Kimi ANTONELLI
 K.ANTONELLI
Mercedes
Lando NORRIS
 L.NORRIS
McLaren Mercedes
George RUSSELL
 G.RUSSELL
Mercedes

1161st Grand Prix

XXXVIII Grote Prijs van Nederland
Cloudy
Zandvoort
Sunday, 23 August 2026
72 laps x 4.259 km - 306.592 km
(Offset: 56 m)
info
Race interrupted on lap 2 due to an accident.
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F1
Coupe

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Constructor
Engine

Cadillac F1: M. Budkowski remplace G. Lowdon

Le 12 août 2026, le Cadillac F1 Team crée la surprise en annonçant le départ immédiat de son team principal Graeme Lowdon, remplacé par Marcin Budkowski, ancien directeur d'Alpine F1 Team. Dan Towriss, patron de TWG, la société contrôlant la jeune écurie américaine, reconnaît qu'il s'agit d'une décision unilatérale, brutale même, puisque Lowdon aurait été averti le jour même de son éviction ! Towriss n'explique pas celle-ci, mais il est permis de conclure à des divergences de vues quant au futur de l'équipe. Par ailleurs, Lowdon paie peut-être les graves défaillances techniques dont sont régulièrement victimes les Cadillac. Si les performances de celles-ci sont tout à fait correctes pour une première année, elles connaissent en revanche des surchauffes de freins et des bris de suspension à tire-larigot, ce qui laisse à penser que le travail des sous-traitants n'est pas à la hauteur. Dans ce contexte, Towriss a jugé bon d'appeler un ingénieur chevronné comme Budkowski à la place de Lowdon qui n'a jamais exercé les fonctions de technicien en sport automobile, suivant en cela la tendance de la F1, la majorité des écuries étant désormais dirigées par des ingénieurs. Quoiqu'il en soit, à Zandvoort, les deux pilotes Sergio Pérez et Valtteri Bottas conviennent « qu'un changement était nécessaire ».


Ce changement de direction survient à un instant critique pour Cadillac F1 Team, car son principal actionnaire TWG Global est englué dans un vaste scandale financier aux États-Unis. Son dirigeant Mark Walter fait en effet l'objet d'une enquête fédérale pour fraudes financières. Mis en difficulté, celui-ci vient de vendre sa participation majoritaire au sein des Los Angeles Lakers et envisagerait de céder ses parts du club de Chelsea. La presse spécialisée s'interroge donc sur le devenir de l'écurie Cadillac qui pourrait être la prochaine pièce du puzzle TWG à disparaître. C'est pourquoi elle se fend à Zandvoort d'un communiqué précisant qu'elle n'est pas à vendre... Quant à Mark Walter, il rejette toutes les accusations et évoque des « bruits malveillants ».


Présentation de l'épreuve

Voilà la dernière édition du Grand Prix des Pays-Bas dont les promoteurs n'ont pas souhaité renouveler leur contrat avec la Formule 1, faute d'aide financière de la part du gouvernement. Ce court retour de la F1 à Zandvoort, entre 2021 et 2026, aura au moins permis aux fans de Max Verstappen d'approcher de près leur idole et d'assister à trois reprises à son succès à domicile. L'hypothèse d'un transfert vers le circuit d'Assen ayant vite été abandonnée, c'est donc la dernière fois que le F1 Circus pose ses tréteaux au pays des tulipes. Robert van Overdijk, directeur de l'épreuve, estime que mieux valait arrêter en pleine gloire, cette dernière se confondant avec celle de Max Verstappen: « Je préfère que nous arrêtions à notre apogée plutôt que de repousser d'année en année une échéance qui aurait été plus douloureuse en matière financière. Il faut être franc: sans Max, à plus ou moins brève échéance, notre popularité aurait souffert. Or aujourd'hui nous devons vendre tous nos billets pour rentrer dans nos frais. Imaginez la situation sans Verstappen dans deux, trois ans ? » De fait, jamais la F1 ne serait revenue à Zandvoort sans le succès du quadruple champion du monde néerlandais. Celui-ci estime d'ailleurs « avoir rempli sa part du contrat » en drainant encore cette année des centaines de milliers de fans. Ce week-end, l' « Orange Army » s'offre un baroud d'honneur à Zandvoort, au son permanent de la musique électro, crachée du matin au soir par de courageux DJ. « On se croirait dans une boîte de nuit ! » ironise Nico Hülkenberg.


Après un mois de vacances, la Formule 1 entre dans la deuxième moitié de la saison 2026 et celle-ci s'annonce très disputée. En effet, la domination des Mercedes s'estompe peu à peu, et celles-ci doivent désormais composer avec les McLaren et les Ferrari, voire les Red Bull. Au championnat des pilotes, Kimi Antonelli possède encore une large avance de 50 points sur son premier rival Lewis Hamilton, mais il sait que le plus dur est à venir et qu'il n'est pas encore le plus jeune champion du monde de l'Histoire. Antonelli estime toutefois que Hamilton n'est son principal adversaire pour ce GP de Pays-Bas et se méfie surtout de McLaren qui reste sur une victoire en Hongrie avec Lando Norris. Son équipier George Russell, très malchanceux durant toute la première partie de saison, n'a pas tiré un trait sur la couronne mondiale, malgré ses 59 points de retard. Cet été, il s'est ressourcé sur son yacht amarré à Capri et a fait la une des journaux people britanniques en annonçant ses fiançailles avec sa compagne Carmen Montero Mundt. Épanoui dans sa vie sentimentale, le jeune Anglais retrouvera-t-il la confiance au volant d'une Mercedes W17 qui lui a joué jusqu'ici tous les tours pendables ?


Max Verstappen profite de sa course à domicile pour annoncer qu'il poursuit l'aventure avec Red Bull jusqu'en 2030. Comme on pouvait le subodorer, les pourparlers conduits par son agent Raymond Vermeulen avec McLaren étaient surtout un moyen de pression sur le Taureau Rouge, contraint de consentir à tous les souhaits de son champion. Ainsi Verstappen jouira d'un contrat exceptionnel, le plus gros de l'histoire de la F1: plus de 100 millions d'euros par an, primes comprises. Puis, il aura tout le loisir de se distraire en Super-Tourisme, voire en Endurance, comme il a commencé à le faire depuis deux ans. Enfin, le contrat est agrémenté de clauses dont le contenu est bien sûr gardé secret, mais qui concernent sans aucun doute les performances de RBR. Du reste, Verstappen n'avait sans doute pas envie de quitter son cocon. Ses principales hésitations concernaient la Formule 1 elle-même, et notamment ces V6 hybrides qu'il voue aux gémonies. À cet égard, le probable retour aux V8 atmosphériques à l'horizon 2029-2030 a sans doute pesé plus lourd dans la balance que les gros billets allongés par Red Bull. À sa manière, Verstappen est un idéaliste. Ses comptes en banque sont déjà bien garnis, et son vœu le plus cher est de retrouver le plaisir du pilotage en Grand Prix, sans avoir à surveiller sans cesse les oscillations de sa batterie.


Williams confirme pour sa part la reconduction de ses deux pilotes Alexander Albon et Carlos Sainz. Le volant du premier n'a jamais été véritablement menacé. Certes, Albon est malmené par son équipier et vit une saison très pénible, avec seulement cinq points inscrits. Il reconnaît lui-même avoir beaucoup de mal à se familiariser avec les Formules 1 de 2026 qui selon lui oblitèrent ses points forts, notamment le franchissement des courbes rapides. Mais Albon reste malgré tout un pilier de Williams depuis déjà cinq saisons et cette équipe en pleine restructuration aurait bien tort de se passer de son expérience. Lui-même n'avait d'ailleurs aucune autre option. A contrario, Sainz était courtisé par Audi, Aston Martin, Alpine et Cadillac ! James Vowles s'est montré très persuasif pour le retenir, c'est-à-dire qu'il a sorti le chéquier: avec 30 millions de dollars annuels (trois fois plus qu'en 2026 !), Sainz devient le 5e pilote le mieux payé de la grille. Une telle rémunération interroge au regard du maigre palmarès du pilote castillan, mais l'on peut répliquer que ce dernier sait parfaitement mener ses affaires...


Après les reconductions de Max Verstappen et Carlos Sainz, Toto Wolff déclare plaisamment que la « silly season est officiellement annulée ! » De fait, le plateau 2027 ressemblera beaucoup à celui de 2026, les transferts s'avérant peu nombreux, voire inexistants. La principale interrogation concerne Fernando Alonso qui n'a toujours pas tranché entre poursuivre avec Aston Martin, revenir chez Alpine ou prendre sa retraite. Visiblement, l'Espagnol attend de percevoir le potentiel de l'Aston Martin AMR26B et du nouveau moteur Honda pour prendre sa décision. Quant à l'hypothèse d'une quatrième (!) collaboration avec Alpine, elle semble savamment entretenue par Flavio Briatore afin d'attirer les sponsors. Sans aucun succès pour le moment...


Isack Hadjar avait prévu de fêter l'anniversaire de son premier podium en arborant un casque rappelant son exploit, avec un brin d'humour puisqu'il représentait aussi la destruction accidentelle de son trophée... Las, le Francilien se blesse stupidement quelques jours avant le Grand Prix: lors d'un entraînement, il se fracture le poignet en tapant dans un sac de boxe rempli de sable ! Hadjar aurait pourtant souhaité courir, mais le champion moto Marc Márquez, avec lequel il partage le même physiothérapeute Carlos Garcia, lui a formellement déconseillé de prendre un tel risque. Il déclare ainsi forfait pour ce Grand Prix. « C'est dommage, mais nous ne voulons prendre aucun risque », explique Laurent Mekies. Hadjar est remplacé par Liam Lawson qui fera ainsi son retour dans l'équipe première du Taureau Rouge, un an et demi après sa brusque éviction. Le Néo-Zélandais sera remplacé chez Racing Bulls par Yuki Tsunoda qui réapparaît sur la grille après un passage manqué chez RBR en 2025. Le Japonais aurait pourtant dû supplanter Hadjar en tant que réserviste officiel de Red Bull, mais il n'a jamais touché à une monoplace de 2026 et le choix de Lawson paraît donc plus judicieux pour l'équipe première.


L'écurie Aston Martin accueille un nouvel actionnaire en la personne de l'homme d'affaires états-unien Woody Johnson. Héritier de l'empire pharmaceutique Johnson & Johnson, cet homme d'affaires états-unien est déjà très impliqué dans le monde de sport puisqu'il possède les célèbres « Jets » de New-York et est actionnaire minoritaire du club de football anglais de Crystal Palace. Il a aussi tâté de la politique et fut ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni sous la première administration de Donald Trump, dont il est un fervent supporter. Johnson devient aussi vice-président d'AMR GP, la société contrôlant l'écurie de F1. Avec ce nouvel associé, Lawrence Stroll cherche de nouveaux investisseurs outre-Atlantique, le marché le plus dynamique pour la F1 en ces années 2020.


Après un mois de trêve, plusieurs équipes apportent ici des évolutions techniques. McLaren a ainsi modifié le train arrière de sa MCL40, au niveau de l'aileron, de la carrosserie et des écopes de freins. Ces améliorations complètent celles apportées un mois plus tôt en Hongrie. Ferrari poursuit le développement de la SF-26 avec un plancher et un diffuseur retravaillés, ainsi qu'un nouveau « beam-wing ». Mercedes et Red Bull apportent des retouches aérodynamiques autour des freins avant. Alpine apporte enfin une importante évolution à son A526. Naguère cinquième force du plateau, la monoplace bleue et rose a récemment été dépassée par l'Audi et la Racing Bulls. Seul Gasly bénéficie ici de ces nouveautés touchant le fond plat, le diffuseur, les pontons et l'aileron arrière, avec pour objectif d'augmenter la charge aérodynamique. Aston Martin présente pour sa part un tout nouvel aileron avant, complétant la révision du museau apparue sur l'AMR26B. Surtout, l'équipe britannique accueille la première évolution majeure du groupe propulseur Honda qui doit apporter un peu plus de puissance, sans espoir cependant de rattraper dans l'immédiat les autres moteurs.


Vendredi: essais libres et qualifications pour le sprint

Vendredi à la mi-journée se déroule l'unique séance libre de ce week-end « sprint ». Après de grosses averses le jeudi, la piste est toute propre pour cet entraînement qui voit les Mercedes, McLaren et Ferrari rivaliser pour le meilleur temps, lequel revient finalement à Antonelli (1'12''949''') devant Norris et Russell.


Les qualifications pour le sprint se déroulent sous le soleil. Les écarts sont très faibles au cours de la SQ3 disputée en pneus tendres: les cinq premiers se tiennent en 2/10e ! Russell réalise le meilleur temps (1'11''567''') avec sa Mercedes. Antonelli sort de la route dans le dernier virage et se contente du 5e temps avec un fond plat endommagé. Norris conduit sa McLaren en deuxième position à quelques centièmes de la « pole ». Piastri (4e) est jusqu'ici dominé par son équipier. Chez Ferrari, Leclerc (3e) est très proche de Russell et Norris, tandis que Hamilton (7e) déplore des changements de réglages inadéquats. Verstappen (6e) est mécontent de l'équilibre de sa Red Bull. Lawson (11e) est lui déçu de rater la SQ3. Bortoleto (9e) atteint la dernière manche avec son Audi, contrairement à Hülkenberg (14e) qui était pourtant très rapide en essais libres. Lindblad (10e) découvre le circuit avec sa Racing Bulls tandis que Tsunoda décroche une 12e place plutôt satisfaisante pour quelqu'un qui découvrait les voitures de 2026. Gasly (8e) est heureux des évolutions apportées par Alpine et devance nettement Colapinto (13e) qui a gardé l'ancien package. Ocon (15e) place sa Haas en SQ2, mais son équipier Bearman (17e) se plaint de sous-virage. Albon (16e) porte sa Williams en SQ2, contrairement à Sainz (18e) qui a abîmé plus tôt son fond plat sur le gravier. Les Aston Martin retrouvent le fond du peloton, et Stroll (19e) comme Alonso (22e) se plaignent du manque de souplesse du V6 Honda évolué. Les Cadillac sont aussi en queue de grille, Bottas (20e) devançant Pérez (21e) qui a rencontré un problème de direction.


Le sprint

Cette mini-course se déroule sous un ciel voilé. Le vent charrie des nuages et le risque de pluie n'est pas nul. Alonso et Sainz ont modifié leurs suspensions arrière sous parc fermé et s'élancent ainsi depuis les stands. Tous les pilotes partent en pneus médiums (C3), à l'exception de Leclerc et Bearman qui ont opté pour le composé tendre (C2). L'objectif du Monégasque est bien entendu de prendre la tête au départ.


Tour de formation: La Cadillac de Pérez est poussée vers les stands en raison d'un problème hydraulique.


Départ: Russell conserve l'ascendant devant Norris et Leclerc. Antonelli déborde Piastri à la sortie de Tarzan.


1er tour: Russell devance Norris, Leclerc, Antonelli, Piastri, Verstappen, Hamilton, Gasly, Bortoleto et Lindblad.


2e: Une seconde sépare Russell et Norris. Antonelli menace Leclerc.


3e: Le quatuor de tête s'échappe tandis que Hamilton menace Verstappen. Pérez démarre finalement avec deux tours de retard.


5e: Russell, Norris, Leclerc et Antonelli se tiennent en deux secondes. Hülkenberg rejoint les stands et met pied à terre suite à un problème de moteur.


6e: Russell devance Norris (1s.), Leclerc (2.2s.), Antonelli (3s.), Piastri (4.3s.), Verstappen (7s.), Hamilton (7.7s.), Gasly (13.5s.), Bortoleto (14s.), Lindblad (15s.), Lawson (15.7s.) et Colapinto (16.8s.).


8e: Les écarts sont stables en tête de l'épreuve. Verstappen prend du champ sur Hamilton et recolle à Piastri.


10e: Norris rencontre du survirage et glisse dans certaines courbes. Leclerc le menace sérieusement, mais Antonelli reste aussi au contact.


11e: Russell précède Norris (1.5s.), Leclerc (2.2s.), Antonelli (3.1s.), Piastri (6s.), Verstappen (7.6s.), Hamilton (9.8s.), Gasly (20s.), Bortoleto (21s.) et Lindblad (22s.).


13e: Leclerc met une forte pression sur Norris. Les pneus tendres du Monégasque semblent bien tenir le coup, contrairement aux médiums du Britannique.


15e: Norris allonge sa foulée et reprend quelques dixièmes à Russell. Mais Leclerc et Antonelli demeurent collés à ses basques. Hamilton revient sur Piastri et Verstappen.


17e: Leclerc roule dans les échappements de Norris. Sainz passe chez Williams pour reprendre des pneus médiums.


18e: Leclerc prend l'aspiration de Norris, ouvre ses ailerons et le déborde par l'intérieur à Tarzan. Antonelli se rapproche ensuite du pilote McLaren.


19e: Russell mène devant Leclerc (1.4s.), Norris (2.8s.), Antonelli (3.4s.), Piastri (7.8s.), Verstappen (9s.), Hamilton (9.6s.), Gasly (32s.), Bortoleto (33s.) et Lindblad (34.5s.).


21e: Le ciel se couvre et une averse semble imminente. Russell compte une seconde et demie d'avance sur Leclerc. Antonelli est sur les talons de Norris.


23e: Quelques gouttes tombent alors qu'il ne reste que deux tours à parcourir. Antonelli mettra jusqu'au bout la pression sur Norris sans pouvoir porter la moindre attaque. De même, Verstappen reste bloqué derrière Piastri. Hülkenberg reprend la piste pour le deux dernières boucles.


24e et dernier tour: George Russell remporte ce sprint devant Leclerc et Norris. Antonelli se contente du quatrième rang. Piastri finit cinquième devant Verstappen et Hamilton. Gasly (8e) empoche un point. Viennent ensuite Bortoleto, Lindblad, Lawson, Colapinto, Tsunoda, Ocon, Bearman, Albon, Stroll, Alonso, Bottas, Sainz et Pérez. Hülkenberg n'est pas classé. Les nuages libèrent une averse dans le tour de décélération. Les pilotes rentrent donc aux stands avec prudence, car la piste s'humidifie rapidement. Il s'en est fallu de peu...


George Russell est heureux de retrouver le succès, même s'il ne s'agit que d'un sprint. Le pilote anglais a jusqu'ici l'ascendant sur Kimi Antonelli et compte lui reprendre de précieux points le lendemain, même si la concurrence menace. « C'est un très bon début de week-end, constate-t-il. Bien sûr, avec un tour de plus, cela aurait été sans doute très différent... Je savais que je devais ménager mes pneus dans les virages rapides, ceci combiné avec un peu d'attaque. Leclerc est devenu une menace une fois qu'il s'est défait de Norris, et j'ai donc accéléré pour le maintenir à distance. J'ai bien fait car il était dangereux. » En effet, Charles Leclerc a parfaitement géré ses pneus tendres et a chipé la seconde place à Lando Norris qui a contrario s'inquiète de la forte dégradation constatée sur les McLaren. Voilà qui sera probablement la clé du Grand Prix dominical.


Les qualifications

L'après-midi, les qualifications se tiennent sur une piste sèche, mais le ciel reste menaçant, et l'averse recommence à tomber dans les derniers instants de la Q3. Les écarts sont encore faibles. Norris signe sa seconde pole position consécutive (1'11''163''') après avoir presque surpiloté, l'adhérence étant très médiocre. L'Anglais attend surtout de voir comment sa McLaren gérera ses pneus en course. Même constat pour Piastri (4e) qui concède un dixième et demi à son équipier. Chez Mercedes, Russell (2e) échoue à un petit dixième de Norris. Toujours dominé ici par son équipier, Antonelli (3e) aurait pu quand même viser la pole sans une erreur à Tarzan dans son dernier tour lancé. Les Ferrari sont repoussées en troisième ligne, à trois dixièmes de la pole. Hamilton (5e) revient avec bonheur à ses réglages du vendredi. Leclerc (6e) se plaint en revanche de la configuration de son moteur hybride. Les Red Bull sont en quatrième ligne. Verstappen (7e) juge sa RB22 mal équilibrée et admet en outre être affaibli par une grippe. En revanche, Lawson (8e) impressionne et ne concède qu'un dixième à son prestigieux équipier. Bortoleto (9e) emmène son Audi en Q3 malgré une embardée à Tarzan. Hülkenberg (13e) est encore en retrait.


Lindblad (10e) atteint la troisième manche avec sa Racing Bulls. Tsunoda (12e) réalise une nouvelle performance tout à fait convenable. Chez Alpine, Gasly (11e) rate la Q3 à cause d'un équilibre perfectible. Colapinto (14e) fait de son mieux avec son ancienne spécification. Ocon (15e) hisse sa médiocre Haas en Q2, contrairement à Bearman (20e) qui reconnaît être « complètement perdu » ce week-end. Albon (16e) et Sainz (17e) se prétendent satisfaits car ils auraient trouvé de meilleurs réglages sur la Williams. Chez Aston Martin, Alonso (18e) et Stroll (19e) pointent encore les faiblesses du nouveau moteur Honda, le pilote canadien dénonçant notamment un déficit de puissance et de frein moteur. Enfin, les Cadillac-Ferrari (Bottas 21e, Pérez 22e) retrouvent la queue du classement, même si leur retard sur le reste du peloton n'est pas grand.


Le Grand Prix

La famille royale néerlandaise honore de sa présence ce dernier Grand Prix des Pays-Bas. Le roi Guillaume-Alexandre, accompagné de la reine Máxima, sera chargé de remettre le trophée du vainqueur sur le podium. Chaque Hollandais espère bien sûr que l'heureux récipiendaire sera Max Verstappen, mais celui-ci prévient que ses chances de victoire sont proches de zéro. Cela n'altère pas l'enthousiasme de ses fans, et c'est une véritable marée orange qui submerge le petit circuit des côtes de la mer du Nord.


Toutefois, une averse tombe sur Zandvoort une heure avant le départ, et même si le vent permet au bitume de sécher rapidement, le dernier virage et ses bordures demeurent humides au moment du coup d'envoi. Par ailleurs, le mercure ne dépasse pas les 18°C et les météorologues préviennent que la pluie pourrait revenir en cours d'épreuve. La majorité des pilotes sélectionnent les tendres (C4), mais les quatre premiers sur la grille, à savoir les Mercedes et les McLaren, sont en médiums (C3), à l'instar de Gasly, Colapinto et Ocon. Seules les Cadillac sont en pneus durs (C2). Pérez part des stands après avoir fait retoucher sa voiture sous parc fermé.


Départ: Norris garde l'ascendant avec Antonelli derrière lui. Russell patine, gêne Piastri sur le côté droit de la piste, mais reste troisième devant Leclerc qui est bien parti. Un peu bousculé par celui-ci, Hamilton tasse Verstappen contre la bordure et le Hollandais met deux roues dans l'herbe.


1er tour: Verstappen résiste à un assaut de son entreprenant équipier Lawson dans le virage relevé Hugenholtz. Mais en fin du tour, à la sortie de l'autre « banking », le Hollandais touche la bordure encore humide avec sa roue avant-droite. La Red Bull subit un « coup de raquette » et se fracasse violemment contre le mur extérieur, puis traverse la piste et finit sa route contre le bord opposé. Lawson et Gasly l'évitent de peu tandis que Bortoleto, surpris, exécute un 360° en pleine piste. Son équipier Hülkenberg le contourne d'extrême-justesse.


2e: Le drapeau rouge est déployé face à l'ampleur des dégâts à la sortie du dernier virage. Verstappen quitte sans mal sa Red Bull, salement amochée puisqu'elle a perdu ses deux roues à senestre.


Cette interruption dure une demi-heure pendant laquelle les commissaires évacuent la Red Bull accidentée et remettent en état la barrière de la courbe Luyendyk. Gasly fait remplacer son museau. Pour ce redémarrage, Norris choisit de partir en pneus tendres, une option partagée par Ocon. Son collègue Piastri prend en revanche les pneus durs, que sélectionne aussi Albon. Enfin, Lindblad se saisit d'enveloppes médiums. Les commissaires revoient aussi l'ordre de départ en annulant les dépassements effectués entre le crash de Verstappen et le drapeau rouge. Ocon repasse ainsi derrière Albon qu'il avait pourtant doublé régulièrement. En outre, Lindblad et Colapinto, qui ont respectivement doublé Gasly et Tsunoda sous drapeau jaune, devraient être sanctionnés.


La seconde grille de départ s'établit comme suit: Norris premier devant Antonelli, Russell, Piastri, Leclerc, Hamilton, Lawson, Lindblad, Gasly, Colapinto, Tsunoda, Hülkenberg, Ocon, Albon, Alonso, Bearman, Stroll, Bortoleto, Sainz, Pérez et Bottas.


Deuxième tour d'installation: À 15h33, les bolides quittent la voie des stands pour un second départ arrêté. Toutefois, le circuit étant très court, les premiers arrivent sur la grille de départ alors que les derniers quittent à peine les stands ! Voilà qui fait chauffer dangereusement les mécaniques. Cependant Bearman s'immobilise dans la ligne droite séparant les virages n°10 et 11, suite à une coupure de moteur. L'Anglais quitte son bolide, aussitôt pris en charge par les commissaires. La direction de course renvoie les vingt bolides restants pour un nouveau tour de chauffe.


Deuxième départ: Norris démarre moyennement et se déporte vers la droite pour tasser Antonelli, mais ce dernier se glisse à la corde, parvient à hauteur du Britannique et le dépasse à la sortie de Tarzan. Suivent Russell, Piastri, Leclerc et Hamilton.


5e: Russell manque d'énergie électrique et se fait dépasser par Piastri à Slotemaker. En fin de tour, Antonelli devance Norris, Piastri, Russell, Leclerc, Hamilton, Lawson, Lindblad, Gasly et Colapinto.


6e: Norris reste au contact d'Antonelli tandis que Piastri est semé. Lindblad écope d'un « drive-through » pour avoir doublé Gasly sous drapeau jaune. Le jeune Anglais s'y plie dans la foulée.


7e: Antonelli devance Norris (0.8s.), Piastri (3.6s.), Russell (4.7s.), Leclerc (5.3s.), Hamilton (5.8s.), Lawson (7.2s.), Gasly (8.4s.), Hülkenberg (9.3s.), Colapinto (10.2s.), Tsunoda (11.1s.) et Albon (12s.).


8e: Colapinto effectue lui aussi un « drive-through » pour dépassement sous drapeau jaune.


10e: Norris reste au contact d'Antonelli. Piastri est désormais repoussé à cinq secondes. Leclerc menace toujours Russell.


12e: Antonelli précède Norris (1.4s.), Piastri (5.8s.), Russell (7s.), Leclerc (7.6s.), Hamilton (8.4s.), Lawson (12s.), Gasly (17s.), Hülkenberg (17.5s.) et Tsunoda (20s.). Bortoleto chausse les pneus médiums.


14e: Antonelli prend un peu de champ et possède désormais un avantage de deux secondes sur Norris.


16e: Antonelli est premier devant Norris (1.7s.), Piastri (6.7s.), Russell (9.2s.), Leclerc (9.7s.), Hamilton (10.6s.), Lawson (15.5s.), Gasly (23s.), Hülkenberg (24.6s.), Tsunoda (27.2s.), Albon (30.4s.) et Ocon (31.5s.). Arrêt de Stroll.


17e: Leclerc roule maintenant dans les échappements de Russell. Ocon chausse les pneus durs.


18e: Russell se saisit de gommes blanches (3s.) et repart derrière Hülkenberg qu'il déborde ensuite avec facilité.


19e: Piastri s'empare de pneus durs, mais son arrêt dure plus de cinq secondes à cause d'un cafouillage à l'arrière-droit. L'Australien glisse ainsi derrière Russell. Gasly et Tsunoda prennent aussi le composé blanc.


20e: Deux secondes séparent Antonelli et Norris. Hülkenberg reprend des pneus rouges et repart entre Gasly et Tsunoda.


22e: Antonelli arrive aux stands et se saisit de pneus médiums (3.6s.). Norris fait de même (3.1s.), ainsi que Leclerc, laissant Hamilton au commandement. Lawson prend des pneus jaunes et Colapinto des blancs.


23e: Hamilton est premier avec six secondes de marge sur Antonelli. Norris est seulement à une seconde et demie du Bolonais.


24e: Lawson prend la septième place à Albon qui ne s'est pas arrêté. Lindblad, Gasly et Hülkenberg se battent pour la 11e position.


25e: Antonelli est revenu à deux secondes d'Hamilton qui est rappelé aux stands en fin de tour.


26e: Hamilton s'empare de gommes blanches (2.6s.) et se relance en sixième position. Albon change aussi ses pneus.


27e: Antonelli précède Norris (1.5s.), Russell (6.2s.), Piastri (7.5s.), Leclerc (10.1s.), Hamilton (17.2s.), Lawson (28.5s.), Alonso (34.8s.) et Sainz (35.4s.). Gasly assaille Lindblad à la chicane, mais ce dernier lui barre fermement la route. Le Français glisse et Hülkenberg en profite pour le doubler.


28e: Norris est revenu à une seconde d'Antonelli. Hülkenberg déborde Lindblad par l'extérieur à Tarzan.


29e: Gasly harcèle Lindblad en vain et tarit ainsi sa batterie. Tsunoda parvient ainsi à le doubler, puis déborde Lindblad.


30e: Antonelli et Norris prennent un tour à Colapinto. Quelques dixièmes les séparent. Sainz et Bottas s'emparent de pneus durs.


31e: Norris menace Antonelli dans les portions rapides, mais souffre davantage dans les virages lents. Leclerc est désormais sur les talons de Piastri, mais Hamilton rattrape aussi ce duo. Changement de pneus pour Pérez.


33e: Antonelli précède Norris (1s.), Russell (9s.), Piastri (11.2s.), Leclerc (12s.), Hamilton (13.7s.), Lawson (33s.), Alonso (53s.), Hülkenberg (57s.) et Tsunoda (1m. 02s.).


34e: Leclerc fait mine d'attaquer Piastri par l'extérieur à Tarzan, mais c'est pour mieux changer de trajectoire en sortie de virage. Il s'impose au deuxième tournant, puis contraint l'Australien à rouler sur la portion sale de la piste dans le petit « banking ». Voilà Leclerc quatrième. Piastri est aussitôt menacé par Hamilton.


35e: Hamilton prend l'aspiration de Piastri au passage de la ligne. Ce dernier louvoie avant le premier freinage, mais le Britannique plonge tout de même à l'intérieur et s'empare de la cinquième place. Après avoir couvert la moitié de la distance en pneus tendres, Alonso chausse les pneus durs et repart en 13e position.


36e: L'intervalle séparant Antonelli et Norris oscille entre une et deux secondes. Bortoleto et Stroll changent d'enveloppes.


37e: Antonelli est premier devant Norris (1s.), Russell (9s.), Leclerc (10.7s.), Hamilton (13.5s.), Piastri (17s.), Lawson (35s.), Hülkenberg (1m.), Tsunoda (1m. 07s.) et Gasly (1m. 12s.). Changements de pneus pour Lindblad et Ocon.


38e: Leclerc remonte sur Russell. Le drapeau noir et blanc est présenté à Piastri suite à ses changements de trajectoire erratiques devant Hamilton. Alonso prend la onzième place à Albon au virage de Tarzan.


40e: Norris est revenu à seulement six dixièmes d'Antonelli, lequel est attendu par le stand Mercedes en fin de tour.


41e: Antonelli reçoit des pneus durs (2.8s.) et repart devant Piastri. Russell l'imite (2.4s.) et tombe au cinquième rang.


42e: Norris est désormais leader. Plus rapide que Leclerc, Hamilton suggère par radio que ce dernier le laisse passer afin qu'ils puissent réussir l'undercut sur Piastri. Mais Leclerc refuse. D'abord rappelé aux stands, le Monégasque choisit de rester en piste !


43e: Hamilton peste contre le comportement de Leclerc. Finalement, celui-ci s'engouffre dans la voie des stands en fin de tour.


44e: Leclerc se munit de pneus durs (3.5s.) et ressort derrière Piastri. Norris compte douze secondes d'avance sur Hamilton, seize secondes sur Antonelli.


45e: Antonelli déplore par radio un manque de grip et ne parvient guère à revenir sur Norris qui va bientôt stopper. Piastri reçoit des gommes tendres (3s.) et glisse derrière Lawson.


46e: Piastri efface facilement Lawson. Tsunoda chausse les pneus rouges et glisse derrière Gasly et Alonso.


47e: Norris mène devant Hamilton (11s.), Antonelli (14.2s.), Russell (23.2s.), Leclerc (28.8s.), Piastri (40s.), Lawson (42.7s.), Hülkenberg (-1t.), Alonso (-1t.) et Tsunoda (-1t.). Gasly chausse les pneus jaunes, Colapinto les rouges. Stroll abandonne: son Aston Martin était très difficile à conduire après une touchette au départ.


48e: Norris fait halte chez McLaren, s'empare de nouveaux pneus durs et se relance en troisième position, cinq secondes derrière Antonelli. Lawson prend des pneus médiums.


49e: Hamilton est désormais en tête avec deux secondes d'avance sur Antonelli. Norris affole le chrono (1'14''321''') et revient à seulement trois secondes d'Antonelli. Hülkenberg prend les pneus durs sans perdre sa huitième position.


50e: Hamilton tente de survivre avec des pneus arrière très usés, mais il souffre d'un violent survirage. Antonelli le rattrape, cependant Nordis vole derrière eux, revenant à une seconde et demie ! Second arrêt pour Albon.


51e: Hamilton garde une seconde d'avance sur Antonelli qui a désormais Norris collé à ses basques. Gasly menace Tsunoda pour la 10e place.


53e: Hamilton, Antonelli et Norris sont roues dans roues. Bottas puis Pérez passent chez Cadillac.


54e: Norris déborde Antonelli par l'extérieur au passage de la ligne. L'Italien tente de résister, mais il est gêné par Hamilton qui freine très fort à Tarzan. Norris déborde la Mercedes et prend aussitôt la Ferrari en chasse. Il attaque finalement Hamilton par l'extérieur avant le chicane et s'empare ainsi du commandement.


55e: Antonelli se défait d'Hamilton à Tarzan. Ocon se gare sur le bas-côté après le virage n°3, moteur coupé. Les drapeaux jaunes sont d'abord déployés avant que ne soit instaurée la « Virtual Safety Car ». Bortoleto change de pneus.


56e: Hamilton arrive chez Ferrari et se saisit de pneus tendres usagés. Son équipier Leclerc fait de même, ainsi que Piastri. Une grue retire la Haas d'Ocon.


57e: Mercedes rappelle Antonelli pour lui donner des gommes rouges lors d'un arrêt un peu long (4.6s.). L'Italien repart troisième devant les Ferrari. Le drapeau vert est agité dans la foulée. Gasly déborde Tsunoda à Tarzan.


58e: Norris est premier devant Russell (7s.), Antonelli (12.5s.), Hamilton (15s.), Leclerc (21s.), Piastri (35s.), Lawson (54s.), Hülkenberg (-1t.), Alonso (-1t.), Gasly (-1t.), Tsunoda (-1t.) et Lindblad (-1t.).


60e: Antonelli revient rapidement sur Russell. Leclerc réalise le meilleur chrono de la journée (1'14''230''').


62e: Norris compte dix secondes d'avance sur Russell. Antonelli est à deux secondes et demie de son équipier, mais Hamilton est plus rapide que les Mercedes.


64e: Antonelli n'est plus qu'à une seconde de Russell. Gasly pourchasse Alonso pour la neuvième place. Bottas abandonne suite à une panne hydraulique affectant son aileron arrière mobile.


65e: Marcus Dudley, ingénieur de Russell, lui demande de laisser passer Antonelli afin que les Mercedes se prémunissent des Ferrari. Le pilote anglais finasse en demandant si son équipier va ensuite tenter de rattraper Norris... La murette Mercedes réitère son ordre.


66e: Russell ouvre la porte à Antonelli à Tarzan. Hamilton renvie ensuite rapidement sur son ex-partenaire.


67e: Norris devance Antonelli (11.4s.), Russell (12s.), Hamilton (14.6s.), Leclerc (17.6s.), Piastri (34s.), Lawson (1m. 04s.), Hülkenberg (-1t.), Alonso (-1t.), Gasly (-1t.), Tsunoda (-1t.) et Lindblad (-1t.).


68e: Albon assaille Sainz par l'extérieur au premier virage. Le Madrilène se rabat au freinage, glisse sur une bosse puis heurte le flanc droit de son équiper. Albon est expédié hors-piste et perd un déflecteur. Les deux Williams regagnent ensuite les stands.


69e: Le drapeau jaune et rouge est présenté dans le premier secteur à cause des débris semés par les Williams. Hamilton esquisse une attaque contre Russell par l'extérieur du premier virage, mais il est trop loin pour le menacer. Chez Williams, Sainz remplace ses pneus tandis que Albon met pied à terre.


70e: La « voiture de sécurité virtuelle » est mise en place pendant une minute, le temps d'ôter certains débris à Tarzan. Lawson écope de 10 secondes de pénalité pour avoir roulé trop vite sous drapeau jaune, mais cela n'aura aucune incidence sur son classement.


71e: Norris compte onze secondes de marge sur Antonelli. Russell contient toujours Hamilton. 10 secondes de pénalité sont aussi infligées à Sainz pour son accrochage avec Albon.


72e et dernier tour: Russell louvoie devant Hamilton pour l'empêcher de porter une attaque à Tarzan. À court d'énergie électrique, le septuple champion du monde est bientôt rejoint par Leclerc et devra se méfier de celui-ci jusqu'au damier.


Lando Norris remporte sa deuxième victoire consécutive devant Antonelli. Russell conserve sa troisième place devant Hamilton et Leclerc. Piastri finit sixième. Lawson termine septième avec la Red Bull survivante. Hülkenberg (8e) engrange quatre points de plus pour Audi. Alonso décroche une superbe neuvième place et le dernier point revient à Gasly. Tsunoda, Lindblad, Bortoleto, Colapinto, Pérez et Sainz rejoignent aussi l'arrivée. Colapinto est sanctionné de 10 secondes pour vitesse excessive sous drapeau jaune.


Après la course

Vainqueur de son 13e Grand Prix, Lando Norris a bénéficié d'un heureux retournement de situation. Mécontent du comportement de ses gommes lors du sprint, il a connu un premier relais pénible en pneus tendres et semblait ne pouvoir menacer le leader Kimi Antonelli. Mais la situation s'est brusquement renversée lorsque tous deux ont chaussé les gommes blanches. Celles-ci ont autant réjoui la Papaye qu'ils ont fait souffrir la Flèche argentée ! « Je suis heureux que la situation se soit renversée depuis hier, constate Norris. Cela m'a un peu éteint de voir à quel point nous étions en difficulté lors du sprint. Nous n'avions vraiment pas de rythme. Samedi soir, nous avons travaillé très, très dur. J'ai passé beaucoup de temps avec mes ingénieurs pour comprendre ce que nous pouvions faire de mieux, comment attaquer davantage, économiser les pneus. Et nous avons réussi ! Pourtant ce dimanche, cela a mal commencé: j'ai raté le deuxième départ et Antonelli m'a doublé. Puis j'ai souffert lors du premier relais en pneus médiums. Mais les pneus durs ont transfiguré la McLaren. J'ai pu attaquer, prolonger le relais, et Mercedes a dû revoir sa stratégie. » Que l'on ne croit pas pour autant que Norris soit tombé amoureux de la MCL40 ! « Elle reste horrible à piloter ! » sourit-il. « Mais petit à petit je la comprends mieux. J'ai davantage confiance en entrée de virage, notamment pour ce qui concerne le train arrière. »


Le beau succès de Lando Norris contraste durement avec l'après-midi très terne d'Oscar Piastri sur la seconde McLaren. Vainqueur ici l'an passé, le jeune Australien n'a pas existé ce week-end. « Le deuxième départ fut bon puisque j'ai pu doubler Russell, raconte-t-il. Puis le premier relais fut correct, mais après cela je n'avais tout simplement aucun rythme. Je ne sais pas l'expliquer, cela découle des réglages, sans doute... » Andrea Stella explique que Piastri est particulièrement en difficulté lorsque le grip est précaire, comme ce fut le cas à Zandvoort: « Oscar doit alors s'adapter, ce qui lui demande un effort mental qui peut lui faire perdre quelques dixièmes. » Au contraire, Norris aime jouer les équilibristes lorsque l'adhérence est médiocre, comme on l'a vu notamment ce week-end en qualifications. Par ailleurs, avec ce second succès de rang, le champion du monde 2025 peut désormais raisonnablement espérer conserver sa couronne. Il accuse certes 83 points de retard sur Kimi Antonelli, ce qui est beaucoup, mais McLaren est dans une phase ascendante tandis que Mercedes est au contraire en difficulté. De nouveau, l'équipe de Woking a accompli un travail de développement remarquable. « Nous savions que l'on commencerait la saison en retard vu tout ce qu'on avait investi en 2025, rappelle Norris. Il était inévitable qu'on ne démarre pas au niveau. Mais depuis, on a développé la voiture plus vite que les autres. Du reste, en ce moment, j'ai l'impression de faire un meilleur travail que mes adversaires... »


Mercedes avait a priori toutes les cartes en main pour décrocher un nouveau succès, notamment grâce à une excellente vitesse de pointe dans le dernier secteur. Parti (pour une fois) en tête, Andrea Kimi Antonelli a toutefois rendu les armes face à Lando Norris à cause d'un très mauvais second relais en pneus durs. « J'ai vécu mon meilleur départ de l'année puisque j'ai gagné des places au lieu d'en perdre ! » sourit-il. « Je me sentais bien avec les pneus médiums, mais avec les durs je glissais partout. Je n'avais aucune chance face à Norris. Puis, je me suis arrêté une seconde fois, et cela m'a mis quelque peu en danger par rapport aux Ferrari. Je dois remercier George de m'avoir laissé passer, d'autant qu'il a lui-même failli se faire doubler par Hamilton. » En effet, George Russell a dû rendre la seconde place à son équipier sur ordre de Mercedes, une consigne qui peut se comprendre au regard du danger que représentait les Ferrari. L'Anglais accepte ce verdict: « Kimi et moi avons eu des courses diamétralement opposées: pour ma part, c'est avec les médiums que j'ai peiné. J'étais bien avec les durs. Mais cette neutralisation a offert un arrêt gratuit à Hamilton, et Kimi s'est évidemment arrêté aussi. Aurais-je pu le garder derrière moi ? Peut-être, mais la règle est de ne pas nous battre lorsque nous sommes sur des stratégies différentes. L'intérêt de l'équipe doit primer. J'ai respecté ce principe. La saison est encore longue, je peux regagner ces points perdus. » Toto Wolff justifie pleinement cette consigne: « Antonelli s'est effondré en pneus durs, pour une raison inconnue. Les Ferrari ayant bénéficié d'un arrêt gratuit, il fallait limiter les dégâts, et c'est ce que nous avons fait en conservant les deuxième et troisième places. Je dois souligner que Russell a fait un travail exceptionnel en résistant à Hamilton à la fin. »


Reste que si Mercedes accroît son avance sur Ferrari au championnat des constructeurs, la W17 n'affiche plus la même supériorité qu'en début de saison. Kimi Antonelli s'attend à une fin d'année difficile et enterre la suprématie de son équipe: « Nous ne sommes clairement plus la voiture la plus rapide de la grille. Nous sommes probablement deuxièmes ou troisièmes, du moins dans cette course, et McLaren a fait un énorme pas en avant, particulièrement depuis la Hongrie, avec leur gros package d'évolutions. » Aussi, se pose la question du développement de la W17. Sa dernière évolution remonte au GP du Canada. Toto Wolff sous-entend que Mercedes n'aurait pas les moyens d'apporter de modifications substantielles sous peine de crever le plafond budgétaire... Du bluff ?


Ferrari échoue encore au pied du podium après une course médiocre, marquée par une mauvaise exécution stratégique. Charles Leclerc ne s'est pas écarté en temps voulu devant Lewis Hamilton, et ce dernier l'a mauvaise: « Mercedes nous prend 4/10es dans les lignes droites. Je fais ce que je peux pour compenser, mais depuis quelques courses, je rencontre plein d'embûches. Aujourd'hui, j'ai perdu plusieurs secondes derrière Charles. Je pense que cela aurait fait la différence à l'arrivée. Nous en discuterons en interne. Mon objectif est d'essayer de mener cette équipe au sommet. Il y a du travail, c'est certain... » L'Anglais était plus féroce derrière le volant, dénonçant par radio « le temps perdu à cause de Leclerc ». Lorsqu'à l'arrivée son ingénieur Carlo Santi évoque la « malchance » rencontrée en course, Hamilton fut encore plus cinglant: « On n'a pas été malchanceux ! J'ai perdu trop de temps et on a perdu la troisième place ! » Charles Leclerc réplique qu'il n'a pas reçu d'ordre formel de laisser passer Hamilton: « On m'a dit de m'arrêter, puis de rester dehors, et à nouveau de rentrer un tour plus tard. Mais je n'ai pas reçu de consignes concernant Lewis ! » Leclerc s'interroge aussi sur sa propre stratégie: « Pour ma part, je me demande pourquoi j'ai effectué mon deuxième arrêt juste après Russell. J'aurais dû rester plus longtemps dehors pour construire une bonne avance et pouvoir revenir sur George à la fin. » Bref, Frédéric Vasseur ne peut, une fois encore, que déplorer des « problèmes d'exécution ». Présent à Zandvoort, le président John Elkann a dû apprécier...


Max Verstappen n'a pas fait honneur à ses fans pour ce dernier GP des Pays-Bas. « Super Max » s'est fait avoir comme un bleu en roulant sur une bordure humide ! « Je me suis fait piéger sur le banking, soupire-t-il. Voyant arriver la partie sèche, j'ai accéléré un poil trop tôt et j'ai glissé. Ce fut un gros choc, mais ça va, je m'en tire sans mal. » Il ajoute n'être pas trop déçu puisque la Red Bull ne semblait pas compétitive ce week-end, comme l'a démontré la course en solitaire de Liam Lawson en septième position. Mais il faut tout de même saluer la solide prestation de l'intérimaire néo-zélandais qui a été irréprochable malgré un manque de rythme flagrant. « Je me doutais que ce ne serait pas une course facile, mais pas à ce point ! confie-t-il. Le premier relais fut assez amusant, mais ensuite j'étais incapable de suivre les équipes de tête. J'ai encore beaucoup apprendre sur cette monoplace. » En aura-t-il seulement l'occasion ? Lawson ne sait pas s'il remplacera encore Isack Hadjar à Monza, mais en tout cas cette septième place efface en quelque sorte sa première expérience cauchemardesque avec Red Bull début 2025.


Enfin, Fernando Alonso devient le premier pilote de plus de 45 ans à inscrire des points depuis Graham Hill en 1974 ! Le vétéran a du reste obtenu ce résultat à la régulière, grâce à une audacieuse stratégie à un seul arrêt et un très long premier relais en pneus tendres. Adrian Newey en profite pour souligner les progrès de l'Aston Martin-Honda: « Nos deux pilotes font état d'avancées significatives concernant le châssis et l'aérodynamisme. Nous devons désormais leur faciliter la conduite. Y parvenir nous fera gagner en performance, d'autant que ce package a encore du potentiel. » De son côté, l'ingénieur en chef de Honda Shintaro Orihara se félicite que le moteur « Spec 2 » ait tenu le coup, même si sa marge de progression est encore grande. Alonso lui-même indique que l'association Aston Martin-Honda est encore loin du temps. Ces deux points gagnés avec brio inciteront-ils la vaillant « quadra » à prolonger son bail ?


Sources :

- Auto hebdo n°2576, 26 août 2026

- Nextgen-auto.com

- L'auto-journal - F1i

Tony