Lando NORRIS
 L.NORRIS
McLaren Mercedes
Carlos SAINZ
 C.SAINZ
Ferrari
Lewis HAMILTON
 L.HAMILTON
Mercedes

1094th Grand Prix

XIV Singapore Grand Prix
Night
Singapore
Sunday, 17 September 2023
62 laps x 4.940 km - 306.143 km
(Offset: 137 m)
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F1
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Présentation de l'épreuve

Après le Grand Prix d'Italie, Helmut Marko s'est distingué par une pique malvenue à l'égard de Sergio Pérez. Invité à commenter les performances de son pilote par Servus TV, un média appartenant au groupe Red Bull, l'Autrichien estime que celui-ci « a des problèmes en qualifications. Il fluctue, il est Sud-Américain et il n'est tout simplement pas aussi concentré que ne le sont Sebastian Vettel ou Max Verstappen. » Ce dérapage « essentialiste » et très approximatif sur les origines latino-américaines de Pérez valent à Marko un torrent de protestations indignées sur les réseaux sociaux. Il tente maladroitement de clarifier sa pensée: « Je voulais dire qu'un Mexicain a une mentalité différente qu'un Allemand ou un Néerlandais. Mais qui sait, peut-être que Checo contrôle parfaitement la situation. » Ces propos tendancieux ne font que raviver la polémique. Finalement, officiellement réprimandé par la FIA, Marko présente ses plates excuses à Pérez qui les accepte et déclare à Singapour que l'incident est clos.

 

Toutefois, la controverse n'est pas tout à fait éteinte. Lewis Hamilton, prompt à voir du racisme un peu partout, s'en empare, et dézingue l'éminence grise de Red Bull: « Ce que Marko a dit est tout à fait inacceptable. Alors que nous martelons qu'il n'y a pas de place pour la discrimination dans ce sport, le fait que des dirigeants fassent des commentaires de ce genre n'est pas bon pour l'avenir. Cela met en évidence le travail qui reste à faire. Et ce sera difficile s'il y a des gens au sommet qui ont ce genre de mentalités. Je ne suis pas surpris, pour être honnête. » De toute évidence, Helmut Marko a commis là une grave maladresse médiatique. Celle-ci permet en effet à Pérez de passer pour une victime (même à son corps défendant), alors que ses performances sont en deçà des attentes de son écurie. Surtout, cette déclaration quelque peu déphasée pose la question de la pertinence du maintien d'un octogénaire à la tête du programme F1 du groupe Red Bull. On sait qu'Oliver Mintzlaff, nouveau directeur des programmes sportifs de la firme, n'entend pas conserver Marko pendant encore de longues années. Ce type de dérapage pourrait précipiter sa sortie de route définitive...

 

Le circuit de Singapour apparaît profondément modifié. Suite à des travaux d'aménagement de Marina Bay, le cœur historique de la Cité-État, le passage des bolides autour et sous la gigantesque tribune du troisième secteur disparaît. Les anciens virages n°16 à 19 sont supprimés et remplacés par une ligne droite de 400 mètres sur Raffles Avenue. Les chronos vont ainsi être améliorés d'environ cinq à six secondes. En conséquence, le Grand Prix est rallongé d'un tour. Certains verront dans ce changement de tracé un effacement symbolique du « crashgate » de 2008, à l'heure où Felipe Massa intente une action en justice pour récupérer la couronne mondiale perdue cette année-là... Plus sérieusement, les pilotes auraient souhaité que la nouvelle ligne droite accueille une quatrième zone de DRS, nonobstant la présence d'une grosse bosse en amont dans la courbe n°15, mais la fédération ne donne pas suite à cette demande. Ce nouveau tracé donne toutefois satisfaction au peloton, avec toutefois un bémol: certains vibreurs sont trop hauts, notamment dans le dernier virage. Les F1 de nouvelle génération sont en effet très sensibles au changement d'élévation et plus facilement déstabilisées sur les trottoirs en raison d'une hauteur de caisse moins élevée. Lance Stroll en fera l'expérience samedi soir...

 

La FIA introduit ce week-end une directive technique visant à encadrer la flexibilité des ailerons des Formules 1. Pour Tim Goss, directeur technique chargé des monoplaces auprès de la fédération, il s'agit d'effacer les éventuelles zones grises dans lesquelles pourraient s'engouffrer des ingénieurs un peu trop futés: « Le point important est que tous les composants aérodynamiques ou la carrosserie qui influencent les performances aérodynamiques de la voiture doivent être fixés de manière rigide. Ils doivent aussi être immobiles par rapport à leur cadre de référence et utiliser une surface uniforme, solide, dure et continue en toutes circonstances. Mais il est évident que tout ne peut pas être totalement rigide. Nous avons donc une série de tests de déviation de charge qui définissent le degré de flexion des éléments et nous les adaptons pour figurer ce que les équipes essaient de réaliser sur la piste, afin de leur imposer des limites raisonnables. ». Goss précise que jusqu'ici aucune infraction n'a été constatée et que cette directive a été élaborée avec les équipes pour clarifier tous les points litigieux. Il conclut en faisant de ce travail un exemple de collaboration intelligente entre la fédération et les constructeurs.

 

Le 14 septembre, Alfa Romeo-Sauber confirme la présence de ses pilotes Valtteri Bottas et Guanyu Zhou en 2024. Malgré ses performances en demi-teinte et une motivation chancelante, le Finlandais bénéficie de l'activation d'une option et poursuit donc l'aventure avec le team suisse. A terme, Bottas aimerait devenir le fer de lance de la future collaboration avec Audi qui deviendra opérationnelle en 2026, même s'il a déjà des rivaux d'expérience à cet égard, comme Carlos Sainz et Nico Hülkenberg qui ont fait part de leur intérêt pour ce projet. Quant à Zhou, son contrat est renouvelé pour une saison seulement alors qu'il espérait un engagement à plus long terme. Au moins sa prolongation balaie les rumeurs de défauts de paiement de certains sponsors chinois. Enfin, Théo Pourchaire, actuel leader du championnat du monde de F2, conservera son rôle de réserviste. Le jeune Français est déçu de ne pas être titularisé, mais nul doute qu'il guigne le baquet de Zhou pour 2025. Alessandro Alunni Bravi justifie ce statu quo par l'harmonie qui règne entre ses pilotes. En vérité, l'hypothèse d'un bouleversement a été sérieusement envisagé, justement en raison de la trop bonne entente entre Bottas et Zhou dont les retours techniques seraient trop similaires. Sauber aurait même pris langue avec Nico Hülkenberg, mais ce dernier a préféré rester pour l'instant chez Haas.

 

Toujours invaincue en 2023, Red Bull peut mathématiquement décrocher ce week-end son sixième titre mondial des constructeurs, mais cela paraît peu probable car il lui faudrait engranger 43 points de plus que Mercedes, sa poursuivante immédiate. Ainsi, RBR n'obtiendrait la couronne qu'en cas de doublé accompagné d'un zéro pointé des Flèches noires, ce qui paraît peu probable... Max Verstappen lorgne pour sa part sur une onzième victoire consécutive, mais il n'a jamais gagné à Singapour et ce circuit urbain très atypique l'enjoint à la prudence. Il laisse même entendre que la RB19 pourrait avoir ici quelques difficultés...

 

Daniel Ricciardo est de retour dans le garage AlphaTauri. La main dans le plâtre, il se contente de participer aux réunions techniques. L'Australien ne devrait effectuer son retour au volant qu'au GP du Qatar, voire au GP des Etats-Unis. C'est de nouveau Liam Lawson qui le supplantera huit jours plus tard à Suzuka. Or, le jeune Kiwi effectue de brillants débuts en Formule 1 et est devenu un candidat très sérieux à la titularisation en 2024. Peter Bayer, nouveau président d'AlphaTauri, admet faire face à un dilemme pour choisir le futur équipier de Yuki Tsunoda, lequel devrait être prolongé pour une saison supplémentaire. Pendant ce temps-là, la presse relaie plusieurs rumeurs quant à l'identité du futur sponsor qui donnera son nom à la petite scuderia la saison prochaine. Si Hugo Boss paraissait tenir la corde fin août, on parle désormais d'un partenariat avec Adidas...

 

McLaren adopte pour les GP de Singapour et du Japon une livrée spéciale élaborée avec un de ses principaux sponsors, la plate-forme d'échange OKX. Baptisée « stealth » (furtive), cette robe met davantage l'accent sur le noir que sur l'orange papaye des MCL60. Williams étrenne pour sa part une belle livrée « Gulf » bleue et orange, choisie après un sondage auprès des fans et qui sera de mise pour les trois prochains Grands Prix.

 

Sur le plan technique, Red Bull et Ferrari apportent des ailerons arrière spécialement conçus pour le circuit de Singapour. L'Alpine A523 est dotée de nouvelles entrées d'air et un beam wing remodelé. McLaren introduit une grosse évolution uniquement destinée à Norris. Les dérives d'aileron, les entrées d'air des pontons, le capot moteur, la géométrie des suspensions, le beam wing... tout ou presque a été modifié sur la MCL60 du jeune Anglais. L'objectif est de rendre la McLaren plus efficace dans les virages lents, son talon d'Achille. Alfa Romeo inaugure un nouveau diffuseur travaillant avec un plancher retravaillé, ainsi qu'un aileron avant apportant un peu plus d'appui. L'AlphaTauri reçoit un nouveau plancher et surtout de nouvelles entrées d'air très apparentées à celles de la Red Bull. Enfin, Haas annonce l'arrivée d'une version B de sa VF-23 pour le GP des Etats-Unis.

 

Essais et qualifications

Vendredi, peu avant le crépuscule, Leclerc réalise le meilleur chrono des premiers essais (1'33''350''') devant son équipier Sainz et Verstappen. Cette séance est perturbée par un lézard suicidaire qui traverse la piste à petits pas au virage n°9... et est miraculeusement évité par plusieurs bolides. Un peu plus tard, alors que la nuit est tombée sur Singapour, Sainz confirme la bonne forme des Ferrari (1'32''120''') en précédant Leclerc en haut de la feuille des temps. Les Red Bull (Pérez 7e, Verstappen 8e) souffrent d'un sérieux manque d'équilibre et alternent entre survirage et sous-virage. Samedi, en début de soirée, Sainz confirme son ascendant lors des derniers essais (1'32''065'''). Il devance Russell et Norris, tandis que les Red Bull n'émergent toujours pas.

 

Les qualifications sont longuement interrompues par un gros « carton » de Lance Stroll. Dans les derniers instants de la Q1, le Montréalais approche de l'ultime courbe à 250 km/h lorsqu'il escalade le haut vibreur critiqué par les pilotes. Immédiatement déstabilisée, l'Aston Martin percute de face la barrière de Tecpro avec une rare violence, pirouette plusieurs fois sur elle-même avant de s'immobiliser en piste, où Lando Norris l'évite de justesse. Le drapeau rouge est brandi et une longue interruption est nécessaire pour réparer les glissières. Stroll est pour sa part transféré au centre médical du circuit pour passer des examens qui par bonheur ne révèlent aucune blessure.

 

Confirmant sa domination des essais, Sainz réalise sa deuxième pole position consécutive (1'30''984'''). Leclerc se classe troisième sur l'autre Ferrari, à huit centièmes seulement de son équipier. Chez Mercedes, Russell (2e) échoue à seulement 72 millièmes de Sainz mais a économisé un train de pneus médiums. Mécontent de ses réglages, Hamilton (5e) est beaucoup plus loin, à une demi-seconde de la pole. Norris conduit sa McLaren améliorée en quatrième position. Piastri (17e) est en revanche piégé par l'accident de Stroll qui survient alors qu'il accomplissait son dernier chrono en Q1. Alonso obtient la septième place avec son Aston Martin tandis que Stroll se retrouve de nouveau 20e et dernier après son crash. Les Haas-Ferrari brillent et atteignent toutes deux la Q3 pour la première fois en 2023. Magnussen (6e) devance même Hülkenberg (9e). Ocon (8e) retrouve enfin la dernière manche des qualifications et salue les progrès de l'Alpine-Renault. Toutefois son équipier Gasly (12e) échoue en Q2.

 

Chez AlphaTauri, Lawson (10e) se met de nouveau en valeur et atteint sa première Q3 dès son troisième Grand Prix, aux dépens de Verstappen qu'il élimine en Q2 pour 7 millièmes ! Tsunoda (15e) est gêné par Verstappen puis commet une erreur dans son dernier tour lancé. Red Bull vit un samedi de cauchemar à cause d'une RB19 beaucoup trop instable au freinage. Verstappen (11e) est éliminé dès la Q2, et peut même s'estimer heureux de ne pas être sanctionné car il est resté trop longtemps bloqué dans l'allée des stands, puis a gêné Tsunoda et Sargeant. Seule son obstruction sur le Japonais lui vaut une réprimande. Pérez (13e) ne fait pas mieux et s'offre un tête-à-queue. Comme attendu, la Williams est peu à l'aise sur ce tracé sinueux. Albon (15e) se contente de franchir la Q2 et Sargeant (18e) concède six dixièmes à son équipier en Q1. Enfin, les Alfa Romeo (Bottas 16e, Zhou 19e), mal réglées, passent aussitôt à la trappe.

 

Le Grand Prix

Dimanche matin, Lance Stroll se réveille avec de fortes courbatures suite à son terrifiant accident de la veille au cours duquel il a tout de même encaissé un choc de 29 g. Comme sa monoplace, très endommagée, n'est pas encore tout à fait réparée, il préfère sagement déclarer forfait pour le Grand Prix.

 

Ce dimanche soir, il fait très chaud (30°C) sur Marina Bay et le taux d'humidité dépasse les 60 %. La course s'annonce ainsi exténuante. Pirelli ne prévoit qu'un seul pit-stop. La plupart des pilotes partent avec les pneus médiums (C4). Leclerc, Tsunoda, Piastri et Zhou sont cependant en pneus tendres (C5) tandis que Verstappen, Pérez et Bottas ont pris les gommes dures (C3) avec l'espoir d'aller le plus loin possible avec ce composé, jusqu'à une probable neutralisation qui leur offrirait un arrêt tardif et indolore.

 

Départ: Sainz conserve la première place tandis que Leclerc, bien parti avec ses pneus tendres, déborde Russell par l'extérieur au premier tournant. Hamilton dépasse Norris, puis se retrouve coincé à droite par Russell et tire tour droit vers l'échappatoire. Il se réinsère devant Russell et Norris.

 

1er tour: Hamilton garde sa troisième place tandis que Ocon repousse une attaque de Magnussen. Sainz devance Leclerc, Hamilton, Russell, Norris, Alonso, Ocon, Magnussen, Hülkenberg et Verstappen. Suite à un rude contact avec Pérez au virage n°5, Tsunoda se gare dans l'échappatoire du virage n°14 avec une crevaison et un ponton endommagé.

 

2e: Sainz possède une seconde et deux dixièmes d'avance sur Leclerc. Hamilton ouvre la voie à Russell et se retrouve menacé par Norris. Verstappen prend la 9e place à Hülkenberg. L'AlphaTauri de Tsunoda a été rapidement dégagée. Zhou chausse déjà les pneus durs.

 

3e: Hamilton reste devant Norris, à la grande colère de celui-ci qui demande à McLaren d'agir auprès de la direction de course. Verstappen attaque Magnussen qui se défend fermement.

 

4e: Norris repasse devant Hamilton qui ne résiste pas, sans doute par crainte d'une pénalité suite à sa manœuvre du départ.

 

5e: Sainz précède Leclerc (0.7s.), Russell (2.5s.), Norris (4.4s.), Hamilton (5.6s.), Alonso (6.5s.), Ocon (7s.), Magnussen (7.9s.), Verstappen (8.2s.), Hülkenberg (8.8s.), Gasly (9s.) et Lawson (9.8s.).

 

6e: Verstappen déborde Magnussen au virage de Connaught et conquiert ainsi la huitième place. Son équipier Pérez est seulement 13e.

 

7e: Leclerc demeure sur les talons de son équipier Sainz. Neuf dixièmes les séparent. Russell roule à deux secondes du leader.

 

9e: Sainz signe le meilleur tour (1'39''626''') mais n'a toujours que quelques dixièmes de marge sur Leclerc.

 

10e: Sainz mène devant Leclerc (1.3s.), Russell (2.8s.), Norris (4s.), Hamilton (5.5s.), Alonso (8.5s.), Ocon (9.4s.), Verstappen (10.3s.), Magnussen (13s.), Hülkenberg (13.7s.), Gasly (14.2s.), Lawson (15.4s.), Pérez (16.6s.) et Piastri (17.8s.).

 

11e: Les pneus tendres de Leclerc commencent à s'user. Le Monégasque concède maintenant une seconde et demie à Sainz.

 

13e: Verstappen, en pneus durs, ne parvient pas à rejoindre le duo Alonso - Ocon. Gasly menace Hülkenberg pour la 10e place.

 

14e: Sainz porte son avantage sur Leclerc à deux secondes et demie. Russell, Norris et Hamilton évoluent dans la même seconde.

 

15e: Menacé par le groupe Russell, Leclerc réagit et améliore le record du tour (1'39''613''').

 

16e: Sainz précède Leclerc (2.3s.), Russell (4.1s.), Norris (5.3s.), Hamilton (6.6s.), Alonso (9s.), Ocon (10.4s.), Verstappen (12.2s.), Magnussen (15.6s.), Hülkenberg (16.5s.), Gasly (17.1s.) et Lawson (18.4s.).

 

18e: Sainz est de plus en plus rapide et repousse Leclerc à trois secondes. Russell est à cinq secondes et demie du Madrilène. Pérez (13e) est toujours bloqué derrière Lawson.

 

19e: Sargeant manque son freinage au virage de Stamford et heurte le muret par l'avant, à faible allure. Le Floridien fait demi-tour et repart, mais un gros morceau de son aileron avant est coincé sous son plancher. Il sème ainsi une foule de débris de carbone.

 

20e: La voiture de sécurité intervient pour retirer les morceaux de carbone abandonnés par la Williams de Sargeant. Alors que ce dernier fait changer son museau, les équipes se préparent à changer les pneumatiques.

 

21e: Sainz arrive chez Ferrari pour chausser les pneus durs (2.5s.). Leclerc l'imite mais est retenu près de six secondes pour laisser passer plusieurs véhicules. C'est en effet la ruée aux stands. Russell chausse aussi les gommes dures (3s.), tout comme Norris (2.4s.) et Hamilton (3s.), Alonso, Ocon, Magnussen, Hülkenberg, Gasly, Lawson, Piastri et Albon se saisissent du même composé. Alonso se loupe au freinage en voulant entrer dans la pit-lane et rejoint celle-ci en coupant la ligne blanche. Red Bull laisse en piste Verstappen et Pérez qui se retrouvent respectivement deuxième et quatrième.

 

22e: Le peloton est regroupé derrière la Safety Car. Sainz mène devant Verstappen, Russell, Pérez, Norris, Leclerc, Hamilton, Alonso, Ocon, Bottas (qui n'a pas stoppé), Magnussen, Gasly, Piastri, Lawson, Hülkenberg, Albon, Zhou et Sargeant.

 

23e: La voiture de sécurité s'efface. Sainz s'échappe. Leclerc effectue un travers et se fait doubler par Hamilton. Verstappen résiste aux assauts de Russell, mais l'Anglais le double finalement par l'intérieur au virage n°14. Norris déborde Pérez au même endroit. Hamilton tente de s'immiscer à son tour à l'intérieur pour surprendre le Mexicain, en vain. Bottas perd plusieurs positions. Alonso écope de 5 secondes de pénalité pour son entrée aux stands litigieuse.

 

24e: Hamilton dépasse Pérez par l'extérieur au virage de Memorial. Le Britannique vire très au large, derrière la ligne blanche, mais reste devant la Red Bull. Norris dépose Verstappen à Connaught. Le Néerlandais se débat avec un train arrière très instable.

 

25e: L'usage du DRS est autorisé. Russell roule à sept dixièmes de Sainz. Leclerc prend la sixième place à Pérez.

 

26e: Sainz précède Russell (0.6s.), Norris (3.6s.), Verstappen (5.8s.), Hamilton (6.2s.), Leclerc (7.3s.), Pérez (9.1s.), Alonso (10s.), Ocon (10.5s.), Magnussen (11.1s.), Gasly (11.5s.) et Piastri (12s.).

 

27e: Sainz prend une seconde de marge sur Russell mais garde un tempo modéré pour ménager ses pneus. Hamilton double facilement Verstappen, bientôt menacé par Leclerc.

 

28e: Leclerc déborde Verstappen, aileron ouvert, au virage de Memorial. A la peine avec ses pneus, Pérez contient un impressionnant peloton comprenant Alonso, Ocon, Magnussen, Gasly, Piastri et Lawson.

 

29e: Ralenti par Sainz, Russell voit Norris et Hamilton grossir dans ses rétroviseurs. Alonso vire large dans un virage et devient une proie pour Ocon.

 

30e: Sainz est premier devant Russell (0.9s.), Norris (1.6s.), Hamilton (2.1s.), Leclerc (4.2s.), Verstappen (7.4s.), Pérez (10.8s.), Alonso (12.1s.), Ocon (12.8s.), Magnussen (13.7s.), Gasly (14.2s.), Piastri (15.2s.), Lawson (16.2s.) et Hülkenberg (17.2s.).

 

32e: Sainz, Russell, Norris et Hamilton se tiennent désormais en deux secondes. Leclerc roule à deux secondes de ce quatuor.

 

34e: Les écarts s'accroissent un peu en tête. Une seconde sépare chacun des quatre premiers. Alonso menace de nouveau Pérez tandis que Gasly attaque en vain Magnussen.

 

35e: Gasly part à l'abordage de Magnussen, par l'intérieur au virage de Memorial. Le Danois vire au large, garde le pied au plancher et repasse devant le Normand au tournant suivant. Sainz devance Russell (0.8s.), Norris (1.6s.), Hamilton (2.4s.), Leclerc (3.7s.), Verstappen (10.4s.), Pérez (14.6s.), Alonso (15.3s.), Ocon (16s.), Magnussen (20s.), Gasly (20.4s.) et Piastri (21s.).

 

36e: Pressé par Gasly, Magnussen sort tout droit au premier tournant. Le Français l'attaque ensuite sur Raffles Boulevard. Le Danois résiste jusqu'à rater son freinage et dérape vers la bordure asphaltée. Il revient en piste avec peine et perd six positions.

 

37e: Alonso assaille Pérez par l'intérieur au virage de Memorial, mais il vire un peu large et le Mexicain reprend l'ascendant à la réaccélération. Opportuniste, Ocon contourne alors Alonso par l'extérieur au droit de Stamford. Les deux ex-équipiers franchissent les virages suivant côte à côte, jusqu'à ce que Ocon s'impose à Singapore Sling.

 

38e: Sainz garde huit dixièmes d'avance sur Russell. Leclerc fait la jonction avec le quatuor de tête.

 

40e: Pérez est à l'agonie avec ses pneus vieux de 40 tours. Ocon le double à Padang, puis le Mexicain cède devant Alonso et Gasly. Il rejoint son stand, chausse des pneus médiums (2.3s.) et sombre au 18e et dernier rang.

 

41e: Verstappen rallie les stands, s'empare des pneus jaunes (3s.) et se réinsère en quinzième position seulement. Bottas effectue son pit-stop et chausse aussi les enveloppes médiums.

 

42e: Sainz mène devant Russell (0.9s.), Norris (1.7s.), Hamilton (3s.), Leclerc (4s.), Ocon (25s.), Alonso (28s.), Gasly (28.4s.), Piastri (29.6s.), Lawson (31.8s.), Hülkenberg (33s.) et Albon (33.4s.). Verstappen s'empare du meilleur chrono (1'37''713''').

 

43e: La boîte d'Ocon se bloque au 6e rapport. Le Normand s'immobilise après le premier virage, à la sortie de la pit-lane. Voilà pour lui un bien mauvais 27e anniversaire. Le drapeau jaune est déployé dans le premier secteur.

 

44e: La « voiture de sécurité virtuelle » est mise en place pour évacuer l'Alpine d'Ocon. Albon chausse les pneus médiums et Magnussen les pneus tendres.

 

45e: Russell et Hamilton se succèdent chez Mercedes pour mettre les enveloppes médiums. Ils ressortent aux 4e et 5e rangs. Alonso stoppe chez Aston Martin, subit sa pénalité et prend les pneus rouges. Cependant ses mécaniciens peinent à fixer la roue arrière-droite, et l'Espagnol se relance au bout de 25 secondes, alors que le drapeau vert est agité.

 

46e: Sainz devance Norris (1.6s.), Leclerc (4.4s.), Russell (15.8s.), Hamilton (20.8s.), Gasly (28.1s.), Piastri (31.2s.), Lawson (34s.), Hülkenberg (36.8s.), Zhou (38.8s.), Verstappen (40.2s.) et Albon (50.4s.). Russell affole le chrono (1'36''273'''). A la dérive avec ses pneus, Alonso s'offre un « tout droit » au virage n°14. Il se redresse mais se retrouve dernier.

 

47e: Grâce à leurs gommes neuves, les Mercedes sont beaucoup plus rapides que les trois leaders. Hamilton signe le meilleur tour de la course (1'35''867'''). Verstappen prend la 10e place à Zhou. Son équipier Pérez chasse Albon.

 

48e: Sainz compte deux secondes d'avance sur Norris. Russell n'est plus qu'à douze secondes du leader. Verstappen se défait de Hülkenberg.

 

50e: Russell est revenu à quatre secondes de Leclerc. Hamilton évolue à trois secondes de son équipier. Verstappen prend la huitième place à Lawson.

 

51e: Sainz mène devant Norris (1.5s.), Leclerc (6s.), Russell (9s.), Hamilton (11.8s.), Gasly (30s.), Piastri (34s.), Verstappen (40s.), Lawson (42s.), Hülkenberg (46.7s.), Zhou (47.4s.) et Albon (50s.).

 

52e: Russell recolle à Leclerc qui joue la tortue pour éviter aux Mercedes de revenir trop rapidement sur Sainz. Albon et Pérez passent devant Zhou. Bottas se range dans une échappatoire suite à une surchauffe sur son Alfa Romeo.

 

53e: Russell esquisse une attaque sur Leclerc par l'extérieur au virage de Connaught. A la réaccélération, l'Anglais bénéficie d'une meilleure motricité et double la Ferrari. Il louvoie ensuite sur Raffles Avenue pour couper l'aspiration à Leclerc. Hülkenberg cède à son tour devant Albon et Pérez.

 

54e: Une seconde et demie sépare Sainz et Norris. Hamilton prend Leclerc en chasse et le déborde facilement par l'extérieur au virage n°7. Verstappen dépasse Piastri à Connaught.

 

55e: Russell et Hamilton attaquent pour rattraper Sainz et Norris. Quatre secondes séparent ces duos. Verstappen menace Gasly.

 

56e: Sainz précède Norris (1.1s.), Russell (3.5s.), Hamilton (4.7s.), Leclerc (14.8s.), Gasly (33s.), Verstappen (33.8s.), Piastri (39.4s.), Lawson (50.2s.), Albon (50.5s.), Pérez (51s.), Hülkenberg (1m. 02s.), Zhou (1m. 03s.) et Magnussen (1m. 09s.).

 

57e: Norris est revenu à sept dixièmes de Sainz, tandis que Russell ne concède plus qu'une seconde au pilote McLaren. Verstappen dépasse Gasly sur Raffles Avenue.

 

58e: Sainz, Norris, Russell et Hamilton sont désormais regroupés en deux secondes. Après le pont Anderson, Pérez assaille Albon par l'intérieur au très serré virage n°13 et le contraint tout simplement à virer vers l'échappatoire ! Le Thaïlandais perd ainsi quatre positions.

 

59e: Sainz se débat avec des pneus avant très usés. Il laisse revenir Norris à moins d'une seconde afin que celui-ci bénéficie du DRS contre les Mercedes et retarde leur remontée. Russell tente de se porter à la hauteur de son compatriote dans le dernier secteur rapide, sans succès. Magnussen et Albon passent devant Zhou.

 

60e: Pérez prend l'ascendant sur Lawson, mais reçoit 5 secondes de pénalité pour sa manœuvre contre Albon. Magnussen, en pneus tendres, double son équipier Hülkenberg muni de pneus durs. Celui-ci cède aussi devant Albon.

 

61e: A l'entame du dernier tour, Sainz a conquis une très légère avance sur Norris. Russell et Hamilton sont dans l'ombre de la McLaren. Verstappen est revenu à deux secondes de Leclerc.

 

62e et dernier tour: Tentant le tout pour le tout contre Norris, Russell manque son freinage à Singapore Sling, frotte le muret avec sa roue avant-droite puis percute de face les barrières de protection. Incroyable erreur du jeune Anglais qui ne verra pas le drapeau à damiers !

 

Carlos Sainz Jr. remporte le GP de Singapour devant Norris et Hamilton. Leclerc finit quatrième, trois dixièmes seulement devant Verstappen (5e). Gasly (6e) inscrit huit points pour Alpine. Piastri se classe septième. Pérez demeure huitième malgré sa pénalité. Lawson (9e) marque ses deux premiers points dès son troisième Grand Prix. Magnussen recueille la 10e place. Viennent ensuite Albon, Zhou, Hülkenberg, Sargeant et Alonso.

 

Après la course

Carlos Sainz et Ferrari mettent donc un terme aux incroyables séries de victoires successives de Max Verstappen (10) et de Red Bull (15). Il s'agit d'une véritable surprise car jusqu'ici les principaux adversaires des champions du monde se nommaient plutôt Lewis Hamilton, Fernando Alonso et Charles Leclerc. Sainz n'apparaissait que comme un bon pilote, sans plus, auteur de quelques coups d'éclats aussi remarquables que ses bourdes régulières. Mais depuis la trêve estivale, il paraît avoir pris une autre dimension. Il domine son équipier Leclerc et a fait montre en cette soirée d'un sang-froid et d'une intelligence de course exemplaires. « J'ai gardé la première place au départ et j'ai contrôlé la course, narre-t-il. La voiture de sécurité est arrivée un peu trop tôt, parce que j'appréciais les pneus médiums et ne souhaitait guère rouler longtemps en pneus durs. Mais ce qui a tout changé, c'est la VSC et le changement de stratégie de Mercedes. Je n'étais pas nerveux car j'en avais encore sous le pied, mais dès que je me suis mis à attaquer, mes pneus ont souffert. Quand j'ai vu la facilité avec laquelle Russell remontait sur Norris et Leclerc, je me suis dis que ça allait se terminer en bataille de chiffonniers et j'ai donc adapté ma stratégie. » Très habile, le Madrilène s'est servi de son poursuivant immédiat Lando Norris comme d'un allié objectif: en le laissant revenir dans la zone d'activation du DRS, il a usé de l'Anglais comme d'un bouchon pour bloquer la remontée des Mercedes, dotées de pneus médiums en bien meilleur état que ses enveloppes dures. Ce pari était risqué, car Norris aurait pu lui-même porter une attaque contre Sainz. Mais cela était peu probable car le pilote McLaren devait également composer avec des gommes usées. « C'est toujours délicat parce qu'on se met soi-même sous pression en agissant de la sorte, raconte Sainz. Je ne pouvais pas me permettre la moindre faute, le plus petit blocage de roue, sans quoi Lando en aurait profité. Mais si les Mercedes l'avaient doublé, je pense qu'elles m'auraient aussi dépassé. A un moment donné, Norris a dû se défendre d'une attaque et j'ai ralenti volontairement pour le remettre dans mon DRS. Je pense que cela a sauvé ma victoire. »

 

Frédéric Vasseur savoure pour sa part sa première victoire en tant que team manager de Formule 1. Cette victoire efface ses difficiles huit premiers mois à la tête de la Scuderia. Charles Leclerc est bien sûr plus morose. Parti en pneus tendres, « Carlito » a surtout fait tampon entre Sainz et les Mercedes. Ce rôle de lieutenant ne sied guère au vice-champion du monde en titre qui dissimule toutefois son amertume... Néanmoins cet authentique exploit de Sainz, quinze jours après son très beau GP d'Italie, pose la question du leadership au sein de Ferrari qui semblait acquis à Leclerc. « Sainz a été parfait et sa résistance en fin de course rappelle celle de Gilles Villeneuve à Jarama en 1981 », souligne Luigi Perna dans La Gazzetta dello Sport. « Il est intelligent comme l'était Niki Lauda et Alain Prost. Jusqu'à présent, Sainz était un pilote solide et fiable. A Singapour, il a gagné l'étoffe d'un champion. Il a rebattu les cartes et intègre la caste des pilotes capables de faire des choses spéciales comme Hamilton ou Alonso. » « Ferrari se retrouve dans la situation inattendue d'avoir deux capitaines ! » confirme Leo Turrini pour Sky Italia. Vasseur ne s'en plaint pas, tant que ceux-ci travaillent en bonne intelligence...

 

Lando Norris retrouve le chemin du podium après une résistance opiniâtre face à George Russell en fin de course. Le natif de Bristol peut tout de même s'estimer chanceux car lui aussi a frotté le muret dans le dernier tour, au même endroit que son compatriote, mais beaucoup moins rudement ! Norris a aussi profité de la libéralité intéressée de Carlos Sainz qui l'a utilisé comme tampon. L'Espagnol l'a laissé revenir dans la zone d'activation du DRS afin qu'il ralentisse les Mercedes... « Carlos a été très généreux ! » sourit Norris qui a ainsi conservé sa deuxième place, et embrasse chaleureusement son vieux copain Sainz sur le podium. En outre, ce résultat démontre les qualités de la nouvelle McLaren MCL60 « C » et laisse augurer une belle fin de saison pour les Papayes.

 

Mercedes est passée très près de la victoire à Singapour... Si George Russell n'est pas parvenu à doubler Carlos Sainz au départ, la stratégie adoptée par son équipe lors de la Virtual Safety car était excellente. Munis de pneus médiums, Russell et Hamilton ont rapidement comblé l'écart qui les séparait de Sainz et de Norris. Restait à doubler ceux-ci... Russell n'y est pas parvenu et a finalement craqué en s'expédiant dans le mur à quelques encablures du drapeau à damiers... Une faute grossière. « C'était une course très longue, très physique, soupire le jeune Anglais. C'était difficile de rester concentré. Sainz faisait un excellent travail en resserrant le peloton. Si j'avais dépassé Norris quand j'en ai eu l'occasion, je pense qu'ensuite j'aurais pu doubler Sainz et gagner. Hélas, j'ai commis une faute de concentration. Pour un millimètre, ce fut ''game over''. J'ai l'impression d'avoir laissé tomber l'équipe... » Heureusement, Toto Wolff fait montre de mansuétude: « George a piloté de manière phénoménale tout le week-end et c'est vraiment malheureux pour lui de terminer de cette façon dans le dernier tour... mais je sais qu'il va rebondir. » Troisième, Lewis Hamilton console aussi son équipier de bonne grâce. Toutefois, en plus d'avoir manqué une occasion de victoire qui ne se représentera peut-être pas en 2023, Mercedes a perdu de gros points et voit Ferrari revenir à seulement 24 longueurs au classement des constructeurs.

 

Red Bull ne réalisera pas le « grand chelem » en 2023. A vrai dire, l'équipe au taureau savait dès vendredi soir qu'il lui serait très compliqué d'enchaîner un seizième succès de rang. Mal réglée, la RB19 glissait dans chaque virage. Dimanche, Verstappen et Pérez sont partis en pneus durs dans l'espoir qu'une voiture de sécurité tardive leur permettrait d'atteindre les premiers rangs. Hélas, la neutralisation est survenue au bout de vingt tours seulement. Quant à la RB19, si elle fut plutôt rapide lors du dernier relais en pneus médiums, elle demeurait très instable du train arrière. « Le principal souci venait de nos réglages, explique Christian Horner. Les simulations élaborées à l'usine n'ont pas apporté les bonnes conclusions. C'est une leçon à retenir. En course, notre stratégie n'a pas fonctionné. En partant avec des pneus durs, il fallait compter sur une voiture de sécurité très tôt ou très tard. Mais pas entre les deux, comme ce fut le cas. Elle est arrivée au pire moment pour nous. La neutralisation a permis aux équipes de pointe de bénéficier d'un pit-stop gratuit, sans perdre de temps. Comme nous ne nous sommes pas arrêtés, nos pneus durs ont mis trop de temps à monter en température lors de la relance. Il a fallu ensuite appeler Max et Sergio au stand sous drapeau vert, ce qui équivalait à une perte de 23 secondes pour chacun sur le groupe de tête. En ayant ça en mémoire, que Max termine à trois dixièmes de Leclerc montre la solidité de sa prestation. » Horner dément en outre que cette contre-performance soit liée à la nouvelle directive sur la flexibilité des éléments aérodynamiques, comme l'ont hâtivement suggéré certaines voix. Quant à Max Verstappen, il a pesté tout le week-end contre la tenue de route de son bolide, mais accueille la fin de sa série victorieuse avec philosophie. « Cela devait bien arriver un jour », souligne-t-il... en espérant retrouver la plus haute marche du podium huit jours plus tard à Suzuka.

 

Sources :

- Auto Hebdo n°2430, 21 septembre 2023.

Tony