va concevoir la 505. A Kyalami, pour son premier Grand Prix avec la 505, le pilote britannique se qualifie en 20e position, mais est contraint à l'abandon à la suite d'une sortie de piste. Il prend sa revanche lors de l'International Trophy en décrochant la troisième place. En championnat, il ne parvient pas à faire de miracles. A Monaco, il s'élance de la neuvième place sur la grille, mais termine la course à 22 tours de Rindt, après un long arrêt aux stands pour changer la crémaillère de direction. Lors du Grand Prix des Pays-Bas, c'est la tragédie : la voiture de Courage quitte la piste avant de s'embraser, entraînant le décès du pilote. Il est ensuite remplacé par Brian Redman, puis par Tim Schenken, mais aucun d'entre eux ne parvient à se classer. Pour la saison 1971, Williams préfère utiliser des March et De Tomaso disparaît de la F1.
L'après-F1
A partir de 1972, les De Tomaso Pantera sont engagées dans des épreuves comptant pour le championnat du monde de voitures de sport, mais sans résultat probant. Cependant, en 1977, Maurizio Micangeli et Carlo Pietromarchi montent sur le podium en terminant troisièmes des 6 heures de Vallelunga.
A la fin des années 1970, De Tomaso rencontre des difficultés financières croissantes. Alejandro de Tomaso cède progressivement le contrôle de ses activités et le groupe est placé sous contrôle public au début des années 1980. La production automobile se poursuit néanmoins avec des modèles comme la Pantera, la Longchamp et la Deauville. Après la disparition de ces modèles, la production devient très limitée et De Tomaso cesse progressivement son activité de constructeur. La marque disparaît finalement au début des années 2000, après la mise en liquidation de la société.
En 2009, l'entrepreneur italien Gian Mario Rossignolo rachète les droits de la marque et présente un projet visant à relancer De Tomaso. Trois prototypes sont dévoilés au Salon de Genève en 2011, mais la société est déclarée en faillite en 2012 et les droits de De Tomaso sont ensuite acquis par Ideal Team Ventures.
En 2019, De Tomaso revient sur le devant de la scène avec la P72, une supercar présentée au Festival of Speed de Goodwood. Ce modèle reprend certains éléments techniques et stylistiques du prototype P70 de 1965 et marque la renaissance de la marque sous une nouvelle direction.
Julien