Oscar PIASTRI
 O.PIASTRI
McLaren Mercedes
George RUSSELL
 G.RUSSELL
Mercedes
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari

1112th Grand Prix

XLIII Grosser Preis von Osterreich
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Spielberg
Sunday, 30 June 2024
71 laps x 4.318 km - 306.452 km
(Offset: 126 m)
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Transferts: Gasly et Stroll prolongent

Le 27 juin, Alpine F1 Team annonce le renouvellement du contrat de Pierre Gasly pour plusieurs saisons, au moins jusqu'à fin 2026. Le Rouennais déclare à cette occasion avoir faire « un choix du cœur ». Vue la physionomie du marché des transferts, il n'avait à vrai dire pas d'autre choix que de rempiler avec la firme au A fléché, malgré une saison 2024 en-dessous du médiocre. Contrairement à son équipier Esteban Ocon qui pliera bagages en fin de saison, Gasly n'a guère été approché par d'autres écuries. À peine l'annonçait-on chez Audi-Sauber en troisième choix, derrière Carlos Sainz et... Esteban Ocon. Le Normand a donc surtout sécurisé son avenir immédiat. Et il balaie les doutes légitimes qui pourraient l'assaillir face au piteux spectacle offert par Alpine-Renault, que l'on dit prête à abandonner son département moteur de Viry-Châtillon... « Je me sens très à l'aise dans cette grande équipe » dit-il sans rire. « Je suis ici depuis plus de 18 mois et j'ai toujours eu l'intention de construire un projet à long terme avec elle. Je peux encore devenir champion du monde avec Alpine. Bien que la saison ait été difficile jusqu'à présent, je reste fidèle à ce projet et n'irai nulle part ailleurs. »

 

Dans le même temps, Alpine fait le forcing pour attirer Carlos Sainz Jr. Le Madrilène, annoncé successivement chez Mercedes, Audi et enfin Williams, a récemment été approché par Bruno Famin et Flavio Briatore. Selon la presse anglaise, l'offre formulée serait particulièrement odieuse pour les hommes de Viry-Châtillon: Sainz accepterait un contrat pluriannuel en échange de l'abandon de la motorisation Renault en 2026, au profit d'un accord client avec Mercedes. Mais bien entendu, un tel montage ne se bâtit pas en quelques jours. Mercedes évolue ses capacités à fournir une troisième écurie cliente dans le cadre de la nouvelle réglementation, ce qui engendrerait un surcoût estimé à 15 millions de dollars. Du côté d'Alpine-Renault, il faudrait faire avaler l'abandon du moteur 2026, qui serait un monumental échec technique, médiatique et surtout humain, puis trancher le sort des salariés de Viry. Bref, Sainz doit faire preuve de patience s'il souhaite vraiment s'engager avec Alpine, mais ce faisant, il gèle le marché des transferts et irrite ses autres contacts. Du côté de Williams, James Vowles fait part d'une certaine impatience et évoque déjà d'éventuels « plans B » : « Je dois m'assurer d'avoir suffisamment d'options sur la table et si celles-ci disparaissent, je prendrai des mesures en souhaitant le meilleur à Carlos ». Du reste, en Autriche, un entretien Vowles - Famin est très remarqué par la presse...

 

Ce même 27 juin, Aston Martin prolonge Lance Stroll jusqu'en 2026. Une annonce qui n'étonne personne tant la position de celui-ci est décorrélée de ses performances en piste. Il est entendu une fois pour toutes que Lawrence Stroll protégera et maintiendra son fils quels que soient ses résultats. Ce qui paraît évidemment injuste quand on pense aux nombreux talents qui restent désespérément sur le seuil de la Formule 1, comme par exemple les deux derniers champions de F2 Felipe Drugovich et Théo Pourchaire. Associée à Honda à compter de 2026, Aston Martin a certes étudié la possibilité de recruter Yuki Tsunoda, le protégé de la marque japonaise, ô combien plus prometteur que Stroll, mais les négociations n'ont pas abouti, et le jeune Nippon reste dans le giron Red Bull. Une seule personne se réjouit véritablement du maintien du « fils à papa » : Fernando Alonso, assuré d'achever sa carrière aux côtés d'un équipier qui ne saurait représenter pour lui la moindre menace.

 

Présentation de l'épreuve: guérilla chez Red Bull

L'édition 2023 du GP d'Autriche s'était achevée de manière ubuesque, avec l'examen par la direction de course de plus de 1200 violations potentielles des limites de la piste, qui avait débouché sur une avalanche de punitions (douze pour huit pilotes). Il est vrai que le tracé de Spielberg est propice à ce genre de passages au large, notamment les virages 9 et 10, situés en dévers, et munis jusqu'alors de run-off goudronnés qui permettaient aux pilotes de franchir les vibreurs sans perdre d'adhérence. Par ailleurs, les pneus de 18 pouces rendent difficile la perception de la ligne fatidique. Pour remédier à cela, la FIA a ordonné de placer une bande de graviers de 2,5 m de large derrière les vibreurs des virages 9 et 10. « Comme ça, il n'y a aura plus de tentation d'explorer les limites ! » assène le directeur de course Niels Wittich. Par ailleurs, la ligne de délimitation est désormais peinte en bleue, afin d'effacer toute confusion avec les vibreurs blancs et rouges. Enfin, dans la plupart des autres virages, la ligne est déplacée pour que la distance avec les graviers soit inférieure à 2 m, soit la largeur d'une F1. Le résultat est très positif puisqu'il n'y aura qu'une seule polémique ce week-end, suite à un passage hors-limites d'Oscar Piastri en Q3.

 

La marmite Red Bull bout de nouveau dangereusement à l'orée de ce Grand Prix national. Depuis quelques semaines, Helmut Marko affichait une entente retrouvée avec Christian Horner et évoquait une « trêve » dans la lutte de pouvoir opposant les partis thaïlandais et autrichien. Mais à la veille de cette course, l'Autrichien de 81 ans ravive soudain les tensions en annonçant de son propre chef que le plan d'Horner pour relancer la carrière de Daniel Ricciardo chez Visa Cash RB avait échoué, et qu'en conséquence le pilote australien serait remplacé en 2025 par le jeune Liam Lawson ! « Racing Bulls est une équipe junior. Il est donc logique que les actionnaires souhaitent voir Lawson dans le cockpit », explique Marko au Kronen Zeitung. « Ricciardo devait être deux ou trois dixièmes plus rapide que Yuki Tsunoda, mais les choses ne se passent pas comme l'imaginait Horner. » Ni Peter Bayer ni Laurent Mekies, les deux dirigeants de RB, ni évidemment Christian Horner, ne confirment cette information qui apparaît comme une « grenade dégoupillée » dans le garage Red Bull. D'ailleurs, ce vendredi 28 juin, le Dr. Marko se tient ostensiblement à l'écart de l'hospitalité RBR...

 

Dans le même temps, les relations s'enveniment entre Horner et le clan Verstappen, allié de Marko. En effet, Jos Verstappen devait participer ce week-end à la traditionnelle Parade des Légendes organisée par le Red Bull Ring, au volant de la RB18B conduite par son fils en 2021. Mais Horner se souvient que l'ancien pilote avait ouvertement appelé à son éviction en mars dernier, au plus fort de la campagne médiatique l'accusant de « comportement inapproprié » sur une subordonnée. Rancunier, le patron de RBR obtient l'annulation pure et simple de l'exhibition de Verstappen Sr. ! « J'ai entendu qu'il avait tout fait pour m'empêcher de conduire, grogne celui-ci. J'aurais aimé qu'il me le dise en face. Ce n'est pas nécessaire pour moi, mais je trouve cela très décevant. » On peut bien sûr penser que Max Verstappen n'apprécie guère l'affront fait à son géniteur... et écoutera peut-être avec plus d'attention les sollicitations de Toto Wolff qui affirme que Mercedes est prêt « à attendre le mois de novembre » pour le recruter !

 

Interrogé à Spielberg sur ces différents sujets, Christian Horner nie d'abord être intervenu pour décommander la prestation de Jos Verstappen et évite de s'épancher sur leurs relations houleuses: « Je n'ai jamais eu de problème avec les pères des autres pilotes dans le passé. Si Jos a des problèmes, je n'ai rien à dire à ce sujet. L'important, c'est que la relation avec Max ait toujours été très bonne et très forte. » On pourrait presque le croire sur parole puisque Max Verstappen profite de la conférence de presse du jeudi pour affirmer qu'il roulera bien encore chez Red Bull en 2025. Horner se saisit de ce propos pour tacler son éternel rival, Toto Wolff: « Les pilotes qui créent les mouvements du mercato ont des informations concernant l'état d'avancement des moteurs 2026, et l'un d'eux [NDLA: Lewis Hamilton] a décidé de quitter Mercedes en conséquence... Or, Max est très clair sur cette question. Pourquoi Wolff parle-t-il de le recruter ? Uniquement pour essayer de nous déstabiliser. S'il tient tant à engager un Verstappen, peut-être que Jos serait disponible ! »

 

Vendredi soir, à l'issue des qualifications pour le sprint, la guerre des mots se poursuit chez le Taureau Rouge. Jos Verstappen affirme que les récentes victoires de Red Bull sont uniquement le fruit du talent de son fils, et prétend que ce dernier pourrait bel et bien fuir chez Mercedes. Où comment le père et le fils se contredisent en l'espace de 24 heures... Pour appuyer ses dires, Verstappen Sr. pointe les piètres prestations de l'autre RB20 pilotée par Sergio Pérez: « Quand on voit le niveau de cette voiture, on en déduit logiquement que c'est Max qui fait toute la performance dans cette équipe ! » Quant au Dr. Marko, après avoir ouvert les hostilités, il se place désormais au-dessus de la mêlée: « Je ne prends pas position entre Jos et Christian. Pour moi, leurs histoires, c'est du niveau de l'école maternelle, de la cour de récré ! »

 

McLaren apporte ce week-end un aileron avant retouché, avec de nouvelles découpes sur les déflecteurs latéraux. Ceci s'inspire de l'aileron « flexible » apparu à Monaco sur la Mercedes W15. Le grand souci des écuries est en effet d'augmenter la puissance des ailerons dans les virages lents. Pour ce faire, Mercedes et McLaren choisissent de découper les déflecteurs afin de modifier l'outwash, la répartition du flux d'air vers les côtés. L'aile se dévente ainsi à une certaine vitesse. Pour McLaren, l'objectif est d'améliorer la tenue de route dans les virages lents sans compromettre sa bonne tenue dans les courbes rapides. Cette évolution est associée à un nouveau carénage de bras de suspension.

 

Vendredi: essais et qualifications pour le sprint

En début d'après-midi se déroule l'unique séance libre, puisque le format sprint est de nouveau à l'honneur ce week-end. Verstappen s'empare du meilleur chrono (1'05''685'''), avant d'être stoppé par une panne de capteur de pression d'huile. Rien de grave cependant puisque le Hollandais reprend ensuite le volant.

 

Un peu plus tard, sous le soleil, se tiennent les qualifications pour le sprint. Verstappen s'y montre une fois encore le plus rapide (1'04''686''') et colle près d'une seconde et demie à son équipier Pérez (7e), lequel prétend avoir gêné par Ocon. Norris place sa McLaren en seconde position, à un dixième de Verstappen. Piastri (3e) suit son équipier. Chez Mercedes, Russell (4e) estime avoir trop tiré sur ses pneus tendres en SQ3 et Hamilton (6e) s'autocritique en qualifiant son pilotage de « très mauvais ». Encore une déception chez Ferrari: Sainz (5e) n'a pas grande confiance dans les pneus tendres et Leclerc (10e) est bloqué aux stands en SQ3 par son système anti-calage. Les Alpine-Renault (Ocon 8e, Gasly 9e) semblent confirmer leur regain de forme. Magnussen (11e) se montre pour une fois le plus rapide chez Haas, pendant que Hülkenberg (17e) se plaint d'un léger manque d'équilibre. Les Aston Martin (Stroll 12e, Alonso 13e) sont une nouvelle fois décevantes. L'inquiétude grandit quant aux évolution apportées à la Visa Cash RB: Tsunoda (14e) et Ricciardo (16e) sont vite éliminées. Surprise chez Williams: Sargeant (15e) s'extirpe de la SQ1 et précède Albon (19e), égaré dans ses réglages. Enfin, les Kick-Sauber (Bottas 18e, Zhou 20e) sont comme d'habitude à la traîne.

 

Le sprint

Il fait déjà très chaud (28°C) ce samedi midi pour cette course sprint. Tout le monde s'élance en gommes médiums (C2). Albon démarre des stands après des changements de réglages sous parc fermé.

 

Tour de formation: Le départ est avorté à cause d'un photographe encore présent sur la piste. La direction de course relance les bolides pour une nouvelle boucle d'installation. L'épreuve est amputée d'un tour en conséquence.

 

Départ: Verstappen reste en tête tandis que Norris contient Piastri. Suivent Russell, Sainz et Hamilton.

 

1er tour: Piastri tente en vain de déborder Norris au freinage de Remus. Sainz double Russell par l'extérieur à Schlossgold. En fin de tour, Verstappen devance Norris, Piastri, Sainz, Russell, Hamilton, Leclerc, Pérez, Magnussen et Ocon.

 

2e: Le DRS est activé. Norris n'est qu'à sept dixièmes de Verstappen. Stroll prend la 10e place à Ocon.

 

3e: Aileron mobile activé, Norris tente de déboîter Verstappen dans la descente vers Schlossgold, en vain. Piastri est aussi sur les talons de son équipier.

 

4e: Norris retente sa chance contre Verstappen au virage n°4 mais le Hollandais le serre à gauche et garde l'avantage.

 

5e: Norris plonge à l'intérieur du virage de Remus et dépasse Verstappen. Mais à la réaccélération, le Néerlandais bénéficie d'une meilleure traction, ouvre son DRS et s'engouffre hardiment à l'intérieur à Schlossgold. Déporté vers la gauche, Norris vire au large et Piastri en profite pour dépasser son équipier par l'extérieur au virage Rauch.

 

6e: Verstappen devance Piastri (0.5s.), Norris (1.2s.), Sainz (2.5s.), Russell (2.8s.), Hamilton (3.5s.), Leclerc (4.3s.), Pérez (6.6s.), Magnussen (10s.) et Stroll (10.6s.).

 

8e: Verstappen garde une demi-seconde de marge sur Piastri. Russell dépasse Sainz par l'extérieur dans la descente de Schlossgold.

 

9e: Verstappen conserve l'avantage sur les McLaren. Un peu plus loin bataillent les Mercedes et les Ferrari.

 

11e: Verstappen repousse Piastri à plus d'une seconde. L'Australien ne peut donc plus utiliser le DRS.

 

12e: Les écarts sont très stables en tête de la course. Dans le peloton, Gasly menace Ocon pour la 11e place.

 

14e: Deux secondes séparent Verstappen et Piastri. Norris évolue à seulement sept dixièmes de son équipier. Le groupe Russell est à trois secondes des McLaren.

 

16e: Norris met la pression sur Piastri sans pouvoir l'attaquer. Un peu plus loin, Russell, Sainz et Hamilton sont roue dans roue.

 

18e: Verstappen porte son avantage sur Piastri à trois secondes. Norris reste dans le sillage de son jeune collègue.

 

20e: Verstappen précède Piastri (3.6s.), Norris (4.4s.), Russell (8s.), Sainz (8.7s.), Hamilton (9.5s.), Leclerc (11.5s.) et Pérez (15s.).

 

21e: Norris a reçu deux avertissements pour franchissements des limites au virage n°1. Hülkenberg assaille Alonso à Remus pour la 14e place. Poussé vers le dégagement, l'Espagnol se fait en outre doubler par Ricciardo.

 

22e: Hamilton met la pression sur Sainz dans ces derniers kilomètres, mais il ne pourra pas conquérir la cinquième place.

 

23e et dernier tour: Max Verstappen gagne ce sprint devant les McLaren de Piastri et Norris. Russell finit quatrième devant Sainz et Hamilton. Leclerc (7e) et Pérez (8e) empochent les derniers points. Suivent Magnussen, Stroll, Ocon, Gasly, Tsunoda, Hülkenberg, Ricciardo, Alonso, Sargeant, Albon, Bottas et Zhou.

 

Quelque peu menacé par Lando Norris en début d'épreuve, Max Verstappen a néanmoins largement dominé ce sprint. Son très bon rythme et la bonne tenue de ses gommes en font un favori logique pour la suite du week-end. En revanche, son rival n°1 Norris se mord les doigts de s'être montré « trop gentil » dans sa bagarre contre le Hollandais, au point d'avoir abandonné la seconde position à son équipier Piastri. Il va longuement méditer sur cette erreur...

 

Qualifications

L'après-midi, sous une forte chaleur, Verstappen enchaîne avec une 40e pole position (1'04''314''') obtenue avec une large avance de 4/10es sur Norris. La Red Bull semble souveraine sur ce circuit sans bordure, autorisant l'assiette basse qu'affectionne la RB20. Pérez se classe huitième, à 9/10es de son équipier, faute d'avoir pu disposer de pneus neufs en fin de séance. Chez McLaren, Norris se classe deuxième mais admet que Verstappen était « inatteignable » ce samedi. Piastri signe le 3e temps, mais celui-ci est annulé pour une escapade derrière les limites de la piste au virage n°6. L'Australien est relégué en 7e position. McLaren dépose une réclamation contre cette sanction, mais les commissaires la rejetteront. Russell positionne sa Mercedes en troisième position, mais concède une demi-seconde à Verstappen. Hamilton (5e) a amélioré l'équilibre de sa W15 après un changement de réglages. Les Ferrari souffrent de rebond dans les courbes rapides, et Sainz (4e) s'en tire mieux que Leclerc (6e).

 

Les Haas peuvent viser de bons points dimanche, et cette fois Magnussen (12e) n'est pas trop distancé par Hülkenberg (9e). Ocon (10e) donne le maximum pour hisser son Alpine-Renault en Q3. Gasly (13e) se plaint d'un manque d'adhérence après un changement de set-up inopportun. Chez Visa Cash RB, Ricciardo (11e) loupe la Q3 pour 15 millièmes tandis que Tsunoda (14e) admet avoir commis des erreurs. Malgré de multiples changements de réglages, les Aston Martin (Alonso 15e, Stroll 17e) s'enfoncent toujours un peu plus dans la hiérarchie. Les Williams souffrent d'un cruel manque d'adhérence, mais cette fois Albon (16e) parvient à devancer Sargeant (19e). Enfin les Kick-Sauber (Bottas 18e, Zhou 20e), particulièrement sensibles à la chaleur ambiante, n'émergent toujours pas.

 

Yuki Tsunoda s'illustre cet après-midi par un nouveau dérapage verbal. Agacé d'être gêné par plusieurs pilotes, notamment Guanyu Zhou, à la sortie de la pit-lane, il s'emporte à la radio et qualifie ses collègues de « p*tains d'attardés » ! Or la Formule 1, parangon de vertu, ne plaisante plus avec les mouvements d'humeur. Convoqué par les commissaires, le Japonais écope d'une amende de 40 000 dollars, dont 20 000 avec sursis si aucun fait similaire n'intervient d'ici la fin de la saison. Tsunoda présente de plates excuses publiques et déclare qu'il n'avait pas bien saisi la portée du terme « attardés » en anglais. Politiquement correct, quand tu nous tiens...

 

Le Grand Prix

Comme chaque année, une marée orange envahit les tribunes du Red Bull Ring afin de bruyamment soutenir Max Verstappen qui vit un véritable troisième Grand Prix à domicile (après Zandvoort et Spa). Le ciel est voilé et le mercure a un peu baissé tout en restant élevé (28°C dans l'atmosphère, 42°C au sol). Tous les pilotes partent en gommes médiums (C2), sauf Zhou muni de pneus durs (C1). Pirelli prévoit deux arrêts. En raison de la chaleur ambiante, le pneu tendre (C3) ne sera sans doute pas utilisé. Zhou s'élance des stands après que sa machine a été modifiée sous parc fermé.

 

Départ: Verstappen demeure aux commandes pendant que Norris contient Russell en le serrant à gauche. Hamilton double Sainz en roulant derrière la ligne blanche. Leclerc heurte Piastri avec sa roue avant-gauche et endommage ainsi son aileron.

 

1er tour: Russell tente de déboîter Norris par l'extérieur au sommet de Remus, en vain. Pérez déborde Piastri à Schlossgold en le poussant sur la bordure. Leclerc en profite pour doubler le jeune Australien, mais il doit rentrer aux stands pour faire réparer sa voiture. En fin de tour, Verstappen devance Norris, Russell, Hamilton, Sainz, Pérez, Piastri, Ocon, Hülkenberg et Magnussen. Leclerc fait changer son museau et ses pneus. Sargeant remplace aussi son museau suite à un contact.

 

2e: Le DRS est activé. Verstappen se crée une avance d'une seconde sur Norris. Hülkenberg déborde Ocon après une rude bagarre.

 

3e: Hamilton assaille Russell par l'intérieur à Remus et conquiert la troisième place. Mais son cadet riposte aussitôt et reprend son bien grâce au DRS dans la descente vers Schlossgold.

 

4e: Verstappen a repoussé Norris à deux secondes. Russell contient un peloton comprenant Hamilton, Sainz, Pérez et Piastri.

 

5e: Verstappen devance Norris (2.5s.), Russell (4s.), Hamilton (4.5s.), Sainz (5.2s.), Pérez (6s.), Piastri (6.8s.), Hülkenberg (8.3s.), Ocon (9s.), Magnussen (9.6s.), Gasly (10.5s.) et Ricciardo (11.2s.).

 

6e: Verstappen porte son avance sur Norris à trois secondes. Hamilton laisse passer Sainz à Remus pour éviter une enquête après son dépassement litigieux au premier tour.

 

7e: Hamilton tente de repasser Sainz à Schlossgold, sans succès. Piastri attaque Pérez et le déborde par l'extérieur au virage Rauch.

 

9e: Verstappen précède Norris (3.9s.), Russell (6.4s.), Sainz (9s.), Hamilton (9.6s.), Piastri (11.8s.), Pérez (13.2s.), Hülkenberg (14.6s.), Ocon (15s.) et Magnussen (15.7s.).

 

10e: Magnussen et Ricciardo apparaissent aux stands pour chausser les pneus durs.

 

11e: Quatre secondes et demie séparent Verstappen et Norris. Hülkenberg et Alonso stoppent afin de mettre les enveloppes blanches. Magnussen repart derrière son équipier mais le dépasse peu après. Deux tous plus tard, l'Allemand reprendra l'ascendant.

 

12e: Verstappen devance Norris de cinq secondes, Russell de huit secondes. Albon change de pneus.

 

14e: Verstappen précède Norris (5.5s.), Russell (9s.), Sainz (10.4s.), Hamilton (12.3s.), Piastri (14.2s.), Pérez (16.8s.), Ocon (20.6s.), Gasly (21.8s.) et Tsunoda (24.2s.).

 

16e: L'intervalle entre Verstappen et Norris se stabilise. Russell perd en revanche un peu de terrain sur le pilote McLaren. Seulement 19e, Leclerc s'empare de pneus médiums.

 

18e: Verstappen porte son avantage sur Norris à six secondes. Russell est repoussé à onze secondes.

 

20e: Verstappen devance Norris (6s.), Russell (10.5s.), Sainz (13s.), Hamilton (15.2s.), Piastri (16.6s.), Pérez (20.7s.), Gasly (28.7s.), Tsunoda (32s.) et Stroll (35s.). Ocon et Bottas chaussent les gommes dures. Alonso tente de doubler Zhou à Remus, mais il rate son freinage et tamponne le Chinois, qui doit passer hors piste.

 

21e: Gasly prend les pneus durs et repart derrière son équipier Ocon. Stroll se munit de gommes jaunes.

 

22e: Hamilton rattrape un début de dérapage en entrant aux stands et ce faisant franchit la ligne blanche. Il s'empare ensuite des enveloppes blanches (2.5s.), à l'instar de Pérez (2.1s.). Tsunoda et Sargeant changent aussi d'enveloppes.

 

23e: Russell et Sainz entrent de concert, chaussent des pneus durs et ressortent dans cet ordre. L'Anglais a pris des médiums, l'Espagnol des durs. Alonso reçoit 10 secondes de pénalité pour avoir percuté Zhou.

 

24e: Verstappen apparaît aux stands et prend les pneus durs (2.7s.). Norris l'imite dans la foulée (2.6s.), mais est quelque peu gêné par le Hollandais lorsque celui-ci remet les gaz. Piastri recueille la première place. Pérez double Magnussen.

 

25e: Piastri est chez McLaren pour se saisir de gommes dures (2.1s.). Verstappen retrouve le commandement. Hamilton écope de 5 secondes de punition pour avoir franchi la ligne en entrant aux stands.

 

26e: Verstappen compte un peu moins de sept secondes d'avance sur Norris. Pérez est à la poursuite d'Hülkenberg.

 

27e: Pérez déborde Hülkenberg à Schlossgold et retrouve la septième place.

 

29e: Verstappen mène devant Norris (7s.), Russell (10s.), Sainz (13.6s.), Hamilton (16.2s.), Piastri (21.3s.), Pérez (26s.), Hülkenberg (27.5s.), Magnussen (31.5s.), Ricciardo (32.7s.), Alonso (33.4s.) et Ocon (33.8s.). Zhou s'empare de pneus médiums.

 

31e: Verstappen creuse encore légèrement l'écart sur Norris. Dans le peloton, Gasly (13e) est sur les talons de son équipier Ocon (12e).

 

32e: Pérez reçoit 5 secondes de pénalité pour un excès de vitesses dans les stands.

 

34e: Verstappen précède Norris (7.8s.), Russell (11.5s.), Sainz (15.7s.), Hamilton (18s.), Piastri (21.2s.), Pérez (30s.), Hülkenberg (36.2s.), Magnussen (40.4s.) et Ricciardo (42s.). Relégué à un tour, Leclerc rechausse des gommes médiums.

 

35e: Ocon double Alonso au virage n°1. Gasly enrhume ensuite l'Espagnol et se hisse à la hauteur de son équipier au sommet de Remus, mais celui-ci ne lui laisse aucun espace et il est contraint de virer au large. Alonso purge sa pénalité et bascule sur les pneus durs.

 

37e: Verstappen possède huit secondes de marge sur Norris, seize secondes sur Russell. Ricciardo se saisit d'enveloppes dures.

 

38e: Verstappen rencontre des soucis d'adhérence à cause de ses pneus. Magnussen prend des Pirelli durs et se relance devant Ricciardo.

 

40e: Ocon et Gasly se chamaillent entre Remus et Schlossgold. Le Rouennais finit par doubler son équipier par l'extérieur du quatrième virage. Hülkenberg prend les pneus durs et repart devant Magnussen et Ricciardo. Second arrêt aussi pour Albon.

 

41e: Verstappen devance Norris (7.3s.), Russell (16.2s.), Sainz (20.5s.), Hamilton (23.2s.), Piastri (24.8s.), Pérez (39.5s.), Gasly (57s.), Ocon (57.5s.) et Tsunoda (1m. 01s.).

 

43e: L'écart entre Verstappen et Norris tombe à six secondes. Gasly chausse les gommes médiums et repart derrière les Haas et la RB de Ricciardo. Bottas prend des pneus durs. Ocon perd un élément de refroidissement en escaladant un vibreur.

 

44e: Ocon bascule à son tour sur les pneus jaunes et glisse derrière son équipier. Stroll prend pour sa part les enveloppes dures.

 

45e: Six secondes et demie séparent les deux leaders. Piastri menace Hamilton. Tsunoda se saisit de Pirelli blancs. Albon prend 5 secondes de pénalité pour avoir mordu la ligne d'entrée aux stands.

 

46e: Gêné par une bagarre entre Stroll et Tsunoda, Russell passe chez Mercedes pour prendre les pneus durs (2.3s.) et se relance sixième, devant Pérez.

 

47e: Sainz se saisit de pneus médiums (2.4s.) et repart derrière Russell. Piastri déborde Hamilton par l'extérieur à Remus.

 

49e: Verstappen devance Norris (7s.), Piastri (27s.), Hamilton (27.7s.), Russell (37.7s.), Sainz (42.5s.), Pérez (46s.), Hülkenberg (1m. 10s.), Magnussen (1m. 11s.), Ricciardo (-1t.), Leclerc (-1t.) et Gasly (-1t.).

 

50e: Gasly déborde Leclerc au virage de Remus et grimpe en 11e position.

 

51e: Verstappen déclare que ses pneus sont « morts ». Cependant, c'est Norris qui loupe son freinage au virage n°3 et vire très au large. Les deux leaders entent aux stands en fin de tour.

 

52e: Verstappen chausse des pneus médiums usagés lors d'un arrêt fort long (6.5s.) à cause d'un écrou capricieux. En revanche, Norris se saisit très rapidement de pneus jaunes neufs (2.9s.). Peu après, Verstappen perd du temps lors d'un mauvais freinage à Schlossgold. Piastri s'empare aussi de gommes médiums (2.1s.), tout comme Pérez qui subit en outre sa pénalité.

 

53e: Norris n'est plus qu'à une seconde de Verstappen. Pérez efface Ricciardo. Leclerc prend des gommes jaunes et tombe au 18e rang.

 

54e: Norris roule à six dixièmes de Verstappen et peut donc actionner le DRS. Hamilton purge sa pénalité et prend des pneus médiums. Il repart en cinquième position derrière Piastri.

 

55e: Norris esquisse des manœuvres d'intimidation contre Verstappen qui se plaint d'un grave déficit de grip.

 

56e: Les deux leaders rencontrent des attardés. Verstappen reprend un peu de champ à cette occasion. Pérez dépasse Magnussen.

 

58e: Norris est de nouveau dans les roues de Verstappen. Mais il se voit adresser le drapeau noir et blanc pour avoir franchi les limites de la piste. La prochaine incartade lui vaudra une pénalité...

 

59e: Norris joue son va-tout: il assaille Verstappen par l'intérieur à Remus. Le Hollandais louvoie au freinage. L'Anglais bloque une roue et vire au large, derrière la ligne. Il retrouve le bitume devant son adversaire et il lui rétrocède la position pour éviter une pénalité. Mais son infraction reste caractérisée et selon toute logique, Norris devrait tout de même être puni. Néanmoins celui-ci estime que Verstappen, ne lui laissant aucun espace, ne lui a pas laissé d'autre choix que de franchir les limites.

 

60e: Verstappen est premier devant Norris (0.6s.), Russell (15.7s.), Sainz (18.4s.), Piastri (20s.), Hamilton (39s.), Hülkenberg (57s.), Pérez (57.7s.), Magnussen (1m.), Ricciardo (1m. 02s.) et Gasly (1m. 03s.). Leclerc remonte avec ses pneus neufs et émerge au 14e rang.

 

61e: Norris prend l'aspiration de Verstappen dans la descente vers Schlossgold, mais Verstappen ferme habilement toutes les portes.

 

63e: Norris se jette à l'intérieur au virage n°3, mais Verstappen vire aussitôt derrière la ligne pour éviter la collision. Dans le doute, le pilote McLaren laisse le Hollandais reprendre l'ascendant à la réaccélération...

 

64e: DRS ouvert, Norris se décale cette fois à l'extérieur au sommet de Remus. Mais Verstappen braque à gauche au freinage, et leurs roues s'entrechoquent rudement à deux reprises. Les deux pilotes atterrissent dans le dégagement. Verstappen subit une crevaison instantanée à l'arrière-gauche, mais retrouve tout de même le bitume en premier. Norris esquisse une nouvelle attaque, mais il s'aperçoit bien vite que McLaren est aussi très touchée. Il double un Verstappen clopin-clopant à Schlossgold, puis crève à son tour et est rappelé aux stands. Russell hérite des commandes de l'épreuve !

 

65e: Piastri déborde Sainz par l'extérieur à Würth et conquiert ainsi la deuxième place. Norris rejoint son garage avec un pneu déchapé et abandonne, car son fond plat et sa carrosserie sont très abîmés. Ironie du sort: il reçoit au même instant une pénalité de 5 secondes pour passage hors-piste... Verstappen parvient aussi à son stand, chausse des pneus tendres et repart en cinquième position.

 

66e: La « voiture de sécurité virtuelle » est enclenchée pour permettre aux commissaires de ramasser quelques débris. Russell n'a que deux secondes d'avance sur Piastri. « George, tu peux gagner ! » lui lance par radio Toto Wolff. « Fous-moi la paix ! » lui répond le jeune Anglais.

 

67e: Le drapeau vert est agité. Russell met la gomme et repousse le menaçant Piastri à trois secondes. Sainz n'est qu'à quatre secondes du leader. Verstappen est jugé responsable de la collision avec Norris et reçoit 10 secondes de pénalité.

 

68e: Russell mène devant Piastri (2.8s.), Sainz (4.6s.), Hamilton (21s.), Verstappen (32.4s.), Hülkenberg (48.5s.), Pérez (49s.), Magnussen (53.6s.), Ricciardo (54.6s.) et Gasly (55.2s.). Leclerc pourchasse Ocon pour la 11e place.

 

70e: Russell garde deux secondes d'avance sur Piastri. Pérez trépigne derrière Hülkenberg. Il le double à Remus, le pilote Haas contre-attaque victorieusement grâce au DRS au virage n°4. Après avoir chaussé des pneus frais, Alonso signe le meilleur tour de la course (1'07''694''').

 

71e et dernier tour: George Russell remporte le GP d'Autriche devant Piastri et Sainz. Hamilton se classe quatrième. Verstappen finit seulement cinquième, mais sa pénalité lui est indolore. Hülkenberg (6e) et Magnussen (8e) offrent 12 points à Haas. Pérez est un piètre septième. Ricciardo (9e) et Gasly (10e) prennent les derniers points. Suivent Leclerc, Ocon, Stroll, Albon, Tsunoda, Bottas, Zhou, Alonso et Sargeant. Albon recule d'un rang en raison de sa pénalité.

 

Après la course: fin de disette pour Russell et Mercedes

George Russell décroche sa seconde victoire en F1, un an et demi après la première à Interlagos en 2022. Ce succès doit certes beaucoup à la collision entre Max Verstappen et Lando Norris. Dans la « cool room » qui précède le podium, il ne peut s'empêcher de s'esclaffer en voyant les images de l'accrochage. « Je voyais sur les écrans géants que la bagarre était intense entre Max et Lando, raconte-t-il. Je me doutais que celui-ci allait tout faire pour gagner. J'ai fait une partie de padel avec lui hier soir, et j'ai constaté qu'il était très énervé du résultat du sprint. » Mais Russell n'envisageait pas une collision, et encore moins de recueillir la victoire. « Je n'en croyais pas mes yeux. L'équipe a fait un travail extraordinaire pour nous permettre de nous battre ce week-end, et je ne pouvais pas laisser filer cette opportunité. » D'autant que l'homme au casque cyan avait laissé échapper une victoire trois semaines plus tôt au Canada. Cette fois, Russell a été irréprochable et n'a pas tremblé face au retour d'Oscar Piastri dans les derniers tours: « En fait, lorsque Lando et Max se sont accrochés, je n'ai pas cru que c'était gagné, car mes pneus étaient en piètre état, et Piastri était menaçant avec ses pneus durs. Mais la VSC m'a légèrement aidé pour soulager les gommes en surchauffe. »

 

Cette victoire, certes un peu chanceuse, couronne néanmoins les efforts de développement accomplis par Mercedes en cette saison 2024. « Bien sûr, il y a encore du travail à abattre pour jouer régulièrement le podium, concède Russell, mais si l'on regarde les progrès accomplis depuis Bahreïn, par rapport à Aston Martin ou même Ferrari, c'est énorme ! » « Même si sur le plan du rythme, nous étions la troisième voiture ce week-end, on ne va pas se mentir, cette victoire fait beaucoup de bien ! renchérit Toto Wolff. Nous nous améliorons course après course et cette tendance s'affirme. Il y a maintenant une vraie dynamique et je pense que bientôt on pourra jouer la victoire à la régulière. » C'est ce que souhaite Lewis Hamilton qui n'a pas eu la bonne fortune de son jeune équipier. Composant avec un plancher endommagé dès le départ, le septuple champion du monde, seulement 4e, ne peut que jalouser Russell. Il court après les lauriers depuis Djeddah en 2021...

 

McLaren se console un peu de l'abandon de Norris avec la belle seconde place d'Oscar Piastri. Celui-ci nourrit quand même des regrets. Il ne digère pas sa sanction de la veille pour franchissement des limites de la piste et estime que cela lui a fait perdre une possible victoire. Par ailleurs, deux chocs lors du premier tour avec Charles Leclerc et Sergio Pérez ne lui ont pas facilité la tâche. « Il y a beaucoup de 'si' et de 'peut-être' depuis hier, constate-t-il. C'est mon quatrième podium en F1, mais je suis très près de gagner. Je suis heureux, on marque de bons points mais... c'était très proche d'être encore mieux ! »

 

Ferrari a vécu un nouveau week-end mitigé. Si Carlos Sainz grimpe sur le podium, Charles Leclerc a vu sa course ruinée dans un accrochage au premier tour. Pis : la Rossa semble avoir glissé au quatrième rang de la hiérarchie, derrière McLaren et Mercedes. Frédéric Vasseur révèle cependant que le team a complètement changé les réglages de la SF-24 entre le sprint et les qualifications, avec un résultat heureux. Il exclut par ailleurs d'abandonner le nouveau fond plat qui, selon certaines voix internes, serait responsable du récent recul de la Scuderia. Mais les pilotes soulignent en outre que la SF-24 rebondit de façon inquiétante dans les courbes rapides. « Cela fait deux week-ends que nous sommes à la peine, admet Sainz, et nous allons essayer d'apporter à Silverstone un package qui nous permettra d'être un peu plus performants dans les virages à haute vitesse, parce que c'est clairement notre faiblesse. Ici, Verstappen était beaucoup plus rapide dans ces courbes, mais Mercedes et McLaren avaient aussi une nette avance sur nous. Et Silverstone est le circuit roi en la matière. Nous devons donc faire un pas en avant là-bas. » Le rendez-vous est pris.

 

Verstappen - Norris: premier clash

Au soir de ce Grand Prix d'Autriche, la grande question est de savoir si la belle amitié entre Max Verstappen et Lando Norris survivra à leur stupide accrochage du 64e tour. Certes, cet incident ne vient pas de nulle part. La rivalité grandit depuis quelques courses entre les deux jeunes gens, et chacun se souvient de la manœuvre de défense agressive de Norris contre Verstappen au départ du GP d'Espagne, huit jours plus tôt. « Je vais lui offrir un miroir pour son anniversaire ! » avait alors grincé le Néerlandais. Ce dimanche soir, à Spielberg, c'est l'Anglais qui ne rit plus: « Je m'attendais à une défense rude, mais respectueuse. Ce ne fut hélas pas le cas. Max semblait un peu désespéré à l'idée de se faire dépasser. Or, une telle défense n'était pas nécessaire quand on a comme lui tant de victoires à son actif. Il a violé les règles à trois reprises et n'a eu droit à aucune réprimande. A la quatrième, il nous a mis dehors. Je n'en appelle pas au tribunal populaire, mais c'est à la FIA de trancher désormais. Quant à lui, j'attends qu'il me présente ses excuses, parce que sinon j'aurais beaucoup moins de respect pour lui. » Norris est soutenu par son patron Andrea Stella: « Verstappen n'avait aucune raison de réagir ainsi. Le monde ne va pas s'arrêter s'il se fait doubler. Il ne roulait pas pour sa première victoire ! »

 

Cependant, non seulement Max Verstappen refuse d'admettre une quelconque responsabilité, mais il estime que la pénalité de 10 secondes qui lui a été infligée est trop sévère ! On retrouve là le « Mad Max » de jadis, d'avant son premier titre mondial, un jeune homme dur, hautain, d'une mauvaise foi à toute épreuve: « Je pense qu'au début, comme les premiers mouvements de Lando venaient d'assez loin, ma défense était correcte. Mais lors de notre collision, il a été un peu maladroit. J'ai laissé la largeur d'une voiture jusqu'à la ligne blanche. Lando avait encore de la place sur sa gauche, sur le vibreur. Quand vous courez, vous courez de manière dure, pas pour finir deuxième. » Et lorsque le journaliste de Canal + Laurent Dupin lui suggère qu'il aurait pu laisser filer Norris, vu son avance au championnat, Verstappen s'agace: « Oui, c'est ça, et j'aurais pu rester sur mon canapé aussi !... » Comme Norris est appuyé par Stella, Verstappen est entièrement soutenu par Christian Horner, qui ajoute toutefois son acidité habituelle: « Norris a dépassé les limites quatre fois, il allait avoir une pénalité et a été trop ambitieux. Il a sans doute eu une gueule de bois après le sprint d'hier. Max l'a dépassé sans DRS dans le virage 4, puis il s'est fait agresser par son coéquipier. Il avait les boules... » Toutefois, Verstappen n'oublie pas de tacler son équipe pour son second arrêt aux stands raté qui a permis à Norris de le rattraper en fin d'épreuve. « Nous avons beaucoup de choses à revoir après ce week-end », lâche le Batave, sévère ?

 

Max Verstappen et Lando Norris pourront chacun prendre leur revanche dès la semaine suivante à Silverstone, pour le Grand Prix de Grande-Bretagne. Quel sera alors leur état d'esprit ? En tout cas, ce dimanche soir, chacun note que, contrairement à leurs habitudes, les deux jeunes gens ne prennent pas le même avion pour regagner leurs pénates...

 

Sources :

- Auto Hebdo n°2469, 3 juillet 2024

- https://f1i.autojournal.fr/magazine/magazine-technique/la-technique-en-autriche-pourquoi-la-red-bull

- https://motorsport.nextgen-auto.com/fr/

Tony