Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Ferrari
Kimi ANTONELLI
 K.ANTONELLI
Mercedes
Isack HADJAR
 I.HADJAR
Red Bull Red Bull Ford

1155th Grand Prix

LXXXIII Grand Prix Automobile de Monaco
Sunny
Monaco
Sunday, 7 June 2026
78 laps x 3.337 km - 260.286 km
Race interrupted on lap 68 due to track degradation.
Affiche
F1
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Moteurs: la contre-révolution est en marche


Zak Brown en guerre contre l'empire Red Bull

Voilà plusieurs mois que Zak Brown est en croisade contre le problème de la double propriété des écuries de F1. Le patron de McLaren vise bien entendu Red Bull qui possède depuis vingt ans deux écuries, Red Bull Racing et Racing Bulls. Il estime que la Formule 1 a désormais atteint une maturité économique suffisante pour imposer une totale indépendance des écuries. Tel est le sens d'un courrier qu'il a adressé en mai au président de la FIA Mohammed Ben Sulayem. Brown y détaille les nombreux manquements à l'équité sportive suscitée selon lui par cette double propriété. Il évoque par exemple le GP de Singapour 2024, lorsque Daniel Riccardo, pilote Racing Bulls, a signé le meilleur tour en course afin d'ôter un point à Lando Norris, principal rival de Max Verstappen pour le titre mondial. Juste avant le GP de Monaco, Brown explique sa démarche dans une tribune destinés aux fans de McLaren: « Naguère, certaines équipes devaient s'appuyer sur des alliances et acheter des technologies à d'autres écuries pour survivre. Mais aujourd'hui, alors que notre sport se porte remarquablement bien et que les équipes bénéficient d'une grande stabilité financière, il est temps d'évoluer vers une véritable indépendance. À l'exception des groupes propulseurs que toutes les équipes ne fabriquent pas, celles-ci devraient fonctionner de manière totalement indépendante afin de garantir une équité absolue. Je pense que les supporters désirent que les vingt-deux pilotes se battent les uns contre les autres avec la même intensité et que les mêmes règles s'appliquent aux onze équipes. »


Le directeur de Racing Bulls Alan Permane répond en défendant ce qui n'est selon lui qu'une relation entre un client et son fournisseur: « Nous récupérons certaines suspensions, les boîtes de vitesses ainsi que d'autres composants autorisés par le règlement technique que nous respectons de manière extrêmement rigoureuse. Du reste, beaucoup d'énergie qui pourrait être utilisée ailleurs est consacrée au respect de ces réglementations. Je ne vois donc absolument aucun problème dans notre manière de fonctionner actuellement. » Permane rejette donc comme infondées les supputations de Brown et s'en remet à la sagesse de la fédération qui pour l'heure reste muette sur le sujet.


Alpine F1: Mercedes s'éloigne, Gucci arrive

Mercedes a finalement renoncé à acquérir les 24 % d'Alpine F1 Team détenus par le fonds d'investissement américain Otro Capital. Selon la BBC, ce dernier a fixé son prix à 536 millions de livres sterling (618 millions d'euros), soit trois fois ce qu'il a déboursé pour acheter ces parts en 2023. Cette vente aurait permis de valoriser l'équipe franco-anglaise à hauteur de 2,2 milliards £ (2,5 milliards €). Mercedes a jugé ce prix excessif. Alpine F1 serait en effet déficitaire et ne vaudrait d'après Toto Wolff qu'entre 1,6 et 1,8 milliards £. L'abandon de Mercedes semblait ouvrir la voie à Christian Horner qui était aussi en négociations avec Otro, peut-être en partenariat avec le constructeur chinois BYD. Mais le 9 juin, Otro Capital annonce conserver ses parts à court terme. Le dossier est donc clos pour le moment. Par ailleurs, le directeur général du Groupe Renault François Provost rend visite à l'équipe Alpine à Monaco et réaffirme son engagement plein et entier en F1 pour les années à venir. Une assertion qui laisse dubitatif, à l'heure où l'usine de Viry-Châtillon est désertée par ses meilleurs éléments face au spectre d'une cessation d'activités...


Pendant ce temps-là, à Monaco, c'est sur la plage du Larvotto que Flavio Briatore officialise le futur partenariat entre Alpine et Gucci: à compter de 2027, la célèbre maison italienne deviendra le sponsor-titre d'Alpine F1, succédant à la beaucoup moins glamour compagnie BWT. Chacun remarque que Gucci est la propriété du groupe Kering dont le directeur général n'est autre que Luca de Meo, ex-patron du Groupe Renault et artisan de l'arrivée de la marque Alpine en Formule 1... Nul doute que ses liens d'amitié avec Briatore ont joué un rôle-clé dans cet accord. Quoiqu'il en soit, la F1 des années 2020 devient une vitrine mondiale pour l'industrie du luxe, puisque LVMH, premier concurrent de Kering, est le principal sponsor du championnat du monde. Selon les sources, Gucci versera entre 55 et 60 millions de dollars par an à Alpine. « C'est l'un des plus gros contrats de ma carrière ! » plastronne Briatore. Bien sûr, Gucci va développer toute une gamme de vêtements de luxe autour de son nouveau partenaire et aura pour première mission d'habiller pilotes et mécaniciens, un beau défi pour son directeur artistique Demna Gvasalia.


Présentation de l'épreuve

Longtemps menacé, le Grand Prix de Monaco est désormais assuré de conserver une place au calendrier mondial jusqu'en 2035. Moins d'un an après la précédente prolongation, la FIA, la F1 et l'ACM ont officialisé ce nouvel accord en septembre 2025. L'avenir de l'épreuve est donc garanti pour dix ans, mais en échange elle abandonne peu à peu tous les privilèges dont elle bénéficiait depuis des décennies. Ainsi le GP de Monaco perd son traditionnel créneau fin mai pour se tenir début juin, et ne chevauchera plus ainsi les 500 Miles d'Indianapolis. Cette « normalisation » est le prix à payer pour le maintien d'une course décriée par le public et les pilotes en raison d'un spectacle quasi-inexistant. L'an passé, la F1 avait tenté de la dynamiser en imposant deux changements de pneus. En vain, ce fut une énième procession. Cet artifice est abandonné pour l'édition 2026, et on ne peut guère compter que sur d'éventuels accidents et drapeaux rouges pour réveiller les téléspectateurs. Par ailleurs, le nouveau « mode ligne droite » d'aérodynamique active est prohibé pour ce week-end. En effet, le règlement impose que son activation dure au moins trois secondes. Or, l'unique « ligne droite » du circuit monégasque, située que le boulevard Albert Ier, est trop courte pour cela, et du reste n'est pas vraiment « droite » mais plutôt courbe. En revanche, le « mode dépassement » demeure autorisé, avec un point de détection situé avant la Rascasse.


Le 4 juin, Ferrari annonce une prolongation pluriannuelle du contrat de Charles Leclerc. Le Monégasque s'engage avec le constructeur italien au-delà de 2028, terme du précédent accord, ce qui devrait faire de lui le pilote ayant conduit le plus longtemps pour les Rouges, surpassant Michael Schumacher (1996-2006). Il confirme au passage avoir discuté « avec plusieurs autres écuries », mais a préfère à Maranello. Selon le journaliste Marc Limacher, Leclerc bénéficie en fait d'options pour les saisons 2029 et 2030, couplées à une nette revalorisation salariale. Le pilote Ferrari touchera ainsi 36 millions de dollars en 2026, 40 millions en 2027 et 44 millions en 2028. En cas de validation des options, ses salaires cumulés des exercices 2029 et 2030 pourraient donc atteindre les 100 millions. Quoiqu'il en soit, la perspective d'un proche abandon des groupes propulseurs hybrides (dès 2029 ?) a sans doute convaincu Leclerc de donner une nouvelle chance à son équipe. Si le nouveau moteur Ferrari 2026 reste décevant, il sera toujours possible de miser sur les éventuels futurs V8 atmosphériques...


Leclerc aborde en outre son Grand Prix national avec un statut de favori généreusement attribué par ses principaux rivaux. En effet, Mercedes et McLaren considère que la Ferrari SF-26 est la monoplace la plus agile dans les virages lents et encaisse très bien les vibreurs, ce qui lui donnerait un avantage décisif sur le Rocher. Cette idée découle d'un certain récit qui s'est imposé à la presse depuis le début de la saison: Ferrari aurait un meilleur châssis que Mercedes, mais pâtirait d'un moteur plus faible, notamment en ce qui concerne la récupération d'énergie électrique, un facteur qui sera moins déterminant ce week-end. Par ailleurs, Ferrari dispose d'un turbo plus petit et plus réactif, ce qui est un avantage appréciable lors des départs et surtout en sortie de virage. Mais la suite du week-end démontrera que la Mercedes a une bien meilleure motricité, un atout décisif à Monaco...


Si Mercedes a remporté les cinq premières courses de la saison et si son moteur hybride est sans doute le meilleur du peloton, la fiabilité de ce dernier laisse cependant à désirer, comme a pu le constater George Russell à Montréal. Le pilote anglais était en pleine bagarre contre son équipier lorsqu'une panne de batterie a mis fin à sa course. Or l'origine de cet incident n'a toujours pas été découverte, et pour cause: cette batterie est tellement endommagée que tout examen en est encore impossible ! La pièce ne peut même pas été rapatriée par avion et vogue actuellement sur un navire à destination de l'Angleterre. Le directeur technique James Allison évoque une « défaillance catastrophique », une panne générale. Comme l'origine de celle-ci est donc mystérieuse, les clients de Mercedes s'inquiètent pour les week-ends à venir...


Depuis quelques semaines, les critiques pleuvent sur Valtteri Bottas, auteur d'un début de saison fort décevant avec la jeune équipe Cadillac. Le moustachu à la coupe mulet se traîne en fond de peloton alors que son équipier Sergio Pérez parvient de temps en temps à ferrailler avec les Audi, les Haas ou les Racing Bulls. À Montréal, le Mexicain évolua ainsi au cœur du plateau en sprint comme en course, tandis que Bottas échouait très loin derrière (à quatre tours du vainqueur le dimanche !). Il n'en faut pas plus à certains journalistes pour annoncer son remplacement à court terme par Colton Herta, pilote de réserve de Cadillac. Rumeurs que l'intéressé qualifie à Monaco de « c*nneries intégrales ». Dan Towriss, grand patron du team, admet que Bottas est pour l'instant dominé par Pérez, mais ne s'en inquiète pas: « Nous voyons un Checo rajeuni en piste. J'admire vraiment le plaisir qu'il prend à piloter. Certes, les progrès ne sont pas toujours linéaires, Valtteri n'est de toute évidence pas sur le même rythme que Checo, mais il fait tout ce que nous lui demandons et ses retours sont tout aussi utiles alors que nous cherchons à améliorer la voiture, notamment le train arrière. Pour le moment, nous ne songeons absolument pas à modifier notre duo. » C'est dit.


Le directeur de Ferrari Frédéric Vasseur est hospitalisé à compter du vendredi 5 juin pour subir des examens médicaux. Son adjoint Jérôme d'Ambrosio assure la direction des opérations, avant que le manager français ne fasse son retour dans le paddock pour la course du dimanche. On voit aussi enfin réapparaître Adrian Newey, curieux team principal d'Aston Martin qui avait disparu du paddock depuis le premier Grand Prix en Australie ! En vérité, l'ingénieur britannique souffre de soucis de santé et aurait même été hospitalisé courant avril. Il demeure toutefois d'une discrétion absolue sur la question.


Le début de la saison européenne permet aux écuries de présenter leurs nouvelles hospitalités. Cadillac fait forte impression en dévoilant un complexe de trois étages décorés de panneaux noirs et blancs rappelant son logo. Les niveaux sont accessibles via un impressionnant escalier flottant. Au sommet se trouve une terrasse coiffée d'une pergola noire à claire-voie. Audi présente aussi son motorhome. Plus sobre, il met en valeur les fameux quatre anneaux sur un fond gris argenté du plus bel effet.


Plusieurs équipes adoptent une livrée spéciale à Monte-Carlo. Tout d'abord, McLaren célèbre son 1000e Grand Prix de F1 - qui sera en fait le 999e, puisque le récent GP de Chine où les deux MCL40 furent bloquées aux stands avant le départ ne peut être comptabilisé. Mais ce chiffre correspond parfaitement avec le 60e anniversaire de l'équipe qui est apparue ici à Monaco en 1966. McLaren adopte donc une robe « papaye métallisée et anthracite » qui sera aussi utilisée huit jours plus tard à Barcelone. Par ailleurs, jeudi 4 juin, McLaren organise une émouvante exhibition sur le boulevard Albert Ier. Lando Norris et Oscar Piastri rencontrent pour une photo-souvenir leurs glorieux prédécesseurs John Watson, Emerson Fittipaldi, Gerhard Berger, Mika Häkkinen, David Coulthard, Juan Pablo Montoya et Heikki Kovalainen, auxquels viennent s'ajouter Fernando Alonso et Lewis Hamilton. Puis, Häkkinen prend la volant de la M2B, la toute première McLaren F1 conduite par son fondateur il y a soixante ans. « C'est une célébration très spéciale, même poignante, et un vrai défi technique, puisque voilà quinze ans que cette voiture n'avait pas roulé », précise Louis McEwen, directrice du marketing.


Sur une idée de son sponsor saoudien Maaden, spécialiste des minerais, Aston Martin pare le museau de son AMR26 d'un film iridescent capable de changer de couleur, et ce afin de « retracer la transformation des métaux et des minéraux, de la terre jusqu'à l'ingénierie de haute performance ». Ainsi les bolides de Lance Stroll et Fernando Alonso muteront façon caméléon au fil des tours ! Chez Audi, le rouge de l'arrière des pontons et des anneaux laisse place à du jaune, couleur du légendaire Tazio Nuvolari qui pilota en 1938-1939 pour Auto Union, l'ancêtre de la firme d'Ingolstadt. Cette décoration fait écho au lancement de la nouvelle Audi super-car hybride, baptisée Nuvolari. Enfin, Williams ajoute du violet sur ses ailerons avant.


Nostalgie toujours : Olivier Panis célèbre le 30e anniversaire de sa victoire monégasque au Nikky Beach en compagnie de sa fille Laurène et d'une soixante d'invités, pour la plupart d'anciens cadres de l'équipe Ligier. Dans l'assistance on remarque Hirotoshi Honda, le fondateur de Mugen, motoriste de la JS43 victorieuse ici en ce pluvieux 19 mai 1996. Âgé de 84 ans, le fils de Soichiro Honda pose fièrement pour les photographes auprès d'Olivier Panis. On remarque aussi Yoshi Ebihara, conseiller historique de la famille Honda et témoin privilégié du glorieux passé de la firme nipponne en Formule 1.


La neutralisation de l'aérodynamique active pour ce GP de Monaco a incité les ingénieurs à trouver de nouveaux usages pour les volumes servant à l'activation des ailerons mobiles, provisoirement privés d'utilité. On voit ainsi fleurir une ribambelle d'ailettes ou de formes plus ou moins complexes et biscornues. La palme de l'originalité revient à Mercedes et McLaren qui présentent des séries d'ailettes en cascade ! Pour le reste, McLaren continue de retoucher sa MCL40 en présentant notamment un capot-moteur plus ouvert pour améliorer le refroidissement. Aston Martin fait de même, en attendant l'arrivée d'une AMR26B annoncée pour la fin de l'été.


Essais et qualifications

Les essais du vendredi se déroulent sous le soleil. Leclerc réalise le meilleur chrono de la première séance (1'13''978''') devant Hamilton et Verstappen. Hadjar heurte le mur en sortant du deuxième S de la Piscine, tandis que Alonso abîme son Aston Martin après le tunnel. Plus tard dans l'après-midi, Hamilton confirme la bonne forme des Ferrari en signant le meilleur temps (1'13''026''') des seconds essais devant Leclerc. Norris est stoppé par une panne électrique, provenant peut-être de la batterie fournie par Mercedes, ce qui ne rassure pas sur la fiabilité des composants provenant du constructeur allemand. Pour ne rien arranger, les commissaires ne peuvent enlever rapidement la MCL40 car le bouton de désengagement de l'embrayage est oblitéré par du scotch. Comme Racing Bulls quinze jours plus tôt pour le même motif, McLaren est sanctionnée d'une amende pour manquement au règlement. Samedi, les derniers essais se déroulent sous un ciel menaçant, et Antonelli sort du bois en réalisant le meilleur temps (1'12''720''') devant les Ferrari. Bearman heurte le mur par l'arrière à Massenet.


Le soleil est de retour pour les qualifications. Celles-ci sont extrêmement serrées puisque les six premiers se tiennent en moins de quatre dixièmes. Toujours très impressionnant, Antonelli arrache sa quatrième pole position (1'12''051''') après un tour qu'il qualifie de « magique ». C'est aussi la sixième pole de Mercedes en six courses. En revanche, Russell (6e) admet manquer de confiance dans la W17. Verstappen décroche avec sa Red Bull une très belle deuxième place, à seulement 43 millièmes de la pole. Hadjar obtient le 5e temps et s'estime heureux après avoir perdu beaucoup de temps après le crash de la veille. Les Ferrari déçoivent et sont repoussées en deuxième ligne. Hamilton (3e) ne comprend pas pourquoi la SF-26 est moins rapide que la veille. Leclerc (4e) pointe de nouveau des problèmes de freins et finit par taper le rail en fin de Q3. Les McLaren-Mercedes (Norris 7e, Piastri 8e) manquent de rythme et d'équilibre, et sont clairement hors du coup ce week-end.


Gasly (9e) prend beaucoup de risques pour amener une Alpine-Mercedes instable en Q3. Colapinto (14e) n'émerge pas. Lawson place sa Racing Bulls au 10e rang après avoir modifié ses réglages. Lindblad (15e) ne parvient pas à faire monter ses pneus en température. Les Williams-Mercedes font plutôt bonne figure. Albon (11e) rate de peu la Q3 après avoir léché un rail et Sainz (12e) se satisfait des progrès de la FW48. Chez Audi, Hülkenberg (13e) endommage sa machine dans une touchette tandis que Bortoleto (16e) provoque un drapeau rouge en fin de Q1 en heurtant le rail après le tunnel. Les Haas-Ferrari (Ocon 17e, Bearman 19e) manquent de grip et échouent d'entrée de jeu. Pérez (18e) démontre les progrès de Cadillac en échouant à seulement un dixième de la Q2. Bottas (20e) concède 6/10e à son équipier et déplore une mauvaise maniabilité. Enfin, les Aston Martin-Honda (Alonso 21e, Stroll 22e) ne décollent pas du fond de grille à cause d'un terrible sous-virage.


Le Grand Prix

La course se déroule sous un franc soleil et avec une température en piste nettement plus élevée que les autres jours. Néanmoins, un seul arrêt demeure ici la norme. L'immense majorité du peloton démarre en pneus médiums (C3). Seuls Pérez, Bottas et Bortoleto prennent les pneus tendres (C4). Bortoleto démarre des stands après que son Audi a été retouchée sous parc fermé.


Départ: Antonelli démarre devant Hamilton et Leclerc tandis que le moteur de Verstappen coupe presque d'emblée. Le Néerlandais se range immédiatement sur le côté gauche et tout le monde l'évite. Norris se fait doubler à Sainte-Dévote par Piastri et Gasly.


1er tour: Sainz et Hülkenberg se frottent à l'épingle du Fairmont, tout comme Ocon et Bearman. Antonelli mène devant Hamilton, Leclerc, Hadjar, Russell, Piastri, Gasly, Norris, Lawson et Albon. Bearman arrive aux stands pour changer de pneus et de museau. Bottas et Bortoleto remplacent aussi leurs gommes. Verstappen est parvenu à redémarrer, mais rejoint aussitôt son garage et renonce.


2e: Antonelli s'envole et prend trois secondes d'avance sur Hamilton. Gasly résiste à la pression de Norris.


3e: Russell est sous enquête car il aurait été mal positionné sur la grille. Cette investigation sera classée sans suite. Alonso chausse les pneus tendres, imité par Pérez et Stroll au tour suivant.


5e: Antonelli mène devant Hamilton (4s.), Leclerc (6.2s.), Hadjar (8.2s.), Russell (11s.), Piastri (15.7s.), Gasly (18.4s.), Norris (19.5s.), Lawson (21.4s.), Albon (23s.), Sainz (25s.) et Hülkenberg (25.8s.).


7e: Antonelli porte son avance sur Hamilton à quatre secondes et demie.


9e: Antonelli compte cinq secondes d'avantage sur Hamilton, neuf secondes sur Leclerc. Pérez est puni d'un drive-through car il s'est garé sur l'emplacement de Bortoleto, parti des stands ! Il subit sa pénalité dans la foulée.


10e: Antonelli devance Hamilton (5.7s.), Leclerc (10s.), Hadjar (12.7s.), Russell (14.5s.), Piastri (20.5s.), Gasly (25s.), Norris (25.5s.), Lawson (30s.), Albon (31.4s.), Sainz (34.8s.) et Hülkenberg (26.4s.). Ocon chausse les gommes dures.


11e: Antonelli rejoint déjà le premier groupe de retardataires comprenant Bottas, Bortoleto et Bearman. Il s'en défait aisément, comme les pilotes Ferrari au tour suivant.


13e: Hamilton a repris quelques dixièmes à Antonelli à la faveur du dépassement d'attardés. Hülkenberg s'empare de pneus durs.


15e: Antonelli est premier devant Hamilton (3.4s.), Leclerc (8.2s.), Hadjar (15.7s.), Russell (16.6s.), Piastri (25s.), Gasly (31.6s.), Norris (32.2s.), Lawson (38.2s.), Albon (40s.), Sainz (44.7s.) et Colapinto (47s.).


17e: Russell menace Hadjar qui souffre de graining sur ses pneus avant. Bottas abandonne à cause d'une surchauffe de freins.


19e: Antonelli a repoussé Hamilton à cinq secondes. Hadjar est toujours à la peine et se plaint cette fois de ne pas pouvoir utiliser son premier rapport. L'ingénieur Richard Wood tente de calmer l'impétueux Français...


20e: Antonelli devance Hamilton (5s.), Leclerc (11s.), Hadjar (26s.), Russell (26.8s.), Piastri (35.3s.), Gasly (41.5s.), Norris (42s.), Lawson (48.3s.) et Albon (50s.).


21e: Hadjar bloque une roue au freinage de la chicane mais parvient à rester devant Russell.


23e: Antonelli commence à s'envoler et jouit de sept secondes et demie de marge sur Hamilton. Leclerc est relégué à treize secondes.


25e: Antonelli précède Hamilton (10s.), Leclerc (14.2s.), Hadjar (39s.), Russell (39.6s.), Piastri (42.7s.), Gasly (50s.), Norris (50.5s.), Lawson (1m.), Albon (1m. 02s.), Sainz (1m. 05s.) et Colapinto (1m. 07s.).


27e: Pressé par Russell, Hadjar court-circuite la chicane du port, suscitant la colère du son adversaire. Piastri se rapproche de ce duo.


28e: Hamilton concède douze secondes à Antonelli et voit revenir Leclerc. Il est rappelé dans les stands à la fin de ce tour.


29e: Hamilton s'empare de pneus durs lors d'un arrêt très court (2.1s.) et repart en troisième position.


30e: Antonelli est en tête devant Leclerc (15.5s.), Hamilton (33s.), Hadjar (46.6s.), Russell (47s.), Piastri (49.2s.), Gasly (56s.), Norris (56.6s.), Lawson (1m. 08s.) et Albon (1m. 11s.). Bearman renonce à cause d'une défaillance de freins.


32e: Antonelli compte dix-huit secondes d'avance sur Leclerc. Toujours bloqué derrière Hadjar, Russell chausse les enveloppes dures (2.4s.) et ressort huitième.


33e: Hadjar fait escale chez Red Bull, prend les pneus durs (3.1s.) et ressort derrière Russell. Toujours aux trousses de Gasly, Norris se plaint de coupures moteur.


34e: Antonelli devance Leclerc (18.4s.), Hamilton (33s.), Piastri (55.2s.), Gasly (1m. 01s.), Norris (1m. 02s.), Russell (1m. 12s.), Hadjar (1m. 14s.), Lawson (-1t.), Albon (-1t.), Sainz (-1t.) et Colapinto (-1t.).


35e: Hamilton écope de cinq secondes de pénalité pour un excès de vitesse aux stands (60,1 km/h au lieu de 60...). Russell fait la jonction avec Gasly et Norris.


36e: Leclerc se saisit de pneus durs (3.3s.) et repart en troisième position derrière Hamilton.


37e: Antonelli compte 33 secondes d'avance sur Hamilton lorsqu'il entre aux stands à la fin de ce tour. Colapinto prend des pneus durs.


38e: Antonelli reçoit quatre pneus blancs (2.3s.) et reste premier. Loin de là, Sainz, Lindblad, Hülkenberg et Ocon sont roues dans roues. Russell reçoit à son tour une punition de 5 secondes pour vitesse excessive aux stands.


39e: Antonelli précède Hamilton (12.6s.), Leclerc (25.4s.), Piastri (41.6s.), Gasly (49.8s.), Norris (50.4s.), Russell (51s.), Hadjar (1m. 03s.), Lawson (1m. 08s.), Albon (-1t.), Sainz (-1t.) et Lindblad (-1t.).


41e: Antonelli repousse Hamilton à plus de seize secondes. Gasly, Norris et Russell évoluent désormais dans un mouchoir.


43e: Dix-huit secondes séparent Antonelli et Hamilton. Colapinto reçoit 5 secondes de pénalité pour excès de vitesse.


44e: Norris ralentit sous le tunnel suite à une probable défaillance de batterie. Le champion du monde regagne les stands pour abandonner. Lawson chausse des pneus durs sans perdre de place. Deuxième arrêt pour Bortoleto.


45e: Gasly prend des pneus durs (3.3s.) et repart derrière Hadjar. Comme l'an passé, Williams intervertit les positions entre Albon et Sainz. Le Thaïlandais doit retenir Hülkenberg, Ocon et Colapinto pendant que son équipier s'échappe.


47e: Pressé par Lindblad, Albon tire tout droit à la chicane, mais parvient à rester devant le jeune Britannique. Ce dernier réussira ensuite à doubler le pilote Williams à Sainte-Dévote.


48e: Antonelli est premier devant Hamilton (20s.), Leclerc (27.5s.), Piastri (1m. 05s.), Russell (1m. 09s.), Hadjar (1m. 13s.), Gasly (-1t.), Lawson (-1t.), Sainz (-1t.), Lindblad (-1t.), Albon (-1t.) et Hülkenberg (-1t.).


49e: Piastri s'empare de gommes blanches (2.2s.) et recule au sixième rang derrière Hadjar.


51e: Antonelli devance Hamilton (22.4s.), Leclerc (27s.), Russell (1m. 13s.), Hadjar (-1t.), Piastri (-1t.), Gasly (-1t.), Lawson (-1t.), Sainz (-1t.) et Lindblad (-1t.).


53e: Antonelli revient sur son équipier Russell pour lui prendre un tour. Gasly est à son tour frappé de 5 secondes de pénalité pour avoir dépassé la limite des 60 km/h aux stands...


54e: Sainz chausse les pneus durs lors d'un arrêt longuet (4s.), mais réussit à repartir devant Albon qui a parfaitement rempli son office de bouchon devant Hülkenberg et Ocon. Stroll est puni de 5 secondes pour avoir plusieurs fois coupé la chicane.


55e: Antonelli améliore le record du tour (1'14''990''').


56e: Antonelli prend un tour à Russell. C'est au tour de Piastri d'être sanctionné de 5 secondes, toujours pour excès de vitesse aux stands ! Albon rétrocède la dixième place à Sainz.


58e: Antonelli précède Hamilton (26s.), Leclerc (30s.), Russell (-1t.), Hadjar (-1t.), Piastri (-1t.), Gasly (-1t.), Lawson (-1t.), Lindblad (-1t.), Sainz (-2t.), Albon (-2t.) et Hülkenberg (-2t.).


60e: Stroll heurte de face le mur à Antony Noghès, suite à un probable problème de freins. La voiture de sécurité entre en piste.


61e: Ferrari rappelle Hamilton pour lui faire subir sa pénalité et lui donner des pneus tendres. Leclerc arrive sur ces entrefaites pour recevoir le même composé et perd donc un peu de temps. Piastri observe sa pénalité et prend des gommes tendres, tout comme Hülkenberg et Alonso.


62e: Le peloton emprunte la voie des stands pour permettre l'évacuation de l'Aston Martin. Antonelli prend des pneus tendres (4.5s.). Russell stoppe chez Mercedes, reçoit aussi des gommes rouges, mais ne purge pas sa punition ! Pérez et Bortoleto changent aussi de pneus.


64e: Le peloton est regroupé derrière la Safety Car. Antonelli devance Hamilton, Leclerc, Hadjar, Russell, Gasly, Piastri, Lawson, Lindblad, Albon, Sainz, Ocon, Hülkenberg, Colapinto, Alonso, Pérez et Bortoleto. Les retardataires sont autorisés à se dédoubler


65e: La voiture de sécurité s'efface à l'issue de ce tour. Antonelli, Hamilton, Leclerc et Hadjar sont regroupés en tête. Au drapeau vert, Leclerc ne parvient pas à tourner à Antony Noghès et s'écrase dans le mur !


66e: La Safety Car réapparaît logiquement. Curieusement, ni Russell ni Gasly ne profitent de cette nouvelle interruption pour subir leurs pénalités.


68e: La direction de course brandit le drapeau rouge. En effet, il apparaît que le bitume est détérioré entre la Rascasse et Antony Noghès. La zone de freinage avant ce dernier tournant est parsemée de gravillons.


Cette interruption dure plus d'une demi-heure, le temps pour les commissaires de balayer l'asphalte entre les deux derniers virages, sous la supervision du directeur de course Rui Marques et du responsable fédéral des circuits Jorge Abed. Pendant ce temps-là, les commissaires sportifs se penchent sur les cas de George Russell et de Pierre Gasly. L'Anglais n'a pas effectué sa pénalité lors de son arrêt aux stands et écope en conséquence d'un drive-through. Quant à Gasly, il est sous le coup d'une seconde pénalité de 5 secondes pour vitesse excessive dans la ligne des stands ! Toutefois Alpine conteste la sanction et pointe un « bug » de l'instrument mesurant la vitesse des voitures dans la ligne des stands.


Quoiqu'il en soit, au bout d'une demi-heure la piste est dégagée et jugée praticable par Rui Marques. La course va reprendre pour dix tours, après un départ arrêté. Tous les pilotes repartent munis de pneus tendres. Les voitures attardées quittent en premier les stands afin de se dédoubler, puis le peloton prend la piste pour deux tours de chauffe. Sur la grille, Antonelli devance Hamilton, Hadjar, Russell, Gasly, Piastri, Lawson, Lindblad, Albon, Sainz, Ocon, Hülkenberg, Colapinto, Alonso, Pérez et Bortoleto.


Second départ: Antonelli garde l'ascendant devant Hamilton. Russell et Gasly passent devant Hadjar, mais tous deux sont sous le coup de pénalités.


71e: Russell imprime un rythme très lent et laisse Antonelli et Hamilton s'échapper. Hülkenberg heurte Sainz à la sortie de l'épingle et l'expédie contre le rail. L'Espagnol continue, puis se fait toucher par Colapinto au Portier et part en tête-à-queue. Sainz parvient à atteindre l'échappatoire et abandonne. En fin de tour, Antonelli devance Hamilton, Russell, Gasly, Hadjar, Piastri, Lawson, Lindblad, Albon et Hülkenberg.


72e: Hamilton roule à une seconde d'Antonelli. Hülkenberg déborde Albon en coupant la chicane du port. En fin de tour, Russell rejoint le stand Mercedes pour subir son drive-through.


73e: Hülkenberg rend la 8e place à Albon, mais il est sous le coup d'une sanction pour sa collision avec Sainz. Russell est reparti en 14e position.


74e: Antonelli devance Hamilton (2.1s.), Gasly (12s.), Hadjar (15.6s.), Piastri (16.3s.), Lawson (19s.), Lindblad (21s.), Albon (23.3s.), Hülkenberg (24s.), Ocon (25s.), Pérez (26.5s.) et Alonso (27.6s.).


76e: Antonelli réalise le meilleur tour de la course (1'13''481'''). Gasly fait le forcing pour perdre le moins de places après ses pénalités. Hadjar résiste à Piastri.


78e et dernier tour: Kimi Antonelli remporte sa cinquième victoire consécutive. Hamilton termine deuxième. Gasly coupe la ligne au troisième rang, mais recule en septième position suite à sa double pénalité. Hadjar hérite du podium. Piastri finit quatrième devant les Racing Bulls de Lawson et Lindblad. L'équipe italienne enregistre ainsi une belle moisson de 18 points. Albon se classe huitième devant Hülkenberg et Ocon. Viennent ensuite Pérez, Alonso, Bortoleto, Russell et Colapinto.


Hülkenberg est pénalisé de 10 secondes pour avoir heurté Sainz et recule au 13e rang. Ocon récupère la 9e place. Pérez hérite un temps du dernier point, mais il est à son tour pénalisé de 10 secondes car il s'est encore mal positionné à son emplacement sur la deuxième grille ! Il est finalement classé 15e et Alonso reçoit la 10e place.


Après la course

Le podium de ce Grand Prix de Monaco accueille deux princes: Albert II Grimaldi et Andrea Kimi Antonelli, nouveau « petit prince » du sport automobile. Quelle formidable ascension que celle du jeune Italien, passé en moins de trois ans des pelotons compacts de la FRECA au sommet de la F1 ! Après ses quatre victoires consécutives de la Chine au Canada, il avait déjà fait main basse sur cette saison 2026. Cerise sur le gâteau, voici un exceptionnel grand chelem à Monaco, qui était rien moins qu'évident puisque Ferrari devait avoir ce week-end le dessus sur Mercedes. Mais au contraire, la Flèche d'Argent d'Antonelli fut inatteignable. « Je suis très heureux, lâche le gamin de Bologne. Nous avons réalisé un très bon week-end, tout d'abord grâce à l'aileron arrière que nous avons apporté, mais aussi au revirement de situation entre vendredi et samedi. La voiture a changé de manière radicale et m'a donné beaucoup plus de confiance pour attaquer sur ce tracé. Samedi, je ne m'attendais pas à signer la pole, et ce dimanche je ne faisais qu'un avec la voiture. » Rien ne semble pouvoir faire descendre le gamin de 19 ans de son petit nuage. Même l'interruption de la course et la relance par départ arrêté ne l'ont pas ébranlé. « J'étais énormément frustré, dit,-il, parce que Hamilton s'élançait à côté de moi et, sachant à quel point les Ferrari prennent de bons départs, je me suis dit... eh bien, je ne peux pas le dire, c'était un gros mot ! Mais heureusement, le départ s'est bien passé. Hamilton a beaucoup patiné, ce qui m'a facilité la vie. Mais ce n'était pas facile de se reconcentrer après le drapeau rouge. J'essaie d'apprivoiser la pression autant que possible, car je ne veux pas qu'elle me détruise comme l'an dernier lors de la saison européenne. »


Une année pour apprendre, une autre pour gagner, le plan de carrière de Kimi Antonelli semble se dérouler à merveille. Il ne faut donc pas s'étonner de voir son mentor Toto Wolff apparaître exceptionnellement à ses côtés sur le podium pour recevoir la coupe des constructeurs ! L'Autrichien s'amuse ensuite de voir Antonelli plonger la tête la première dans le port de Monte-Carlo. Mais il n'oublie pas que de l'autre côté du garage, George Russell est au fond du trou. Archi-dominé par son équipier ce week-end, celui-ci aurait pu sauver de précieux points s'il n'avait pas été pénalisé deux fois, pour excès de vitesse aux stands, puis pour non-respect de cette punition, une « erreur opérationnelle » dixit Wolff. « Ce fut un dimanche très difficile, soupire le pilote anglais. Je suis revenu à la quatrième place, mais les deux pénalités ont ruiné mes chances. Je suis dans un état d'esprit bizarre. Jamais je n'ai connu une telle accumulation de malchances durant ma carrière. C'est d'autant plus douloureux que je bénéficie d'une voiture pour devenir champion du monde. C'est une pilule très difficile à avaler. » Russell accuse désormais un retard abyssal de 68 points sur Antonelli, et en plus glisse à la troisième place du championnat derrière Lewis Hamilton. Quand redressera-t-il la barre ?


Lewis Hamilton termine à nouveau second derrière Andrea Kimi Antonelli et affiche de nouveau un franc sourire sur le podium. C'est d'ailleurs la huitième fois qu'il monte ici sur la « boîte », égalant Ayrton Senna. En pleine confiance, le quadragénaire prend son parti de la domination des Mercedes et réaffirme sa confiance en Ferrari. « Mercedes évolue dans une autre sphère, admet-il. Ils développent bien plus d'appui aérodynamique et ont une bien meilleure traction, Mais je sais dans quelles directions nous devons travailler, donc je considère ces courses comme enrichissantes. » En revanche, Charles Leclerc explose de colère après l'accident ayant mis fin à sa course. Refusant cette fois d'endosser la moindre responsabilité, il accuse de nouveau ses freins qui selon lui font vivre un martyre depuis deux courses : « Je ne suis pas du genre à me chercher des excuses, mais là je n'ai pas les mots. Depuis deux courses, je ne sais pas où ni comment freiner. C'est inconduisible, inacceptable. » Leclerc explique par ailleurs que Hamilton ne rencontre pas ce genre de problèmes parce qu'il a choisi d'autres types de freins voilà quelques semaines. Piqué par cette sortie, Brembo, fournisseur historique de Ferrari, se fend d'un communiqué pour dénoncer les propos de Leclerc : « À ce jour, nous ne connaissons pas l'origine des problèmes rencontrés et il est prématuré de tirer des conclusions techniques définitives. »


Max Verstappen n'a pas mis longtemps à regagner son domicile monégasque, puisque son moteur Red Bull-Ford est tombé en panne au bout de deux mètres ! « Le tour de formation ne s'est pas bien passé, le moteur faisait un bruit curieux, raconte-t-il. Puis, au départ, je n'ai pas pu trouver le bon régime moteur, et lorsque j'ai lâché l'embrayage, j'ai calé net. J'ai puisé dans la batterie pour avancer, mais le moteur faisait un boucan épouvantable et il m'a fallu abandonner. C'est dommage, c'est un beau week-end gâché. » Isack Hadjar a lui aussi fait face à plusieurs pépins, mais son moteur a tenu le coup. Le Parisien grimpe sur son premier podium avec Red Bull. Un résultat d'autant plus chanceux qu'il échappe de justesse à une pénalité. Il était accusé de ne pas avoir respecté les distances sous Safety Car... « Très tôt, j'ai eu des problèmes de maniabilité, narre-t-il. J'ai rencontré des coupures moteur et j'ai dû sauter des rapports. Ici, c'est très périlleux ! Puis, à la fin, je savais que je risquais une pénalité, donc j'ai foncé comme jamais pour rester à moins de cinq secondes de Gasly et m'assurer la troisième place. » En vérité, Red Bull fait sensation ce dimanche soir pour une toute raison : publiant sa première évaluation des moteurs hybrides 2026, la FIA révèle à la surprise générale que le V6 Red Bull est le plus efficace du plateau, devant le Mercedes !


Oscar Piastri ne ramène qu'une modeste quatrième place pour ce 1000e Grand Prix de McLaren, surtout marqué par un deuxième abandon consécutif de Lando Norris sur panne technique. Fait inquiétant, comme Russell à Montréal, le champion du monde a été touché par une avarie de batterie. « J'ai entendu beaucoup de bruits curieux, raconte-t-il. Nous avons tenté plusieurs ajustements pour améliorer la situation, sans succès. Puis, tout a simplement lâché. » Relégué à près de cent points d'Antonelli, Norris n'a désormais que peu d'espoirs de conserver sa couronne, d'autant que la McLaren paraît très perfectible à tous les points de vue: « Je veux encore y croire, mais avec 98 points de retard, c'est difficile. Surtout que j'ai été relégué ici à plus d'une demi-seconde en qualifications ! Je ne comprends pas pourquoi nous étions si proches de Mercedes à Miami et si loin ici. Cela démontre que la MCL40 fonctionne pour le moment dans une fenêtre d'exploitation très spécifique. Nous devons la transformer en voiture polyvalente, comme la Mercedes. »


Pierre Gasly encaisse une rude déception. Alors qu'il croyait décrocher un superbe podium, le voici relégué au septième rang à cause de deux pénalités pour excès de vitesse qu'il juge incompréhensibles. « J'ai toujours rêvé d'un podium à Monaco, et on me l'enlève pour des raisons que je ne comprends pas ! » soupire-t-il. Cependant, chacun remarque que pas moins de cinq pilotes ont été épinglés pour cette infraction ce dimanche après-midi. Un chiffre qui paraît bien suspect. N'y aurait-il pas quelque « bug » derrière tout cela ? Flavio Briatore veut en avoir le cœur net et dépose une demande de révision qui sera examinée par la FIA le jeudi 11 juin. « J'espère qu'on me redonnera ce podium que j'estime amplement mérité », cingle Gasly.


Enfin, la jeune écurie Cadillac est passée à un cheveu d'un bel exploit. Dixième après la pénalité infligée à Nico Hülkenberg, Sergio Pérez croyait avoir l'insigne honneur d'ouvrir le compteur de la marque américaine en F1... jusqu'à ce qu'il soit à son tour sanctionné pour s'être mal garé sur la deuxième grille de départ ! Le Mexicain a dépassé son emplacement de quelques centimètres et ceux-ci permettent donc à Fernando Alonso d'inscrire un point tout à fait inespéré pour Aston Martin-Honda ! Une petite friandise pour une écurie qui va devoir intégralement réviser sa voiture dans les prochaines semaines. Sans parler du moteur Honda qui a semble-t-il joué des tours à Lance Stroll. Le Canadien donne une curieuse explication à son accident: « Le moteur accélère quand je dois freiner et vice-versa ! C'est totalement incompréhensible ! » En effet...


Sources :

- Auto hebdo n°2566, 10 juin 2026

- Challenges

Tony